Bonjour à tou(te)s. Voilà le nouveau chapitre.
Comme vous pouvez le voir, il est très long, le plus long de la fic, jusqu'à présent!
Dans ce chapitre, vous avez la réponse à une question que je vous ai posé il y a quelques temps: les nouveaux pouvoirs que Aizen donne à Hinamori. D'ailleurs, bravo à Nova04 pour avoir trouvé! XD
Vous allez aussi savoir si les tentatives de Rangiku pour avoir un enfant ont portées leurs fuits. XD

A propos du chapitre de mercredi dernier et de l'événement concernant Turel, vous êtes tous d'accord pour dire qu'elle est enceinte. Je ne vous donnerai pas la réponse aujourd'hui, vous l'aurez au prochain chapitre (non, chuis pas méchanteuh!) XD

Revenon au chapitre d'aujourd'hui. Il a demandé beaucoup de travail, mais je l'aime beaucoup.
Je dois vous mettre en en garde cependant, l'une des scènes est un peu sanglante.
Pour ceux qui ont lu le dernier chapitre de Ichimaru et Moi, vous risquez de reconnaître l'un des passages. Un peu par flemme, je me suis permis de reprendre quelques lignes de mon autre fic, étant donné qu'elles allaient aussi parfaitement avec ce passage précis. Je suis désolé si ça vous choque.
Un dernière mise au point avant de vous laisser le lire. La scène entre Rangiku et Unohana qui est écrite en italique est un léger flash-back, au cas ou ce ne serait pas très net. Le reste de la scène, en écriture normale, se déroule dans le présent.
Comme pour les chapitres précédents, je vous demande de m'excuser si vous trouvez des fautes. C'est toujours mon maudit ordinateur qui fait des seinnes. Désolée.

Maintenant, place au chapitre.
Bonne lecture.

Chapitre 36:

LE MASQUE DES TÉNÈBRES.

La balle rebondi contre le mur et revint vers lui. Gin l'attrapa d'une main avant de la lancer à nouveau contre le mur. Ça faisait prés de dix minutes que le manège durait et Rangiku commençait à en avoir assez. Le jeune-homme semblait s'amuser comme un enfant mais ce n'était pas le cas de sa compagne. Loin de là.

- Gin, râla-t-elle pour la troisième fois. Unohana ne t'a pas donné cette balle pour que tu joues avec! Tu dois l'utiliser pour récupérer la force que tu as perdu.
Gin rattrapa la balle encore une fois et se tourna vers Rangiku, son habituel sourire moqueur aux lèvres.

- Allons, ne sois pas rabat-joie, Ran-chan.
Pour jouer, il lança la balle dans sa direction. Agacée, elle la rattrapa et la lança rageusement vers lui. Le projectile le frappa au front.

- Ouille! Aaah, Ran, tu m'as fait mal.
Il pressa les deux mains sur son visage et se pencha en avant comme sous l'effet d'une violente douleur.

- Gin! S'écria Rangiku en se ruant vers lui.
Elle s'agenouilla devant lui et essaya d'écarter ses mains pour voir si elle l'avait blessé.

- Gin, ça va?
Il laissa échapper un gémissement plaintif. Il écarta les doigts et lui lança un regard amusé. Elle n'eut pas le temps de réagir. Avec une vivacité surprenante, il passa les bras autour de sa taille et l'attira contre lui. Elle laissa échapper un petit cri de surprise.

- Je t'ai eu! Se moqua-t-il.

- Gin, râla la jeune-femme. Tu devrais avoir honte.
Il la serra contre lui et elle posa la tête sur son épaule. Pendant un instant ils ne dirent rien, puis elle se libéra et lui lança un regard à la fois amusé et exaspéré.

- Si tu ne fais pas ce qu'on te dit, inutile de venir de plaindre que tu ne guéris pas.

- Mais, Ran, je suis guéri.
Il leva le bras droit, fraîchement libéré de ses atèles et fit un mouvement pour prouver à la jeune-femme qu'il avait raison. Rangiku soupira de dépit et ramassa la balle.

- Unohana sait mieux que toi ce qu'il faut faire, argumenta-t-elle en posant la balle devant lui. Cesses de jouer et sois sérieux un peu.

- Oui, madame, répondit le jeune-homme en se mettant au garde à vous.
Un petit sourire fit son apparition sur les lèvres de Rangiku. Gin était irritant et ennuyant par moment, mais elle ne pouvait s'empêcher d'aimer ça, ça faisait partit de sa personnalité et c'est aussi pour ça qu'elle l'aimait tant.

Elle se rassit tranquillement à sa place, en face de lui. Gin ayant cessé de jouer avec la balle, ils purent enfin prendre leur petit déjeuner tranquillement. Gin observait Rangiku en se demandant pourquoi depuis quelques jours, elle faisait preuve de ce drôle de caractère. Elle avait toujours eu un caractère bien trempé et ne se laissait pas marcher sur les pieds, c'est ce qui lui avait toujours plut en elle, mais depuis quelques jours, elle était vraiment étrange. Elle était calme la plupart du temps, mais parfois un petit rien pouvait la faire exploser de fureur ou, au contraire, la faire fondre en larmes sans raison apparente. Il en avait fait l'expérience la veille, lorsqu'il avait brisé un vase en jouant avec sa balle. Il avait cru qu'elle n'arrêterait jamais de pleurer. Et il n'y avait pas que ça...

- Qu'est-ce que tu regardes comme ça, Gin?

- En faite, je me demandais depuis combien de temps tu aimais le poisson grillé au chocolat pour ton petit déjeuner.
La jeune-femme baissa les yeux sur son assiette, comme si elle n'avait pas remarqué qu'elle avait nappé son poisson de chocolat.

- Euh! Fit-elle intriguée. Je ne sais pas ... Peut-être depuis que j'ai vécu chez Orihime.
Mais elle avait beau essayer de se souvenir, il lui semblait que Orihime n'avait jamais fait ce genre de plat pour elle.

- En parlant de Orihime, fit-elle, comme pour changer de sujet. Tu es certain qu'elle est en sécurité là-bas, à Las Noches?
Il sourcilla imperceptiblement lorsqu'il la vit prendre une bouchée de son poisson.

- Oui! Turel veille sur elle, il n'y a pas de souci à se faire.
Turel?! Rangiku se souvenait parfaitement de l'arrancar aux cheveux blancs qui avait su moucher le capitaine Hitsugaya. C'était une créature étrange et fascinante, douée d'une puissance incroyable. Mais Rangiku avait pu sentir qu'elle n'était pas dangereuse, tout du moins tant qu'elle n'avait pas une bonne raison de le devenir. Même si elle ne comprenait pas pourquoi Orihime avait choisi de rester là-bas, elle était rassurée de savoir que quelqu'un d'aussi puissant veillait sur son amie.

Gin but une gorgée de thé, qu'il faillit recracher quand Rangiku commença à napper son riz de purée de banane. Il la regarda mélanger le tout au poisson grillé chocolaté et enfourner une telle bouché de cette mixture dans sa bouche qu'il fut étonné qu'elle ne s'étouffe pas.

- Mmm! Délicieux, s'écria la jeune-femme au comble de la joie. Tu veux essayer?

- Euh, non, merci.
Il se contenta d'un petit déjeuner normal et en fut bien content.

- Tu as tort, commenta la jeune-femme, c'est vraiment ... Humf ...

- Ran?
Elle avait pâlit tout d'un coup et se leva précipitamment, la main plaquée sur la bouche. Elle sortit de la pièce comme une tornade. Inquiet, Gin se leva et la suivit jusqu'à la salle d'eau. Il la retrouva à genoux devant la cuvette des toilettes, en train de vomir son répugnant petit déjeuner.

- Ran?
Il s'empara d'une serviette et s'approcha d'elle. D'une main, il ramena les cheveux de la jeune-femme en arrière et les maintint sur sa nuque pour qu'ils ne la gênent pas. De l'autre, il pressa la serviette contre son front pour éponger la sueur qui s'y formait. Lorsqu'elle eut fini de vider le contenu de son estomac dans la cuvette elle s'assit sur ses talons en tremblant. Gin s'accroupit près d'elle et passa un bras protecteur autour de ses épaules. Elle s'appuya contre lui.

- Ça va mieux?
Elle hocha lentement la tête. Il l'aida à se relever et la soutint tandis qu'elle se rinçait la bouche et le visage dans la vasque. Il essuya doucement son visage.

- Qu'est-ce qui t'arrive? C'est la quatrième fois, cette semaine. Tu as encore bu?
Elle secoua la tête.

- Non, fit-elle d'une voix faible. Je n'ai rien bu depuis que tu es revenu.
Il la porta jusque dans leur chambre et l'assit sur leur futon.

- Si ce n'était arrivé qu'une où deux fois, je pourrais croire que tu as une indigestion, avec ces horreurs que tu manges, mais ça arrive tous les jours.
Il s'agenouilla devant elle et lui caressa la joue d'une main.

- Je veux que tu ailles voir Unohana dès aujourd'hui, et ne me dis pas ce soir que tu as oublié.
Elle hocha lentement la tête.

- Gin? ...
Elle s'interrompit.

- Oui?
Elle hésita. A vrai dire, elle avait une idée précise de ce qui la rendait malade, mais elle voulait avoir la confirmation de son pressentiment avant de lui annoncer la nouvelle.

- Si je vais chez Unohana aujourd'hui, tu arrêteras de jouer avec cette balle pour te concentrer sur ta guérison?
Il ne fut pas surpris de sa demande. Elle aimait avoir le dernier mot.

- D'accord! Concéda-t-il ne voulant pas la faire enrager d'avantage.
Elle lui sourit et il lui embrassa le front.

Après quelques minutes passées au calme, Rangiku fut de nouveau sur pieds. Elle décida de prendre le temps de finir son affreux petit-déjeuner avant d'aller s'habiller pour rejoindre le capitaine Hitsugaya au bureau. Elle était un peu en retard mais elle ne s'en inquiétait pas du tout. Le gamin avait l'habitude de commencer à travailler seul. Gin sortit de la chambre revêtu de son uniforme et de son haori. Il récupéra Shinsô sur le râtelier et se pencha pour embrasser Rangiku.

- N'oublies pas d'aller voir Unohana, conseilla-t-il avant de partir.
Une fois seule Rangiku laissa échapper un soupir et appela la servante pour débarrasser la table. Elle se leva et se rendit dans la chambre pour s'habiller. Lorsqu'elle laissa tomber son yukata sur le sol, elle ne put résister à l'envie de regarder le reflet de son corps nu dans le grand miroir qui occupait l'un des coins. Doucement, elle passa la main sur son ventre en se demandant si, comme elle le croyait, une nouvelle vie grandissait en elle. Pendant un instant, elle essaya de s'imaginer avec un ventre bien rond et ça la fit sourire. Elle irait voir Unohana dés qu'elle le pourrait mais elle redoutait quand même d'apprendre qu'elle se trompait. Avec un petit soupir, elle se détourna du miroir et se rendit à la salle de bain. Le capitaine Hitsugaya pouvait l'attendre encore une heure.

--

Tôshirô ne savait plus quoi faire. Depuis sa conversation avec Ichi ... avec Gin, trois semaines plus tôt, il n'avait pas réussit à avoir une seule discussion avec Hinamori. Chaque fois qu'elle le voyait, elle tournait les talons et filait si vite que, la plupart du temps, il n'avait pas le temps de la suivre. Ça l'intriguait un peu, d'ailleurs, depuis quand Hinamori était-elle devenue si rapide? Il avait l'impression de la perdre, comme si la jeune-fille s'enfonçait de plus en plus profondément dans les ténèbres. Gin avait-il raison? Avait-elle réussit à aller retrouver Aizen au Temple des Regrets? Même si ça lui paraissait incroyable, ce n'était pas entièrement inconcevable. Il était certain d'une chose, il se passait quelque chose avec Hinamori et il voulait comprendre quoi.

Arrivant dans les jardins entourant la caserne de la cinquième division, il trouva la jeune-fille seule, occupée à s'entraîner au maniement du sabre, Tobiume entre les mains. De la sueur ruisselait sur son front mais ce n'est pas ça qui attira l'attention de Tôshirô. Ce qui l'inquiéta ce furent les immenses cernes noires qu'elle avait sous les yeux et la fatigue visible sur son visage dur. Elle avait l'air malade. Il l'approcha par derrière sans faire de bruit, espérant que ainsi elle ne puisse pas le fuir. Il n'était plus qu'a deux pas derrière elle lorsqu'elle arrêta ses mouvements et jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. Dés qu'elle le vit, son regard se voilà de colère.

- Que me veux-tu? Demanda-t-elle abruptement.

- Nous devons parler.
Elle se détourna d'un mouvement sec.

- J'ai rien à te dire, dégages.
La colère commença à monter. Tôshirô savait qu'il ne devait pas y céder, mais il entendait qu'on le traite avec les égards dus à un capitaine.

- Un peut de respect, je te prie, grogna-t-il.
Elle se tourna vers lui et l'observa des pieds à la tête avec un air méprisant sur le visage. Ce regard énerva le jeune shinigami et le fit souffrir en même temps.

- Excuses-moi, capitaine Hitsugaya! Fit-elle avec arrogance.
Elle appuya d'une façon désagréable sur le mot capitaine. Finalement, il préférait qu'elle l'appelle Shiro-chan, ça au moins c'était amical.

- Qu'est-ce qui t'arrives, Hina? Je ne te reconnais plus? Tu as tellement changé, c'est dingue. Même Ichimaru s'inquiète pour toi.

- Ne me parles pas de ce type, gronda-t-elle.
Il semblait que le nom de Gin, qui autrefois la faisait plutôt trembler, la mettait dans une colère noire aujourd'hui. Le rôle qu'il avait joué dans la chute d'Aizen peut-être? Ou autre chose?

- Fous moi la paix, ordonna-t-elle.
Elle se détourna encore une fois et rengaina son zanpakutô avant de s'en aller.

- Attends, ordonna Tôshirô.
Elle fit comme si elle ne l'avait pas entendu. Il s'élança derrière elle.

- Hina!
Au moment où il l'attrapait par l'épaule, une sorte de choc électrique lui traversa la main et le bras, le brûlant comme un fer chauffé au rouge. Il glapit de douleur. Sa main était parcourue de fourmillements désagréables.

- Mais, qu'est-ce que ...
Il releva la tête et son coeur sembla s'arrêter dans sa poitrine. La jeune-fille était auréolée d'une sorte de halo ténébreux.

- Hina?
Elle lui lança un regard par dessus son épaule.

- Pour la dernière fois, fous moi la paix, grogna-t-elle.
Elle disparut aussitôt en utilisant le shunpô, laissant derrière elle un Hitsugaya complètement assommé par ce qu'il avait vu. Depuis quand le reiatsu de Hinamori avait changé au point de devenir méconnaissable? Et surtout, depuis quand ses yeux étaient noirs?

Perdu dans ses pensées, complètement absorbé par ce qu'il venait de voir, Tôshirô regagna son bureau sans faire attention à ce qui se passait autour de lui. Dans les couloirs, il bouscula une jeune recrue qui portait une pile de dossiers plus grande qu'elle. Elle renversa son fardeau sur le plancher et rentra aussitôt la tête dans les épaules prête à entendre la diatribe que son capitaine allait lancer sur sa maladresse. A sa grande stupéfaction, il s'excusa simplement et continua son chemin sans un regard pour le chantier répandu sur le sol.

Quand il rentra dans son bureau, il trouva Rangiku allongée sur le canapé, une main posée sur son front. Habituellement, cette vision le mettait en colère mais aujourd'hui, il se contenta de s'asseoir derrière sa table de travail sans prononcer le moindre mot. Rangiku écarta son bras de son visage et lança un regard vers son capitaine. Celui-ci observait les dossiers posés devant lui mais ne fit aucun mouvement pour les ouvrir. Ça la surprit.

- Capitaine? Vous allez bien?
Il lui lança un coup d'oeil et fut frappé par sa pâleur.

- C'est plutôt à moi de te poser cette question, remarqua-t-il. Tu as vu ta tête?

- Ce n'est rien, juste un peu de fatigue.
Tôshirô se demanda ce qui pouvait la fatiguer, elle qui ne faisait jamais rien. Grognant quelque chose d'incompréhensible, le gamin tira l'un des rapports de la pile. Son geste était si doux que les papiers tombèrent de la table et s'étalèrent partout autour de sa chaise. Il lança des jurons qui auraient fait rougir même Zaraki.

- Attendez, je vais vous aider, fit Rangiku.
Elle se redressa sur le canapé, mais au moment où elle se levait, une vague de nausées l'envahit. Elle plaqua une main sur sa bouche et fila hors du bureau à toute vitesse.

- Matsumoto?
Inquiet, Tôshirô s'élança derrière elle et la suivit jusque dans les toilette. Pendant un instant, il la regarda vomir son déjeuner sans réagir. Ce n'est que quand elle se redressa, une main pressée sur son estomac, qu'il s'avança vers elle. Il lui tendit un linge dont elle se servit pour s'essuyer le visage.

- Je suis désolée, capitaine.

- C'est rien.
Ils revinrent au bureau, où Tôshirô lui servit une tasse de thé.

- Il me semble que ça t'est déjà arrivé, cette semaine, remarqua le gamin.
La blonde fut surprise qu'il l'ait remarqué.

- Vous avez raison.
Il resta muet un instant, le regard rivé sur elle.

- J'ai promis à Gin que j'allais aller voir le capitaine Unohana, aujourd'hui.

- Alors vas-y tout de suite.
Les yeux de la jeune-femme s'ouvrirent comme des soucoupes.

- Mais, et mon travail?

- Tsss! Tu sais parfaitement que tu ne feras rien de plus aujourd'hui, râla le gamin. Alors vas voir Unohana et rentres chez toi. On se revois demain.

- Merci, capitaine.
Elle se leva et se dirigea vers la porte du bureau.

- Ne me remercies pas, grogna Tôshirô, tout ce que n'as pas fait aujourd'hui tu devras le faire demain.
Elle lui répondit d'un sourire et quitta le bureau en refermant la porte derrière elle. Une fois seul, Tôshirô lâcha un soupir et lança un regard offensé vers les dossiers qui attendaient sur sa table. Comme s'il pouvait travailler après tout ça.

--

Assit derrière son bureau, Gin lisait le dernier compte-rendu de mission que lui avait remit Kira. Le menton planté sur le poing gauche, il jouait à serrer la balle de Unohana dans la main droite. Un froncement de sourcils était visible sur son visage alors que son sourire habituel avait disparu. Il tourna la page et reprit sa lecture avant de secouer la tête avec un soupir.

- Izuru, pourquoi il manque les rapports des unités cinq et six?
Le jeune vice-capitaine releva la tête.

- Elles ne sont pas encore revenues de Rukongai, capitaine.
Gin tourna la tête vers lui.

- A bon? Et que font-elles là-bas?

- Elles enquêtent sur d'étranges disparitions dans l'est du du soixante-dix-septième district. D'après le peu d'informations qu'elles nous ont transmis, il semblerait qu'une créature étrange sévit là-bas. Les gens parlent d'un shinigami portant un masque de hollow aussi noir que les ténèbres.
Gin se passa la main sur le visage, inquiet.

- Ce ne sont certainement que des rumeurs, capitaine. Vous savez comment c'est là-bas. Les gens de Rukongai mettent tous leurs malheurs soit sur le dos des hollows, soit sur celui des shinigamis. Alors, un shinigami déguisé en hollow, c'est presque normal de leur part.
Gin était loin d'en être convaincu mais il préféra garder ses doutes pour lui.

Ils travaillèrent un moment en silence, ne faisant une pause qu'à l'heure du thé. Gin achevait de contre-signer les derniers rapports lorsqu'un papillon noir entra par la fenêtre ouverte. Kira fut le premier à le remarquer. Il attira aussitôt l'attention de Gin sur l'insecte.

- Regardez, capitaine! Un papillon de l'enfer!
Gin leva la tête au moment où la bestiole se posait à l'extrémité de son pinceau.

"Capitaine Ichimaru de la troisième division, commença une voix éthérée. Le capitaine-général requiert votre présence à une réunion urgente prenant place dans le Hall des Réconciliations de la première division. Veuillez vous y rendre le plus rapidement possible."
Ayant remplit sa mission, le papillon noir disparut. Avec un soupir, Gin se leva.

- Je te laisse, Izuru. Bye!
Il quitta le bureau sous le regard à la fois curieux et inquiet du blondinet. Pourvu que son capitaine ne se soit pas encore attiré d'ennuis!

Lorsqu'il arriva dans les locaux de la première division, Gin fut accueillit et escorté jusqu'à la salle de réunion par le vice-capitaine Sasakibe. Celui-ci le fit entrer avant de refermer la porte derrière le capitaine, sans entrer lui-même. Dans la salle, Gin vit Yamamoto assit dans son fauteuil, comme d'habitude. Avec lui, se trouvaient le capitaine Kuchiki, aussi impassible qu'à l'accoutumé, son vice-capitaine, Renji Abarai et Ukitake, le capitaine de la treizième division. Ces deux derniers semblaient vraiment inquiets. Au milieu de la salle, les mains attachées dans son dos et privée de son zanpakutô, se tenait Rukia Kuchiki. Gin se demanda ce qu'elle faisait là puisqu'elle avait été renvoyé sur Terre après l'incident entre les arrancars et Ichigo, trois semaines plus tôt.

- Vous m'avez convoqué? Demanda Gin, un peu intrigué.

- Oui, fit le Vieux. Nous n'attendions plus que vous, capitaine Ichimaru.
Gin rejoignit les autres devant Yamamoto. Rukia lui lança un regard hargneux, comme si sa présence était une douleur cuisante pour la gamine.

- Kuchiki Rukia, commença le Vieux. Il a trois jours, avec le remplaçant shinigami Kurosaki Ichigo, le quincy Ishida Uryuu et l'humain Sado Yasutora, vous vous êtes rendue sans permission au Hueco Mundo dans le but non dissimulé de ramener Inoue Orihime sur Terre par la force.
Il fit une pause. Gin commençait à comprendre ce qui se passait.

- Après avoir enfreint l'interdiction qui vous avait été fait de vous rendre à Las Noches, vous êtes restée sur Terre, obligeant le capitaine Kuchiki et le vice-capitaine Abarai à aller vous chercher, encore une fois.
Ça rappela quelque chose à Gin.

- Votre désobéissance n'est pas la seule faute dont vous aurez à répondre aujourd'hui, continuait Yamamoto. Vous rendez-vous compte que votre action pourrait être interprétée par les arrancars comme une déclaration de guerre?
Les yeux de la jeune-femmes s'ouvrirent démesurément.

- Votre désobéissance pourrait replonger le Seireitei dans une guerre avec les arrancars. Qu'avez-vous à répondre à ça?

- Euh, je ...
L'arrogante petite shinigami semblait beaucoup moins à son aise tout d'un coup.

- La paix du Seireitei a-t-elle moins de valeur à vos yeux que votre amie?
Pas de réponse.

- Commandant, Rukia-chan ne pensait certainement pas à mal, intervint Ukitake désireux de protéger la jeune-fille.

- C'est certain, fit Byakuya Kuchiki de sa voix glaciale. Elle ne pensait même pas du tout.
Rukia se tassa comme si son frère venait de lui porter un coup fatal. Elle lança un regard mauvais vers Gin, comme elle attendait qu'il lui porte le coup de grâce. Mais il resta muet. Yamamoto prit appui sur son bâton et se pencha en avant.

- Vous connaissez, Turellia Nerrys Del'Rynn mieux que personne ici, capitaine Ichimaru. Quelle peut-être sa réaction?

- Ça dépends, fit Gin.
Il se tourna vers Rukia:

- Vous avez provoqué beaucoup de dégâts?
Elle se mordit la lèvre, tentée de l'envoyer au diable, mais elle savait que dans sa situation, elle ne pouvait se le permettre.

- Ishida et Chad ont tué deux arrancars. Ils ont dit qu'ils étaient les gardiens du vingt-deuxième sous sol.

- C'est tout?
Elle hocha la tête avant de raconter la suite de leur visite à Las Noches. Lorsqu'elle eut fini, tout le monde se tourna vers Gin pour connaître son avis.

- La perte des deux gardiens est un coup avec lequel Turel peut vivre. Le fait que Ulquiorra ait botté les fesses de Kurosaki joue aussi en notre faveur. Les gamins n'ont pas eu le temps de faire quoique ce soit qui aurait pu provoquer la colère de Turel. Au final, seul Kurosaki est à plaindre. Turel ne viendra pas nous demander de compte. Elle sait parfaitement qu'il n'appartient pas au Gotei 13 et qu'il agit de son propre chef. Mais si elle venait à nous demander des explications, je me chargerai de les lui fournir.
Yamamoto hocha la tête. Il semblait rassuré mais ça ne le dissuada pas d'appeler une sanction exemplaire contre Rukia. La salle resta silencieuse un moment puis le débat commença entre les quatre capitaines.

--

Rangiku attendait assise en tailleur sur le petit lit de la salle de soin dans laquelle Unohana l'avait laissé. Ça faisait presque trois heures que la femme capitaine lui avait dit qu'elle revenait au plus vite avec les résultats de sa prise de sang, mais elle n'était toujours pas réapparut. Avec un soupir, Rangiku lança un regard par la fenêtre. Le soleil rougissait à l'horizon. Les souvenirs de l'examen qu'elle venait de subir tournaient encore dans son esprit.

- Bonjour, vice-capitaine Matsumoto, l'avait accueillit Unohana. Quelque chose ne va pas.
Habituellement, elle laissait les autres membres de sa division s'occuper des soins mais il arrivait qu'elle s'en charge elle-même, surtout lorsque ses patients étaient des capitaines ou des vice-capitaines.

- Bonjour, capitaine. Je viens juste pour une consultation.
Unohana lui lança un sourire chaleureux et l'invita à la suivre dans une salle de soin. Rangiku la suivit, un peu gênée. Elle ne s'attendait pas à ce que le capitaine de la quatrième division s'occupe d'elle en personne. Elle s'attendait plutôt à avoir à faire avec Isane.

- Asseyez-vous, ordonna Unohana en lui désignant le lit.
Rangiku obéit aussitôt. Unohana attacha les manches de son kimono et de son haori avec un ruban qu'elle noua sur sa poitrine. Lorsque se fut fait, elle se tourna vers Rangiku en enfilant des gants chirurgicaux.

- Vous avez l'air fatiguée, remarqua-t-elle en s'approchant. Vous avez des problèmes pour dormir? Vous voulez un somnifère où quelque chose d'autre?
Rangiku savait que la femme capitaine posait la question simplement pour voir sa réaction. C'est comme ça qu'elle arrivait à démasquer les acccros aux médicaments qui ne venaient que pour obtenir une dose. Il y avait des drogués aussi chez les shinigamis, essentiellement au sein de la douzième division!

- Non, au contraire. Je dors très bien, peut-être même mieux qu'avant, mais ça ne fait rien, je suis toujours fatiguée en ce moment, j'ai toujours envie de dormir.

- Je vois, fit simplement Unohana. Vous avez d'autres symptômes?

- Oui. J'ai des nausées et je vomis tout ce que j'avale.
Unohana hocha la tête.

- Retirez votre veste et allongez-vous.
Rangiku fit ce qu'on lui demandait et Unohana commença l'examen. Elle appuya le bout de ses doigts à divers endroit sur le ventre de le jeune-femme en lui demandant si c'était douloureux. Rangiku hocha négativement la tête et se mordit la lèvre avant de se décider à avouer.

- Je crois que je suis enceinte.
Unohana était parfaitement au courant des tentatives de la jeune-femme pour avoir un enfant puisqu'elle était venue environ un mois plus tôt pour lui demander conseil.

- Je pourrais penser que j'ai une indigestion où quelque chose comme ça, continua Rangiku devant le mutisme de la femme capitaine. Mais ce n'est pas tout. Mes ... Mes seins sont devenus plus sensibles et plus douloureux.

- C'est effectivement le premier symptôme d'une grossesse, accorda Unohana. Quand avez-vous eu vos dernières règles?
La blonde fut un peut prise de cour par la question directe et indiscrète, mais après tout c'était le travail de Unohana.

- Et bien, je ne les ai pas eu ce mois-ci, mais ce n'est pas une indication. Je ne suis pas très régulière, il m'arrive souvent de sauter des mois.
Unohana lui sourit.

- Il n'y a qu'une façon de savoir si vous êtes enceinte ou non, vice-capitaine.
Elle se dirigea vers le placard près de la porte et en sortit une seringue et plusieurs fioles.

- Je vais vous faire une prise de sang.
Rangiku tendit son bras gauche et la femme capitaine y piqua la seringue. Elle tira trois petites fioles de son sang et les posa sur un plateau d'acier. Pendant que Rangiku se rhabillait, Unohana étiqueta soigneusement les fioles.

- Attendez-moi ici, je reviens le plus vite possible avec les résultats.
Unohana avait quitté la salle de soin sur ses mots, emportant les fioles.

La tête posée sur les poings, Rangiku regardait les premières étoiles apparaître dans le ciel. Le calme semblait revenir dans les couloirs de l'hôpital. Elle se demandait si elle serait rentrée à temps pour dîner avec Gin, même si elle savait qu'il attendrait son retour. Elle se demandait aussi si elle aurait une bonne nouvelle à lui annoncer. Elle était presque certaine qu'elle ne se trompait pas.

La porte s'ouvrit, l'arrachant à ses pensées. Tournant la tête, elle vit Unohana s'approcher, un petit sourire aux lèvres.

- Je suis désolée de vous avoir fait attendre aussi longtemps, vice-capitaine, nous avons été débordés aujourd'hui. J'ai vos résultats et je peux vous dire que vous aviez raison. Vous êtes effectivement enceinte, félicitation.
Pendant un instant, Rangiku sembla incapable de réaliser ce que Unohana venait de lui annoncer, puis une joie immense s'empara d'elle.

- Vous en êtes certaine?

- Tout à fait.
La suite resta un peu flou dans l'esprit de la blonde. Elle se souvint vaguement avoir sauté au cou de Unohana, un peu surprise par sa réaction, mais elle fut incapable de se souvenir du reste. Elle ne savait pas vraiment comment elle avait quitté l'hôpital mais elle se retrouva soudain dehors, en train de marcher dans les rues un immense sourire aux lèvres.

Il fallait qu'elle annonce tout de suite à Gin qu'il allait être papa.

--

Il faisait déjà nuit lorsque Gin quitta la première division à la fin de la réunion. Ukitake avait longtemps débattu avec Yamamoto et avec Byakuya Kuchiki quand à la punition que méritait Rukia pour avoir désobéit aux ordres. Lui-même n'avait pas prit part à la discussion car ce n'était pas à lui de s'en mêler. Rukia Kuchiki n'appartenait pas à sa division. Ukitake réussit à se faire entendre du Vieux, une fois n'est pas coutume. Rukia Kuchiki avait été condamné à ne plus mettre les pieds sur Terre et à rester confiner dans les bureaux de sa division à faire de la paperasse pendant une période encore indéterminée. Son zanpakutô lui fut confisqué jusqu'à la fin de ladite période et elle n'était plus autorisée à sortir en mission, pas plus qu'à s'entraîner jusqu'à la fin de sa punition.

Gin se demandait ce qui se passait à Las Noches et si l'intrusion des gamins avait provoqué un peu de panique ou si tout était toujours aussi calme. Il songeait sérieusement à contacter Turel pour prendre des nouvelles et lui faire part de ses dernières constatations concernant Aizen, lorsqu'il sentit un reiatsu étrange et menaçant derrière lui. Il stoppa sa marche. Il se trouvait sur la terrasse de la troisième division, là même où il s'était battu avec Hitsugaya juste avant son départ pour Las Noches. Il jeta un coup d'oeil autour de lui et porta la main à la garde de Shinsô.

- Montres-toi, Hinamori. Je sais que c'est toi!
Pas de réponse. Gin tira son zanpakutô de son fourreau. A ce moment une ombre surgit derrière lui et le reiatsu étranger flamboya dangereusement. Gin entendit un pas mais il n'eut pas le temps de se retourner. Il sentit un coup violent dans son dos et une lame lui traversa la poitrine. Il poussa un cri de surprise et de douleur tandis que son sang souillait son haori blanc.

- Tu as le bonjour de Sosuke, sale traître, murmura une voix à son oreille.
A ce moment, le zanpakutô fut arraché de son corps avec une telle violence que du sang gicla avec force de sa blessure. Gin tomba à genoux, le souffle court, le corps paralysé par la douleur qui se répandait en lui et menaçait de le submerger. Sa blessure semblait grave et la lame n'avait manqué son coeur qu'à un cheveux près. Du sang s'écoulait à flot et la marre qui se formait autour de ses genoux s'étendait à une vitesse alarmante. Il avait du mal à respirer et le goût métallique du sang envahissait sa bouche. Il toussa, grimaçant de douleur, et cracha un flot de sang.

Son agresseur le contourna lentement pour lui faire face. Il leva la tête pour le regarder dans les yeux mais il ne vit qu'un masque noir sur son visage. Un masque sans autre motif qu'un sourire dément tracé en lignes d'un rouge sanglant, de la même couleur que ses yeux brûlant de haine et de rage. Il portait également un shihakushô de shinigami et un zanpakutô. Zanpakutô que Gin reconnu aussitôt: Tobiume!

- Hina ... mori! Fit-il d'une voix à peine audible.
Sans un mot, la jeune-fille masquée, fit courir la pointe de son sabre sous la gorge de sa victime.

- Un dernier mot à dire, traître?
De ses mains tremblantes et ensanglantées, Gin leva Shinsô vers son adversaire.

- Transperces! Ordonna-t-il à son zanpakutô.
La lame s'allongea si vite que la vizard eut juste le temps de bouger. La pointe atteignit son masque et en brisa une partie. Cependant, l'attaque manquait de force et elle ne lui infligea qu'une petite coupure au dessus du sourcils droit.

- Exploses, Tobiume!
Le zanpakutô prit sa forme de combat et une boule de feu se forma entre sa lame et les l'une des espèces d'antennes. D'un geste, Hinamori la lança contre le capitaine blessé. Les jambes faibles et tremblantes de Gin ne lui permirent pas de bouger assez rapidement pour éviter l'attaque. La boule de feu explosa à un mètre de lui, le projetant au sol. Shinsô lui échappa des mains et alla voltiger dans un coin, trop loin de lui. La chute fut rude et il ne put retenir un cri de douleur. Il se sentit sombrer dans l'inconscience. Debout au dessus de lui, Hinamori levait déjà son sabre pour lui porter le coup de grâce. Trop affaiblit par sa blessure, la perte de sang et la douleur, Gin ne put que la regarder faire, incapable de réagir. Comme dans un cauchemar, il vit la lueur de la lune se refléter sur la lame couverte de son sang. Il lui sembla alors entendre une voix indistincte cirer mais elle semblait lui parvenir de loin, comme de l'autre coté d'un tunnel obscur.

- Ichimaru?
Puis se fut le néant.

--

Rangiku rentrait tranquillement d'un pas sautillant, en chantant d'un air réjouit. Les shinigamis qui la croisaient se demandaient ce qui lui donnait cet air radieux qu'elle arborait. Elle avait l'air rayonnante, comme si la joie et le bonheur qu'elle ressentait émanaient de son corps en une douce lueur qui l'entourait.

Arrivée à un croisement, elle eut la surprise de trouver Hitsugaya appuyé contre un mur, les bras croisés sur son torse. Il semblait l'attendre. Lorsqu'il la vit, il s'avança vers elle.

- Hello, capitaine, lui lança-t-elle d'une voix chantante. Vous m'attendiez?

- Pas du tout, bougonna le gamin.
Rangiku ne put retenir un rire cristallin, elle savait qu'il mentait. Hitsugaya avait beau être ronchon et froid à l'extérieur, elle savait qu'il avait bon coeur et qu'il s'inquiétait pour elle.

- Vous ne me demandez pas ? Fit-elle avec un sourire incroyable.
Il ne lui en avait jamais vu de tel et ça confirma ce qu'il pensait.

- Inutile, je devine, râla-t-il. Et si tu veux vraiment savoir, je trouve qu'un seul Ichimaru ici, c'est déjà beaucoup.
Rangiku rit à nouveau. Tous les deux se mirent en route cote à cote.

- Vous venez à la maison? Demanda soudain la blonde.
Tôshirô fronça les sourcils.

- Ouais, il faut que je parle avec Ichi ... avec Gin.
Son hésitation fit rire la blonde et le gamin lui lança un regard irrité.

Ils marchèrent un moment cote à cote. Rangiku sautillait en chantonnant un air stupide que Orihime lui avait apprit, ce qui avait le don d'irriter le jeune capitaine.

- Matsumoto, râla-t-il, tu ...
A ce moment, un étrange reiatsu les entoura. Il provenait de la troisième division. Tout comme celui de Gin. Tôshirô comprit aussitôt que le capitaine de la troisième division se battait contre quelque chose. Instinctivement, Rangiku se rapprocha de son capitaine.

- Qu'est-ce que c'est? Demanda-t-elle soudain inquiète. Gin?
Sa bonne humeur semblait s'être envolée d'un seul coup.

- Je crois que ... commença Tôshirô.
Une violente explosion l'interrompit. A ce moment, il sentit le reiatsu de Gin commencer à disparaître. La panique s'empara de Rangiku.

- Gin!
Elle s'élança dans la direction dans laquelle elle sentait le réiatsu faiblissant de son amant. Tôshirô lui barra la route.

- Capitaine?

- J'y vais, restes ici, Matsumoto.
Il s'éclipsa en utilisant le shunpô. Désobéissant, Rangiku s'élança derrière lui.

Tôshirô arriva le premier sur la terrasse de la troisième division. Ce qu'il vit le figea d'horreur et de stupéfaction. Gin gisait au sol, dans une marre de sang, non loin d'un cratère encore fumant. Près de lui un shinigami le menaçait de son sabre. Sans attendre le gamin tira son zanpakutô de son fourreau et s'élança à la rescousse du blessé.

- Ichimaru?
L'autre capitaine ne réagit pas, mais son agresseur se tourna vers le nouveau venu. Hitsugaya faillit s'étrangler de stupéfaction, ce masque ... Impossible ... Et ce visage ...

- Hinamori?
Elle ne répondit pas, pas besoin. Si son masque camouflait encore à peu prêt son visage, son zanpakutô lui était bien visible.

- Mais qu'est ce que tu ...
Il ne put finir sa phrase, un hurlement l'en empêcha.

- GIN!
Jetant un coup d'oeil par dessus son épaule, il vit Rangiku se précipiter vers eux.

- N'approches pas, Matsumoto, ordonna-t-il.
A ce moment, Hinamori attaqua. Tôshirô libéra son zanpakutô et gela la boule de feu avant qu'elle ait pu les atteindre. Cependant la diversion fonctionna parfaitement. Lorsque le gamin releva la tête, Hinamori avait disparu.

- GIN? Entendit-il crier derrière lui.
Il se retourna pour voir Rangiku accourir vers eux. La jeune-femme se jeta à genoux aux cotés du blessé. Ses mains tremblantes se posèrent doucement sur la poitrine de son amant.

- Gin? ... Non! ... Gin, réponds moi, je t'en prie ... Réponds moi.
D'énormes larmes coulèrent sur ses joues.

- Matsumoto! Fit Tôshirô.
Elle ne l'entendit pas.

- Gin, je t'en prie, restes avec moi ... Ne m'abandonnes pas encore une fois ...
Elle pleurait comme une hystérique à présent et Tôshirô ne savait pas quoi faire pour la calmer. Il n'avait jamais été doué pour consoler les autres et, de toutes façons, il ne savait vraiment pas quoi lui dire. "Ce n'est rien, Matsumoto, tout va bien se passer."? C'était ridicule, il voyait parfaitement que rien n'allait. Ichi ... Gin était presque mort. Comment ça pourrait aller? Il regarda Rangiku enfouir son visage dans le kimono trempé de sang de Gin et pleurer en criant.

- Gin, restes avec moi, je t'en prie ... Tu dois rester ... Ne nous abandonnes pas.
Cette dernière phrase fit tiquer le gamin.

- Je suis enceinte, lâcha finalement la blonde.
L'entendre le dire dans de telles conditions lui fit mal. Il la prit par les épaules et la força à se redresser. Le visage trempé de larmes et du sang encore chaud de Gin, elle se jeta contre lui et sanglota encore plus fort dans ses bras.

- Capitaine Hitsugaya?
Le gamin tourna la tête pour voir arriver Kira et plusieurs autres membres de la troisième division. Le blondinet s'arrêta net et ses yeux s'ouvrirent d'horreur lorsqu'il vit Gin gisant dans une marre de sang. Tôshirô ne lui laissa pas le temps de s'apitoyer.

- Vas chercher Unohana, Kira, fais vite.

- Oui, capitaine.
Le blondinet s'en fut aussi vite qu'il le pouvait. D'une main, Tôshirô brandit son sabre au dessus du corps du blessé. Il utilisa la glace de Hyôrinmaru pour sceller la blessure de Gin et endiguer l'hémorragie. Ça leur laissait un peu de temps avant l'arrivée de Unohana.

Le capitaine de la quatrième division arriva quelques minutes seulement après que Tôshirô eut envoyé Kira la chercher. Alertée par les explosions et par la disparition du reiatsu de Gin, elle s'était précipitée à la rescousse et Kira la rencontra alors qu'elle était déjà en route pour la troisième division. Il eut le temps de lui faire un rapide résumé de la situation, ainsi ne fut-elle pas surprise lorsqu'elle arriva sur les lieux.

- Unohana! Accueillit Tôshirô.
Sans perdre de temps la femme capitaine s'agenouilla auprès du blessé.

- Il vit, révéla-t-elle après avoir prit son pouls. Mais à peine.
Elle ouvrit la veste du kimono de Gin afin de jeter un coup d'oeil à la blessure. Rangiku ne put retenir un gémissement lorsqu'elle vit la plaie ouverte au niveau du son coeur. Du sang frais et de la glace ensanglantée souillait la poitrine parfaitement musclée du blessé.

- De la glace?

- Oui, je ... J'ai pensé que ça pouvait arrêter le saignement, fit Tôshirô à mi-voix. C'est ce que je fais, quand je suis blessé.

- Bonne idée, approuva Unohana. Vous avez probablement sauvé le capitaine Ichimaru.
Elle se releva.

- Sa blessure est très grave, mais grâce à ce pansement de glace nous allons pouvoir le transporter dés que j'aurai stabilisé son état.
Elle se mit à l'oeuvre. Il lui fallut un long moment pour y parvenir et elle semblait fatiguée lorsqu'elle se releva.

Gin fut amené à l'hôpital de la quatrième division et aussitôt prit en charge par une équipe menée par Unohana. Ils l'emmenèrent directement en salle d'opération. Tôshirô resta un moment avec Rangiku qui avait refusé de rentrer chez elle pour se reposer, mais quelque chose le perturbait. "La première chose qu'Aizen fera s'il parvient à sortir de sa cellule c'est de s'attaquer à moi". Ces mots prononcés par Gin raisonnaient dans sa tête. Il fallait qu'il en ait le coeur net.

- Vice-capitaine Kotetsu?
Isane se tourna vers lui.

- Je vous confie Matsumoto. Faites bien attention à elle, elle est très fragile en ce moment.
La vice-capitaine de la quatrième division hocha la tête et regarda le gamin s'éloigner en courant. Rangiku pleurait toujours mais elle était un peu plus calme à présent, Unohana lui avait fait donner un calmant dès leur arrivée.

- Ne vous inquiétez pas Rangiku. Le capitaine Unohana s'occupe du capitaine Ichimaru. Il est entre de bonnes mains. Il est plus solide qu'il en a l'air.
Rangiku lui lança un regard de doute, les yeux rouges et gonflés.

- Vous devez faire confiance au capitaine Unohana et vous devez avoir foi en lui. Le capitaine Ichimaru ne veut pas vous abandonner. Il est revenu après tout ce qu'il à vécu là-bas dans le monde des hollows. Il est revenu pour vous.
Rangiku but une longue gorgée du thé qu'on lui avait apporté un peu plus tôt et de nouvelles larmes coulèrent sur ses joues. Isane posa une main rassurante sur son épaule mais la blonde ne parvint pas à lui rendre son sourire.

- Vous êtes sure que vous ne voulez pas rentrer chez vous?

- Oui.

- L'opération du capitaine Ichimaru peut durer longtemps.

- Dans ce cas j'attendrai ici.
Attendre, c'était tout ce qu'elle pouvait faire, songea-t-elle en caressant doucement son ventre.

--

Quand Tôshirô arriva sur le dernier pallier, les gardes semblèrent pris de panique en le voyant. Il y eut un mouvement confus au sein de la troupe, tandis que tous les gardes se plaçaient en rangs pour accueillir le jeune capitaine. Leur chef semblait stupéfait.

- Capitaine Hitsugaya! Personne ne nous a prévenu de votre visite.

- Ça tombe bien, je ne suis pas là officiellement, répondit le gamin.
Il se dirigea vers la porte manant à la Cour des Larmes, mais le garde se plaça devant lui.

- Où allez-vous, capitaine?

- Je dois voir le prisonnier.

- Puis-je voir votre autorisation?
Tôshirô le regarda comme s'il était fou.

- Je n'en ai pas.

- Dans ce cas, il vous est impossible de voir le prisonnier.
Le gamin vit rouge.

- Écartez-vous de mon chemin, gronda-t-il en tirant son zanpakutô. Je n'ai pas le temps de jouer avec vous, c'est une urgence.
Il balaya le garde d'un geste et poussa la porte. Le garde s'élança derrière lui, mais le temps qu'il monte les premières marches, Tôshirô était déjà devant la cellule d'Aizen. Il faisait sombre mais le rayon de lune qui traversait l'unique fenêtre de la prison lui permit de voir la silhouette de l'homme endormi dans son futon. Il déverrouilla la serrure spirituelle d'un geste et entra dans la cellule. Pendant un instant, il regarda l'homme dormir paisiblement, comme si rien ne c'était passé. Ça l'énerva de voir qu'Aizen dormait paisiblement alors que Gin était entre la vie et la mort à cette heure même. Il eut une soudaine envie de lui flanquer un bon coup de pied dans les cotes pour le réveiller, mais il savait qu'il ne supporterait pas d'avoir à faire à lui et à son sale sourire de triomphe. Il fit demi-tour avec un grognement de dépit puis quitta la cellule. Il la referma soigneusement derrière lui. Puis redescendit suivit du garde.

- Je ... Je suis désolé, capitaine Hitsugaya, mais je vais devoir faire un rapport sur votre conduite au commandant général.

- Rien à foutre.
Tôshirô se retourna d'un seul coup et le garde qui le suivait de près, lui écrasa les orteils.

- Quelqu'un est-il venu le voir depuis son arrivée, le vice-capitaine Hinamori, peut-être?

- Non, personne à part le capitaine Unohana, pour soigner ses blessures, mais elle ne vient plus depuis un moment. Et le capitaine Ichimaru, il y a deux où trois semaines, mais il avait une autorisation signée du capitaine-général en personne.
Tôshirô fronça les sourcils.

- Des problèmes?

- Aucun, il est très calme, c'est à peine si on se rend compte de sa présence.
Il se passa alors la main sur le front comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.

- Oui? Encouragea Tôshirô.

- L'un de mes hommes n'est pas venu prendre son service aujourd'hui, ni hier, mais je suis certain que ce n'est rien. Cet homme, un nommé Takachi, et son épouse attendent leur premier enfant. Je sais que sa femme doit accoucher d'ici peu. L'enfant est peut-être né hier, ce qui expliquerait son absence.
Tôshirô fronça encore plus les sourcils en songeant à demander à Unohana ou à Isane si une femme nommée Takachi s'était rendu à l'hôpital pour accoucher ces deux derniers jours.

Il quitta le Temple des Regrets en remuant de sombres pensées. Pour lui, le fait que Aizen soit toujours dans sa cellule ne signifiait pas pour autant qu'il était étranger à la tentative de meurtre sur Ichimaru. Bien au contraire. Il était capable d'avoir envoyé Hinamori faire le sale boulot pour lui.

Ce qu'il ignorait, c'est que ce qu'il avait vu dans la cellule n'était pas Aizen, et qu'il n'était pas en train de dormir. Ce n'était qu'une illusion créée par Kyoka Suigetsu. Le véritable Aizen s'était échappé de sa cellule deux jours plus tôt, avec l'aide de sa chère Hinamori, en laissant derrière lui le cadavre de ce pauvre garde, Takachi, allongé dans le futon, après l'avoir ensorcelé grâce à son zanpakutô pour que quiconque le voit, croit voir Aizen endormit. Il n'avait pas tant de visite que ça, la ruse marcherait pendant un moment, lui laissant les mains libres pour agir comme il le souhaitait. En attendant l'opportunité de se venger des shinigamis, il se cachait au coeur même du Seireitei, juste sous leur nez!

--

Ils attendaient depuis des heures. Les couloirs de l'hôpital étaient vides et calmes. L'effervescence provoquée par l'arrivée de Gin était retombée et tous les membres de la quatrième division qui n'avaient rien à faire là étaient rentrés chez eux. Seule Isane était restée pour leur tenir compagnie et essayer de rassurer Rangiku. La jeune-femme, épuisée, avait fini par s'endormir, la tête posée sur l'épaule de Tôshirô. Le jeune capitaine, pour une fois, ne laissa pas son sale caractère parler pour lui. Conscient que son vice-capitaine avait besoin de lui, il la laissa dormir sur lui sans bouger. D'ailleurs il commençait à avoir des crampes à force de rester immobile.

Le capitaine-général Yamamoto était passé prendre des nouvelles dés qu'il avait apprit l'agression, mais comme le capitaine Unohana n 'était pas disponible pour répondre à ses questions, il était repartit en demandant à ce qu'on le prévienne dés qu'il y aurait du nouveau. Ça faisait quatre heures, à présent, mais rien n'était sorti de la salle d'opération. Il y avait eu du raffut à un moment, et Tôshirô avait craint le pire. Aucune nouvelle n'était venu à ce moment. Il fut content que Rangiku se soit endormie, ça lui évita d'avoir à subir cette nouvelle angoisse.

Les yeux du gamin piquaient et il avait très envie de dormir mais il se forçait à rester éveillé. Il les fermait un peu de temps en temps mais les rouvrait dés qu'il se sentait sombrer dans le sommeil. Il lui sembla même que Hyôrinmaru le réveilla une où deux fois. Assise à l'autre extrémité du banc sur lequel ils étaient installés, Isane dormait, elle aussi, la tête appuyée contre le mur. Entre eux, Kira était immobile et gardait les yeux fermés mais Tôshirô savait qu'il ne dormait pas, son pied droit ne cessait de frapper le sol et ses doigts entortillaient l'extrémité son obi sur elle même. Lui aussi était nerveux.

Il eut un bruit à l'extrémité du couloir et Tôshirô tourna la tête dans cette direction. Le capitaine Unohana approchait, une blouse blanche maculée de sang sur son kimono, à la place de son haori. Elle semblait fatiguée. Tôshirô réveilla Rangiku qui sauta sur ses pieds aussitôt qu'elle vit la femme capitaine près d'eux.

- Comment va-t-il? S'écria la blonde.
Kira sursauta en entendant sa voix et se leva vivement, réveillant Isane.

- Suivez-moi dans mon bureau, ordonna Unohana, d'une voix lasse.
Silencieusement, le petit groupe la suivit. Ils entraient dans son bureau au moment où Yamamoto arrivait, guidé par Hanatarô Yamada. Tout ce petit monde prit place dans le bureau de Unohana. Elle s'assit dans son fauteuil, en lâchant un soupir de soulagement.

- Comment va-t-il? Demanda Rangiku, une seconde fois.
L'angoisse était évidente dans sa voix.

- Il va mal, répondit Unohana. La lame a frôler son coeur mais sans le toucher, ce qui est une bonne nouvelle. Toutefois son poumon gauche a été perforé et il a du mal à respirer seul. Pour le moment, il est sous appareil respiratoire mais n'ayez pas peur, ce n'est que pour quelques heures.
Elle marqua une pause et ferma les yeux un instant.

- Durant l'opération, son coeur a cessé de battre pendant un peu moins d'une minute, mais il est repartit assez facilement. Je vais quand même le garder en surveillance constante pendant les jours à venir. Il a perdu énormément de sang et il est très faible. Il va avoir besoin de beaucoup de calme et de repos.

- Je peux le voir? Demanda Rangiku des larmes dans les yeux.

- Non, je regrette, pour le moment, il est en soins intensifs, vous pourrez le voir dés qu'il sera transféré dans une chambre, certainement durant la journée où demain.
Yamamoto fit claquer son bâton sur le sol.

- Quand pourrais-je l'interroger?

- Pas avant plusieurs jours, je pense. Il risque de rester inconscient un moment.

- Il va s'en sortir? Demanda soudain Rangiku.

- Le plus dur est passé, répondit simplement Unohana.
Elle les envoya tous se reposer. Tôshirô ramena Rangiku chez elle mais comme il craignait qu'elle ne fasse quelque chose de stupide, ou que Aizen s'attaque également à elle, il resta avec elle. Hinamori ne vint pas au bureau de la cinquième division le lendemain de l'agression et personne ne la vit nulle part. Yamamoto lança un ordre de capture à son encontre et on ratissa tout le Seireitei à sa recherche mais personne ne la trouva. C'était comme si elle avait disparue de la surface du Soul Society.

--

- Matsumoto, manges quelque chose. Ça fait trois jours que tu n'as rien avalé. Penses un peu au bébé.
La jeune-femme répondit par un grognement indistinct. Tôshirô reposa sur la table l'assiette de petits gâteaux qu'il tendait vers elle. Même ça, ça ne marchait pas! La jeune-femme restait immobile, le visage enfouit dans ses bras posés sur la table. Depuis que Gin avait été blessé, elle déprimait complètement, même si les nouvelles envoyées par Unohana étaient rassurantes. Bien qu'il soit toujours sous haute surveillance, Gin avait été transféré des soins intensifs à une chambre où Rangiku pouvait aller le voir. Mais il n'avait pas encore reprit connaissance. Unohana était confiante cependant, et elle leur répétait qu'il ne tarderait pas à se réveiller.

Tôshirô espérait que se serait bientôt car il en avait assez de voir Rangiku se laisser dépérir de la sorte. Ça ne ressemblait pas à la Matsumoto qu'il connaissait et qu'il appréciait. L'apathie de la jeune-femme l'irritait plus qu'il pensait possible. Il avait envie de lui hurler de se remuer et de la forcer à bouger et à manger. Il détestait la voir comme ça. Ça lui donnait presque envie d'aller secouer Ichimaru pour le réveiller.

Depuis l'agression, Tôshirô n'avait pas quitté la jeune-femme une seule fois, pas même pour aller travailler, un comble. Il veillait sur elle autant qu'il la surveillait. L'obligeant à aller dormir quand elle ne tenait plus debout et la surveillant quand elle prenait son bain, de peur qu'elle ne tente de se noyer. Il ne comprenait pas sa réaction. Bien sûr, Gin était blessé et inconscient, mais il était vivant, alors pourquoi agissait-elle comme s'il était mort? Elle craignait visiblement qu'il l'abandonne encore une fois, comme il l'avait souvent fait lorsqu'ils étaient enfants, mais que cette fois il ne revienne pas. Tôshirô avait beau lui dire que c'était idiot, elle ne voulait pas l'entendre. Elle ne semblait pas comprendre que Gin, cette fois, avait deux bonnes raisons de revenir: elle et le bébé.

Tôshirô ne vit pas tout de suite le papillon noir qui se faufila par une fenêtre ouverte. Il ne le remarqua que quand l'insecte se posa sur sa main. Dés que Rangiku le vit, elle se redressa vivement, comme si on l'avait piqué avec une épingle. Était-ce une bonne nouvelle ou ... ?

"Capitaine Hitsugaya, vice-capitaine Matsumoto de la dixième division, veuillez vous rendre le plus vite possible à la quatrième division, fit une voix désincarnée. Le capitaine Ichimaru est en train de se réveiller."

- GIN! S'écria Rangiku en sautant sur ses pieds.
Tôshirô eut juste le temps de tendre les bras pour la rattraper au moment où un vertige s'emparait d'elle. Le mouvement brusque, le manque de nourriture et sa grossesse expliquaient ce soudain malaise. Toutefois, elle s'arracha vite à la poigne de son capitaine et se précipita vers la porte.

- Matsumoto, gronda Tôshirô. Tu n'iras nulle part tant que tu n'auras rien manger.

- Mais, capitaine, Gin ...
Il lui lança un regard cinglant qui signifiait clairement qu'il ne voulait pas discuter avec elle.

- Bon d'accord, céda-t-elle sous la pression de son regard. Mais je peux manger tout en allant à l'hôpital? S'il vous plaît?
Elle lui fit ses yeux de chiot battu et il céda avec un soupir en se disant que c'était toujours mieux que rien.

--

Douleur. Souffrance.

Ce furent les premières sensations qu'il expérimenta lorsqu'il commença à se réveiller. Une main douce fut posée sur son front mais sa vision encore trouble ne lui permit pas de déterminer qui en était le propriétaire.

- ... maru? ... Capitaine Ichimaru? ... Gin? ... Vous m'entendez?
C'était la voix douce et maternelle de Retsu Unohana. Gin répondit d'un gémissement. Il l'entendit vaguement parler à quelqu'un d'autre qui se trouvait également dans la chambre. Les yeux encore fermés, Gin essaya de capter le reiatsu de son visiteur afin de déterminer qui il était mais il se rendit compte qu'il n'y parvenait pas. Il était encore trop faible.

Sa blessure avait été soigneusement pansée, mais son coté gauche le faisait horriblement souffrir et il pouvait à peine bouger le bras. Il essaya de se redresser, mais ce mouvement provoqua une vague de douleur inouïe dans sa poitrine. Unohana se précipita.

- Non, non, non! S'écria-t-elle. N'essayez pas de bouger.
De ses mains posées sur sa poitrine, elle l'obligea à se rallonger. Épuisé, Gin se laissa faire. Il cala la tête sur l'oreiller et leva une main pour frotter ses yeux qui brûlaient. Quelque chose le gêna, il sentit une légère douleur sur le dos de sa main. Il réalisa que c'était l'aiguille d'une perfusion. Unohana lui prit doucement la main et la reposa sur le matelas. Sans un mot, elle s'éloigna un instant pour fouiller dans un tiroir puis revint prés du lit.

- Je vais vous mettre un peu de collyre dans les yeux, capitaine, annonça-t-elle.
Gin hocha la tête. Il sentit Unohana poser délicatement les doigts sur son visage et ouvrir doucement l'une de ses paupières. Elle laissa une goutte du liquide couler dans l'oeil du blessé, puis fit de même avec l'autre. La sensation était désagréable mais le remède lui fit du bien. Après une ou deux minutes, il put à nouveau ouvrir les yeux et constata que sa vision était plus nette. Il vit que son visiteur n'était autre que Yamamoto. Le Vieux était assit sur une chaise, au pied du lit et s'appuyait sur son bâton.

- Commandant, salua Gin. Désolé de ne pas pouvoir me lever.
Sa voix était faible, sèche et éraillée. Sa gorge était douloureuse et irritée comme si on avait voulu le forcer à avaler quelque chose. Unohana s'assit sur le bord du lit et lui souleva délicatement la tête. Gin ne put retenir un gémissement de douleur.

- Je sais, fit-elle avec douceur. Buvez ça, ça va apaiser votre gorge.
Elle lui présenta un petit verre contenant un liquide qui ressemblait à de l'eau. Gin but docilement le liquide froid et le sentit glisser lentement dans sa gorge.

- J'ai dû vous intuber et vous mettre sous respirateur pendant quelques heures, expliqua-t-elle. C'est l'appareillage qui a irrité votre gorge, mais ça disparaîtra rapidement.
Gin se contenta de hocher la tête. Il était fatigué et parler lui était difficile.

La porte s'ouvrit soudain et cogna contre le mur. Rangiku bondit à l'intérieur de la chambre comme une furie.

- Gin?
Elle se précipita vers le lit et se laissa tomber prés de lui.

- Gin, tu es réveillé! Enfin! Sanglota-t-elle. J'ai eu si peur. Tellement peur de te perdre.
Elle posa sa tête sur la poitrine du jeune-homme et se mit à pleurer sans pouvoir s'arrêter. Gin leva la main et caressa doucement ses cheveux.

- Ça va, Ran, fit-il de sa voix faible.
Il sentait les larmes chaudes de la jeune-femme mouiller le yukata blanc qu'il portait. Du coin de l'oeil, il vit Hitsugaya entrer dans la chambre. Unohana referma la porte derrière lui. Il y eut un instant de silence durant lequel on entendit que les sanglots de Rangiku. Les trois capitaines regardaient Gin, qui, en réponse, les regardait tour à tour.

- Vous avez des questions, je suppose, commença-t-il.
Yamamoto hocha la tête, sa longue barbe balayant le sol sans qu'il s'en aperçoive.

- Savez-vous qui vous a attaqué, capitaine Ichimaru?

- Hinamori.
Tout le monde le savait, ce ne fut donc pas une surprise.

- Mais ce n'était plus vraiment Hinamori. Elle avait un masque de hollow. C'était une vizard.
Ça en revanche, ce fut une surprise. Pas que Hinamori ait eu un maque, tout le monde avait déjà entendu le rapport de Tôshirô. Ce qui surprit le Vieux, et Unohana, ce fut d'entendre Gin prononcer le mot vizard. Ils avaient pourtant veillés à ce que les plus jeunes capitaines n'entendent jamais parler de ces créatures mi-shinigami, mi-hollow.

- Aizen s'est probablement évadé de sa cellule, ajouta Gin.

- Non, je suis allé voir et il est toujours en prison, fit Tôshirô.
A ce moment, Gin se redressa brusquement sur son, lit, repoussant Rangiku.

- Non, c'est impossible.
Son visage exprimait clairement sa souffrance, mais il tenta tout de même de se lever.

- Gin, s'écria Rangiku, alarmée.

- Non, ne bougez pas, intervint Unohana.
Elle se précipita pour forcer le blessé à se recoucher mais il résista.

- Vous ne comprenez pas ... Il est plus sournois que vous pensez ... Il a réussit à vous faire croire qu'il était toujours là haut, mais c'est faux.
Une tache de sang se forma sur son yukata, comme une fleur écarlate, au niveau de sa blessure.

- Capitaine Ichimaru, soyez raisonnable, recouchez-vous, ordonna Unohana.
Comme il lui résistait toujours, elle posa l'index sur son front.

- Vous ne me laissez pas le choix, fit-elle.
Elle marmonna quelque chose et Gin s'effondra aussitôt dans ses bras.

- Non! ... Vous ne ... pouvez ... pas ... protesta-t-il.
Sa voix devenait de plus en plus faible. Il lutait activement contre le sort, mais il n'avait plus de force et il s'endormait rapidement.

- C'est ... une ... illusion ...
Malgré ses efforts, personne ne daigna faire attention à cette mise en garde. Son corps se détendit et il s'affala sur Unohana, endormi. Elle plaça soigneusement l'une de ses mains dans son dos et l'autre derrière sa nuque pour maintenir la sa tête et le recoucha doucement. Elle posa délicatement la tête du blessé sur l'oreiller et se redressa. Son haori était à nouveau teinté du sang de Gin.

- Sortez tous! Ordonna-t-elle d'un ton qui n'admettait aucune réplique.
Même Yamamoto se hâta d'obéir. Une fois seule, Unohana remonta ses manches à l'aide d'un ruban et passa des gants stériles. Elle ouvrit le yukata humide de sang et retira les pansements souillés pour inspecter la blessure. En se débattant, Gin avait fait sauter plusieurs de ses points de suture. Unohana prépara le matériel dont elle allait avoir besoin et entreprit de remplacer les points rompus.

- Vous devriez faire plus attention à vous, Gin, remarqua-t-elle à mi-voix. Surtout avec un petit qui arrive.
Le jeune-homme gémit faiblement quand elle injecta un anesthésique dans les chairs entourant la blessure.

Dans le couloir, les témoins de la scène attendaient des nouvelles sans se douter à quel point Gin avait raison et sans savoir que Aizen se promenait librement en ourdissant leur perte à tous.

--
Whaoo! C'est le plus long chapitre que j'ai écris jusqu'à maintenant. J'en reviens toujours pas!
Je sens que si je vous le demande, vous allez tous me répondre "à mort, Hinamori"!
Ne vous inquiétez pas trop pour Gin. J'aime trop ce perso pour lui reserver un sort funeste.
Nous allons aborder les derneirs chapitres de calme avant le grand cataclysme (je ne sais pas encore combien, peut-être deux ou trois avant l'affrontement final)

Dans le prochain chapitre, retour à Las Noches avec la réponse à cette qestion: mais qu'a donc Turel? (vous avez tous une idée précise à ce sujet, on dirait XD).
Si je travaille assez vite, j'essaierai de vous le mettre mardi soir ou mercredi, mais je ne peux rien vous promettre.
Bon week-end.
Bises.