Hello !
Toujours un tout tout grand merci à mes fidèles revieweurs (euses) !
Le drame est dans le titre... Milo plus obsédé et jaloux que jamais... Saori plus Saori que jamais. Shun s'émancipe, Ikki râle... Aiola ne comprend rien...
Bonne lecture !
Titre: Mistral perdant
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Allusion au DVD à J.Cameron et Co.
Mistral perdant
Personne n'avait répondu à Shiryu, qui laissa tomber l'affaire, flairant avec gourmandise un minuscule verre de saké.
Saori Kido louait l'absence de mistral, arguant qu'il ferait encore plus chaud.
Seiya approuva, comme il approuvait le moindre éternuement de sa déesse.
Hyoga activa aussitôt préventivement un peu de cosmos glacé, s'attirant un coup d'œil approbateur d'Ikki du Phénix, car l'exercice météorologique du Cygne avait fait frissonner Andromède, qui avait enfilé un sweater sur son maillot de bain indécent.
Camus et Milo étaient fort occupés à accomplir un troc de dessert, le Scorpion enfournant dans la bouche de son chéri les fruits de mer en chocolat, et le Verseau osant lui rendre la pareille en lui donnant des becquées de glace vanille avec sa cuillère.
Ikki ne manqua pas d'immortaliser cette scène sur son appareil photo numérique, scène toute mignonne mais qui porterait un coup de plus à la réputation d'homme froid du Sanctuaire portée jusqu'à aujourd'hui par le Français.
Les convives ayant raflé tout ce qu'il y avait à rafler, la patronne du navire proposa – et l'on savait quel sens Athéna donnait au mot " proposer " – une soirée pyjama, télévision, pop-corn et soda.
N'ayant pas vraiment le choix, le chœur de la Chevalerie se fit mollement enthousiaste.
Ils refluèrent donc vers la cabine salon de luxe, où des canapés moelleux et blancs attendaient devant un écran géant, dernier cri, super luxe.
- Tout le monde en pyjama ! s'écria une Athéna qui n'avait jamais paru autant son âge.
Elle donna l'exemple en entraînant Seiya dans sa cabine, suivie plus lentement par les autres victimes… euh, les autres invités.
Camus du Verseau, animal à sang froid supportant des températures polaires, commençant à avoir trop chaud dès vingt degrés, ne possédait pas de pyjama.
Milo du Scorpion refusait toutefois que son chéri si séduisant s'exhibe toute une soirée en boxer et torse nu – le Grec pensait sincèrement que n'importe quel être sexué ne rêvait que de lui voler son trésor glacé conquis de haute lutte, ce qui était peut-être parfois le cas, mais pas systématique non plus.
- Je vais en emprunter un à Hyoga, suggéra le Français, il a été élevée par moi, donc logiquement il a prévu des vêtements de rechange.
- Pas question ! siffla le Scorpion, dont la jalousie maladive s'étendait jusqu'aux habits étrangers que son compagnon pourrait se mettre éventuellement sur le corps.
- Tu es idiot, Milo, cingla le gardien du onzième Temple en sortant.
Milo regretta de n'avoir prévu que son propre pyjama short, jaune et orné d'un scorpion noir – il avait du chercher pour le trouver celui-là – mais il fouilla dans son sac, pour ramener un caleçon trop large, bleu à rayures noires, et un tee-shirt blanc/gris, froissé, troué, décousu et qui n'avait pas vu le tambour de la machine à laver depuis un temps indéterminé.
Perdu dans ces chiffons trop grands et anti-sexy au possible, son cher Camus ne serait plus un appel au viol.
L'appel au viol reparut, coincé dans un pyjama short trop petit, blanc et orné sans surprise d'impressions de bébés ours polaires en bleu clair, avec même des petites paillettes brillantes pour agrémenter le tout.
Cela allait bien avec les cheveux du Verseau, moins avec son âge.
- Putain chouchou, jura Milo, tu es… tu es…
- Je suis quoi ? demanda Camus en tirant sur le bas du pyjama qui lui rentrait dans les fesses – Hyoga devrait bien grossir un peu…
- T'es trop excitant comme ça ! Pas question que les autres te voient dans un truc aussi collant ! Je refuse, tu entends ? cria le Grec.
- Mais enfin Milo, contra froidement le Maître des glaces, qui veux-tu qui me regarde ici ? Athéna et Pégase ne font que se papouiller, Ikki est hétérosexuel pur, dur, et macho, Shiryu hétéro et casé précocement, Shun d'Andromède fixe Hyoga, et mon disciple, malgré son complexe d'Oedipe, a déjà deux jolies blondes à ses trousses en plus de Shun…
Il s'agissait là d'arguments raisonnables, mais le Chevalier du Scorpion n'était pas un individu raisonnable, loin s'en fallait.
Il fixa avec rage le dos de son amant, qui cherchait de nouveaux comprimés de " Dramamine " à avaler par sécurité, et était littéralement hypnotisé par sa chute de reins, ses jambes fuselées, ses… enfin, tout, quoi…
Pas question que Camus sorte ainsi ! Et si ce maudit Ikki prenait encore des photos ?
Le Sanctuaire entier pourrait mater le Verseau et fantasmer dessus !
- Milo ? interrompit le futur fantasme du Sanctuaire en secouant le Scorpion. Ne te mets pas dans des états pareils pour une sottise, bon Dieu…
- Je t'en prie chouchou, supplia Milo changeant sa figure fâchée en moue malheureuse, change-toi et mets mes vêtements !
Grimaçant devant les guenilles proposées par son petit ami, Camus céda pour deux raisons majeures : avoir la paix, et être plus à l'aise de ses mouvements.
Shun mit plus de vingt minutes à choisir ce qu'il allait porter, conseillé par Hyoga et houspillé par Ikki.
Le grand frère ne voyait pas ce qu'il y avait à choisir : Phénix avait emporté un pyjama de base, pantalon long et manches courtes, rouge, souple et propre.
Hyoga avait enfilé un pyjama short jumeau de celui prêté à son mentor.
Ikki se rendit alors compte qu'Andromède avait emporté cinq tenues de nuit différentes, longues, courtes, toujours serrées et enfantines.
Shun finit par se décider douloureusement pour un pyjama short vert clair, avec un grand koala sur la poitrine, pyjama serrant et découvrant son nombril.
Bref, short mini, séduction maxi.
Ikki, qui voyait son autorité fraternelle s'effilocher de minute en minute, eut beau tempêter, son cadet refusa de changer sa tenue de nuit d'un iota, avec un sourire candide et doux qui musela le Phénix : Shun devait juste piquer une petite crise d'adolescence, pas essayer de séduire un autre garçon.
Comme lui, Ikki, était soupçonneux et d'esprit mal tourné !
L'Enfer était pavé de phénix aveuglés de bonnes intentions par l'amour filial.
Le Cygne laissa malgré lui traîner un regard clair appréciateur sur le postérieur compressé de son petit camarade de guerre.
Shiryu avait revêtu un pyjama chinois blanc tout simple, attaché ses cheveux aussi encombrants que ceux de Saori en queue de cheval impeccable, et profitait de ce temps gagné à ne pas hésiter futilement pour continuer sa lecture.
Il emporta " De la brièveté de la vie " de Sénèque sous le bras, estimant à juste titre qu'Athéna ne choisirait pas un film intellectuel.
Saori avait elle aussi hésité longuement entre un pyjama rose pâle orné de fraises rouges et une chemise de nuit aérienne en dentelle blanche.
Cette audacieuse sélection fut remise en cause par un Pégase passé en mode " jalousie de propriétaire ".
- Personne ne te manquera de respect, ma Saori ! brailla le canasson revêtu d'un pyjama long blanc à rayures bleues, convenable et fripé.
- Mais Seiya, papillonna des cils sa petite amie, personne ne va me regarder ! Camus et Milo sont gays…
- Milo ne l'a pas toujours été ! grogna le japonais qui s'avouait honnêtement que face au modèle de statue grecque incarné par le Chevalier d'Or du Scorpion il ne faisait pas le poids, et qui avait eu par Aiola des échos sur les cabrioles multiples et passées du séducteur numéro un.
- Mais il n'a plus d'yeux que pour son Camus… Si chou ! tempéra Athéna. Je pense que Shun est gay, lui aussi…
- Ça me paraît évident, ricana Seiya, il n'y a qu'Ikki qui se cache la réalité !
- La chute du Phénix dans le volcan sera rude, pépia la réincarnation avec moquerie. Shiryu est un raseur casé avec Shunreï. Quant à Hyoga, il est obsédé par le souvenir de sa môman et n'aime probablement que les blondinettes… Pfff…
- C'est rien ma Saori, proféra Pégase avec un large sourire. Les blondes sont idiotes, tout les hommes savent ça !
Etions-nous en droit de se poser la question à propos des cheveux mauves ?
- Bon, choisit Saori, je mets le pyjama rose alors.
Tout le monde fut donc réuni dans le salon, au milieu de snacks divers, très nuisibles à la santé et favorables au surpoids.
Saori claqua des mains – c'était décidément une manie chez elle – et imposa son choix de DVD, film de circonstance : " Titanic ", avec l'incontournable sex-symbol Léonardo di Caprio.
Cri funèbre de certains dans l'assemblée, celui exercé de l'oiseau de feu dominant tout.
Shun par contre, amateur de romantisme sirupeux, fut ravi.
Hyoga était content de la joie d'Andromède, bien que la vue d'un naufrage catastrophique dans des eaux froides semées d'icebergs fut une réminiscence cruelle pour lui, au regard de sa tragédie personnelle.
Seiya était content de tout ce que décidait Saori, et saisit un sac de chips au sel.
Milo soupira avec résignation, Camus pensa que cela aurait pu être pire.
Shiryu se plongea résolument dans un fauteuil confortable et dans son bouquin, pestant que sa déesse aie justement choisi un film ultra-long.
Le générique commença, et le silence se fit.
Une heure plus tard, les Chevaliers toujours rivés à l'écran de luxe du yacht avaient pris, si l'on ose ce parallèle, leur rythme de croisière.
Saori essuyait une larme de temps en temps, embrassait son fidèle chevalier de bronze comme un poulpe enlacerait un coquillage, et grignotait beaucoup.
Ikki continuait peu raisonnablement à fonctionner au cognac, lisant une bande dessinée et balançant de temps à autre un commentaire moqueur ou salace, rappelé aussitôt à l'ordre par des " chut ! " de Shun ou d'Athéna.
Hyoga serrait les poings en attendant anxieusement l'impact fatal et l'agonie désespérée du navire – il verserait des torrents de larmes incontrôlées au premier cadavre de femme flottant au fil de l'eau.
Shun buvait les images et les dialogues en même temps qu'une vodka orange – Ikki n'avait plus à lui dicter ses lois, non mais – et se bourrait aussi de sucreries.
Shiryu n'entendait rien, tout plongé dans sa philosophie.
Camus passait son temps à chercher les éventuelles erreurs historiques, du moins au début, car il fut malgré lui entraîné dans cette histoire d'amour maudit.
Milo au trois-quarts ivre de saké avait essayé de le saouler une fois de plus à la vodka orange, pour son intérêt futur et personnel, mais le Verseau avait refusé, lui expliquant que le mélange alcool/médicaments n'était pas conseillé, voire dangereux pour sa petite santé.
Le Scorpion se rétracta immédiatement, et souffla, ses mains baladeuses, à l'oreille de son chéri, des descriptions de tout le bien qu'il envisageait de lui faire la nuit.
- Camus mon ange, murmura-t-il, ce serait épatant si le yacht pouvait se ramasser un iceberg et noyer les autres. Nous serions seuls et tranquilles pour jouer à Jack et Rose dans la voiture…
- Je doute que tu rencontres un iceberg en Méditerranée, ironisa le Français.
- Mais, tu es la personne toute indiquée pour en fabriquer un !
- Très drôle petit scorpion…
- Silence les amoureux ! glapit avec courroux leur supérieure.
Milo s'y employa activement, embrassant et tripotant du Camus avec ardeur.
Un Camus que les médicaments assommaient un peu, et qui par exception laissa son petit copain le toucher sous son short et son T-shirt bien trop larges de manière fort poussée.
Lucide, il pensa que Milo allait finir par le dévergonder totalement. Et que cela n'était pas convenable du tout, mais pas désagréable du tout non plus.
Seiya et Saori glissèrent vers la fin du film un regard vers leurs aînés pour s'instruire un brin et les copier plus tard, dans leur cabine.
Indigné, révolté, bouleversé, le Cygne trouvait que Milo aimait sans aucun doute son maître, mais le traitait comme un objet sexuel en société. Il versa simultanément des larmes sur le naufrage du Titanic et sur ses illusions d'enfant, dans les bras d'un garçon à cheveux verts qui brailla comme un veau à la mort de Jack Dawson.
Le hululement de désespoir de Saori Kido, réincarnation d'Athéna, compléta cette scène pathétique. Elle geignit au moins dix fois " Oh, Jack ! " avec un atroce accent anglais – le film avait été passé en version originale sous-titrée japonais.
A eux trois, ils saccagèrent une boîte entière de kleenex.
Milo, saoul comme un polonais, en était presque arrivé au stade où il ferait l'amour à son compagnon en public.
Ce qui, naturellement, n'était pas le cas du pudique Verseau.
Collé contre Camus, le Grec éclata finalement lui aussi en sanglots quand Jack coula au fond de l'Atlantique.
- Il est mort ! Il est mort ! C'est affreux ! vagit-il, fabriquant un amalgame cruel avec la douleur de Rose dans le film et la sienne quand Camus était mort lors de la bataille du Sanctuaire.
- Voyons mon Milo, c'est un film, tenta de le consoler le Français qui avait compris.
- T'es là, hein mon chouchou ? Tu partiras plus jamais ? renifla le Scorpion.
- Mais non, jamais… assura le Verseau attendri.
- Qu'ils sont mignons ! piaula une Saori au nez coulant.
- Oh oui ! approuva Shun qui frottait ses yeux gonflés.
Au générique, tout le monde était à peu près remis.
La plus glorieuse partie de la Chevalerie d'Athéna secouèrent leurs membres engourdis et les miettes semées sur leurs pyjamas avant de grimper sur le pont pour un tour aux étoiles avant le repos.
Athéna partit donner des ordres aux personnes à qui elle ne s'intéressait pas le moins du monde sauf pour faire marcher le yacht.
Elle revint la mine soucieuse.
- Nous n'avançons toujours pas ! Quels idiots ceux-là…
- Vous ne leur avez tout de même pas dit ça ! grinça Camus qui soutenait difficilement son petit copain à l'équilibre fort incertain.
- Je me suis gênée ! grogna la déesse en s'accoudant au bastingage.
- Gentil, ça.. ironisa Ikki.
- Tu n'as de leçons d'amabilité à donner à personne, Chevalier Phénix, rétorqua-t-elle agacée. Pas de mistral, pas de voile… Il paraît que cela peut durer une heure, deux heures, deux jours…
- Hein ? Deux jours ? glapit hystériquement le fier et immortel Ikki du Phénix.
- Ben oui, émit Athéna d'un air patelin. Mais nous avons assez de nourriture, ce n'est pas grave !
- Il faudra rentrer au moteur auxiliaire ! proposa le Verseau comme toujours pratique précis, et bien informé.
- Oh, non, ce ne serait pas du jeu ! objecta Saori qui s'amusait énormément de cette nouvelle aventure. Nous sommes ici en tant qu'humains ordinaires !
Camus signala, approuvé par son disciple et par Shiryu, qu'utiliser le moteur de secours prévu pour de telles circonstances, était justement se comporter en êtres humains ordinaires – et intelligents de surcroît. Mais sans doute était-ce la part intelligente qui déroutait Athéna, ajouta fielleusement Ikki à mi-voix.
- Laissons agir le hasard ! rit la divinité enroulée autour d'un Seiya sans surprise approbateur des niaiseries de sa princesse. C'est un ordre !
C'était une évidence que Saori Kido, enveloppe charnelle d'Athéna, aimait les hasards, elle l'avait déjà prouvé à suffisance…
Les Chevaliers regagnèrent leurs cabine en priant que le mistral se réveille avec eux le lendemain. Ils voulaient débarquer le soir, et pas rester une minute de trop en compagnie de la femme pour qui ils devaient se sacrifier en cas de guerre.
Aiola du Lion sirotait ouzo sur ouzo dans son Temple, se posant une infinité de questions auxquelles il ne trouvait pas les réponses.
Marine, virant à l'hystérie, était allée dormir chez Shaina, le chevalier de l'Ophucius l'ayant encore traité de " crétin de service pire que Seiya ", ce qui ne représentait pas pour l'Italienne la plus dure des insultes qu'elle était capable de proférer.
Non, le cinquième gardien doré ne comprenait pas.
Qu'est-ce que cela pouvait bien faire à sa gentille Marine qu'il traite le Chevalier du Verseau de " petit prince arrogant ", qu'il critique le choix amoureux de son meilleur ami Milo, où qu'il soit dégoûté à l'idée des vomissements de Camus ?
Rien qui puisse énerver sa petite copine, non ?
En tout cas, il coucherait seul dans son lit cette nuit, et cela était révoltant.
Shaka de la Vierge et Mü du Bélier passèrent discrètement dans un ondoiement conjoint de longues chevelures blondes et lilas parfumées d'encens, saluant l'ivrogne avec courtoisie.
- Félicitations, Aiola, jeta les yeux fermés l'Indien avec une esquisse de sourire.
- Oui, mais tu ne devrais plus boire, maintenant que tu vas avoir des responsabilités, admonesta gentiment l'Atlante.
- Il fête cela, déduisit la réincarnation de Bouddha.
- Oui… Allez, bonne chance Aiola !
Ses deux pairs disparus dans un froufroutement de capes, le lionceau se retrouva encore plus déstabilisé qu'avant.
Il rêvait ou tout le monde semblait connaître un secret que lui ignorait ?
Foutue journée ! Son horoscope avait raison…
