Il y a ton sourire - Damien Saez

Il y a ton sourire qui s'élève et c'est comme une lueur d'espoir.

Harry regardait Hermione, assise à ses côtés, le visage tourné vers la fenêtre. Elle avait quitté Fred depuis longtemps, et avait avoué son amour à Harry récemment. Il lui avait alors murmuré qu'il n'y avait jamais eu qu'elle. Ron dormait dans leur chambre, Ginny à ses côtés. La peur au fond du ventre de la cadette avait poussé Harry et Hermione à les laisser en famille.

Il y a l'ombre et la lumière au milieu de notre trajectoire.

Le sourire d'Hermione s'estompait de jour en jour. Harry avait entendu les hurlements de son cœur face à la proximité de leur départ, la violence qui émanait d'elle, le désarroi et la confiance au fond de ses yeux. Hermione était entière.

La nuit les enveloppait. Dans quelques heures, Bill et Fleur allaient celer leur vie, à tout jamais, jusqu'à ce que la mort les sépare. Et Harry ne put s'empêcher de penser qu'elle était de plus en plus présente, de plus en plus menaçante. La guerre, ils y seraient bientôt plongés et la mort les guetterait, de près. Harry profita alors de ce dernier instant de répit pour garder Hermione près de lui. Il voulait connaitre chacun de ses traits, de ses expressions, chacun de ses gestes, les graver dans sa mémoire au cas où, un jour, il n'ait que ses souvenirs pour lui tenir chaud. Il la contemplait, laissant ses yeux se perdre dans ses boucles brunes, sur ses lèvres, ses joues, son nez qu'il aimait tant embrasser.

Il fallait choisir une route alors on a choisi les pluies.

Ils se l'étaient avoué, comme ça, sans rien préméditer. Il n'y avait pas eu de déclaration d'amour, pas de long discours. Un je t'aime à peine murmuré, des yeux qui s'étaient parlés, des mains qui s'étaient retrouvées. Il n'y avait rien eu de romantique, rien de physique. Trois petits mots et un regard. Le même, celui qui disait j'ai mal, et ces deux cœurs qui ne savaient s'exprimer, s'enlacer.

Acides à s'en brûler le cœur, pourvu que planent mes esprits.

Il avait peur, peur de goûter ses lèvres et d'en déchirer le ciel. Il aimait Hermione. Il en était persuadé. Mais leur relation ne ressemblait en rien à ce qu'on nous apprenait. Ce n'était pas un coup de foudre, pas un sentiment qui s'était emparé de son cœur, qui l'aurait emprisonné. Ils avaient appris à se connaitre, à s'aimer. Il n'y avait rien de physique. Deux ans auparavant, elle lui était apparue magnifique dans sa robe de bal, mais son cœur n'avait pas cogné. Il s'était mis à battre plus fort, au fur et à mesure, lui laissant le temps de s'y habituer. Il ne l'avait pas brusqué. C'était une évidence. C'était venu lentement, l'amour avait poussé dans sa poitrine, comme une fleur, que l'on arrose chaque jour et dont on s'aperçoit, un jour, qu'elle a éclos, que le travail a fini par payer.

Il y a le vent de nos sanglots qui soufflent pour une amnistie.

Il posa sa main sur sa cuisse, rien de gênant, juste deux corps qui se connaissaient déjà, une chaleur familière et rassurante. Elle se tourna vers lui et son cœur se souleva. Ses yeux appelaient à la perdition. Ils chamboulaient l'âme, la rassuraient, l'apaisaient. Elle lui offrit un sourire et il eut envie de le prendre et le garder avec lui, dans un coin de sa tête.

Mais rien n'arrêtera la lutte

-A quoi tu penses ?

-A toi.

Et le sourire d'Hermione s'élargit. Il déplaça alors sa main vers sa joue qu'il caressa de son pouce. Elle ferma les yeux, appréciant pleinement ce geste. Il aimait sa chaleur, sa douceur. Il aimait voir sa peau rougir et sentir ce feu sous ses doigts. Merlin qu'il avait envie de l'embrasser. Il se mordait les lèvres, la peur cognant dans son ventre. Le pouvait-il ? L'accepterait-elle ? N'est-ce pas encore trop tôt ? Trop de questions qui se bousculaient, se cognant les unes aux autres. Hermione ouvrit alors les yeux et plus rien n'exista. Le temps était suspendu, les bruits s'étaient tus. On n'entendait que leur respiration, à bout de souffle, à bout d'amour. Elle avait ce pouvoir sur lui. Lui faire tout oublier, la peur, la douleur, le chagrin, les autres. Lorsque ses yeux plongeaient dans les siens, plus rien n'existait, un monde se formait et la réalité leur échappait.

Rien ne finira la chute, rien ne finit l'infini

Hermione embrassa sa main et il ne put se résigner plus longtemps. Alors, lentement, il s'approcha de son visage. Il prenait son temps, de peur qu'elle ne lui échappe, qu'elle ne soit qu'un songe et qu'il se réveille au milieu de son dortoir. Il détailla chaque trait de son visage, chaque imperfection, chaque perfection. Il pouvait sentir son odeur l'envelopper petit à petit puis complètement, se perdant dedans, la chérissant. Hermione ne bougeait pas, il vit l'attente dans ses yeux puis la peur et, enfin, le désir, la tendresse, l'amour. L'étincelle dans son regard se renforça, l'aveuglant. Et c'est là qu'il la trouvait belle. Lorsque ses yeux s'agrandissaient, étincelaient et qu'il y décelait sa douceur et son amour, tout ce qui la définissait.

Alors, doucement, sans faire de bruit, il effleura ses lèvres, une brise à peine perceptible. Et, déjà, son souffle se coupait.

Il la vit fermer les yeux et sa main vint s'échouer dans ses cheveux en bataille. Alors, il osa poser ses lèvres pleinement contre celle d'Hermione. Et ce fut tout ce qu'il n'avait jamais connu. Une douceur infinie, un morceau de vie, une magie qu'il ne connaissait pas. Leurs lèvres bougeaient ensemble, se mordillaient, se séparant et se redécouvrant. Hermione pressa un peu plus sa main sur la nuque d'Harry, approfondissant le baiser. Leurs langues rejoignirent la danse et le cœur du survivant tapa si fort qu'il crut le sentir s'arrêter, las d'avoir trop travaillé. C'était exquis, mieux que tout ce qu'il avait connu. C'était mieux que de jouer au Quidditch, mieux que la tarte à la mélasse, mieux que les chocogrenouilles, les soirées au coin du feu, le rire de Sirius, les réunions de l'AD. Mieux que son arrivée à Poudlard, les moments avec Hagrid, le coup de poing d'Hermione sur le visage de Malfoy, la tête de Ron au bal de Noël, les inventions de Fred et George, la défaite d'Ombrage, le miroir du Rised. C'était mieux que la magie.

Rien ne desserrera nos mains.

Ils se séparèrent et Hermione plongea son regard dans le sien. Alors, lentement, sans le quitter des yeux, elle vint se positionner sur lui, à califourchon. Leurs corps n'avaient jamais été aussi proches. Harry sentait les seins d'Hermione sur son torse, c'était à peine perceptible, mais un léger picotement naquit dans son bas ventre. Ils se regardèrent, intensément. Les mots n'avaient jamais eu de réelle utilité entre eux, leurs yeux avaient appris à dire ce qui n'osait passer la barrière de leurs lèvres.

Harry s'autorisa alors à poser ses mains sur les hanches d'Hermione et elle l'embrassa. C'était la fougue mélangée à la tendresse et cela lui fit perdre la tête. Elle caressait son cou, ses épaules, ses bras, mêlait leurs mains et les décrochait. Harry remonta alors les siennes sous le chemisier d'Hermione, au creux de ses reins, longeant son dos. Ils découvraient un corps familier sous une chaleur nouvelle. Il la sentit frissonner sous son contact et s'en félicita. Il aimait cela. Harry quitta alors les lèvres d'Hermione pour les aventurer sur ses joues, sa mâchoire et son cou. Elle se cambra sous leur effet et un gémissement passa la barrière de ses lèvres. Elle empoigna tendrement sa chevelure, le poussant à approfondir ses baisers. Et ses mains vinrent se perdre sur ce ventre délicat. Hermione entreprit alors de le faire remonter et l'embrassa à pleine bouche.

Nous forcerons nos destins.

Elle déboutonna le chemiser du survivant, mêlant les caresses à ses gestes et il fit de même. Ils se retrouvèrent bientôt peau contre peau, cœur contre cœur. Il fit glisser sensuellement le bout de ses doigts à la naissance de ses seins et elle gronda contre ses lèvres. Il descendit alors sur ses cuisses, sous sa jupe et caressa ses fesses. Il les empoigna soudainement et, sans cesser leur baiser, la souleva.

Il la posa délicatement sur le lit et se positionna au-dessus d'elle. Elle se détacha de ses lèvres et plongea son regard dans le sien. C'était intense, magique. Ils s'avouaient leur amour si longtemps enfoui, si longtemps refoulé, toujours pardonné. Harry enfouit sa tête dans le cou d'Hermione et le couvrit de baisers. Il faisait courir ses lèvres sur ce corps qu'il avait si longtemps désiré sans le savoir, sans oser l'avouer. Et les mains d'Hermione se perdaient dans son dos, sur son torse, s'accrochant à chaque parcelle de peau qu'elles pouvaient atteindre. Ils entreprirent, d'un commun accord, de se débarrasser de leurs derniers vêtements, les envoyant valser dans l'oublie. Et Harry s'arrêta, contemplant le corps de celle qui fut sa meilleure amie, la femme d'une vie.

Nos percerons les mystères

N'y tenant plus, il embrassa son ventre, ses cuisses, soufflant sur son intimité. Hermione se cambrait, gémissait, son corps suppliait. Alors, il embrassa ses lèvres. Elle avait un goût inégalé, surprenant, envoutant. Il s'égara sur chaque parcelle de chair, voulant en connaitre tous les secrets. Elle était humide, désirable et cela ne fit qu'augmenter le plaisir d'Harry qui voulut connaitre le goût de son extase. Il était doux, lent, voulant profiter de chacun de ses gémissements, du plaisir qui montait lentement dans le corps de celle qui l'aimait. Il jouait avec le point central de son plaisir. Malgré le feu qui lui tiraillait les reins, Harry voulait l'entendre atteindre l'extase et goûter de sa bouche sa saveur. Alors, il accéléra son jeu et Hermione prit feu. Un gémissement plus profond s'échappa d'elle et le corps d'Harry se contracta lorsqu'elle murmura son prénom. Il allait en perdre sa tête.

Il remonta lentement ses lèvres jusqu'à sa bouche, y mettant toute la douceur dont il était capable. Il l'embrassa du bout des lèvres et Hermione bascula. Sans comprendre, il se retrouva sur le dos et crut mourir sous le regard brûlant de désir de la femme qui se tenait sur lui. Il s'y perdait. Et puis, d'un coup, sans s'y attendre, il la sentit autour de lui. Un cri s'échappa de sa gorge, il gémit. Ils ne formaient qu'un. Leur corps et leur âme se mêlant parfaitement. Il se redressa pour coller son torse au sien et il se sentit vivant, entier. Il donna de petits coups de bassins et Hermione enfouit son visage dans son cou, le mordillant, gémissant contre son épaule, plantant ses ongles dans sa chair. Il crispa ses doigts sur sa peau, voulant y pénétrer, l'avoir tout entière. Il n'avait jamais connu de sensation aussi douce, aussi sensuelle. Il perdit pied, se coupant de la réalité. C'était dire je t'aime autrement, le dire passionnément.

Nous retrouverons nos chemins, nos idées et puis l'univers

Il donna un coup de reins et déplaça les corps, sur le flanc. Allongés face à face, leurs yeux se perdirent dans le regard de l'autre et Harry continua ses vas et viens. C'est chaud, si agréable, si sensuel et si réel. Leurs mains se perdaient sur le corps de l'autre, s'entremêlaient, se démenaient. Leur peau devait une carte dont il leur fallait découvrir tous les secrets. Leur respiration se faisait de plus en plus difficile, le feu les consumant lentement, terriblement et Harry sentit qu'ils allaient venir, goûter à l'extase suprême. Alors il accéléra ses mouvements. Ses yeux toujours plongés dans ceux d'Hermione, il la sentit se cambrer, se tendre et se crisper sur lui. Au même moment, il la fit sienne entièrement, entrelaçant leurs doigts, si fort.

Et son cœur vola en éclat. Il avait fermé les yeux, un court instant et son cœur se contracta lorsqu'il les ouvrit à nouveau. Elle était là, devant lui, rougissante, aimante et il se dit qu'il n'avait jamais connu de bonheur comparable, d'amour aussi pur. Elle lui caressa la nuque et embrassa sa bouche. Il lui saisit le poignet et y déposa ses lèvres.

-Je t'aime.

Il y a les lois de l'empire et les trous noirs dans ma mémoire.

Il n'avait pas pu se retenir. Les mots avaient franchi la barrière de ses lèvres spontanément. Le regard d'Hermione se fit plus tendre encore.

-Je t'aime Harry.

Il y a le meilleur et puis le pire, au milieu de notre trajectoire.

Alors il se jeta sur sa bouche et elle rit. Toujours à l'intérieur d'elle, il en sentit de légères secousses et la suivit. À contrecœur, il se sépara de sa chaleur et ressentit un immense froid. Un froid bien vite comblé par Hermione se lovant contre son corps. Bientôt, la guerre, partout, au fond d'eux-mêmes.

Combien tu vends ta liberté, dis combien tu vends ta poésie ?

Ils se regardèrent, de longues minutes, savourant la présence de l'autre, le contact de leurs peaux nues, décelant les étoiles au coin des lèvres. Ils n'avaient jamais eu besoin de mot, leurs yeux parlaient pour eux et, à cet instant, c'était leurs âmes qui se caressaient et s'aimaient.

Moi j'ai même vendu mon âme au diable, pour ton sourire.