Par avance : Les gens, la fic est presque terminée ! J'ai eu un éclair d'inspiration et j'ai enchaîné les gros chapitres. Reste juste le final et l'épilogue et voilà, j'aurai réussi à mener à terme un projet pour la première fois, même si je prévois la suite quand même, ce serait salaud de vous laisser sans plus de révélations. Surtout qu'en relisant je me rends compte que j'ai lancé une tonne d'intrigue ! Donc le rythme de parution va augmenter forcément, surtout que j'ai hâte de terminer. Rassurez-vous, la qualité n'en souffrira pas, je relis méticuleusement tous ce que je fais paraître. A ce sujet, je prononcerais un erratum doublé d'un Mea Culpa : dans le début de la fic, Martin n'hésite pas à prononcer le nom de Voldemort. C'est une bévue de ma part parce que je n'avais pas réalisé la psychose que pouvaient avoir les élèves. Donc voilà.

Sinon, CONCOURS ! Oui, toi lecteur, je te lance un concours ! Dans le chapitre de cette fanfic apparaissent les noms de "Nathaniel et Isabel", qui sont des personnages pour beaucoup plus tard. Ces deux noms ont une inspiration bien particulière ! Sauras-tu retrouver d'où ils sont tirés ? C'est bien tordu je précise, et j'ai moi-même cherché ces deux prénoms. Le gagnant de ce concours, qu'il me réponde par review ou mail, aura droit à un OS (One shot) sur le personnage de son choix (mais de ma fic quand même...). Voilà ! Place au chapitre très court !


JUDICIAIRE – LE MINISTERE

Et je trouvai mon amie sur l'esplanade, comme je l'avais prévu. Pour une fois le soleil n'était pas encore complètement couché, on aurait donc pu nous voir depuis le parc. Mais Morgan était allongée au milieu des dalles de pierre et non près de la balustrade. Comme à son habitude, elle m'entendit arriver.

« Alors, Finey, ces examens ?

– Eh bien… Ca devrait aller. Et pour toi ?

– Sans vouloir flamber, c'était une formalité dans la plupart des matières.

– Tu serais presque parfaite, fis-je avec ironie.

Elle se releva en montant les jambes puis en bondissant carrément du bassin pour atterrir accroupie, bras tendus. Elle se redressa ensuite, dos à moi, et regarda le soleil couchant.

– Il faut avouer que je m'y connais plus que la plupart de mes camarades à leur âge. Mais tu vois, alors qu'ils avaient des amis pour jouer et des parents pour les dorloter, j'ai dû compenser ces vides. Alors j'ai lu, lu, encore et encore. Je n'ai pas la science infuse, mais j'ai du niveau. C'est tout.

Je détournai le regard, gênée. Etrangement, je n'avais pas trop envie de parler de ça aujourd'hui. C'était la fin des cours et examens, les vacances en somme, et je ne voulais pas alourdir l'atmosphère. Morgan devait penser la même chose car elle fit en se retournant vers moi avec le sourire :

– Enfin bon. Voilà. Une troisième année les doigts dans le nez. Au fait, c'est le moment pour toi de faire le point sur ta première année ici. Tu as aimé ?

– Euh… Oui. Notamment parce que j'ai rencontré des personnes géniales.

– Je sais, je suis géniale.

– Tu n'es pas la seule, fis-je avec un sourire en coin.

– Oui mais je suis sûrement la plus géniale. Non ?

– Je sais pas. Tu es spécialement géniale, on va dire.

Elle se rapprocha de moi en pouffant de rire.

– « Spécialement » ? Ah, ce mot « spécial »… Il te va bien aussi je crois.

– Il faut croire.

– C'est sans doute pour ça qu'on est proche.

– Mais c'est quoi « normal », à ce moment-là ?

– Tout ceux qui ne sont pas nous ?

– Mouais… Non. Ceux qui se conforment à la norme… Mmh…

Là, mon esprit n'était pas assez ouvert à l'époque pour que je donne une définition correcte de « normal ». D'ailleurs, je me demande bien aujourd'hui si la normalité peut-être définie objectivement. J'ai bien peur que non. Car je me suis vite rendue compte qu'autour de moi personne n'était normal : Morgan, Joanna, Ginger… Par l'esprit. Melany… Par autre chose. Et je ne parle pas d'Elektra, des Darksun ou de Nathaniel et Isabel. Oups, je parle trop et brûle les étapes. Bref, je finis par secouer la tête.

– Désolé, je ne suis pas d'accord avec toi, mais impossible de développer plus.

– Bah, ne nous prenons pas la tête avec ça. On sort du lot, voilà. Donc tu as aimé Poudlard… Prête à rempiler l'année prochaine ?

– Tout à fait, fis-je avec une certaine fierté. Je suis entrée dans le système.

Morgan eut un rire plutôt amer.

– Oui, enfin… « Entrer » est un bien grand mot. Tu vis à Londres, parmi les Moldus. Tu ne connais que le Chemin de Traverse et Poudlard du monde magique, et tu n'es pas sous la juridiction du ministère.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– J'ai vécu dans un village de Moldu mais dans un quartier entièrement rempli de sorciers. Les règles qui régissaient ce quartier, en matière d'ordre public notamment, étaient dictées par le Ministère. Tu es soumise à des règles du Ministère toi aussi. Mais pas autant. On va dire que tu es « gentiment » encadrée par le Ministère. Lorsque j'ai perdu mes parents, c'est le Ministère qui s'est chargé de me placer, et il n'a rien trouvé de mieux d'ailleurs que de me mettre sous la garde de ma marraine – en même temps je soupçonne quelques magouilles au sein du service…

Je grognai, agacée par tout ce que je pouvais entendre de la chose.

– Magouilles, hein ? C'est quoi ce Ministère ? J'ai l'impression qu'il ne tient sur rien et qu'il est corrompu jusqu'à la moelle…

– Tu n'es pas loin du compte. Enfin… Le centre du pouvoir, le Ministre et les Aurors, ceux qui garantissent l'ordre, non. On essaye pas de corrompre le centre de la pieuvre. C'est plus facile avec les tentacules. Presque tous les services ont droit à leurs dessous de table et autres chantages. Notamment les commissions, et on en a un exemple qui se déroule juste en bas.

Du pouce elle montra le parc par-dessus la balustrade.

– Comment ça ?

– Malefoy n'arrête pas de se féliciter de l'implication de son père quant à condamner à mort l'hippogriffe qui l'a blessé alors qu'il faisait le con avec.

– Hein ?

– Malefoy père s'est mis la commission dans la poche. Il les a achetés ou menacés, selon les cas. Mais au final l'unanimité est là, Buck – c'est comme ça que s'appelle la bestiole – va être décapitée ce soir avec présence d'un membre de la commission chargée de ce genre de cas et… Cornelius Fudge, le Ministre de la magie.

– En personne ?

– Oh, il passe souvent à Poudlard. Enfin là il est en fin de carrière mais bon, je dois t'avouer que j'ai une dent contre lui, mais je vais éviter de développer. Et il est à quelques dizaines de mètres de moi. Je pourrais lui tordre le cou…

Elle se dirigea vers la balustrade d'un pas lent alors que la nuit tombait peu à peu. Peu de chances d'être vus.

– Tu lui en veux ? demandai-je innocemment.

Pour toute réponse j'eus un rire des plus mauvais.

– Oh que oui, je lui en veux. Mais là, Finey, je ne suis pas disposée à te donner le lien entre moi et Fudge. C'est trop tôt, ou peut-être même que je ne te le dirai jamais.

Je ne répondis rien. Je ne voyais plus le visage de Morgan mais je ne doutai pas qu'il s'était agrémenté de son large sourire malsain.

– Mais je t'assure que je lui en veux, poursuivit-elle. Moins qu'à Voldemort, quand même. Mais il est en bas, là… Et en plus pour servir la soupe aux Malefoy. Cette créature ne mérite pas de mourir, elle s'est comportée comme n'importe quel hippogriffe. C'est juste que cet imbécile de blondinet a cru tout mieux savoir que tout le monde. Justice de merde.

– On… On ne pourrait pas faire quelque chose ?

Morgan se retourna d'un coup vers moi et son visage n'avait plus rien de terrible. Elle exprimait de la surprise amusée. Pas difficile de deviner pourquoi. Alors qu'auparavant je lui avais reproché de sortir du règlement, j'étais en train de lui proposer pire. Oui, j'avais envie de faire quelque chose contre cette injustice. Pas parce que j'avais une compassion particulière pour l'animal, mais parce que ce système me révoltait. Et la présence de Morgan me donnait des ailes. Je pensais pouvoir lui proposer n'importe quoi, même attaquer Gringotts, car cette fille me semblait pouvoir réussir n'importe quoi. Du fait je lui proposai d'agir… Dans l'ombre. Et elle était ravie.

– Finey ?! Eh bien ça pour une surprise… Attends, tu voudrais que l'on… Fasse quelque chose d'illégal ?

Je soupirai et détournai le regard. Elle jubilait. Elle s'approcha de moi avec un rire amusé.

– Et pire que moi, tu veux carrément t'opposer au Ministère ! Ca me plaît ! Si on trouve un plan pour libérer la bestiole, je marche !

J'eus un sourire gêné en la regardant de nouveau.

– Euh, c'est une idée comme ça, hein…

– Allons, Finey… Tu ne veux pas avouer que ça t'excite de sortir du droit chemin ? De faire ta propre justice ?

– Je… Attends, ce n'est pas ça… Enfin…

– Je suis à tes ordres, Finey ! Depuis le temps que j'attends quelqu'un comme toi ! Une partenaire !

J'eus l'impression étrange de franchir un cran dans ma relation avec Morgan. Elle me considérait davantage.

– Je t'ai filé mon virus. Ou est-ce parce que tu es avec moi que tu as envie de faire des choses folles ? C'en serait davantage magnifique !

– Calme-toi Morgan. Que pourrait-on faire de toute façon contre ça ?

– La magie va nous y aider. Il faut que nous nous y mettions toutes les deux, et je pourrai libérer la bestiole sans rien risquer. On se change et on se retrouve ici. »

Elle ne me laissa bien sûr pas l'occasion de répondre et partit en courant. J'étais bloquée. Quoique non. Objectivement, j'aurai très bien pu la laisser en plan comme dans la cave de Honeydukes. Mais c'était devenu inconcevable de lui poser un lapin. Et puis… J'avais envie de tenter la chose. Un grain de folie. La folie de Morgan. Cette folie contagieuse qui me charmait sans que je m'en rende compte. Celle de repousser les limites pour faire ce que l'on voulait. Une sorte de délinquance juste. Je n'aurai jamais imaginé faire ça dans Londres, même avec l'équivalent de Morgan. Mais sans doute à cause de l'effet « magie », je prenais un recul fou et me disait que ce monde était plus prompt à ce que l'on en transgresse les règles. J'allais dans l'ombre donner mon avis au Ministère sur son fonctionnement et sa finalité. Mais je n'en eus pas l'occasion car deux évènements vinrent tout changer.


Ah, petite Maggy, reflet de ma haine envers cette abération qu'est le Ministère... Prochaine étape, les évènements de la nuit se mettent en place.