Bonjour la compagnie !
Je pensais sortir ce chapitre plus rapidement, d'autant plus que j'ai fini de l'écrire il y a deux semaines, mais j'ai été plus occupée que prévu ! Pardon pour l'attente...
La fin approche à grands pas, c'est à la fois excitant et effrayant, quelque part entre le "enfin !" et le "quoi, déjà ?".
Une dernière chose : je me suis emmêlée les pinceaux dans les réponses de reviews (de plus j'y arrive seulement depuis mon pc), donc je n'ai pas répondu à tout le monde, mais j'ai été très touchée par vos commentaires ! Merci infiniment :D Si cette petite fic arrive à amuser ou émouvoir des gens, c'est tout ce que je demande !

Bonne lecture, la compagnie ;)


Chapitre 37 : Fragment initial

Percy songea à sa réaction passée, le jour où Cornelius Fudge lui avait expliqué à demi-mot qu'un animagus non-déclaré serait un atout considérable pour le Ministère. Il se revoyait, à peine âgé de dix-neuf ans, déjà émancipé et donc apte à penser par lui-même, croyait-il, trop certain d'œuvrer aux côtés d'une élite éclairée et raisonnable, celle qui détenait le vrai savoir et dont le recul faisait tristement défaut aux fanatiques de Dumbledore et Harry Potter – parmi lesquels on comptait ses plus proches parents.

Il revoyait son expression interdite comme si la scène s'était déroulée la veille, sans parvenir à saisir quel sentiment pouvait se cacher derrière sa stupéfaction apparente. Le jeune Percy était sûrement déconcerté d'entendre un exemple de droiture évoquer la possibilité de contourner la loi, mais il devait avoir trouvé mille raisons de valider intellectuellement cet écart, sans doute bêtement flatté par ce qu'il prenait pour une marque de confiance de la part du Ministre de la Magie.

Ce n'étaient que des déductions car les émotions relatives à l'épisode en question étaient soigneusement étiquetées et entreposées dans des petites fioles, quelque part au fond d'un tiroir du bureau de Dumbledore.

Penser au directeur de Pouldard rembrunit Percy. Quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis leur altercation. Ils ne s'étaient pas revus et Percy n'éprouvait pas l'envie d'y remédier, bien au contraire. Le vrai problème concernait les souvenirs détenus par Dumbledore, dans la mesure où son incapacité à les consulter rendait ses prédictions hasardeuses, voire inexactes. Il redoutait de commettre une erreur.

- Ce n'était qu'une supposition, ajouta Fudge qui avait mal interprété le froncement de sourcils de son assistant.

Percy n'eut nul besoin d'affecter un air embarrassé ; il l'était.

- Excusez-moi, je pensais à... à Sirius Black, comme lui aussi était un...
- Oh. Je vois, dit Fudge.

Mais il comprit à sa tête que le Ministre ne voyait pas du tout. Ce dernier croisa ses mains derrière son dos et s'éloigna en hochant la tête.

- Enfin. Un animagus dont l'apparence serait tenue secrète... voilà qui pourrait changer la donne.

Percy le regarda s'éloigner en pinçant la bouche pour ne pas rire devant un tel étalage de subtilité. La première fois que cette scène s'était déroulée, Percy était venu le trouver dans son bureau en fin de journée pour lui proposer de devenir un animagus à sa solde – comme si cette idée venait de lui ! Fudge avait feint d'être surpris, puis l'avait vaguement découragé de se lancer dans cette entreprise risquée, avant de bondir de joie et de lui assurer qu'il mettrait tout en œuvre pour l'aider, et que son geste ne serait pas oublié.

Percy avait évidemment cessé d'admirer Fudge, qui n'était n'était définitivement pas un exemple de droiture, ni un exemple de quoi que ce soit, à vrai dire. En revanche, il conserverait toute sa vie une sorte de sympathie bizarre pour cet homme.


Le 1er juillet 1996, Cornelius Fudge démissionna sous la pression de la Communauté Sorcière et céda sa place à Rufus Scrimgeour.

L'ancien Ministre était beaucoup de choses, mais il n'était pas mesquin : il apprit à Scrimgeour que Percy était prêt à devenir un animagus non-déclaré au service du Ministère. Pragmatique, Scrimgeour le déchargea de son travail d'assistant – ce dont il n'avait pas besoin – pour lui laisser le temps d'achever sa transformation, ignorant que Percy était déjà capable de revêtir l'apparence d'un papillon azuré.

L'intéressé employa la majeure partie de son temps libre à profiter de la compagnie de Sirius et de ses frères nouvellement retrouvés. Le premier était ravi de pouvoir compter sur la visite des seconds, même lorsque Percy était absent, ce qui lui laissait moins de temps pour ressasser sa solitude. Il n'avait pas été aussi léger depuis le jour de son sauvetage.


Le 22 août 1996, ils invitèrent Fred, George et Verity pour fêter le vingtième anniversaire de Percy, un événement dont Sirius se réjouissait tout particulièrement. Il ne comprenait qu'à présent la gêne qu'éprouvait l'ancien professeur vis-à-vis de son jeune âge, lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Avec un amusement tout relatif et un tantinet amer, il se souvenait du dédain avec lequel il traitait le trouble de Percy, tiraillé entre ses sentiments et toutes les sonnettes d'alarme qui lui hurlaient qu'il commettait quelque chose de mal. Malgré tout, il s'estimait heureux que son opiniâtreté ait suffi à convaincre Mr. Wistily de revoir ses principes à la baisse.

Sirius s'enferma dans la cuisine pour l'occasion, ravi de pouvoir planter deux dizaines de bougies dans le gâteau destiné à son fiancé, ce qu'il fit avec un enthousiasme quelque peu revanchard. Pendant ce temps, livré à lui-même et à son trac, Percy eut le tout le loisir de nettoyer la maison avant l'arrivée de sa famille. Trois fois.

Ainsi, le 22 août 1996, Percy rencontra sa nièce pour la première fois. Il n'en tira qu'un seul regret : celui de ne pas l'avoir vue grandir. Verity était un amour. Attentive, elle savait écouter les gens qui l'entouraient avec un intérêt non feint. Spirituelle, elle avait toujours un trait d'esprit en réserve. Très mature pour son âge, observa Percy, satisfait. Il nota également avec une pointe de mélancolie qu'elle ressemblait à Molly, physiquement.

La jeune fille avait été répartie à Poufsouffle. Percy l'avait effectivement aperçue à Poudlard en quelques occasions, mais n'étant ni de la même Maison, ni de la même année, il ne lui avait pas prêté attention. De plus, il fut ravi d'apprendre que sa nièce se montrait plus sage que Fred et George ne l'avaient été durant leur scolarité. Pas au point d'avoir été préfète, car elle avait la fâcheuse manie de faire régner la justice avec ses sorts et ses poings plutôt qu'en laissant intervenir le corps enseignant, mais Percy ne put s'empêcher de l'admirer.

- Je suis sûre qu'elle fera une alchimiste hors pair ! assura le fonctionnaire tandis qu'il essuyait la vaisselle.

Les jumeaux et Verity étaient partis. Assis à la table de la cuisine, Sirius regardait son compagnon s'extasier devant tout ce qu'avait dit ou fait sa nièce pendant le repas, hochant la tête d'un air entendu et moqueur.

- Elle ne te rappelle pas Nil au même âge ? s'enquit Percy.
- Tu dis ça parce que c'est une Poufsouffle.
- Je suis à peu près sûr que c'est poufsoufflophobe, ce que tu viens de dire.

Le manque de réaction du Maraudeur poussa Percy à faire volte-face. Sirius l'observait avec un sourire tranquille.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien. Tu me fais rire.

Le plus jeune posa le torchon dont il se servait, prit place en face de son amant et but une gorgée de thé. Pendant quelques instants, il régna entre eux le silence confortable des couples qui n'ont pas toujours besoin de parler.

- Tu aimerais des enfants ?

La question de Percy prit tellement Sirius de court qu'il en recracha son thé.

- Trop soudain ? s'inquiéta l'ancien professeur.

Sirius secoua la tête en toussant.

- Non, non... enfin... (Il se racla la gorge.) Je pensais qu'après ma demande, il s'écoulerait un certain temps avant qu'on... franchisse une autre étape, je suppose.
- Désolé.
- Y a pas de quoi, pouffa-t-il. C'est juste qu'on n'en avait jamais parlé avant. Je pensais pas que tu étais du genre à...
- À vouloir des enfants ?

Percy marqua une pause.

- Je crois que ça me paraît naturel parce que je viens d'une famille nombreuse.

Sirius, lui, n'avait qu'un frère et il était mort des années plus tôt. Il en avait été proche, quand ils étaient petits. Ils avaient même failli se réconcilier à la fin de leur scolarité, mais Sirius avait quitté Poudlard et ils s'étaient perdus de vue. Regulus avait péri l'année suivante.

Mis à part de cela, la famille Black était certes nombreuse, mais il n'appréciait véritablement que son oncle Alphard, sa cousine Andromeda et son mari Ted, ainsi que la joyeuse morveuse du couple. Il n'y avait pas de quoi donner d'irrépressibles envies de fonder une famille. En outre, il ne se sentait pas suffisamment responsable et stable (psychologiquement parlant) pour assurer le bien-être d'un enfant. Et pourtant...

Et pourtant, ç'aurait été mentir que dire qu'il n'y avait jamais songé. Il s'était souvent projeté dans une vie bien rangée avec Percy, et ce alors qu'il étudiait encore à Poudlard. Lui qui n'avait jamais manifesté la moindre sorte d'intérêt pour les enfants, du haut de ses dix-sept ans, il s'était mis à se demander à quoi ressemblerait le rejeton qu'ils élèveraient ensemble. Même si cela était impossible pour des raisons biologiques évidentes, il aurait voulu un enfant qui leur ressemble à tous les deux.

Finalement, il se contenta de hausser les épaules.

- On n'a pas tellement eu le temps d'y penser, pas vrai ?
- Effectivement, admit Percy, le regard dans le vague.

Les choses auraient pu être différentes. Si le temps était une affaire de carrefours et d'intersections, il aimait penser qu'il existait une réalité où Sirius et lui s'étaient installés ensemble après la remise des diplômes des Maraudeurs. Ils avaient eu les mêmes problèmes que n'importe qui : des problèmes d'argent, des problèmes d'homophobie dans une société qui commençait tout juste à s'ouvrir, des problèmes de communication, des problèmes d'autorité avec leurs enfants devenus des adolescents rebelles, des problèmes existentialistes à cinquante ans, des problèmes de santé en vieillissant.

La main de Sirius sur la sienne le ramena à la réalité – leur réalité. Percy se formula que s'il vivait dans une réalité où Sirius pouvait poser sa main sur la sienne, cela lui suffisait amplement.

- Tu ne penses pas que je suis trop vieux ? demanda l'aîné, soucieux.
- Trop vieux pour faire quoi ?
- Des gosses.

Il eut un petit rire.

- Si on adopte rapidement, tu auras peut-être la chance d'assister au mariage du premier. En déambulateur.
- T'es vraiment un sale type, asséna Sirius en faisant mine de retirer sa main.

Percy la rattrapa et entrelaça leurs doigts.

- Tu n'es absolument pas trop vieux. Regarde Remus, il...

Le plus jeune se tut, consterné devant sa propre bêtise, mais Sirius n'était pas disposé à laisser passer l'étourderie de son fiancé.

- Remus ? Quoi, Remus ? Il va...
- Non.
- Remus, un enfant ? bredouilla Sirius avec une joie incrédule.
- Pas du tout.
- Quand ça ?
- Jamais.
- Mais avec qui ?
- Personne.
- Soit tu en as trop dit, soit tu n'en as pas dit assez.
- Très bien, j'en ai trop dit. Laisse-moi, maintenant.
- 'Val !

Percy annonça qu'il allait se coucher, mais son entreprise se transforma en une ridicule course-poursuite autour de la table à manger. Sirius était ivre de bonheur à l'idée que Remus allait être père : après tout ce que son vieil ami avait traversé, la vie réapparaissait. Tout était possible.

Et après la guerre, il allait se marier avec 'Val, et peut-être qu'ils allaient adopter, et peut-être... peut-être...

Le 23 août 1996, à une heure du matin, Sirius décida qu'il voulait des enfants. Percy, quant à lui, fut incapable de trouver le sommeil.


Le 23 décembre 1996, Percy annonça à Scrimgeour qu'il avait achevé sa transformation. Il ne savait plus exactement à quel moment il était censé devenir un animagus, mais il se souvenait que c'était quelques jours avant Noël. Le nouveau Ministre se montra admiratif qu'il y soit parvenu si vite et fort satisfait que son animal totem se révèle être une créature aussi discrète qu'un papillon. Préférant ne pas prendre de risques, il attendrait le printemps avant de lui demander d'espionner pour le compte du Ministère.

- En revanche, vous pourrez être très utile d'ici là. Seriez-vous prêt à renouer avec votre famille ?

Non, Percy ne l'était pas. D'ailleurs, il doutait fort que sa présence au Terrier aiderait le Ministre à sympathiser avec Harry Potter, mais Scrimgeour écarta cet argument d'un geste de la main légèrement impatient.

- Fudge a été idiot d'attiser vos différends avec votre père.

Percy ne savait pas s'il devait approuver, ou seulement dire quelque chose. Heureusement, Scrimgeour ne lui en laissa pas le temps.

- Très bien, c'est entendu : je vous attends après-demain à treize heures heures dans mon bureau. Bonne soirée, Weasley.

Et il tourna les talons. Percy parvint à bredouiller ce qui ressemblait à un « au revoir » et resta bêtement planté là, au milieu du couloir désert, les yeux rivés sur le dos de son supérieur. Il ne l'appréciait pas spécialement, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir triste en songeant au sort qui l'attendait, et admiratif devant le courage dont il ferait preuve le moment venu.

Quoi qu'il en soit, il pouvait visiblement rentrer chez lui.

- Percy ! Hé, Percy !

Entendre la voix de Nil Youngblood lui communiqua un sentiment de joie, avant qu'il se rappelle de dresser ses barrières et de ne rien montrer de ses émotions. D'entre toutes, elle était la plus apte à deviner que Sirius était en vie.

- Nil, dit-il simplement en se composant un sourire fatigué.

Sa mine tragique devait être convaincante, car Nil le serra contre elle avec une douceur qui ne lui ressemblait pas, comme si elle avait peur de le briser par la seule force de ses bras. Elle lui frotta le dos et s'écarta de lui pour le regarder. Percy jaugea ses vêtements brûlés par endroits en arquant un sourcil. L'auror lui sourit.

- Rien de grave. Tu devrais plutôt t'inquiéter pour le Mangemort qui m'a fait ça.
- Tu en as attrapé un ? demanda Percy, ébahi.

Contrairement à ce que Scrimgeour laissait volontiers entendre, il ne se souvenait pas que le Ministère ait mis la main sur le moindre disciple de Voldemort pendant la guerre. Les nombreuses arrestations ne servaient qu'à donner l'impression que le gouvernement avait repris le contrôle de la situation.

- Non, avoua Nil, je ne l'ai pas choppé. Mais maintenant, je suis très énervée.

Percy hocha la tête avec une pensée émue pour celui qui s'était mis Nil à dos. Elle était plus têtue qu'un éruptif et certainement capable d'occasionner autant de dégâts. Ironiquement, la Sorcière donna raison à Percy en réitérant une invitation qu'il entendait au moins une fois par jour depuis une semaine.

- Est-ce que tu veux venir passer Noël chez nous ? Bon, il y aura Lee, mais si je lui explique que t'es un collègue...
- Il te dira que tu as perdu la tête, acheva-t-il. On en a déjà parlé, Nil ; tu es la seule à m'estimer par les temps qui courent.
- La seule, avec Scrimgeour, rétorqua-t-elle avec un clin d'œil. Qu'est-ce qu'il te voulait ?

Percy préféra lui dire la vérité. S'il commençait à trop lui mentir, elle le sentirait.

- Il veut se servir de moi pour approcher Harry Potter le 25 décembre, chez mes parents.
- Oh. Joyeux Noël.

Il sourit faiblement, veillant à assombrir la moindre de ses expressions. Un moment passa.

- Tu es sûr que tu veux passer Noël tout seul ?
- J'inviterai Severus.
- Tu ne veux vraiment pas que je vois ton nouvel appartement, pas vrai ?
- C'est... vraiment pas un bel endroit. Très mal rangé. De la vaisselle sale, partout, une horreur. J'ai même commencé à nommer les rats d'après l'équipe de Quidditch bulgare.
- Mais tu inviteras Severus.
- Certes, mais les hommes sont tous des porcs, il ne s'en formalisera pas.

Nil éclata de rire et Percy s'autorisa même un rictus amusé. Elle secoua la tête.

- T'es impossible, Mr. Wistily, dit-elle en l'étreignant avec force.

Ils se saluèrent. Elle lui arracha la promesse de passer la voir, un de ces jours, et elle disparut à l'angle du couloir sur un dernier geste de la main. Percy se rendit compte que la Sorcière avait emporté une part de sa mélancolie avec elle.


Le 25 décembre 1996, Sirius rencontra Deryn Weasley, en pyjama et les mains pleines de pâte à cookie. Il les fit entrer, expliqua que Percy n'allait pas tarder et s'excusa de sa propre tenue, mais Fred crut bon de le rassurer :

- Oh tu sais, tant que tu portes quelque chose...
- Nous, on est contents, acheva George avec un sourire carnassier, faisant référence à leurs retrouvailles l'été dernier.

Sirius constata avec déplaisir qu'il était trop tard pour leur fermer la porte au nez.

- C'est leur façon de te souhaiter un joyeux Noël, traduisit Verity.

L'animagus pouffa de rire et se tourna vers la femme de Fred.

Deryn était une belle femme, à peu près du même âge que lui. Elle était grande, mince et pâle, et dégageait une certaine gravité. Ses cheveux longs et noirs étaient détachés. Sirius remarqua les rides qu'elle avait entre les sourcils, exactement les mêmes que Percy, et il ne put s'empêcher de sourire. Elle portait des lunettes aux montures fines, ainsi qu'un ensemble sombre et simple. La seule coquetterie visible dans sa tenue était une broche verte qui représentait un oiseau, piquée dans le pull noir sans motifs qu'elle avait passé par-dessus une chemise unie.

Fred avait un peu trop bien réglé son complexe d'Œdipe : Sirius avait devant lui la parfaite antithèse de Molly Weasley.

- Ravie de faire ta connaissance, dit-elle avec un léger accent gallois que le Maraudeur trouva charmant. Sirius, c'est bien ça ?
- Oui. Content de te rencontrer aussi, depuis le temps.

Un peu gauche, il lui aurait volontiers serré la main, mais les siennes étaient toujours pleines de pâte. Alors il s'approcha pour lui donner une accolade maladroite, qu'elle lui rendit avec un sourire. George feignit de se vexer.

- C'est quoi ce favoritisme ?
- On forme l'Alliance des Pièces Rapportées, rétorqua Deryn sans se défaire de son sourire. Normal qu'on se serre les coudes.
- Toi aussi tu as peur d'être présentée aux beaux-parents ?
- C'est peu de le dire.

Rectification : le 25 décembre 1996, Sirius avait adopté Deryn Weasley, en pyjama et les mains pleines de pâte à cookie. D'ailleurs, il invita ses hôtes à le suivre dans la cuisine, le temps qu'il termine ses gâteaux.

- On a un thé de Noël vraiment sympa, mais il faut aimer les épices, précisa-t-il.

Sirius éprouvait toujours certaines difficultés à se considérer pleinement comme un adulte. Pourtant, prononcer cette unique phrase lui donna l'impression d'avoir le double de son âge, et accessoirement, d'être une bonne femme.

Si Fred et George s'en firent eux aussi la remarque, ils eurent la décence de ne pas le montrer.

- Ça m'a l'air très bien, approuva Deryn. Tu veux de l'aide ?

À peine avait-elle fini de parler que la porte d'entrée s'ouvrait sur un fonctionnaire maussade, dont les pas le menèrent à la cuisine. Là, sa mine abattue se métamorphosa à la vue de sa belle-sœur.

- Enchanté, lui dit-il avec un enthousiasme ampoulé tout en lui serrant la main.

Sirius leva les yeux au ciel au-dessus de ses cookies, trop bien placé pour ignorer que son compagnon était au comble du bonheur. Une personne à l'aise avec l'expression de ses sentiments l'aurait serrée dans ses bras, mais Percy n'était pas une personne à l'aise avec l'expression de quoi que ce fût. Heureusement pour lui, Deryn semblait très bien s'accommoder de cette affabilité maîtrisée, et Sirius fut forcé d'admettre qu'ils faisaient la paire – grands, raides et binoclards.

Percy s'empressa de saluer ses frères ainsi que Verity, avant de se tourner vers son homme. Il s'apprêtait à prendre la parole, mais son attention se porta sur le pyjama du plus âgé. Un sourire retroussa le coin de sa bouche tandis qu'il arquait un sourcil, parfaite exécution de ce que les Maraudeurs nommaient « la tête du Wistily narquois ». C'était généralement la tête qu'il servait à ses élèves quand il était sur le point de les remballer en bonne et due forme, avec une jubilation à peine dissimulée.

Sirius était tombé amoureux de cette tête des années plus tôt. Encore aujourd'hui, il sentait une émotion lui tordre le ventre agréablement.

- Sans commentaire, pria Sirius.
- Loin de moi cette idée, répliqua Percy.
- Ça vaut mieux pour toi.
- Les plaisanteries faciles ne m'intéressent pas.
- Je vais me changer.
- Alors que tu as sorti le grand jeu ?
- Ta gueule.

Percy émit un gloussement, puis se tourna vers sa famille qui avait suivi l'échange. Il se racla la gorge pour se redonner contenance.

- Je peux vous proposer un thé de Noël vraiment sympathique, à condition d'apprécier les épices.


Le 2 mars 1997, Verity leur annonça que le jeune Fred lui avait fait des avances, à la boutique. Le vieux Fred (qui était son père, rappelons-le) se figea d'horreur. Percy lança une œillade réprobatrice à Fred (comme si celui-ci avait quelque ascendant sur son existence parallèle), Sirius eut un frisson de dégoût et George éclata de rire.

- Je te demande pardon ? articula le paternel.
- Fred m'a proposé d'aller boire un verre après la fermeture, répéta Verity en buvant une gorgée de bière.

Et Fred de reprendre d'une voix blanche :

- Peut-être qu'il disait ça... en tout bien tout honneur.
- Quand je lui ai dit de voir ça avec mon père, pour rire, il m'a dit que tu n'avais pas besoin d'être au courant.
- Fred ! s'exclama Percy, outré.

L'intéressé vida sa chope d'une traite.

- Bon, c'est vrai... à l'époque, je trouvais Verity très gentille.
- Et ça, c'est la définition même de l'euphémisme, décréta George, goguenard.
- Oh, c'est trop mignon, minauda Verity d'un air sincèrement attendri.
- Je vais me sentir mal, prévint Percy.

Sirius remplaça obligeamment son verre de thé glacé par un verre de vin. Fred voulut se défendre.

- Je ne pensais pas que ça allait se répéter ! Maintenant qu'elle est ma fille...
- Elle a toujours été ta fille, signala Percy.
- C'est sûrement pour ça qu'elle me repoussait, remarque.
- Ou alors tu ne lui plaisais pas, dit George.
- Hmm... ce n'est pas ça, le problème, contra Verity.

Quatre adultes protecteurs et incrédules se tournèrent vers la jeune fille qui entortillait rêveusement une mèche de ses cheveux décolorés autour de son indexe. À la vue de leurs expressions médusées, elle se hâta d'ajouter :

- Le problème, c'est que c'est mon père, enfin !

Percy reporta son attention sur Fred.

- Comment ça s'est terminé ?
- Ça n'a jamais rien donné, et heureusement. En fait, vous allez rire...
- J'en doute, émit Percy.
- J'ai abandonné quand j'ai reçu la visite du père de Verity, à la boutique.

Percy avait eu le bon pressentiment : il ne riait pas.


Le 5 mars 1997, Fred était sur le point de rencontrer son alter ego, sous la surveillance étroite de Percy qu'il tenait pour professionnel de la gymnastique temporelle. Quand Percy l'interrogea à ce sujet, Fred s'expliqua en ces termes :

- George et moi, on n'a pas connu les galères du voyage temporel comme tu l'as fait. On a très vite pris nos distances et on ne risquait pas de perturber grand chose en allant vivre au Pays-de-Galles.

Percy dut admettre qu'il maîtrisait mieux le sujet que ses frères, car il pouvait lister pas moins de quinze chamboulements majeurs causés par la présence des jumeaux au Pays-de-Galles. Et encore, il n'y avait pas réfléchi longtemps.

L'animagus se retrouva ainsi embarqué par son frère à Farces pour Sorciers facétieux, tous deux résolus à jouer la scène dont Fred se souvenait.

- Le type est venu après la fermeture. Je ne savais pas comment il avait fait pour entrer, mais c'est plutôt évident, maintenant. Il portait un chapeau qui cachait la moitié de son visage. À sa façon de parler, j'ai pensé qu'il était étranger.
- Ensuite ? s'était enquis Percy en listant ces informations d'une écriture lisible de lui seul.

Fred avait haussé les épaules.

- Il m'a dit de laisser sa fille tranquille.
- C'est tout ? Ça a suffi à te convaincre, toi ?
- Quelque chose m'a mis très mal à l'aise.

Comme Fred ne parvenait pas à décrire précisément ce qui l'avait tant impressionné dans cette rencontre, Percy et lui furent contraints de s'en tenir à ce plan très simple, espérant qu'il serait suffisant.

La nuit tombait sur le Chemin de Traverse. Compte tenu de l'époque sombre que le Monde Magique traversait, ils ne s'étonnèrent de trouver les rues désertes. Le jeune Fred réorganisait les rayons, tandis que le jeune George faisait l'inventaire dans l'arrière-boutique. Verity avait reçu pour instruction de trouver un prétexte afin de s'éclipser plus tôt que d'habitude.

- Prêt ? demanda Percy.

Fred acquiesça, moins prêt qu'il ne l'avait jamais été. Percy se transforma en papillon azuré, sous l'œil déconcerté de son frère qui n'arrivait toujours pas à croire que Préfet Percy était un animagus non-déclaré. Il réajusta son chapeau sur ses yeux et entra dans la boutique.

Le jeune Fred leva les yeux vers lui sans apercevoir le papillon qui voleta jusqu'à l'étagère la plus proche, sur laquelle il se posa pour suivre l'échange.

- Je peux vous aider ? lâcha le jeune Fred, en saisissant lentement sa baguette.

Ce geste n'échappa pas au vieux Fred – ou alors, il se rappelait l'avoir lui-même esquissé des années plus tôt.

- Pas de ça, petit.

Le jeune Fred se figea.

- Je ne viens pas en ennemi. Pas encore. Non, je viens seulement en père qui s'inquiète pour sa fille unique.

Le vieux Fred ouvrit légèrement les bras pour donner plus d'emphase à sa déclaration, si cela eût été possible.

- Ma petite Verity, la prunelle de mes yeux. Aujourd'hui tu l'ignores, mais il n'y a rien qu'un homme ne ferait pas pour protéger sa fille. Entendu ?
- Oui, monsieur, répondit le jeune Fred, blafard.
- C'est bien.

Le vieux Fred tourna les talons. Il ouvrit la porte et s'arrêta pour laisser le temps à Percy de quitter le magasin.

- Si un jour tu me revois, ça voudra dire que ta mort est proche.

Et il referma la porte.

Dans la rue, Fred marcha quelques minutes aux côtés d'Ailazur. Ce dernier profita qu'ils s'engouffraient dans une ruelle sombre pour se reprendre forme humaine. Ils continuèrent leur route sans rien dire, jusqu'à ce que le plus jeune brise le silence.

- C'était vraiment nécessaire, l'accent italien ?
- Crucial, Perce. Il était absolument crucial.


Le 20 avril 1997, Percy rêva du 18 juin 1996.

Percy est caché sous la cape d'invisibilité. Sirius est aux prises avec Bellatrix devant l'arcade – ignoble décor d'une pièce de théâtre qui s'est jouée trop de fois. C'est une question de secondes. Parfois, il lance le sortilège trop tôt ; parfois, trop tard ; mais maintenant, il commence à avoir l'habitude. Alors il s'intime le calme et lève sa baguette. Sa main ne tremble presque plus, au moment où il la pointe sur Percy.

Le jeune homme se réveilla en sursaut. Sirius émergea en sentant son amant remuer et, avec une réactivité exemplaire, attrapa sa baguette laissée sur la table de chevet.

Un moment passa. Même s'il peinait à recouvrer une respiration normale, Percy posa sa main sur le bras de son compagnon pour le rassurer.

- Pardon, dit-il dans un souffle. J'ai... c'est bête...
- Ne t'excuse pas, protesta Sirius d'une voix rauque de sommeil. Y a pas de quoi.

Il reposa sa baguette et glissa sa paume sur le torse de Percy, appuyant légèrement pour l'inciter à se coucher. L'intéressé se laissa faire, trop sonné pour envisager de remuer ne serait-ce un orteil. Sirius cala sa tête contre l'épaule du plus jeune, mais ne retira pas sa main de son torse. Son cœur battait la chamade, et même s'ils s'aimaient encore passionnément, Sirius savait que leur proximité n'était pas la cause du transport de son compagnon.

- Tu veux en parler ?

Percy essaya de contrôler ses tremblements sans succès.

- C'était au Département des Mystères. J'ai revu le moment où tu allais... mais d'un autre point de vue.
- C'est-à-dire ?
- Eh bien, c'est comme si je voyais la scène à la troisième personne.
- Plutôt courant, quand on rêve, non ?
- Oui, mais...

Percy aurait voulu se taire.

- J'ai eu l'impression d'être un témoin à part entière. J'étais moi sans être moi.
- Encore une fois, plutôt courant dans un rêve, persista Sirius en lui caressant les cheveux.

Il avait l'air tellement sûr de lui et tellement rasséréné que Percy n'eut pas le cœur d'objecter que la scène qu'il venait de voir ressemblait férocement à la forme de son Épouvantard. Il ferma les yeux.

Derrière ses paupières closes, il sait que le sortilège a été exécuté au bon moment.


Le temps s'écoulait, quotidien ordinaire d'un couple qui défiait les lois temporelles. Sirius se montrait de plus en plus patient quant à sa condition, se raccrochant aux visites de sa belle-famille et à la perspective que la guerre ne durerait pas éternellement. Il savait que Percy avait été exposé malgré lui aux vapeurs de la potion d'Indicible en mai 2000. Il savait également que Fred était mort à la fin de la guerre et qu'il avait fallu plus d'un an à George pour récupérer la recette, rassembler les ingrédients et préparer la potion. En somme, ils l'emporteraient sur Voldemort d'ici deux ans, tout au plus, et cette certitude l'aidait à tenir même s'il désirait se battre aux côtés de ses amis.

Le 30 juin 1997, Albus Dumbledore mourut.

La nouvelle toucha Percy plus qu'il ne l'aurait cru possible. Une véritable complicité s'était instaurée entre lui et le directeur de Poudlard, et ce par deux fois : une première fois alors qu'il était le seul sur lequel il pouvait compter, en 1975, puis une seconde fois quand Dumbledore l'avait aidé à appréhender son existence recommencée. Percy avait souvent eu le sentiment que Dumbledore était le seul auquel il pouvait parler librement – exception faite de Severus, éventuellement. Dans le bureau du vieux Sorcier, c'était eux face au reste du monde.

Pourquoi n'avaient-ils jamais repris contact ? Percy l'ignorait. Lui, claquant la porte du bureau de Dumbledore, devait être le dernier souvenir qu'il conserverait de son mentor. Cette perspective insupportable lui tira des larmes sincères.

Le 30 juin 1997 fut une triste journée pour la Communauté Magique. Elle le fut doublement pour Percy, malheureusement.

- Tu comptais me le dire, ou tu as juste oublié ce détail ? Clairement, tu ne m'aurais pas caché volontairement la mort de quelqu'un, hein ?

Sirius tremblait d'une colère mal contenue, comme un volcan sur le point d'entrer en éruption. Si Percy n'avait jamais vécu ce moment précis, il ne doutait pas de sa conclusion. Il devait se montrer fort et accepter les conséquences de ses actes.

- Je...

Sa voix se brisa. Brusquement, il se sentit suffoquer devant l'immensité de ce qu'il avait à dire. Sirius ne sembla pas s'émouvoir une seule seconde de son accès de panique.

- Je sais bien que c'est la guerre et qu'il y aura des morts, mais... nos amis, putain.

Le silence était si épais que Percy pensa qu'il allait se faire bouffer. Il ferma les yeux pour ne pas voir la question que Sirius hésitait à poser. Cette question, elle serait le début de la fin.

- Tu me le dirais, si certains de nos amis étaient menacés ?

Vérité ou mensonge. Ce choix s'était trop souvent posé à Percy. Relevant la tête, il donna raison au Choixpeau qui l'avait envoyé deux fois à Gryffondor :

- Ils ne sont pas menacés, Sirius. Ils vont mourir.

Sirius n'explosa pas. Seul le déni le tira de sa pétrification.

- Mais tu m'as bien sauvé !
- C'était une erreur, argua faiblement Percy en secouant la tête.
- Et alors ? Ce qui est fait, est fait !
- Je ne recommencerai pas.
- Ensemble, on pourrait...
- Non.

Hors de lui, Sirius donna un coup de poing dans l'étagère à côté de Percy. Le meuble tangua et une flopée de bibelots en dégringola, achevant sa course en mille éclats. Sirius planta son regard dans le sien avec une intensité que Percy eut le plus grand mal à soutenir. Il n'ignorait pas que le coup l'aurait cueilli en pleine mâchoire, si le meuble ne s'était pas trouvé là.

- Comment peux-tu être aussi... non. Comment je peux encore être déçu, alors que tu agis comme ça depuis le début ?

Percy ne répondit pas. Sirius l'attrapa par le col de sa chemise et le plaqua contre l'étagère, qui trembla à nouveau.

- Soit tu me laissais crever comme les autres, soit tu te décidais à sauver tout le monde. C'est trop facile de ne pas te mêler quand tu t'en fous !

Comme Percy ne disait toujours rien, Sirius le secoua une première fois. Nouveaux bruits brisés, mais pas un ne baissa les yeux pour estimer les dégâts, trop occupés à sonder le regard de l'autre, à la recherche de...

À la recherche de quoi, exactement ? Un indice, un signe, une lueur, un soupir, une caresse, un regret, n'importe quoi, pourvu que cela atteste que tout n'était pas perdu. Ils ne trouvèrent que de l'incertitude et des angoisses ; celle de voir leurs amis mourir, celle de se tromper, celle de ce qui était en train de se produire.

Percy se mit à pleurer en silence. Sirius desserra sa prise, mais son amant attrapa ses poignets. Il commença à parler. Il pleurait toujours, mais sa voix était sûre, et il n'écorcha pas un seul des noms qu'il énonça.

- Alastor Maugrey, le 27 juillet, quand l'Ordre ira chercher Harry à Privet Drive. Ted Tonks, en mars, par des rafleurs. Peter, en mars, au manoir des Malefoy, de sa propre main. Ce même jour, Dobby, l'elfe de maison, à la chaumière aux coquillages. Remus, Tonks, Severus... à Poudlard, le 2 mai 1998.

Il lâcha Sirius et se laissa glisser au sol. La vue brouillée par les larmes, il regarda la silhouette floue de son ex fiancé quitter la pièce.


Quelques heures plus tard, Severus Rogue le trouva là, assis au milieu des débris, le regard éteint. Le professeur de Potions gagna la cuisine afin de préparer du thé. Quand Percy l'y rejoignit, ce fut pour se laisser tomber sur une chaise en face du Sorcier à la double identité.

- J'ai sauvé Sirius, laisse-t-il tomber.
- Je sais.
- Ah. Dumbledore ?
- Dumbledore.
- Quel intérêt il avait à te le dire ?
- Je l'ignore.

Percy n'avait même pas envie de réfléchir à la question. Il avait seulement envie de se morfondre, se rouler en boule et se lamenter sur son propre sort.

- Sirius est parti.
- Je vois bien.

Il leva les yeux vers son ami flegmatique. Severus venait de tuer peut-être la personne qu'il estimait le plus au monde, mais il ajoutait une cuillère de sucre dans sa tasse comme s'il venait de se lever avec une longue nuit de sommeil. Percy l'observa avec un mélange d'admiration et d'envie.

- Comment tu fais ?

Severus émit un faible son s'apparentant à un ricanement, comme s'il trouvait la question moyennement amusante.

- Toi, comment tu fais ?
- Je me dis que je n'ai pas le choix, avoua Percy après réflexion. Les choses arriveront même si je ne suis pas d'accord. Bizarrement, ça aide.

Severus hocha la tête.

- Oui, c'est aussi ce que je me dis. Connaître la fin, ça me fait tenir.

Au bout d'un moment, Percy leva sa tasse.

- À Dumbledore ?
- À Dumbledore, acquiesça Severus.

Le jour se leva, arrosant la petite cuisine d'une belle lumière estivale. Les résidents allèrent chercher le journal, les oiseaux entonnèrent leurs chants et les fleurs ouvrirent leurs pétales recouverts de rosée, car personne n'avait pensé à leur dire que le monde venait de s'écrouler.

Le 1er juillet 1997, le monde continua de tourner.


Merci d'avoir lu ! Si je ne me trompe pas, on se retrouve dans quelques semaines avec "Une avancée, un retrait". Portez-vous bien en attendant :)