DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.

Rating : M

Genre : romance / slash / Yaoi


Je ne pouvais pas terminer cette histoire sans évoquer ce qui est pour moi, l'une des plus belles scènes de Queer as Folk : le dernier épisode de la saison 1, quand Brian assiste au bal de promo de Justin. Je m'en suis inspirée, avec bien entendu en musique de fond, le titre délicieusement ringard "Save the last dance for me".


Chapitre 37 – Save the Last Dance for me

« But don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So Darlin'
Save the last dance for me »

(The Drifters)

17 octobre 2015 – Hôtel Mandarin Oriental, Knightsbridge, Londres

Harry fit tournoyer Hermione avant de la ramener vers lui d'un geste fluide, juste à la fin du morceau. Un autre recommença aussitôt. Cette fois, c'était un rythme de salsa.

-Harry, je n'en peux plus, dit Hermione. Ça ne te dérange pas qu'on s'asseye un moment ? Je ne sens plus mes pieds.

-Pas du tout. Viens.

Ils se dirigèrent vers une des banquettes en velours disposées le long des murs de la salle de bal. Hermione s'y laissa tomber en soupirant de soulagement.

-Il n'y a pas à dire, tu es devenu un bien meilleur danseur que tu ne l'étais à Poudlard, rigola-t-elle.

- Je ne serai jamais aussi doué que ces deux-là, répondit Harry en faisant un signe de tête vers la piste de danse.

Blaise dansait avec sa mère et Draco avec Pansy, au rythme ensoleillé de Such a Happy Day. De nombreux invités s'étaient arrêtés pour les regarder, subjugués par leur talent.

Harry se positionna plus confortablement sur la banquette, profitant de ce moment de détente après cette journée chargée mais absolument parfaite.

La cérémonie de mariage de Blaise et Hermione avait été magnifique. Sobre et émouvante à la fois, à l'image du nouveau couple.

La réception, organisée dans l'un des hôtels les plus prisés de Londres, était une réussite.

Il faut dire que Néhara Zabini n'avait pas lésiné sur les moyens, s'agissant du mariage de son fils unique. Elle avait également été très présente pour Hermione, qu'elle considérait dorénavant comme sa fille. Elle avait d'ailleurs tenu à offrir à la jeune femme sa robe de mariée, une splendide création d'un couturier sorcier égyptien. La ligne de la robe était épurée, avec pour seules fioritures, une délicate broderie qui partait du décolleté et qui s'évasait progressivement sur le jupon. C'était bien simple : on ne voyait pas la robe mais seulement la femme magnifique qui la portait.

-Comment tu te sens ? demanda Harry à la jeune mariée.

- Epuisée mais heureuse. Tout s'est passé à merveille.

Disant cela, elle regarda de l'autre côté de la salle où Rose s'amusait avec Albus et James. Ron avait accepté sans difficulté qu'elle assiste au mariage. Il s'était organisé avec la Directrice de Beauxbâtons pour qu'elle quitte l'école le vendredi soir et qu'il la ramène le dimanche après-midi.

Harry lui prit la main et embrassa tendrement ses doigts.

-Ça se voit que tu es heureuse, dit-il avec émotion. Par Merlin, je n'ai t'ai jamais vu aussi rayonnante. Je suis content pour toi…

-Merci Harry. Tout ça, c'est tellement incroyable que je me demande si je ne suis pas en train de rêver.

- Tu ne rêves pas. Tu as épousé un homme formidable, tu peux à nouveau voir ta fille… je t'assure, tout ça est bien réel.

- Oui, souffla-t-elle. Oui, c'est bien réel.

Harry lui sourit en l'embrassant sur la joue.

-C'était un honneur pour moi d'être ton témoin.

- Je n'aurais voulu personne d'autre que toi à mes côtés, dit Hermione. Et puis, ton discours était magnifique.

- J'en ai pensé chaque mot.

Hermione posa la tête sur l'épaule de Harry et ferma les yeux un instant, profitant pleinement de ce moment de bonheur.

-Et toi ? demanda-t-elle après quelques instants. Vous avez fixé une date avec Draco ?

- Pas encore.

- Pas encore ? Mais… Harry, tout va bien ?

Hermione se redressa et tourna un regard très inquiet vers son ami. Celui-ci poussa un soupir à fendre l'âme.

-Harry, que se passe-t-il ? Il y a un problème avec Draco ?

- Non, il n'y a aucun problème, s'énerva-t-il. Absolument aucun ! Il est… parfait !

- Harry…

- Il passe toutes ses nuits avec moi, il m'appelle pendant la journée pour savoir comment je vais, il m'appelle le soir pour me dire quand il va rentrer… et… et l'autre jour, il… il m'a offert des fleurs parce qu'il avait oublié de me prévenir qu'il serait en retard… Des fleurs, Hermione ! Draco ne m'a jamais offert de fleurs !

- Et… hm… c'est… grave ?

- Il m'emmène dans des restaurants chics, au théâtre et même à l'opéra, continua Harry avec précipitation. Je n'ai rien contre, bien au contraire, j'adore ça, mais j'aime aussi sortir en boîte ! Et lui aussi normalement ! Le weekend dernier, c'est moi qui ai insisté pour qu'on sorte à l'Abyss. A la fin de la soirée, je croyais qu'on irait dans la backroom, comme d'habitude… mais il n'a pas voulu !

- Tu es en train de me dire que tu aurais voulu coucher avec d'autres hommes dans la backroom ?

- Non ! Je voulais y aller avec Draco ! Pour… pour… enfin, tu sais bien…

- Pour satisfaire ton petit côté exhibitionniste et montrer à tout le monde que tu te tapes le plus beau mec, c'est ça ? énonça Hermione avec un sourire en coin.

Harry grogna quelque chose d'incompréhensible mais qui ne ressemblait pas franchement à un démenti.

-J'ai fait un rêve l'autre jour, dit-il plus doucement. Ou plutôt un cauchemar.

- Ah oui ?

- J'ai rêvé qu'Olivier avait enlevé Draco et qu'il avait pris sa place en utilisant du polynectar.

- Harry… Draco est peut-être juste comme ça parce qu'il est heureux. Ça te dérange tant que ça ?

- Non… c'est juste que… c'est bizarre.

Il aurait bien voulu continuer cette conversation mais ce n'était pas le moment. Il n'avait pas envie de gâcher le mariage d'Hermione avec ses états d'âme. Et puis, de toute façon, Draco approchait en compagnie de Pansy.

-La mariée me fera-t-elle l'honneur de m'accorder une danse ? demanda Draco en s'inclinant devant Hermione.

- Avec plaisir, sourit-elle.

Harry et Pansy les regardèrent s'éloigner tous les deux.

-Draco qui invite Granger à danser… Je n'aurais jamais imaginé voir ça un jour, dit Pansy en se laissant tomber sur la banquette à côté de Harry.

- J'avoue que moi non plus.

Elle apostropha un serveur qui passait avec un plateau de coupes de champagne pour qu'il s'approche. Elle en prit deux, dont une qu'elle tendit d'autorité à Harry.

-Alors ? Vous filez toujours le parfait amour ? demanda-t-elle d'un ton blasé en buvant une gorgée de champagne.

- Ouais, dit Harry sur le même ton. Désolé.

Pansy eut un petit rire musical. Elle avait beau vouloir détester Potter de toutes ses forces, elle n'y arrivait pas.

-Vos projets de mariage avancent ?

- Oui. Draco a acheté les alliances. Elles sont magnifiques.

- C'est tout ?

- C'est le plus important, non ?

Ils restèrent tous les deux silencieux, à siroter leur coupe de champagne.

-Et toi ? demanda Harry. Comment s'est passé le voyage de noces ?

- Je ne parlerai pas de ma vie sexuelle avec toi, Potter.

Harry leva les yeux au ciel tandis que Pansy rigolait ouvertement.

-Hawaï est vraiment le paradis sur terre, finit-elle par dire.

- Draco voudrait aller en Nouvelle Zélande.

- Et toi ?

- Peu importe. Tant que ça lui plaît.

- Tu l'aimes vraiment.

Ce n'était pas une question mais Harry le lui confirma quand même.

-Plus que je n'ai jamais aimé qui que ce soit.

- Tu as conscience que si tu le quittes à nouveau, ou si tu le blesses, ce n'est pas seulement une gifle que tu recevras mais un avada kedavra. Et on verra si tu survivras à celui-là.

- Pansy, soupira Harry. Bien que je respecte profondément ton amitié pour Draco et ta volonté de le protéger, je ne vais pas passer ma vie à me justifier devant toi et à attendre ton approbation quant à ma relation avec lui. Le seul à qui je dois rendre des comptes, c'est lui. Il m'aime. Je l'aime et nous voulons passer notre vie ensemble. Je pense que tu devras te contenter de ça.

Pansy le considéra quelques instants, le visage fermé.

-Je suppose que je n'ai pas le choix.

- Non, tu ne l'as pas.

Elle termina son verre et le posa sur la table avant de se lever. Elle lissa la robe longue en soie bleue qu'elle portait.

-Comporte-toi bien avec lui, Potter. Car il sacrifie sa carrière pour toi. J'espère que tu t'en rends compte.

- Quoi ? De quoi tu parles ? réagit Harry alors qu'elle allait partir.

Pansy haussa un sourcil parfaitement dessiné.

-Il ne t'a rien dit ?

- De quoi tu parles ? répéta Harry, clairement agacé cette fois.

- Il a la possibilité de revenir à New-York. Tous les associés sont d'accord et Richard Armitage le lui a demandé le jour de mon mariage. Mais il a refusé.

- Evidemment qu'il a refusé ! s'emporta Harry. Vous l'avez jeté comme un malpropre ! Il a dû tout reconstruire ici ! Et il y est arrivé ! Et maintenant que la tempête est passée, vous voudriez le récupérer ?

- Descend de tes grands hippogriffes, Potter. Il n'a rien reconstruit ici, rien du tout ! Il n'a pas à Londres le dixième de la clientèle qu'il avait et qu'il aura en revenant à New-York ! Parce qu'il s'appelle Malefoy. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ce n'est pas un nom qui fait recette en Grande-Bretagne. Draco n'a rien ici !

Harry fixa Pansy droit dans les yeux.

-Il m'a moi.

- En effet, Potter. Il t'a, toi. Et seulement toi.

Sur ces mots chargés de sous-entendus, Pansy s'éloigna, laissant Harry dans la plus grande confusion.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda une voix derrière lui.

Il se retourna pour voir Draco. Il avait apparemment laissé Hermione aux bons soins de Blaise.

-Rien, dit innocemment Harry. Pansy devait juste… aller aux toilettes.

Draco fronça les sourcils mais n'insista pas davantage. A la place, il enlaça Harry et l'embrassa avec douceur.

-J'ai hâte que cette soirée se termine, murmura-t-il à son oreille.

- Je ne crois pas qu'Hermione s'en rendra compte si on s'éclipse un petit moment…

- Hmm… s'éclipser ? Et où ça ?

- J'ai repéré une petite pièce. Tout au fond du vestiaire. C'est étroit mais…

Harry n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase que Draco l'entrainait déjà vers le lieu en question. Il sourit, largement rassuré.

A peine enfermés dans le local, Draco plaqua Harry contre la porte et se mit à dévorer sa bouche comme un affamé.

-Putain, je crève d'envie de toi, souffla-t-il d'un ton lourd.

- Moi aussi… Bordel ce que tu m'excites dans ce costume…

Harry déboucla lui-même sa ceinture tandis que Draco en faisait autant. Ils abaissèrent leurs caleçons, juste ce qu'il fallait pour libérer leurs sexes tendus de désir. Ils s'empoignèrent mutuellement avec un râle de soulagement.

-Putain ce que c'est bon, murmura Harry en jouant des hanches pour accentuer le frottement de la main de Draco.

- Laisse-moi te sucer…

- Non… non, hoqueta Harry. J'ai trop envie de toi… prends-moi… baise-moi maintenant… contre la porte…

Draco ne se fit pas prier. Il retourna brutalement Harry dont il abaissa le pantalon et le boxer d'un coup sec.

-Je n'ai ni baguette, ni lubrifiant, dit-il.

- On s'en fout, vas-y…

Faute de mieux, il cracha dans sa main qu'il passa rapidement sur son sexe avant de le guider entre les fesses de Harry et le faire pénétrer de quelques centimètres.

-Ouais, continue, l'encouragea Harry. Continue…

Draco amorça une forte poussée qui arrache un cri rauque à son amant et commença immédiatement à bouger. Harry, dont le pantalon était coincé à mi-cuisses, était incapable d'ouvrir les jambes, ce qui renforçait encore la sensation d'étroitesse autour de la queue de Draco.

-Ce que c'est bon, haleta Draco en accélérant les coups de rein.

- Oui, continue…

- Putain, Harry… Je vais te défoncer si fort que ma queue va sortir par ta bouche.

- Oh Draco, Draco, Draco… chantonna Harry qui se sentait emporté par une vague de plaisir comme il n'en avait jamais connue.

Il était pratiquement à angle droit, les mains fermement plaquées sur la porte, la croupe tendue vers son amant qui continuait à le besogner férocement. Soudain, Draco empoigna ses hanches et le repoussa contre la porte. Il sortit presque complètement de lui avant de le pénétrer d'un seul coup, les jambes tendues, en se hissant presque sur la pointe de pieds.

La profondeur de la pénétration couplée au frottement de son sexe contre le panneau de bois, valurent à Harry un orgasme foudroyant, rendu encore plus intense par le manque d'air, dû à la main de Draco plaquée sur sa bouche pour ne pas que son cri s'entende.

Draco fit encore quelques mouvements puis se retira du corps de Harry avant de jouir à son tour.

Essoufflé, les jambes tremblantes de l'orgasme qu'il venait d'avoir, il prit quelques minutes pour retrouver ses esprits. Puis il sortit un mouchoir de la poche de son pantalon, essuya sa verge ramollie ainsi que le sperme qui maculait le sol. Harry tentait d'en faire autant mais son sperme à lui salissait tout le devant de son gilet en soie grise.

-C'est fichu, dit-il. Sans baguette pour lancer un sort de nettoyage, je ne parviendrai jamais à faire disparaître cette tâche.

- Désolé, s'excusa Draco.

- Ne le sois pas. Je n'ai qu'à enlever le gilet, dit Harry. La chemise est intacte.

Quand ce fut fait, il enroula ses bras autour du cou de Draco et le serra contre lui.

-Promets-moi que tout ça ne changera pas quand nous serons mariés, souffla-t-il dans son cou.

- Tout ça quoi ? Baiser comme des bêtes sauvages contre la porte d'un réduit sitôt que l'envie nous prend ?

- Précisément.

- Harry… je pourrais passer ma vie à te baiser dans tous les endroits possibles et imaginables… et ça ne risque pas de changer de sitôt. Je te le promets.

Fort de cette promesse, Harry l'embrassa comme si demain n'existait pas.

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14 novembre 2015 – Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

Les semaines qui avaient suivi le mariage de Blaise et Hermione n'avaient été marquées d'aucun événement majeur.

Si Harry et Draco n'avaient toujours pas arrêté de date précise pour leur propre cérémonie, ils étaient au moins tombés d'accord sur la saison : les vacances d'été, afin que leurs enfants soient en congé et que la réception puisse se tenir dans les jardins du Manoir Malefoy.

Leurs amis s'étaient étonnés qu'ils aient décidé d'une date si éloignée, ce à quoi Draco avait répondu que le mariage d'un Malefoy n'était pas une vulgaire garden party et qu'il faudrait au moins tout ce temps-là pour que Narcissa puisse organiser une réception digne de ce nom.

Ils avaient d'ailleurs convenu de lui annoncer la bonne nouvelle le jour de Noël.

La vie avait donc repris son cours, rythmée par les déplacements professionnels de Harry et les affaires de Draco. Celui-ci était toujours aussi prévenant. Certains soirs, il attendait Harry après avoir préparé un repas digne d'un restaurant étoilé d'autres, il l'emmenait dîner dans les endroits les plus chics de la capitale. Le dimanche, il lui apportait le déjeuner au lit ou il faisait couler un bain parfumé dans lequel ils paressaient jusqu'à ce que l'eau soit froide.

Au fil des jours, Harry était parvenu à se convaincre que tout allait bien, que Draco ne faisait que se comporter comme un homme amoureux, que c'était tout-à-fait normal et qu'au lieu de se prendre la tête avec ça, il ferait mieux d'en profiter.

Mais la force de conviction, si puissante était-elle, avait ses limites. Ce dont Harry ne tarda pas à se rendre compte.

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Quand Harry entra dans sa chambre, Draco était déjà installé dans le lit. Il avait sur les genoux, une liasse de documents qu'il lisait et qu'il annotait de temps à autre.

Harry qui, comme à son habitude, ne portait qu'un boxer pour dormir, s'allongea à côté de lui, le coude enfoncé dans l'oreiller, soutenant sa tête dans sa main. D'un doigt léger, il commença à caresser l'avant-bras de Draco, puis son biceps, jusqu'à se faufiler sous la manche du t-shirt.

-Tu es super sexy avec ces lunettes, dit Harry d'une voix suggestive. Tu devrais les porter plus souvent.

- Hm, fit Draco sans lever les yeux de sa lecture.

- Ça m'a l'air passionnant, ce que tu lis, jeta Harry, un peu agacé du manque de réaction de son amant.

- Ça l'est.

Draco nota rapidement quelque chose dans la marge, en le soulignant trois fois. C'est alors que Harry remarqua l'entête du document : Parkinson, Armitage & Associates.

-Tu travailles pour Pansy ? demanda-t-il d'un ton qu'il espérait neutre.

- Elle m'a demandé mon avis dans un dossier.

- Je ne savais pas que tu t'y connaissais aussi en droit du divorce, observa Harry avec une certaine ironie.

- Le couple, enfin… l'ex-couple, est à la tête de la plus grande entreprise de potions de la Côte Est. Le partage des biens comprend aussi le partage de toutes les formules qu'ils ont créées ensemble et qu'ils veulent maintenant s'approprier.

- Je suppose que c'est une affaire… d'envergure…

- Et comment ! dit Draco en rassemblant les papiers et en ôtant ses lunettes. L'enjeu s'élève à plusieurs millions de gallions américains.

Il posa la liasse de documents sur la table de nuit et ses lunettes par-dessus. Il tapota son coussin pour lui redonner une meilleure forme et se coucha en bâillant.

Satisfait que Draco ait enfin abandonné sa lecture, Harry disparut sous les couvertures, bien décidé à ne pas le laisser s'endormir de sitôt.

-Harry, se plaignit Draco quand il sentit les mains inquisitrices de son petit-ami tenter d'abaisser son boxer. On ne peut pas se contenter d'un câlin ?

- Quoi ? s'exclama Harry dans un glapissement étouffé, en relevant brusquement la tête.

Il se dépêtra tant bien que mal de la couette et émergea à l'air libre, les cheveux complètement ébouriffés. La scène aurait pu être comique s'il n'avait pas eu l'air aussi furieux.

-Un câlin ? répéta-t-il, incrédule. Je ne t'ai jamais entendu prononcer le mot « câlin » et encore moins en demander !

Draco jugea préférable de battre en retraite.

-Ok, ok, dit-il en levant les mains. Si c'est le mot « câlin » qui te contrarie, je te demande pardon.

- Ce qui me contrarie, c'est toi ! s'emporta Harry. Merde ! Depuis que tu m'as demandé en mariage, je ne te reconnais plus ! Tu n'es plus mon Draco, celui qui baise comme un dieu mais qui ne demande pas de putain de câlins !

- Harry…

- Mon Draco ne m'offre pas de fleurs, il n'en a rien à foutre de me prévenir qu'il rentre en retard ou de baiser dans les backrooms !

- Ce Draco-là, il y a un an, tu l'as quitté pour un mec qui t'offrait des fleurs et des mots d'amour, répondit sèchement Draco.

La colère de Harry retomba instantanément.

-Je t'ai peut-être quitté mais je n'ai jamais cessé d'être amoureux de toi, murmura-t-il.

- Je sais, soupira Draco. Je sais. Je suis désolé, je n'aurais pas dû dire ça.

- Ne t'excuse pas. C'est plutôt à moi de le faire. Je ne sais pas ce qui me prend… N'importe quel mec normalement constitué trouverait ça absolument génial.

- Tu es Harry Potter. Tu n'es pas un mec normalement constitué.

Harry ne put s'empêcher de rire, même si ce n'était pas un rire très joyeux.

-Je veux seulement te rendre heureux, continua Draco.

- Je sais. Et moi aussi, je veux te rendre heureux. C'est pour ça que je ne veux pas que tu renonces à ce que tu es, ni à ce que tu désires, uniquement parce que tu te préoccupes de moi ou de ce que je pourrais penser.

- De quoi tu parles ? demanda Draco en fronçant les sourcils.

Harry fit un petit signe de la tête en direction de la table de nuit, où étaient posé les parchemins.

-Je suis au courant pour New-York.

Draco soupira en fermant les yeux.

-Pansy, dit-il en se passant la main dans les cheveux. Je vais la tuer.

- Tu ne vas rien faire du tout. Elle a eu raison de me le dire. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi tu ne me l'as pas dit toi-même.

- Peut-être pour éviter la discussion que nous avons en ce moment ?

- Draco… s'il y a bien une chose que j'ai apprise, c'est que la rancœur et les regrets peuvent tuer un couple aussi sûrement que l'infidélité et le mensonge. Je ne veux pas me réveiller un matin et lire le reproche dans tes yeux.

- Je ne pourrai jamais te reprocher une décision que je prends seul, et en connaissance de cause !

- Tu dis ça maintenant… mais qu'en sera-t-il dans un an ? Deux ans ? Peut-être même bien avant ?

Draco ne répondit pas. Il roula sur le côté, l'oreiller serré entre sa tête et son bras. Harry s'allongea en face de lui, dans la même position.

-C'était comment là-bas ? demanda-t-il avec douceur.

- C'était la liberté, murmura Draco. Quand je suis arrivé, je me suis inscrit à l'Université Sorcière de Columbia. J'avais une chambre sur le campus. Je pouvais recommencer une nouvelle vie, quelque part où personne ne me connaissait, où tout le monde se fichait bien de ce que représentait le nom des Malefoy. Je me suis fait des amis. De vrais amis. Pas des gens qui étaient avec moi par intérêt ou par crainte. Ouais… c'était la liberté.

Draco se tut et Harry ne fit rien pour rompre le silence.

-Après avoir réussi mes examens – brillamment, bien sûr – j'ai été engagé dans un des meilleurs cabinets d'avocats de la ville. C'est alors que Pansy a débarqué. Elle venait d'obtenir son diplôme de droit à l'Université sorcière de Londres mais personne ne voulait l'engager là-bas. Il lui était arrivé exactement ce que je craignais qu'il m'arrive à moi : être ostracisé à cause de notre nom. Théo, qui a fait ses études en même temps qu'elle, a voulu rester. Il ne voulait pas se laisser intimider. Il est parvenu à faire son trou, mais il en a sérieusement bavé.

Il poussa un petit soupir. L'injustice lui semblait toujours aussi criante, même après tout ce temps.

-Bref, continua-t-il. Pansy est donc arrivée à New-York. Je suis parvenu à lui trouver un job d'assistante juridique dans le cabinet où je travaillais. Le soir, elle prenait des cours afin de faire valider l'équivalence de son diplôme de droit sorcier anglais. Deux ans plus tard, on créait tous les deux notre propre cabinet. Des amis de l'université se sont joints à nous, ainsi que des collaborateurs du cabinet où j'avais commencé à travailler. Le succès a été presque immédiat. Quand j'y repense, c'est à peine croyable…

- Tu étais heureux là-bas.

- Oui, je l'étais. J'avais trouvé un équilibre, un épanouissement. Et puis surtout… j'étais parvenu à t'oublier. Un peu.

Draco eut un petit rire désabusé.

-Pas du tout, en fait. Mais bon… j'arrivais à vivre avec. Alors oui… j'étais heureux.

Harry posa sa main sur celle de Draco et entrelaça leurs doigts.

-Il faut que tu retournes à New-York Draco. Tu dois reconquérir ce qui est à toi. Ce que tu as créé. Sinon, tu vas le regretter toute ta vie. Et ça je ne le permettrai pas.

- Et que fais-tu de nous ?

- Nous trouverons une solution.

- Tu crois ? Nous avons expérimenté les relations à distance et ça n'a pas été très concluant…

- Les choses sont différentes car maintenant, je sais ce que tu ressens pour moi. Et je sais exactement ce que moi je ressens pour toi.

Ils se regardèrent en souriant, sûrs de l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

-Qu'allons-nous faire alors ? demanda Draco.

- Eh bien… je pense qu'on devrait remettre à plus tard nos projets de mariage.

- Sans doute. C'est finalement une bonne chose de n'avoir rien dit à ma mère. Nous lui avons épargné une cuisante déception !

- Et toi Draco ? Tu es déçu ?

- C'est la meilleure décision.

Il n'avait pas répondu à la question. Harry devinait qu'il était déçu, autant que lui-même pouvait l'être, mais qu'il ne l'admettrait jamais.

-Est-ce que tu veux toujours un câlin ? demanda Harry.

- Tu vas encore t'énerver si je dis oui ?

- Non. En fait, j'ai vraiment très envie d'un câlin, moi aussi.

- Allez, viens là, dit Draco en ouvrant les bras.

Harry s'y réfugia, content d'échapper au regard scrutateur de Draco. Il savait qu'ils avaient pris la bonne décision. Mais ce n'était pas facile pour autant.

O°O°O°O°O°O°O

20 décembre 2015 – The Black Dragon, Temple Bar, Londres

La soirée de fin d'année de Potter Corp. battait son plein. Tout le monde avait été invité, du simple manutentionnaire au directeur de département. Etaient également présents en nombre, les présidents des clubs de Quidditch, les entraîneurs et les joueurs.

Comme chaque année, Harry avait réservé pour l'événement, le club privé le plus couru du Londres sorcier : le Black Dragon, un établissement haut de gamme dont l'entrée était située à Temple Bar, sous la statue de l'un des dix dragons qui délimitent la frontière entre la Cité de Londres et Westminster.

-Harry… pourquoi fais-tu ça ? demanda Draco.

- Pourquoi je fais quoi ? On danse, c'est tout.

- Tout le monde nous regarde.

- Je suis le PDG de la boîte et je danse avec un homme magnifique…Evidemment que tout le monde nous regarde.

Il était clair qu'ils ne passaient pas inaperçus. Merlin savait comment, Harry était parvenu à attirer Draco sur la piste de danse et le tenait serré contre lui le temps d'un slow.

-Et ils ne vont pas arrêter de sitôt, continua-t-il, car dans une seconde, je vais t'embrasser.

- Harry, je…

Draco ne put continuer sa phrase car la bouche de Harry était posée sur la sienne.

-Tu es impossible, murmura Draco quand Harry se fut reculé.

Le ton réprobateur était démenti par la lueur chaleureuse et aimante qui brillait au fond de ses yeux gris. Harry se contenta de rire, enlaçant Draco un peu plus étroitement.

-James et Albus sont ravis à l'idée de fêter Noël au Manoir, dit-il.

- Moi aussi, ça me fait plaisir. Quant à ma mère, n'en parlons pas !

- Tu es toujours d'accord pour qu'on aille au chalet après le Boxing Day ?

- Et comment…

Harry sourit avant de poser la tête sur l'épaule de Draco.

-Tu vas me manquer, murmura-t-il après quelques instants.

- Toi aussi.

Le slow s'achevait à peine qu'un autre morceau démarra immédiatement.

You can dance
Every dance with the guy
Who gave you the eye
Let him hold you tight

You can smile
Every smile for the man
Who held your hand
'Neath the pale moonlight

-Je ne parviens pas à croire que nous dansons sur un truc aussi ringard, ronchonna Draco.

But don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So Darlin'
Save the last dance for me

Mmmmmh'

Le Black Dragon avait beau être un club privé sélectif, il n'en restait pas moins un établissement sorcier, c'est-à-dire avec des goûts musicaux très hétéroclites et pas du tout « tendance ». Ainsi, le morceau sur lequel Harry et Draco évoluaient était un tube des années soixante, Save the Last Dance for Me.

-Ce n'est pas ringard, protesta Harry. C'est juste… ridiculement romantique.

Disant cela, il entraina Draco au rythme de la musique.

Oh I know (Oh I know)
That the music's fine (Yes I know)
Like sparkling wine (Oh I know)
Go and have your fun (Yes I know)
(Oh I know) Laugh and sing
(Yes I know) But while we're apart
(Oh I know) Don't give your heart
(Yes I know) To anyone (Oh I know)

But don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So Darlin'
Save the last dance for me

Mmmmh'

Baby don't you know I love you so?
Can't you feel it when we touch?
I will never never let you go
I love oh so much

Au bout de quelques instants, Draco finit par se détendre et prendre la direction de la danse, enchaînant les pirouettes, les enroulés, les caresses doubles et même un porté très sensuel.

You can dance (You can dance)
Go and carry on
'Till the night is gone
And it's time to go

If he asks
If you're all alone
Can he take you home
You must tell him no

-Tu sais, dit Harry, cette chanson n'est pas très éloignée de ce que je ressens…

- Ah oui ?

'Cause don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So Darlin'
Save the last dance for me

'Cause don't forget who's taking you home
And in whose arms you're gonna be
So Darlin'
Save the last dance for me
Mmmh'
Save the last dance for me

-Quoi qu'il arrive entre nous, précisa Harry, où que tu sois, avec qui que tu sois, tu me garderas toujours la dernière danse, n'est-ce-pas ?

Bien plus touché qu'il ne voulait bien le montrer, Draco hocha la tête et serra Harry contre lui.

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27 décembre 2015 – Cortina d'Ampezzo, Italie

La fête de Noël au Manoir Malefoy avait été une réussite. Narcissa avait tout mis en œuvre pour faire oublier aux enfants leur désappointement à l'idée que Draco reparte à New-York le 4 janvier. Harry s'était par ailleurs employé à les convaincre qu'ils ne se rendraient pas compte de son absence puisqu'ils étaient à Poudlard et que Draco avait promis de revenir pour chaque vacance scolaire.

Finalement, tout le monde avait passé un très bon Noël, dans la joie et la bonne humeur.

Le lendemain du Boxing Day, Harry avait accompagné James et Albus pour qu'ils passent la nouvelle année en compagnie de leur mère, de leur petite sœur et du reste de la famille Weasley. Draco en avait fait autant avec Scorpius qui partait avec ses parents dans le sud de la France.

Ils avaient ensuite pris un portoloin pour Cortina d'Ampezzo où ils passeraient le reste de la semaine en tête à tête, dans le chalet de Harry.

-Alors voilà donc le fameux Chalet San Rafaele, dit Draco en pénétrant dans les lieux.

Les mains dans les poches, il regarda tout autour de lui, plus particulièrement l'immense cheminée en pierre où un feu ronflait généreusement et devant laquelle était posée un épais tapis en laine, qui semblait confortable à souhait.

-Hm. C'est un magnifique endroit. J'imagine que ceux que tu as amené ici ont dû être impressionnés…

- Plutôt, oui.

- Tu y as amené tous tes amants ?

- Non. Seulement quelques-uns. Seulement ceux… qui comptaient, acheva Harry dans un souffle.

- Comme Dubois, dit Draco plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

Harry ne répondit rien et Draco sentit qu'il l'avait blessé.

-Je suis désolé, dit-il en l'entourant de ses bras. Je crois que je serai jaloux de ce type jusqu'à la fin de ma vie.

- Draco… aucun de ceux qui sont venus ici, même pas Olivier, n'ont eu le centième de l'importance que toi, tu as à mes yeux…

- Je le sais Harry. Crois-moi, maintenant, je le sais…

Draco serra Harry plus fort dans ses bras.

- Je ne sais peut-être pas ce que l'avenir nous réserve, ni comment on s'en sortira, moi à New-York et toi à Londres… Mais tout ce que je sais, c'est que je t'aime comme un fou et que pour une fois dans ma vie, je n'ai pas envie de fuir. J'ai envie de me battre. Pour toi. Pour moi. Pour nous.

Harry était incapable de prononcer le moindre mot. Draco était rarement sentimental, et quand il l'était, c'était toujours sur fond de sarcasme ou de plaisanterie. Rien de tout cela, ici. Juste de la sincérité. Et de l'amour.

Draco ressentit son trouble car il lui sourit tendrement en lui prenant le visage entre les mains.

-Je serais capable de tout pour toi, Harry, dit-il d'une voix douce, mais…

Il soupira tragiquement.

-Par Salazar, il est hors de question qu'on baise devant la cheminée comme dans un film de cul des années quatre-vingt !

Harry resta interdit un instant, avant d'éclater de rire. Merlin ce qu'il aimait cet homme.

-D'accord, dit-il. Je vais ranger ma déception et la peau d'ours que j'avais préparée spécialement pour cette soirée…

- Tu rigoles ?

- Je rigole.

Il prit la main de Draco et le fixa avec un regard lourd de désir.

-Viens, souffla-t-il.

Ils traversèrent le salon et un couloir jusqu'à arriver de l'autre côté du chalet, devant une double porte en chêne. Harry l'ouvrit et entraina Draco à l'intérieur de la pièce. Délibérément, il n'alluma pas la lumière, le laissant lentement s'habituer à l'obscurité.

-Waouh.

C'est tout ce que Draco fut capable de dire devant le spectacle qui s'offrait à lui : une nuit parfaitement étoilée et la lumière de la lune qui soulignait délicatement les sommets enneigés des montagnes.

-C'est… magique, murmura Draco.

Il le pensait vraiment. Il avait toujours aimé les immenses baies vitrées. Elles lui donnaient un incomparable sentiment de plénitude et de liberté.

-C'est la pièce que je préfère, dit Harry. Il n'y a rien de plus beau que de regarder le soleil se lever derrière ces montagnes…

- Je peux l'imaginer.

- Tu feras bientôt plus que l'imaginer, susurra Harry en l'embrassant derrière l'oreille. Mais viens… il y a autre chose que je voudrais te montrer.

Draco le suivit jusqu'à une porte à gauche. Elle s'ouvrait sur une magnifique salle de bain, toute en pierre et en marbre. Elle était sobre et luxueuse à la fois. Un éclairage indirect donnait à la pièce une atmosphère chaleureuse et relaxante. Des bougies avaient également été disposées ça et là, se reflétant dans le grand miroir qui occupait tout le mur du fond. Encastré dans le sol, un très grand bassin en pierre faisait office de baignoire. Il était rempli d'une eau chaude, laiteuse et parfumée.

-Ça te dit de prendre un bain ? suggéra Harry.

Draco hocha simplement la tête. Harry lui sourit et commença à déboutonner sa chemise, sous le regard affamé de son amant. D'un geste sensuel, il l'ôta de ses épaules et la jeta dans un coin. Il entreprit ensuite d'enlever ses chaussures et de défaire son pantalon. Quand celui-ci tomba à ses chevilles, il le repoussa d'un petit mouvement du pied. Puis, avec une lenteur calculée, il passa les pouces sous l'élastique de son boxer qu'il abaissa d'un coup.

Draco déglutit. Le sexe de Harry était déjà parfaitement rigide, jaillissant fièrement au milieu de son épaisse toison noire que Draco savait pourtant si douce au toucher.

Harry se détourna, laissant Draco admirer son dos musclé, sa chute de rein, ses fesses rondes et fermes, ses cuisses parfaites. Au moment d'entrer dans le bassin, il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.

-Tu viens ?

Draco inspira brutalement, se rendant compte qu'il avait pratiquement arrêté de respirer. Rapidement, avec des gestes rendus saccadés par l'impatience, il se défit de ses propres vêtements. Quand il entra dans le bassin à son tour, Harry était assis sur une petite margelle. Il avait de l'eau jusqu'à la taille, un bras étendu sur le rebord, l'autre plongé sous la surface. A cause de la couleur laiteuse de l'eau, Draco ne pouvait pas voir ce qu'Harry faisait mais au mouvement de son bras, il devina qu'il était en train de caresser son pénis.

-Tu es absolument magnifique, dit Harry, la voix lourde de désir.

Draco sourit d'un air satisfait et plongea dans l'eau. Elle était délicieuse, ni trop chaude, ni trop tiède. Et certainement soumise à un sort de régulation et de maintien de la température. Il avança jusqu'à Harry et l'embrassa. Immédiatement, le baiser se fit dense, profond, exigeant. Leurs mains couraient sur leurs corps, caressant les flancs, le dos, les fesses. Ils empoignèrent leurs sexes frémissants et se masturbèrent mutuellement en poussant des soupirs de bien-être.

Après quelques minutes passées à s'embrasser voracement, Draco souleva le bassin de Harry pour que son sexe affleure à la surface de l'eau. Avec une plainte presque douloureuse, il se retint de se jeter dessus pour le sucer comme il en avait envie.

-Toi aussi, tu es magnifique, dit-il d'une voix rauque.

- Je suis à toi, répondit Harry en allongeant les bras de part et d'autre du rebord pour se maintenir à la surface de l'eau. Suce-moi, Draco.

Draco ne se fit pas prier. Il baissa la tête et engloutit d'un seul coup l'entièreté de la verge tendue devant lui. Harry émit un râle animal, retenant à grand peine la jouissance qui arrivait à la vitesse d'un cheval au galop.

Malgré toute l'étendue de son désir, Draco le suça doucement, paresseusement, le plongeant dans une langueur presque hypnotique. Alors qu'il pensait mourir sous l'action conjuguée de la langue et des lèvres de son amant, Harry sentit deux doigts s'insinuer en lui et le fouiller avec adresse.

-Draco, je n'en peux plus, geignit Harry. Tes doigts sont merveilleux, mais c'est ta queue que je veux.

Disant cela, Harry se redressa. Les doigts de Draco toujours enfoncés en lui, il le poussa jusqu'à la margelle où il le fit asseoir. Il se positionna sur ses cuisses, écarta sa main et s'empala d'un coup sur sa verge.

-Oh Draco, pleura-t-il presque. C'est tellement bon.

Harry tendit le corps vers l'arrière et entama un mouvement de bascule avec le bassin. Il se dégageait de lui une puissance érotique telle que Draco dut fermer les yeux pour ne pas jouir immédiatement. Ils ondulaient lentement, l'eau clapotant doucement autour d'eux, et à chaque mouvement, la pénétration se faisait plus profonde, plus intense. Plus merveilleuse.

Après une dernière poussée, Draco souleva Harry pour se déloger de lui. Il le fit se positionner sur le bord du bassin, à moitié en dehors. Il poussa gentiment sur le dos de Harry pour qu'il s'allonge sur le sol en pierre, de sorte que ses fesses soient à hauteur de son visage. Il les embrassa avant de les écarter avec délicatesse.

-Merlin, c'est parfait, murmura-t-il en passant un doigt sur le trou encore légèrement béant.

Il se pencha et il glissa sa langue autour et à l'intérieur.

Commença alors pour Harry, l'incroyable plongée aux confins de la folie qu'il expérimentait à chaque fois que Draco le léchait à cet endroit. En matière de sexe, Draco était doué pour tout. Les fellations, les caresses, la pénétration. Mais il était définitivement un dieu dans l'art délicat de la feuille de rose.

Auparavant, Harry n'avait jamais été friand de cette caresse. Ni de la recevoir et encore moins de la donner. Jusqu'à Draco. Parce qu'avec lui, c'était différent. Il n'y avait rien de vulgaire, de sale ou de dégradant dans la manière dont Draco pratiquait l'anulingus. Au contraire, c'était un mélange subtil de pudeur et d'abandon, avec une petite nuance de dépravation qui rendait la chose tellement excitante. Et par Merlin, le plaisir que cela lui procurait ! Un peu comme si toutes les terminaisons nerveuses de son corps se rejoignaient à ce point précis de son anatomie.

-Draco, gémit-il… Oh Draco… ne t'arrête pas…

- Je sais que tu aimes ça, dit Draco entre deux coups de langue. Je le sens… ton trou est merveilleusement docile pour moi…

Et Draco ne s'arrêta pas. Il le lécha encore et encore jusqu'à ce que Harry demande grâce. Avec lenteur, il parsema le dos de son amant d'un millier de baisers légers. Arrivé près de son oreille, il murmura :

-Dis-moi que tu me veux…

- Je te veux, Draco, haleta Harry. Je te veux au fond de moi, maintenant… Je te veux à un point que je pourrais en mourir.

Il disait vrai. Son envie de Draco le dévorait de l'intérieur comme un incendie de forêt que rien ne pouvait éteindre.

-Je vais te baiser, Harry. Je vais te baiser à en mourir, souffla Draco. Et je veux que tu me voies le faire.

D'un geste vif, il s'assit sur le bord du bassin et amena Harry sur ses cuisses, dos à lui. Sans attendre, il guida sa verge dans l'anus toujours dilaté. Grâce à la margelle, ils pouvaient tous les deux prendre appui sur leurs pieds. Draco entama alors des coups de reins rapides, auxquels Harry répondaient par de lascifs vas-et-viens.

-Regarde, dit Draco en montrant le miroir en face d'eux. Regarde-toi…

Harry eut un moment de détresse respiratoire quand il vit un homme dans le miroir, jambes largement écartées, chevauchant une queue longue et épaisse, qui coulissait à l'intérieur de lui avec une facilité déconcertante. Son sexe tressautait contre son ventre, raide et gonflé, palpitant de besoin. L'homme avait les yeux mi-clos et le plaisir à l'état pur se lisait sur son visage.

Cet homme, c'était lui. Et c'était à ça qu'il ressemblait quand Draco lui faisait l'amour.

L'orgasme le terrassa avec une violence inouïe, sans même qu'il se touche. Il cria comme il n'avait jamais crié auparavant. Derrière lui, il sentit Draco se tendre, ses bras se refermer autour de sa taille. Il entendit un râle long et puissant avant qu'une sensation de chaleur se répande au plus profond de son anus.

Ils se laissèrent glisser dans l'eau, complètement ravagés par le plaisir.

-Je n'ai jamais joui aussi fort, hoqueta Harry, encore incapable de reprendre une respiration correcte.

- Moi non plus.

Ils se blottirent dans les bras l'un de l'autre, Harry enroulé comme un koala autour de Draco. Ils échangèrent un baiser, doux et paresseux mais qui ne tarda pas à devenir langoureux et érotique. Particulièrement quand Harry entrouvrit la bouche, la respiration saccadée, laissant Draco suçoter le bout de sa langue, mordiller ses lèvres ou les lécher avec des bruits mouillés.

-J'ai encore envie de toi, murmura Draco.

- Moi aussi.

Ils restèrent là, front contre front, le souffle court, à se bouffer des yeux. Ils n'avaient pas même besoin de se toucher pour être à nouveau durs comme la pierre.

-Je veux que tu me baises, dit Draco.

- Putain, oui…

Harry sortit de l'eau et tendit la main à Draco pour qu'il en fasse autant.

Après s'être séchés sommairement, Harry emmena Draco dans la chambre, toujours plongée dans l'obscurité. Amoureusement, il l'embrassa et l'allongea sur son immense lit tendu de draps blancs. Eclairée des seuls rayons de la lune, la peau pâle de Draco semblait presque irréelle. Harry se recula légèrement, subjugué une fois de plus par la beauté de l'homme de sa vie. Ce qu'il ressentait pour lui était tellement fort qu'il se demandait comment il avait pu vivre sans lui toutes ces années, et surtout comment il avait pu le quitter un an auparavant.

-Harry ? Ça ne va pas ? demanda Draco, inquiet de l'immobilisme de son amant.

Harry se ressaisit. Il passa doucement la main sur la joue de Draco.

-Je t'aime, dit-il d'une voix sourde. Je t'aime tellement que… que…

- Que ça fait mal ? acheva Draco à sa place.

- Ouais… c'est exactement ça. Est-ce que… ça te fait la même chose… parfois ?

- Oui, Harry. En ce moment, ça me fait la même chose.

Disant cela, il enroula sa main autour de la nuque de Harry et l'attira à lui dans un baiser prodigieux. Ils roulèrent l'un sur l'autre, n'ayant pas assez de leurs mains pour se caresser et de leurs bouches pour se dévorer.

L'obscurité les privait d'un sens mais décuplait l'acuité des autres.

Jamais les tétons de Draco n'avaient paru aussi fermes sous les dents de Harry. Jamais sa peau ne lui avait paru si soyeuse sous ses mains. Jamais l'odeur de son sexe n'avait paru aussi divine à son nez. Jamais sa semence qui perlait sur son gland ne lui avait paru si salée sur ses papilles. Et jamais ses soupirs de plaisirs n'avaient été aussi doux à ses oreilles.

Harry n'avait pas besoin de distinguer les traits du visage de Draco pour deviner son plaisir. Il n'avait pas besoin de voir son corps pour répondre à ses envies. Il ressentait le moindre frémissement, la moindre tension, le moindre relâchement qui le parcourait.

Après lui avoir fait l'amour avec sa bouche, Harry allongea Draco sur le ventre. Avec douceur, il le pénétra jusqu'à la garde. Puis, dans un mouvement ample, il coulissa en lui, le pilonnant avec vigueur. Chaque coup de rein envoyait à Draco une décharge de pur plaisir qu'il vocalisait sans pudeur.

Les mains de Harry enserraient avec force les hanches de Draco, lui imposant un rythme brutal. Il le pénétrait avec force, violence même. Draco répondait à ce déchainement avec passion, venant à la rencontre de son amant en psalmodiant son prénom.

Après plusieurs minutes ce tempo infernal, Harry ralentit considérablement. Il modifia leur position, de façon à ce qu'ils soient tous les deux allongés sur le côté, imbriqués l'un dans l'autre de la plus intime des façons. Ils restèrent immobiles un moment, profitant de cette sensation de plénitude ultime. Puis Harry recommença à bouger. Lentement, voluptueusement.

Leur osmose était parfaite. Bientôt le silence de la nuit ne fut plus brisé que par leurs soupirs, leurs respirations lourdes et le doux bruissement des draps. Les bruits de deux corps qui s'aiment passionnément, de deux âmes qui s'abandonnent l'une à l'autre.

Le traitement que Harry faisait subir à son corps, la lenteur et la profondeur de sa pénétration, plongeaient Draco dans une douce torpeur. Il avait l'impression que tout s'estompait autour de lui, que le monde disparaissait pour se résumer au corps de son amant contre lui, à son sexe imposant au plus profond de ses entrailles, à son souffle brûlant dans son cou.

-Ouvre les yeux Draco, murmura Harry après un temps. Ouvre grand les yeux.

Et Draco ouvrit les yeux. Il n'y avait plus de chalet. Plus de chambre. Plus de lit. Juste la chaleur de l'homme qu'il aimait. Juste la nuit qui les enveloppaient. Juste la lune et les étoiles pour veiller sur eux.

Draco jouit dans un cri silencieux, le corps secoué par un orgasme sourd, grondant, et tellement profond qu'il aurait pu être l'œuvre d'une divinité chthonienne.

Sa jouissance entraina celle de Harry qui se sentit comme happé à l'intérieur d'un vortex.

Quand ils reprirent tous les deux leurs esprits, ce fut pour échanger un long baiser.

Repus et épuisés, ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, sans un mot. Parce qu'il arrive parfois que l'amour soit si puissant, qu'il rend les mots superflus.

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4 janvier 2016 – Terminal des Portoloins, Londres Sorcier

-Le portoloin numéro 3876 à destination de New-York-Avenue Perpendiculaire est annoncé en salle d'embarquement numéro 5.

La voix résonna fort dans le petit espace qu'était la salle d'attente, faisant sursauter une petite sorcière d'un âge certain. A côté d'elle, un homme d'affaire bondit de son siège et se rua en dehors de la pièce. Une autre femme en fit autant. Plus loin, un couple se prit la main et sortit en souriant.

Dans le coin opposé, deux hommes ne semblaient pas vouloir bouger.

Draco finit par se lever. Il vérifia que son ticket d'embarquement était dans sa poche et que toutes ses valises miniaturisées étaient toujours bien dans le sac qu'il portait en bandoulière.

-Alors, ça y est ? dit Harry en se levant à son tour.

- Ouais… je crois bien.

Harry hocha la tête et fit en sorte de se composer un visage enjoué.

-Tu es sûr que tout est prêt là-bas pour t'accueillir ?

- Oui. J'ai eu Pansy au téléphone hier. Elle a les clés de l'appart qu'elle m'a trouvé près de Central Park. Elle a même rempli le frigo.

-J'espère qu'il est aussi bien que l'autre…

-Ce ne sera jamais aussi bien que celui que j'avais avant mais ce sera suffisant le temps pour moi d'en acheter un qui me plait vraiment.

- Tu m'appelleras pour me dire que tu es bien installé ?

- Je t'appelle ce soir, c'est promis.

- Ok. Je ne pourrai pas venir ce weekend parce que je suis à Singapour pour le Grand Prix de Formule Balai, ni le weekend prochain car je serai à Dubaï mais j'ai déjà réservé mon portoloin pour dans trois semaines et...

Draco fit taire la logorrhée de Harry en le prenant contre lui.

-Harry, arrête ça, dit-il tout bas. Tu n'as pas à faire bonne figure pour me rendre les choses plus faciles. Je sais que ma décision te rend triste même si tu fais tout pour le cacher.

Harry ne répondit pas car il n'avait pas confiance en l'assurance de sa voix à cet instant précis.

-J'aurais voulu que cette semaine à la montagne ne se termine jamais, chuchota Draco. Et surtout, j'aurais voulu que Richard ne me propose jamais de rentrer à New-York.

- Ne dis pas ça, Draco. Ta place est là-bas.

- Ma place est avec toi.

- Je suis avec toi. Toujours. Peut-être pas de manière conventionnelle, mais je suis là, dit Harry en posant la main sur le cœur de Draco.

Il releva la tête vers lui pour le regarder dans les yeux.

-Je t'aime, insista-t-il. Ce qui veut dire que je te soutiens dans tes décisions et dans tes choix. Et que je suis capable d'être heureux pour toi quand il t'arrive quelque chose de bien. Même si ce quelque chose t'emmène loin de moi.

Draco hocha la tête, visiblement ému. Harry se blottit dans ses bras à nouveau, bien décidé à profiter de toutes les secondes qu'il pouvait encore passer avec lui.

-Je n'ai pas rendu les alliances, dit Draco au bout d'un temps.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas. J'étais à la bijouterie… j'avais posé la boîte sur le comptoir… et, je n'ai pas pu les rendre. Je n'ai pas pu.

- Tu regrettes qu'on ait décidé de ne pas se marier ?

Draco prit le temps de bien choisir ses mots.

- Non. Parce que ça ne nous ressemble pas. Même si j'en suis venu à le souhaiter, on ne sera jamais un couple ordinaire. Ce qui nous lie, c'est bien plus qu'un simple anneau ou qu'un serment. Ça a toujours été beaucoup plus que ça. L'amour que j'ai pour toi ne peut tout simplement pas être contenu dans quelque chose d'aussi banal qu'un serment de mariage.

Harry le serra plus fort contre lui.

-Je t'aime, Draco. Tu vas me manquer chaque seconde qui passe.

-Toi aussi, tu vas me manquer.

Draco se pencha et embrassa Harry. Le baiser était lent, profond mais nullement désespéré. Ce qui était en train de se passer, ils l'avaient décidé tous les deux. Et ils l'assumaient. Comme tout ce qu'ils avaient fait dans leur vie.

- Dernier appel pour les passagers à destination de New-York-Avenue Perpendiculaire. Le portoloin numéro 3876 est prêt pour l'embarquement en salle numéro 5. Dernier appel…

Draco s'écarta à regret.

-Il est temps que j'y aille, soupira-t-il en prenant le visage de Harry en coupe et en l'embrassant encore.

Harry lui sourit à travers les larmes qu'il n'était finalement pas parvenu à retenir.

-Entre nous, c'est éternel, dit-il.

-Entre nous, c'est éternel, répéta Draco.

Il lui donna un dernier baiser avant de le quitter pour de bon et rejoindre la salle d'embarquement.

Sur le seuil, il ne put s'empêcher de se retourner pour apercevoir Harry qui lui faisait un dernier signe de la main en souriant. Il lui sourit en retour, une drôle de sensation au cœur. Comme un mélange de tristesse, d'euphorie et d'espoir.

A cet instant, il prit pleinement conscience qu'il n'était plus le même homme qu'un an auparavant. Grâce à Harry.

Il se plaça devant le portoloin et sourit plus largement.

En rentrant à New-York, il ne retournait pas à sa vie d'avant. Il en commençait une nouvelle.

Fin...

ou presque...