Aperçu du processus de création de cette fanfic :

Première étape : j'ai une idée stupide. Je rigole toute seule et je commence à écrire le chapitre dans ma tête.

Deuxième étape : je vais voir mon compagnon et je lui dis « hey ! j'ai une idée stupide pour ma fanfic ! » Je la lui expose, et lui, il la complète par une autre idée stupide. Je réponds : « mais grave ! »

Troisième étape : je rentre chez moi et j'écris mon idée stupide améliorée.

Voilà, voilà.

Un peu de détente dans ce monde de brutes.


Auberge du Honey Bone, quelque part dans la soirée (certainement à une heure avancée)

« Tu veux dire que tu l'as jamais fait ?!

— Natsu ! Répète-le encore plus fort, je crois que tout le monde n'a pas entendu !

— Tu sais par où ça rentre, au moins ?

—Oh, mon dieu. Pourquoi est-ce qu'on est en train d'avoir cette conversation ?

— C'est toi qui me l'as demandé. T'as dit que t'avais peur de tout faire foirer. »

Sting écarta deux des doigts qui couvraient son visage.

« Certes, mais t'es pas obligé de me prendre pour un con non plus. »

Natsu éclata de rire.

« Désolé. Ça m'arrive juste de dire des trucs idiots. Une sorte de sale habitude. »

Sting soupira.

« Bon, reprit Natsu. Faut commencer par le commencement. Quand tu t'imagines baiser – parce que je suppose que tu fais ça quand même ?! » Signe de tête de la part de Sting. « Et quand ça arrive, tu te vois plutôt passif ou plutôt actif ? »

Sting passa à l'écarlate.

« Euh... Je sais pas trop...

— Me raconte pas d'histoires, tu sais forcément.

— C'est embarrassant de parler de ça.

— Pourquoi ? Que ce soit l'un ou l'autre, je m'en fous. Moi, je fais les deux. Ça dépend.

— Ça dépend... de quoi ?

— De qui a le moins picolé, de qui a le plus insisté, de qui a attaqué en premier... De plein de choses.

— De qui a... attaqué en premier ? » répéta Sting, perdu.

Natsu haussa les épaules.

« C'est juste qu'on est un peu adeptes de la baise sauvage, si tu vois ce que je veux dire.

— Ah...

— Bon, admettons que tu préfères être actif, parce que c'est là où mes conseils seront le plus utiles. Faut que tu fasses gaffe à pas faire de mal à... euh... ton partenaire. Du coup, faut que tu le prépares.

— Le préparer ?!

— Lubrifiant, presque indispensable. Surtout pour une première fois. Crois-moi, je parle d'expérience. La première fois... C'était un poil douloureux. Et puis faut que tu utilises tes doigts pour détendre... ton partenaire. Tu le pénètres, un seul doigt pour commencer, quand tu sens que son anus se détend, t'en met un autre, et tu peux aller jusqu'à trois, normalement, c'est plutôt un bon chiffre. Si tu trouves la prostate, banco, il va te supplier de le baiser.

— La prostate ?

— Ouais. C'est un peu le clitoris des gars. Ça forme une petite bosse. C'est pas très loin de l'entrée, vers le bas. Si tu la masses, il va hurler de plaisir. »

Sting le regarda, confus, écarlate. Quand il avait demandé à Natsu des conseils, il ne s'attendait pas à une leçon d'anatomie aussi crue. Enfin... au moins, c'était précis. Et puis... l'idée de Rogue qui « hurlait de plaisir » était pour le moins... déstabilisante.

« Voilà, ça c'est le topo basique. Évidemment, va falloir que tu testes pour savoir le genre de trucs qu'il aime. S'il est dans le sado-maso, j'ai des super menottes qui...

— Euh, attends, je suis pas sûr d'avoir envie d'entendre ça...

— ...qui neutralisent la magie de la personne. Alors du coup, il peut toujours se débattre, pas de magie, obligé de se prêter à ton bon vouloir ! Super, non ?

— Euh...

— Enfin, c'est sans doute pas indiqué pour une première fois, de toute façon. Y a un autre truc que j'aimerais bien tester : c'est un anneau que tu poses sur la base de la queue de ton partenaire pour l'empêcher de jouir... Idéal pour des heures de torture ! »

Cette fois, Sting avait l'air carrément terrifié.

« Et puis le plug anal vibrant télécommandé... Ça, ça doit être marrant ! »

Sting ne le suivait plus du tout, et Natsu sortit de ses rêveries débridées en s'en apercevant.

« Ok, ok, on en revient aux basiques. La fellation ! »


De l'autre côté de la salle, Rogue ne se trouvait pas vraiment en meilleure posture. Quand Grey lui avait demandé où il en était avec Sting, il avait répondu de façon évasive, mais Grey lui avait adressé un grand sourire et avait hoché la tête, comme en confirmation à une pensée qui lui était venue.

« Quoi ? demanda Rogue, regrettant aussitôt d'avoir posé la question.

— T'as la trouille de passer au niveau supérieur, hein ?

— Je...

— T'as déjà fait ça avec un gars ? Déjà fait ça tout court ? »

Rogue le fixa quelques secondes, désarçonné, puis secoua doucement la tête.

« On a juste... »

Merde ! cria sa voix intérieure.

« Juste quoi ? » demanda Grey, intéressé.

Rogue piqua un fard.

« Compte pas sur moi pour les détails ! » gronda-t-il.

Grey le dévisagea d'un air goguenard, et croisa les bras sur sa poitrine nue.

« Tu sais, le sexe, c'est pas si compliqué. Je comprends que ça puisse impressionner, surtout si c'est la première fois, mais... »

Rogue détourna le regard. Pourquoi s'était-il retrouvé à avoir cette conversation ? Puis, il réalisa que Grey avait raison. Il avait peur de passer à la vitesse supérieure, et pourtant, il en mourait d'envie. Il se mordilla la lèvre.

« C'est juste que... En dehors du côté sentimental et de tout ce que ça implique, je sais pas grand-chose...

— Tu veux des conseils ? »

Hochement de tête silencieux.

« Pour moi, commença Grey, la chose la plus importante, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de parler. Dire ce que tu veux, demander d'y aller plus fort ou un peu moins fort... C'est comme dans la vie quotidienne de couple, en fait : la communication, c'est la clé. Après, tu peux donner des indications juste dans ta façon de réagir physiquement – d'ailleurs c'est pour ça qu'il ne faut pas hésiter à faire du bruit ! Mais parfois, un partenaire peut... euh... manquer de subtilité. Alors faut dire les choses directement, quitte à ce que ce soit un peu cru.

— Mais qu'est-ce que tu racontes, Grey ? » intervint soudain Gajeel, qui passait à côté de leur table. Il s'assit lourdement à côté du mage de glace et regarda Rogue.

« Écoute pas le glaçon, il sait pas de quoi il parle.

— Mais ta gueule ! Et puis t'es qui pour donner des conseils, toi ? T'es même pas gay ! »

Gajeel haussa les épaules d'un air méprisant.

« Et alors ? Le cul, c'est le cul. Et mon conseil à moi, c'est moins de parlotte, plus d'action ! Tu veux faire jouir ton partenaire ? Écoute sa respiration, son cœur, respire son odeur. C'est ça qui va te faire savoir si tu t'y prends bien ou pas.

— Ah ouais ? Et comment tu sais que l'autre fait pas semblant pour te faire croire que c'est ok ?

— Est-ce que t'es en train d'insinuer que Reby simule pour me faire plaisir ? »

Grey se renfonça dans son siège, bras croisés, sourire provocateur aux lèvres.

Gajeel inspira et expira très doucement.

« Je vais laisser passer ça. Mais uniquement pour Rogue. »

Celui-ci les fixait, les yeux écarquillés. Quand il prit sa chope, ce fut d'une main tremblante. Il en avala le reste – ce qui faisait quand même à peu près les trois quarts – d'une traite et fit signe à Mirajane qui passait dans le coin de lui en apporter deux de plus. Quand les pintes arrivèrent, il commença aussitôt à boire la première. Et pourtant, il n'en était qu'au début de ses déboires. Ignorant complètement son désarroi, les deux autres se remirent à parler.

« Mon deuxième conseil – si tu permets, Gajeel, ajouta Grey en lui jetant un regard noir, c'est de ne pas te précipiter. Ne te force pas à faire un truc dont tu n'as pas envie. En matière de sexe, t'es jamais obligé de faire quoi que ce soit.

— Ah ! cria Gajeel d'un air triomphant. Comme si Natsu ne t'avait jamais obligé à faire quoi que ce soit ! »

À ces mots, Grey rougit violemment, et Gajeel, qui avait juste dit ça pour le faire chier, sut qu'il avait touché un point sensible. Son sourire s'élargit.

« La domination, ça a du bon, hein, Grey ? Y en a qui aiment se retrouver à la merci de quelqu'un d'autre, qui aiment supplier... »

Il s'interrompit. Il aurait bien continué pendant des plombes comme ça juste pour emmerder Grey, mais un bruit étouffé avait détourné son attention. Ça venait de Rogue. Qui était en train de s'étrangler avec sa bière. Gajeel haussa un sourcil, observant le dragon de l'ombre plié en deux par une quinte de toux. C'est vrai qu'ils n'étaient pas très sympa avec lui. Les jeux de domination, pas vraiment idéal pour une première fois. Il échangea un regard avec Grey.

« Bon, les basiques, alors ! » s'exclamèrent-ils en chœur.


« Pigé ? » demanda Natsu après lui avoir fait le vaste exposé de l'art de la fellation selon le dragon du feu.

« Euh... Je crois.

— N'oublie pas : stimule le gland, et néglige pas les testicules. Autre chose ?

— Je crois que c'était déjà beaucoup trop, dit Sting d'une voix blanche.

— Trop ?! On parle jamais assez de cul.

— Parle pour toi...

— Tu me raconteras ?

— Hein ?!

— Juste dans les grandes lignes ! Histoire de savoir si mes conseils ont été utiles.

— Euh... »

Sting cherchait comme se sortir de ce guêpier quand Gajeel l'interpella de sa grosse voix depuis l'autre côté de la salle.

« Sting, viens par ici ! »

Le dragon blanc hésita une ou deux secondes, puis se leva et alla rejoindre Grey, Gajeel et Rogue, suivi de près par Natsu.

« Je crois que tu devrais le ramener chez vous », dit Gajeel en désignant Rogue du menton.

Sting tourna son attention vers son partenaire.

Wow.

Le dragon de l'ombre tanguait sur son siège, les yeux brumeux.

« Hé ! lança-t-il d'une voix traînante. Mais c'est Sting et Natsu ! Hé, dis, Natsu...

— Ouais ?

— Moi, j'avais parié sur toi. Contre Sting.

— Hey, c'est pas cool ! protesta Sting. J'avais misé sur toi contre Gajeel ! »

Rogue rigola doucement.

« Dirait bien qu'on s'est tous les deux trompés, pas vrai Sting ? »

Le dragon blanc secoua la tête, dépité. Jamais il n'avait vu Rogue ivre à ce point.

« On rentre ? proposa-t-il.

— Nan... J'crois que j'vais r'prendre un aut' verre...

— Mauvaise idée.

— T'écoutes jamais mes idées, d't'te façon... J'comprends... j'suis pas maît' de guilde, moi... Et pis chuis pas comme toi, c'est pas comme si la moitié de la population se retournait pour mater mon cul quand j'sortais d'une pièce... Si tu mettais pas des fringues aussi moulantes, aussi... C'est d'l'incitation à la débauche !

— Ooook. Je crois qu'il faut VRAIMENT qu'on rentre.

— Pourquoi ? demanda Rogue, authentiquement perplexe.

— Euh... Parce que tu es ivre mort ?

— Et alors ? Sont tout le temps ivres, à Fairy Tail. Quand t'es à Fairy Tail, tu fais comme les fées, nan ? Politesse élémentaire. »

Sting regarda tour à tour Gajeel, Grey et Natsu, mais les trois trouvaient cette scène bien trop drôle pour l'interrompre. Grey ajouta quand même :

« On peut toujours l'héberger, si nécessaire.

— Oh, que non. Crois-moi, quand il se réveillera demain matin, il voudra certainement pas être ici.

— Qu'esse tu racontes, Sting ? s'exclama Rogue d'un air outré. C'est nos amis ! On les aime !

— Ouais, ouais, tu les aimeras un peu moins demain.

— Ça existe pas, ça, d'aimer moins les gens d'un jour sur l'aut'. Ou alors, c'veut dire que t'es sacrément superficiel. »

À cela, Grey ne put s'empêcher d'exploser de rire.

Rogue parut réfléchir.

« C'est plutôt l'inverse qui arrive. On a tendance à aimer les gens d'plus en plus. Moi, par exemple, je... »

Sting avait été averti par le sourire rêveur de Rogue il valait mieux pour eux deux qu'il ne termine pas sa phrase. Il l'attrapa par le bras et le souleva de son siège, fit passer son bras autour de ses épaules et commença à l'entraîner avec lui sur le chemin de la sortie.

« Hé ! Qu'essse tu fais ?! C'pas juste ! Y a un truc qui cloche avec mes jambes... Et mes bras aussi... »

Grey, Natsu et Gajeel les regardèrent partir avec un grand sourire. Ils avaient comme le sentiment que le trajet du retour allait être compliqué pour Sting.


Au lieu de mettre un quart d'heure pour rentrer, ils en eurent pour le double, parce que Rogue titubait dans tous les sens, entraînant Sting avec lui.

Ils finirent par arriver au QG de Sabertooth. Dans le hall, il y avait encore pas mal de gens réveillés. Lector et Frosh n'étaient nulle part en vue et Sting supposa qu'ils étaient déjà couchés. En les voyant, Rufus et Orga, qui buvaient tranquillement dans un coin, eurent une expression choquée, avant de sourire largement. Sting se dit qu'il valait mieux les ignorer et essaya de se dépêcher vers l'étage. Puis il réalisa qu'il ne pourrait jamais grimper les escaliers avec un Rogue bourré à ce point.

« Orga ! J'apprécierais un coup de main. »

Le mage à la foudre noire fit un effort visible pour se retenir de rire, et obéit.

« Orga... marmonna Rogue. Tu t'es dédoublé. C'est flippant. Un seul, ça suffit. T'es déjà rien qu'un tas de muscles.

— Merci, je suppose », répliqua le mage sans s'offenser – après tout, ses muscles faisaient sa fierté. « Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Tu tiens pas l'alcool ?

— J'crois que... c'était combien, Sting ? Six pintes ?

— J'en sais rien, je discutais avec Natsu.

— Ah ouais, c'est vrai ! Y t'as raconté quoi ?

— Rien... Rien d'important. Orga, dépêche, il est lourd. »

Une fois qu'ils furent arrivés, Sting renvoya sèchement Orga.

« C'est bon. Je m'en occupe. »

Orga hocha la tête en souriant, et redescendit commenter l'événement avec Rufus.

Sting soupira de soulagement en lâchant son fardeau sur le lit. Rogue grogna de protestation. Sting s'assit sur le bord du matelas et lui attrapa les pieds pour lui enlever ses chaussures.

« Aide-moi... Aide-moi à enlever mes fringues. Puent la bière. »

Sting déglutit. Ok. Avec la conversation qu'il avait eue ce soir, ça allait être bizarre. Il s'exécuta en essayant de rester pragmatique et factuel, et surtout de ne pas regarder ce corps mince en sous-vêtements. Il dut ensuite expliquer à Frosh, qui s'était réveillé, pourquoi Rogue était dans cet état. Le chat resta perplexe, mais n'insista pas. Puis, Sting dit à Rogue :

« Je vais te chercher de l'eau. Et un seau, au cas où tu es malade. »

Il s'apprêtait à tourner les talons quand une main se referma sur son poignet. Et le fit tomber sur le lit.

Rogue lui grimpa dessus et commença à l'embrasser en se pressant contre lui, une main baladeuse explorant le relief de son cul. Sting se laissa faire un moment, surtout parce qu'il ne s'y attendait pas et que ça l'excitait terriblement. Mais c'était une très mauvaise idée.

Il repoussa son partenaire.

« La dernière fois, j'étais défoncé, et aujourd'hui, t'es bourré. Je pense qu'on devrait attendre d'avoir l'esprit un peu plus clair.

— Pas sûr que j'vais pouvoir.

— Hein ? Pourquoi ?

— Cherche pas. C'est la faute de Grey. Et de Gajeel.

— Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

— M'ont traumatisé. Pour ça que chuis ivre.

— Ok. On en parlera plus tard. Je reviens tout de suite. »

Sting quitta rapidement la pièce, le visage en feu et des pensées confuses plein la tête. Apparemment, il n'était pas le seul à avoir eu des conversations étranges ce soir. Il se dépêcha d'aller chercher une bouteille d'eau et un seau, les déposa près de Rogue, puis se tint un moment devant le lit, hésitant. Finalement, il embrassa Rogue sur le front, et dit à Frosh :

« Veille sur lui. Et appelle-moi si ça va pas, d'accord ? »

Le chat hocha gravement la tête.

Sting s'en alla et soupira en se disant qu'il fallait qu'il repasse par le hall pour accéder à sa propre chambre. En tant que maître de guilde, il disposait d'un petit appartement au rez-de-chaussée, qui comprenait son bureau, sa chambre et une salle de bain.

Il traversa le hall à pas vifs, évitant du regard tous les membres de sa guilde. Sa confusion et son trouble se lisaient probablement sur son visage, et il n'avait pas envie de répondre à des questions embarrassantes.

En un éclair, il fut devant ses appartements. Il claqua la porte derrière lui et fonça s'écrouler sur son lit. Putain de soirée !


Dans la salle, Rufus et Orga échangèrent un regard entendu.

« Yukino avait raison, pas de doute, murmura Rufus.

— Je parie que Sting vient d'échapper à un dragon de l'ombre très... impatient.

— Toutes les expressions que j'ai mémorisées similaires à celle qu'affichait Sting était toujours due à la même cause.

— Rogue va jamais assumer demain.

— Peut-être qu'ils ont besoin d'aide. Peut-être qu'ils ont peur que la guilde n'accepte pas leur relation.

— Pas faux. C'est ce que pensait Yukino aussi, non ?

— On devrait arranger ça. Ils peuvent se mettre des bâtons dans les roues entre eux si ça leur chantent, mais je n'ai pas envie que ce soit nous, le problème.

— Fort juste. Après Jienma, après ce que Sting a fait... Bon sang, le gamin mérite mieux que ça. »

Rufus ne put qu'acquiescer.