Helloooooo !
Me voilà de retour pour un nouveau chapitre !
J'espère qu'il va vous plaire !
En tous cas, je ne connais que très peu vos avis, puisque je ne reçois que peu de review ! :/ Je ne sais donc pas ce qu'il faut que j'améliore ou que je continue :/
Brefouille !
Disclaimer : Tout est à JKR sauf l'intrigue et les personnages que j'ai inventés
Voilà voilà ! :)
Bon, bonne lecture à toutes et à tous !
Enjoy it !
Chapitre 36
Un vent de soulagement souffla sur le vieux Manoir des Malefoy. Drago, debout, appuyé sur un mur, parce qu'il était encore faible, serra plus fort contre lui Enora. Cette dernière ferma les yeux en sentant l'agréable pression de la main du blond sur sa hanche. Elle inclina sa tête pour l'enfouir dans le cou du jeune homme. Elle respira son odeur et laissa ses muscles se délasser, savourant sa présence. Drago en profita pour imprimer à tout jamais le parfum qui se promenait et le narguait dans les cheveux roux de sa belle. Quelle sensation agréable de se savoir dans les bras de la personne dont on est amoureux.
Tous les deux étaient heureux, voire euphoriques à cause d'une chute d'adrénaline, de savoir l'autre sain et sauf. Comment aurait-il pu en être autrement ? L'un venait de passer près de la mort, sans avoir pu dire ce qu'il pensait vraiment de celle qu'il aimait à l'intéressée, sans avoir pu non plus l'embrasser, ne serait-ce qu'une seule fois. L'autre était encore plus choquée parce qu'elle avait cru qu'elle devrait à jamais vivre sans celui qu'elle aimait.
Mais ce qui les rendait encore plus proches, c'était le baiser qu'ils venaient de partager. Oh non ! Pas un de ces baisers langoureux et particulièrement profonds. Non… C'était plutôt un de ces baisers timides, mais emplis de promesses futures. Chacun de son côté retint un soupir niais de bonheur enfin trouvé, mais ils laissèrent s'étaler sur leur visage une joie sans limite. Drago profita de cet instant de félicité partagée pour faire quelque chose dont il ne se serait jamais cru capable. Dans l'oreille de sa belle, il murmura quelques mots dont le sens fit battre plus fort de cœur des deux jeunes gens. Des mots tout simple, mais emplis d'une signification tellement supérieure, que c'était cela qui faisait peur en eux. Ces mots ? Il y en avait trois auxquels il en avait ajouté d'autres. Lesquels ?
- Je t'aime. Veux-tu sortir avec moi ?
Rien n'aurait pu rendre Enora aussi heureuse. Avec empressement, elle se dégagea de l'étreinte forte des bras de Drago pour lui faire un sourire aussi éclatant que le soleil en plein été. Pour toute réponse, la rousse contenta de l'embrasser une nouvelle fois. Leurs nez se frôlaient dans le mouvement de leurs visages. Les yeux fermés, le blond sourit comprenant la réponse de sa belle. Cette dernière remonta ses bras et déposa ses mains sur les joues du jeune homme en face d'elle. Sentant leurs lèvres se mouvoir l'une contre l'autre, Drago n'en sentit que son cœur battre encore plus vite. Chacun des deux adolescents essayait d'emmagasiner toutes les sensations que provoquait ce baiser. Leur passion.
Aucun des deux n'arrivait à croire qu'ils avaient enfin ce dont ils avaient toujours rêvé : l'amour de l'autre. Bah, oui, ce n'était pas un baiser de soulagement (honte à celui qui avait pu croire cela !), mais un baiser véridique. A ce moment-là, peu de temps (c'est-à-dire quelques secondes) après que la sorcière tortionnaire ait fui pour le malheur des Aurors, le monde s'était, pour la rousse et le blond, réduit à leur couple. Parce que, oui, ils étaient un couple. Cette pensée fit sourire un George meurtri, et en particulier mentalement. Ce sourire fut notamment le dernier avant un long moment, une période qui parut durer pour toutes les personnes qui l'aimaient aussi longtemps que l'ère glaciaire.
oOo
Finalement, après ce terrible incident, oh non ! ce terrible évènement, de nombreux constats étaient à faire. Le premier de la liste : Narcissa avait disparu. Cela mettait Drago dans une colère noire, parce que sa mère était visiblement trop bien lâche pour prendre ses responsabilités. La lâcheté était bien un trait de famille ! Elle et son père faisait la paire en fin de compte !
Quelles responsabilités demanderez-vous ? Celle d'avoir torturé son fils. Celle d'avoir torturé George. Celle d'avoir volé le livre d'Enora et les notes qui allaient avec. Parce que, oui, c'était bien Narcissa qui avait osé faire cela. Personne, chez les Weasley, n'arrivait vraiment à s'en remettre. Finalement, ils avaient tous été trahi par cette femme. Ils l'avaient tous laissée entrer dans leur vie.
La dernière fois que cela s'était produit, c'était avec ce salaud de Peter Pettigrow, et cela avait fait d'un jeune bambin, un orphelin de père et de mère. Aujourd'hui, dans un certain sens, c'était le cas. La femme qu'avaient connue les Weasley, Harry, Hermione et Enora était morte. La mère qu'avait connue Drago était morte. Ce dernier avait d'ailleurs (preuve qu'il ne la protégeait plus) donné aux Aurors les différentes adresses des maisons que sa famille et celle de sa mère avaient dans le monde, car sa génitrice aurait pu s'y cacher, bien qu'il en doute fortement. Il s'était d'ailleurs vu avoir raison, quand les policiers lui donnèrent le résultat de leur enquête : négatif. Partout.
Mais où était-elle donc passée ?
Pour ce qui était du vol du livre d'Enora, les Aurors avaient conclu qu'elle avait discrètement entrouvert la fenêtre avant de partir le soir même pour pouvoir revenir, sans laisser de trace. Mais elle avait oublié de la fermer après son passage. C'était la seule chose qui faisait grincer Drago. Dans tout ce qu'elle entreprenait, Narcissa réussissait toujours sans anicroche. La preuve était dans l'éducation secrète d'Enora : jamais lui ou son père n'avaient été au courant. Avec elle, tout était millimétré, chaque détail était pensé et vérifié, surtout quand elle pouvait y penser la tête froide. Les Aurors avaient dit qu'elle s'était rendu compte de la possibilité de ce vol, uniquement le soir même, qu'elle n'avait donc pas eu le temps de s'organiser et de tout paramétrer, comme à son habitude. Cependant, le blond, avec l'aide de sa petite amie (Enora ! Vous vous rappelez ?), laissait ces pensées qui lui embrouillait le cerveau de côté.
Tous les deux s'enfonçaient dans le travail pour ne plus penser à autre chose qu'à des choses agréables.
Enora avait véritablement et profondément été affectée par cette trahison de celle qu'elle avait considérée comme sa mère adoptive. C'était aussi éprouvant que de la savoir morte, voire même plus. Justement parce qu'elle ne l'était pas, mais que celle qu'elle avait connue l'était. Elle n'était pas sûre de pouvoir s'y faire un jour. Alors, elle s'occupait le plus possible l'esprit, espérant que le temps fasse s'effacer le mal-être qui lui enserrait le cœur chaque matin au réveil.
La jeune femme passait tout son temps à alterner entre le magasin à inventer des objets, à attendre l'approbation de George, à les vendre, et le Terrier où elle menait toujours des recherches pour retrouver sa mère. Les seules instants de détente qu'elle se permettait étaient les sorties qu'elle faisait de temps en temps avec Drago quand il l'emmenait avec lui à la sortie du boulot. Elle s'inquiétait d'ailleurs pour son petit-ami. Il avait beau faire le dur, ne montrer que peu de ses sentiments (cachés derrière ce masque abominable d'indifférence), mais elle savait qu'il était malheureux depuis que sa mère l'avait torturé. Il avait perdu confiance en lui et en son jugement. Il avait peur de s'être trompé sur toutes les personnes avec qui il s'était lié depuis son enfance. Sauf pour ce qui était d'Enora (ouf !). Elle était et restait son seul point de repère viable. Il était d'ailleurs vrai que le jeune homme avait mis un peu de temps avant de revenir passer quelques heures chez les Weasley où habitait toujours celle qu'il aimait, de peur de se tromper à nouveau dans ses relations affectives. Mais cette dernière avait su rapidement le convaincre du contraire.
A côté de ses problèmes affectifs qu'il cachait à tous, sauf à Enora (et encore !), Drago avait fini de remanier l'entreprise de son père. A sa tête, il avait mis un gestionnaire en qui il avait, malgré tout ce qui s'était passé, toute confiance : Blaise Zabini. Depuis leur plus tendre enfance, ils avaient été amis. Cela avait même été son seul véritable ami avec Enora. Bien qu'il ne lui ait jamais parlé d'elle jusqu'à la fin de la guerre, le blond lui aurait confié sa vie. C'était ensemble qu'ils s'étaient rendu compte que ce que faisait Voldemort n'était pas juste, et ce, dès leur deuxième année. Ils s'étaient toujours soutenus. C'était d'ailleurs en partie grâce au grand noir que Drago n'avait plus été puni depuis ses treize ans. Ils faisaient tous les deux en sorte de faire juste qu'il fallait. Ensemble, ils avaient compris qu'à deux, ils étaient plus forts, que dans cet individualisme de Serpentard. Blaise avait fait partie de ceux qui avaient rapidement fui la Grande Bataille, restant à la même occasion vivant, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Quand Drago l'avait revu et qu'ils s'étaient demandé des nouvelles, Blaise lui avait appris que malgré son innocence prononcée par le Magenmagot et son absence de Marque des Ténèbres sur son avant-bras, personne ne lui donnait de travail. Travail dont il avait besoin quand il avait appris que sa mère n'avait fait que dilapider son héritage depuis des années. Ce fut donc tout naturellement que le blond lui proposa cette place de gestionnaire de son entreprise. Son ami avait été surpris, cependant, après que Drago ait insisté, il avait accepté. Ils avaient donc travaillé ensemble, une fois encore, à assainir cette entreprise de tour ce qu'il y avait de Mangemort à l'intérieur, pour lui permettre de repartir sur de bonnes bases. Mais le jeune héritier comprenait ce que son ami avait voulu dire à propos du rejet de leurs pairs à cause de leurs « agissements » durant la guerre quand il avait véritablement réinséré son entreprise sur le marché. Au départ, personne n'avait voulu d'eux, jusqu'à ce que leurs anciens partenaires de travail se rendent compte que les produits que l'entreprise de Malefoy leur fournissait leur étaient indispensables et introuvables ailleurs (Lucius avait toujours fait attention à bien conserver ses brevets, à ne pas les vendre, pour toujours être seul sur le marché. C'était la seule chose de bien que Drago voulait bien lui reconnaître).
Finalement, tout le monde qui gravitait autour d'Enora commençait lentement à se redresser et à revivre après cette trahison. Tous, sauf un élément, mais pas un des moindres.
George.
En fait, ce n'était pas tellement cette traitrise qu'il l'avait rendu amer et l'avait renfermé sur lui-même. C'était plutôt ce qu'il avait subi, la torture par Doloris, les questions qui avaient suivi, mais pas seulement. Et cela l'avait fait retomber plus profondément dans le cercle infernal de la culpabilité qu'il avait éprouvée à la mort de son frère jumeau. Le rouquin ne comprenait pas pourquoi lui restait vivant après mille et une tortures alors que Fred était mort d'un simple sort. Il ne voulait pas avoir eu cette chance de s'en sortir.
Mais, il y avait eu pire, et cela Drago n'avait pas été au courant parce qu'il était évanoui quand cela s'était produit. George n'en avait parlé à personne, même pas aux Aurors.
Narcissa avait utilisé deux choses qui l'avaient bien plus brisé qu'un simple Doloris. Ce soty n'avait été qu'un simple échauffement pour cette divorcée de Mangemort, qui avait dû en voir de plus belles. Cela ne lui avait pas suffi de le briser par la douleur physique. Il avait fallu qu'elle le brise psychologiquement.
Elle avait alors sorti de sa poche (à laquelle elle avait dû ajouter un Sort d'Extension) une armoire. Mais pas n'importe quelle armoire. Une armoire d'Epouvantard, qui avait été miniaturisée. D'un simple sort informulé, la boite avait repris sa taille normale.
Après avoir éloigné d'un coup de baguette Drago, qui aurait pu interférer avec ses propres peurs, la femme avait placé l'armoire devant lui. Et l'avait ouverte. Et la chose était sortie. Et elle s'était transformée. Devant les yeux écarquillés de George, sa plus grande peur prit forme. Il voyait s'étendre devant lui un tas de corps en décomposition avec en fond un Terrier en flammes. Des cheveux roux étaient éparpillés çà et là. Il ne put faire qu'un seul constat de cette vision affreuse. Sa famille était morte. Soudain, un fantôme apparut devant lui. Celui de Fred.
- Tu nous as abandonné alors que nous avions besoin de toi. Tu es parti en nous laissant seuls ! Comme tu l'as déjà fait avec moi ! Tu n'es pas un Traitre-à-ton-Sang ! Mais un TRAITRE-A-TA-FAMILLE !
Fred continuait de vociférer. George fermait les yeux suppliant pour que cela cesse. Mais le sourire qu'il avait entraperçut sur le visage de Narcissa ne pouvait rien augurer de bon pour lui. Le jeune homme savait quel contre-sort utiliser pour combattre et éliminer cette vision affreuse. Un simple sort de troisième année : Ridikulus ! Mais il n'avait pas sa baguette ! Comment faire sans ? Il ne savait pas faire de magie sans… Désespéré, il se concentra sur des souvenirs joyeux qu'il avait en mémoire pour ne pas se laisser avoir par une simple créature magique. Cette vision qu'elle provoquait était tellement réelle… Le feu chauffait la pièce, le vent qui soufflait lui ébouriffait les cheveux… Cependant… Elle ne pouvait lui faire aucun mal, n'est-ce pas ?
Vite, vite ! Garder en tête un souvenir joyeux ! Se souvenir des farces qu'il avait faites à Poudlard, les rires avec Enora… C'était tout ce qu'il avait pu faire.
Cependant, cela ne pouvait pas durer bien longtemps. En effet, Narcissa avait semblé comprendre ce qui se tramait dans la tête du rouquin. Elle fit alors quelque chose d'inimaginable. De sa poche, elle en sortit à nouveau quelque chose de miniaturisé : une cage.
Un sort plus tard, George comprit ce que contenait cette cage. Un Détraqueur.
La blonde ouvrit la porte et ordonna à l'être de l'attaquer. L'horrible créature fit son abominable besogne, lui retirant ses bons souvenirs, l'empêchant de se protéger avec ces derniers de l'Epouvantard, qui continuait de vociférer. S'en fut rapidement trop pour l'esprit déjà mal en point du frère de Ron. George sombra dans le noir.
Ce dernier ne savait pas comment il avait pu s'en sortir, ni pourquoi Narcissa n'avait pas laissé la peur et la mort le prendre tout entier, le laissant ainsi rejoindre son frère tant chéri. Mais le fait était qu'il était toujours là, toujours vivant. Encore vivant. Il avait alors sombré dès son retour au Terrier (sa mère avait insisté auprès de lui qui ne voulait que retourner dans son appartement du Chemin de Traverse pour pouvoir le surveiller. Et quand Molly veut quelque chose, Molly a) dans une dépression. Celle qu'il aurait pu, ou plutôt, selon lui, dû vivre à la fin de la guerre. Mais Enora était arrivée et y avait fait obstacle.
Malgré tout, la rousse n'avait pas réussi cette fois-ci. Pendant des heures après être rentré chez ses parents, il n'avait pas décoché un mot. Il n'avait pas ouvert la bouche une seule fois. Son amie ne s'était pas tout de suite rendue compte que le moral celui qu'elle considérait comme son alter ego était au plus bas. Ce fut seulement quand elle entra dans la chambre de George à la demande expresse de Molly que la jeune femme se rendit compte de l'ampleur des dégâts que Narcissa avaient provoqués. Cela ne fit que grandir cette haine nouvelle pour cette femme. Enora réussit à le faire sortir de sa torpeur pour le faire manger. Elle lui fit avaler, cuillère par cuillère, sa soupe. Ils parlèrent quelques secondes, avant qu'il ne lui demande de le laisser tranquille.
Pourtant, le lendemain, le jeune homme n'allait pas mieux. Il ne retourna pas travailler à la boutique, laissant seule Enora pour gérer tout cela. Heureusement, Drago, le surlendemain avait repris la main et la place de George, le temps que ce dernier se rétablisse. Mais, son état moral ne semblait pas s'améliorer.
Il ne voulait parler qu'à Enora. Seule elle pouvait le faire manger. Seule elle pouvait lui faire faire quelques pas hors de son lit. Tout le reste de la famille Weasley était plongée dans un profond mal-être. Celui de leur fils ou frère avait en quelque sorte détint sur eux. Il ne souriait presque plus.
Il était probable que ce soit cela le pire au Terrier. Déjà que ne plus entendre le rire de Fred avait été difficile, mais perdre en plus celui de George paraissait être insurmontable.
Enora avait peur de le laisser seule, peur qu'il fasse une bêtise. Une bêtise qui lui coûterait la vie. D'autant qu'elle était persuadée qu'il y avait déjà pensé.
Cependant, la rousse savait qu'une infime part du malaise du jeune homme n'était pas que due à ce qu'il avait enduré. Il avait peur pour les autres membres de sa famille. Cela était encore plus vrai depuis que Ginny était repartie à Poudlard et que Ron, Harry et Hermione avaient repris leurs études depuis le début de la semaine. Seuls Enora et Drago ne s'étaient pas inscrits dans une faculté ou à Poudlard pour cette nouvelle année scolaire.
George pensait qu'il ne pouvait plus veiller sur ceux qui n'étaient plus au Terrier et il avait peur que la vision qu'il avait eue par le biais de l'Epouvantard se ne réalise. Mais il ne voulait pas laisser cela se faire. Pourtant, il se sentait presque incapable de ne faire ne serait-ce qu'un simple mouvement.
oOo
Le mercredi midi suivant l'attaque au Manoir Malefoy, Drago et Enora était au magasin. Bien qu'un tiers de leur clientèle soit repartie sur les bancs de l'école, ils recevaient de nombreuses commandes par Hiboux Postaux, auxquelles ils se devaient de répondre le plus rapidement possible. Et être deux n'était pas de trop, tant le travail à abattre était important.
Enora était, comme toujours, à son poste chétif lors des heures d'ouverture : la caisse. Elle soupira de fatigue entre deux clients. Seulement le milieu de la journée et elle était déjà aussi fatiguée que si elle avait fait deux nuits blanches d'affilées. Drago le remarqua tout de suite. Il rejoignit le comptoir où se trouvait sa belle.
- Ça va aller ?, lui demanda-t-il, inquiet. Tu veux aller te reposer dans la réserve ? Je peux prendre ta place si tu veux.
Le jeune homme avait bien conscience de tout ce que sa petite amie menait de front : le magasin, ses recherches sur sa mère, George et encore tout un million de choses dont il n'avait sûrement pas idée.
Enora lui sourit gentiment.
- Non, ça ira. Et puis, tu es aussi fatigué que moi. Je ne vois pas pourquoi je prendrais une pause et pas toi.
Drago lui caressa les cheveux tendrement en la regardant dans les yeux.
- Tu sais… Je suis en train de me demander si on ne devrait pas employer un Elfe de Maison pour nous aider.
- Pardon ?, demanda Enora, les yeux écarquillés.
Elle venait de faire payer quelque client et n'était pas sûre d'avoir bien entendu ce que venait de lui dire son cher et tendre.
- Un Elfe de Maison. Tu sais ! Comme Bitsy !
- Que l'on payerait ?, insista la jeune femme.
- Evidemment !, s'offusqua le blond.
Enora prit quelques minutes de réflexion tandis qu'elle encaissait une femme aux cheveux bruns et à la robe de sorcière bordeaux.
- Je ne suis pas sûre que cela plaise à George…
- Qu'est-ce qui ne me plairait pas ?, intervint une voix rauque de n'avoir que peu parler durant une longue semaine.
Enora sursauta et se retourna vers la porte de la réserve de laquelle sortait un jeune homme aux cheveux roux. Elle écarquilla à nouveau des yeux, alors que Drago esquissa un sourire avant de se tourner vers une nouvelle cliente qui attendait son tour à la caisse. La rousse resta quelques secondes bouche bée, devant celui qui, ce matin encore, ne voulait pas sortir du lit.
Soudain, sans prévenir, elle se précipita vers lui, les bras grands ouverts.
- George !
Enora lui sauta dessus, avec tellement de force qu'il ne dut son salut qu'au mur qui se trouvait derrière lui. La jeune femme ne sembla pas le remarquer et enfouit sa tête dans le cou de son ami.
- Tu m'as tellement manqué, chuchota-t-elle en tremblotant.
Le rouquin mit quelques secondes avant de comprendre ce qui était en train de se passer. La demi-Elfe pleurait. De joie, enfin, il l'espérait. Il lui caressa le dos, mal à l'aise.
Tout à coup, elle se redressa les yeux rouges et ancra son regard dans celui de George.
- Tout va bien ?, murmura-t-elle.
En effet, l'expression de son ami était douloureuse. La rousse comprit rapidement ce qui le tourmentait : le souvenir de Fred qui tournoyait dans le magasin. Elle l'emmena dans la réserve, après avoir fait un signe à son amoureux, qui hocha la tête. Elle fit asseoir le frère de Ron et le regarda avec un pâle sourire.
- Je… vais bien, dit-il simplement.
Enora eut le tact de ne pas relever le ton hésitant de son presque-frère.
- C'est une bonne chose que tu sois là. Tu as vu comme la boutique tourne bien ?, enchaina la rousse pour changer de sujet. C'est comme ça depuis le début de la semaine. Moi qui pensais que le rythme ralentirait les élèves partis à Poudlard…
George sourit devant le débit de son amie. Il avait compris ce qu'elle faisait et il devait avouer que cela lui faisait du bien.
- Mais tu ne sais pas la meilleure ? Il y a même des étrangers qui viennent ! C'est pas génial ? Aujourd'hui, c'était un sorcier français, qui avait entendu parler de nos produits lors de son dernier voyage à Londres ! Hier encore, c'était un joueur de Quidditch belge !
La jeune femme transmettait son enthousiasme à son ami en faisant de grands gestes et des moulinets avec ses bras. Ayant fini de discourir en long, en large et en travers sur le magasin et ses clients, Enora posa ses mains sur les épaules de son ami.
- Alors, reprit-elle doucement avec un sourire, pourquoi es-tu venu nous rendre visite ?
George grimaça, les souvenirs lui revenant. Il aurait aimé qu'elle ne s'arrête jamais de babiller.
- En fait, euh… Les Aurors sont passés au Terrier.
A cette annonce, le regard de la rousse redevint sérieux. D'un signe de la tête, elle l'encouragea à continuer.
- Hum… En faisant des recherches avec un nouvel instrument mi-magique mi-moldu, ils ont retrouvé, disons, euh… la planque de Narcissa.
Enora se retint d'avoir une quelconque réaction, pour ne pas gêner George, et ne pas l'empêcher de dire ce qu'il avait à lui dire. Mais elle n'en pensait pas moins.
- Cependant… ils ne l'ont pas retrouvée, elle. Elle s'est en allée.
Cette fois-ci, la rousse grimaça. Elle pensait que cette menace ne pèserait pas longtemps sur leurs têtes, que la folle qui avait servi de mère à son petit ami serait rapidement arrêtée… Rien n'était moins vrai.
- Je suis désolé…
Enora regarda son ami avec étonnement.
- Tu n'as pas à être désolé ! Tout comme Drago ne doit pas l'être. Vous êtes les victimes de cette affreuse bonne femme. En aucun cas responsables de ses agissements ! Ce serait plutôt à elle de s'expliquer et de s'excuser auprès de vous !, s'écria la jeune femme, véhémente.
Elle le regarda droit dans les yeux pour être sûre que ce qu'elle venait de dire était bien ancré dans l'esprit du rouquin. Celui-ci lui sourit tristement et baissa la tête. Elle la lui redressa en attrapant de son index son menton.
- Tu veux que je le dise à Drago ou tu t'en charges ?
La jeune femme vit l'indécision passer dans son regard.
- Je vais le faire.
Elle hocha du bonnet et partit chercher Drago. Elle prit sa place à la caisse en lui murmurant quelques mots à l'oreille. Il l'embrassa sur la joue avant de partir vers la réserve de la boutique.
Quelques instants plus tard, un cri de rage et de déception se fit entendre dans son dos. Les clients lui jetèrent un regard surpris, voire, pour certains, apeuré. Même la demi-Elfe avait dû retenir un frisson qui menaçait de lui parcourir l'échine. Elle sourit à la foule.
- Tout va bien. C'est probablement parce que notre dernière invention vient de lamentablement ruiner les habits de mon collègue, qui est très pointilleux sur ce point. Mais rien d'irréversible, ne vous inquiétez pas.
Tous sourirent alors de soulagement. L'explication semblait les avoir convaincus. Pourtant, il y avait une personne qui ne paraissait pas partager les mêmes sentiments que les autres. Caché derrière les rayons des différentes plumes, Enora avait remarqué que son sourire était beaucoup plus satisfait qu'il n'aurait dû l'être. Remarquant que la jeune femme le regardait, l'homme disparut dans la foule du magasin. Cela rendit tout de suite soupçonneuse la fille de Severus. Elle avait déjà vu cette attitude quelque part… Mais où ?
Elle n'eut pas le temps d'y penser outre mesure, car Drago et George sortaient ensemble de la réserve. Dans leurs bras, il y avait des cartons de produits Weasley & Rogue. Ils se souriaient malgré ce qu'ils avaient enduré et ce qu'ils venaient d'apprendre quelques instants auparavant. Les hommes se dirigèrent tous les deux vers les rayonnages du magasin pour les remplir à nouveau. Enora soupira d'aise, bien qu'un peu stressée.
La vie semblait reprendre son cours.
C'est la fin !
Ca vous a plu ? Ou non ? Lâchez un commentaire ! :D
Bonne fin de semaine ! :D
A la revoyure !
