Bonjour, voilà un petit chapitre…

RAR anonymes :

Ankana87 : Il était temps, oui ! Bonne lecture pour la suite !

Guest : Désolée… C'est vrai que c'est triste pour Dennis. Merci pour ta review ! Bisous

OoOoOoOoOo

Le bateau de Severus se trouvait plus en retrait par rapport aux autres. Certains, ceux en première ligne essentiellement, étaient atteints par les flammes. Les flèches des Gryffondors avaient su atteindre leurs navires malgré la pagaille qui régnait à terre. Le maitre de potion avait, lui, bien fait son travail. De nombreux chaudrons de potion avaient été distribués et chaque soldat avait ordre de tremper le bout de sa flèche dedans avant de tirer. Voldemort, présent sur le bateau de son second, souriait avec une joie malsaine. Son plan marchait à merveille. Les rivages du pays ennemi étaient plongés dans le chaos et le nombre de soldats habillés de rouge allongés sur le sol annonçait sa future victoire. Le peu de bateaux aux voiles vertes qui prenaient feu n'était qu'un détail, un dommage collatéral négligeable. Son sourire s'agrandit. Bientôt, cette terre serait à lui.

OoOoO

Severus se massa les tempes et prit une profonde inspiration. Il était actuellement dans ses appartements, à bord de son navire, et avec lui se trouvaient deux femmes hystériques. La première, femme de son meilleur ami, s'inquiétait plus que nécessaire et voulait voir son fils absolument tout de suite. Quant à la seconde, une de ses élèves les plus brillants malgré sa provenance Gryffondorienne, elle paniquait encore plus et regardait, à travers un hublot, le rivage de son pays se faire détruire. Le maitre de potion avait su qu'il allait regretter d'avoir accepté d'aider son filleul, mais jamais il n'aurait imaginé que cela serait aussi tôt. Il avait pensé que ce ne serait qu'une fois le trône conquis et son roi mort. Certes la partie la plus délicate restait encore à faire, mais après tout cette difficulté ne rajoutait que plus d'intérêt au plan. Provoquer la guerre et influencer Voldemort avait été d'une facilité affolante. Son roi voulait tellement sa guerre qu'il avait sauté sur l'idée de son second sans plus réfléchir. Le plan se déroulait, jusqu'à présent, à merveille. L'étape suivante était la mort du roi. Une mort non voulue et inattendue et non un meurtre pour une prise de pouvoir. Voilà ce que devait croire la population de Serpentard. Severus avait vu dans le regard des soldats de son pays qu'ils n'attendaient que cela, un prétexte pour arrêter ce massacre. S'il réussissait à rendre la mort de Voldemort comme accidentelle, il pourrait sans peine mettre fin à la guerre, les hommes le suivraient avec joie.

Ce fut quand Hermione commença à frapper sur le verre de la petite fenêtre que Severus craqua :

- Assez !

Les deux femmes stoppèrent leurs activités et se tournèrent vers lui, surprises. Le maitre de potions les regarda à tour de rôle et dit :

- Cela ne sert à rien de paniquer, gardez votre calme. Je me charge de trouver une solution mais j'ai besoin de silence.

Honteuse, la jeune brune baissa la tête et alla s'asseoir sur un fauteuil. L'autre femme, en revanche, ne fut pas aussi docile.

- Ce n'est pas ton fils qui est en plein pays ennemi !

- Pays ennemi qui est en train de se faire écraser ! s'agaça Severus.

La brune, toujours assise sur son fauteuil, poussa un gémissement et enfouit sa tête dans ses mains.

- Assez ! répéta à nouveau le maitre de potion avant de partir dans un grand mouvement de cape noire. Il referma la porte de ses appartements et rejoignit le pont de son navire. Au niveau de la proue, il y vit son roi et songea pendant un instant à le balancer par dessus bord. Avec un peu de chance, il ne saurait pas nager.

OoOoO

Harry et Sirius étaient retournés en silence dans la vieille maison. Le brun avait serré sa dague avec force tout le long du chemin. Il ne revenait pas de ce qu'il venait de faire. Peter était le premier homme qu'il tuait. Certes, il s'était toujours préparé à une telle éventualité. Etant gardien avant, on lui avait enseigné à ne pas avoir peur d'achever son ennemi. Mais c'était en condition de guerre, lors d'une bataille, quand tous les ennemis se ressemblent. Pettigrow l'avait supplié. L'homme gras n'aurait jamais du mentionner ses parents en voulant sauver sa peau. Une bouffée de haine avait alors envahi Harry et son bras avait bougé. Cela avait été un meurtre. Peter n'avait eu aucun moyen de se défendre.

Une fois la porte de la maison passée et claquée, Sirius posa sa main sur son épaule et la pressa :

- Cesse de te tourmenter, il ne t'aurait pas laissé le choix non plus.

- Mais je ne veux pas être comme lui ! s'exclama l'ancien gardien.

- Tu ne l'es pas. C'est pour cela que tu es en train de torturer l'esprit.

Le brun hocha vaguement la tête et alla s'asseoir dans un fauteuil en soupirant. Il passa sa main sur son visage et souffla :

- Au moins ce problème est résolu. Il faut croire que Draco avait raison de s'inquiéter…

Sirius le rejoignit et s'installa dans un fauteuil en face de lui.

- Hum ? Draco s'inquiétait ?

Son filleul rougit en voyant son sourcil levé et haussa les épaules. Le parrain n'abandonna pas pour autant.

- Et bien, parle moi de lui. Explique moi ce qu'il se passe.

- Je ne suis pas sûr que… Enfin…

- Je veux savoir, Harry. Mais je ne t'oblige en rien, bien sûr.

- Mais il n'y a pas grand chose à dire. Nous sommes juste…

- Amants ?

- Oui.

Le rougissement s'étala encore plus sur les joues du brun. Il se leva ensuite en voyant le regard inquisiteur de son parrain peser sur lui. Il sortit de sa veste un pochon de tissu et le lui tendit, sans pour autant croiser son regard.

- Je t'ai apporté un peu de nourriture.

L'ancien prisonnier se leva alors à son tour. Il attrapa le poignet tendu et força son filleul à le regarder.

- Harry… Il faut vraiment qu'on en parle. Cela ne peut pas continuer comme cela. C'est sans issue.

- Mais tu crois que je ne le sais pas ? Que nous ne le savons pas ?

- Je n'ai pas dit ça…

- Laisse moi parler ! le coupa Harry, furieux. Tu voulais que je te raconte, et bien voilà !

Sirius hocha la tête et se rassit. L'ancien gardien commença alors son récit. Il lui parla de leur rencontre, de l'obligation du blond de se marier. Il lui expliqua leur amitié qui fut intense dès le début, qu'ils passaient leurs journées ensemble et s'amusaient à draguer fille sur fille sans jamais en trouver une à leur goût. Puis, l'ancien gardien lui raconta, gêné, les avances du blond, de la façon dont il les avait rejetées, comment il était sorti avec Clarissa dans le seul but de le repousser. Il omis le rapprochement qu'il y eut entre eux, ne voulant pas narrer la façon dont il avait joui en pensant à Draco. Il dit simplement qu'il avait craqué. Qu'ils avaient tout les deux craqué, et ce malgré la mésaventure avec Marcus Flint. Sirius ne parla de tout le long du récit. Il écouta quand son filleul lui raconta le début de leur relation, qu'il lui expliqua comment les sentiments étaient nés. Il fut bluffé en apprenant le plan du blond et sa façon d'échapper au mariage.

- Attends, tu es en train de me dire que c'est lui qui a provoqué la guerre ? s'étouffa presque son parrain.

- La guerre aurait de toute manière eu lieu et apparemment Severus va se charger de tuer Voldemort.

- Je le connais ce Severus. Je n'ai pas confiance en lui. Il est un peu trop Serpentard à mon goût.

- Draco aussi est très Serpentard et…

- Je sais, cela ne t'empêche pas de l'aimer. Ecoute, je suis désolé de t'avoir parlé ainsi. J'ignorai qu'il y avait de tels sentiments entre vous. Et si vous voulez à ce point rester ensemble, et bien je le respecte. De toute manière, qui suis-je pour parler ? souffla Sirius. Je ne suis qu'un pauvre paria.

- Mais non ! s'écria Harry.

Le filleul se jeta dans les bras de son parrain et le serra fort contre lui. L'approbation de celui-ci quant à sa relation avec son amant était vraiment importante pour lui. Savoir qu'il n'était pas déçu ou dégouté lui réchauffait le cœur. Sirius referma ses bras autour du torse du brun et répondit à son étreinte.

- Merci de m'avoir libéré.

Harry sourit et le serra encore plus fort. Puis son parrain se dégagea et dit avec un grand sourire :

- Alors ? Où est elle cette nourriture ? Je meurs de faim !

Les deux hommes éclatèrent de rire, et celui, semblable à un aboiement du plus âgé, résonna dans toute la maison.

OoOoO

Ron referma la porte de la chambre derrière lui et essuya les dernières larmes qui coulaient sur ses joues. Dans toute la maison on pouvait sentir l'odeur de la nourriture, des plats chauffants, des desserts se faisant confectionner. Molly Weasley laissait échapper son chagrin dans sa cuisine. Elle cuisinait depuis maintenant une journée entière. Les plats s'entassaient sur la table et son mari avait été obligé de proposer à leurs voisins de venir se servir pour que les futurs desserts puissent y trouver leurs places. La veille au soir, un homme était venu. Il leur avait proposé de brûler le corps de Fred avec les autres hommes morts. Molly avait refusé catégoriquement, suivie en force par George qui avait à présent le visage bandé. Le corps avait donc été lavé et placé dans une chambre. Il serait enterré dans deux jours dans le cimetière le plus proche. En attendant, son frère jumeau veillait sur lui sans relâche.

Ron décida de rejoindre sa sœur dans sa chambre. A eux deux, il s'occupait de calmer leur mère et de nourrir leur frère. Arthur Weasley, leur père, et Bill et Charlie, leurs ainés avaient rejoint l'armée. Ils s'étaient portés volontaire. Tous voulaient venger Fred. Mais Ron savait que c'était inutile et que cela ne ferait que rajouter d'autres pertes à leur famille. Le roux soupira. Il allait passer par la cuisine et piquer un gâteau, seul le chocolat l'aidait à surmonter cette épreuve. Il devait être fort. Pour sa mère, pour sa sœur et surtout pour George. Alors qu'il arrivait vers les fourneaux, on frappa à la porte de leur maison. Son ventre se tordit d'angoisse. Il ne voulait pas qu'on lui annonce une nouvelle perte. D'un pas hésitant, il alla ouvrir et tomba sur son meilleur ami. Des larmes de soulagement coulèrent sur ses joues et il se jeta dans ses bras.

- Harry !

Étonné, le brun répondit à son étreinte.

- Que se passe-t-il ?

- C'est Fred… Il est…

Le roux ne réussit pas à terminer sa phrase et l'ancien gardien le serra encore plus contre lui pour lui faire comprendre qu'il avait compris. Après un instant, Ron se dégagea, essuya les nouvelles larmes et souffla :

- Excuse moi… Je… Enfin, que fais–tu là ?

- Et bien, je sortais de… Enfin, je passais dans le coin et je voulais prendre de tes nouvelles. Je peux le voir ?

- Oui. Viens, il est là-haut.

Harry hocha la tête et le suivit dans les escaliers. Le frère jumeau était dans la chambre au dernier étage, sous les toits. Quand Ron ouvrit la porte, George releva sa tête du lit et sécha ses larmes. Il sourit faiblement en voyant Harry. Ce dernier lui rendit son sourire et s'approcha. Fred était allongé dans les draps. Il semblait dormir. Seuls son teint pale et l'absence de mouvement au niveau de sa poitrine confirmaient son état. Le brun ne put alors s'empêcher de se sentir coupable. Peut être si la guerre avait éclaté d'une manière différente, la famille Weasley n'aurait pas perdu un de ses membres. Se secouant, il refoula cette pensée. Après tout, c'était trop tard à présent. Ron s'approcha de lui et murmura :

- J'aimerais qu'Hermione soit là…

Harry hocha la tête et entoura ses épaules de son bras. Le roux déposa sa tête dans sa nuque et les larmes coulèrent à nouveau, incessantes.

OoOoOoOoOo

Voilà, voilà.

A lundi pour la suite.