Coucou!

Voici un nouveau chapitre!

Merci à SnowWhite pour sa fidélité et ses reviews et merci à vous qui continuez à lire ma fiction. :)

J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hésitez surtout pas à laisser votre avis. ;)

Sur ce, bonne lecture, bonnes vacances à celles et ceux qui sont en vacances, bonne rentrée pour celles et ceux qui vont reprendre le boulot/ l'école demain et bonne journée!

A bientôt!

Chapitre 36

Aro observait consciencieusement Eir. Ses yeux se posèrent sur les mains de l'humaine. Il avait une furieuse envie de saisir ses petites mains chaudes entre les siennes. Pour les sentir, pour ressentir ce feu d'artifices à chaque fois que leur peau se rencontrait. Oh! Et puis il y avait aussi ses lèvres qui l'appelaient. Si tendres, si accueillantes... L'envie de l'embrasser, de la croquer à pleines dents, à prendre au second degré et non parce qu'il était un Immortel, le prenait dans tout son corps. Même sa bête noire se tortillait déjà d'avance à ce tête à tête avec l'humaine. Il dut prendre une grande aspiration pour se donner confiance. Et courage! Car rester dans une pièce avec l'odeur de son âme-sœur, c'était vraiment du suicide! Jamais auparavant, il n'aurait fait cela pour un simple humain. Mais étant donné qu'Eir n'était pas une mortelle banale... Aro pouvait faire exception.

Il jeta un bref coup d'œil à Marcus et fit un signe de la tête. Son beau-frère comprit le message et entraîna Didyme et Athénodora en-dehors de la pièce. Les rubis du vampire se tournèrent vers l'objet de ses désirs. Eir. Il passa sa langue entre ses lèvres. Lui qui voulait discuter avec Eir, il ne savait plus par quoi commencer. Par où débuter...

Une conversation banale... Peut-on avoir une conversation banale alors qu'il y avait des lycanthropes qui traînaient dans les parages? Non. Ce n'était vraiment pas sérieux... Il fallait qu'il trouve quelque chose. Mais quoi? Inconsciemment, Aro leva les yeux au ciel. Il s'injuria de toutes les sortes dans toutes les langues possibles. Il ne pouvait pas la questionner sur ses goûts, sur ses peurs ou encore sur ses envies. Bien qu'il savait pertinemment qu'elle voulait voyager, étudier l'histoire et aller en Egypte.

Non... Il ne la laisserait pas aller en Egypte. Il voulait la convaincre de venir en étudier en Italie. Pourquoi pas après tout? N'avait-il pas le droit de rêver? Eir pourrait très bien poursuivre ses études à Florence et revenir à Volterra pour les week-ends. Aro était sûr qu'Athénodora et Didyme seraient heureuses de l'accueillir. Et puis lui... Il pourrait lui faire visiter Volterra sous un nouveau jour. Carlisle la suivra. Comme toujours.

Pourquoi ressentait-il un profond poids au niveau de cœur mort? C'est comme s'il avait une pression dans sa poitrine. Était-il angoissé par sa demande? Non, tout de même pas? Ce n'était pas une petite humaine qui allait lui faire peur. Non ce n'était pas ça...

Et voilà qu'à présent, il se mordait les lèvres... Non mais vraiment... Qu'est-ce qu'il avait dans la tête? Lui qui aimait parler de tout et de rien avec n'importe qui, il ne trouvait rien à dire à une mortelle. Pour combler le vide.

Et pourquoi devait-il sans cesse parler? Le silence n'était pas gênant. Il n'était pas non plus pesant. Il était surtout apaisant. Agréable. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas apprécié un silence de la sorte... Enfin si... Entre les audiences, mais il était souvent accompagné de ses frères. Entre Marcus qui dormait les yeux ouverts et Caius qui n'arrêtait pas de grogner dès que la secrétaire faisait du bruit, minime soit-il, Aro n'avait pas le temps de savourer ce genre de pause... Alors qu'avec Eir...

Avec Eir, tout était différent...

Aro osa regarder Eir dans les yeux et il remarqua qu'elle l'observait, elle aussi. Lorsque leurs regards se rencontrèrent, deux tâches roses apparurent sur les joues de l'humaine. Le vampire esquissa un sourire, moqueur. Il gloussa mais son rire était doux. Ce qui fit frissonner le corps de la jeune femme. Cela ne fit qu'accentuer ses rougeurs déjà bien présentes sur son visage. Rien qu'en voyant ça, le vampire n'avait qu'une envie: l'embrasser.

D'un coup, il se leva, prit le dossier de la chaise de l'humaine et la recula. Il s'assit sur la table. Il avait envie d'elle. Il n'en pouvait plus de cette attente! Leurs corps n'étaient plus aussi loin. Ses mains agrippèrent sur les accoudoirs et tira le siège jusqu'à lui. Les battements du cœur de la jeune femme s'étaient accélérés. Elle voulut empêcher ce rapprochement bien trop soudain mais elle abandonna rapidement. Le visage du Volturi se pencha en avant et se logea dans le cou de la mortelle. Il prit une grande aspiration et sentit son odeur si particulière... Si vive. Si fruité... Il en voulait plus. Toujours plus... Lentement, il ouvrit sa bouche et lapa la jugulaire d'Eir. Il sentit les muscles de la mortelle se tendre sous ce contact. Il voulait la mordre, la faire sienne maintenant. Sur la table. Dans cette salle. Il voulait lui enlever tous ces tissus qui cachaient son magnifique corps. Il lui grogna dessus pour qu'elle soit calme. Pour la rassurer et aussi pour l'intimer de ne pas se rebeller contre lui. Le vampire était à deux doigts de la mordre...

Soudain, il perçut les mains de l'épouse de Carlisle sur sa poitrine. L'intimant à prendre ses distances. Ses iris étaient larmoyants. Elle secoua négativement de la tête. Sa moue disait clairement qu'elle n'était pas prête pour passer à autre chose. C'est-à-dire à vivre avec deux hommes...

C'était fâcheux...

Aro fit une moue perplexe. Quelle déception! Lui qui voulait goûter à ses lèvres, il venait tout juste de se prendre un vent. Et un magnifique en plus! Peut-être que si Carlisle était dans la même pièce qu'eux, et qu'il participait activement à ce genre d'attention, Eir pourrait être moins... Frigide?

C'était l'idée... Et pour une fois, cela ne venait pas de lui mais de ce cher docteur. Lui aussi il avait l'esprit pervers... Enfin lorsque cela concernait sa cantante, bien évidemment.

Le Volturi ne voulait pas brusquer son âme-sœur. Il savait qu'elle était une vraie dominatrice avec Carlisle. Il fallait juste qu'elle apprenne à lui faire confiance. Sa main se leva lentement et effleura la joue de la jeune femme. Il sentit ses muscles se raidir sous sa caresse pourtant affectueuse. Eir était encore trop amoureuse de Carlisle pour tenter quoique ce soit.

Dommage... Mais Aro était patient. Il avait toute l'éternité pour sa future compagne. Bien entendu, il était hors de question qu'il la laisse vieillir comme la plupart des humains. Il la vampiriserait après sa grossesse. C'était indéniable. Ensuite il l'emmènerait loin des complots des Avaloniens et elle devrait vivre auprès de lui à Volterra. Et là, ils pourraient commencer à se rapprocher.

"_ Puis-je vous demander... A quoi vous pensez? Demanda Eir d'une voix hésitante."

Comment lui dire qu'elle était encore trop désirable? Qu'il se sentait trop serré dans ses vêtements? Qu'il avait besoin d'elle pour qu'il aille mieux? Qu'il voulait être dans ses bras, contre son corps et ne plus la quitter? Il ne pouvait tout bonnement pas lui annoncer ça, de but en blanc... Peut-être que s'il l'éblouissait avec quelques sourires, il pourrait avoir ce qu'il voulait. Après tout ce n'est pas ce que faisait Edward lorsque Bella était encore humaine?

"_ Vous ne le devinez pas, ma douce? Répondit-il, suavement."

Eir repiqua un fard qui mit les sens de l'Immortel en émoi. Et cette odeur exquise de son sang, qui n'arrêtait pas de l'appeler, le mettait fou. Il vit qu'elle se pinçait les lèvres. Il trouvait qu'elle le faisait assez érotiquement. Il eut envie de lui voler un baiser. Il ne réfléchissait plus. Ses lèvres frôlèrent celles de la jeune femme qui poussa une petite exclamation. Il grogna d'une manière assez sensuelle et Eir baissa son regard sur ses genoux. Les joues encore rouges.

"_ Cela fait vingt ans que vous avez rompu avec Sulpicia. Vous devriez prendre votre temps pour me connaître. Pour nous connaître mutuellement avant de s'engager dans une relation... Je sais que, pour l'instant, je suis avec Carlisle. Mais laissez-moi le temps de l'aimer et de le chérir. Et lorsque nous n'aurons plus de sentiments l'un envers l'autre, nous nous séparerons."

En entendant ses mots, Aro refit un baiser sur les lèvres douces de son âme-sœur. Qu'importe ce qu'elle lui dira, il voulait juste sentir sa peau contre le sienne. Sa chaleur contre sa froideur. Il eut des tremblements. Il repassa sa langue entre ses lèvres. Il avait tellement envie d'elle. Comment lui dire que même si elle ne voulait pas le faire, il obtiendrait ce qu'il voulait? Carlisle lui avait demandé de s'occuper d'elle si jamais la torture prenait trop de temps.

"_ Aro... Je vous en prie..."

Le vampire l'avait déjà enlacé. Il avait posé son visage contre la poitrine de la jeune femme. Son oreille était posé sur son sein. Il écoutait la douce mélodie du cœur de l'humaine. Le seul battement de cœur qu'il s'autorisait à écouter de la part d'un mortel. Lentement, un son monta dans sa poitrine. Un grognement de bien-être sortit de sa gorge. Et délicatement, il sentit les muscles de l'humaine se détendre. Eir venait d'entourer le torse du vampire de ses bras. Aro se sentit automatiquement soulagé.

Elle l'acceptait. Enfin...

Lorsqu'il leva les yeux vers le visage de la mortelle, leurs regards se scellèrent et ne séparaient plus. En se redressant, Aro l'embrassa une nouvelle fois d'un baiser chaste. Il remarqua qu'il avait fait mouche. Eir porta ses doigts sur ses lèvres. Troublée. Elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou s'en plaindre.

"_ Osez me dire que vous n'avez jamais pensé à m'embrasser."

Les rougeurs s'intensifièrent sur le visage de la mortelle. Prouvant ainsi au vampire qu'elle avait déjà pensé à ceci même en étant avec Carlisle. Elle esquissa vaguement un sourire et murmura:

"_ Vous êtes vraiment incorrigible..."

Cela ne sonnait pas vraiment comme un reproche. Et Aro crut comprendre qu'il devait continuer à la provoquer ainsi pour qu'elle lui cède son corps et son âme. A cette pensée, ses lèvres s'étirèrent en un doux sourire. Eir secoua la tête et leva les yeux au ciel.

"_ Un vrai gamin..., soupira-t-elle, exaspérée."

Il y eut un long silence entre eux. Le visage de l'humaine se fit plus sérieux. Ses yeux étaient plus durs. Plus sévère. Le vampire sut tout de suite qu'elle voulait parler d'autres choses. De bien plus important. Il inclina doucement sa tête et s'installa à sa place, sur sa chaise, juste à la droite d'Eir.

"_ J'aimerais avoir votre avis sur Jillian, fit abruptement la jeune femme."

Aro renifla dédaigneusement. Il ne pouvait pas voir cet homme. De plus si Jillian détestait sa sœur, Seena, il pourrait se venger sur Eir qui était le portrait craché de sa génitrice.

"_ Je n'ai pas confiance en lui. Ni en votre demi-sœur."

Eir acquiesça lentement de la tête. Toujours aussi soucieuse. Elle n'avait sans doute pas digéré le fait que Dian et Jillian soient de la même famille qu'elle. La femme de Carlisle porta son index sur ses lèvres. Aro appréciait la voir réfléchir. Sa moue était concentrée. Ses yeux assez lointain. Et il eut envie de lui voler un baiser mais ne sachant pas comment elle réagirait, il préféra s'abstenir. Et puis qui c'est? Peut-être que ce sera elle qui viendra à lui pour cette embrassade?

"_ Vous êtes encore en train de penser à nos baisers? Fit doucement la voix d'Eir.

_ Co... Comment? Dit-il, surpris.

_ Ne faites pas l'innocent, Aro. Je sais reconnaître un homme lorsqu'il a envie de moi. Malheureusement pour vous, il va falloir calmer vos ardeurs. Nous avons du travail, l'avez-vous oublié? Plus vite nous en terminerons avec nos ennemis, plus vite... Nous aurons plus de temps pour nous."

Aro grogna tout en fermant les yeux. Pourquoi prenait-elle cette voix-là? Il lui jeta un coup d'œil à l'humaine pour la mettre en garde. Elle bredouilla des excuses qui fit sourire le vampire.

"_ Pouvons-nous retourner à nos moutons? Demanda Eir en retrouvant contenance."

L'Immortel opina lentement.

"_ J'ai une idée..., fit lentement l'Avalonienne, d'une voix assez lointaine tout en se tapotant la lèvre de ses doigts.

_ Je suis tout ouïe, déclara Aro en se redressant sur sa chaise."

Le vampire vit l'hésitation sur le visage de la jeune femme. Il arqua un sourcil, interrogateur. Pourquoi avait-il l'impression que ce plan qu'elle avait concocté n'allait pas lui plaire?

"_ Comme vous le savez, je peux donner une seconde chance aux personnes qui le méritent. Et il y en a d'autres... Où j'ai des envies de meurtres... Malheureusement Jillian et Dian font parti de ceux-là. Vous devez comprendre que j'ai ce besoin de rendre justice du crime qu'il a commis sur ma mère. Je veux la venger.

_ Et donc?

_ Vous souvenez-vous que je vous ai dit que j'aurais sans doute besoin de vos services?

_ Oui, fit lentement Aro tout en redoutant la suite.

_ J'ai besoin de vous."

Aro gonfla sa poitrine de fierté. Enfin, elle lui demandait de l'aide. Il n'entendait que cela! Qu'elle lui propose de tuer quelques personnes incognito.

"_ De mon clan?

_ Non. De vous. Uniquement de vous."

Le vampire cligna des paupières, quelque peu soucieux par la tournure des événements. Que lui? Que voulait-elle dire par là? Qu'avait-elle en tête? Eir eut un sourire malveillant. Mais il n'était pas à l'attention du roi des Immortels.

"_ Jillian apprendra tôt ou tard qui vous êtes pour moi. Il voudra sûrement me séparer de mes alliés. De Caius, de Carlisle et de vous. Peut-être même de Robin et d'Erwan. Il faut que nous agissions le plus rapidement possible. Je veux l'empêcher de prendre le contrôle.

_ Dîtes-moi clairement ce que vous pensez, mon enfant."

La jeune femme fixa Aro. Elle préférait lorsqu'il l'appelait par "mia cara" ou "ma douce" mais elle n'émit aucuns commentaires afin d'éviter de s'éparpiller. Et puis si elle faisait cette remarque insignifiante soit-elle, il allait lui bondir dessus pour l'embrasser. A cette pensée, son coeur s'accéléra. Elle ne dirait pas non à un autre baiser... Elle chassa cette idée de son esprit. Aro la déconcentrait intentionnellement. Le vilain...

"_ Cela ne va pas vous plaire. Et tant que nous ne sommes pas vraiment ensemble... Je pense que je pourrais - presque - m'y faire."

Le vampire s'impatientait. Il tapota ses doigts sur le bois de la table. Bon! Allait-elle lui cracher le morceau ou pas? Ou devait-il la menacer pour savoir ce qu'il en retournait?

"_ Saurez-vous vous approcher de Dian?"

Aro aurait pu avaler de travers s'il avait été humain. Mais ce n'était pas le cas. Il se redressa subitement sur sa chaise comme s'il avait été piqué par une guêpe. Pourquoi lui? Apparemment, Eir semblait avoir lu dans les pensées du vampire.

"_ Je vous demande pardon?

_ Ne faites pas le sourd, je sais pertinemment que vous avez très bien entendu ce que je viens juste de vous dire."

Le Volturi déglutit assez difficilement son venin. Puis il reprit quelque peu sa contenance.

"_ Très bien. Qu'attendez-vous de moi? Questionna-t-il, d'une voix plus froide, plus distante."

Eir cligna des paupières, un peu surprise par le comportement du vampire. Elle plissa les yeux afin de déceler ce qui clochait avec le roi des vampires et supposa qu'il devait être blessé par sa future demande. Mais elle ne pouvait pas demander cela à Caius ou à Marcus. Le seul qui restait de libre... Eh ben... C'était Aro. Autrement dit, il était la solution de facilité.

"_ Vous savez très bien ce que je veux, Aro, répondit-elle, sérieusement. Vous savez ce que je veux. Et celui qui est capable d'atteindre mon but, c'est vous. Et seulement vous.

_ Et qu'ai-je à gagner?"

Eir s'installa plus profondément dans son siège. Ses mains reposaient sur les accoudoirs. La jeune femme venait de croiser très sensuellement ses jambes. Ce petit mouvement fut aussitôt contemplé par Aro. Il resta plusieurs minutes à regarder les jambes de la mortelle. Il s'imagina ce même corps s'enrouler sur le sien. Un autre grognement sortit de sa poitrine. Sauvage. Indomptable. Il perçut les frissonnements de l'humaine, lui indiquant que ce corps chaud était prêt à l'accueillir. Mais par respect pour cette personne, il dut se battre contre son monstre afin de ne pas perdre son contrôle. Au pire... Il pourrait toujours accoster Dian, l'utiliser pour ses besoins primaires et la jeter après. N'était-ce pas ce que voulait Eir?

Ses yeux carmins revinrent vers les deux émeraudes, qui l'observaient patiemment. Elle lui offrit son plus beau sourire.

"_ Je crois que nous sommes tous les deux sur la même longueur d'onde, conclut Eir."

oOoOo

Dans les couloirs tortueux du manoir, Didyme était en train de chercher, en vain, les appartements d'Eir. Elle voulait lui préparer un peu de thé. S'il y avait un peu de sirop et de la limonade, elle lui aurait préparé un diabolo comme l'humaine les aimait. A cette pensée, la sœur d'Aro ne cessait de sourire. Elle était vraiment heureuse. Jamais elle n'avait cru qu'un jour elle aurait retrouvé son frère et son époux. Sa famille. Elle aurait pu enlacer toute personne qui se trouvait sur son chemin... Cependant, elle s'arrêta subitement. Les sens en alerte.

Juste en face d'elle se trouvait cet homme... Il était accompagné par une jeune femme, quelques années plus vieille qu'Eir.

"_ Toi! S'exclama-t-elle en grognant sauvagement."

Jillian se tourna brusquement et vit la vampire. Il paraissait surpris de la trouver ici puis il esquissa un sourire malsain.

"_ Alors? Comment va le joujou des lycanthropes? Susurra-t-il."

Son sang aurait pu se retirer de ses joues si elle avait été humaine. Vu la raideur dont elle faisait preuve, Didyme était troublée. Elle avait envie de lui mettre sa main dans sa figure. Le dépecer. L'écarteler. Le démembrer. Le noyer. Le brûler... Enfin bref, le tuer. Point barre. Dian parut amusée par le silence de la vampire. Elle pensait sûrement que son compagnon avait réussi à lui clouer le bec. Didyme voulut répliquer mais Marcus et Athénodora surgirent rapidement derrière l'Immortelle qui s'était pétrifiée. Elle aurait préféré garder cette information pour elle-même. Elle n'était pas encore prête à en parler avec son âme-sœur. Elle était sûre que ce moment arriverait tôt ou tard mais pas maintenant! C'était encore bien trop vif dans son esprit! Le beau-frère d'Aro mit son bras autour de la taille de son épouse et la colla contre lui. Cependant il ne détachait aucunement son regard de Jillian.

"_ Passez votre chemin, dit Marcus, très calmement.

_ Passez le vôtre, sangsues, rétorqua Dian, vénéneuse. Vous n'avez rien à faire ici."

Didyme voulut bondir sur elle. De toute manière, ces deux personnes devaient mourir non? Elle s'échappa des bras de son protecteur afin d'en finir au plus vite. Qu'est-ce que Jillian croyait? Qu'elle avait oublié ce qu'il avait fait à la mère d'Eir? Certes non! Et elle savait pertinemment que c'était à cause de lui que les lycanthropes les avaient retrouvés lorsqu'elles se préparaient pour aller à Volterra.

"_ Didyme! Appela Marcus."

Sa vision s'obscurcit. Ses jambes ne lui répondaient plus. Elle n'entendait plus aucuns bruits. Elle voulut prendre une aspiration. Même les odeurs avaient disparus! Qu'est-ce qu'il lui arrivait? Elle sentit seulement que tout son corps heurtait le sol. Mais elle avait plus l'impression de tomber dans le néant. Elle aurait tellement aimé se débarrasser d'eux une bonne fois pour toute!

Pour ce qu'ils avaient fait à Seena alors qu'Eir était dans le placard avec Didyme. Elle savait! Elle s'en souvenait! Elle retenait l'enfant qui voulait venir en aide à sa mère. Mais Didyme avait tout fait pour qu'Eir ne puisse être vu, ni entendu par Jillian.

oOoOo

Dans les cellules du manoir, Caius et Carlisle observèrent un Camall allongé et attaché, pieds et mains liés, sur une table. Bhàtair était assis sur une chaise et regardait la torture, impassible. Rien ne semblait lui desserrer la bouche. Les mains de l'humain trapu ne possédaient plus d'ongles. Ils avaient été arrachés par une pince. Les ongles des pieds n'existaient plus non plus. Carlisle avait fait mine de commencer très doucement. Le traître n'avait pas tenu très longtemps. Au plus grand damne des deux Immortels. Ils auraient voulu s'amuser un peu plus longtemps. Juste pour faire payer leur traîtrise envers Eir. Ce qui était normal, non? Alors Caius avait décidé de plonger la tête de Camall plusieurs fois dans une bassine d'eau froide. Camall n'avait plus parlé. Il essayait en vain de rester en vie. Il était bien trop occupé à chercher de l'air à chaque fois que sa tête était hors de l'eau. Mais le Volturi voulait le tuer.

Par pur sadisme... Il ne supportait pas de ne pas participer à cette torture. Alors les deux vampires s'étaient donnés un tour de garde.

Camall tomba dans l'inconscience après trois heures de torture. Carlisle se tourna alors vers Bhàtair. Le sourire aux lèvres.

"_ Au suivant, susurra-t-il."

Bhàtair l'observa avec une certaine froideur et se retient de frissonner de peur. C'est ce que ces deux vampires attendaient.

"_ Avant que l'on commence notre petite séance, fit Caius. Nous allons vous laisser une chance de vous expliquer. Si c'est une mauvaise réponse, nous passerons à autre chose de bien plus amusant."

Carlisle laissa échapper un ricanement. Ravi. Jamais il ne s'était senti aussi vivant. Un sourire inhumain était né sur son visage.

oOoOo

Eir et Aro étaient toujours en train de discuter lorsqu'ils entendirent un hurlement. D'après la voix, ce n'était plus Camall qui était sur la table. La jeune humaine ne reconnut pas la voix de Kay alors elle supposa que c'était celle de Bhàtair.

"_ Je n'ai jamais vu Carlisle prendre autant de plaisir à torturer quelqu'un, fit Aro, un grand sourire aux lèvres."

Le sang s'était rapidement retiré du visage de la jeune femme. Son regard était quelque peu paniqué.

"_ Son clan va m'en vouloir pour cela."

Aro soupira profondément.

"_ Carlisle est un adulte. Il n'a pas à être jugé de quelque façon que ce soit. Il fait cela pour vous. Pour votre sécurité. Il ne supporte pas que vous soyez en danger. Et je dois dire que moi non plus. J'ai de... Plus en plus de mal à garder mes distances vis-à-vis de vous. Mais cela, vous avez dû le remarquer, ma douce.

_ Je lui ai fait devenir ce qu'il ne voulait pas être. Je suis un monstre! S'exclama Eir.

_ Il me semble que ce n'est pas vous qui l'avait forcé à vous marquer. Et ce n'est pas vous, encore une fois, qui a proposé que Carlisle participe à la torture des traîtres. Donc, je refuse de croire, de penser que vous êtes un monstre, déclara Aro d'une voix dure.

_ Mais j'aurais sans doute des remarques sur... Ça.

_ Oui. J'en conviens cependant vous ne serez pas seule. Carlisle vous aime toujours autant. Et puis... Je suis là aussi, Eir. Je ne laisserais personne me dire que vous êtes un monstre."

Ses paroles parurent suffire à Eir. Cela calma ses tremblements.

"_ Cela ne m'empêchera pas d'avoir leur regard de dégoût et de haine sur moi, fit-elle remarquer.

_ Il est difficile d'apprécier quelqu'un lorsqu'on ne le connait pas. Et il est facile de détester une personne par des dires non fondées. Mais cessez de penser à cela, Eir. Laissez-moi m'occuper de tout. Je vous promets que vous n'aurez pas à vous en faire."

L'humaine l'observa attentivement, lui offrit un autre de ses sourires, se leva et s'installa sur les genoux du Volturi. Aro fut surpris par cette délicate attention. Automatiquement ses bras vinrent entourer la taille de la mortelle afin qu'elle ne puisse pas se retirer. Son monstre jubilait de joie. Eir prit une mèche de cheveux du vampire et la porta à son nez. Elle respira cette odeur qu'elle ne s'était pas complètement familiarisée. Mais elle savait déjà qu'elle l'aimait.

"_ Est-ce vrai... Que Carlisle vous a donné la permission... De... Euh...

_ Je ne vous ai jamais vu aussi timide, Eir."

La concernée fut piquée au vif. Ses joues rosirent à une vitesse fulgurante.

"_ Il m'a dit qu'étant donné que je suis votre âme-sœur, il était de notre devoir de vous protéger de vos ennemis... Mais aussi... Qu'on devait apprendre à vous partager. Vous n'avez certes pas encore de sentiments forts à mon égard. Cependant... Ils sont en train de naître, n'est-ce pas?"

Eir acquiesça lentement de la tête. Aro passa sa main dans les cheveux de la mortelle tout en ronronnant.

"_ Nous allons procéder par étape, si cela peut vous rassurer, mia cara. Je ne veux pas vous brusquer."

Sur ces mots, le vampire plongea sur les lèvres de son âme-soeur. Cette fois-ci, Eir ne fit aucun geste pour le repousser. En faite, elle venait tout juste de se donner à lui. De lui donner sa confiance.


Avis? Doutes? Plaintes?

Qu'en pensez-vous de ce chapitre, tout simplement? :)