Chapitre 35 - Assurance

Aéroport JFK

Mercredi matin, 16 juillet

Son avion avait atterri à l'aéroport JFK à 10h35 du matin et il ne voulait rien de plus qu'une douche chaude. Il était très impatient de voir Olivia, ainsi que Sonny. En raison des problèmes de réseau, il n'avait pas parlé à Olivia depuis samedi soir. Elle lui avait parlé du second passage d'Elliot en chirurgie, mais n'avait pas mentionné les agissements de Kathy… Erin s'en était chargée pour elle. Il ne pouvait pas croire que Kathy avait fait une telle chose.

Tout de suite après ça il avait dit à son patron qu'il devait rentrer à la maison, qu'il avait besoin d'être auprès de sa famille. Il voulait être là, pour son frère, et pour Olivia. Tout planifier pour rentrer avait pris un peu de temps, mais maintenant il était là, à New York, à la maison.

Il a saisit sa valise sur le tapis roulant et est sorti du hall de l'aéroport. Il a eu beaucoup de chance de trouver rapidement un taxi. Il a mis sa valise dans le coffre, s'est assis sur la banquette arrière et a donné son adresse au chauffeur. Il s'est endormi, ne se rendant pas compte des quarante minutes de trajet pour arriver à son appartement. Il est entré chez lui, a déposé ses affaires, s'est déshabillé et s'est dirigé vers la douche. Revigoré et détendu, il s'est rapidement habillé de façon décontractée, puis s'est dirigé pour l'hôpital.

Il avait appelé Olivia deux fois mais n'avait eu aucune réponse. Quand il n'a pas réussi à avoir sa maman non plus, il a appelé Emily qui lui a dit qu'elle était à l'hôpital, et que son téléphone portable était certainement éteint, l'hôpital étant très strict à ce sujet. Ok. Il irait donc voir Elliot d'abord, et avec un peu de chance, tomberait sur Olivia là-bas.

Chambre d'Elliot Stabler

Mercredi 16 juillet

Le docteur Tharpe voulait expliquer à Kathy ce qui s'était passé, mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche, Elliot avait commencé son assaut verbal.

« Comment as-tu osé interdire Olivia et les autres de me voir ? »

« Je suis ton épouse, Elliot, et j'ai fait ce qui était le mieux pour toi. » Kathy essayait de cacher sa crainte. Elle était dans de très mauvais draps. Elle était contente qu'il ne puisse pas sortir de son lit.

« Ce qui était le mieux ? Oh, s'il te plaît ! Tu penses vraiment que je vais croire ça ? Tu te fous de moi ! » Il hurlait et tremblait de fureur.

« Elliot… tu étais si bouleversé quand tu as vu Olivia… » Il ne l'a pas laissé finir.

« Tu m'as laissé croire qu'elle était morte ! Comment veux-tu que je réagisse à ça, Kathy ? » Il a fait claquer son poing sur la tablette qui était devant lui.

« Elliot… je n'ai pas arrêté de te dire qu'elle n'était pas morte, mais tu… »

« Mais je le croyais quand même… il te suffisait simplement de me laisser la voir ! Je devais savoir qu'elle allait bien ! Elle est mon équipière depuis neuf ans ! Ma meilleure amie ! Et tu as pensé qu'il était mieux que je la croie morte plutôt que de la voir ? Tu entends ce que tu dis ! » Il a fermé ses yeux et s'est penché en arrière, frottant son visage avec ses mains.

« Meilleure amie ? Sais-tu à quel point je suis malade d'entendre ça ? Essayes juste… s'il te plaît… de comprendre Elliot… » Kathy s'était approchée de son lit.

Kathleen, effrayée, s'est décalée pour faire de la place à sa mère. Elle avait peur de ce que son père pouvait faire, mais surtout des conséquences sur sa santé s'il s'agitait trop. Son électrocardiogramme s'emballait et sa respiration était trop rapide.

Pendant qu'elle se déplaçait, elle a remarqué les deux femmes dans la porte. Sa grand-mère et Olivia. Elles semblaient choquées par la scène devant elles. Kathleen s'est approchée de Marie qui l'a prise dans ses bras. Le docteur Tharpe était parti, ne voulant pas participer à l'échange.

Elliot s'est redressé de nouveau, les poings serrés. « Comprendre ? Il n'y a rien à comprendre ! Tu ne l'as pas voulue ici parce que tu es jalouse d'elle ! C'est la seule raison ! C'est la pire chose que tu m'ais faite en vingt ans de mariage ! »

Il l'a vu reculer, mais il s'en fichait. Il ne ressentait plus rien pour elle, si ce n'est de la colère. Il a voulu la blesser. S'il pouvait sortir de ce lit, il ferait ce qu'il n'avait jamais pensé pouvoir faire. La blesser. Physiquement.

Avec des larmes dans ses yeux, elle a posé sa main sur son bras. Il a violemment repoussé sa main.

« Ne me touche pas ! Tu m'entends, Kathy ! Ne me touche pas! Vas-t-en ! » Sa voix était basse et menaçante.

« Elliot… s'il te plaît… s'il te plaît… » Elle priait maintenant, les larmes coulant librement.

« Tu as gardé Olivia loin de moi… tu m'as empêché de la voir… tu l'as empêché de venir… alors je ne veux plus te voir… »

« Elliot… s'il te plaît… ne fais pas ça. » Kathy le suppliait, tout en sachant que c'était inutile. Elle n'aurait pas de seconde chance.

« Ne pas faire quoi ? Je veux que tu partes. C'est terminé, Kathy. C'est terminé depuis des années. Je n'étais simplement pas assez courageux pour l'admettre, pour l'accepter. » Il a croisé ses bras sur son torse, signifiant qu'il avait terminé. La conversation était terminée. Il en avait finit avec leur mariage. Il en avait finit avec elle.

« Elliot… nous pouvons parler… » Kathy a essayé de changer la tactique.

Il l'a interrompue mais cette fois sa voix était si tranquille que chacun a arrêté de respirer. « Il n'y a plus rien à dire, Kathy. Rien. C'est terminé. Je ne veux plus te voir, je ne veux plus t'entendre… je veux juste que tu partes. Maintenant. » Son visage était fermé et ses yeux sans aucune expression.

Kathy savait que c'était terminé. Elle s'est tranquillement levée, l'a regardé fixement pendant une minute, puis s'est tourné pour partir. Marie et Olivia ne savaient pas quoi dire ou faire pendant qu'elles se déplaçaient légèrement sur le côté pour lui permettre de sortir. Marie a touché son épaule. Kathy a mis sa main sur celle de Marie. Elle a alors regardé Olivia, et au lieu de voir dans ses yeux de l'accusation et du mépris, elle a été étonnée de simplement trouver de la compassion et de la douleur. Et des larmes. Cette femme faisait tout pour que Kathy ne la déteste pas.

Maureen, qui était arrivée au beau milieu de la dispute entre ses parents, se tenait entre Olivia et Marie. Elle a pris sa mère dans ses bras quand elle est passée devant elle. «Tout va bien ma chérie, ne t'inquiète pas. »Kathy lui a chuchoté.

« Maman ? » Kathleen a appelé sa mère.

« Je vais bien ma puce… Maureen et toi restez ici avec votre papa. Il a besoin de vous. Ok ? » Elle a étreint Kathleen, l'a embrassé sur la joue et est partie.

Elliot, toujours bouleversé, a posé sa tête sur son oreiller et a fermé ses yeux, ne regardant même pas Kathy quitter la chambre. Il essayait de respirer calmement pour se détendre. Dans la bagarre, il n'avait pas remarqué que sa mère, Maureen, et un bel inspecteur aux cheveux bruns se tenaient devant la porte. Quand sa respiration est revenue à la normale, il a sentit quelque chose. Quelque chose de familier. Quelqu'un. Elle. Lentement, il a ouvert ses yeux et a scruté la pièce. Ses yeux bleus ont rencontré ses grands yeux noirs.

Marie était de nouveau stupéfaite du lien entre son fils et cette femme. Ils ne bougeaient ni l'un ni l'autre mais pourtant communiquaient. Et la tension qui régnait dans cette chambre il y a quelques minutes s'était évaporée. A la place il y avait quelque chose de différent. L'amour. L'amour sans conditions. Il rayonnait de leurs yeux, leurs sentiments mutuels totalement indéniables.

Marie a parlé doucement à Maureen et Kathleen. « Allons à la cafétéria et laissons votre papa et Olivia discuter. »

Les deux filles ont incliné la tête, et elles sont parties toutes les trois sans qu'Elliot ni Olivia ne s'en aperçoivent.

J'ai pensé que tu étais morte. Non… je vais très bien. J'ai tellement voulu te voir. Je suis resté avec toi la première nuit. Je devais juste savoir que tu allais bien. Je vais bien… maintenant. Olivia… Elliot…

Il était si bon de le revoir. Si bon de savoir qu'il allait bien. Qu'il récupérerait complètement. Elle ne savait pas quoi penser de ce qui venait de se passer entre lui et Kathy. Il était bouleversé et regrettait peut-être déjà ce qu'il avait dit. Mais pour l'instant il la regardait. Elle voulait se jeter dans ses bras, le tenir serré, l'embrasser et lui dire à quel point elle était heureuse qu'il soit dans ce lit d'hôpital et pas dans un cimetière. Elle voulait lui dire à quel point elle avait été terrifiée quand elle avait entendu les coups de feu et qu'elle ne pouvait pas le rejoindre assez vite. Elle voulait qu'il sente la douleur et la peine qu'elle avait ressentie quand le docteur lui avait dit qu'il était mort. Elle voulait qu'il sache qu'elle savait qu'il n'était pas mort, que si c'était le cas elle l'aurait sentie.

Incroyable. Merci seigneur. Elle était devant lui et n'était pas morte. Elle avait l'air fatigué, mais elle allait bien, elle était entière et vivante. Il voyait qu'elle avait peu dormi et certainement pas mangé beaucoup non plus. Même de loin il voyait ses beaux yeux bruns miroiter avec les larmes. Elle semblait ne pas savoir quoi faire. Elle avait l'air timide. Et ce n'est pas un mot qu'il emploierait pour qualifier Olivia Benson. Il s'est demandé si elle avait entendu sa conversation avec Kathy. Mais cela n'importait pas. La seule chose qui comptait était qu'elle était ici. Il a dû la toucher. La tenir.

Il a tendu sa main vers elle. Elle a pris une profonde inspiration et a marché vers lui. Elle a pris sa main. Ils observaient tous les deux leur doigts qui se sont instinctivement entrelacés. Il a lentement apporté sa main à ses lèvres, embrassant chaque doigt. Tenant toujours sa main, il l'a regardé et lui a souri. Il a retourné sa main et a embrassé sa paume.

Sans avertissement, un sanglot s'est échappé de sa gorge. Elle est tombée sur lui et il l'a pris dans ses bras. Il s'est mis à pleurer, embrouillant ses mains dans ses cheveux et murmurant des mots de réconfort.

« Ca va aller, bébé. Shhhhhhh...je suis là. » Il a chuchoté, plaçant des baisers sur sa tempe et sa joue.

« Oh El …j'ai crû… que je t'avais perdu. » Elle pleurait, le tenant le plus étroitement possible. « Je… je… je ne pouvais… pas… EL ! Tu ne pouvais pas me laisser comme ça! Tu m'entends ? Ne me quitte jamais ! » Une nouvelle vague de sanglots s'est échappée d'elle.

« Je suis juste ici, Liv… et je ne vais nulle part. Shhhhh, ça va aller bébé. »

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Couloir, devant la chambre d'Elliot Stabler

Mercredi 16 juillet

Il avait l'impression que la terre venait de s'écrouler. Il était totalement abattu par la vue devant lui. Par les stores de la chambre, il a vu ce qu'il n'aurait jamais voulu voir. Il ne voulait pas regarder, mais il ne pouvait enlever ses yeux de la scène. Ce qu'il sentait depuis le début mais qu'il ne voulait pas croire arrivait finalement.

Elle lui avait expliqué certaines choses, mais l'avait rassuré. Elle aimait Elliot, mais pas davantage, juste différemment. Elle voulait l'épouser, avoir des enfants avec lui, passer le reste de sa vie avec lui. C'est ce qu'elle lui avait dit. Et il l'avait crue. En y repensant, il se demandait si en fait, ce n'était pas elle qu'elle essayait de convaincre. Mais maintenant, il n'avait plus aucun doute. Les nombreuses pensées qu'il avait eues à ce sujet s'étalaient aujourd'hui devant ses yeux, prenant réellement forme.

Il a soudain eu très envie de vomir. Il a vu la porte des toilettes mais savait qu'il n'aurait pas le temps d'y arriver. Il est entré dans la salle des infirmières, qui était juste en face de la chambre, et a attrapé la première poubelle qu'il a trouvée. Quand il a eu terminé, il a fait des excuses aux trois infirmières qui le regardaient fixement.

« Monsieur ? Est-ce que ça va ? »

« Non… mais, je me sens mieux… » Il a pris le sac de la poubelle et a demandé où il devait le mettre.

Une infirmière a pris le sac. « Je vais m'en occuper. Voulez-vous boire quelque chose ? De l'eau ? Un sprite ? »

« Un sprite serait parfait. » Peut-être qu'il aiderait son estomac.

Une infirmière lui a donné la cannette, qu'il a ouverte. Il en a pris plusieurs grandes gorgées. « Qui êtes-vous venu voir ? »

« Hein ? Oh… heu… mon frère… il s'est fait tirer dessus la semaine dernière… » Rhett a expliqué.

« Donc, vous êtes le frère de monsieur Stabler… j'ai vu son frère, Joey… mais je ne vous avez jamais vu… » L'infirmière le regardait soupçonneusement.

« Je suis rentré d'Afghanistan ce matin… merci pour la boisson… je dois partir. » Il a tourné la tête vers la chambre d'Elliot, observant Olivia maintenant assise sur le bord de son lit, caressant sa joue, tandis qu'Elliot avait sa main sur sa cuisse.

« Mais vous ne l'avez pas encore vu… »

« Il est occupé… je reviendrai plus tard… » Il a courageusement fait un sourire à l'infirmière.

Le docteur Tharpe est arrivé, regardant lui aussi dans la chambre d'Elliot. « Je voulais ausculter monsieur Stabler, mais je pense que je vais leur laisser encore quelques minutes. Ils ne se sont pas vus depuis plusieurs jours. » Il a souri aux infirmières et à Rhett. « Je n'ai jamais vu deux personnes aussi amoureuses… c'est une honte… » Il s'est arrêté, se rendant compte que son commentaire était déplacé.

Rhett est sorti de la pièce, s'obligeant à ne pas regarder une nouvelle fois dans la chambre de son frère. « Attendez ! Vous ne voulez pas parler au docteur Tharpe?» Une infirmière lui a dit pendant qu'il partait.

Rhett n'a pas répondu. Et même s'il avait voulu, sa gorge ne lui aurait permis aucun son. Pourrait-il de nouveau respirer normalement ? Son cœur s'arrêterait-il un jour de battre si fort ? Cette sentation dans son estomac s'arrêtera-t-elle un jour? Pourrait-il faire ce qu'il devait faire ? Survivrait-il à la perte d'Olivia Benson ?

Chambre d'Elliot Stabler

Mercredi 16 juillet

Olivia examinait les yeux bleus qu'elle connaissait si bien. Combien de fois avait-elle regardé dans ces yeux ces neuf dernières années ? Combien les avait-ils vu changer de couleur selon son humeur ? Elles les avait vus briller avec le rire, s'obscurcir avec la colère et la jalousie. Avec ses yeux il lui avait envoyé des centaines de messages, et parfois même il s'agissait de conversations entières. Et à cet instant ils étaient plus lumineux qu'elle ne les avait jamais vus. Ils étaient remplis de bonheur, de sérénité et…d'amour.

Elliot ne pouvait pas ôter ses yeux d'Olivia. Il ne l'avait pas vu depuis plusieurs jours, et même si la plupart du temps il était dans le coma, elle lui avait tout de même manqué. Il avait pensé qu'elle était morte. Tout ce dont il avait besoin était de savoir qu'elle allait bien. Et maintenant elle était là. Dans sa chambre, sur son lit. Près de lui, comme ces neuf dernières années. Près de lui pour le stabiliser, le guider, le calmer. Sans elle, il était inutile, perdu.

En regardant dans ses grands yeux bruns, il savait que cet amour ne pourrait jamais se brisait. Il l'aimerait jusqu'à la mort. Ce qui est presque arrivé. Alors maintenant il était déterminé à faire et dire toutes les choses qu'ils n'avaient pu ou oser faire. Olivia allait savoir qu'il l'aimait...elle le savait déjà… mais elle devait savoir qu'il voulait passer le reste de sa vie avec elle. Il allait lui dire maintenant.

« C'est terminé entre moi et Kathy… » Il l'a regardée, essayant de mesurer sa réaction.

Elle a incliné la tête. « Es-tu sûr que c'est ce que tu veux, El ? Et pour tes enfants ? Pour Eli ? »

« Eli ira bien… je passerai autant de temps que possible avec lui. Les autres sont grands. Ils comprendront. » Il était sûr de lui.

« Ne te précipite pas. Tu dois penser aux répercutions avant de prendre une telle décision. » La première fois tu as été terrassé, je ne veux pas que cela se reproduise. Et je ne supporterais pas que tu retournes auprès d'elle une nouvelle fois. Pas après tout ça, Olivia a voulu ajouter.

Elliot a plissé ses yeux, entendant les questions inavouées d'Olivia. « Liv… je suis positif à ce sujet. Je n'aurais jamais dû retourner à la maison… les choses ne se sont pas améliorées. Nous passons la moitié du temps à nous éviter et l'autre moitié à nous disputer. Je n'aurais jamais du aller la voir après le cas Malcolm Royce… je n'aurais jamais du rentrer à la maison, bébé ou pas… pas alors que j'étais amoureux de quelqu'un d'autre. »

Elle a relevé brusquement la tête vers lui et il a souri à son choc. « N'ais pas l'air si étonnée… tu sais ce que je ressens pour toi. Je veux que nous soyons ensemble, Liv. Toi et moi. Veux-tu essayer ? » Il a pris sa main et l'a apportée de nouveau à ses lèvres.

« Elliot…je… je suis confuse… j'ai besoin de temps… je ne peux pas… j'ai juste besoin d'un peu de temps… » Elle a vu la douleur dans ses yeux et l'a senti reculer un peu. Et elle a détesté ça.

Quand Olivia est sortie de la chambre d'Elliot, elle a souri à une des infirmières.

« Oh… inspecteur Benson… » Olivia s'est arrêtée et s'est tournée vers l'infirmière. « Le frère de monsieur Stabler était ici… il n'a pas voulu vous déranger… il a dit qu'il reviendrait plus tard. »

« Joey était ici ? Je ne savais pas qu'il devait venir. Merci de me le faire savoir. » Elle a recommencé à marcher.

« Je connais Joey… ce n'était pas lui… son nom était… » Elle s'est tournée vers une autre infirmière. « Il a dit son nom ? »

« Non… mais il a mentionné qu'il était rentré d'Afghanistan tôt ce matin. »

Le sourire s'est immédiatement effacé de son visage et elle a bien crû qu'elle allait s'évanouir au milieu du couloir. Rhett ! Si il les avait vus… proches… oh, non ! Il n'y avait pas de 'si'. Il les avait vus. Sinon il serait toujours là. Elle devait le trouver ! Lui parler. Lui expliquer. Lui expliquer ? Elle ne savait pas quoi lui dire, ou comment lui dire. Elle ne pouvait plus respirer, se disant que peut-être son cœur s'était arrêté de battre.

L'infirmière, en voyant le visage pâle d'Olivia, s'est inquiétée. « Inspecteur ? » Elle l'a prise par le bras et l'a menée vers une chaise.

Olivia n'a pas discuté. Au lieu de cela, elle s'est effondrée sur la chaise, a posé ses mains sur ses genoux et a laissé sa tête tombée vers le sol. Finalement sa respiration est retournée à la normale. Son cœur battait toujours.

C'est là que Marie et les filles l'ont trouvé quand elles sont revenues. Kathleen a repéré Olivia et s'est arrêtée net. Marie et Maureen ont suivi son regard.

« Olivia ? Oh non ! » Marie a jeté un coup d'œil vers la chambre d'Elliot. Il semblait dormir. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Le frère d'Elliot… » Elle parlait lentement. « Il était ici. »

Marie a fait un pas vers Olivia et s'est penchée près d'elle. « Qui était ici, Liv ? »

Elle a levé les yeux vers Marie. « Il est rentré… il nous a vus. Rhett nous a vus. » Elle chuchotait, une larme glissant doucement sur son visage.

Marie a compris ce qu'Olivia venait de dire. Elle s'est mise à genoux devant elle et a pris ses mains. « Oh ma chérie. Ca va bien se passer. » Etant donné la manière qu'Olivia et Elliot se regardaient tout à l'heure, elle pouvait très bien imaginer ce que Rhett avait pensé.

Résidence de Rhett Stabler

Mercredi soir, 16 juillet

Olivia avait appelé chez Rhett et sur son portable à plusieurs reprises. Elle n'avait bien évidemment obtenu aucune réponse. Elle avait même appelé à son travail, demandant Jen Richardson, sa collègue. Jen avait répondu qu'il était passé rapidement après le déjeuner pour déposer quelque chose, qu'il avait parlé à son patron et qu'il était parti. Il n'avait pas dit où il allait. Elle a finalement décidé d'aller chez lui. Sa voiture n'était pas là, mais elle a tout de même frappé sur la porte. Elle s'est alors rappelé qu'elle avait une clef. Et dans le même temps, elle s'est rendu compte qu'elle devait s'occuper de son chat et qu'elle l'avait complètement oublié. Oh, non ! Si quelque chose est arrivé à Tiger, Rhett ne lui pardonnera jamais.

« Minou, minou. Tiger...viens mon grand. »

Elle ne le trouvait pas. Elle allait commencer à paniquer quand elle a entendu un coup sur la porte. Elle y a couru et l'a ouverte. Une jeune femme d'une trentaine d'années se tenait devant la porte avec Tiger dans les bras.

« Bonjour. Vous devez être Olivia. Je suis Sue, j'habite le trottoir d'en face … j'ai vu les lumières allumées. Rhett m'a appelé la semaine dernière et m'a raconté pour la fusillade. Il m'a dit que vous n'auriez probablement pas le temps de venir vous occuper de Tiger, alors il m'a demandé de le faire. Il est passé ce matin, mais il est reparti si vite que je n'ai pas eu le temps de le voir. » Elle a souri et lui a remis le chat.

« Oh, merci. Je suis contente qu'il y ait pensé, parce qu'avec ce qui est arrivé, je l'ai complètement oublié… merci. » Olivia a pris Tiger en souriant.

« Aucun problème… il est rentré… à cause de son frère je suppose ? »

« Ouais… mais comment êtes-vous entrée ici ? » Olivia a demandé.

« J'ai une clef. Rhett et moi avons échangé nos clefs peu de temps après qu'il se soit installé ici. »

Elle était étonnée que Rhett ait confié une clef à cette femme. Et pour être honnête, elle était aussi un peu jalouse.

« Emily et moi étions très amies quand nous étions jeunes, donc quand Rhett a emménagé ici, nous nous sommes retrouvés, et comme ni l'un ni l'autre n'avons de famille ici, ,nous avons pensé qu'il serait bien d'échanger nos clefs… au cas où un de nous serait enfermé dehors. Je dois y aller… à bientôt ! » Elle s'est tournée et a disparu.

Olivia a fermé la porte et a posé Tiger. Elle lui a donné à boire et à manger. Elle a vu la valise près de la porte. Des vêtements jonchaient le sol jusqu'à la salle de bains. Il y avait d'autres vêtements sur son lit, ainsi que deux serviettes. Il devait être très pressé parce que d'ordinaire il est très ordonné. Elle s'est assise sur le bord du lit et a soupiré. Où es-tu Rhett ?