Titre : Love me tonight

Rating : M

Pairing : SB/OC et bien d'autres.

Note de l'auteur :

Bonjour à tous !
Comme promis à certains, l'action va reprendre, bien que dans un genre différent, puisqu'il n'y aura pas trop de baston. ^^ J'espère que vous aimerez ma chute. :p
Bonne lecture.


Chapitre 37 : Vie à deux

La sonnerie retentit dans le silence de l'immense salle de classe, interrompant les réflexions des étudiants présents. A l'instar des autres, je repose ma plume sur ma table et m'étire, alors que le professeur Clark s'adresse à nous.

- Pour la prochaine fois, je voudrais que vous trouviez des lois ou des décrets ayant changer durablement l'univers de la médicomagie. Nous confronterons vos trouvailles. A la semaine prochaine.

Le professeur Clark range ses affaires et sort la première. Je glisse mes parchemins et ma plume dans mon sac et me tourne vers Chelsea qui traine un peu, comme à son habitude. Près d'un mois s'est passé depuis la rentrée où j'ai rencontré la jeune femme, et depuis nous sommes restés en contact, passant notre temps libre au campus ensemble. Chelsea se lève, étouffe un bâillement derrière sa main et dit :

- Je n'ai plus qu'à aller me terrer à la bibliothèque universitaire pour ce devoir. Je n'ai absolument aucune idée en ce qui le concerne.

Je m'avance à son niveau et nous sortons de la pièce ensemble. Passées la porte, je farfouille dans mon sac, à la recherche d'un livre dont je sais qu'il est présent dans mon foutoir rapetissé. Après quelques secondes à en remuer le contenu, j'en ressors un bouquin épais comme ma main que je tends un Chelsea.

- Tu auras tout ce qu'il te faut dans là-dedans, fais-je alors qu'elle attrape en qu'elle en lit silencieusement le titre.

- Lois et autre barbaries, importantes ou non, de la politique anglaise du XVème au XIXème siècle. Tu te trimballes souvent avec des choses pareilles sur toi ? S'étonne-t-elle en brandissant l'ouvrage.

J'hausse des épaules d'un mouvement désinvolte.

- J'aime bien avoir du choix de lecture sur moi, mais celui-là je l'ai déjà terminé, j'ai juste oublié de l'ôter du sac. Tu peux le garder, j'ai une bonne mémoire, je vais pouvoir me débrouiller sans ce week-end.

Chelsea sourcille sans rien ajouter, et glisse le livre dans son propre sac qui double soudainement de volume. Nous attrapons l'escalier et descendons au rez-de-chaussée, puis passons dans le jardin botanique où quelques élèves de Potions avancées terminent leur travail du jour. Nous les contournons et sortons du département de Médicomagie pour nous retrouver dans le parc principal de l'UMS. A quinze heures, il est bondé d'étudiants et de professeurs qui courent vers leur prochain cours, ou qui flânent en attendant la fin de la journée. Avec Chelsea, nous avons pris l'habitude de nous installer sur l'un des nombreux bancs du parc pendant une ou heure ou deux, histoire de commencer nos devoirs ensemble, mais aujourd'hui je ne peux pas.

- Ca tient toujours pour demain ? Lui demandé-je en remontant sur mon épaule mon sac qui glisse.

- Bien sûr, répond-t-elle. Dix heures, c'est ça ? Tu dois avoir hâte.

J'acquiesce en souriant alors que nous traversons le parc en direction de la sortie de l'UMS.

- Rendez-vous à l'adresse que je t'ai donné. Je t'attendrai dans la boutique.

Nous nous arrêtons devant les grilles de l'université qui se referment sur nous, le temps de se faire la bise et de se souhaiter une bonne soirée. Puis, nos chemins se séparent. Je traverse Londres jusqu'à rejoindre l'enseigne du Chaudron baveur, dont je pousse le porte d'entrée. Le pub est presque vide. Tom, le barman, me salut, peu étonné à présent de me voir passer par chez lui tous les jours, malgré mon permis de transplanage. Le problème, c'est que je ne suis guère à l'aise avec cette manière de se déplacer et que je préfère largement utiliser mes jambes, ce qui a d'ailleurs le don d'exaspérer Camille. Et comme sa réaction m'amuse toujours, cela seul suffit à me convaincre de continuer comme je le fais.

Rapidement, j'arrive à la sortie du Chaudron baveur et, d'un geste de la baguette, j'ouvre le mur de pierre. Comme le pub, le Chemin de Traverse est particulièrement vide. Il n'est malheureusement pas difficile de deviner à cause de qui. Dernièrement, les attaques de Vous-Savez-Qui se sont faites plus nombreuses, notamment chez les moldus, ce qui a le don d'inquiéter la famille Blaid. Soupirant à mes pensées, je pousse la porte de la boutique de glaces et de pâtisseries. C'est Camille qui tient le magasin aujourd'hui, seule.

- Bonjour Mandy, m'accueille-t-elle chaleureusement, puisque nous ne nous sommes pas vues de la journée.

- Bonjour Cam', réponds-je en retour. Tu as eu du monde ?

Mon amie grimace. Comme je le pensais, aux non plus ne font pas recette ce mois-ci. Je m'approche du comptoir, laisse tomber mon sac à terre et m'accoude au plan de travail, le visage dans les mains. En face de moi, Camille a adopté la même position.

- J'espère tout de même que ça va aller en s'améliorant. Tu sais si c'est pareil là où travaille Peter ?

Camille opine de la tête.

- Eux non plus ne voient pas passer beaucoup de clients. Pourtant, le Chemin est protégé, grâce au père de Betty notamment, mais que veux-tu ? Les gens ont peur.

J'acquiesce, comprenant. Moi-même, tout en sachant que les rues d'ici sont sécurisées, j'appréhende toujours un peu de partir le matin. Je ne sais jamais ce que je vais trouver - ou pas - en revenant. La famille Blaid est la seule que je puisse considérer comme telle, alors je tiens énormément à chacun d'entre eux.

- Tu veux manger quelque chose ? Me demande subitement Camille. On vient de recevoir les nouveaux parfums de Bertie Crochue.

J'hausse un sourcil, surprise.

- De quoi tu parles ? Tu sais très bien que je ne mange pas.

Avec un sourire, elle pose une dragée rouge sang devant moi.

- Je ne comprends toujours pas, dis-je en la regardant comme si elle était demeurée.

- Goûte, et dis-moi ce que tu en penses. C'est pour une petite expérience.

Dubitative, j'attrape tout de même la dragée et croque un morceau. Je mâche doucement et le parfum se révèle. Je fronce des sourcils. C'est du sang. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est bon, mais ça se laisse manger. Est-ce parce que c'est une espèce de sang synthétique, ou parce que je ne suis pas encore entièrement sevrée de sang autre que celui de Sirius ?

- D'accord, très drôle. Et autrement, c'est précisé de quel animal il provient ce goût de sang ? Je ne le reconnais pas, dis-je en gobant le reste de la dragée.

- Oui, le sachet de l'échantillon dit que c'est du sang de gobelin.

Je recrache aussi sec la dragée que je mâche, dégoutée. Camille s'en tient les côtes de rire.

- Haha, singé-je, de mauvaise humeur. Vraiment très drôle, absolument hilarant. J'aime te faire rire à mes dépends.

Pas le moins du monde compatissante, Camille se remet droite en essuyant une larme imaginaire au coin de son œil droit.

- Excuse-moi, mais avec les journées que je passe ici, j'ai bien besoin de décompresser. Et puis, tu aurais vu ta tête !

Et la voilà qui repart dans un fou rire. Vexée, je la laisse s'esclaffer tout à son aise, m'empare de mon sac et prend les escaliers pour me rendre à l'étage. Qu'elle s'étouffe avec ses dragées. Je pousse la porte de l'appartement, ôte mes chaussures dans le couloir, les cale dans un coin, et passe la tête dans l'embrasure de la porte de la cuisine. Patrick est en train de préparer quelque chose.

- Qu'est-ce que vous faites ? Demandé-je, curieuse, en pénétrant dans la pièce.

- Quelques cookies pour demain, je me suis dit que ça ravirait les travailleurs.

Je souris, touchée par l'intention.

- C'est très gentil à vous, merci. Et je suis sûre qu'ils auront du succès avec les engins qu'il va y avoir.

Patrick, amusé, me rend mon sourire.

- Tu as fini tes cartons ? Me demande-t-il.

- Pas encore, il me reste juste le minimum à emballer. Je ferais ça demain matin. Je peux peut-être aider en attendant ? Le dîner est prêt ?

D'un coup de spatule, il désigne les légumes attendant sagement sur un coin d'un meuble de cuisine.

- Si tu pouvais éplucher ce qu'il y a là, tu m'avancerais beaucoup.

- Pas de soucis, dis-je en posant mon sac dans le premier recoin que je trouve. Je peux au moins faire ça pour mon dernier soir.

O0o0O

Un carton dans les bras, je pousse la porte d'entrée avec les fesses et pose l'objet encombrant près du canapé. Dans le salon, Remus et Peter se chargent de ranger mes livres dans la bibliothèque nouvellement installée que j'ai acheté la semaine dernière ; et dans la cuisine, je vois Chelsea s'occuper du repas. Je grimace de dégoût aux odeurs de nourriture, au moment où la porte d'entrée s'ouvre de nouveau pour laisser passer Sirius, les bras chargées de deux cartons qui semblent particulièrement lourds. Amusée et souriante, je m'avance pour le décharger un peu et ,ensemble, nous posons le tout près de Remus et Peter.

- Mais tu as combien de livres au juste ? Grogne Sirius en se massant les reins. J'ai bien dû en porter quinze kilos depuis ce matin.

Je me penche pour ouvrir les cartons, toujours souriante.

- Un certain nombre, réponds-je. Tu sais bien que j'adore lire.

Sirius hausse les sourcils en soupirant puis se dirige vers la porte.

- Bon allez, je vais chercher la dernière fournée. Et je crois bien que ce sont encore des bouquins.

- Encore est un mot de reproche ! Lui crié-je alors qu'il referme la porte derrière lui.

Remus, Peter et Chelsea éclatent de rire. Je les regarde chacun à tour de rôle.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Demandé-je.

- Vous agissez déjà comme un vieux couple, répondit Peter. Et vous ne vivez même pas encore ensemble. Ca promet pour la suite.

Pour toutes réponses, je lui balance un petit livre qu'il évite en rigolant. Ignorant ensuite les rires de mes amis, je commence à vider les cartons et remarque que celui que j'ai déposé un peu plus tôt contient des vêtements. Je décide alors de le déposer dans la chambre. Là, je vois Camille qui a déjà commencé à ranger mes habits.

- Ah tu es là, m'étonnè-je. Je croyais que tu étais toujours avec Lily.

Camille secoue la tête en accrochant une de mes vestes sur un cintre.

- Elle devait rejoindre James, ils déjeunent ensemble. D'ailleurs . . .

Elle laisse sa phrase en suspens, me jette un coup d'œil en souriant.

- Tu es au courant ? Poursuit-elle. Sirius te l'a dit ?

- S'il me l'a dit ! M'exclamè-je en rangeant quelques tee-shirts. Je t'en prie, il ne parle que de ça depuis deux jours. J'ai presque l'impression que c'est lui qui va demander Lily en mariage.

Camille éclate de rire alors que je lève les yeux au ciel, exaspérée. Je suis contente pour Lily et James, surtout si cette dernière accepte - ce dont je ne doute pas - mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est un peu trop tôt. Ils sont ensemble depuis moins d'un an, la décision de James me parait précipitée. J'ai parlé de tout cela avec Sirius pour avoir son avis, mais il semble convaincu que son ami fait bien. Après tout, comme il l'a dit, la guerre gronde et on ne sait pas de quoi demain sera fait. On peut perdre ceux qu'on aime à touts moments. Certes, mais . . . Je repose le jean dans le carton, plongée profondément dans mes pensées. En dehors de cela, je suis heureuse pour mes amis. Ils sont bien ensembles, ont eux aussi décidés d'emménager bientôt à deux, poursuivent leurs études, font des projets d'avenir. Tout semble leur sourire. Le mariage est sans doute la suite logique.

- Amandine ?

Interpellée, je sors de mes pensées et me tourne vers la porte. Sirius se trouve dans l'embrasure, épaulé au chambranle et les bras croisés.

- Tu viens ? Chelsea a finit de préparer les sandwichs.

Je secoue la tête, peu encline à jouer les humaines.

- Dis que je n'ai pas faim. Je vais continuer à ranger les affaires.

Sirius avance d'un pas dans la pièce, l'air inquiet.

- Ca ne va pas ? Tu me sembles bizarre.

- Je vais bien, le rassuré-je en souriant, un pull entre les mains.

Puis, constatant que Camille à quitter les pièce sans que je ne m'en aperçoive, je fronce des sourcils.

- Tiens, marmonné-je, je n'avais pas remarqué que Camille était partie.

Rigolant, Sirius vient me prendre dans ses bras, m'obligeant à laisser retomber le pull dans le carton.

- Et après tu dis que tu n'es pas bizarre. Allez, viens avec moi au moins, Lily et James ne vont sans doute pas tarder.

J'acquiesce et le suis hors de la chambre. Peter, Camille, Remus et Chelsea sont déjà en train de mordre dans leurs sandwichs à belles dents, assis par terre dans le salon. Nous les rejoignons et nous glissons entre Remus et Peter. Sirius attrape de suite un sandwich et mord dedans avec enthousiasme. A côté de moi, la discussion tourne principalement autour de Chelsea, que mes amis rencontrent pour la première fois. Ils s'intéressent à elle, à sa vie, à l'Australie. Il se passe facilement une heure avant que la sonnette de la porte ne retentisse et interrompe ma camarade de cours dans son récit d'une aventure épique avec un kangourou chapardeur. Sirius se lève aussitôt et va ouvrir la porte. A peine le battant poussé, James déboule dans le salon, le regard halluciné, et se précipité dans la cuisine, ouvre les placards et se serre un verre de Whisky-Pur-Feu qu'il avale cul sec. Surprise, je me tourne vers Lily qui est elle aussi entrée, mais plus modérément, et se penche pour me faire la bise.

- Qu'est-ce qu'il lui prend ? Demandé-je.

Lily affiche un sourire énigmatique avant d'aller saluer Remus, puis me dit, tout en claquant une bise sur la joue du lycanthrope :

- Je crois que le stress a été trop intense.

Curieuse, je me lève et rejoins Sirius qui s'approche de James. D'un geste expert, il retire le verre des mains de son ami ainsi que la bouteille, alors qu'il allait s'en servir un second.

- Qu'est-ce qu'elle a répondu ? Demande d'emblée Sirius.

Soupirant, James laisse son ami lui retirer son verre de whisky, puis baragouine dans sa barbe inexistante, sans que nous comprenions un traitre mot. Je le fais répéter, en lui priant d'articuler cette fois-ci. Entretemps dans le salon, des cris de joies fusent de toutes parts.

- Elle a dit oui, lâche finalement James en se laissant tomber d'un air las sur le premier tabouret à portée de main.

Sirius, ravi, le félicite en lui filant une grande claque virile dans le dos. Pour ma part, je lui fais un sourire mitigé qu'il ne semble pas remarquer, tout à son bonheur et son ébahissement. Je lui tourne le dos et regarde mes amis enlacer Lily à tour de rôle, y compris Chelsea, pour la féliciter. Pour ma part, je ne peux m'empêcher d'être sceptique. Du coup, je ne suis pas aussi heureuse pour eux que je ne devrais l'être. Cette idée me file le cafard. Puis, je me fais la moral à moi-même. Mes amis sont heureux, et un mariage est une célébration. Je dois arrêter de me faire du souci. Souriant avec plus de sincérité, je m'avance à mon tour vers Lily pour la féliciter.

O0o0O

Je papillonne des yeux, éveillée par la lumière du jour qui traverse les rideaux fins de la chambre, et étirent mes membres en gémissant de bien-être. A côté de moi, Sirius s'agite dans le lit à son tour. Lui ayant tourné le dos durant la nuit, je me tourne pour le regarder s'éveiller à son tour. Cela peut paraitre étrange, mais c'est une habitude que j'ai pris, en dehors de celle de le regarder dormir au beau milieu de la nuit. L'épier de cette manière me permet de faire passer le temps où il me manque. Je passe mes mains sous l'oreiller pour surélever ma tête au moment où Sirius soupire et que ses yeux tentent de s'ouvrir. Amusée, je souris face à ce spectacle.

- Bonjour, fait Sirius, une fois à peu près correctement réveillé.

- Salut, réponds-je. Bien dormi ?

Il acquiesce avant de se tourner vers moi et de m'attirer contre son torse. Il dépose un léger baiser sur mon front et colle sa joue sur le haut de mon crâne.

- C'est rare que tu sois dans le lit quand je me réveille. Comment ça se fait ?

- J'ai passé une bonne partie de la nuit à plancher sur mes partiels, dis-je, l'estomac et la gorge tiraillée par une soif habituelle.

Je me tortille un peu, pousse Sirius sur le dos et m'installe à califourchon sur ses hanches. Par habitude, il pose ses mains sur ma taille. Je me penche légèrement sur lui, m'approchant de son oreille, et chuchote :

- J'ai faim.

Sirius émet un gémissement de plaisir anticipé et raffermit sa prise sur ma peau à travers le tissus de mon short de pyjama.

- Je t'en prie, sers-toi, répond-t-il quand je me redresse pour voir son sourire coquin.

Je lui souris à mon tour. Nous avons tous les deux compris que m'abreuver de son sang nous donne envie de faire l'amour. Toujours. Heureusement, je n'ai soif que trois ou quatre fois par semaine. Le sang de Calice me comble suffisamment pour que je n'ai pas besoin de lui sauter dessus tous les soirs. Même si nous n'avons pas forcément besoin de l'aphrodisiaque que secrètent mes crocs pour jouer sous la couette. Toute à mes pensées, je me penche de nouveau sur Sirius et plonge dans son cou, où je vois palpiter sa veine. Mes dents transpercent aussitôt la faible membrane et le sang s'écoule dans ma bouche. Je retire les crocs et sucent goulument, laissant en même temps l'envie puissante de m'offrir à lui se répandre dans mon être tout entier. Sous mes doigts, je sens la chaleur du corps de Sirius augmenter en même temps que la mienne. Je ressers ma prise sur ses épaules, par anticipation. Puis, je cesse de boire et passe un coup de langue sur la plaie pour accélérer la guérison. Sirius me renverse aussitôt sur le dos et s'empare de ma bouche avec avidité.

Près de deux heures plus tard, je sors de la salle de bain, essuyant mes cheveux avec une serviette, et rejoins Sirius qui termine son petit-déjeuner, installé au comptoir qui sépare le salon de la cuisine. De ce que j'en vois, il a englouti une brioche de quatre cent grammes et la moitié d'un pot de confiture à la fraise à lui tout seul. Je sais bien qu'il a très faim après que je me sois nourris de lui, mais quand même, il faudrait penser à ne pas abuser.

- Sirius, dis-je en tapotant le sachet de brioche vide d'un air courroucé, on n'avait pas dit qu'on la gardait pour tout à l'heure ?

Ce dernier hausse des épaules en m'adressant son petit sourire en coin, avec lequel il croit encore pouvoir m'attendrir.

- J'avais vraiment faim, fait-il. J'ai pris la première chose que j'ai vu.

- Très bien. Et on sert quoi à James cet après-midi ?

Sirius, surpris, ouvre de grands yeux. Je laisse tomber ma serviette humide sur la table, agacée.

- Ne me dis pas que tu as oublié ?

A la façon dont il réagit, c'est le cas. Je soupire et secoue la tête.

- Tu passes l'après-midi avec James, pendant que je vais aider Lily à choisir sa robe de mariée. Comment t'as pu oublié que ton meilleur ami venait ?

Sirius fronce des sourcils, tout en débarrassant sa table.

- Je pensais que c'était la semaine prochaine. D'ailleurs, James aussi, je crois, il n'en a pas fait mention quand je l'ai croisé au Ministère hier.

Je roule des yeux, exaspérée. Ces deux là ne sont pas amis pour rien, et il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Mais pour James, je sais que Lily aura tôt fait de lui rappeler son rendez-vous, et sans doute pas de la manière la plus douce qu'il soit.

- Pourquoi tu souris ? Me demande Sirius, une fois ses couverts rincés, en me regardant.

Je n'ai même pas eu conscience d'avoir souri, alors sa question me prend brièvement au dépourvu.

- Je pensais seulement à l'accueil que recevra James quand Lily s'apercevra que lui aussi à oublié qu'il venait ici aujourd'hui pour que vous alliez voir les costumes. Dois-je te rappeler que la mariage aura lieu dans trois mois ?

- Pas besoin, je m'en souviens. Et une grande majorité des préparatifs sont bouclés, as-tu oublié ? Vous les filles, vous stressez toujours pour rien.

Je laisse passer la remarque sans y faire particulièrement attention et fais deux pas en direction de la salle de bain. Sirius me rattrape rapidement et passe ses mains autour de ma taille pour piquer un baiser sur ma joue.

- J'y vais, me dit-il, je ne voudrais pas être en retard à mon rendez-vous avec Maugrey. Je serais de retour dans deux heures je pense.

- D'accord, mais ne sois pas en retard ou c'est moi que Lily va étriper.

- Mon petit vampire arrivera bien à lui échapper, non ?

Je souris à la remarque de Sirius puis il quitte la maison, non sans avoir attrapé ses clés de moto au passage. Je m'approche de la petite fenêtre jouxtant la porte d'entrée et jette un œil sur le jardin. Son engin est garé le long du mur. Il l'enjambe, passe son casque sur la tête et m'adresse un signe de la main alors qu'il démarre. Il dépasse le portail au moment où je vois quelques flocons voltiger. Je jette un œil sur le ciel blanc et lourd de neige. Le mois de janvier vient de commencer et la neige continue à tomer, recouvrant tout de son manteau glacial. Sirius parti, je m'éloigne de la fenêtre et retourne dans la salle bain pour y sécher mes cheveux. En ce samedi, j'ai toute la matinée pour moi, ce qui est plutôt rare ces derniers temps. Je compte bien en profiter pour ne penser qu'à moi.

Après avoir terminé de me laver, je m'installe dans le canapé et attrape le livre dont je n'ai pu, en deux semaines, que lire une centaine de pages - merci Sirius. J'ouvre l'ouvrage à l'endroit où j'ai glissé mon marque-page et entame ma lecture. Je n'ai cependant que le temps de lire quelques mots, avant que la sonnette de la porte retentisse. Soupirant, je lève les yeux au ciel d'un geste agacé et repose mon livre sur la table de salon avant de me lever et de me diriger vers la porte, m'interrogeant sur l'identité de ce visiteur inattendu. Je tire la porte . . . Et ouvre de grands yeux, surprise.

- Lucinda ! M'exclamé-je, loin de m'attendre à trouver la vampire sur le pas de ma porte.

Elle ne répond pas, ne me dit pas bonjour et pénètre dans la maison avant de refermer précipitamment la porte. Sans faire plus attention à son comportement étrange, je la détaille. Elle n'a pas changé du tout durant les six derniers mois, sauf que cette fois-ci elle porte des vêtements plus en accord avec le temps Londonien. Sous son long manteau noir ouvert, elle est vêtue d'un jean sombre et d'un pull vert, les cheveux attachés en queue de cheval. C'est comme si elle avait voulu passer inaperçu. Je fronce des sourcils, décontenancée, alors qu'elle jette un œil par la petite fenêtre, comme moi un peu plus tôt. Je comprends alors qu'il se passe quelque chose de grave.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demandé-je. Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu ne m'as même pas prévenu que tu venais en Angleterre dans ta lettre du mois dernier.

Lucinda lâche la vitre du regard et me fait face pour la première fois. Je constate alors son visage inquiet et ses sourcils foncés.

- Prépare un sac avec un minimum de nécessaire. On s'en va. Tu as dix minutes.

- Quoi ?

Je ne comprends rien à ce qu'il se passe. Pourquoi elle veut que je parte ? Et partir pour aller où ? Je secoue la tête, perdue, comme pour remettre mes idées en place. Lucinda fait un pas en avant, le visage grave et l'air pressé.

- C'est important, Mandy, tu as moins de dix minutes pour quitter cette maison. Nous devons être parties avant leur arrivée.

- L'arrivée de qui ? De quoi tu parles ?

Agacée, elle lâche un râle et se dirige à vitesse vampirique vers ma chambre. Je la rattrape au moment où elle se attrape mon sac de cours pour le poser sur le lit. Elle ouvre alors les tiroirs et y fourre ce qui lui tombe sous la main. En même temps, elle se décide enfin à m'expliquer ce qu'il se passe.

- Le procès de William commence dans deux jours. Il a été interrogé par la Reine la semaine dernière et elle a découvert que c'était lui qui t'avait créé.

- Je comprends pas. En quoi ça a un lien avec ce départ précipité ?

Elle arrête de fourrer tout et n'importe quoi dans mon sac et se tourne vers moi.

- Je t'ai déjà dit que tu étais un vampire illégal. Tous membres de la Caste doit avoir une autorisation pour créer un autre vampire, mais William t'a donné la vie sans cela. Jusqu'à maintenant, j'avais réussi à cacher les conditions de ta création, mais William à lâché l'info. Que tu sois un vampire illégal, associé au fait que ton créateur est fou furieux, a décidé la Reine à statuer définitivement sur ton sort : si tu n'es pas à Vienne dans une heure, tu seras exécutée sans sommation.

Un frisson de terreur dégringole le long de mon dos à ces mots.

- Elle a décidé ça quand ? Demandé-je à mi-voix. Je n'ai rien reçu, aucune invitation pour l'Autriche . . .

- C'est normal, répond Lucinda en reprenant sa tâche, elle a donné l'ordre il y a une demi-heure.

Il y a comme un grand blanc dans ma tête. Je suis trop hébétée pour parvenir à tout comprendre. Cependant, j'arrive tout de même à deviner ce qu'il se passe.

- Elle me veut morte, quoi qu'il arrive, c'est ça ? Dis-je. C'est pour ça qu'elle adonné un délai si court, et impossible à respecter.

Lucinda acquiesce d'un signe de tête avant de passer dans la salle de bain pour aller chercher mes affaires de toilette. Les jambes coupées par la nouvelle de ma mise à mort par la Reine des vampires, je me laisse tomber sur le lit, à côté du sac. Lucinda réapparait dans la chambre.

- Heureusement pour toi, je suis là et j'ai su ce qu'il se passait. Je t'amène à Vienne immédiatement. Nous aurons peut-être la chance de la faire changer d'avis si elle constate d'elle-même que tu ne ressembles en rien à William et que tu n'es pas un danger pour notre race. Je demanderai à Tony de témoigner.

Mon cerveau se remet en marche en comprenant que je quitte le pays dans l'instant. Mon esprit se tourne vers Sirius qui sera là dans deux heures, vers Lily que je dois accompagner pour choisir sa robe de mariée, à Camille et Peter que je dois voir ce soir, à Remus qui m'attendra pour déjeuner lundi, à Chelsea que j'ai promis d'aider sur un devoir.

- Je ne peux pas partir comme ça, dis-je. Je dois laisser un message à Sirius.

- Tu as deux minutes, dit-elle. On doit encore passer au Ministère pour autoriser ton transplanage hors des frontières. Dans trois minutes, nous sommes partis d'ici.

J'opine de la tête, un peu à l'ouest, et descend du lit pour la laisser terminer mon sac. Je me dirige vers le salon, attrape un morceau de parchemin et une plume que j'ai laissé trainer hier soir, puis réfléchis à ce que je vais marquer. Je voudrais ne pas dire la vérité, pour ne pas l'inquiéter, mais j'ai peur qu'il ne sache jamais ce qu'il se passe réellement, si jamais je devais ne pas revenir. La gorge nouée, et cherchant soigneusement mes mots, j'entame ma lettre :

Sirius,

Je dois partir en Autriche de toute urgence avec Lucinda : suite à l'interrogatoire de William, la Reine a décrété que ma création était complètement illégal et a décidé que je devais être exécutée. Nous allons tenter de la faire changer d'avis. Je te donne de mes nouvelles au plus vite.

A jamais à toi,

Amandine.

Le cœur serré et les larmes aux yeux, je plie le parchemin, note le nom de Sirius dessus et le pose sur le frigo avec un aimant, bien en vu. Il ne pourra pas le rater.

- Mandy ?

Reniflant, je me tourne vers Lucinda, le sac dans une main et mon manteau dans l'autre. Je donne mon accord d'un signe de tête, la rejoins et enfile ma veste. Elle m'adresse un regard encourageant et nous quittons la maison. Je ferme à clé derrière moi et me retourne, une question en tête.

- Comment tu as su ce qu'avait décidé la Reine ?

Lucinda affiche un sourire triste.

- J'étais présente quand elle a donné l'ordre.

D'un signe de la tête, je lui fais savoir que je n'ai toujours pas compris. Pourquoi se trouvait-elle là ? Lucinda soupire d'un air las.

- Tu devais bien l'apprendre un jour de toute manière, fait-elle. La Reine est ma mère.