Cher journal
Chapitre 37 :
« 11 novembre :
Cher journal,
Qui aurait cru ça ? Hier soir je suis allée m'enfermer dans ma chambre alors que Mustang était toujours là, et ce matin en me réveillant j'étais seule dans l'appartement. Les anges existent-ils ? Non, la preuve je l'ai revu en cours … mais j'ai été agréablement surprise. Quand je suis arrivée il y avait effectivement une surprise pour moi.
L'autre lutin maléfique ne m'a pas cherché de poux aujourd'hui. Toutefois, il tirait une drôle de tête. J'imagine que je vais prendre pour quinze ans avec ce que j'ai fait hier et aujourd'hui. Peut être devrai-je aller m'excuser pour ça. J'irais demain pour l'instant je suis un peu fatiguée et j'aimerai faire un peu de ménage. »
Je dois bien avouer que l'idée de sortir de sous les couvertures pour voir le pervers qui dort surement dans la pièce à côté n'est guère réjouissante, toutefois mon réveil vient de sonner et si je ne veux pas être en retard pour les cours je ferais bien de prendre mon courage à deux mains. Lui faire face à nouveau et oublier ce baiser. D'ailleurs c'est juste après cet épisode que je suis partie m'enfermer dans ma chambre. Il faudra que je fasse attention en claquant les portes, les voisins doivent faire de nombreux bonds, à force ça pourrait devenir problématique.
Observant le salon dans l'ouverture de la porte, je ne vois personne sur le canapé, ni dans la cuisine. Me retournant sur ma chambre je la regarde rapidement, oui je sais qu'elle était fermée à clef mais avec Mustang il vaut mieux se méfier. Personne … ouvrant un peu plus la porte je sors et m'avance dans la pièce d'à côté.
- Mustang ? t'es là ? demandai-je.
Aucune réponse … me penchant je regarde sous le canapé, avant d'aller voir dans les placards et la salle de bain. Personne … je suis seule. ENFIN !
- Quel bonheur, soupirai-je de béatitude en me laissant tomber sur le canapé.
C'est donc un sourire aux lèvres, que je me rends à la fac. Si certains se demandaient pourquoi je souriais de cette manière, il suffisait de savoir que j'étais harcelée quotidiennement par deux pervers et un ouragan pour comprendre la chance inouïe que représentait ce petit moment de calme. Aujourd'hui quoi qu'il arrive rien ne pourra ébranler ma bonne humeur … sauf Elric. Je l'avais oublié celui-là.
Le simple fait de penser à lui me fait soupirer d'horreur avec la sensation d'un frisson. Sortant du bus, au milieu des autres étudiants, je me rends compte que si ma vie a été bousculée par l'arrivée de ces quelques personnes je n'en reste pas moins banale et transparente pour d'autres. C'est toujours ça de gagner. Certains m'ignorent, ça pourrait être dérangeant pour certaines personnes, moi ça me rassure.
Poussant les portes du bâtiment où se trouve l'amphi, je sens de nouveau la tension peser au dessus de moi, comme un manteau inconfortable … et qui l'ait réellement d'ailleurs. Rentrant dans l'hémicycle des profs, je soupire. Mustang n'est pas mort ou n'a pas sauté de la fenêtre puisqu'il se tient à sa place habituelle, aux côtés de son meilleur ami.
Tournant la tête, je me dirige vers ma place avant de me stopper. Sur ma table se trouvait quelque chose qui n'aurait jamais dût s'y trouver. Un petit papier brillant sous la lumière du plafonnier, fermé par un ruban bleu … clignant des yeux je regarde à nouveau histoire de voir s'y ce truc est toujours posé sur ma table mais oui.
Moi qui avait choisi ce coin pour être tranquille voilà qu'on m'envahi … j'ai plus qu'à trouver un autre endroit tout aussi tranquille. Faisant demi-tour, je ressors de la pièce, histoire d'aller respirer, je dois m'être pris trop de gaz d'échappement dans la figure pour pouvoir réfléchir posément. A peine ai-je mis un pied dehors que mon portable vibre alors qu'une personne rentre dans la fac. Riza … à l'aide ! Que quelqu'un me sauve … par pitié ! Je veux pas subir un interrogatoire !
Prenant mes jambes à mon cou, je retourne dans l'amphithéâtre en quatrième vitesse avant de me jeter entre deux bancs sous les regards stupéfaits des étudiants qui se trouvaient là. La porte s'ouvre derrière moi, laissant la blonde rentrer. Pitié qu'elle ne me voit pas !
- MUSTANG ! crache-t-elle
- Hum ? lui répond le noiraud en souriant. Que puis-je pour toi ?
- Ou est Winry ? tu ne lui as rien fait ?! sinon je m'occupe de toi t'es prévenu !
Oui, c'est ça occupe toi de lui comme ça on laisse tomber notre plan, d'un certain sens ça m'arrange.
- Mais je croyais que tu avais dit qu'elle était libre de ses choix hier soir …, sourit-il en glissant un regard discret dans ma direction.
Ce que je me demande c'est pourquoi l'abruti à ses côtés ne m'a pas vendu ! c'est étonnant et assez difficile à avaler comme pilule … ça veut encore dire qu'il me prépare une crasse à tous les coups. Ne bougeant plus dans mon coin, je respire à peine, par peur qu'elle m'entende. Elle se renfrogne en plissant des yeux. Oh ma vieille, ça te fronce le nez aussi fait pas ça, c'est atroce.
- Je te préviens, siffle la blonde en le désignant du doigt, fait lui quelque chose pour laquelle elle n'a pas donné son autorisation, je le saurais et je t'en fais voir de toutes les couleurs.
- Bien volontiers. Tchao, la congédia-t-il sans plus de comédie.
Repartant en claquant des talons Riza nous laisse enfin. C'est pire qu'un gardien … j'ai trouvé le chaperon parfait, j'ai plus qu'à le dire à mes parents. Bon sang Riza, j'ai 20 ans, je suis adulte et majeure. Respirant enfin à nouveau, je me relève en regardant la porte avant de me souvenir que mon portable avait vibré. Le sortant de ma poche, je le regarde et lis le message que j'ai reçu.
Haussant un sourcil, je jette un coup d'œil à Mustang qui s'est remit à papoter avec Elric, avant de me glisser jusqu'à ma place. Découvrant enfin ce qui s'y trouve de manière correcte j'ouvre les yeux de stupeur avant de sourire. Une seule personne mis à part moi sait ce dont il s'agit ici, et cette seule personne c'est le noiraud qui discute un peu plus haut.
Posant mon sac sur la table, j'attrape la rose et la caresse du bout des doigts. Les pétales sont doux … mamie je ne sais pas ce que tu as fait avec cette rose mais elle est vraiment formidable. Ta loufoquerie a du bon, parfois. La faisant sortir de son papier, je la sens rapidement avant de sourire davantage. Oui, cette fois, elle a même plus que du bon, mamie.
Reposant la fleur sur la table aux côtés de mon sac et de mon portable, je glisse un regard à Mustang qui sourit doucement en parlant avec l'une de ses groupies. Remontant l'amphi jusqu'à sa rangée, je m'avance vers lui et me pose sur la table sous les regards incrédules de certaines filles et du blond un peu plus loin.
- Winry chérie tu voulais quelque chose ? me demande Mustang en souriant davantage encore. Dites les filles vous pouvez nous laisser s'il vous plait ?
Grognant comme pas deux, les groupies partent, alors que j'attends qu'elles s'éloignent pour sourire au noiraud.
- C'est comme ça que t'as eut mon numéro je suppose …
- Exactement. Ça te dérange ?
- Plus vraiment …, soupirai-je en rangeant une mèche derrière mon oreille. Ça ne pouvait venir que de toi de toute façon.
- Tu penses ? demande-t-il en glissant un regard à son voisin.
- T'es le seul à savoir Roy. Tant d'où elle vient, que son nom. Donc … merci pour la Winry, lui soufflai-je en l'embrassant sur la joue.
Joue rasée de près et dont un effluve de parfum masculin s'échappe. Douce fragrance mais j'avoue que j'aimerais savoir si son voisin sent aussi bon. Glissant justement un regard à ce dernier, je le vois nous jeter un regard noir en coin. Cette fois c'est certain je vais jamais finir par arriver vivante jusqu'aux prochaines vacances.
- Au fait … t'es parti quand ? lui demandai-je en me relevant.
- Je sais pas … tu devais dormir je crois. Non, tu ne ronflais pas, mais j'entendais plus un bruit donc je suis parti.
- Hum … alors merci.
- Pas de quoi, tu passes le cours ici ?
- Non, pas question. J'ai l'impression que de mauvaises ondes flottent dans le coin. C'est pas bon pour moi, ni pour ma tête d'ailleurs. T'as intérêt à être prêt au passage j'ai apporté de quoi faire le cours d'aujourd'hui.
- J'adore les bibliothèques c'est tellement, AIEEE ! Winry ça fait mal nom d'un chien.
Moi j'ai rien senti … le regardant se frotter le crâne, je rigole tout bas avant croiser un regard furieux.
- Je croyais t'avoir dit de ne plus l'approcher Rockbell. Tu tiens tant que ça à mourir ou quoi ?
- Sérieusement Elric si tu penses me faire peur tu te trompes. Et j'ai pas besoin d'avoir un garde du corps pour me protéger contrairement à ce que tu sembles penser
- T'aurais pas l'argent pour le payer !
- T'es pas encore en train de baver ? t'as fait désinfecter la plaie au moins rassure moi ?! parce que c'est dangereux la rage tu sais …
- Parce que tu plaisantais pas ? s'affole-t-il
- Jamais avec les maladies, répondis-je sérieuse. Et te plains pas j'ai pas léché. Tu feras attention hein ? si tu te sens pas bien tu le dis … tu connais les symptômes au moins ?
Mustang nous regarde incrédule de par l'échange verbal que nous échangeons. Moi fusillant le blond des yeux et le même blond affolé et énervé à la fois qui regarde sa main.
- Enfin, tu sais Elric je me demande si tu l'avais pas avant la rage … parce que t'as l'air d'avoir de sacrés troubles nerveux. C'est peut être moi qui devrait aller vérifier si je l'ai pas choppée.
- Winry, vous parlez de quoi là ? me demande le noiraud.
- Pas grand-chose … je constate seulement que ton ami à beau se trouver supérieur à moi, il n'en gobe pas moins toutes les débilités du genre qu'on peut lui sortir. Bien je retourne à ma place. Et merci encore pour la rose Roy.
- Pas de quoi, souffle-t-il en glissant une main sur mon mollet.
Me touche pas de trop non plus mon gars. C'est pas parce que j'ai accepté ton plan que tu dois en profiter. Quand à Elric il me fusille des yeux de l'avoir insulté … je crois que j'ai aggravé le truc… cette fois c'est certain j'ai signé mon arrêt de mort.
