Bonjour
Voici le chapitre 37, toujours corrigé par la géniale Elyrine.
Merci à vous qui êtes également géniaux !
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
You need to be here d'Hoobastank
Chapitre 37 : Besoin de toi
« Il n'y a aucune honte à avoir besoin des autre, à admettre que parfois, on a besoin de contact, de tendresse et d'amour. On ne peut pas tout affronter seul. On ne peut pas survivre sans soutien et sans amour. Cela ne veut pas dire que l'on est faible ou que l'on manque de courage. Cela veut simplement dire qu'on est plus fort quand on est entouré. Que les gens que l'on aime nous apportent un plus qui peut faire la différence. Il ne faut pas s'enfermer dans une solitude qu'on pense rassurante. Il ne faut pas avoir peur de s'attacher. Car quand les choses se compliquent et qu'on tente de les gérer sans l'aide de personne, on finit par ne plus y voir clair et par commettre des erreurs. On s'enferme dans un schéma qui finit ensuite par nous coûter cher. La lumière ne peut venir que de nos proches. C'est pour ça qu'il ne faut tout faire pour les garder près de soi. Parce qu'on n'a pas le droit de les laisser nous échapper. »
Manuel de survie de Dean Winchester.
Castiel n'aurait probablement pas du parler du départ de Dylan à Dean aussi rapidement. Il savait que le jeune homme allait lui en vouloir. Car il avait été conscient que le dire à son fiancé aussi vite lui donnait une chance de retenir Dylan. D'aller le trouver avant qu'il ne puisse quitter le camp. C'était tout ce que Dylan voulait éviter.
Mais Castiel n'avait pas hésité une seule seconde avant de le faire. Tout d'abord parce qu'il refusait de cacher une telle information à Dean. S'il l'avait gardé pour lui jusqu'à ce que Dylan soit parti, Dean lui en aurait tenu rigueur. Il lui aurait reproché de ne pas lui avoir laissé une chance de le retenir. Et il aurait eu raison.
Ensuite parce qu'il estimait que Dylan se montrait injuste envers son fiancé. Il n'avait pas le droit de lui imposer ainsi sa décision quand ils étaient tous les deux concernés. Dean avait le droit de savoir. Il avait le droit de s'expliquer et de se battre pour garder son ami auprès de lui. Partir sans le lui dire était lâche de la part de Dylan. C'était injuste et cruel. Et Castiel refusait de cautionner un tel comportement.
Enfin parce qu'il ne voulait pas que Dylan parte. Il ne voulait pas le savoir errant à l'extérieur sans personne pour veiller sur lui. Il était d'accord pour dire que le jeune homme était sans doute mieux armé que bien des autres pour survivre à l'extérieur. Mais jusqu'à présent, il n'avait jamais eu à le faire seul. Il avait toujours eu Franck puis Dean auprès de lui. Il était trop risqué de s'aventurer à l'extérieur sans soutien. Castiel ne voulait pas avoir sa mort sur la conscience.
Il avait donc tout avoué à Dean sans se sentir réellement coupable. Il l'avait regardé partir sans attendre pour tenter de retenir son ami. Et il n'avait pas cherché à le retenir. Il n'avait rien dit de plus. Il savait que Dean avait besoin de faire quelque chose. Il espérait sincèrement qu'il allait réussir.
Une fois Dean parti rejoindre Dylan, Castiel resta quelques minutes avec Gabriel. Ils n'avaient pas grand chose à dire. Son frère était visiblement aussi inquiet que lui du départ de leur ami. Il n'avait pas tous les éléments en mains pour réellement comprendre sa décision. Mais il tenait à lui. Le considérait comme un ami. Presque comme un petit frère. Il ne voulait pas le voir courir de risques. Il ne voulait pas avoir à s'inquiéter pour lui maintenant que Dean allait mieux.
Ils échangèrent quelques mots sur le mariage et sur les idées que Gabriel avait concernant la cérémonie. Castiel lui répondit sans réellement écouter ce qu'il lui disait. Il avait l'esprit ailleurs. Et son frère finit par s'en rendre compte puisqu'il l'encouragea à rejoindre sa chambre et à y attendre Dean. Castiel ne protesta pas. Il se promit toutefois de s'excuser auprès de Gabriel. Il aurait du être capable de lui prêter un peu plus d'attention. Mais il était difficile pour lui de se concentrer sur quelque chose d'aussi joyeux que son mariage quand la vie et la sécurité de Dylan étaient en jeu.
Il savait que si son ami décidait tout de même de partir, Dean serait entièrement dévasté. Il doutait que son fiancé puisse s'en remettre. Il passerait probablement ses journées à guetter le retour de Dylan. Il finirait même sans doute par partir à sa recherche et par prendre lui même des risques inconsidérés.
Il voulait croire que Dean saurait trouvé les mots. Dylan le lui avait dit lui même. Il ne voulait pas mettre Dean au courant parce qu'il ne se pensait pas capable de lui dire « non ». Parce qu'il savait que son ami était la seule personne en mesure de le convaincre de rester. Il existait toutefois une possibilité que son petit ami s'emporte et braque Dylan. Qu'il lui dise des choses difficiles à entendre et qui le pousseraient un peu plus encore à quitter le camp. Dean était énervé en partant. Ce n'était jamais très bon signe.
Castiel rejoignit finalement sa chambre sans se souvenir d'avoir fait le chemin. Il n'aurait pas su dire s'il avait croisé quelqu'un en route. Il ferma la porte derrière lui puis s'assit sur le lit au milieu de la pièce. Il ferma les yeux avant de se prendre la tête entre les mains.
Il était inquiet. Pas uniquement à l'idée que Dylan puisse quitter le camp malgré l'intervention de Dean. Il était aussi inquiet que son fiancé choisisse de le suivre. Qu'il soit incapable de rester en arrière. Il voulait avoir confiance en lui. Il voulait croire que Dean ferait passer leur histoire avant tout le reste. Leur mariage avant son amitié avec Dylan. Mais il n'était pas sûr et cela le rendait furieux.
Il n'aurait pas su dire combien de temps s'écoula sans qu'il ne bouge. Il avait la sensation que le temps s'était suspendu. Il était peut être aussi depuis des heures et Dean était peut être déjà loin. Ou il n'était là que depuis quelques secondes et il avait tort de s'inquiéter autant. Il n'en avait aucune idée.
Il finit par redresser la tête et par poser les yeux sur la porte de la chambre. Il aurait tout donné pour voir Dean la franchir aussitôt et lui annoncer qu'il avait réussi à convaincre Dylan de rester. Ils avaient bien besoin d'une bonne nouvelle après toutes les épreuves qu'ils avaient traversés. Ces derniers mois avaient été incroyablement difficiles pour eux. Castiel avait cru qu'ils ne pourraient jamais s'en sortir. Mais ils avaient triomphé de l'adversité et il avait le droit d'être heureux à présent. Ils l'avaient mérité. Toutefois, la vie semblait avoir un avis différent du leur. Elle semblait vouloir s'acharner sur eux et leur mettre de nouveaux bâtons dans les roues. Et cette fois, c'était peut être l'épreuve de trop.
Castiel pouvait sentir son cœur battre dans sa gorge et son estomac se tordre dans son ventre. Il avait envie de vomir. Il avait également envie de pleurer. Ou de tomber à genoux et de prier auprès d'un Dieu en lequel il ne croyait pas pour que tout finisse par s'arranger. Il était en colère contre Dylan. En colère contre Aaron. Et aussi un peu en colère contre lui même.
Il tenta vainement de compter les secondes qui s'écoulaient pour ne pas trop perdre la notion du temps. Mais c'était impossible avec toutes les idées qui tournaient en boucle dans sa tête. Les scénarios catastrophes que son cerveau lui fournissaient et qui le terrorisaient un peu plus à chaque seconde.
Il était prêt à quitter la chambre pour partir à la recherche de Dean quand la porte s'ouvrit finalement sur son fiancé. Castiel le dévisagea aussitôt. Il le connaissait suffisamment pour savoir ce qu'il ressentait en le regardant dans les yeux. Il n'avait pas besoin de lui poser la question. Et il fut évident quand leurs regards se croisèrent que Dean n'allait pas bien. Il avait les yeux rouges et les traits tirés. Mais il semblait faire son maximum pour reprendre le dessus. Pour garder le contrôle sur ses émotions. Castiel ne savait pas si c'était bon ou mauvais signe.
Il se leva du lit sans réellement s'en rendre compte et combla la distance qui le séparait de son fiancé. Quand il posa les mains sur ses épaules, il le sentit se tendre.
- Alors ? Demanda-t-il finalement parce qu'il avait besoin de savoir.
Dean se pencha dans sa direction jusqu'à ce que leurs fronts se touchent.
- Il reste… il reste mais il… je lui ai fait tellement de mal, Cas. Je ne sais pas si je pourrai me le pardonner un jour.
Castiel fut soulagé d'entendre que Dylan ne quitterait pas le camp. Mais il sentit également son cœur se briser devant la culpabilité et le chagrin évidents de son fiancé. Il ne voulait pas que Dean s'en veuille pour des erreurs qu'il avait commises quelques jours plus tôt. Personne ne pouvait lui reprocher ce qu'il avait fait. Pas après ce qu'il avait vécu entre les mains d'Aaron.
- Dean, tu n'as rien fait de mal. Tu ne dois surtout pas t'en vouloir. Dylan a besoin de temps mais je sais qu'il n'est pas en colère contre toi.
- Peut-être pas mais si je n'avais pas… si je ne l'avais pas laissé espérer, on n'en serait probablement pas là.
Castiel referma ses bras autour du cou de son fiancé et l'attira à lui jusqu'à ce que Dean enfouisse sa tête contre son épaule.
- Tu n'as jamais voulu lui faire du mal. Tu ne l'as pas utilisé et tu n'as pas joué avec ses sentiments. Pas consciemment, en tout cas. Tout le monde le sait. Et Dylan finirait par le comprendre aussi. Mais la chose la plus importante pour le moment, c'est que tu te pardonnes à toi-même.
- Je te l'ai dit… je ne suis pas sûr de le pouvoir.
Castiel ferma alors les yeux et déposa un baiser sur la tempe de son fiancé. Il savait que les gestes étaient plus efficaces à cet instant précis. Dean ne croirait jamais à ce qu'il pourrait lui dire. Peu importe qu'il soit dans le juste et qu'il ait de bons arguments. Dans son état, le jeune homme avait besoin d'un réconfort physique. Il avait besoin d'amour et de tendresse. Il avait besoin que Castiel lui prouve qu'il était là pour lui. Pas qu'il le lui dise même si c'était vrai.
- Je sais, mon cœur. Mais je sais aussi que tout finira par s'arranger. Tu dois me faire confiance sur ce point là.
- J'ai confiance en toi, assura Dean aussitôt.
C'était tout ce dont Castiel avait besoin pour commencer son travail. Il serra Dean un peu plus fortement contre lui et commença doucement à le bercer de droite à gauche. Il savait qu'en temps normal, son fiancé trouverait cela un peu ridicule. Mais quand il était aussi bouleversé, aussi vulnérable, il ne cherchait pas à se cacher derrière son sens de l'humour ou son hyper masculinité. Il accepta que Castiel le traite comme quelqu'un de précieux et de fragile. Quelqu'un qui méritait qu'on veille sur lui et qu'on reconstruire pièce par pièce.
- Tu sais… j'ai pris conscience de quelque chose en parlant avec Dylan… je…
Dean ne termina pas sa phrase et Castiel sentit son estomac se tordre. Se pouvait il que son fiancé ait des doutes sur leur couple ? Qu'il veuille reporter leur mariage pour épargner Dylan ? Il se retint de poser la question même si le silence de Dean était difficile à supporter.
- Notre mariage… notre histoire… mon amour pour toi risque de me coûter mon amitié avec Dylan, finit par expliquer Dean.
Castiel sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Pendant une très courte seconde, il fut persuadé que son fiancé allait rompre avec lui. Qu'il allait lui dire qu'il estimait avoir trop à perdre dans cette histoire. Il était sur le point de paniquer. Heureusement pour lui, Dean reprit la parole presque aussitôt pour s'expliquer.
- Je ne suis pas en train de dire que ça n'en vaut pas la peine mais je… je suis conscient que mes choix… le choix que j'ai fait d'être avec toi risque de me faire perdre Dylan. Je suis prêt à l'accepter. Je suis prêt à tout perdre si je peux avoir la certitude que nous serons ensemble et heureux. Je suis prêt à tout sacrifier pour toi… pour nous deux. Je me fiche que ce soit égoïste et je me fiche de ce que les autres pourront en penser. Je ne veux pas renoncer à toi.
Castiel fut soulagé de l'entendre. Il n'aimait pas l'idée que Dean puisse perdre Dylan – son petit frère de substitution – à cause de leur histoire et il ferait en sorte que cela n'arrive pas. Mais il était content d'entendre son fiancé lui dire qu'il le ferait passer en priorité. Qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter sur ce point. Il n'allait pas le perdre.
- Et parce que je risque de perdre quelque chose d'extrêmement important pour moi, je vais faire en sorte que ça fonctionne. Je vais me battre pour qu'on soit heureux ensemble. Je ne te laisserais jamais m'échapper. Je ne laisserais jamais rien se mettre entre nous deux.
- Je le sais, mon cœur, assura Castiel d'une toute petite voix.
- Le problème c'est que je n'ai jamais eu de relation sérieuse. Je n'ai jamais été amoureux avant toi et je sais que je ne suis pas doué avec les sentiments et… je ne sais pas comment me comporter… je vais faire des erreurs. Je suis terrifié à l'idée de faire quelque chose qui te poussera à me quitter et… si je te perds alors j'aurais tout perdu. J'aurais sacrifié mon amitié avec Dylan pour ensuite échouer. Je ne peux pas…
Castiel comprenait ce que Dean essayait de lui dire. Il savait qu'il avait trop peu confiance en lui pour se croire capable de réussir quoi que ce soit de positif.
- Dean, on commettra des erreurs… je ne suis pas parfait, tu sais… il se peut que ce soit qui te fasse du mal sans le vouloir. Mais ça n'a aucune importance. Parce qu'on peut se promettre ici et maintenant qu'on en discutera ensemble. Qu'on sera toujours honnête l'un envers l'autre et qu'on affrontera les épreuves côte à côte.
- Je te le promets, souffla Dean.
Castiel sourit alors avant d'embrasser son petit ami sur la tempe à nouveau. Ils restèrent ainsi durant quelques secondes avant que le jeune homme ne recule finalement. Il avait toujours les yeux rouges mais il ne pleura pas. Il semblait calme et déterminé. Triste bien sûr et Castiel savait qu'il allait lui falloir quelques jours pour que le chagrin s'estompe un peu. Mais il allait mieux. Et il était absolument magnifique.
- J'ai besoin de toi, Cas, déclara alors Dean.
- Je suis là, répondit automatiquement son fiancé.
- Non je… je ne veux plus avoir à réfléchir. Je ne veux plus avoir à penser. Je veux juste ressentir… je veux… je veux que tu prennes le contrôle et que tu me prives de tout choix ou de toute décision. J'ai besoin que tu… j'ai besoin que tu me prouves que tu seras toujours là.
Castiel voyait parfaitement où son fiancé voulait en venir. Il avait besoin d'une preuve de ce qu'ils venaient de se promettre. Mais parce qu'il avait passé toute sa vie jusque là à devoir prendre des décisions pour tout le monde, il avait besoin que Castiel s'en charge pour lui. Ne serait ce que pendant quelques minutes ou quelques heures. Il avait besoin d'oublier.
- Et je veux que tu me marques. Je veux pouvoir me réveiller ensuite et ne pas pouvoir oublier que je t'appartiens. S'il te plaît, Cas…
Castiel hocha la tête puis relâcha Dean pour qu'il puisse rejoindre le lit.
- Déshabille-toi et allonge-toi sur le ventre, ordonna-t-il sans attendre.
Castiel n'avait jamais été avec un partenaire qui souhaitait être soumis et qui le laissait le dominer entièrement. Il n'avait jamais été intéressé par une telle relation. Mais il savait que c'était exactement ce dont Dean avait besoin. Ce n'était pas une question de soumission. C'était un moyen pour son fiancé de ne plus avoir à réfléchir. De ne plus avoir à prendre d'initiative. Il ne voulait plus aucune responsabilité. Il voulait que quelqu'un s'en charge à sa place. Castiel était tout à fait prêt à le faire.
Il regarda Dean se déshabiller lentement et sans protester. Il ne se priva pas d'admirer son corps à mesure qu'il retirait ses vêtements. Il avait encore un peu de poids à reprendre. Mais il était toujours aussi beau. Castiel le trouvait parfait à tous points. Il observa la musculature de ses bras. Celle de ses épaules. Puis laissa son regard s'attarder sur ses jambes arquées. Ses fesses musclées. Son sexe encore flaccide pour le moment. Il le regarda s'approcher du lit puis s'allonger sur le ventre. Il lui laissa quelques secondes pour trouver une position confortable avant de se déshabiller à son tour. Une fois nu, il verrouilla la porte de la chambre puis s'installe à genoux sur le lit, entre les jambes de Dean.
Il posa ses mains sur son dos et le massa une seconde. Il ne savait pas encore exactement comment il voulait procéder. Il allait devoir improviser. Pour le moment, il voulait juste recouvrir le corps de Dean de baisers. Lui apporter un maximum de tendresse.
Il commença donc par embrasser sa nuque avant de descendre doucement le long de sa colonne vertébrale. Il s'attaqua ensuite à ses omoplates puis redescendit jusqu'au bas de son dos. Il laissa ses yeux se poser sur le nom d'Aaron qui semblait le narguer ainsi gravé sur la peau de son fiancé. Il posa sa bouche contre puis après avoir tracé chaque lettre du bout de la langue, il serra la peau entre ses dents jusqu'à être sûr qu'il laisserait une marque. Il fit en sorte de ne pas percer la peau. Il ne voulait pas faire souffrir son ami. Il voulait juste laisser une trace pour effacer au moins de façon temporaire celle qu'Aaron avait laissée avant lui.
Dean poussa un gémissement quand il recula et Castiel sut aussitôt qu'il avait eu raison. Il fit glisser sa langue le long de sa colonne vertébrale jusqu'à atteindre ses fesses. Il les saisit alors entre les mains et les écarta sensiblement pour pouvoir glisser sa langue entre elles.
Il avait longtemps cru qu'il ne trouverait jamais personne qui apprécierait cette pratique autant que lui. Ses partenaires précédents n'aimaient pas qu'il les touche ainsi. Ils trouvaient cela repoussant. Castiel voyait cela comme le signe d'une confiance ultime. Il n'y avait pas plus intime. Et le fait que Dean aime sentir sa langue pénétrer en lui que ce soit avant ou après qu'ils aient fait l'amour était la preuve qu'ils étaient fait l'un pour l'autre.
Dean laissa échapper un nouveau long gémissement et Castiel se sentit alors pousser des ailes. Il appliqua un peu plus de pression du bout de la langue et fut récompensé quand il sentit le muscle contre elle céder et l'autoriser à passer outre. Presque aussitôt, Castiel fut assailli par le goût unique de son fiancé. Celui auquel il était accroc depuis leurs toutes premières fois.
Il continua ainsi durant de longues secondes avant de reculer le visage et de mordre la fesse droite de son petit ami. Il lui avait demandé de le marquer et il savait que c'était exactement ce dont il avait besoin à cet instant précis. Il voulait que Castiel laissa des bleus derrière lui. Rien de permanent et rien de trop douloureux. Mais quelque chose qui lui permettrait de se souvenir pendant quelques jours de tout ce qu'ils s'étaient dit aujourd'hui.
Il ajouta une nouvelle morsure sur sa fesse gauche puis une derrière chacune de ses cuisses. Il déposa ensuite des baisers le long de chacune de ses jambes avant d'embrasser ses chevilles puis ses pieds. Il se redressa ensuite et observa son travail. Dean remuait doucement sur le matelas, sans doute pour apporter un peu de friction sur son sexe.
- Retourne-toi, exigea-t-il alors.
Dean fit ce qu'il lui demandait sans protester. Castiel prit quelques secondes pour admirer son corps et la façon dont son sexe était tendu et visiblement prêt à imploser. Il se pencha ensuite au dessus de son fiancé pour l'embrasser sur la bouche. Dean répondit à son baiser avec enthousiasme mais ne chercha pas à le prolonger quand Castiel recula pour l'embrasser dans le cou. Il le mordit une nouvelle juste au niveau de chaque omoplate avant d'en faire de même sur chacun de ses tétons. Il recula ensuite le visage une seconde pour admirer son travail. Jamais avant il n'avait rencontré un homme aussi réceptif à l'idée d'être ainsi marqué. De porter sur lui les traces de la possessivité de Castiel. Il n'avait même pas pensé qu'il aimerait autant le faire. Il s'était trompé. C'était incroyable. Il aimait plus que tout l'idée que Dean porterait ses marques sous ses vêtements et pourrait les toucher et se souvenir. Il voulait qu'elles soient définitives. Qu'elles ne le quittent plus. Et c'était ce que Dean voulait également. C'était pour cela qu'il avait demandé à ce que Castiel trouve quelqu'un pour le tatouer. Ou le scarifier. Et si le jeune homme continuait de penser que graver son nom sur la peau de son fiancé au couteau n'était définitivement pas la bonne solution, il pouvait déjà sentir qu'il finirait par céder s'ils ne trouvaient pas d'autre moyen.
Il se remit finalement au travail quand il vit Dean commencer à remuer sur le lit en quête d'une stimulation quelconque. Il ignora son sexe tendu et s'attaqua à son ventre. Il le parsema de baisers puis ajouta quelques morsures et quelques suçons pour parfaire son œuvre. Il s'occupa ensuite de ses cuisses, passant de longues minutes à marquer l'intérieur de chacune d'elles. Quand il fut satisfait du rendu, il se redressa sur les genoux. Il avait du mal à ignorer sa propre érection tant elle était douloureuse à présent. Mais il voulait avant tout se concentrer sur Dean. Ce dernier avait ses mains de chaque côté de son visage et Castiel eut alors une idée brillante. Il sourit.
- Ne bouge surtout pas, je reviens.
Il n'attendit pas d'avoir une quelconque confirmation et descendit du lit aussitôt. Il pénétra dans la salle de bains et attrapa une serviette usagée qui leur servait à éponger l'eau par terre. Il récupéra ensuite les ciseaux qui se trouvaient dans la chambre puis coupa la serviette en deux dans le sens de la longueur. Quand il revint sur le lit, Dean le regardait. Ses pupilles étaient entièrement dilatées et il avait le souffle court. Mais il était toujours excité et visiblement impatient de voir ce que Castiel avait en tête. Ce dernier sourit de plus belle.
- Pose tes mains sur la tête de lit, exigea-t-il alors.
Une nouvelle fois, Dean fit ce qu'il lui demandait sans attendre. Castiel utilisa les morceaux de serviette pour lui attacher les mains puis vérifia que ses poignets n'étaient pas emprisonnés trop étroitement et que le sang pouvait continuer à circuler sans problème. Quand il fut satisfait, il s'installa entre les jambes de son fiancé.
- Maintenant, je veux que tu oublies tout le reste et que tu te concentres uniquement sur moi et sur ce que je vais te faire. D'accord ?
Dean hocha la tête immédiatement. Il avait sa lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents. Il ne semblait pas inquiet ou anxieux. Castiel aurait du penser à utiliser cette méthode bien plus tôt. Il adorait voir son fiancé ainsi à sa merci. Et visiblement, Dean aimait également être totalement impuissant. C'était une preuve de confiance qui honorait Castiel. Et le rendait particulièrement humble et déterminé à faire les choses bien.
Il embrassa Dean sur la bouche et gémit en sentant la langue de son fiancé caresser la sienne. Il apprécia également le goût unique de la bouche de Dean avant de reculer. Il prit ensuite le lubrifiant et en aspergea trois de ses doigts. Il en inséra un premier. Le muscle autour de ses phalanges étaient totalement détendus après le travail que sa langue avait fait quelques minutes plus tôt. Il put donc ajouter un second doigt rapidement. Il les fit aller et venir quelques minutes pour s'assurer qu'il ne risquait pas de faire mal à son fiancé. Il en ajouta un troisième quand il fut sûr et effleura enfin la prostate du jeune homme. Ce dernier poussa alors un cri de plaisir avant de mordre à nouveau ses lèvres pour ne plus faire de bruit.
- Oh non, mon amour… je veux t'entendre. Et je me fiche que d'autres puissent nous écouter à cet instant précis. Je veux savoir ce que tu ressens et le plaisir que je te procure
Dean relâcha alors ses lèvres et gémit doucement. Castiel continua à faire aller et venir es doigts à l'intérieur de son corps avant de se pencher pour ajouter sa langue. Il la pressa contre le muscle autour de ses doigts. La fit glisser sensiblement à l'intérieur. Mais le passage était trop étroit pour réellement le pénétrer. Il ne voulait pas faire souffrir son petit ami et dut renoncer à contre cœur.
Quand il fut satisfait par sa préparation et qu'il fut évident que Dean ne pouvait pas attendre plus longtemps, il retira ses doigts puis recouvrit son propre sexe de lubrifiant. Il attrapa ensuite les jambes de Dean et les posa sur ses épaules. Son fiancé était étonnamment souple pour un homme de sa taille et de sa corpulence. C'était sans doute du en partie à ses jambes arquées. Castiel guida son sexe d'une main puis leva les yeux vers Dean juste avant de le pénétrer doucement.
- Oh Cas… Cas, s'il te plaît, lança Dean aussitôt.
Castiel ne savait pas exactement ce pour quoi son fiancé le suppliait mais il propulsa ses hanches en avant sans attendre pour lui procurer le maximum de plaisir. Ils ne faisaient pas toujours l'amour aussi violemment et aussi brutalement. Mais il savait que c'était ce dont le jeune homme avait besoin. Il ne perdit donc pas une seconde et commença un mouvement de piston avec ses hanches. Dean accompagnait son rythme en soulevant ses fesses du matelas pour approfondir la pénétration. C'était parfait. Et même si ce n'était pas la première fois pour eux, Castiel avait tout de même l'impression de redécouvrir ses sensations. Chaque fois était différente. Chaque moment passé à l'intérieur de Dean était comme la première fois.
Il pouvait déjà sentir qu'il ne durerait pas très longtemps. Il était bien trop excité pour faire durer le plaisir éternellement. Et Dean semblait au moins aussi proche que lui de lâcher prise. Castiel était toutefois déterminé à le faire jouir en premier. Il bougea donc les hanches de sorte à toucher sa prostate à chaque fois qu'il entrait en lui. Dean gémissait en continu à présent. Et il tirait sur les liens sans réellement s'en rendre compte. Castiel n'avait toutefois pas l'intention de le libérer. Il ne voulait pas le laisser se toucher pour atteindre l'orgasme. Il lui avait demandé de prendre les rennes et c'était exactement ce qu'il avait l'intention de faire. Il était le seul responsable de son plaisir. Dean avait besoin de lâcher prise et de se laisser faire.
Il accéléra donc le rythme de ses hanches pour donner à son fiancé la stimulation suffisante pour qu'il jouisse sans autre contact. Il fut rapidement à bout de souffle et il se promit de se remettre au sport pour être capable de tenir la distance sans avoir la sensation qu'il ne pouvait plus respirer.
Après quelques secondes – ou quelques minutes, il n'avait plus vraiment la notion du temps – il vit Dean arquer le dos. C'était un signe qu'il était proche.
- Cas, Cas, Cas, répétait-il encore et encore.
C'était comme de la musique aux oreilles de Castiel. Entrecoupés de gémissements et de cris de plaisir, ils formaient la plus merveilleuse des symphonies. Dean était parfait. Et Castiel aurait aimé qu'il en ait conscience. Il aurait qu'il puisse se voir à cet instant précis. Qu'il puisse constater combien sa réactivité et les expressions de son visage étaient bouleversants.
Quelques secondes plus tard, Dean arqua à nouveau le dos avant de pousser un dernier cri qui résonna autour d'eux. Il s'abandonna à son orgasme en basculant sa tête en arrière. Il se répandit sur son ventre longuement. Castiel le regarda faire et fit en sorte de mémoriser l'expression de son visage et le son de ses cris avant de lâcher prise à son tour. Il cria le nom de Dean en se répandant à l'intérieur de son corps. Puis il tomba en avant sans pouvoir se retenir. Il eut toutefois la présence d'esprit de rouler sur le côté pour ne pas blesser son fiancé. Il se retira de lui par la même occasion, lui arrachant un gémissement qui ressemblait à de la déception. Castiel enfouit aussitôt son visage dans son cou et laissa sa langue collecter sur sa peau les gouttes de sueur qui s'y étaient accumulées.
Ils ne dirent rien durant de longues minutes. Ce fut finalement Dean qui rompit le silence. Mais pas par des mots. Un sanglot résonna aux oreilles de Castiel et il se redressa aussitôt, inquiet d'avoir blessé son fiancé. Ce dernier pleurait et souriait en même temps. Il ne savait pas trop quoi en penser.
- Dean ? L'appela-t-il.
Le jeune homme ne semblait toutefois pas en mesure de lui répondre. Il pleurait bruyamment. Castiel le laissa faire en posant sa main sur sa joue pour garder un contact avec lui. Cela sembla durer une éternité. Et Castiel finit par comprendre que c'était une réaction normale de la part de son fiancé. Il en avait besoin. Après avoir gardé le contrôle sur ses émotions durant autant de semaines – autant de mois sans doute même – il avait fini par lâcher entièrement prise. Par abaisser ses défenses et s'exposer totalement. Et le chagrin accumulé avait alors trouvé un espace dans lequel s'engouffrer. Il s'exprimait librement. C'était libérateur et c'était bien plus sain que la maîtrise que Dean s'efforçait de conserver en permanence.
- Je suis là mon cœur… je suis avec toi et je serais toujours là, souffla-t-il.
Dean finit par se calmer suffisamment pour reprendre la parole.
- Merci, murmura-t-il alors.
Castiel déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant d'essuyer ses joues du bout des doigts. Il réalisa ensuite qu'il n'avait pas encore détaché son fiancé. Il s'empressa de le faire et de vérifier que les liens n'avaient pas laisser la moindre traces. Dean referma alors ses bras autour de lui et le serra contre son torse. Castiel posa ses yeux sur les traces de morsure qui parsemaient sa peau nue.
- Je ne t'ai pas fait mal ? Demanda-t-il un peu inquiet.
Certaines de ses morsures étaient déjà bien rouges et promettaient de beaux hématomes par le suite. Dean porterait sans doute ces marques durant plusieurs jours. Ils ne mettaient pas sa vie en danger. Mais ils seraient douloureux.
- Non et tu n'as rien fait que je ne voulais que tu me fasses. Tu sais que j'aime… j'aime plus que tout l'idée de porter tes marques…
Castiel fut rassuré de l'entendre. Il sourit faiblement avant de déposer un baiser juste au dessus d'une traces qu'il avait faites.
- Et franchement… même après tous ces mois… tu continues de me surprendre. Je ne sais pas comment tu fais pour savoir ce dont j'ai besoin… ce que j'attends de toi sans que j'ai besoin de te le dire. C'est fou. C'est presque comme si tu pouvais lire dans mes pensées.
Castiel haussa les épaules et choisit de plaisanter pour garder l'atmosphère détendue.
- Qui sait ? Peut-être que c'est le cas. Peut-être que je suis capable de voir ce qui se cache dans ta tête.
- Ne t'y attarde pas trop. Ce n'est pas franchement un endroit agréable, répliqua Dean.
Castiel savait qu'il ne plaisantait pas. Bien au contraire. Il était totalement sérieux. Peu importait les progrès qu'il avait fait depuis leur rencontre, il continua à faire ce type de réflexions parfois. Il avait du mal à oublier totalement toutes les années passées à écouter son père lui dire qu'il ne valait pas grand chose.
- C'est un endroit fantastique rempli d'images de moi entièrement nu. Je le trouve plutôt agréable.
- Parce que tu as un ego surdimensionné.
- Peut-être oui mais c'est un trait que je partage avec Gabriel. Et si cela peut te rassurer, mon esprit est rempli d'image de toi nu. Ça équilibre les choses non ?
Dean sourit à son tour.
- Peut-être oui, admit-il alors.
Castiel se blottit un peu plus contre lui et posa une jambe par dessus celle de Dean pour établir un maximum de contacts entre son fiancé et lui. C'était parfait. C'était exactement ainsi qu'il voulait passer le restant de sa vie. Si c'était possible, il ne quitterait plus cette chambre. Exigerait que Dean passe son temps nu. Bien sûr, cela compliquerait sans nul doute leur vie sociale. Mais il aimait l'idée.
- J'ai demandé à Gabriel de trouver quelqu'un pour me tatouer ton nom dans le cou… ou juste de l'encre et du matériel adéquat. Je ne veux pas attendre plus longtemps. Je veux que ce soit juste après notre mariage. Et si toutefois, il ne trouve rien alors il faudra que tu te prépares à l'idée de me marquer autrement.
Castiel hocha la tête. Il savait que son fiancé en avait besoin. Il vivait avec le nom d'Aaron dans son cou depuis trop longtemps maintenant. Il avait besoin de le recouvrir. Besoin de se réapproprier son corps. Et si cela passait par le nom de Castiel à la place de celui de son tortionnaire, le jeune homme était prêt à le faire. Il n'aimait pas l'idée de le taillader comme Aaron l'avait fait. Mais il mettrait ses sentiments et ses peurs de côté pour Dean.
- Je te l'ai dit. Je le ferais. Mais je veux que tu en fasses de même avec moi. Ce sera comme échanger des alliances. Sauf qu'on sera les seuls à le savoir… enfin les seuls avec Gabriel visiblement.
Dean remonta une main et la glissa dans les cheveux de Castiel.
- Hum à ce sujet… je me demandais si tu accepterais de… je sais bien que c'est un peu ridicule mais je… je voudrais te donner l'alliance de ma mère le jour du mariage. C'est juste un anneau en argent. Rien de féminin ou de… je l'avais fait mettre à ma taille et je sais que tu as les doigts plus fins mais je… enfin je serais honoré que tu la portes. Je pense que c'est pour ça que ma mère me l'a léguée à sa mort.
Castiel sentit son cœur accélérer dans sa poitrine. Il n'en revenait pas que Dean le lui propose. Il était incroyablement honoré. Il n'était pas sûr d'en être digne. Mais il n'avait pas pour autant l'intention de renoncer. Il porterait cette bague et il la porterait avec fierté.
- Bien sûr que je le veux… je n'ai… j'aimerais en avoir une à te donner mais je n'ai rien de tel, alors...
- C'est pas grave, Cas. Je n'ai pas besoin d'une bague. Mais je veux que tu aies celle de ma mère. Je veux que ce soit la personne avec qui je veux passer le reste de ma vie qui la porte. Parce qu'elle est le symbole de l'amour que ma mère avait pour mon père à une époque et enfin… c'est important pour moi.
Castiel déposa un baiser sur le torse de Dean.
- Et ça l'est pour moi aussi. C'est pour ça que j'accepte. Tu n'as pas besoin de chercher à me convaincre ou trouver le moindre argument. J'en ai envie.
- Tu es parfait, tu le sais au moins ?
Castiel estimait ne pas l'être. Il avait des défauts. Il en était conscient. Mais il savait également qu'il était inutile de chercher à convaincre Dean du contraire. Il pouvait comprendre sa réflexion. Car à ses yeux à lui, son fiancé était parfait également. Peu importait leurs défauts respectifs, ils étaient parfaits l'un pour l'autre.
- Tu es parfait aussi. Tu es plus que ce que j'espérais avoir un jour… plus que ce dont je rêvais et plus que ce j'estime mériter.
- Inutile de me flatter, Cas… je suis déjà dans ton lit, répliqua Dean sur le ton de la plaisanterie.
- Notre lit, Dean, rectifia Castiel aussitôt.
Dean ricana une seconde mais ne dit rien. Castiel choisit de ne pas commenter sa réaction. Il n'était pas sûr exactement de ce qu'elle signifiait et il ne voulait surtout pas gâcher ce moment. Il ferma finalement les yeux et profita de la proximité du corps de Dean et de la chaleur qui en émanait.
- C'est aussi ce que le mariage signifie, non ? Tout ce qui est à toi est à moi et vice versa ? J'aime assez l'idée même si je n'ai pas grand-chose. Et même si on sait déjà tous les deux que mon corps, mon âme et mon cœur sont à toi.
Castiel était parfois surpris d'entendre Dean dire des choses aussi poétiques quand il agissait la majeure partie du temps comme un homme qui ne laissait pas son cœur dicter sa conduite. Il était incroyablement sensible et romantique. Il le niait et le cachait mais Castiel le savait. Et à chaque fois qu'il l'entendait parler ainsi, sa gorge se nouait. Il réalisait alors la chance qu'il avait d'avoir réussi à percer ses défenses et à voir l'homme incroyable qui se cachait derrière lui. Celui qui n'avait pas peur qu'on se moque de sa sensibilité. Qui ne cherchait pas à jouer les machos pour se protéger du regard des autres. Pour coller à l'image que son père avait de lui.
- Et moi je suis à toi. Dans tous les sens du terme d'ailleurs.
- Hum j'aime cette idée. Est-ce que ça veut dire que je peux tatouer mon nom sur ton front et d'exhiber ensuite dans le camp pour que tout le monde sache que tu es pris ?
- Ça ne sera pas nécessaire puisque tout le monde le sait déjà. Si tu insistes, je pourrais y réfléchir mais j'avoue que l'idée de me faire tatouer sur le front ne m'enchante pas vraiment.
- Sur les fesses alors ? Comme ça je serais le seul à le voir.
- Je vais y réfléchir.
Dean se détendit alors et Castiel remonta son visage le long de son torse pour sentir son cœur battre sous sa joue. C'était agréable et rassurant. Une douce musique qui l'accompagnerait dans ses rêves quand il laisserait enfin le sommeil s'emparer de lui.
- Si Sam était encore là, il me dirait probablement qu'il l'avait compris avant moi. Il dirait quelque chose du genre « je le savais depuis des lustres ».
- De quoi ? Demanda Castiel qui était trop fatigué pour comprendre de quoi son fiancé parlait.
- Du fait que je suis gay. Il l'avait compris bien avant moi. Il l'a même écrit dans son journal. Enfin pas aussi clairement mais c'est évident.
- Je croyais que tu étais bisexuel.
Dean haussa les épaules.
- C'est ce que je pensais aussi mais c'était uniquement parce que je trouvais ça plus rassurant. Me dire que je pouvais un jour être attiré par une femme à nouveau, ça me semblait être moins… disons comme un saut dans l'inconnu. Mais franchement, si je suis honnête, je dois reconnaître que j'ai toujours été foncièrement gay. Je veux dire… complètement et totalement gay. Deux femmes pourraient se sauter dessus devant mes yeux et je ne ressentirais rien. Et pourtant, c'est sans nul doute le rêve de la majorité des hétéros. Ou alors peut-être que je suis Casexuel… tu crois que c'est possible ?
Castiel ne put s'empêcher de rire devant ce qui était clairement une plaisanterie de la part de son fiancé. Il aimait toutefois l'idée d'être le seul homme… la seule personne à pouvoir exciter Dean dans l'avenir.
- C'est possible. Ce qui ferait de moi un Deansexuel ?
- Tu sais que ton frère a un mots pour qualifier notre couple ?
Cela n'étonnait pas Castiel. Gabriel avait toujours des idées étranges.
- Ah oui et comment est-ce qu'ils nous appellent ?
- Destiel… Dean et Castiel… Destiel. Je te jure. J'ai parfois l'impression qu'il me déteint dessus.
- Ce n'est pas une si mauvaise chaise. Gabe est… unique mais c'est également quelqu'un de bien.
- L'un des meilleurs, confirma Dean sans hésiter. Juste après toi.
Castiel sourit alors. Il aimait le fait que son fiancé et son frère soient aussi proches. Cela facilitait grandement les choses. Et Dean avait besoin d'être entourés de gens qui l'aimaient. Il étouffa un bâillement contre le torse de son fiancé et ne fut pas surpris de l'entendre ricaner au dessus de lui.
- Dors mon amour. Je pense que tu l'as bien mérité.
- Hum, OK, accepta Castiel sans hésiter.
Il passa un bras autour du ventre de Dean et se serra un peu plus encore contre lui. Il cessa de lutter contre le sommeil et se concentra uniquement sur les battements du cœur de Dean contre son oreille. Il laissa le rythme régulier le bercer jusqu'à sombrer doucement dans le sommeil. Il aurait pu jurer que Dean fredonnait une chanson à son oreille mais il refusait d'ouvrir les yeux et de lui demander confirmation. Il se contenta de l'écouter. Et sans qu'il s'en rende réellement compte, il finit par s'endormir doucement, emportant avec lui la voix de Dean pour peupler ses rêves.
