Bonsoir !
Un peu de retard, je sais...mais j'écris tellement ces derniers jours que j'en oublie de poster.
Merci à Manooon, July-bOnes, Guest, Guest, lavicalinaezza, Guest, Guest et Low-BB.
Bonne lecture !
Chapitre 37 : Un assassinat
Camille sortit son téléphone portable. La découverte qu'elle venait de faire était pour le moins inattendue, surtout si l'on prenait en compte les récentes déclarations de l'agent Green.
«Agent Garrett ? demanda-t-elle après avoir entendu son interlocuteur décrocher.
-Docteur Saroyan ? Que se passe-t-il ?
-J'ai terminé l'examen du corps de l'agent Bloom. Il en ressort quelque chose de très…étrange.
-C'est-à-dire ?
-Elle présente de multiples hématomes et fractures dues à l'accident, mais celle de sa nuque a une autre origine.
-En clair ?
-Je suis formelle : l'agent Allison Bloom a été assassinée, on lui a brisé la nuque avec un objet contondant, après l'accident de voiture.
-Assassinée, vous dites ? Mais pourquoi ?
-Ça, c'est votre travail. Il faudrait que vous veniez, mademoiselle Montenegro a quelque chose pour vous.
-Bien, je suis en route.»
Angela, Camille et Garrett étaient réunis dans le bureau de l'artiste.
«Alors, que se passe-t-il ?
-J'ai découvert un Samuel qui a connu Bloom à l'académie du F.B.I., à Quantico ; il s'appelle Samuel Klein. Il présente toutes les caractéristiques du profil de Sweets : 42 ans, 1,88m, 82kg, blanc, caucasien. Il vit tout près d'ici.
-Une adresse ?
-Oui, tenez. Grâce au téléphone retrouvé par Camille, j'ai pu déterminer le numéro qu'utilisait Samuel pour communiquer avec Allison Bloom.
-Formidable !
-Et ce n'est pas tout : ce même numéro a été utilisé il y a quelques minutes. Je suis en train de tracer l'appel. Le téléphone est éteint, mais je pourrai tout de même déterminer l'antenne la plus proche de l'endroit où se trouve le téléphone.
-Vous avez tenté d'appeler ce numéro ?
-Oui, mais comme je vous l'ai dit, il est éteint.
-Et le numéro qu'il a appelé ?
-Euh…oui, ce…Camille, je peux vous parler un instant ?»
Les deux femmes s'isolèrent, sous le regard étonné de Garrett, qui ne comprenait pas pourquoi cette question appelait une discussion dont il était exclu.
«Qu'il y a-t-il ?
-Ce numéro…Camille, il faut que je vous avoue quelque chose. Max Keenan est venu me voir juste après la disparition de Bren', il…il recherche Sam. Et je lui transmets toutes les informations qu'on obtient depuis.
-Quoi ? Vous vous rendez compte que ce que vous faites est illégal ?
-Oui, je sais, mais il connaît quelqu'un qui a connu Samuel ! Il a plus de chances que nous de les retrouver vivants, alors je l'ai aidé.
-Bon, bon…on réglera ça plus tard. Pourquoi me dites-vous ça maintenant ?
-Parce que c'est lui que Samuel a appelé.
-Oh…
-Vu ce que Garrett a fait à Hodgins qui avait essayé de l'aider…je ne veux pas qu'il interfère.»
Angela eut un petit sourire inquiet.
«Qu'est-ce que je fais ?
-Hem…vous êtes sûre qu'il peut retrouver Booth et Brennan ?
-Certaine. Un de ses amis traque Samuel depuis des années.
-Bon. Dans ce cas, dites à Garrett que cette communication n'a pas d'importance. Il ne faut pas qu'il s'attarde dessus.»
L'artiste acquiesça, et elles revinrent dans le bureau.
«Alors, ce numéro ? s'impatienta Garrett.
-Oui, le numéro…en fait, la communication n'a duré que quelques secondes, et ça va me prendre un moment pour le déterminer.
-Et c'est ça qui nécessitait une discussion privée ?
-Non, c'était un autre problème plus…personnel.
-Bon. Et vous, docteur Saroyan, vous dites que l'agent Bloom a été assassinée ?
-Oui. On lui a brisé la nuque.
-Intéressant. Avec un des objets présents sur les lieux ?
-Je n'ai pas encore pu tous les vérifier, mais j'y travaille. Angela fera une représentation en trois dimensions de la blessure pour m'aider.
-Bien. Prévenez-moi quand il y a du nouveau je vais informer mon patron.»
Garrett tourna les talons, prêt à partir. Mais, peu avant de franchir la porte, il se retourna :
«Ah, au fait : ne vous amusez pas à faire cavalier seul en imaginant pouvoir aller plus vite que nous. Nous faisons tout ce qui est humainement possible, et nous avons besoin de toutes les forces possibles. Par contre, nous n'avons pas besoin que vous fassiez jeu à part.»
Sam Cullen était de mauvaise humeur cet après-midi-là. L'enquête piétinait, il n'y avait pas eu de bonne nouvelle depuis longtemps. Aucune avancée, rien.
Jusqu'à ce que Garrett entre dans son bureau.
«Il y a du nouveau, monsieur.»
Le directeur le dévisagea, surpris et impatient à la fois.
«Eh bien, parlez !
-L'agent Bloom a été assassinée, monsieur.
-En quoi est-ce nouveau ? Elle est morte dans un accident provoqué par Samuel, et après ?
-Non, vous n'y êtes pas. On l'a tuée après l'accident, alors qu'elle était inconsciente.
-Comment ?
-On lui a brisé les cervicales avec un objet contondant. C'est probablement Samuel qui a fait le coup.
-Et pourquoi Samuel aurait-il fait cela, d'après vous ?
-Je pense que l'agent Bloom en avait assez de couvrir tous ces crimes, et qu'elle a voulu le dénoncer à la police. Du coup, il l'a tuée pour la faire taire.
-Pourquoi maintenant ? Cela fait plus de huit ans qu'il a commencé à tuer !
-Alors peut-être qu'avant elle ignorait ce qu'il faisait des informations qu'elle lui donnait, mais qu'elle a fini par découvrir le pot-aux-roses et s'est sentie coupable.
-Mouais. Et pourquoi ne pas avoir tué également l'agent Green ? Après tout, il était une menace, il savait qu'elle était sa complice.
-Il ne le savait pas forcément. Samuel a peut-être pensé que l'agent Green ne savait rien, que Bloom avait su garder le secret.
-Samuel n'est pas le genre d'homme à laisser des choses au hasard. Il n'aurait pas pris le risque.
-Peut-être qu'il n'a tout simplement pas eu le temps, alors. Après tout, le docteur Brennan et l'agent Booth sont arrivés quelques minutes plus tard sur les lieux, il devait partir.
-Vous oubliez qu'il leur a fait perdre connaissance. Il avait tout le temps de commettre son autre meurtre et de disparaître avant qu'on arrive.
-Il a pu penser qu'il ne s'en sortirait pas. L'agent Green était grièvement blessé.
-Bloom aussi, et ça ne l'a pas empêché de finir le travail.
-C'est juste. Je ne sais pas encore pourquoi il a épargné l'agent Green, mais je le découvrirai. J'ai aussi le nom d'un éventuel suspect, je vais aller lui rendre visite. Mademoiselle Montenegro, l'artiste du Jefferson, a également réussi à déterminer un numéro de téléphone utilisé par Samuel et cherche à le localiser en ce moment même. Quant à moi, je vais le faire placer sur écoute.
-Très bien. Tenez-moi au courant, agent Garrett.
-Bien monsieur.»
Timothy Garrett errait dans les rues d'une petite ville proche de New York. Cela faisait plus d'une heure qu'il cherchait la maison du dénommé Samuel Klein, mais il était perdu. Il ne trouvait pas la rue. Il avait bien demandé à quelques passants, mais tous lui avaient indiqué une adresse différente, et chaque rue qu'il avait prise l'avait conduit dans une impasse ou un sens interdit.
Il était au bord de la crise de nerfs lorsque, au détour d'une ruelle, il eut la vision de ce qui lui sembla être un ange, une divinité envoyée par la Providence pour l'aider dans sa quête. Il s'arrêta près de cet être béni que les humains appellent «facteur», et qui a le don de connaître les rues de la ville où il travaille.
«Bonsoir ! lança-t-il. Excusez-moi, pourriez-vous m'indiquer la direction à prendre pour me rendre à cette adresse ?»
Après ces tribulations diverses, Garrett parvint enfin au but de son voyage : la maison de Samuel Klein.
Il observa l'habitation : c'était une petite maison entourée de pelouse, avec quelques fleurs. Une petite aire carrelée menait à la porte du bâtiment, qui ne comportait – étrangement – aucune marche.
L'agent sonna. L'heure de la confrontation avait sonné.
Une jeune femme vint lui ouvrir la porte. Après quelques mots, elle le laissa entrer.
Mais Garrett eut droit à une réelle surprise en entrant dans le salon. Il s'arrêta brusquement, figé, les yeux écarquillés.
Samuel s'étira. La nuit avait été courte. Il avait suivi l'agent Garrett la veille, et il savait à présent qu'ils avaient trouvé le téléphone. Tant mieux. Tout se déroulait comme prévu.
Il se leva. Il était temps d'aller rendre visite à ses deux pensionnaires.
Booth était dans un coin de la pièce, visage tourné contre le mur. Il avait passé une partie de la nuit à se morfondre en repensant à ce qu'elle lui avait dit, et l'autre à essayer de se reposer en prévision de la prochaine visite de Samuel.
Brennan s'était blottie dans un autre coin de la pièce, le coin opposé à celui de Booth. Elle ne l'avait pas regardé depuis leur dernière «discussion». Elle avait passé la nuit à réfléchir, réflexion de temps à autre interrompue par le sommeil.
Mais, malgré ces heures de réflexion, elle était toujours perdue. Elle ne comprenait pas, elle était troublée. Et, comme toujours dans ces moments-là, elle se reportait à la logique, au rationnel. Et là, sa logique lui commandait de croire les faits, à savoir la liste. C'était l'écriture de Booth, il n'y avait pas le moindre doute. Il n'y avait aucune trace d'un nom effacé, ou d'un nom modifié. La liste ne semblait pas non plus avoir été tronquée. Alors, quoi ?
Samuel utilisait toutes les armes qu'il avait pour les déstabiliser, depuis le début. Armes réelles ou falsifiées. Et celle-là, à quelle catégorie appartenait-elle ?
La porte grinça. Samuel était de retour.
«Bonjour mes tourtereaux ! Comment ça va, aujourd'hui ? Bien dormi ?»
Il posa un plateau près de chacun des deux partenaires. Dessus se trouvaient un verre de lait, un autre de jus d'orange et trois tranches de pain. Mais aucun des deux n'accorda un quelconque regard au plateau ou à Samuel.
«Cela n'a pas l'air d'aller entre vous…mais ce n'est pas une raison pour ne pas se nourrir ! Il ne faut pas vous laisser dépérir, c'est stupide.
-Pourquoi ? Vous perdriez votre source d'amusement ?» ironisa Booth, voulant provoquer Samuel.
L'agent était en colère, et il avait besoin de décharger sa tension.
«Non, mais se laisser mourir est la plus grande des faiblesses. Or tu n'es pas faible, n'est-ce pas Seeley ? En plus, si tu veux me botter les fesses pour avoir fait pleurer ta chérie, tu auras besoin de forces. Allons, tu sais que je n'ai rien mis dedans.»
Booth posa les yeux sur le plateau. Après tout, cela ne lui ferait pas de mal. Et peut-être cela calmerait-il quelque peu le feu de la colère qui brûlait en lui.
«Et toi Temperance, tu ne manges pas ?»
La jeune femme ne bougea pas d'un cil. Elle ne voulait parler à personne. Tout autour d'elle était si froid, si morne, si terne et si gris. Comme dans son cœur. Elle n'avait envie de rien, simplement de rester là, et qu'on fasse d'elle tout ce qu'on voulait. Pourvu qu'on ne l'oblige pas à se battre. Qu'on la laisse être ailleurs. Qu'on permette à son esprit de s'évader. Qu'on l'autorise à ne plus penser consciemment.
Elle voulait juste ne plus exister. Elle se sentait déjà comme une coquille vide. Elle souhaitait juste que ce soit réellement le cas. Ne plus exister, ne plus être obligée de penser, ne plus avoir à savoir que Booth existait…tel était son désir.
Elle sentit à peine Samuel la faire se lever et la pousser vers la porte. Elle ne vit pas Booth tenter de s'interposer. Elle n'entendit pas les deux hommes se disputer, et marcha lentement jusqu'à la porte. Elle ne savait pas ce qui l'attendait, mais elle s'en fichait. Cela ne comptait pas. Plus rien ne comptait depuis que son cœur avait été brisé, brisé par quelque chose qu'elle croyait auparavant impossible : l'abandon de Booth.
Alors ?
La suite le 10 ?
