Résumé : Deuxième année à Poudlard pour Lysandra et Eridan. On en apprend plus sur le passé commun de Cassandre et Severus.
NA : Le Salut d'Amour - Edward Elgar : watch?v=pCu0UIm7Uow
Beau Soir - Claude Debussy : watch?v=OZcX6kqFhSU
Il y a deux lignes dans ce chapitre que j'avais initialement écris en anglais et que j'ai traduis avant de poster. J'ai laissé les deux phrases originales (elles sont entre parenthèses et en italique) comme ça, vous avez le choix.
Je regardais les joueurs au dessus de ma tête. Aujourd'hui avait lieu le match de Quidditch entre Gryffondor et Poufsouffle. Le terrain de Quidditch était le seul endroit où mes enfants pouvaient se battre en toute liberté. Lysandra était une des batteuses de l'équipe de Gryffondor tandis qu'Eridan était le gardien de l'équipe de Poufsouffle. Tous deux étaient déjà sortis du terrain, l'une avec un bras cassé et l'autre avec une jambe cassée. Quelques minutes plus tard, je parvenais à rattraper, in extremis, l'attrapeur de Poufsouffle alors qu'il venait de chuter de son balai à plusieurs dizaines de mètres de haut. Je donnais le coup de sifflet final quelques secondes plus tard, l'attrapeur de Gryffondor ayant attrapé le Vif d'Or. Le score final était de 100 à 260 pour les Gryffondors. Je saluais les joueurs et quittais le terrain pour retourner à mes appartements. Je m'asseyais lourdement dans un des fauteuils du salon et me massais les tempes, sentant poindre un sérieux mal de tête.
- Alors ce match ?
Je tournais la tête vers le tableau de Severus et souriais.
- Gryffondor a gagné.
- Lysandra doit être contente.
- Elle le sera quand elle le saura.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Lysandra s'est cassée le bras droit pendant le match. Et Eridan s'est cassé la jambe droite.
- Comment ?
- Avec des cognards.
- Tu te souviens de ce match en sixième année, celui où tu t'es laissée tomber de ton balai ?
- Oui, un batteur des Serpentards avait essayé d'empêcher James d'attraper le Vif d'Or. Il avait envoyé un cognard sur lui et avait cassé son balai. Je l'avais rattrapé avant qu'il tombe mais on était trop lourds. Alors je m'étais laissée tomber...
Le vent siffle dans mes oreilles. J'ai sauté depuis plus dizaines de mètres. Ça devrait être suffisant. Puis je me souviens de la nuit dernière avec Severus. Je me souviens que je lui ai dis de m'attendre à l'entrée du terrain. Il me voit. Il me voit tomber. Je le sais. Je commence à paniquer. Je ne veux pas qu'il me voit m'écraser. Je ne veux pas qu'il pense que je lui en veux pour une quelconque raison. Je ne veux pas qu'il pense que c'est sa faute. Ma respiration s'accélère alors que je sens que je me rapproche du sol. J'entends des cris mais ils semblent être comme étouffés par le bruit de ma chute. Je sens des larmes quitter les coins de mes yeux et s'envoler sans même toucher mes joues. Je m'attends à sentir mon corps s'écraser sur le terrain mais rien ne se passe. J'ouvre les yeux, je ne souviens même pas de les avoir fermé, et je vois que je lévite à quelques centimètres du sol. Je tourne la tête et je vois Severus, sa baguette tendue vers moi. Mon dos entre enfin en contact avec le sol, en douceur. Des larmes coulent rapidement sur mes joues, se mêlant à mes cheveux. Ma poitrine se soulève à un rythme effréné tandis que je suis en pleine crise de panique. Madame Hooch essaye de s'approcher de moi mais un bouclier bleu se forme autour de moi, la repoussant. Je tourne une nouvelle fois la tête vers l'entrée du terrain où se trouve toujours Severus, sa baguette levée. Mes bras sont étendus de part et d'autre de mon corps, la peur me clouant au sol. Le Serpentard s'approche timidement. Hooch et Pomfresh, qui vient juste d'arriver, le laissent faire vu qu'elles n'arrivent pas à m'approcher sans être repoussées. Il hésite un peu avant de traverser le bouclier, sans être éjecté. Il s'assoit près de moi et répète un à un les sorts donnés par l'infirmière. D'après ce que je comprend, je n'ai rien. Le reste est un peu flou pour moi. Je crois que Severus me soulève et m'amène jusque dans les appartements que Dumbledore m'a donné l'année dernière pour le reste de ma scolarité. Je le regarde alors qu'il s'apprête à partir après m'avoir déposé sur mon lit. Je tends la main vers lui.
- Attend...
Il ne se retourne pas mais s'arrête.
- Reste avec moi, s'il te plaît...
Je sens qu'il hésite avant de revenir vers moi. Il enlève la plupart de ses vêtements, restant en caleçon, et m'aide à enlever ma tenue de Quidditch. Il me serre contre lui, sous les draps, et je pose ma tête contre sa poitrine. Je m'endors contre lui.
Quelques heures plus tard, je me réveille. Je passe ma main dans ses cheveux pour voir son visage. Il s'est endormi lui aussi. Je me lève et lance un Tempus pour voir l'heure qu'il est. Nous avons raté le déjeuner. J'enfile son tee-shirt et je vais dans la cuisine, essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas le réveiller. Je prépare des pâtes avec une sauce épicée. Je sais qu'il aime ça. Je mélange du poulet à la préparation. Quelques minutes plus tard, alors je suis toujours derrière les fourneaux, la porte de la chambre s'ouvre. Je me tourne et je le vois sortir, les cheveux en bataille, simplement vêtu d'un pantalon. Il me rejoint mais reste silencieux. Je fais léviter deux assiettes, deux verres et les couverts sur la petite table du salon. Nous mangeons en silence et je me lève pour faire la vaisselle. Il reste assis dans le salon. Il semble attendre quelque chose. Une explication peut-être. Après avoir rangé la vaisselle, je vais dans la salle de bain. J'ai besoin d'une douche. Je me déshabille et j'entre dans la cabine de douche. Je reste un moment sans bouger sous l'eau froide avant de m'asseoir par terre. Je ferme les yeux et je revois ma chute. Je revois les visages de ces personnes que j'ai tué. Des larmes coulent à nouveau sur mes joues, se mêlant à l'eau qui coule sur mon corps. Ces visages me hantent jour et nuit. Ils sont toujours là. Simples reflets dans le miroir ou visages au milieu d'une foule. Je les vois partout. J'ai l'impression de devenir folle. De perdre pied dans la réalité. Mes simples larmes se transforment vite en sanglots, bruit camouflé par celui de la douche. Je me mords les lèvres jusqu'au sang. Je n'ai pas le droit d'avoir mal. Cette folie qui m'emporte est tout ce que je mérite. C'est un piètre prix à payer pour neuf meurtres. J'ouvre les yeux et donne un premier coup de poing dans la faïence de la douche. Puis un deuxième. Il y a un étrange craquement. Mais je ne sais pas si c'est le carrelage qui s'est fissuré ou ma main qui s'est brisée. Je frappe encore et encore. Mon sang se mêle à l'eau qui continue de couler sur moi. La porte de la salle de bain s'ouvre en grand et Severus entre. Il éteint l'eau et m'écarte du mur. Je le frappe au niveau du torse. Encore et encore. Jusqu'à ce que je laisse mon poing glisser le long de sa poitrine, laissant une trace sanglante sur mon passage. Il m'enlace et caresse mes cheveux avant de me soulever. Il m'enroule dans une serviette et m'installe sur une chaise dans la salle de bain. Il soigne ma main, patiemment, murmurant juste quelques sorts pour soigner les fractures et ressouder les os brisés. Une fois cela fait, il me fait boire une potion étrange, verte et absolument immonde. Je me sens rapidement bizarre et mes paupières sont lourdes. J'ai du mal à garder les yeux ouverts. Severus me porte à nouveau mais je ne vois pas où il m'emmène, je m'endors avant même que l'on ne passe la porte de la salle de bain.
A mon réveil, Severus est là, allongé sur le lit, près de moi. Il m'observe. Je ne parviens pas à lire les émotions que je vois dans ses yeux.
- Est-ce que tu veux en parler ?
Je secoue négativement la tête et je me blottis contre lui. Je sens le bout de ses doigts effleurer certaines de mes cicatrices.
- Qui t'a fait ça ?
- Ça n'a aucune importance, il est mort maintenant...
Je sens des larmes à nouveau couler sur mes joues et je me maudis pour être aussi faible et fragile. Il baisse la tête et embrasse mes larmes, les effaçant une à une avant de déposer un baiser sur le sommet de mon crâne. Je passe mes bras autour de sa taille et l'embrasse dans le cou.
Le lendemain matin, c'est lui qui prépare le petit déjeuner. Il me réveille assez tôt pour que nous puissions déjeuner ensemble avant d'aller en cours. Je l'embrasse légèrement avant que nous quittions l'appartement. Nous arrivons ensemble à notre cours de potions que nous avons en commun. Remus et Lily sont là eux-aussi. Je vois James et Sirius qui parlent avec eux. Peter doit sûrement avoir un autre cours. Sirius est le premier à nous voir. Il s'approche et je vois, du coin de l'œil, Severus se crisper un peu. Il décide de rester en retrait. Sirius s'arrête juste devant moi et attrape mon poignet droit, levant ma main bandée.
- C'est lui qui t'a fait ça ?
- Lâche moi Sirius.
- Répond moi d'abord, est-ce que c'est lui qui t'a blessé ?
- Non. Maintenant laisse moi tranquille.
- Où est-ce que tu étais après le match ? Après que tu sois tombée je t'ai vu partir avec Snivellus.
- Ça ne te regarde pas.
- On sort ensemble alors bien sûr que ça me regarde.
- Oh, vraiment ? Et qui est-ce qui a décidé de ça ? Pas moi en tout cas.
Je me dégage de sa poigne et recule vers Severus. Mais il est plus rapide. Il m'attrape par la taille et m'embrasse, me plaquant contre le mur. J'essaye de me libérer mais il tient fermement mes poignets. Cette attaque m'en rappelle d'autres et je sens une vague de panique m'envahir. Severus me libère en repoussant Sirius et je me laisse glisser contre le mur. Ma respiration est chaotique et des larmes roulent sur mes joues sans s'arrêter.
- Qu'est-ce qu'elle a ?
- Elle fait une crise de panique. Maintenant dégage Black.
- Parce que tu crois que je vais la laisser seule avec toi ?
- Tu n'as pas le choix. Elle voudra te tuer dès qu'elle aura repris ses esprits.
Il se baisse et me soulève sans problèmes. Il me porte jusqu'à mes appartements et m'assois sur le canapé avant de se positionner derrière moi. Il m'attire vers lui et caresse mes cheveux tout en me murmurant des mots que je ne comprends pas. Le ton qu'il emploie parvient à me calmer. Lorsque je parviens enfin à avoir une respiration normale, je me tourne un peu vers lui.
- Merci... Si je croise Sirius, je crois que je lui arrache la tête.
- Je l'ai prévenu. Mais ne soit pas trop dure avec lui.
- Et pourquoi est-ce que je devrais être clémente ?
- Je pense qu'il t'aime. Mais tu connais les Gryffondors, ils ne savent pas comment exprimer leurs sentiments et sont impulsifs.
- Tu sais que tu es en train de dire ça à une Gryffondor, n'est-ce pas ?
- A la moins Gryffondor de toutes très certainement.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu es ambitieuse, intelligente, courageuse et insupportablement gentille.
- C'est trop de compliments d'un coup Severus. Tu veux m'achever c'est ça ?
- Et beaucoup trop de sarcasme pour une Gryffondor.
Je me lève et lui souris.
- Peut-être mais si je n'étais pas qui je suis alors je t'ennuierai très certainement.
- Qui te dis que tu ne m'ennuies pas ?
- Hé !
- Les Gryffondors, tellement susceptibles...
J'attrape un coussin et le lui jette dessus. Il le rattrape et m'observe.
- Ta crise de panique, c'est ce qu'il s'est passé pendant l'été avant la cinquième année qui l'a provoqué, pas Sirius.
- Ce n'est pas un question mais une constatation.
- Effectivement.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Moi j'ai envie de comprendre.
- Severus, s'il te plaît.
- Tes cicatrices. Il y en a qui sont récentes. Est-ce que quelqu'un te frappe ou est-ce que tu te fais du mal ?
- Ça suffit. Je t'ai dis que je ne voulais pas en parler. Et puis, ça ne te regarde pas.
- Est-ce que tu essaies de protéger quelqu'un ?
- Non.
- Donc toutes ces cicatrices... Tu as fais des tentatives de suicide.
- Tais toi Severus, tu ne sais pas de quoi tu parles.
- Justement, explique moi. Je veux comprendre, je veux t'aider.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi est-ce que tu veux m'aider ?
- Parce que...je t'apprécie. Et que je ne veux pas te voir souffrir.
- Je suis un monstre Severus. Je suis un monstre et il n'y a rien que tu puisses faire pour changer ça. Rien ni personne ne peut m'aider. A moins tu puisses remonter le temps et effacer tout le mal que j'ai fais et tout le mal qui m'a été fait.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé Cassandre ?
- Je ne veux pas que tu me détestes, je ne veux pas que tu me regardes avec pitié. Je ne veux pas que tu me regardes avec dégoût.
- Je ne le ferais pas.
- Comment est-ce que tu peux en être aussi sûr ?
Il ne répond rien, il sait que j'ai raison sur ce point là.
- Severus, on devrait retourner en cours. On a déjà raté le cours de potions de Slughorn.
- Tu es sûre que tu veux y retourner ?
- Certaine. Je ne laisserais pas le comportement de Sirius m'empêcher de vivre.
- Ouvre les yeux Cassandre, il t'aime. Je ne vois pas d'autre raison pour qu'il agisse comme un parfait abruti dès qu'il est près de toi. Et la scène qu'il t'a fait quand on est arrivés, pour moi ça s'appelle une crise de jalousie.
- Si tu le dis...
Je le regardais, perdue dans mes pensées, dans mes souvenirs.
- Et puis après pendant la septième année, tu t'es beaucoup rapprochée de Sirius.
- Tu m'as repoussé et m'a jeté dans ses bras. Mais tu avais toujours un comportement ambigu avec moi.
- C'est faux.
- Oh vraiment ? Tu veux que je te rappelle ce qu'il s'est passé le soir de la remise des diplômes des septième année ?
C'est la soirée de remise des diplômes des septième année. Sirius m'a invité mais je n'ai pas du tout envie d'y aller. Pas avec lui en tout cas. Il est gentil. Il est devenu plus attentionné après ce qu'il s'est passé l'année dernière après ce fameux match de Quidditch. Je regarde Lily. Elle est toute excitée d'aller à ce bal. James l'a invité. Ces deux là filent le parfait amour même si ce n'était pas vraiment le cas au tout début. Nous sommes habillées de la même façon, vêtues d'une longue robe verte très simple. Les seules choses qui nous différencient sont notre différence de taille, je suis beaucoup plus grande que Lily, la longueur de nos cheveux, les miens sont très courts, et la couleur de nos yeux, les siens sont verts et les miens bleus. Elle se tourne vers moi et m'observe sous toutes les coutures, me répétant encore une fois que je suis trop maigre, qu'il faut que je fasse attention et qu'il faut que je mange plus. Nous sommes dans mes appartements. Elle fait partie des rares personnes à y être venu en deux ans et demi. Seuls elle, Remus et Severus sont venus au moins une fois. D'ailleurs, ce dernier n'est pas venu ici depuis presque un an. Il m'évite. Les seuls moments où je le vois, c'est pendant les cours que nous avons en commun. Sirius arrive un peu à me le faire oublier mais c'est compliqué parfois. Sirius... Severus avait raison à son propos. Il m'aime. Moi, je ne sais pas vraiment. Je l'apprécie, c'est certain. Mais de là à l'aimer... Nous rejoignons toutes les deux nos cavaliers et nous allons dans la Grande Salle, là où tout le monde se réunit. La cérémonie est d'un ennui mortel. Sirius m'invite pour la première danse. Je me vois mal refuser. Une fois qu'elle se termine, il rejoint James et Lily au buffet. J'en profite pour danser un peu avec Remus, lui indiquant une Serdaigle qui l'observe depuis le début de la soirée, et le pousse un peu vers la jeune femme à la fin du morceau. Je m'éclipse discrètement et je vais dans le parc. Il y a plusieurs couples que l'on distingue vaguement dans la pénombre. Un main se pose sur mon épaule et je me retourne, m'attendant à me retrouver nez à nez avec Sirius. A la place, je découvre Severus. Je suis un peu surprise mais, en même temps, je suis heureuse que ça soit lui. Je lui prend la main et le conduis jusque dans notre salle, la salle des instruments de musique. Je pose mes chaussures près du piano, commençant à avoir mal aux pieds et il enlève sa veste. Il tend la main vers moi et je la prend après avoir lancé un sort aux instruments pour qu'ils jouent une musique d'eux-mêmes. Il pose ses deux mains sur ma taille et je passe mes bras autour de son cou. Il semble surpris lorsque le morceau démarre, seuls le piano et un violon jouant.
- C'est le Salut d'Amour d'Edward Elgar.
- C'est toi qui l'a choisi ?
- Non, ce sont les instruments qui ont choisi de jouer ça.
Le rythme est plus lent que le morceau original et nous dansons sans dire un mot de plus, l'un contre l'autre. Lorsque la musique se termine, nous restons un moment dans cette position, aucun de nous n'osant bouger. Puis je pose ma main sur sa joue et je me rapproche. Je dépose mes lèvres sur les siennes, doucement, lentement. Je lui laisse le choix. Il ferme les yeux et pose une main derrière ma tête, faisant durer le baiser. Sirius doit sûrement être en train de me chercher mais ça n'a pas d'importance.
A mon réveil, Severus a disparu. Pourtant, je n'ai pas dormi très longtemps. Quelques minutes tout au plus. Mon regard tombe sur une note manuscrite qui se trouve tout près. Je la lis tout en remettant ma robe.
« Cassandre,
Je pense qu'il vaut mieux pour nous que nous oublions ce qu'il s'est passé. Oublions ce qu'il s'est passé cette nuit et celles d'avant. Tu as Sirius. Nous ne devons plus nous revoir. Nous ne devons plus céder à nos pulsions. Cessons tout ça avant de nous faire du mal. Moins nous attendrons et moins nous souffrirons. Je suis désolé si ces quelques mots te font mal mais nous ne pouvons pas continuer ainsi. Notre relation n'a pas d'avenir. Tu es vouée à devenir une Auror et un membre de l'Ordre du Phénix tandis que je dois devenir un Mangemort. Nous ne pouvons pas être heureux ensemble. Tu ne peux pas être heureuse avec moi. Fais comme Lily. Aime Sirius et fondez une famille ensemble. Je sais que tu rêves d'avoir des enfants. Ne m'en veux pas, je fais ça pour toi. Pour que tu ais une chance d'être heureuse.
Severus T. Snape »
Je regarde le bout de papier sans bouger pendant quelques secondes avant de me lever. Je m'assois sur le banc, devant le piano, et pose mes doigts sur les touches. J'entame Beau Soir de Debussy, fermant les yeux par moments, essayant sans succès de retenir les larmes qui emplissent mes yeux. A la fin du morceau, je me lève et regarde par la fenêtre. Je reste là quelques instants avant de prendre le chemin de mes appartements. En sortant de la salle, je tombe sur Sirius.
- Cassandre, où est-ce que tu étais ? Ça fait deux heures que je te cherche. Tu... Tu as pleuré ?
- Je pensais à mes parents...
Il m'enlace tendrement et je ne peux que pleurer dans ses bras, bien que ce soit pour une toute autre raison que celle que je lui ai donné.
- Pour ce soir là, je veux bien. Mais après mon procès, c'est toi qui a voulu qu'on recommence avant de me repousser.
- Ce jour-là, nous en avions tout les deux besoin. Et je n'ai fait que te faire subir ce que tu m'avais fais le soir de la remise des diplômes. Et puis au moins, avant de partir, je t'avais préparé le petit-déjeuner.
- Et je ne t'ai plus revu pendant plus de dix ans. Et je n'avais besoin de rien après mon procès. J'étais libre. C'est toi qui avais besoin de quelque chose.
- Et tu t'es dis que j'avais besoin de tirer un coup. (And you thought I needed a good shag.)
- Tu avais besoin de réconfort. (You needed comfort.)
- C'est la pire excuse que j'ai jamais entendu.
- Tu pleurais dans mes bras.
- Je venais de perdre Sirius, notre enfant, Lily et James.
- Sirius n'était pas mort à cette époque.
- C'était comme si.
- Si tu voulais autre chose de moi, tu n'avais qu'à le dire à ce moment là.
- J'avais simplement besoin de quelqu'un. De savoir que j'étais importante pour quelqu'un.
Je marche d'un pas rapide vers la zone de transplanage du Ministère. Je n'ai pas hâte de rentrer chez moi. J'ai juste hâte de partir d'ici. Personne ne m'attends à la maison. Je dépasse un homme vêtu entièrement de noir mais je n'y fais pas attention. J'entends des bruits de pas derrière moi et une main se saisit de mon poignet droit.
- Cassandre ?
Je me retourne, surprise. Cette voix. Non, ça ne peut pas être lui.
- Severus? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Mon procès vient de se terminer.
- Ton procès ? Mais tout le monde sait que tu étais un espion.
- Peut-être. Mais le Ministre a décidé que je devais quand-même faire face à un procès.
- Et ?
- J'ai été acquitté.
Un étrange silence s'installe entre nous. Je sens son regard m'étudier attentivement.
- Tu as beaucoup maigri depuis la dernière fois que je t'ai vu.
- J'ai l'impression d'entendre Lily.
Je détourne la tête pour qu'il ne voit pas les larmes perler au coin de mes yeux. Juste le fait de penser à elle ou de mentionner son nom est douloureux. Une main se pose doucement sous mon menton avant de relever et de tourner mon visage.
- Cassandre, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Tu me poses vraiment cette question ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Demande moi plutôt ce qui va bien, la réponse sera plus rapide. Rien. Rien ne va bien.
- Cassandre...
- James et Lily sont morts, Peter l'est très certainement et Sirius est à Azkaban. Harry vit chez la sœur de Lily et son mari et ne sera sûrement jamais aimé parce que Pétunia et son mari détestent les sorciers. Je ne peux même pas m'occuper de mon filleul. Tu voulais que je sois heureuse ? Explique moi comment est-ce que je suis censée l'être quand tout s'effondre autour de moi.
Maintenant, mon visage est couvert de larmes. Toute la tension et la douleur que j'ai accumulé depuis des mois est en train d'exploser. Je suis en train d'exploser. Je sens vaguement ses bras passer autour de ma taille tandis que ma tête repose contre son torse. Je sanglote misérablement, ayant été incapable de verser une larme depuis la mort de Lily et James. Je m'accroche désespérément à sa robe de sorcier comme à une bouée de sauvetage. Ses lèvres se posent sur mon front tandis que sa main caresse lentement mes cheveux. Je lève légèrement la tête. Je n'avais pas remarqué que nous étions aussi proches. Nos regards se croisent et ne se lâchent pas. Nos visages se rapprochent encore puis une sensation familière au niveau de mon nombril m'indique que nous avons transplané. Je suis plaquée en douceur contre un mur et Severus me soulève, tout m'embrassant. J'enroule mes jambes autour de sa taille et le laisse me porter jusqu'à l'étage.
Je me réveille le lendemain matin, assez tôt, et je vois que Severus dort encore. Je me lève sans bruit et je prend une douche rapide. Je m'habille et descend à la cuisine. Je prépare du thé et je bois tout en réfléchissant à la situation. Contrairement à lorsque nous étions élèves, je me sens un peu coupable d'avoir trompé Sirius avec Severus. Je décide alors de faire quelque chose que je n'aurais jamais fais il y a encore quelques années. Je fuis. Mais tout comme lui, je laisse un mot. Je le connais et je sais très bien qu'il va bientôt se lever alors je me dépêche.
« Cher Severus,
Cette situation doit te sembler familière, elle s'est produite il y a trois ans maintenant mais les rôles sont aujourd'hui inversés. Je ne fais que suivre ton conseil. Nous n'aurions jamais dû recommencer. Nous en avions très certainement besoin après tout ce qu'il s'est passé ces derniers temps mais nous n'aurions pas dû replonger. S'il avait dû se passer quelque chose entre nous, ça aurait eu lieu il y a trois ans, après cette fameuse cérémonie ou il y a quatre ans, après le match de Quidditch où je me suis laissée tomber de mon balai. Il y a trois ans, tu m'as demandé d'être heureuse avec Sirius et de fonder une famille avec lui. Aujourd'hui, je doute que cela soit encore possible mais je vais essayer de trouver des preuves pour innocenter Sirius. Avant d'être emmené, il m'a demandé de retrouver Peter. Je vais essayer. En attendant, je pense qu'il est mieux pour nous deux de ne plus jamais nous revoir. Sache que tu avais raison il y a trois ans, tes mots m'ont fait souffrir et je n'ai jamais pu parler de notre relation à qui que ce soit. Même Lily n'en savait rien. Seuls nous, les principaux concernés, sommes au courant de ce qu'il y a eu entre nous pendant plus de deux ans. De ton côté, soit heureux. J'ai entendu dire qu'Albus t'avait confié le poste de Professeur de Potions à Poudlard. Profite de cette opportunité et transforme la en nouveau départ. Laissons le passé derrière nous, oublions le. Je ne te déteste pas pour m'avoir laissé cette nuit là, ceci n'est pas une vengeance. Je ne veux pas prendre l'habitude de me réveiller auprès de toi le matin et de découvrir que j'aime ça. Je ne veux pas souffrir d'une relation à sens unique, une relation dont tu ne veux pas et que je ne veux pas subir. Je ne pense pas avoir de sentiments pour toi mais tu ne me laisses pas indifférente. Mais j'ai Sirius. Même s'il est à Azkaban, c'est lui que j'ai choisi. Par défaut peut-être, je l'ignore. Ne m'en veux pas, je t'en prie. Mais c'est toi même qui a dit, ou plutôt écrit, que c'était ce qu'il y avait de mieux pour nous deux. Ne plus jamais nous voir, oublier. Sache une chose, je n'ai jamais pu oublier ce que nous avons vécu ensemble. Tu n'étais pas seulement mon amant mais aussi mon confident. Je n'ai jamais été aussi à l'aise avec quelqu'un. Tu es quelqu'un d'extraordinaire même si je sais que tu refusera toujours de l'admettre. Je t'entends bouger en haut alors je vais partir. Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Je suis désolée.
Cassandre V. Smith »
Je lui prépare une tasse de thé et pose la lettre juste à côté. Je lui met l'assiette que j'ai préparé pour son petit-déjeuner à côté de la tasse avant de partir.
- Et finalement, regarde ce qu'il s'est passé ensuite. Tu aurais peut-être dû rester, ça aurait été plus simple.
- Si j'étais restée, Eridan et Lysandra ne seraient pas nés. Si j'étais restée, notre relation aurait certainement été publique. Ça aurait pu conduire à notre mort et à la mort de notre famille si Voldemort l'avait appris.
- Peut-être. Mais nous n'aurions pas eu besoin de nous cacher.
- Comme si tu t'étais caché pendant la dernière année de la guerre.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je lui souris.
- Tu as déjà oublié la fois où Neville a failli nous surprendre ?
- J'avais oublié de verrouiller la porte...
- Non, tu m'as dis que nous n'avions pas besoin de la verrouiller parce que personne n'allait entrer.
- Je ne pouvais pas non plus deviner que Longbottom allait oublier sa baguette.
- Heureusement que nous étions tout les deux dos à lui et que tu avais seulement défais les boutons de ma chemise. Si il était arrivé un peu plus tard...
- Il aurait vu bien plus que mes mains glissées sous ta chemise.
