Un appel au secours :
Quelques jours plus tard, après que Bonnie lui ait fabriqué une chevalière anti-brûlure du soleil, Claire arpentait les rues de Mystic Falls en ruminant. Le sang ne lui convenait décidemment pas et elle devait se forcer quotidiennement à en avaler quelques gorgées pour ne pas finir desséchée. Que ce soit du sang humain ou du sang animal, rien n'y faisait, ce qui énervait passablement Damon et démoralisait encore plus (si c'était possible !) Stefan. Caroline s'y était essayée également, mais en vain. Claire se forçait donc à en boire juste la quantité nécessaire à sa survie.
Elle avait surpris une discussion entre Stefan et Damon discutant de son cas problématique. En effet, après que soit passée la folie du changement, elle s'était enfoncée toujours plus dans ses pensées noires et pessimistes son caractère en avait pris un coup et elle était perpétuellement de mauvaise humeur ou au bord des larmes. Damon avait qualifié ce comportement pathologique de « dépression post-mortem » … comme si elle allait sauter de joie à l'idée d'être morte. Elle shoota dans un caillou qui traînait au milieu du trottoir et le vit aller s'écraser 30 mètres plus loin contre le mur d'une maison et il aurait parcouru encore quelques mètres si le mur n'avait pas été là. Elle jeta un coup d'œil inquiet autour d'elle, mais les rues étaient désertes en cette heure matinale. Elle avait fâcheuse tendance à oublier sa force surhumaine, ce qui avait valu une imposante bosse à Stefan quand dans un geste un peu trop brusque elle l'avait heurtée violemment à la tête. Ils s'étaient esclaffés cinq minutes avant que Claire reprenne sa mine terne et triste, au grand dépit de Stefan qui ne savait plus trop quoi faire. Alors il lui avait dit de sortir et d'aller marcher, peut-être que ça lui ferait de bien. Au point où elle en était, elle ne voyait pas ce qui pourrait être pire, alors la voilà se promenant. Autant dire que pour l'instant aucun changement ne s'était effectué, elle était toujours aussi triste, apathique et morne. Exactement comme… .
Un bruit soudain la tira de ses pensées. Elle tourna la tête de tous les côtés, mais ne vit rien. Elle pencha la tête écoutant si d'autres bruits allaient suivre. Rien. En haussant les épaules, elle continua. Elle percevait tellement de choses maintenant que ça ne devait être qu'un mortel ayant renverser un verre ou une assiette. L'overdose d'odeurs, de sons et d'images qu'elle recevait toutes secondes fatiguait constamment son esprit qui était sans cesse sur le qui-vive.
« Claire… »
Cette fois, elle n'avait pas rêvé, on l'avait appelée. Elle se tourna et se retourna à nouveau, mais elle ne voyait, ni n'entendait quelque chose. Frustrée, elle tapa du pied par terre telle une parfaite gamine.
« Claire… »
Ça recommençait ! Cette fois, elle se figea et se concentra sur la voix, elle l'avait déjà entendue aucun doute, mais elle ne parvenait pas à se rappeler où ou quand. Elle ferma les yeux et tenta de se la remémorer.
« Voilà, concentre-toi sur ma voix ! Je ... »
- Claire ! appela soudainement Caroline de l'autre côté de la rue.
Furieuse, Claire se tourna vers Caroline qui accourait déjà vers elle.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda l'agaçante jeune fille. Il y a le bal ce soir, tu devrais être en train de choisir une robe. Viens on va y aller les deux.
Et sans que Claire ne puisse émettre la moindre protestation, elle fut entraînée par une Caroline un petit peu trop enthousiaste.
Deux heures plus tard, quand elle parvint enfin à s'en débarrasser non sans que Caroline lui ait refourgué une robe qui « sera absolument splendide avec tes yeux » pour ce soir, elle retourna chez les Salvatore, excitée. Elle savait qu'elle connaissait la voix qui lui avait parlé et elle s'en était enfin rappelé ! Kol ! Bien sûr, comment aurait-elle pu oublier son timbre de voix si particulier, à la fois charmeur et menaçant. Elle se précipita dans la chambre qu'on lui avait allouée sans dire un mot aux deux frères et s'assit en tailleur sur le lit. Elle avait jeté le sac avec la robe par terre sans s'en soucier une seconde de plus. Elle se concentra essayant de retrouver le coin d'esprit d'où avait retenti la voix de Kol. Quand il lui semblait être assez proche de son but, elle resta cinq bonnes minutes à tergiverser avant de se lancer en se sentant parfaitement ridicule. « Kol ? » pensa-t-elle de toutes ses forces en se projetant dans ce qu'elle imaginait être un espace mental. Aucune réponse ne lui parvint, bien sûr. Elle pensait à quoi aussi ? De la télépathie maintenant ! Et pis quoi encore ? Elle se releva en soupirant.
« CLAIRE ? »
Surprise, elle glissa sur le sac et s'étala sans aucune grâce. « Kol ? » demanda-t-elle sans prendre la peine de se relever. « Qu'est-ce qu'il se passe ? » entendit-elle.
« Rien du tout ! »
« Oui bien sûr » fit Kol, pas du tout dupe. « Bref… »
« Comment c'est possible ? Pourquoi tu me parles par esprit interposé ? Tu es où ? Est-ce que ça va ? »
« Si tu pouvais arrêter ton agaçant flot de question, je pourrais peut-être répondre à une ou deux de tes questions » s'énerva le vampire.
Claire se tint alors coite… enfin … elle tenta de ne pas penser trop fort.
« J'ai… rencontré quelques … ennuis disons, depuis que je t'ai laissée à l'aéroport et j'aurais besoin d'assistance assez rapidement. »
« Ta famille ne peut pas t'aider ? » voulut savoir Claire, se réjouissant de la situation. Kol qui demande de l'aide, complétement incroyable.
« Je ne veux pas les impliquer dans cette histoire. »
« Mais moi oui. »
« Tu ne seras qu'un dommage collatéral si les choses tournent mal. »
Ah carrément.
« Tu pourrais venir ? » demanda-t-il, alors que le silence s'éternisait.
« Non » répliqua Claire vexée et blessée. « Je suis sûre qu'en tant qu'Original surpuissant tu vas pouvoir te débrouiller tout seul. »
« Je ne te demanderai pas une telle chose si ma position n'était pas dramatique ! »
« Je m'en fiche. »
« Alors pourquoi tu me parles encore ? »
…
« Je sais pas comment faire pour partir. »
« Menteuse » répliqua Kol d'une voix amusée.
Agacée, Claire donna quelques coups de poing dans le vide pour se défouler.
« Tu es où ? » abjura-t-elle.
« Pas loin de Mystic Falls. Quelques kilomètres après… dans une grange je pense. Je ne sais pas trop. Je n'ai pas pu voir où l'on m'enfermait. »
« Tu es prisonnier ? »
C'était la meilleure !
« Plus ou moins » éluda-t-il. « Dépêche-toi, ma situation commence à devenir irritante ! »
Puis il rompit leur lien. Evidemment il avait dû finir par un ordre. Claire hésitait. Devrait-elle vraiment aller à son secours. Certes, il l'avait sauvée de la mort, mais à quel prix ? Et ses méthodes masochistes et prétentieuses étaient tellement insupportables. Pourtant tout son être lui criait de s'y précipiter. « Ok, j'y vais ! » décida-t-elle soudainement. Elle descendit précipitamment les escaliers et marcha d'un pas énergique vers la porte d'entrée.
- Tu vas où ? l'arrêta Damon, posé dans un canapé du séjour.
- Je… euhm… vais faire un tour. Juste prendre un peu l'air, bégaya Claire.
Damon haussa un sourcil.
- Je peux venir ? Tu veux aller chasser ?
- Non surtout pas ! le récria-t-elle. C'est juste que… que j'ai besoin d'être un peu seule. Je reviens dans pas longtemps.
Elle sortit sans attendre la réponse de Damon, monta dans sa voiture et démarra en trombe.
