Yop !
Comme promis voilà le chapitre 34 cette semaine. J'espère que l'attente n'a pas été trop dure.
Bleunta : Désolée ! T_T Aha oui Tomoyo est géniale ! Ne t'inquiète pas, je préfère que tu révises, je m'en voudrais sinon ! xD
Bonne lecture !
Dubitatif, le jeune homme fixait son assiette, tentant de se convaincre d'en prendre au moins une fourchette. Il n'avait presque rien mangé depuis la rupture, il allait donc falloir qu'il s'oblige à avaler quelque chose avant de tomber dans les pommes. Comme si ça pouvait lui ouvrir l'appétit, il bu une gorgée d'eau. Les carottes et le choux de son plat ne lui paraissait définitivement pas appétissants du tout. Il aimait ça d'habitude, mais là ça ne passait pas. Il tenta une bouchée de riz qui passa avec beaucoup de difficulté. Peut être qu'il aurait dû prendre une soupe finalement ?
Le serveur, qui avait remarqué sa détresse, vint gentiment vers lui.
-Tout se passe bien, monsieur ?
-Je crois que je n'ai pas très faim... Avoua t-il avec le sourire. Vous pouvez m'apporter l'addition, s'il vous plaît ?
-Vous êtes certain ? Vous n'avez pas touché à votre assiette.
-Oui, je suis sûr.
Un peu gêné, le garçon emporta son plat et lui amena la note. Sans même y penser, il se rendit à la caisse, tendit sa carte bleue, et paya. Tant pis s'il ne mangeait pas, il commençait à avoir l'habitude.
Il n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose que ce qui s'était passé samedi après-midi. Il l'avait vraiment fait, il avait rompu. Rien que d'y penser, ça lui brisait le cœur. Il avait envie de crier, de pleurer, et de se rouler en boule. Comment avait-il pu laisser ça arriver ? Toute cette souffrance qu'ils ressentaient tout les deux, c'était entièrement de sa faute !
Se rendant compte, qu'il avait recommencé à pleurer, il essuya les larmes de son visage. Maintenant il était trop tard pour revenir en arrière, il devait assumer ses actes, même s'il les regretterait peut être un jour.
Quand il sortit du restaurant, la lumière du soleil l'éblouit. Il n'arrivait pas à comprendre comment il pouvait faire un temps aussi sublime alors que lui se sentait si mal. Ce n'était pas le temps qu'il avait envie de voir en ce moment. Il voulait de la pluie, de l'orage, des éclairs, quelque chose d'un peu plus adapté à son humeur.
Son téléphone se mit à sonner, le faisant sursauter. Il le sortit de sa poche, et soupira en voyant le nom de son correspondant. Il avait décidé de ne pas lui répondre, et il s'y tiendrait. Voir son téléphone lui donna cependant une idée. Il y avait quelqu'un à qui il devait parler aujourd'hui, et puisqu'il avait toute l'après-midi à tuer, autant le faire maintenant.
Il composa le numéro, et porta le téléphone à son oreille, espérant que l'autre n'était pas en cours.
-Allô ? Finit-on par décrocher.
-Salut, c'est moi. Je te dérange ?
-Non, pas du tout Fye, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Chi-i.
C'était peut être bizarre, mais le jeune homme ne se voyait pas partir sans le lui dire. Elle n'était peut être que l'ex petite-amie de son frère, mais il se serait sentit mal à l'aise de s'enfuir sans un mot. En plus, elle serait probablement soulagée d'apprendre qu'il n'allait plus traîner dans les parages. Déjà que lui avait du mal à devoir supporter le regard de Yui dès qu'il se voyait dans la glace, alors elle... Il n'imaginait même pas ce que ça devait être de se retrouver dans la même pièce que lui.
-Et bien, j'ai fini tout ce que j'avais à faire en ville, alors je vais rentrer à Tokyo maintenant.
-Oh, je vois... Quand ça ?
-Ce soir.
Il y eut un long silence au bout du fil. Le blond se demanda si cela voulait dire qu'elle était surprise, choquée, vexée, ou que leur communication était coupée.
-Tu veux bien qu'on aille boire un verre ensemble cet après-midi ? Proposa t-elle finalement. Je voudrais te voir une dernière fois avant que tu partes.
Prenant une fausse voix enjouée, il accepta. En réalité, voir des gens qu'il connaissait était bien la dernière chose dont il avait envie aujourd'hui, mais il ne voulait pas lui faire de peine. C'était peut être la dernière fois qu'ils se voyaient, alors autant faire un effort. Ils se fixèrent rendez-vous à un café dans l'après-midi et raccrochèrent.
Le blond erra quelques minutes sur le trottoir sans savoir quoi faire. Il avait changé d'hôtel samedi soir, pour être sûr de ne pas retrouver Kurogane à sa porte en se levant. L'effort qu'il avait du fournir pour mettre un terme à leur histoire lui avait paru surhumain, et il ne se sentait pas capable de réitérer cet exploit une deuxième fois. Il commençait d'ailleurs à regretter de lui avoir dit quand était son train. Certes, il n'avait pas précisé l'heure, mais le brun n'aurait pas de mal à la trouver en allant sur internet. Si il se retrouvait nez à nez avec lui sur le quai de la gare, Fye ne pouvait pas affirmer qu'il s'en tiendrait à ce qu'il avait décidé.
Pendant qu'il rompait avec Kurogane, il n'avait pas pu s'empêcher de pleurer, bien qu'il se soit promis de ne pas le faire. Néanmoins, la vraie crise était venue après le départ de son amant. Il avait réussit à se retenir jusque là, parce qu'il savait que l'autre ne serait jamais parti sinon. Il n'aurait pas pu dire combien de temps exactement il avait passé roulé en boule sous sa couette à hoqueter, suffoquant de douleur, le visage baigné de larme, ses ongles profondément enfoncés dans ses avants-bras. Ce soir là, plus que tout autre avant son arrivée, la tentation avait été forte comme jamais auparavant. Il n'avait rien sur lui, mais en cherchant, il aurait forcément réussi à se procurer ce dont il avait besoin. Par miracle, il avait eut la présence d'esprit d'appeler Yuko, avant de faire une bêtise. Encore une fois, sa psychiatre lui avait prouvé à quel point elle lui était précieuse. Elle avait annulé le reste de ses rendez-vous, et était resté, ce qui avait dû être des heures, au téléphone avec lui. Quand il était parvenu à se lever et à ranger ses affaires, la nuit était déjà tombée.
Le lendemain, le blond avait comaté au lit, bourré de médicaments, oscillant entre la somnolence, et les pleurs. Aujourd'hui, étonnamment, il se sentait mieux. Peut être était-ce le fait de savoir qu'il partait ce soir qui l'aidait à tenir, ou peut être qu'il commençait à se faire à l'idée d'être séparé de Kurogane, toujours était-il qu'il avait pu sortir du lit. Cela faisait des semaines qu'il aurait dû rentrer à Tokyo, mais il n'avait fait que repousser son départ, encore et encore. Normalement, la visite sur la tombe de Yui aurait du être l'étape finale de son voyage, elle en était même le but premier. Après ça, il était prévu qu'il rentre chez lui. À ce moment, il s'était convaincu qu'il devait rester, parce qu'il commençait à voir Seishiro, et que ça n'aurait pas été juste envers lui. La réalité, c'est qu'il ne voulait pas dire au revoir à Kurogane. Pour ça, il n'était pas encore prêt. Ses sentiments étaient déjà réapparu, et il avait pensé que s'en aller avant de les avoir fait disparaître pour de bon, n'était pas une bonne idée. Voir Kurogane et Henry ensemble aurait dû lui permettre de voir à quel point l'autre était heureux aujourd'hui, et ensuite, il serait parti sans regrets. Mais rien ne s'était passé comme prévu. Il avait cédé à ses sentiments, il avait brisé le couple parfait de Kurogane, il avait tout gâché.
Ça le rongeait littéralement de savoir qu'à cause de lui, Henry et Kurogane n'avaient peut être plus d'avenir. S'il s'était contenté de repousser le brun, et de partir, ils se seraient sûrement mariés, ils auraient acheté une maison, adopté un enfant, et vécu très heureux, et très longtemps. C'était ça qui aurait dû arriver. Kurogane le méritait largement, et Fye le lui souhaitait de son cœur. Évidemment, il aurait voulu que cette vie parfaite se déroule dans un couple que Kurogane et lui aurait formé, mais ça ne pouvait pas arriver.
Cela faisait longtemps qu'il n'était plus en état d'avoir des relations normales avec d'autres personnes. Tout lui faisait peur, il n'arrivait pas à rester heureux, sa dépression ne voulait plus le quitter, il était dépendant de ses médicaments, et quand il se sentait menacé il chassait les gens ou s'enfuyait. C'était impossible de construire quoi que ce soit avec quelqu'un comme lui. La seule chose qu'il savait faire, c'était faire du mal aux autres et à lui même. Kurogane n'avait pas à subir ça. S'il n'avait pas rompu, l'autre aurait fini par le détester pour avoir gâché sa vie, et c'était la dernière chose qu'il voulait. Pour une fois, il avait trouver le courage de ne pas penser uniquement à lui, et de faire quelque chose qui le ferait souffrir, mais éviterait à d'autres d'avoir mal. Au point où il en était de toute façon...
Le seul petit problème, c'est que le brun ne voulait pas laisser tomber. Il commençait à y être habitué, mais ça ne l'arrangeait pas pour autant. Aussi résolue que soit sa décision, la volonté de Fye restait fragile, et les innombrables messages que Kurogane lui laissaient la faisait faiblir à chaque fois un peu plus. Les premiers qu'il avait écouté étaient quasiment incompréhensibles. Dans les suivants son amant avait commencé à le supplier, chaque message se montrant plus désespéré que le précédent. Le brun avait ensuite entamé une phase où ses appels se résumaient à lui dire à quel point il l'aimait et qu'il ne pouvait pas vivre sans lui. Ce matin, il avait eu droit à un peu de répit, mais l'autre avait fini par revenir à la charge. Dans son dernier message, il semblait plus calme et réfléchit, ses propos étaient cohérents, et ce qu'il lui avait dit était exactement ce qu'il avait envie d'entendre. Le blond avait bien senti à quel point Kurogane s'en voulait, et il savait que ses excuses étaient sincères. C'est pour ça qu'il s'était empressé de l'envoyer se faire voir. Il lui avait demandé de ne plus l'appeler, parce que son dernier message lui avait fait reconsidérer sa résolution de s'en aller. Ça n'avait duré qu'une poignée de secondes, mais c'était déjà beaucoup trop. Il n'aurait jamais dû écouter les messages qu'il lui avait laissé, mais une fois de plus, il avait été faible...
Fye était planté au milieu du trottoir depuis un long moment maintenant, et les gens commençaient à le fixer étrangement. Voulant éviter qu'on vienne lui parler, il se décida à bouger. Comme il ne savait pas où aller, il se rendit directement là où Chi-i et lui avaient rendez-vous. Assit en terrasse, il commanda un thé et attendit. Il avait plus d'une heure d'avance sur la jeune fille, mais ça ne le dérangeait pas. Au moins ici il pouvait s'occuper l'esprit en observant les gens dans la rue et le café. Il sirotait tranquillement sa boisson, tentant de profiter du soleil sur sa peau, et de ne pas penser à Kurogane.
Son téléphone sonna de nouveau, lui faisant lever les yeux au ciel. Qu'est-ce qu'il n'avait pas compris exactement dans « Arrêtes de m'appeler. Ne me laisse plus de message. » ? Il s'apprêtait à raccrocher, lorsqu'il remarqua qu'en réalité, c'était Kimihiro qui tentait de le joindre. Avec une pensée d'excuse à l'intention du brun qu'il avait incendié pour rien, il décrocha.
-Salut Kim' ! Qu'est-ce qui se passe ?
-Rien. Je voulais juste savoir comment tu te sentais aujourd'hui.
-Mieux ! Beaucoup mieux ! Répondit-il, forçant un peu la joie dans sa voix pour le rassurer.
-C'est vrai ce mensonge ?! Blagua son ami, à moitié sérieux.
-Tu sais bien que je ne te mens jamais là dessus.
L'honnêteté n'était pas exactement le point fort de Fye, mais avec sa psy et son assistant, il faisait l'effort de l'être autant que possible. Il n'aimait pas se plaindre aux autres, ça lui donnait l'impression de réclamer de l'attention, et il se sentait ridicule. Yuko lui avait cependant bien fait comprendre qu'elle ne pourrait l'aider que s'il se montrait sincère sur ses émotions, et qu'il arrêtait de vouloir lui faire croire qu'il allait bien lorsque ce n'était pas le cas.
-Tu rentres toujours ce soir ? Demanda Kimihiro. Si tu veux, je peux venir te chercher à la gare, et tu dormiras chez moi.
-C'est adorable Kim', mais ce n'est pas la peine. Ça va aller. J'ai pas trop envie de voir du monde de toute façon...
-Comme tu voudras. Je suis à ta disposition n'importe quand.
-Merci, tu es un amour.
Kimihiro n'était plus simplement l'assistant de sa psychiatre à ses yeux. Il était beaucoup plus que ça. Un ami, un confident, une épaule sur laquelle pleurer, quelqu'un qui était toujours prêt à lui ouvrir sa porte, quelle que soit l'heure. C'était l'ami le plus parfait qu'il aurait pu trouver, et il ne remercierait jamais assez le destin de les avoir mis sur sa route, Yuko et lui. S'il était toujours en vie aujourd'hui, tout le mérite leur en revenait. Ils avaient été là à chacune des étapes, et encore aujourd'hui, il prenaient soin de lui, bien plus que leur profession le leur imposait.
Les deux hommes restèrent au téléphone le temps que l'heure du rendez-vous avec Chi-i soit arrivée. Fye confia à son ami, à quel point il se sentait tiraillé entre la peur qu'il avait de trouver Kurogane sur le quai de la gare, et son envie de le voir, de le prendre dans ses bras, et de ne plus jamais le quitter. Sa décision était la meilleure pour tout le monde, il le savait parfaitement, et c'est pour ça qu'il s'y tiendrait, mais ça ne l'empêchait pas de regretter que les choses se soient passées de cette façon.
Au final, il passa un moment plutôt agréable en compagnie de Chi-i. La jeune fille lui permis de penser à autre chose. Il la questionna sur ses études, et ils parlèrent un long moment de la profession d'enseignant. Fye était d'accord pour dire que cela correspondait plutôt bien à la blonde, elle qui était douce et patiente. Il l'imaginait très facilement en tant que maîtresse en école primaire.
Les choses se gâtèrent un peu plus lorsqu'il fallut se dire au revoir. Les deux jeunes gens restèrent l'un en face de l'autre, les bras ballant, sans savoir quoi faire. Finalement, ils se firent maladroitement un câlin, un peu gênés.
-Bon, et bien, j'espère que tu réussiras à avoir ton concours, lui souhaita Fye, même si je ne me fais pas vraiment de soucis pour toi.
-Merci. Quant à toi, je te souhaite sincèrement d'être heureux. Tu n'as pas l'air de le penser, mais tu le mérites amplement. Fixe toi un objectif, vit ta vie à fond, et trouve le bonheur. C'est ce que Yui aurait voulu que tu fasses.
-J'essayerais, promit-il, conscient que c'était un mensonge.
-Je t'aime, et il t'aimait aussi, j'espère que tu le sais, lui souffla t-elle, un sourire bienveillant sur le visage.
Bien que sa gorge soit nouée, il sourit à son tour.
-Évidemment que je le sais.
-Au revoir Fye.
-Au revoir Chi-i, murmura t-il en agitant la main.
Il ne pensait pas que ça lui ferait quelque chose, et pourtant, il se sentit triste en la regardant s'éloigner. Dire au revoir à Chi-i, c'était un peu comme faire son deuil d'une autre partie de son frère. Lorsqu'il allait monter dans ce train tout à l'heure, il pourrait enfin dire que la page était tournée. C'est que Yuko avait voulu lui permettre de faire en le forçant à affronter ses vieux démons, et étonnamment, ça avait fonctionné. La peine et la culpabilité étaient toujours là, mais un peu moins qu'avant. Il commençait réellement à croire que c'était possible qu'il réussisse un jour à laisser cette partie de son passé derrière lui.
Sauf que pour tirer un trait sur tout ça, il devait également faire ses adieux à Kurogane, et ça, il n'en avait pas du tout envie. Il était fou amoureux de cet homme, et l'idée de ne plus le revoir lui donnait envie de hurler. Heureusement, il l'aimait assez pour savoir ce qui était bon pour lui ou pas, et définitivement un dépressif n'était pas la personne qu'il lui fallait. Ça allait être dur au début, mais il réussirait à survivre à cette rupture, il avait déjà surmonté bien pire que ça !
À reculons, le blond rentra à l'hôtel. Il rangea les quelques affaires qu'il avait sorties de sa valise, et réserva un taxi. En attendant que l'heure arrive, il se repassa pour la centième fois le film de ce qui s'était passé depuis son retour, et en arriva à la même conclusion que d'habitude : il avait eut raison. Il ne doutait pas de la sincérité de Kurogane lorsqu'il lui avait dit qu'il l'aimait, mais au final, l'autre s'était bien rendu compte que ça ne pourrait pas marcher entre eux, et c'est pour ça qu'il n'avait jamais rompu avec son fiancé. Au fond, il lui en voulait toujours pour ça, mais si ça avait été le seul problème, il serait probablement passé au dessus tant il l'aimait. Non, le problème c'est que Fye savait qu'il ne pouvait pas y avoir de fin heureuse lorsqu'il se trouvait dans l'équation. Kurogane méritait une fin heureuse, alors il s'était retiré de l'équation. C'était de la simple logique. Maintenant, il ne lui restait plus qu'une chose à faire : partir, et sortir définitivement de la vie du brun.
Lentement, il prit sa valise, sortit de sa chambre, ferma la porte, rendit la clé et se plaça au bord du trottoir. Quand le taxi arriva enfin, il tendit sa valise au chauffeur, et s'assit à l'intérieur.
-Où est-ce que vous allez ? Demanda l'homme.
-A la gare, s'il vous plaît.
XxX
Kurogane était assit dans sa voiture depuis presque une demi-heure, n'arrivant pas à se convaincre d'en sortir. Dans l'après-midi, il avait envoyé un message à Henry pour lui dire qu'il rentrait chez eux ce soir. Son plan était d'attendre que son fiancé rentre du travail, et qu'ils aient enfin la conversation qui aurait dû se dérouler des semaines plus tôt. Le seul problème, c'est qu'il n'avait pas prévu d'être celui qui arriverait en dernier, et que le véhicule du Français était déjà garé sur le parking. Son petit ami avait peut être fini plus tôt, ou alors il était rentré exprès, mais en tout cas, il était déjà là.
Le brun avait pris un peu plus de temps que prévu pour rentrer parce qu'il avait complètement perdu la notion du temps à force de rester allongé par terre dans le parc. Le message de Fye lui avait brisé le cœur. S'il avait été assez lucide pour penser à prévenir Henry de son retour, il avait néanmoins passé le reste de son après-midi à regarder les nuages défiler au dessus de lui en ressassant ses idées noires. Il n'avait pas pu s'empêcher d'imaginer ce qui se serait passé s'il n'avait pas joué au con. Si seulement il avait rompu... Cette erreur le hanterait probablement le restant de ses jours.
D'un autre côté, il avait également eut le temps de penser à la façon dont il allait tout expliquer à Henry. Au départ, il s'était demandé s'il ne valait pas mieux lui cacher en partie la vérité, pour le ménager, mais il s'était vite rendu compte qu'il avait déjà bien assez menti. Il allait lui dire toute la vérité, et tant pis si ça prouvait qu'il était un connard fini.
En remarquant qu'il était déjà 19 heures, le jeune homme ne put s'empêcher de se faire la réflexion qu'il n'avait réellement rien fait de toute sa journée. Sa motivation de ce matin avait disparu en même temps que ses chances de récupérer son amant. Dans moins d'une heure, Fye allait monter dans un train qui l'emmènerait à des centaines de kilomètres de lui. Le départ était prévu pour 19 heures 42 précisément, il n'avait pas pu s'empêcher d'aller vérifier. À cette heure là, Henry serait probablement en train de lui hurler dessus, ou bien de pleurer. Enfin, s'il se décidait à bouger de cette fichue voiture.
Avec l'enthousiasme d'un condamné qui monte à l'échafaud, il sortit et entra dans son immeuble. La trajet de l'ascenseur ne lui avait jamais parut aussi court. Le plus discrètement possible, il déverrouilla la porte et entra.
-C'est moi ! Lança t-il néanmoins, histoire de ne pas lui faire peur.
-Te voilà enfin ! Se réjouit Henry, se précipitant vers lui.
Le Français tendit les bras pour le prendre contre lui, mais il eut un pas de recul. S'il fut blessé, le jeune homme n'en montra rien, se contentant de laisser retomber ses bras le long de son corps.
Il avait troqué son habituel costume-cravate pour un t-shirt et un bas de jogging. Ses cheveux était complètement ébouriffés, et il ne s'était manifestement pas rasé depuis deux jours. Interdit, Kurogane le fixa avec incompréhension. Son petit ami ne serait jamais allé travailler dans une tenue pareille.
-Tu ne t'es pas rasé ? S'étonna le brun, incapable de trouver autre chose à dire.
-Hein ? Ah, non, j'avais pas envie. Je suis resté à la maison aujourd'hui de toute façon !
-Pourquoi ?
-Je m'inquiétais pour toi, avoua son interlocuteur.
La culpabilité de Kurogane augmenta d'un cran. Il ne méritait pas cet homme, et encore moins tout l'amour qu'il lui portait ! Une autre part un peu plus égoïste de lui se fit également la remarque que s'il l'avait su, il aurait pu aller rompre ce matin comme il l'avait prévu.
-Je suis désolé de t'avoir fait peur. Tomoyo t'avais bien dit que j'allais bien, non ?
-Oui, mais j'avais besoin de te voir, ou au moins de t'entendre pour être rassuré. Je t'ai appelé je ne sais pas combien de fois, et tu ne m'as jamais répondu ! J'étais mort de trouille ! Cria le Français, énervé. J'ai cru qu'il arrivé quelque chose Kurogane, tu aurais pu être mort ou à l'hôpital !
-Excuse moi. Je.. J'étais pas en état de te parler...
La vérité c'est qu'il n'en avait pas envie, mais à quoi bon le lui dire ?
-Henry, j'ai quelque chose à te dire, et ça ne va pas être agréable à entendre, poursuivit-il, la gorge serrée.
-D'accord. Tu ne veux pas qu'on mange d'abord ? Proposa l'avocat. C'est prêt et je suis mort de faim. En plus, notre discussion risque de me couper l'appétit, alors autant ne pas gâcher..
-Si tu veux, soupira t-il.
C'était idiot de repousser l'échéance, cela dit, si ça pouvait lui faire plaisir, autant faire un effort. Toujours sans appétit, il s'installa à table, et regarda son fiancé lui servir une assiette. Henry semblait bien décidé à faire comme si rien ne s'était passé, et commença à lui raconter l'altercation qu'il y avait eu entre deux de ses collègues samedi. Kurogane faisait semblant de l'écouter en hochant la tête de temps en temps. Ses yeux étaient fixé sur la petite aiguille de l'horloge en face de lui. Fasciné, il la suivit jusqu'à ce qu'il soit 19 heures 20 minutes et 0 seconde. Plus que 22 minutes avant que Fye ne parte. Après ça, il ne le reverrait probablement plus jamais. Au fond de lui, il espérait recevoir un message du blond lui disant qu'il avait changé d'avis et qu'il restait. Bien entendu, il était conscient que ça n'arriverait pas, parce que l'autre n'avait aucune raison de changer d'avis.
-Hé, tu m'écoutes ? L'appela son vis à vis.
-Non, pardon. Tu disais quoi ?
Et si c'était l'homme de sa vie qui allait monter dans ce train tout à l'heure ? Et s'ils étaient vraiment fait pour être ensemble ? Jamais il n'avait ressenti un amour aussi puissant pour qui que ce soit d'autre, ça devait bien signifier quelque chose ! Si seulement il pouvait changer ses actions...
-Kurogane ?
Il aurait tant aimé pouvoir réécrire la fin de l'histoire ! Il n'avait pas envie d'être dans cette pièce, et de manger avec cet homme en face de lui. Ce n'était pas lui qu'il aimait, ce n'était pas lui avec qui il voulait passer le reste de sa vie !
-Chéri, tout va bien ?
Mon Dieu, qu'il était stupide ! Qu'est-ce qu'il faisait encore ici au juste ? C'était à la gare qu'il devait aller. Il ne pouvait pas le laisser s'en aller, pas sans s'être battu jusqu'au bout ! La gare n'était qu'à 10 minutes en voiture, il pouvait le faire sans problème !
-Désolé, je peux pas faire ça ! S'excusa t-il en se levant brusquement.
-Quoi ? De quoi tu parles ?
-Il faut que j'y ailles ! J'ai un truc à faire !
-Kurogane attends ! Où tu vas ?
-Donne moi une demi-heure, je reviens ! Cria t-il en claquant la porte.
Kurogane dévala les escaliers quatre à quatre. Arrivé en bas, il faillit bousculer un passant en courant vers sa voiture. Il démarra en trombe, remerciant le ciel que sa rue soit dégagée. Malheureusement, il déchanta rapidement en arrivant en centre ville. C'était l'heure de la débauche, les rues étaient complètement bouché. En jurant, et à grand coups de klaxons, il parvint néanmoins à se faufiler entre les voitures. Il avait à peine fait la moitié du trajet qu'il se retrouva définitivement immobilisé par un énorme embouteillage. Voilà pourquoi il était bien heureux de finir son travail plus tôt que la plupart des gens !
-Mais avance putain ! S'énerva t-il, fou de rage.
Incapable de passer une minute de plus à l'arrêt, il monta sur le trottoir et y gara sa voiture. L'abandonnant là, il décida de finir le trajet à pied. Normalement, il fallait plus de 20 minutes à pied, mais il était un sportif aguerrit, et il comptait bien n'en mettre que 10. Il n'avait pas le choix de toute façon, parce que le train partirait à 42, qu'il soit arrivé ou pas. Le brun courrait comme si sa vie en dépendait, et au fond, c'était peut être bien le cas !
Il était complètement mort de peur à l'idée de ne pas arriver à temps. L'air peinait à entrer dans ses poumons, la sueur recouvrait son visage, et chaque pas était douloureux, mais il refusait de s'arrêter. Il n'en avait pas le droit. Il aurait dû se décider à y aller bien plus tôt, mais il refusait que sa bêtise lui coûte Fye. Il ne voulait pas le perdre, et si ça devait se terminer de cette façon, il voulait au moins pouvoir lui dire au revoir correctement.
Plus les minutes s'égrenaient, plus il comprenait qu'il n'y arriverait probablement pas. Pourtant, il ne pouvait pas abandonner. S'il s'arrêtait de courir maintenant, il passerait le reste de sa vie à se demander ce que ce serait passer s'il ne l'avait pas fait.
Malgré ses efforts, il était 19 heures 43 lorsqu'il entra dans le hall de la gare. Sa tête lui tournait, et il n'arrivait plus à reprendre son souffle. Il rêvait de se laisser tomber sur le carrelage, et de ne plus en bouger. À la place, il regarda sur le panneau pour voir le quai sur lequel le train en direction de Tokyo se trouvait. Puisant dans ses dernières forces, il piqua un sprint final vers le quai E, faillit tomber dans les escaliers, et déboula comme un dingue sur le quai. Le souffle coupé, il regarda, impuissant, le train s'éloigner.
-Non ! Gémit-il. Non non non ! Ce n'est pas possible ! Non !
La colère et le désespoir qu'il avait accumulé au fur et à mesure de sa course le saisirent de plein fouet. Il était complètement hors de lui.
-Bordel de merde ! Non ! Pourquoi ? Pourquoi je suis si con putain ?! Merde !
Il hurlait à pleins poumons, insensible au fait que tout le monde le fixait. Des larmes de rage emplirent ses yeux, forçant sa voix à se briser. À bout, il tomba à genoux sur le sol et se mit à pleurer. Il se mordit la lèvre jusqu'à sentir du sang couler dans sa bouche. Ses sanglots étaient complètement incontrôlables. Il reniflait bruyamment et devait faire des bruits affreux, mais c'était le cadet de ses soucis.
Il venait de perdre celui qui, il le savait maintenant, était l'amour de sa vie. Plus jamais il ne retrouverait un autre Fye. Il s'en voulait tellement qu'il aurait pu se frapper la tête contre un mur de toute ses forces. Il avait envie de se punir, de se faire mal. La douleur qu'il ressentait en lui était horrible, pire que lorsque Fye avait rompu. Il était paralysé, la respiration bloquée, avec une nausée si forte qu'il n'osait plus ouvrir la bouche de peur de vomir. Il avait envie que ça s'arrête. Il avait envie... de mourir.
-Kurogane ?
Il entendit confusément que quelqu'un l'appelait. Il n'avait pas la force de se retourner, ni de relever la tête, alors il l'ignora, espérant juste que l'importun parte de lui même.
-Kurogane, mais qu'est-ce que tu fais là ?
La voix était familière, il en était sûr, mais pour le moment, tout était trop confus dans sa tête. Quelqu'un lui posa une main sur l'épaule et s'agenouilla à côté de lui. À travers le brouillard des larmes, il distingua des mèches blondes. Son cœur cessa de battre, tandis que l'espoir l'étouffait littéralement.
-F..ye ?! Ânonna t-il, la voix en miette.
-C'est moi, lui confirma le blond en lui attrapant la main. Aller viens, tu ne peux pas rester là.
Le jeune homme l'aida à se relever et l'entraîna jusqu'à un banc un peu plus loin.
Une vague de soulagement le submergea. Fye n'était pas parti. Il était même avec lui en ce moment. La pression qu'il avait accumulé redescendit, et ses larmes se tarirent d'elles même. Il s'essuya le visage, histoire d'être à peu près présentable, honteux que l'Anglais l'ait trouvé ainsi.
-Je.. Pourquoi tu n'es pas dans le train ? Renifla t-il, n'arrivant toujours pas à y croire.
-Mon taxi s'est retrouvé coincé dans les bouchons, je ne suis pas arrivé à temps.
-Merci ! Merci, merci, merci ! S'exclama t-il.
Sans lui laisser d'autre choix, il serra l'Anglais contre lui. Rien que de sentir son odeur, il avait l'impression de revivre. Son amant le laissa faire sans résister, répondant même à son étreinte.
-Tu ne m'as toujours pas répondu, lui signala Fye, qu'est-ce que tu fais là ?
-Je ne pouvais pas te laisser t'en aller ! C'était impossible ! Je... Je.. L'idée de vivre loin de toi m'est insupportable.
Le blond soupira, et le repoussa gentiment.
-Kurogane... Tu sais que ce n'est pas possible. Je dois m'en aller, c'est la meilleure chose à faire pour nous deux !
-Non, tu te trompes ! Protesta le brun. Je t'aime, et je n'ai aucune envie que tu t'en ailles. Je comprend que tu ne veuilles plus de moi, tu as toutes les raisons du monde pour ça. J'ai été égoïste, cruel, stupide, je n'ai pas pris soin de toi comme je l'aurai dû ! J'ai vraiment tout foiré d'un bout à l'autre. J'aurai dû rompre avec Henry dès le premier jour.
Il vit le jeune homme commencer à se tortiller au fur et à mesure qu'il parlait. Manifestement, il mourrait d'envie de le couper, mais il l'en empêcha en lui posant un doigt sur les lèvres.
-Laisse moi finir, s'il te plaît. Si tu ne veux plus jamais entendre parler de moi, très bien, je l'accepterais. Je ne peux pas te forcer à rester alors que tu n'en as pas envie. Alors, si tu décides d'attendre le prochain train ici, je resterais avec toi jusqu'à ce que tu montes dedans, et je rentrerais chez moi sans faire d'histoire. Mais, au contraire, si tu veux rester, je veux que tu saches que j'ai compris à quel point j'avais fait n'importe quoi. J'ai joué avec les sentiments de tout le monde, et ça ne peut plus durer. Quand je me suis rendu compte je ne pouvais pas te laisser partir sans te voir au moins une dernière fois, j'étais sur le point de rompre avec Henry. C'est même la première chose que je vais faire en sortant d'ici. C'est injuste ce que je lui inflige. Rester avec lui alors que je n'ai plus de sentiments n'a aucun sens ! Je.. je suis désolé, je suis tellement désolé !
Fye évitait délibérément son regard. Il avait croisé les bras et les jambes, mais ça ne l'empêchait pas de frissonner.
-Pourquoi faut-il à chaque fois que tu compliques les choses ? Gémit le blond, des sanglots dans la voix.
Kurogane fit un mouvement pour le prendre contre lui, mais l'autre se leva.
-Oui, je t'en veux d'avoir joué avec Henry et moi, et bien sûr que je n'ai pas envie de partir, sauf que je n'ai pas le choix. Tu m'as fais mal, c'est vrai, mais je pourrais le surmonter s'il le fallait. Le problème est ailleurs et tu le sais ! Je t'aime moi aussi, mais on ne peut pas être ensemble. Ça se finira mal, et tu vas souffrir, et me détester. Je refuse que ça arrive ! Tu dois avoir une belle vie et être heureux. Ça n'arrivera pas si tu restes avec moi !
-Et si ce n'était pas à toi de décider ? Murmura brun.
Il le rejoignit doucement prenant cependant soin de ne pas le toucher.
-Tu dis que les choses vont mal tourner, que je vais souffrir, mais comment tu pourrais le savoir ? Tu ne peux pas prédire l'avenir, et moi non plus. Tout ce que je sais, c'est qu'avant de l'avoir vécue, on ne peut pas connaître la fin d'une histoire.
-Kuro...
-Ce n'est pas de ton choix dont on parle, mais du mien. Moi je décide que tant que tu voudras bien de moi, je resterais à tes côtés, et je t'aimerais tellement fort qu'on ne pourra avoir qu'une fin heureuse ! La vraie question c'est : toi, qu'est-ce que tu veux ?
Fye éclata en sanglot, et se jeta dans ses bras. Kurogane avait le ventre noué par l'appréhension. Il mourrait de peur à l'idée d'être rejeté.
-J'ai peur, sanglota l'Anglais. Je suis complètement terrifié à l'idée d'avoir une relation avec quelqu'un. J'ai peur d'avoir mal, j'ai peur de te faire mal, j'ai peur d'être nul, ou de passer pour un idiot, d'être un mauvais petit ami, d'être ennuyeux.. J'ai peur de tout !
-Moi aussi j'ai peur Fye. J'ai peur pour toi, j'ai peur de recommencer à te faire souffrir, j'ai peur que tu finisses par te rendre compte à quel point je suis banal, mais ce qui me fait le plus peur, c'est de te perdre. Cette idée m'est insoutenable, et c'est pour ça que je sais que tout va bien se passer. Parce que je vais tout faire pour que ma peur ne se réalise jamais !
-J'aimerai avoir ton courage !
-Laisse moi t'en prêter, lui chuchota t-il le serrant un peu plus contre lui.
Les poings du blond se resserrèrent sur le tissus de son t-shirt. Il releva la tête, ses grands yeux bleus trempés de larmes, et planta son regard au fond du sien.
-Pourquoi tu ferais ça ? Pourquoi tu accepterais de me supporter ? Tu te rends bien compte que je suis dépressif et suicidaire. Je pète les plombs pour un rien, je suis hypersensible, parfois agressif. Même avec mes parents je n'ai pas réussi à maintenir le lien.
-Je m'en fiche. Je t'aime, et je ferais n'importe quoi si ça peut te rendre heureux. Ce n'est pas grave si je dois me faire crier dessus pour ça. Et puis, je commence à avoir l'habitude, je te signale ! Jamais je ne t'abandonnerais, tu m'entend ? Jamais.
L'Anglais s'écarta un peu de lui. Il avait cessé de pleurer, mais il semblait sur le point de recommencer à tout moment.
-Tu le pense vraiment ?
-Oui. Je le pense, confirma t-il, plus sérieux que jamais.
Un semblant de sourire apparu sur le visage de Fye, qui se jeta sur son vis à vis. Leurs lèvres se rejoignirent en instant, avides de se retrouver. Ils s'embrassèrent comme s'ils ne s'étaient pas vu depuis des années. Le désir dévorait le ventre de Kurogane. Il était fou de joie, mais ne réalisait pas encore complètement ce qui se passait.
-Je suis raide amoureux de toi Kurogane Suwa, alors je veux bien essayer d'être en couple avec toi, mais je ne peux rien te promettre, souffla l'Anglais entre deux baisers.
-Ça me va très bien !
C'était même beaucoup plus que ce qu'il espérait. Un couple, Fye voulait bien qu'ils forment un couple ! Définitivement, il vivait le plus beau moment de sa vie.
Lorsqu'ils se séparèrent enfin, ils étaient plus qu'essoufflés, et une partie des voyageurs qui attendaient là les fixaient.
-Partons d'ici avant qu'on se fasse arrêter pour attentat à la pudeur, proposa le blond.
-Avec plaisir.
Kurogane attrapa la valise et la main de son amant. Il monta les escaliers, un sourire niais sur les lèvres. Les fameux papillons refaisaient des siennes dans son estomac, mais il n'avait jamais été aussi heureux de les voir.
-On va aller dormir chez ma tante pour ce soir, j'ai la clé, et ça ne la dérangera pas, l'informa t-il. Mais avant je dois aller finir quelque chose si ça ne te dérange pas.
-Henry ?
-Oui. Je l'ai planté en plein milieu du repas, il doit être complètement paumé le pauvre !
-En fait, plus tant que ça, je pense, lui répondit la voix de son fiancé, à quelque mètres de lui.
Alors, soulagés ? ;)
