Coucou les loulous !

Un des derniers chapitres… J'espère que vous l'aimerez ça ressemble pas mal à la happy end promise, je crois…

Je n'ai pas répondu à toutes les reviews, j'étais en week-end dans le sud sans ordinateur et je n'ai pas eu le temps. Mais je m'y mets dès que j'ai posté ce chapitre, promis !

Que dire de plus ? Je vous adore toujours, et j'attends avec impatience vos commentaires !

Gros bisous, et à la semaine prochaine !

OoO

Severus fixait Draco avec un regard de plus en plus meurtrier, constata le jeune roi, stupéfait, en se rasseyant sur son trône. Pourquoi était-il aussi furieux ? Après tout, il venait d'arranger les choses pour le mieux entre eux, sans créer de nouveaux problèmes… Hermione, elle, se tenait un peu en retrait, silencieuse, inquiète, comme si elle n'était pas satisfaite d'avoir eu la vie sauve. Mais quel est donc leur problème ? s'énerva mentalement Draco.

« Explique-moi, ordonna Severus d'une voix impérieuse, sans cesser de le fixer.

- C'est un texte qu'on a retrouvé avec Kingsley, il y a quelques temps. On s'est dit que ça vaudrait le coup d'essayer, si les négociations ne donnaient rien…

- Et il ne vous est jamais venu à l'idée de nous en parler, avant ? rétorqua l'homme d'un ton dangereusement froid.

- Aurais-tu donné ton accord si nous t'en avions parlé ? soupira Draco.

- Non ! C'était bien trop risqué !

- Tu vois ! Nous n'avons pas eu le choix !

- Mais si ça n'avait pas marché ? susurra Severus en se rapprochant de son filleul, une lueur mortelle dans le regard. Si tes conseillers avaient refusé d'appliquer cette loi ?

- Ils ne pouvaient pas refuser, tenta faiblement le jeune homme. Ils sont très respectueux de leurs lois et traditions.

- Tu as parié là-dessus. Tu as misé la vie d'Hermione sur ta conviction qu'ils n'oseraient pas enfreindre leurs lois.

- Mais j'ai eu raison ! Ca a marché ! Et puis Kingsley était d'accord !

- Kingsley était d'accord, souffla Severus d'un ton glacial en se rapprochant encore.

- Depuis combien de temps sais-tu que je suis enceinte ? » demanda soudain Hermione d'une voix à la neutralité étudiée, et Draco accueillit cette diversion avec une gratitude immense.

Severus tressaillit au son de la voix de la jeune femme, mais ne détourna pas un instant regard.

« Depuis quelques semaines. Je te suivais jusqu'à tes appartements, un soir. Je voulais te faire boire une potion de fécondité. Et puis, je ne sais pas, j'ai eu comme une intuition, tu me tournais le dos, et j'ai lancé le sort de vérification, juste comme ça, pour voir. Et tu étais enceinte…

- C'est quand tu m'as fait toutes ces remarques bizarres sur mes cheveux ? s'exclama Hermione.

- Oui. Je n'avais pas pu cacher ma surprise, j'ai cherché le premier prétexte… Je crois que je n'ai pas été très convaincant…

- Non, c'est vrai. Mais à l'époque, je ne savais pas moi-même que j'étais enceinte, alors je n'ai jamais fait le rapprochement. »

Le silence tomba sur les trois protagonistes. Draco se sentait mal à l'aise. Son parrain continuait de le fixer rageusement, et Hermione était perdue dans ses pensées.

« Severus, explosa finalement le jeune roi. Vas-tu enfin réaliser que c'est terminé, qu'Hermione est vivante et le restera selon toute probabilité un certain temps ? Vivante et libre ? Ne vas-tu même pas me remercier ? »

L'homme ne répondit pas tout de suite. Il paraissait en plein conflit avec lui-même, luttant contre des pulsions que Draco ne comprenait pas. Enfin, il prit une profonde inspiration la lueur haineuse dans ses yeux diminua sensiblement, et il murmura :

« Merci. »

Draco poussa un soupir de soulagement. Ce n'était pas grand-chose, mais il avait senti la sincérité dans le ton de son parrain, et cela suffisait.

« A la bonne heure ! fit-il, plus léger soudain. Maintenant, Hermione, tu ferais mieux de partir très vite. Ta tête est mise à prix ici, désormais. »

Hermione parut se secouer mentalement. Elle hocha la tête, commença à se diriger vers la porte tandis que Severus récupérait sa baguette, puis parut se raviser et, tout à coup, se précipita dans les bras de son futur ex-époux.

« Merci, Draco ! lui souffla-t-elle en l'étreignant avec une immense affection. Tout ce que tu as fait pour nous… Je ne l'oublierai jamais. Merci ! »

Draco lui rendit son étreinte avec chaleur, heureux de voir qu'elle, au moins, avait conscience de ce qu'ils lui devaient. Puis il croisa le regard de son parrain. Celui-ci était tendu, raide, la main crispée autour de sa baguette, et le fixait avec la même lueur meurtrière qu'auparavant, en cent fois plus intense.

Oups…

Conscient d'être involontairement en train de provoquer son ami, il se dégagea doucement des bras d'Hermione, et lui dit, avec un sourire :

« Allez, vas-y, maintenant. Je devrai de toute façon sûrement te contacter souvent pour… pour toute cette histoire de gouvernement… Je n'y connais rien, et j'aurai encore besoin de tes conseils.

- Moi je sais que tu te débrouilleras très bien, lui dit la jeune femme en lui rendant son sourire. Mais je ferai tout ce que je pourrai pour t'aider. »

Sur ces derniers mots, elle se détourna et, jetant un regard anxieux à Severus qui n'avait pas bougé, quitta la pièce.

« Tu ne pars pas avec elle ? demanda Draco, surpris.

- Je suppose que si… fit-il, hésitant, ce qui augmenta la stupéfaction du jeune homme.

- Quel est le problème, cette fois, Severus ?

- Il n'y a aucun problème, répondit son parrain d'un ton sec, semblant se reprendre. Au revoir, Draco.

- Au revoir… »

Plus perplexe que jamais, il regarda Severus s'éloigner rapidement.

Hermione faisait ses bagages. Plus exactement, elle fourrait dans un sac tout ce qui lui tombait sous la main, fébrilement, sans prendre la peine de plier les vêtements ou d'emballer les objets fragiles. Elle était perdue, complètement perdue.

Pourquoi Severus avait-il semblé si furieux ? Furieux après Draco, pour commencer, mais aussi après elle… S'il avait été heureux de voir que sa vie était épargnée, pourquoi l'avait-il à peine regardée depuis l'annonce du verdict du roi ? Pourquoi l'ignorait-il froidement, pourquoi avait-il semblé encore plus agité après ce verdict que lorsqu' il pensait qu'elle allait être exécutée ?

Devait-elle comprendre qu'il ne voulait pas, en fin de compte, qu'elle soit libre ? Cela avait-il un rapport avec l'annonce de sa grossesse ? Elle savait, bien sûr, qu'il ne serait pas particulièrement ravi d'apprendre la nouvelle, vu la façon dont il avait réagi, lors de sa fausse couche… L'unique fois où ils en avaient parlé, après qu'il avait empêché Minerva de la renvoyer de Poudlard, il lui avait semblé qu'il était soulagé qu'elle ait perdu le bébé. Draco lui avait dit qu'il avait pleuré, à la suite de cet événement, mais ce pouvait être le soulagement qu'elle soit en vie, simplement. Ou le soulagement que le bébé n'ait pas survécu.

Assurément, il ne voulait pas avoir d'enfants. Pas avec elle, en tout cas. Mais cela avait permis de lui sauver la vie. Et, s'il l'aimait, ne devait-il pas passer outre ? Ne devait-il pas se réjouir, au moins un peu ?

Elle n'avait pas voulu le lui annoncer ainsi. D'autant que cette fois, elle était déterminée à garder l'enfant, si elle le pouvait. Après avoir appris qu'elle était enceinte, elle avait d'abord été effrayée terrifiée, même. Puis elle avait réalisé qu'on lui offrait une seconde chance de porter la vie, d'être la mère d'un enfant de Severus. A ce moment-là, elle risquait de devoir rester toute sa vie la femme de Draco, et de renoncer à l'homme qu'elle aimait. Elle s'était alors dit que, si elle ne pouvait avoir l'homme, du moins pouvait-elle avoir son enfant. Un lien qui la rapprocherait de lui, qui lui appartiendrait et qu'elle pourrait aimer librement.

A présent qu'elle était libérée de toutes les contraintes qui pesaient sur elle, elle se demanda brièvement si elle désirait toujours garder son bébé. Mais elle n'hésita pas longtemps : la réponse était toujours oui, car à présent il était trop tard. Elle avait déjà commencé à se représenter le fœtus comme un bébé comme leur enfant. Elle avait commencé à lui parler, à chérir l'espoir de son arrivée. A l'aimer. Elle l'avait accepté, et le rejeter maintenant serait un crime à ses yeux, désormais. Il était trop tard.

Mais Severus accepterait-il de faire avec ?

Quelqu'un frappa à la porte, interrompant la jeune femme dans ces pensées déprimantes. Elle alla ouvrir : c'était Severus, le visage impénétrable, le regard résolument neutre.

« Tu es prête ? demanda-t-il d'un ton froid.

- Presque », répondit Hermione en s'efforçant de cacher son angoisse.

En quelques instants, elle termina d'emballer ses affaires, rétrécit son sac afin de le mettre dans sa poche, puis se tourna vers son amant, irrésolue.

Il la contemplait fixement, sans rien laisser transparaître de ses sentiments. Constatant qu'elle avait terminé, il la prit par le bras, sans rudesse mais sans tendresse non plus, et l'entraîna hors de la pièce.

Ils marchèrent à vive allure dans les couloirs du château, dans un silence qui parut de plus en plus lourd à Hermione, puis sortirent dans le parc.

Lorsqu'ils arrivèrent aux grilles marquant la fin du domaine royal d'Aryos, ils s'arrêtèrent. Hermione jeta un dernier regard en arrière, sur ce château, théâtre de tant de peine…

« Où veux-tu aller ? demanda abruptement Severus en lui lâchant le bras.

- Je ne sais pas… » hésita Hermione. Elle avait pensé qu'ils iraient dans son manoir, afin de fêter dignement sa liberté retrouvée, mais le fait qu'il lui demande où elle voulait aller impliquait qu'il ne voulait pas d'elle chez lui…

« Je t'emmène au Terrier, trancha-t-il sèchement.

- Non ! ne put s'empêcher de s'exclamer la jeune femme. Il la regarda curieusement.

- Pourquoi ?

- Je ne… Je n'ai pas encore envie d'affronter tout le monde, de tout expliquer… Je voudrais… être tranquille un moment. Et discuter avec toi. »

Il poussa un soupir, comme résigné, puis détourna le regard, la prit dans ses bras d'une façon plus qu'impersonnelle et transplana.

Dès qu'ils arrivèrent, il la relâcha et marcha rapidement en direction de la grille d'un autre parc. Il l'avait emmenée chez lui, en fin de compte, constata Hermione.

Elle le suivit en silence, avec l'impression de ne pas être la bienvenue impression qui se fit de plus en plus forte lorsqu'ils entrèrent dans la demeure et qu'il l'invita à s'asseoir sur une chaise dans un petit salon.

« Tu voulais discuter, je t'écoute, fit-il en se plantant devant elle, debout, les bras croisés, les yeux fixés sur un point loin derrière elle.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda alors Hermione, incapable de se retenir plus longtemps.

- Pourquoi me demandes-tu ça ?

- Je ne sais pas… Tu as l'air furieux contre moi… J'ai fait quelque chose de mal ? Tu aurais préféré que je reste en Aryos ?

- Bien sûr que non, fit-il abruptement.

- Alors pourquoi est-ce que tu n'es pas content que je sois là ? »

Il la regarda enfin, et elle put lire la douleur et le doute dans ses yeux noirs.

« Je ne… commença-t-il, puis il parut se raviser. Hermione, reprit-il après un moment. Qui est le père ? »

Hermione en resta muette d'étonnement. C'était donc ça qui l'inquiétait ? Mais qu'était-il donc allé s'imaginer ? Elle en aurait ri si elle avait été certaine que ce petit malentendu était le seul obstacle à son bonheur futur.

« Depuis la toute première fois que nous avons fait l'amour, dit-elle doucement, il n'y a eu que toi. Draco t'aime trop pour avoir tenté quoi que ce soit, et de toute façon il en avait aussi peu envie que moi. Il a respecté mes choix. »

Le soulagement qui se dessina sur le visage de son amant était tel, qu'un instant elle se sentit vexée.

« Tu ne me fais pas confiance ? demanda-t-elle, sur la défensive.

- Ce n'est pas ça, c'est… Je… »

Mais il ne finit jamais sa phrase. Avant qu'Hermione ait le temps de le réaliser, elle était dans ses bras, serrée contre lui à étouffer, couverte de baisers brûlants et passionnés.

L'euphorie déferla en elle, en même temps qu'une vague de chaleur intense qui la laissa sans forces. Elle se laissa porter par son amant jusqu'à un canapé dans un angle de la pièce, et lui rendit ses baisers avec ardeur, tandis qu'il gémissait son nom.

Mais une pensée vint obscurcir son esprit, et freiner son désir. Elle devait savoir…

Doucement, elle se dégagea de l'étreinte de Severus, et il la regarda, l'air frustré et impatient.

« Le bébé… Je veux le garder », annonça-t-elle en croisant mentalement les doigts.

L'expression de son visage se transforma si vite qu'elle en fut effrayée. A la place du bonheur et du désir purs, il montrait à présent une fureur implacable, et ce qui lui sembla être de la peur.

« Non, dit-il simplement, et le monde s'écroula autour d'Hermione.

- Tu n'en veux pas ? fit-elle d'une toute petite voix.

- Non.

- Mais…

- C'est hors de question, Hermione.

- Tu n'aimerais pas avoir un enfant avec moi ? Elle était au bord des larmes, à présent. Je ne suis pas assez bien ? Je ne ferais pas une bonne mère ?

- Ça n'a rien à voir, murmura-t-il en se radoucissant un peu. Je sais que tu… que tu serais parfaite. Mais tu ne peux pas le garder.

- Mais pourquoi ?

- Oublierais-tu que cela a déjà failli te tuer ? fit-il abruptement. Je ne prendrai plus jamais le risque de te perdre, Hermione. C'est toi que je veux, bien plus que tous les enfants que tu pourrais me faire.

- C'est complètement ridicule, Severus !

- Vraiment ? Ta fausse couche a failli te coûter la vie.

- Mais il n'y a aucune raison pour que cela se reproduise ! J'étais très malheureuse, et faible, à ce moment-là, mais maintenant…

- Je ne prendrai pas ce risque. Je refuse.

- Et que comptes-tu faire, alors ? s'énerva Hermione, désespérée. Me forcer à avorter ? »

Il tressaillit à ce mot, comme si tout cela n'avait pas été réel jusqu'alors, et que nommer ce qu'il voulait faire rendait la situation plus palpable, plus matérielle.

« Je t'en prie, Hermione, essaie de comprendre… souffla-t-il.

- Tu m'aimes ? demanda-t-elle soudain.

- Tu le sais.

- Et tu veux que je sois heureuse ?

- C'est tout ce que je souhaite, mais…

- Si tu me demandais de me débarrasser de ce bébé, si me demandais de choisir entre toi et lui, je te choisirais toi. Mais j'aimerais… j'aimerais que tu ne me le demandes pas. J'ai déjà commencé à l'aimer, Severus. Ce serait un meurtre, pour moi. Un meurtre de sang-froid. Et je ne pourrais pas être vraiment heureuse avec cela sur la conscience.

- Je t'en supplie, chuchota-t-il, l'air désespéré.

- N'as-tu pas envie… N'as-tu jamais rêvé de devenir père ? Il se rembrunit.

- Je n'ai pas besoin de cela.

- Réponds-moi !

- Très bien, soupira-t-il. Je vais être tout à fait honnête. Il ne m'était jamais venu à l'esprit que je pourrais un jour devenir père. Jamais, jusqu'à ce que je reçoive ta lettre qui m'annonçait ta grossesse. Là, pendant un instant, je me suis… je me suis permis d'espérer. J'ai entrevu un avenir où tu serais avec moi, me souriant, portant notre enfant dans tes bras. J'ai vu une famille. Pendant un très court instant, j'y ai cru. Et puis tu l'as perdu, et tu as failli en mourir. Par ma faute. La douleur est pire, quand on a espéré. Je refuse de revivre cela. J'ai déjà fait une erreur en oubliant d'enclencher le champ contraceptif, la dernière fois que nous avons fait l'amour. Je n'aurais jamais dû être aussi imprudent, et perdre le contrôle de cette façon.

- Tu voulais enclencher un champ contraceptif ? s'étonna Hermione. J'ignorais même que cela existait…

- Oui, mais je… Lorsque je t'ai dans mes bras… Je ne suis plus capable de réfléchir, de raisonner. Je ne pense plus qu'à toi, et à ton corps, et… » Son regard s'assombrit soudain, se mit à brûler. De désir, comprit Hermione. Mais la conversation n'était pas terminée.

« Et le bébé, Severus, fit-elle. Cela sembla lui faire l'effet d'une douche froide.

- Oui. C'est ma faute, j'ai fait une erreur, qui met encore une fois ta vie en danger.

- C'est ridicule. Tout va très bien se passer, j'en suis certaine.

- Personne ne peut en être certain, fit-il sombrement.

- Mais si… Si tu pouvais en être certain…?

- Si je pouvais en être certain…

- Et bien ?

- Si je pouvais en être certain, je ne pourrais pas être plus heureux, Hermione », dit-il simplement.

La jeune femme sentit un grand poids tomber de ses épaules. Ainsi, il en avait envie, autant qu'elle. Merlin soit loué, songea-t-elle dans un élan de gratitude immense. Elle lui fit un sourire éblouissant, auquel il répondit par un regard hésitant, puis se jeta dans ses bras.

« Nous allons le garder, alors. Je te promets que je survivrai.

- Tu le promets ? souffla-t-il dans son oreille tout en caressant ses cheveux.

- Je te le jure. Je ne raterais ma vie future avec toi pour rien au monde. »

Ils restèrent enlacés un long moment, savourant la tendresse inattendue qui s'était créée entre eux.

Puis Severus recula légèrement, et baissa la tête pour contempler le ventre d'Hermione. Il y posa une main hésitante. Son expression était indéchiffrable.

« S'il y a… des complications, articula-t-il finalement, je ne me le pardonnerai jamais.

- Il n'y en aura pas », assura la jeune femme de sa voix la plus ferme.

Et, comme si tout ce qu'il voulait était la croire, il lui sourit, et l'embrassa sans plus aucune retenue.

Hermione sentit le désir monter à nouveau en elle, impérieux, violent, tandis qu'elle succombait sous ses baisers et ses caresses, et elle chuchota son nom. Il poussa un gémissement en l'entendant, puis devint encore plus passionné. La chaleur irradiait des entrailles d'Hermione elle se sentait perdre tout contrôle.

Soudain, avec un halètement rauque, Severus se recula brusquement. Il était hors d'haleine, et la jeune femme ne put s'empêcher de gémir de frustration. Mais il se leva rapidement, mettant une distance de sécurité entre eux.

« Non, Hermione, dit-il tandis qu'il la dévorait du regard. Je veux faire les choses correctement, à présent.

- Comment ça ? s'étonna-t-elle.

- Si nous… Si nous devons être une famille, nous devons commencer sur de bonnes bases. Et tu es encore mariée à un autre.

- Ça ne t'a pas empêchée de me rejoindre pour ma nuit de noces… fit-elle remarquer.

- C'était différent. Et maintenant, je ne veux plus rien faire qui pourrait te nuire plus tard. Je… J'attendrai que ton mariage soit officiellement annulé, finit-il avec effort.

- Mais ça risque d'être long !

- Oh non ! Crois-moi sur parole, mon amour, murmura-t-il d'un ton rauque en plantant son regard dans le sien. Si j'ai mon mot à dire, et je l'aurai, ce ne sera pas long. Et lorsque tu n'appartiendras qu'à moi seul, je te ferai l'amour jusqu'à ce que tu demandes grâce. »

Hermione frissonna d'anticipation à ces mots. Et il n'avait peut-être pas tort, au fond… Mieux valait vivre en conformité avec la loi, à présent…

« D'accord, souffla-t-elle. Mais je ne peux pas rester ici, dans ce cas.

- Non, en effet… fit-il sans cesser de la déshabiller du regard. La tentation serait trop forte…

- Je vais aller au Terrier, en attendant, proposa-t-elle en se levant.

- Je t'y emmène.

- Je peux y aller seule, protesta-t-elle mollement.

- Non, rétorqua-t-il d'un ton sans réplique en lui prenant la main tandis qu'ils sortaient de la pièce. Le transplanage n'est pas bon pour les femmes enceintes. Le transplanage d'escorte est un peu mieux, mais dans quelques temps tu ne pourras plus te déplacer du tout.

- Vraiment ? rit Hermione, flattée tout de même de l'attention qu'il portait à sa santé.

- Je te l'ai dit, je ne prendrai aucun risque. »

Ils arrivèrent à la grille du parc et sortirent. Severus la prit dans ses bras, beaucoup plus tendrement que la fois précédente, et ils transplanèrent, pour atterrir dans un pré non loin du Terrier. L'homme ne la lâcha pas tout de suite, cependant. Il la serrait contre lui, et elle savoura cet instant, porteur de tant de promesses. Elle sentit sa virilité se presser contre elle et, dans un élan de désir, murmura :

« J'espère que je ne serai plus ici quand je n'aurai plus le droit de me déplacer…

- Fais-moi confiance, répondit-il, je serai exactement là où tu seras. »