Disclaimer: Derek, Cerys, Roxanne, Leïla et ses enfants sont à moi! Dit donc, ça en fait, du monde…


Visite chez Law, Chapitre Trente-Cinq

Mon cœur n'était vraiment pas à la discussion. Je n'avais qu'envie de me coucher dans un lit moelleux et d'y rester pour l'éternité. Ou bien me terrer dans un trou, c'est au choix. Derek m'avait complètement zappé le moral, et je n'avais pas envie d'aller voir Law. Mais je lui avais dit, ou plutôt écris, que j'allais le voir, alors je devais honorer ma parole. Et puis, il avait toujours mon cellulaire, j'aimerais bien le récupérer.

Je soufflai devant moi, ce qui créa des nuages de brume. Mes joues et mon nez étaient tous rouges. Je frottai mes mains gantées entre elles pour les réchauffer. J'accélérai le pas. Il faisait particulièrement froid aujourd'hui, et je me gelai sérieusement les fesses. C'est donc avec soulagement que j'arrivais devant l'appartement de Law. Je restai plusieurs secondes à fixer le bâtiment, des tourbillons de sentiment se bousculant dans mon cœur. Colère, regret, tristesse, espoir. Amour. Je serai les poings, déterminée, et avançai. Un pied après l'autre, jusqu'à la porte d'entrée. Je la franchis et montai les escaliers. Lentement, sans me presser. Je donnai le temps à mon cœur pour se préparer.

J'arrivai devant la porte, et par réflexe, ma main se dirigea vers la poignée. Je suspendis mon geste. J'étais beaucoup trop habituée à entrer sans cogner. Mais ce n'était pas ma maison à présent. Ce n'était plus mon chez-moi. Cette pensée m'attrista. Je chassai les larmes qui n'étaient toujours pas visibles et cognai doucement. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit et dévoila Law, des lunettes sur le nez, sa cravate à moitié dénouée. Il semblait surpris de me voir, mais il se déplaça tout de même pour me laisser entrer. En passant devant lui, son parfum m'envahit. Mon corps devint mou, mon pouls s'accéléra.

J'enlevai mon manteau et mes bottes pendant qu'il fermait la porte. La chaleur de l'appartement me donnait envie d'y rester à jamais. Ou bien était-ce la personne qui y vivait?

Je me dirigeai vers la cuisine et m'assis à table, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. J'entendis Law arriver du couloir et il apparut dans mon champ de vision. Il s'installa en face et enleva ses lunettes pour les déposer sur la table. Le silence s'installa. J'essayai de trouver quelque chose à dire, mais je ne savais pas comment aborder le sujet. Pourtant, c'était simple! Mais les mots ne sortaient pas.

Soudain, je sentis quelque chose de doux se frotter contre ma jambe. Je baissai la tête, et vis Bepo qui me regardait, un petit miaulement lui échappant. Un petit sourire aux lèvres, je le pris dans mes bras et me mis à le caresser. Il ronronna joyeusement et se frotta sur ma main. Je ris. Et bien, il y en a au moins un qui s'est ennuyé de moi. Je le grattai une dernière fois avant de le déposer par terre.

-Je ne pensais pas vraiment que tu viendrais, dit Law silencieusement.

Je relevai les yeux et vis qu'il me regardait intensément. Je baissai de nouveau le regard, gênée.

-Je te l'avais dit, donc…

Je l'entendis soupirer et mon cœur s'accéléra. Je n'étais pas venue ici pour qu'on ait une pseudo-conversation! Je pris mon courage à deux mains, pris une grande respiration, et le regardai en face.

-Je suis venue ici pour une seule et même raison. Je ne partirai pas avant d'avoir eu la réponse à ma question. Et je veux qu'elle soit claire et nette, non pas que tu me gratifie de ton silence, comme à chaque fois!

Il acquiesça doucement et je repris bruyamment le cours de ma respiration. J'avais parlé en une seule fois. Je repris la parole.

-Je suis écœurée de me faire des allusions, et qu'on me dise quoi faire ou penser. Je veux avoir plus que simplement mes impressions, je veux des faits, et tu vas me les donner.

Il acquiesça une nouvelle fois. Je fis une pause, puis, le rouge aux joues, plantai mes yeux dans les siens.

-Est-ce que tu m'aimes? Dis-je d'une seule voix.

Je vis son œil tressauter, et son corps se figea brusquement. Pourtant, il aurait dû se douter de la question. Je vis son regard se perdre dans la masse. Je perdis patience.

-Law?

Il cligna des yeux, comme s'il sortait d'un rêve.

-Je croyais que tu me détestais?

Et voilà, il changeait de sujet, comme à chaque fois. En fait, que c'était lui ou Derek, ils étaient tous pareils! Comment aurais-je pu penser un instant qu'il pourrait avoir des sentiments pour moi…?

-Là n'est pas la question! Je veux simplement que tu me répondes clairement. C'est simple : oui, ou non?

Il ouvrit la bouche, la referma, détourna les yeux, se croisa les bras. Je sentis les larmes monter. J'ai été stupide d'espérer qu'il me répondrait alors qu'il ne l'a pas fait dans le passé. Une fille complètement idiote de croire qu'il y aurait peut-être encore de l'espoir. Je me levai sans un mot, séchai mes larmes du revers de ma main et tournai les talons. J'entendis sa chaise grincer, comme s'il se levait brusquement.

-Attends!

Je continuai ma course sans me soucier de lui. Seulement, il m'empoigna par le bras et me fit virevolter. Cette fois, la colère monta en moi.

-Lâche-moi! Je suis venue pour des réponses, et tu ne m'en donnes pas! Alors je m'en vais!

Il ignora mes cris et m'attira vers lui. Il lâcha mon bras et faufila plutôt sa main dans le bas de mon dos. Il déposa l'autre dans le creux de ma nuque et déposa ses lèvres brutalement contre les miennes. Je luttai de toutes mes forces. Je ne me retrouverais pas dans ce cercle vicieux à nouveau! J'utilisai mes ongles pour le griffer, mais mes gestes n'eurent aucun effet. Je changeai donc de méthode et m'apprêtai à lui envoyer mon genou dans les parties, mais il s'éloigna juste assez longtemps pour enfouir son visage dans mon cou. Nos corps étaient trop près pour lui donner un coup convenable. Je grognai de mécontentement.

-Je ne vais le dire qu'une seule fois, alors écoute bien, murmura-t-il contre ma peau.

Sa voix vibra dans mon cou. Je frissonnai. Sa proximité fit accélérer les battements de mon cœur.

-Je t'aime.

Mon corps se figea. Ma respiration se coinça dans ma gorge. Mon ouïe silla. J'avais mal entendu, n'est-ce pas?

-Q-quoi? Bégayais-je.

J'entendis Law grogner et je sentis son poids disparaitre peu à peu, bien que ses bras demeuraient autour de moi. La seule pensée cohérente que j'arrivais à formuler était « ne t'éloigne pas ».

-Je t'ai dit que je ne le dirais pas une deuxième fois.

Je clignai des yeux. Une. Deux fois. Des larmes se mirent à couler. Law fut surpris par ma réaction.

-Mais pourquoi tu pleures? S'étonna-t-il.

Parce que je suis soulagée, heureuse, agréablement surprise. Et en colère aussi. Je lui envoyai une droite dans les côtes. Il grimaça.

-Pourquoi m'as-tu frappé? Dit-il en haussant le ton.

Une veine apparut sur mon front et je lui administrai un autre coup. Il protesta de nouveau.

-Parce que tu n'es qu'un crétin! Commençais-je à hurler. Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt?!

Il s'approcha davantage vers mon visage pour pouvoir me crier dessus. Notre situation était assez étrange. On se hurlait dessus, mais nos corps s'attiraient comme des aimants.

-Parce que tu es mineure! Et mon élève! Tu crois que ça serait responsable de ma part de te dire ce que je ressentais?

-Non, mais au moins, je n'aurais pas eu à souffrir autant!

Nous haletions comme des bœufs. La situation était tellement absurde que je me mis à rire bruyamment, ce qui l'énerva encore plus.

-Quoi, encore?!

Je ris jusqu'à ce que des larmes apparaissent à nouveau au coin de mes yeux. Je tentai de reprendre ma respiration.

-Regarde-nous, réussis-je à dire après plusieurs bouffées d'air. Nos têtes nous hurlent que notre relation n'a pas de sens et d'avenir, mais nos corps sont collés l'un à l'autre. Ils sont plus honnêtes que nous…

Je vis le rouge de la colère quitter son visage et il rit faiblement.

-Tu as raison.

Mes yeux s'agrandirent de fausses stupéfactions.

-Le grand Law-sama admet que j'ai raison?!

Il me pinça légèrement les côtes.

-Ferme-la.

Je ris doucement et souris. Finalement, j'ai bien fait de venir ici. Mon cœur était beaucoup plus léger qu'avant.

-Dis, Law, pour ce que je t'ai dit la dernière fois…

Il m'incita avec les yeux de continuer. Je soupirai.

-Oublie ce que je t'ai dit. Tu peux rester avec moi. Et à la place…

Je rougis.

-Embrasse-moi…

Il me fixa quelques secondes avant d'avoir un sourire narquois. Je baissai les yeux, gênée, mais il releva mon menton avec ses doigts.

-À vos ordres, votre altesse, me taquina-t-il.

Il se pencha et capture mes lèvres avec les siennes. Je fermai aussitôt les yeux. Chaque fibre de mon corps tremblait, anticipant son corps contre le mien. La sensation qu'avait sa peau, la douceur de ses cheveux, son odeur sucré, sa chaleur envoutante, le goût de ses lèvres. Je n'avais pas remarqué à quel point tout ça m'avait horriblement manqué… Je m'accrochai totalement à lui. J'avais tellement peur qu'il ne s'éloigne de nouveau… Je brisai le baiser pour pouvoir respirer.

-Law… Murmurais-je pour que nous soyons les seuls à entendre. Je t'aime.. Je t'aime tellement…

Il m'embrassa le front.

-Je sais.

C'était notre secret à tous les deux.

Law me caressa la joue et se pencha pour un second baiser. Je le laissai faire sans aucune résistance. Sa langue franchit mes lèvres. Ses mains descendirent jusqu'à mes fesses pour pouvoir me soulever et me prendre dans ses bras. Automatiquement, mes jambes entourèrent sa taille et mes doigts vinrent jouer dans ses cheveux. Nos corps entrelacés, nos lèvres colées ensembles, il se dirigea vers sa chambre et ouvrit la porte. Mon cerveau était trop dans la brume pour me rendre compte de quoi que ce soit. Doucement, il avança et me déposa sur son lit sans rompre notre étreinte. Ce n'est que lorsqu'il délaissa mes lèvres pour mon cou et que sa main se faufila sous mon chandail que mes sens revinrent, puissance 10. Par pur réflexe, je lui envoyai mon poing dans le ventre et mon genou entre les jambes. De quoi vous refroidir. Il se plia en deux, une grimace de douleur déformant son visage. Il y avait même des larmes au coin de ses yeux. Il me regarda méchamment. Oups..

-Qu'est-ce que tu fais? Dit-il d'une voix cassée.

Je me redressai et replaça mes cheveux et mes vêtements en place.

-Et toi alors?

Il grogna, mélange de mécontentement et d'agonie.

-Ça se voit, non?

Il me jeta un regard qui voulait tout dire. Je suis certaine que même mes oreilles devinrent rouges.

-Tu veux dire que tu voulais faire l'a… l…

Les mots bloquèrent. J'étais trop gênée de les prononcer. Il eut un sourire moqueur malgré la douleur.

-Tu n'es même pas capable de le dire?

-Ferme-la!

Il soupira.

-Ah, les gamines…

Mes joues se chauffèrent, de colère et d'énervement cette fois.

-C'est vrai, je suis encore une gamine comparée à toi! Je n'ai pas vraiment d'expérience, et je ne suis même pas bonne pour embrasser! Pardonne-moi! Dis-je, sarcastique.

Il me fixa, surpris, et éclata de rire. Seulement, rire lui faisait mal en même temps. Il fit la grimace. Tant mieux pour lui! Je me mis à bouder. Je m'obstinai à lui tourner le dos, donc je tournai sur moi-même et croisai les bras. Il rit doucement. Puis, je l'entendis s'approcher. Je m'obstinai toujours. Il m'entoura de ses bras puissants. Mon cœur manqua un battement.

-Je n'aurais qu'à te servir de professeur pour une matière toute particulière… Dit-il d'une voix suggestive.

Je frissonnai. Il rit de nouveau et s'éloigna. Je l'entendis sortir de la pièce. Je boudai davantage.


Doucement, j'ouvris les yeux. Je fixai le plafond blanc, comme si c'était la plus belle chose au monde. Je sentis un souffle dans mon cou, une chaleur contre mon corps. Je laissai le plafond de côté et regardai plutôt où j'étais. Dans la chambre à Law, sur son lit, le brun accroché à moi comme si j'étais une bouée de sauvetage. Il avait un bras autour de ma taille et je lui servais d'oreiller. Il dormait profondément. Je souris et lui caressai la joue. J'avais passé la nuit dernière ici, et j'avais dormi avec Law. JUSTE dormi. N'allez pas imaginer des choses inappropriées avec vos esprits pervers…

Je me déplaçai le plus lentement possible pour ne pas réveiller le brun, mais malgré tous mes efforts, il ouvrit un œil. Il resserra sa poigne autour de ma taille et m'entraina vers lui. Je soupirai.

-Tu me lâches pour que je puisse me lever?

-Non.

Il avait une voix toute endormie, et je ne pus m'empêcher de le trouver extrêmement mignon. En plus, il frottait son nez contre mon cou. Mon cœur allait exploser. Il y avait trop de mignonitude en lui.

-Law, j'ai vraiment envie de pisser.

Bon, ma réplique manquait franchement de charme, mais au moins, ça a le mérite d'être claire. Ça eut l'effet désiré. Il me lâcha à contrecœur et je pus aller aux toilettes en paix. Après m'avoir lavé les mains, je sortis de la salle de bain pour tomber sur Law qui sortait de sa chambre en s'étirant. Il n'y avait rien de bien méchant là-dedans, s'il ne portait pas que des boxers. Tous ses muscles étaient visibles, et surtout, ses tatous. Mes doigts me démangeaient. Il passait de mignon à viens-ici-que-je-te-saute-dessus en une minute à peine. Monde cruel…

-Tu aimes la vue? Me demanda-t-il d'un ton sournois.

Je rougis, mais ne niai pas ses affirmations. Au contraire, je m'approchai et, intimidée, allongeai le bras. Doucement au début, j'appuyai mes doigts sur son torse. Ils tracèrent le tatou. Sans réfléchir, j'approchai mes lèvres de sa peau et déposai un baiser au milieu de son torse. Lorsque je me rendis compte de ce que je venais de faire, je m'éloignai rapidement, rouge comme une pivoine, et plaquai ma main sur ma bouche. Je levai les yeux et vis que Law me regardait comme si sa vision passait à travers un voile. Il ouvrit la bouche, se lécha les lèvres. Mes yeux suivirent le bout rose. Sa voix fut roque lorsqu'il grogna.

-Cerys, dit-il tout bas, tu me provoques, là…

Je déglutis difficilement et détournai le regard.

-Désolée, c'était juste une impulsion… Murmurais-je.

Il me fixa quelques secondes, et je crus un instant qu'il allait me dévorer tout cru, mais il se contenta de soupirer. Il se dirigea d'un pas lent vers la cuisine. Je le suivis.

-Dis, je pourrais ravoir mon cellulaire…? Demandais-je d'une voix suppliante.

Il s'arrêta et se tourna pour me regarder. Il semblait réfléchir.

-A une condition.

J'acquiesçai faiblement.

-Tu me dis qui était ce… gars dans la cafétéria.

Il avait dit ces mots comme si c'était du poison. Il faisait aussi une grimace dédaigneuse. Est-ce qu'il était… jaloux? Cette pensée m'arracha un sourire. Mais bien vite, il s'effaça. Il parlait de Derek.

-C'est un ami. Enfin, je crois… Dis-je tristement.

Il leva un sourcil.

-Seulement un ami?

J'acquiesçai.

-Alors pourquoi il t'a pris la main comme ça?

Je réfléchis. La véritable raison, je ne la connaissais pas, mais j'avais des hypothèses. Seulement, je ne pouvais les révéler à Law sans d'abord lui expliquer la situation, Et j'étais certaine que s'il le découvrait, il allait tuer Derek. Ou plutôt, il allait le torturer, et ensuite il le tuerait. Une chance que j'ai effacé ces premiers messages dans mon cellulaire. Si Law avait tombé là-dessus… Je soupirai.

-Il me consolait…

Ah, mais pourquoi ma voix a tremblé! Il va tout de suite deviner que je mens! Et justement, il regardait suspicieusement. Je détournai le regard.

-Alors maintenant, tu me le donnes? Dis-je d'un air innocent.

-Hmmm… Se méfia-t-il.

Puis, il sourit.

-Si tu fais mon petit déjeuner.

Je grognai.


Chapitre 35, dans les temps en plus! :D Et pour l'Halloween. Est-ce qu'il y en a parmi vous qui vont la passer? Moi, on me dit que je suis trop vieille, mais pas grave.. =3=

Donc chapitre rempli d'amûûûûûr! Au début, je voyais le chapitre beaucoup plus mielleux, mais je me suis dit Bah. (Oui, je dis des sons étranges dans ma tête.) Donc à la place, ils se hurlent dessus, comme d'habitude quoi! xD J'espère que vous serez heureuses de leur réconciliation. :3

Sur ce, merci d'avoir lu, et à la prochaine j'espère!