Bonjour à toutes et à tous, bonjour ma petite Communauté d'Obsession,

Voici venu la première partie du chapitre sur la bataille des cinq armées. Le décor est campé, les acteurs sont en place, les ressentis avant les combats sont bien présents…

Comme d'hab. Les perso. De Tolkien lui appartiennent corps et âmes et bien plus encore, je n'ai fait que les « emprunter », coquant aux miens, ils sont ma fierté et un peu ma famille. Je les soigne comme il se doit.

Pour accompagner cette lecture, j'ai été inspiré par ceci :

- Top 30 Two From Hell Songs : temps : 01 : 08 :40 – Nemesis (Album : Nemesis)

- Top 30 Two From Hell Songs : temps : 01 : 10 : 03 – Casablanca (Album : Nero)

- Top 30 Two From Hell Songs : temps : 01 : 14 : 29 - Fountain of life (Album : Nemesis)

- Top 30 Two From Hell Songs (Vol.2) : temps : 00 : 24 : 05 – Femme Fatale (Album Illusion) Celui-ci est mon préféré, je le recommande tout particulièrement car riche en émotions, du moins c'est mon ressentit lorsque je m'en suis servie pour l'écriture.

Voilà, je ne tiens pas à vous influencer en quoi que ce soit pour la musique, mais je peux vous assurer que ces morceaux ont parfaitement collé au contexte. J'imaginais très bien les scènes…

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente lecture. S'il persiste des fautes, veuillez m'en excuser. Je fais mon possible pour les chasser ces sales bêtes, mais parfois, elles s'accrochent…

Je remercie comme à chaque fois, ceux qui passent par ici pour me lire, comme ceux qui mettent un commentaire et que j'estime pour leur bonne volonté de continuer à me suivre, à savoir :

- Méliane, Baka Saru, Fanélia, Evraldrym, Amrod, Akiko-Tora, Alexandre, Einnola, Angelike…

Je n'oublie pas que c'est vous qui me donnez la force …(pas son côté obscur…)

A très bientôt.

Mara Mesta.

Chapitre 35

La bataille des cinq armées

Première partie

Dale, l'antique cité au sud d'Erebor, abritait, autrefois, de nombreuses communautés de Nordiques, parents des Edain du premier âge. Bien que l'on ignore quand cette ville avait été fondée, certains pensaient que son origine était très ancienne. Construite dans la longue vallée formée par les contreforts de la Montagne Solitaire, Dale était, jadis, prospère, et riche grâce au commerce avec les elfes de la Forêt Noire, mais surtout avec les riches nains d'Erebor.

Hommes et nains coexistaient, accueillant les hôtes de tous horizons, pour échanger et pratiquer un commerce florissant. Les célèbres marchés de la ville étaient réputés auprès de tous les habitants de la Terre du Milieu. Il était raconté les nombreuses richesses exposées, échangées, accompagnées de négociations de premiers ordres auprès des Seigneurs et chefs des Montagnes.

Véritable pays de cocagne, ses habitants ne manquaient de rien vivant dans une opulence enviée par de nombreux peuples, ce qui n'empêchait pas sa population d'être en bons termes avec les royaumes voisins. Smaug le Doré, ne s'intéressa pas à la ville de Dale. Seul le célèbre trésor de la Montagne Solitaire attira sa cupidité. Son attaque fut foudroyante ne laissant que ruines et désolation derrière lui.

Le peuple pris la fuite abandonnant la cité. Les habitations détruites, les jardins à l'abandon, les terres vidées…les survivants nommèrent cette terre devenue stérile, « La désolation de Smaug ». La plupart des rescapés s'installèrent à Esgaroth tentant de survivre comme ils le pouvaient.

Le retour à Dale ne fut pas glorieux. C'était revenir sur un passé que chacun tentait d'oublier depuis des générations. Malgré leur désarroi, tous durent s'y résoudre. Peu avaient connus l'exode, et beaucoup ressentirent un sentiment d'ironie coller sous leur pas lorsque décision fut prise de trouver refuge dans la cité. Ce retour, où brillait par son absence la fierté qu'on leur avait promis, se déroulait en demi-teinte.

Les murs ravagés, les maisons dévastées…la nature avait repris ses droits et de nombreuses ronces envahissaient les pierres. L'on pouvait même apercevoir sur les murs les silhouettes d'hommes fuyant, gravés sur la pierre par le feu terrible du dragon Smaug. Comme un rappel constant de la folie de ce féroce animal, les ombres, vestige de ce que fut ces hommes, s'imprimaient tel un halo sombre.

Ce fut là, parmi les décombres, que les habitants d'Esgaroth trouvèrent refuge. Partout l'on voyait des mères s'efforcer de rassurer leurs enfants traumatisés. Les vieillards peinaient à se remettre de leurs émotions et même les hommes doutaient de leurs devenirs. Des feux étaient allumés, le peu de nourriture qu'ils avaient pu sauver de la catastrophe était rationnée et redistribuée.

Désespérée, cette communauté perdue au milieu d'un paysage dévasté, s'abritait sous des tentes faites avec des bouts de bois calcinés et des couvertures calcinées. Pour eux c'était déjà plus qu'ils n'auraient pu espérer. Commença pour eux une longue attente.

La venue du roi sylvestre, fut comme un baume précieux sur une douloureuse blessure. Les deux chariots remplis de victuailles, fruits, légumes, Lembas, vin, soulagèrent les faims les plus tenaces apportant aux estomacs tiraillés un peu de répit.

En piteuse situation, tous les réfugiés d'Esgaroth se serraient les coudes et firent patience se tenant respectueusement devant les charrettes que les elfes ne leur distribuent un peu de pitance. Beaucoup observaient, à la dérobée, le fameux roi Thranduil dont tous craignaient l'autorité. En l'occurrence, cet ellon si particulier semblait préoccupé. Son regard se portait sur la Montagne d'Erebor et se durcissait au fur et à mesure que de pénibles souvenirs envahissaient son esprit.

Pourtant, il attirait irrésistiblement l'attention.

Bard, l'archer tueur de Smaug, venait à sa rencontre accompagné de Gandalf. Impressionné, lui aussi, il commença par s'incliner avant de s'exprimer :

Bard : Majesté, il n'est de plus glorieux fait que celui dont votre présence nous honore. Porter secours aux gens d'Esgaroth, fait de vous un grand monarque.

Thranduil : Nous estimons notre devoir là où il se trouve et ne correspondons en rien aux inepties dont les langues se chargent d'en répandre le fiel.

Bard : Ce n'est pas le sentiment qui vous précède.

Thranduil : Détrompez-vous. Nous connaissons la crainte qu'inspire notre nom, ceci dit, nous n'avons que des louanges à vous adresser pour votre fait héroïque. Tuer un dragon n'était point chose aisé. Qu'en sera-t-il de déloger un nain de ses cavernes ?

Bard : Difficile je le crains. Gandalf le magicien et moi-même en discutions lors de son retour de la Montagne Solitaire.

Thranduil : Les nains sont des êtres bornés sans aucune réflexion !

Le visage du roi porta le masque de la colère ce qui le rendit encore plus impressionnant. Dans son armure dorée, il paraissait invincible :

Thranduil : Laissez-nous le temps de nous installer et nous déterminerons la façon de faire plier ce nain.

Gandalf : Majesté, Thorin ne sera pas facile à convaincre. Ce trésor commence déjà à ronger son esprit. La folie le guette.

Thranduil : Qu'espériez-vous donc Mithrandir ? Nous nous reverrons dans un moment.

Bard s'inclina à nouveau, se dirigeant vers ses enfants. A leurs côtés se tenait une étrange Dame. De noble naissance, elle semblait également de haute lignée par sa prestance, mais ce sont surtout ses cheveux qui attirèrent l'attention de l'archer. Ses filles ne cessaient d'admirer cette femme en ouvrant de grands yeux. Dès qu'il s'approcha d'elle, ces yeux si particuliers se posèrent sur lui. Etrangement, il se sentit immédiatement en confiance :

Olana : Monsieur…

Le salut dont elle le gratifia était teinté d'une louable attention. A son tour ses yeux fixèrent la terre. Cette Dame devait certainement faire partie de l'entourage royal. Il vit, alors, à son doigt, la bague en argent.

Sa connaissance des elfes lui fit comprendre qu'il avait devant lui sa nouvelle fiancée. On savait le roi très en retrait depuis la mort de son épouse…

Le savoir à nouveau épris d'une aussi belle personne, étonnait Bard. Il n'était pas commun pour un monarque de renouer avec l'amour après la perte de son conjoint. Cela relevait même de l'hérésie pour ce peuple. Quel étrange fait !

Le prisme scintillant à la lumière d'un soleil couchant confirma ses pensées. Cette Dame était liée de bien belle façon au roi et elle avait de quoi surprendre. Elle semblait si particulière…

C'était bien la première fois qu'un élément féminin proche du roi se présentait à ses côtés. Le sourire qu'elle lui offrit le captiva. Il ne devait jamais oublier ce moment :

Olana : Vous avez de magnifiques enfants. Votre épouse et vous-même devez en être fiers !

Bard : J'ai perdu mon épouse il y a quelques années déjà.

Compatissante, elle posa avec douceur sa main sur son avant bras, puis consciente que ce geste pouvait éveiller une gêne significative, elle la retira vivement :

Olana : Je me nomme Dame Olana. Vos enfants peuvent se réfugier près de nos tentes dressées tout près d'ici. Il me serait d'un grand soulagement de les savoir auprès de moi. Livrées à elle-même, ces enfants ne sauraient être en sécurité. Vous-même avez des responsabilités me semble-t-il…

Bard : C'est le cas Gente Dame, mais elles ont également un frère qui s'acquitte fort bien de son devoir.

Olana : Oh…Je vous prie d'accepter mes excuses, je ne souhaitais pas lui ôter cette gloire.

Bard : Au contraire Ma Dame, je vous suis reconnaissant de souhaiter porter une attention si particulière sur eux. Je serai beaucoup plus rassuré de les savoir à vos côtés.

Olana : J'en suis heureuse. Sa Majesté a recueillit une petite fille prénommé Elmie du village de Kergalen. Elles se tiendront compagnie. Ces enfants ont plus que jamais besoin de se sentir entourés.

Bard : Je vous remercie pour votre gratitude.

Olana : C'est tout à fait normal. Je vous laisse Monsieur. Me suivez-vous Damoiselles ?

Les deux jeunes filles lancèrent un regard en direction de leur père, lequel leur fit un signe discret les autorisant à suivre cette Dame. Avec un geste de tendresse, Olana s'empara de la main de la plus jeune et toute deux prirent la direction des tentes de campement que les ellons montaient à l'intérieur des ruines de Dale.

Derrière la Montagne Solitaire se couchait un soleil rouge. Les derniers rayons du soleil éclairaient la vaste plaine devant l'entrée du palais d'Erebor. L'on était loin de se douter, à cette fin de journée, les combats promis pour le lendemain.

A l'intérieur du palais royal, les recherches pour trouver l'Arkenstone, continuaient de plus belle. Trouvée par Thrain 1er lorsqu'il s'établit en Erebor, le joyau éclairait alors les salles de la Montagne Solitaire en reflétant magnifiquement la lumière. Elle fut perdue lorsque les nains durent fuir les cavernes à la hâte à cause du dragon.

Ce fut Bilbon qui, par le plus grands des hasards, la trouva alors qu'il tentait de répondre aux questionnements de Smaug le Doré. Sans en parler à quiconque, il conserva la pierre dans la poche de son veston élimé pensant, à juste titre, qu'à un moment ou à un autre, ce fait aurait son importance.

Thorin écu de chêne, la cherchait désespérément enjoignant ses compagnons de voyage à la trouver. Dès qu'il entrevit l'arrivée des elfes, le nain donna ordre d'obturer l'entrée d'Erebor en consolidant à l'aide de gros bloc de pierre la moindre faille. Une fois cette tâche effectuée, sa seule détermination était de remettre la main sur la pierre arcane.

Ses compagnons ne souhaitaient perdre leurs temps pour cette chimère, mais celui qui venait de reprendre son titre de roi sous la montagne les contraignit à la chercher. Plus le temps passait, plus la folie s'infiltrait dans son esprit modifiant le moindre de ses raisonnements.

Seul Bilbon demeurait en retrait, effleurant à travers le tissu les contours de la pierre. Il fallait éviter à tout prix de la remettre à ce nain que la démence guettait. En ce qui le concernait, la vision de Thorin s'était déjà perdue dans un abîme sans fin. Son devoir serait de la porter en un lieu sûr et surtout entre de bonnes mains. Ganfalf était, selon lui, le seul digne de la détenir. Sa décision était prise. A la nuit tombée, il trouverait un moyen de la lui apporter. De toute façon, la conserver sur lui n'était plus envisageable. Il devenait urgent de s'en séparer.

En retrait derrière les murs de son palais d'Erebor, le roi nain, fixait la plaine envahie d'elfes. Leurs armures en argent brillaient au soleil couchant. Grands, élancés, la fierté de servir un grand monarque se devinait dans leur posture parfaite. Chacun pouvait prétendre honorer son devoir de soldat jusqu'à l'abnégation de sa propre existence.

Accompagné de Bard l'Archer, Sa Majesté avançait devant la porte du palais. Décision avait été prise de tenter, une dernière fois, de remettre Thorin devant ses responsabilités d'une part et de respecter ses promesses énoncées devant le peuple d'Esgaroth lors de sa décision de reprendre ses biens, d'autre part.

Fendant la foule sur le dos de son élan, Moose, le grand roi Thranduil, fils d'Oropher, impressionnant dans son armure dorée, s'avançait aux côtés de Bard l'archer, le tueur de Smaug. Ensembles, ils se présentèrent devant l'imposante entrée du palais des nains.

Une fois à l'arrêt, le souverain prit le temps de jeter un regard empli de dédain à l'encontre de Thorin. Ce silence devint pesant et quoique volontairement souhaité, il prit le temps de faire son effet. Légèrement décontenancé, le nain se racla la gorge avant de s'exprimer :

Thorin : Que peut bien vouloir Thranduil, roi des elfes sylvestres, hors de son royaume devant le palais du roi d'Erebor ?

Thranduil : Un roi ? Je n'ai qu'un simple nain à mon appréciation. Un nain doublé d'un manant s'octroyant une richesse dont il n'est que le dépositaire.

Throrin : Vous n'êtes pas le bienvenu Thranduil. Quittez Mes terres avec votre armée !

Thranduil : Quelque chose m'appartient dans ces cavernes et j'exige que cela me soit restitué !

Thorin : Rien en ces lieux ne vous appartient !

L'archer intervint dans cet échange qui menaçait de tourner au pugilat :

Bard : Nous ne souhaitons, mon peuple et moi-même, qu'une seule chose, une parole à été énoncée, qu'elle soit honorée. Il y a bien assez d'or sous cette montagne pour permettre aux miens de rebâtir la ville de Dale et trouver refuge sur ces terres. Nous avons tout perdu après avoir subit la colère de Smaug. Par votre faute, il a détruit Esgaroth et le peu que nous possédions est partit en fumée…

Thorin : Comme c'est dommage…mais il vous reste votre courage. Un peuple de pêcheur n'a pas besoin d'or, tout juste de bonne volonté…

Bard : Nous laisseriez-vous mourir devant vos portes ?

Thorin : Retournez aux abords du lac, là est votre place et si vous souhaitez de l'aide, demandez à la légendaire largesse de ce roi à vos côtés pour vous conforter dans cette épreuve.

Une colère sourde gronda chez Thranduil. Comment un nain pouvait-il ainsi le mettre en porte en faux devant ses soldats ? Son poing se serra convulsivement alors que ses traits se durcissaient. Ce nain devait mourir il ne pouvait en être autrement :

Thranduil : Est-ce tout ce que votre hospitalité leur offre ?

Thorin : Les elfes et les humains ne sont pas les bienvenus à Erebor !

Thranduil : Les elfes et les hommes vont entrer en guerre et rien ne saurait défaire cette décision.

Le nain jeta un regard lourd d'accusation :

Thorin : Devrais-je mettre à votre souvenance, l'accueil dont moi-même et mes compagnons avons bénéficié dans vos geôles ?

Thranduil : Vous aviez perturbé la vie de mes gens, c'était inconcevable pour moi !

Thorin : Vous perturbez celles des miens à votre tour Votre Royale Splendeur !

Au comble de la fureur, le roi sylvestre darda un regard noir de haine à l'encontre de Thorin. Bard leva la tête vers le nain et dans un dernier espoir lui rappela un fait d'importance :

Bard : Et votre promesse ? Annoncée devant le peuple d'Esgaroth, elle paraissait réelle…

Thorin : Ma promesse ? Que vaut quelques vivres et couvertures face à ce trésor appartenant à ma lignée dont je me dois d'en protéger la valeur.

Bard : Serait-ce sans espoir ? Vous aviez donné votre parole, la renieriez-vous là aussi ?

Un instant le silence se fit alors que la Compagnie de Thorin fixait leur roi intensément :

Thorin : Partez, rentrez chez vous !

Bard : Nous n'avons plus de chez nous….Nous n'avons plus rien !

Thorin : Quittez ces terres, d'autres vous attendent, vous saurez tirer votre force et votre courage de cette épreuve !

Après un dernier regard, Thorin se retira en arrière. Ses compagnons de route se lançaient des regards lourds. Qu'arrivait-il à leur roi ?

Dépités, Bard baissa la tête. Le roi, plus habitué aux sautes d'humeur des nains ricanait :

Thranduil : Vous espériez le faire changer d'avis ? Laissez sa folie le consumer. Nous attaquerons demain à l'aube.

Le roi et son armée firent demi-tour et se dirigèrent vers les ruines de Dale où les villageois comprirent fort bien que leurs espoirs s'étaient évaporés.

Au dessus de sa tête, le souverain aperçut Roäc volant à tire d'ailes y mettant une vigueur inhabituelle. Comme à son habitude, son atterrissage fut périlleux. Ses ailes, encore déployées, traînaient à terre. Olana, s'avança vers lui et le prit dans ses mains. Le volatile fixa un regard intense sur elle et sa tête se pencha sur le côté :

Roäc : Votre présence m'est toujours d'un réel secours Gente Dame.

Olana : Pour peu que cela vous soit indispensable, oui.

Roäc : Merci Dame Olana. La fatigue alourdit mes ailes. Dans la plaine gronde un sourd ressentiment…

Olana : Il est à craindre une bataille Roäc. Mon cœur tremble pour tous ces êtres dont la plupart vont y laisser leurs vies.

Roäc : Qu'y pouvons-nous ?

Olana : Si l'entêtement et la fierté n'était pas l'apanage de certains, cela pourrait beaucoup.

Roäc : J'ai toujours pensé que la gouvernance aurait dû être confiée au féminin, cela aurait évité tant de conflit…

Olana : Hélas Roäc, cela ne sera pas pour sitôt.

Le roi, Bard, Gandalf et Cirdan approchaient :

Roäc : J'ai aperçu, non loin de ces terres, les corbeaux de Gundabad ! Leurs vols ne peut signifier qu'une seule chose…une guerre approche ! Ils ont été élevés pour cela !

Gandalf : En êtes-vous sûr ?

Roäc : Ils n'étaient pas sortis de leurs repères depuis des temps immémoriaux. La dernière fois que je les vus, mon père Carc, m'en a conté leurs naissance. Il fallait y voir la malice de Morgoth, et un autre pour la faire perdurer !

Thranduil et Gandalf se lancèrent un regard…Tout était dit.

Olana les observaient en silence. Quelque chose de terrible se tramait, non loin de là et si une guerre devait intervenir dans un tel conflit, les elfes, nains et hommes devraient s'allier pour se battre.

Le son d'une corne se fit entendre. L'écho résonnait contre la montagne et au sommet apparut une armée de nains venus des Monts de Fer.

Dàin, roi et cousin de Thorin, venait prêter main forte à son parent. Sur son mouflon aux cornes impressionnantes, le monarque descendit la pente de la montagne et s'avança jusqu'aux pieds d'Erebor. Une fois sur place, ce personnage haut en couleur passa sa main dans sa barbe en levant son visage vers Thorin et le magicien. Sa voix forte et rocailleuse s'éleva dans les airs jusqu'à Dale, et sa façon de rouler les « r », en étonnèrent plus d'un :

Dàin : Et bien en voici un accueil ! Thorin mon cousin, vous avez fait les choses en grand comme il se devait. Je vais prendre un malin plaisir à me battre contre ce roitelet et lui faire mordre la poussière une bonne fois pour toute !

Le souverain, se présenta sur les remparts de Dale jeta un regard noir en direction de Dàin et répliqua tout aussi furieux :

Thranduil : Je ferai moi-même de votre tête un trophée à accrocher au dessus de mon trône !

Dàin : Fort bien ! Quand commençons-nous les réjouissances ?

Gandalf intervint rapidement. Se plaçant aux côtés du roi elfe, sa voix tonna comme un coup de tonnerre :

Gandalf : Dàin, fils de Nàin, approchez ! Nous devons parler !

Un temps de réflexion parut nécessaire pour le roi des Monts de Fer, avant qu'il ne donne ses ordres à ses soldats :

Dàin : Montez le campement, et que personne ne relâche sa garde. Un elfe, un homme et un magicien réunis ne font pas bon ménage…Gardez l'œil et le bon dans ma direction.

Pendant ce temps, l'istari venait à sa rencontre :

Gandalf : Dàin, un roi elfe, un tueur de dragon et un magicien ne sont réunis que dans un seul but, restez en vie ! Cela vous semble-t-il raisonnable ?

Dàin : Pour le moment magicien…pour le moment !

Les protagonistes se trouvaient, à présent, sous la tente royale. Les réfugiés d'Esgaroth, tentaient de se regrouper auprès de feu de camp afin de tromper la peur qui s'infiltrait comme une fièvre pestilentielle. L'on pouvait en sentir les méfaits sur leurs visages aux traits tirés.

Gandalf, que tout prédisposait à se mettre en avant pris la parole :

Gandalf : Il n'y aura pas de guerre d'intérêt entre elfes, nains et hommes. Azog et sa redoutable progéniture marchent vers Dale et leur venue réglera vos discordes définitivement si nous ne rallions pas nos forces.

Dàin : Et qui me dit que tout ceci est vrai ? N'y aurait-il point là quelque malice…

La voix du magicien tonna tel un coup de colère :

Gandalf : Dàin, ne vous faites pas plus prétentieux que vous ne l'êtes ! Oseriez-vous mettre la parole d'un istari en doute ?

Calmé pour un temps, le nain marmonna dans sa barbe :

Dàin : Allez-y, je vous écoute.

Gandalf : Les corbeaux de Gundabad ont été aperçut non loin d'ici. La guerre approche…Certains d'entre vous connaissent la signification de leurs venues…

Dàin : Gundabad, ne sont que des ruines !

Le prince Legolas faisait son entrée sous la tente, tous se tournèrent dans sa direction. La crainte se lisait sur ses traits :

Legolas : Des ruines où la vie à reprit court. J'ai vu de mes yeux, des mouvements à l'intérieur de ces murs sombres…un dessein d'envergure s'y prépare !

Dàin : Prince Legolas, votre…vision des choses ne s'en trouverait-elle point aiguiser par la volonté de votre père, afin de récupérer certains joyaux aux promesses enchanteresses ? Nous connaissons tous, ici, son désir de se les approprier à nouveau.

Thranduil : Me qualifieriez-vous de voleur, quant le seul à se montrer devant mes yeux se trouvent être un vague parent de ce nain borné !

Gandalf : Il n'y a pas plus de voleur ici que de menteur, veuillez cesser ces querelles ridicules. Azog et ses troupes seront bientôt à nos portes, voici ce qui entre en ligne de compte dans nos tergiversations. Le reste n'est qu'une discorde insignifiante et déplacée.

Dàin : Insignifiante sans doute, mais légitime. Nous autres nains ne sauront cautionner cette supériorité ridicule allouée aux elfes et leur légendaire autorité sur cette terre.

Gandalf : Ah ! Les nains et leurs caractères !

Cirdan : Veuillez considérer nos intentions plaisantes par leurs bonnes grâces et non désobligeantes à votre égard. Pensons à nous allier au lieu de nous disperser. C'est sans doute ce qu'attend l'ennemi. Ne lui offrons point cette satisfaction.

Une fois de plus, la voix de la raison et de la sagesse venait d'être exprimée. Chacun mit un mouchoir sur ses prétentions et s'accorda à penser que ce sage n'avait peut être pas tout à fait tort.

Ensemble, les connaissances des uns et des autres furent mises à profit alors que les stratégies s'établissaient entre ces monarques à la puissance déterminante.

Le roi Dàin retourna vers ses troupes promettant, pour une fois, de tenir aux côtés des elfes et non face à eux.

Quelques temps plus tôt…

Le Mont Gundabad, se dessinait dans un ciel sombre zébré de couleurs rougeâtres signes des mauvais desseins se préparant dans cet endroit hostile. Situé à l'endroit où les Montagnes Grises s'affaissaient et rejoignaient les contreforts des Monts Brumeux, formant la passe vers les Hauts du Nord et l'Angmar au nord-ouest, cette forteresse évoquait une lame semblant déchirer les cieux. Constituée d'un assemblage de plaques de fer rouillées et rivetées sur une structure en pierre noire, elle s'élevait vers le ciel, dominant la passe du nord.

A cet endroit, plus aucune vie, qu'elle soit animale ou végétale, s'y développait, à part les créatures immondes créées par le maître des lieux.

Haut lieux stratégique, elles défendaient ces territoires et en sous-sol se trouvait d'immenses forges d'où l'on coulait le minerai nécessaire à la machine de guerre de Gundabad. Là, était produite toute sorte d'armes. Autrefois un ancien fief de nains de la lignée de Durin, il était devenu la forteresse de ces serviteurs de Sauron.

Azog avait quitté Dol Guldur à la tête de son armée composée d'ignobles créatures toutes plus assoiffées les unes que les autres. Conscient de son pouvoir sur elles, les haranguer en leur promettant le goût du sang avait simplement suffit à les mettre dans un état d'excitation proche de la furie, et c'était bien ce qu'il souhaitait.

Une bataille aurait lieu très prochainement dont il espérait bien en retirer tous les honneurs et cela devait commencer par la mort de ce nain empli de dédain qui s'était retranché derrière les murs d'Erebor et comptait bien garder pour lui seul l'or sous la montagne.

Ayant trouvé un abri à Dale, Azog le profanateur composa ses troupes. Formées de différentes races d'orques, de trolls en tout genre et divers wargs cuirassés, le chef de guerre se gaussait de sa puissance.

Pendant ce temps là, une nuée de chauve-souris tueuses et surentraînées pour la guerre, et c'était bien ce que leur envol signifiait, passèrent au dessus des têtes de Legolas et Tauriel venus espionner ces terres maudites :

Legolas : Les Chauve-souris tueuses ! Elles n'amènent qu'une seule chose avec elles, la guerre et la désolation !

Tauriel : Sont-elles si terribles ?

Legolas : Des semeuses de mort…Nous devons prévenir mon père !

Le réveil de ce lieu maudit pour Legolas ne fut qu'une évidence de plus. Une guerre devait éclater !

Sans plus tarder, ils quittèrent discrètement leur poste d'observation et s'apprêtaient à partir, lorsqu'un son de corne attira leur attention. A nouveau ils se penchèrent et virent, en contrebas, les armées de Bolg quitter les ruines de Gundabad frappant la terre de leur pas cadencé. Leurs regards se rencontrèrent, et chacun y décela la crainte de l'autre. Ils s'enfuirent aussi vite qu'ils le purent et prirent la direction d'Erebor.

Dans leur précipitation, ils ne prêtèrent guère attention à un être immense pourvu d'une paire d'ailes d'un noir d'encre se confondant avec la nuit profonde.

Un regard rouge rubis éclairait de sa cruauté ce monstre dont la volonté de répandre le mal atteignait le sublime…

D'une autre nature et pourtant tout aussi volontaire à détruire et ruiner ce monde, sa détermination valait à elle seule tous les pouvoirs des créatures maléfiques de cette terre.

Azog fut le premier à parvenir près d'Erebor. Là, dans l'ombre de la nuit, ses troupes s'établirent dans un silence éloquent. Leur chef établit son poste de commandement sur l'ancienne tour de guet de Montcorbeau, juchée sur un éperon rocheux au dessus de la cité en ruine de Dale. Surplombant la route qui menait à la Montagne Solitaire et à la grande porte d'Erebor, elle permettait de sonner l'alerte chaque fois qu'une attaque menaçait les mines des nains.

Position hautement stratégique, l'orque blanc y installa son quartier général. D'ici, il guiderait ses armées et donnerait ses ordres à l'aide d'oriflammes destinées à cet effet.

A l'intérieur du palais royal, les choses allaient tout autre. S'enfonçant inexorablement dans sa folie, le roi de la lignée de Durin persistait à chercher l'Arkenstone. Il en allait de sa propre vie. Plus importante que n'importe quelle autre quête, la retrouver lui paraissait capital. Son regard devenait méfiant. Il en était parvenu à se méfier de tous, ce qui voila ses yeux d'une ombre malfaisante.

Personne n'osait troubler son étrange silence et chacun des membres de la Compagnie des nains l'observait en silence espérant le retour de leur monarque parmi eux.

Hélas, le souverain pensait même à la trahison, et de l'un d'entre eux qui plus est !

Au comble de la suspicion, il s'en confia même à Bilbon. Le semi-homme conservait bien précieusement la pierre dans la poche de son veston. Au vu de ce qui se passait sous ses yeux, ses premières pensées furent qu'il avait eu raison de ne pas la lui rendre. S'il rentrait en possession de ce joyau, sa déraison n'aurait plus de limite, Balin le lui avait confirmé.

Une décision d'importance n'était jamais facile à prendre mais lorsqu'il s'agissait, en l'occurrence de confier le bien le plus convoité par un monarque devenu narcissique, égoïste et peu enclin à la compréhension, à un être de confiance, le mieux était encore d'agir en conséquence.

Voici pourquoi, il profita d'un moment d'inattention de la part des nains pour enjamber le parapet de l'entrée du palais, et descendre au bout d'une corde rejoindre le camp des elfes.

Sous la tente royale, les discussions allaient bon train lorsque le hobbit fit son entrée :

Gandalf : Nous n'avons pas le pouvoir de faire plier Thorin…la maladie le guette tout comme son grand père.

Thranduil : Si nous n'entendons plus jamais parler de Thorin écu de chêne cela ne saurait nous porter préjudice, bien au contraire. Pourquoi s'en est-il allé de nos geôles ? Au moins, dans cet endroit, je le protégeais de cette menace.

Gandalf : Entraver sa détermination de reconquérir Erebor, tout comme récupérer l'Arkenstone ? Rien ni personne n'aurait pu changer cela.

Bilbon : Si, je pense…enfin, je crois pouvoir l'affirmer, mais…euh, enfin j'ai ceci en ma possession et je pense …tenez Gandalf, faites ce qui vous semble nécessaire.

Tous se tournèrent dans la direction du semi homme et le détaillèrent comme s'il eut amené avec lui la lumière divine et en un sens, c'était un peu le cas.

Les éclats de la pierre éblouirent les personnes présentes. Telle une graine créatrice, elle conservait en son centre les prémices de toute vie. Un peu comme un miroir du commencement, elle semblait demeurer le vestige des premiers temps de l'univers tant ses curieux reflets faisait penser à une galaxie en formation. Tous comprenaient pourquoi Thorin la désirait tant. A nulle autre pareille, cette pierre inspirait la crainte et la fascination par un sulfureux mélange.

Bard posa un regard interrogateur sur Bilbon :

Bard : Qu'est-ce que ceci ?

Gandalf : Ceci mon ami, est l'Arkenstone ! L'héritage de la Maison de Durin !

Thranduil : L'héritage d'une folie !

Bilbon, impressionné par le roi, l'observait en silence :

Gandalf : Ou avez-vous eu cela mon ami ?

Bilbon : Euh, et bien…en fait…dans la salle au trésor alors que Smaug cherchait à me faire…rôtir ?

Gandalf : Rôtir ? Votre témérité n'en a été que mieux récompensé.

Sa Majesté et Bard fixaient toujours le semi-homme avec une certaine curiosité :

Gandalf : Nous pourrions nous en servir comme d'un moyen de pression pour faire plier Thorin.

Bilbon : Tout ce que je souhaite c'est faire cesser cette aberration.

Bard : Avec cette pierre, Thorin nous prêtera une oreille attentive et s'obligera à respecter sa promesse pour la récupérer…

Thranduil : Vous ne comprenez pas Bard, tueur de dragon, l'aliénation de ce nain, n'est plus à démontrer. S'emparer de ce joyau ne fera que renforcer son déséquilibre. Espérer revoir une once de lucidité dans cet esprit perverti devient une utopie. Demain, dès l'aube, nous attaquerons Erebor ! Lorsque nous en aurons fini avec ce nain, il sera toujours temps de nous occuper d'Azog le Profanateur.

Bard : Je vous en prie Majesté, laissez-moi essayer…

Le monarque soupira :

Thranduil : Fort bien, ce sera votre dernière tentative.

L'archer prit congé en compagnie de Bilbon :

Bard : Alfrid, trouvez un lit pour ce hobbit et de la nourriture. Il le mérite.

Un signe de tête salua cette marque de considération…

L'istari, quant à lui, avait le plus grand mal à tenter de raisonner le roi :

Gandalf : Thranduil, je vous en prie, reconsidérer votre position. Un désaccord concernant des joyaux fussent-ils de grande importance pour vous, ne saurait se traduire par une guerre…

Thranduil : Ce nain, atteint de démence m'indispose ! Il me faut mettre un terme à ses agissements et lui montrer que cette déraison desservira son peuple dès lors qu'il continuera à s'entêter.

Gandalf : Cette vieille rancune nuira aux vôtres Majesté.

Thranduil : Cela suffit ! Ma décision est prise. Après avoir contré Azog, je m'occuperai de faire rentrer ce nain dans le rang !

A regret, l'istari se retira alors qu'Olana entrait. Leurs regards se croisèrent. Aucune parole ne fut échanger, pourtant, ils se comprirent. Un sourire répondit à la demande du magicien. S'inclinant, il se lisait dans ses yeux tous ses espoirs de la savoir plus convaincante que lui :

Olana : Puis-je vous parler Sire ?

Instantanément, le monarque perdit son rictus colérique et un sourire éclaira ses traits comme par magie :

Thranduil : Bien sûr elen nin.

Ses mains se tendirent vers elle. Elles se lièrent comme si c'était la chose la plus naturelle :

Olana : Vos traits étaient soucieux avant que mon sourire n'agisse sur vous. Majesté, ce joyau qu'il vous importe tant de reprendre en votre possession justifie-t-il véritablement…une guerre ?

Thranduil : Nous en avons déjà parlé Olana. Je ne saurais changer ma position concernant cette décision. Elle engage mon honneur.

Olana : Que vaut l'honneur d'un elfe, d'un homme ou d'un nain face à la mort ?

Thranduil : Il l'accompagne sur le chemin de son destin.

Olana : Est-ce un destin que de perdre la vie pour une chimère ? Elle ne ramènera pas l'enfant à mère, ni le père à son fils, tout juste un sentiment d'orgueil qu'il serait vil de garder en son sein.

Thranduil : Je comprends Ma Dame votre ressentiment, mais il est des décisions qu'un souverain ne peut remettre en cause.

La jeune femme baissa les yeux :

Olana : Très bien, alors en ce cas, laissez-moi être à vos côtés demain à l'aube

Thranduil : Vous n'y pensez pas ! Olana, il s'agit d'une guerre. Demain, des elfes, des hommes vont mourir !

Olana : Des nains aussi Thranduil, pour quelques richesses dont nous pourrions faire l'impasse.

Thranduil : Ce ne sera pas l'unique raison de ces combats elen nin. D'autres vont venir réclamer leur dû et nous devrons y faire face.

Olana : Je ne puis cautionner de vous perdre pour une cause où la noblesse fait défaut. Je vous accompagnerai demain !

Thranduil : Il n'en est pas question Olana. Votre place n'est pas sur un champ de bataille.

Olana : Où se trouve-t-elle dans ce cas ? Sur les remparts de cette ville à vous regarder tomber au combat et mourir sous mes yeux ?

Thranduil : Votre roi ne mourra pas mon ange, je m'y engage !

Olana : S'il m'était seulement possible de vous décrire la force de mon amour à votre égard…

Le souverain s'approcha de la jeune femme et baisa son front. Dans ce baiser transparaissait un sentiment unique que seul l'amour n'aurait pu expliquer. Leurs regards s'accrochèrent pour ne plus se quitter :

Thranduil : Accordez-moi la permission d'emporter à la bataille votre sourire et non votre peur. Je vous offre nos plus belles années à venir, mon amour et mes faiblesses cueillez-les je vous prie avant qu'elles ne nous délaissent…

Olana : J'en ferai un bouquet qu'il me plaira de conserver à mes côtés, et je tairai mes craintes pour vous.

Thranduil : Elles n'ont pas lieu d'exister mon ange…

Olana : Chaque personne que l'on s'autorise à aimer, est quelqu'un que l'on prend le risque de perdre…

Thranduil s'approcha au plus près de sa fiancée prenant son visage en coupe et parsemant son visage de doux baisers, sous les gémissements d'Olana. Ses mains se posèrent sur celles de son amant, ses yeux se perdirent dans ceux le regard bleu de l'ellon. Pour la première fois depuis sa rencontre avec le monarque, elle y lut la souffrance.

Déjà, ses traits changeaient, laissant apparaître sa terrible blessure que la magie elfique peinait à lui dissimuler. Dans un élan spontané, ses lèvres recouvrirent les traits déformés caressant de leurs douceurs ce visage meurtri.

Ses bras l'enserrèrent avec une telle force qu'il fut le premier surpris ? Cette femme si frêle pouvait parfois faire preuve d'une telle impétuosité. Fasciné et conquis, il se laissa entrainer malgré lui dans ce tourbillon de sentiment où la passion en émergeait avec hardiesse.

Olana : Je prendrai tout de vous, vos peurs, comme vos joies, votre détermination comme vos faiblesses…j'ouvrirai une brèche dans votre cœur et m'y engouffrerai pour toujours et à jamais. Demain, à la bataille, vous m'y trouverez, et pas plus vous qu'un autre ne saurait m'y déloger.

Thranduil : Et je vous emporterai avec joie mon âme, pour toujours et à jamais.

Leur étreinte perdura un long moment avant que l'un des deux n'esquisse le moindre geste.

Lorsque leurs mains se désunirent, ce ne fut que pour baisser les rideaux de lin de la tente. Il souffla au passage quelques bougies souhaitant créer une intimité plus propice. Cette nuit, le grand monarque posséderait un trésor inestimable entre ses bras qu'aucun être malfaisant ne pourrait soustraire de son emprise.

Cette nuit serait à eux…seulement à eux !

Emergeant d'un sommeil tourmenté, Olana se leva précautionneusement du lit royal, abandonnant pour quelques temps la couche de son royal fiancé. Ses traits aussi paraissaient troublés. Malgré tout, sa beauté interpellait toujours la jeune femme. Son cœur s'emballa. Que serait sa vie sans cet être ?

S'enveloppant les épaules dans un châle de lin, ses pas la portèrent sur le devant sur la terrasse du promontoire dominant la vallée où la tente de campement avait été installée. En contrebas, des milliers de petits feux de camps brillaient dans la nuit noire, comme un champ d'étoiles échouées au hasard du destin. Perdue dans ses pensées, elle laissa son âme s'envoler. Ne plus songer à rien, laisser simplement le temps glisser sur soi en attendant que la mort ne vienne cueillir ceux qui n'en disposeraient plus.

Attirée par une sensation, son visage se tourna vers la droite. A quelques mètres d'elle se tenait Gabriel.

Droit, fier, ses longs cheveux blonds partagés avec soin, un long manteau bleu nuit où la profondeur de son âme venait s'y loger. Ses mains reposaient de chaque côté de son corps. Elle admira la finesse de ses traits, ce profil divin où sa seule contemplation apportait à son admirateur la paix et la sérénité.

Elle s'approcha.

Tendrement, sa main se glissa dans celle de l'archange. Leurs doigts s'entrelacèrent. Une force vive entra en eux.

Surpris par un tel ressentiment, tous deux se fixèrent intensément et tous deux aperçurent chacun dans le regard de l'autre, ce cercle gris se formant. Parfait miroir l'un de l'autre, leurs âmes se confondirent l'espace d'un instant, puisant le courage et l'amour dont ils avaient besoin.

La brise légère faisait voleter leurs cheveux entremêlant ces deux parures magnifiques. Avec lenteur, le visage de l'archange se pencha vers Olana tandis que ses lèvres se déposaient avec la grâce de leur volonté sur le front de la jeune femme.

Et les mots surgirent dans un élan de Foi inébranlable :

Gabriel : A tuus amor aeternus. (Mon amour pour toi est éternel.)

Sous le poids du respect, comme celui de sa réciprocité, ses paupières se baissèrent et son front se posa contre la poitrine de l'archange. Un doux sourire empreint de piété le rendit magnifique.

Et l'entourant de ses ailes,

le représentant du Très Haut fit entrer la Lumière dans l'esprit de la brebis égarée,

entourant son corps d'un rempart de Foi contre laquelle,

les armées de « Celui qui s'oppose » n'auraient jamais accès…

et cette femme porta en son sein son destin…

Elle ne sut combien de temps ils restèrent là, ensembles, soudés, dans un inextricable sentiment, mais ils comprirent qu'ils devaient se séparer et chacun repartit d'où il était venu.

Les amis d'Olana, ne pouvaient fermer l'œil, à part Amélie. Bien qu'ayant refusé de se coucher, elle ronflait maintenant bouche ouverte auprès d'Opéca. Mic Mac, toujours aussi malicieux, rêvait d'envoyer quelques boulettes de mie de pain dans ce puits sans fonds, mais un simple regard de zorgûnn finit de l'en dissuader.

La vieille femme, avait lutté contre le sommeil une bonne partie de la soirée, mais son âge se rappelait à son bon souvenir et malgré toute sa volonté de demeurer aux aguets, elle avait fini par s'endormir.

N'osant l'avouer aux autres, elle avait tout simplement peur de rester seule. Être au plus près de ceux qui l'aimait…voilà ce qu'elle désirait. La brune connaissait cette bonne femme et l'entourant de son bras, elle la maintint contre elle. Chaperon Rose, un sourire aux lèvres, prit une couverture et la posa sur son ancêtre.

Orlyänne montra une partie de sa dentition, comme à son habitude, tandis qu'Alachnÿ tentait, tant bien que mal, de fumer un peu d'herbe de la Comté que lui avait offert Gandalf dans un élan de générosité :

Alachnÿ : Merdasse ! Qu'est-ce que c'est que cette herbe à chiens ! Comment font ces demi-portions pour fumer une telle horreur ?

Zorgûnn : Tous les goûts sont dans la nature magicien.

Alachnÿ : Tiens, plus de deux mots à la suite ? Que vous arrive-t-il mon ami ? Un excès de générosité ? Cela ne ferait pas de mal à notre petite Communauté me semble-t-il. Bon, où est mon gros tas ?

Matouba : Suis-je là, ou ne suis-je point là ?

Mic Mac : Con de chat !

MAtouba : Con, ou pas con ?

Aliénor ne put s'empêcher de rire :

Aliénor : Décidément Alachnÿ, je ne comprendrai jamais cette folie d'avoir créé pareille créature.

Alachnÿ : Rassurez-vous, moi non plus !

Aliénor : Eh bien mes amis, nous voici à un tournant de notre aventure. Qui aurait pu se douter de cela lorsqu'Olana nous avait fait part de son désir de venir en Terre du Milieu ?

Prince Charmant : En tous les cas, je dois être l'un des seuls à ne pas me plaindre de la curieuse tournure qu'ont pris les événements ! Pensez donc, être débarrassé de ce qui me sert d'épouse…ah, je suis aux anges…enfin, si je puis m'exprimer ainsi. Heureusement pour ma noble particule, Gabriel ne se trouve pas dans les parages.

Aliénor : Gabriel n'est jamais bien loin Prince. Vous devriez avoir quelques retombées de vos écarts de langage très bientôt.

Prince Charmant : Oh, croyez-le ou non, il y a des fois où j'aime vivre dangereusement !

Orlyänne et les mâles de l'assistance rirent de bon cœur :

Jack : Cà tombe bien mon pote, du danger tu vas en avoir un max.

Opéca : J'dirais même à porté d'ganache !

Prince Charmant : Le pensez-vous vraiment ? Je ne sais pourquoi, mais quelque chose me dit que ce nain va accéder aux désirs du roi. Fichtre, en parlant du roi, avez-vous remarqué Nimïel son armure royale ? Une véritable splendeur ! Vraiment, ce monarque en jette à toutes les faces ! Un véritable roi Soleil et toute sa Cour à lui tout seul.

Nimïel : Mais vous êtes en dessous de la vérité mon ami…Je me suis empli de cette beauté sans jamais m'en rassasier. Un petit regard sur la finesse des gravures sur cet or flamboyant aurait pu m'envoyer directement au Paradis tel que l'aurais décrit Gabriel tant mon enchantement m'aurait porté au-delà de mes rêves. D'ailleurs, à bien y prêter attention, il me semble entendre les séraphins chanter autour de Sa Royale Majesté…

Chaperon Rose : Ouh, attention que mon Gabinou ne t'entende point Nimïel. Seule Olana peut s'enorgueillir de porter un tel titre.

Opéca : Ouais. Nous y nous aiment bien, mais elle…c'est presque de l'adoration !

Chaperon Rose : Tiens donc, ma brune amie nous présenterait-elle comme un relent de jalousie ?

Opéca : Ta brune amie va te dérouiller dans pas longtemps la pouillasse. D'ailleurs, qu'est-ce que tu fiches ici ? T'es pas en train de chevaucher ton elfe avant qu'il ne chevauche sa bestiole pour partir à la guerre ?

Chaperon Rose : Oh, mais que voici une excellente suggestion ? Et moi qui n'y avais pas songé !

Jack : A d'autres !

Chaperon Rose : Exact mon petit choupinou. Je souhaitais juste faire enrager mon amie de toujours et brune de surcroit. Bien, je vais aller tester la vaillance de mon capitaine.

Alachnÿ : Testé correctement mon enfant, en y mettant l'ardeur souhaité et en arrondissant les encoignures. Matez-le convenablement merdasse, qu'au moins une personne ici sache faire honneur au genre humain !

Prince Charmant : En voici une envolée lyrique ! J'en suis tout retourné. Il n'est pas exclu que moi aussi ne cherche à faire honneur…

Jack : Non ! Toi tu vas prendre des forces pour te battre demain.

Prince Charmant : Plaît-il ? Vous n'y pensez pas j'espère ! Ces nains ne sont que des barbares prêts à user de leurs mauvaises manières !

Alachnÿ : Leurs mauvaises manières ? Apprenez Prince, qu'une horde d'orques et autres saletés de bestioles se dirigeraient vers nous, enfin, d'après ce que j'ai ouïe dire.

Prince Charmant : Diantre ! Il nous faut fuir immédiatement….Bien je réunis mes affaires personnelles et…

Jack et Zorgûnn déposèrent une main sur chacune des épaules de Prince et la force de leur poigne dissuada le freluquet de ses envies de fuite :

Prince Charmant : Je plaisantais je tenais à le préciser.

Jack : Voilà, on va dire çà comme çà !

Chaperon Rose cherchait Luthïen. Avec tous ces elfes…

Comme d'habitude ce fut lui qui la trouva. Son odeur, si caractéristique, l'enivrait littéralement. Il finissait par comprendre la fascination qu'éprouvait l'elfe de feu pour sa petite poupée. Dès qu'elle l'aperçut, son sourire s'élargit et de sa démarche singulière, elle s'approcha de lui :

Chaperon Rose : Ah te voilà ? Je te cherchais.

Luthïen : Je te trouverai toujours.

La jeune femme laissa une ombre planer sur son visage, ce que remarqua l'ellon :

Luthïen : Viens ici ma puce.

Sa main serra fortement celle de Chaperon Rose. Il l'entraina près des remparts de la ville et la pris contre lui :

Luthïen : Je sens ta peur. Il ne faut pas.

Chaperon Rose : C'est toujours ce que disent les mâles avant de partir au combat. Cette détermination à se battre pour des chimères…quand allez-vous grandir enfin ?

Luthïen : Obéir aux ordres, tel est mon devoir.

Chaperon Rose : Alors ton devoir n'en est pas un. Tuer…c'est bien une occupation pour les porteurs de boules çà !

Luthïen : Et ton amie, l'elfe aux cheveux rouges ?

Chaperon Rose : Orlyänne ? Oui, mais elle, c'est différent. A elle seule elle doit porter plus de paires de boules que vous n'en posséderai jamais vous tous réunis !

L'ellon se mit à rire. Son regard se fit intense alors que ses doigts se perdaient dans ses cheveux. D'un élan spontané, elle se colla contre lui humant l'odeur de sa peau. Il en profita pour murmurer tout contre son oreille :

Luthïen : Gerich veleth nîn mànënin !(Tu as mon amour mon âme !)

Se dégageant de son étreinte, elle le dévisagea d'un air suspect :

Chaperon Rose : Si tu m'as dit des cochonneries, tu t'en repentiras !

Ebloui par la beauté de cette femme, le capitaine ajouta avec ferveur :

Luthïen : Oui, je le sais ! Je dois faire très attention avec toi. Un jour prochain je te traduirai ces mots, petite sauvageonne.

Chaperon Rose : J'y compte bien.

Luthïen : Je dois y aller ma puce, mes soldats…

Chaperon Rose : Oui, je sais. Va faire ton devoir.

D'un geste sûr, il empoigna la nuque de Chaperon la faisant basculer et l'embrassa passionnément :

Chaperon Rose : Waouh ! Cà c'est un baiser de cinéma !

Il haussa un sourcil :

Chaperon Rose : Moi aussi, un jour je te traduirai tous ces mots. Nous avons tant à nous apprendre…

Gandalf accompagna Bilbon jusqu'à la porte principale de Dale. Après tout ce qu'ils avaient traversé, il ne se sentait pas d'abandonner ses compagnons d'aventure, aussi prit-il la décision de retourner à Erebor. Tôt ou tard, il devrait avouer à Thorin ce qu'il venait de faire. Sa réaction ne serait pas tendre envers lui, mais il n'en avait cure. Par respect pour les autres nains, sa présence semblait requise.

Leurs pas stoppèrent alors que le magicien s'adressait à lui :

Gandalf : Vous voici muni de votre seul courage à présent. Il y a plus en vous que beaucoup ne se l'imagine. Cela porte un nom Monsieur Bilbon le courage.

Bilbon : Euh, non…non, non, je vous assure. Je n'agis que dans l'éventualité d'aider mon prochain. Oui…voilà tout.

Gandalf : Et modeste avec çà.

Bilbon : Fatigué surtout Gandalf…fatigué.

Le magicien le gratifia d'une tape dans le dos :

Gandalf : Gardez courage Bilbon Sacquet. Un mauvais jour est à venir, mais à toute aube succède le soleil.

Bilbon : Et s'il n'avait plus l'envie de se lever ?

Gandalf : Alors nous porterions en nos cœurs son souvenir en sentant la fin s'approcher.

Le semi-homme secoua ses boucles châtaines en pinçant les lèvres. Soudain, leur attention fut attirée par le petit pas cadencé de Chaperon Rose. Essoufflée, cette dernière s'en venait un magnifique sourire aux lèvres :

Chaperon Rose : Ouh, Monsieur Bilbon Petitou ! C'est bien vous ! Il m'avait bien semblé vous reconnaître. Vous êtes toujours en vie. C'est bien mon petitou, mais il faut vous prémunir contre le danger qui va sévir dans peu de temps. Avez-vous mangé à votre faim ? Tenez, j'ai réussi à… « Carotter », comme dirait mon ami le lutin Mic Mac, cette pomme, mais c'est pour la bonne cause. Elle est pour vous. Voilà !

Elle lui tendit fièrement le fruit qu'il prit en lançant un regard de surprise au magicien. Accompagné d'un sourire, la jeune femme ébouriffa d'un geste maternel ses cheveux, de sorte qu'il ressemblait maintenant à un épouvantail, puis elle arrangea son veston :

Chaperon Rose : Couvrez-vous bien Monsieur Bilbon Petitou, les nuits commencent à se rafraîchir.

Lorsqu'elle claqua un gros baiser sonore sur son front, le hobbit en fut tout étourdi alors que l'istari haussait un sourcil :

Chaperon Rose : Ce n'est que pour mon petit bout de chou. Un tel courage mérite toute ma considération. Au revoir petit bout d'homme et prenez garde à votre vie.

Faisant virevolter sa chevelure, la jeune femme s'en fut comme elle était venue. Le magicien plissa les yeux :

Gandalf : Petitou ?

Bilbon haussa les épaules alors qu'un charmant sourire éclaira pour quelques temps encore son visage, et sans se retourner, le hobbit retourna vers Erebor. L'istari était toujours songeur :

Gandalf : Petitou…curieux comme les personnes insignifiantes savent parfois trouver leur place…

Peu avant l'aube, les soldats revêtirent leurs armées, les lames elfiques agencées dans leurs fourreaux. Les casques agrémentés de crêtes en forme d'éventail, accentuait l'aspect différents des elfes sylvestres, accentuant une certaine dureté. Chacun d'eux possédaient un bouclier aux courbes harmonieuses, taillés dans du bois poli de couleur sombre auxquels l'on avait ajouté des motifs en relief recouvert d'or.

Beaucoup étaient munis de lances à doubles lames, travaillées elles aussi, avec finesse. Les archers, grands et longilignes, se plaçaient derrière la première ligne. Les flèches aux pointes acérées, se trouvaient dans leurs carquois prêtent à atteindre leurs cibles. Les épées, quant à elles relevaient de l'œuvre d'art, par leurs formes, leurs lames évidées par endroits, leurs fusées*, gravées elle-aussi, tout comme le pommeau bien souvent sertit d'une pièce en or. Seul l'arme du souverain possédait un rubis sertit de métal précieux sur le pommeau. Les découpes les allégeaient considérablement offrant des performances inégalées.

En ce qui concernaient les hommes de Dale, les quelques épées et arcs sauvés de la destruction d'Esgaroth, ne suffisaient pas. Cependant, prévoyants, les elfes sylvestres, avaient pensé à remédier à ce manque et avaient apporté, épées, casques, boucliers et lances…

Beaucoup n'étaient pas des soldats aguerris, mais devant l'urgence de la situation, s'adapter demeurait une évidence. Il fallait sauver sa propre vie comme celles de ses proches. Cela devenait un enjeu considérable.

On finissait de préparer Sa Majesté. Oilïn, sa fidèle servante et un aide de camp, l'aidait à se parer des derniers éléments de son armure. A l'extérieur, Moose, son élan, attendait en piaffant d'impatience. Cet animal majestueux, était harnaché de cuir marron foncé où les armes de la maison royale étaient gravées sur la selle. Ses impressionnantes cornes représentaient à elles seules le plus terrible des défis pour quiconque aurait eu l'audace d'approcher le souverain d'un peu trop près pour l'attaquer.

Olana caressait son museau en lui parlant. Curieusement, le grand cervidé, appréciait la présence de cette femme. Habituellement, personne d'autre que le monarque, hormis le palefrenier, ne pouvait l'approcher. Cependant, elle, s'était tout de suite sentie en confiance à ses côtés.

Le souvenir d'une cavalcade en compagnie du roi, revint à sa mémoire et fit naître un sourire sur ses lèvres, au moment où Thranduil s'approchait d'elle :

Thranduil : Vous aussi vous souvenez ?

Olana : Comment oublier !

Thranduil : Elen nin, je vous promets de renouveler cet exploit une fois l'apaisement revenue sur ces terres.

Olana : J'y compte bien aran nin, et cette fois, je tiendrai les rênes et laisserai à votre fantaisie toute liberté. Il faudra me surprendre meleth nin. Je suis devenue très exigeante.

Le regard brillant, le monarque répondit avec fougue :

Thranduil : Une telle demande ne restera pas insatisfaite mon ange. Ce n'est plus une promesse, mais un serment.

Brusquement, elle se tourna vers lui, plongeant son regard où perçait la tristesse, dans celui de l'ellon :

Olana : Je ne veux pas que vous me reveniez…je veux seulement que vous restiez.

Thranduil : Il est trop tard pour cela Olana.

Olana : Il n'est jamais trop tard. Ces mots sont l'apanage de l'orgueil. Connaissez-vous vraiment ceux contre qui vous allez vous battre ? La perfidie change si souvent de masque…

Thranduil : Les nains, bien que bornés et orgueilleux, sont des guerriers accomplis. Ils nous prêteront mains fortes.

Plongeant son visage contre le cou du souverain, elle s'enivra encore une fois, espérant que cela ne serait pas la dernière. Elle ne parvenait plus à contenir le flot d'émotions qui la submergeait. Amour, désir, colère, doutes aussi. Et cette douleur…cette douleur !

Broyant son cœur impitoyablement, occasionnant cette brûlure dont elle subissait de plein fouet les conséquences :

Olana : Amour, flamme de ma vie…si vous vous éteignez, je meurs !

Thraduil : Eclairez de votre lumière mon chemin, car c'est grâce à vous que je tiendrai en ce jour.

Leurs fronts se touchèrent. Perdus, chacun dans le regard de l'autre, tous deux y puisèrent le courage de se séparer.

Le temps était venu…

Comme ils s'étaient jetés dans les bras l'un de l'autre, ils se séparèrent, toujours avec la même intensité. Devant cette femme si bouleversée, le roi mit un temps avant de mettre un pied à l'étrier. Sa détermination à partir au combat, vacillait.

Moose secoua sa tête, chassant les doutes et les incertitudes. Ce fut soudain, à ce moment précis, qu'il retrouva son courage et après un dernier regard, se détourna.

Comme il avait fière allure !

Aussi brillant qu'un soleil levant, elle fut ébloui par sa splendeur et resta simplement droite, les bras le long du corps sans émettre la moindre parole. Une seule larme s'écoula, emportant avec elle ses peurs et sa colère.

Bientôt rejoint par ses soldats, sa silhouette se perdit dans le flot des cavaliers elfiques.

Sur les remparts, Chaperon Rose et Opéca commençait à entrevoir l'ampleur de la tâche pour les combattants. Jamais elles ne se seraient imaginées pareil combat. Soudain, une peur irraisonnée s'empara de la jeune femme et ses boucles blondes volèrent autour de son visage lorsqu'elle se précipita en direction des soldats qui, sur leurs montures, prenaient le chemin de leurs destins.

Courant à perdre haleine, ses pieds trébuchaient sur les cailloux. Jamais elle n'avait couru aussi vite, jamais un tel effroi ne l'avait autant envahi. Trouvant enfin Luthïen, elle le héla avec force, hurlant son nom. Surpris de la trouver sur son chemin et devant son air affolé, il mit pied à terre.

Elle ramassa au passage une pierre qu'elle lança avec une rage non contenue ? Un flot de colère sortit d'elle alors qu'elle l'apostrophait :

Chaperon Rose : Ne pars pas ! Ne pars pas ! As-tu vu ce qui vous attend ? C'est de la folie !

L'ellon fit signe à ses soldats de reprendre la marche. Ne lui laissant aucun choix, elle se jeta dans ses bras, le bourrant de coups de poings :

Chaperon Rose : Je t'interdis de mourir, tu m'entends ? Je te l'interdis, sinon je te tuerai moi-même !

Un doux sourire éclaira le visage de l'ellon. Il resserra son étreinte sur ce corps tremblant. Jamais elle ne lui avait tiré les cheveux avec autant de force :

Chaperon Rose : Ne pars pas…ne pars pas…

Luthïen : Il le faut mîr nin. (Mon trésor).

Elle le dévisagea l'espace d'un instant avant de plonger à nouveau contre son cou et tirant à nouveaux ses magnifiques boucles brunes :

Luthïen : Ton cœur bat la chamade ma puce…Qu'il est bon de l'entendre ainsi s'emporter.

Chaperon Rose : Et ne t'imagine pas monts et merveilles ! Ce n'est pas parce que tu pars jouer à la bataille que tu profiteras de ma faiblesse. Je te déteste…je te déteste…

Mais elle ne put s'empêcher de coller fougueusement ses lèvres sur celles d'un elfe dont la vaillance s'en trouvera décuplé :

Luthïen : Oh, si tu savais comme moi aussi je te déteste ma puce.

A regret, il dû la contraindre de le lâcher, ce qui ne fut guère aisé, puis il reprit place sur son fier destrier.

Elle attendit qu'il ait disparu de sa vue pour enfin s'autoriser à verser les larmes qu'elles retenaient….

Rebroussant chemin, elle retrouva Opéca et Amélie qui, surprise de voir ses joues humides, se lancèrent un regard complice :

Amélie : T'en fais donc point ma chaperonnette, il r'viendra ton ellon.

Opéca : Mais oui, t'inquiètes, vous continuerez à nous pourrir nos nuits avec vos cris de sauvages.

Cette dernière tirade arracha un pauvre sourire à Chaperon qui s'approcha d'elles. Amélie, au milieu des deux femmes passa un bras sous chaque taille, et réconforta tant bien que mal ses deux petites poulettes comme elle aimait à les nommer :

Amélie : Z'en faites pas mes cocottes. C'est'y qui vont ben s'en occuper nos amis les elfes de ces tas d'bouseux, foi d'Amélie.

Aucune ne répondit. Seule la main de Chaperon Rose trouva celle d'Opéca la serrant avec force alors que son attention était toujours fixée sur la plaine. Sa brune amie ne détourna pas son regard, cette seule empoignade suffisait à exprimer l'affection qu'elles se portaient l'une envers l'autre et ce malgré leurs nombreuses prises de bec. Amélie, attendrit ne put s'empêcher d'émettre un avis tout à fait inattendu mais qui eut, au moins, le mérite d'apporter un peu de gaieté là où elle faisait cruellement défaut :

Amélie : Tous ces peignes culs ont qu'à ben gardés leurs bijoux d'familles parce qu'c'est t'y qui pourront plus trop s'reproduire après çà et c'est tant mieux, çà f'ra toujours çà d'moins qu'aura la terre à porter !

Un rire libérateur emporta les dernières craintes des jeunes femmes.

Près du souverain, Aliénor, portant fièrement une armure d'argent comme les elfes, attendait sur sa monture. Jack et Zorgûnn, à ses côtés n'émettait pas la moindre parole. C'était très habituel chez l'elfe venu du froid, un peu moins pour le mercenaire dont la gouaille n'était jamais loin.

Nimïel, fin archer, tenait dans ses main son arme fixant, lui aussi l'horizon.

Prince Charmant et Alachnÿ, épée en main, demeuraient en retrait afin de prêter main forte aux réfugiés d'Esgaroth. Quant à Mic Mac…..

Il avait tout simplement disparu et nul n'aurait su dire où il se trouvait. Et pour savoir ce qui se passait dans sa tête….

Orlyänne, elle, piaffait d'impatience comme sa monture, une jument particulièrement nerveuse.

Ces deux femelles ne s'en feraient pas compter, il faudrait que leurs ennemis se mettent cela en tête. Ses yeux noirs, luisaient comme deux pierres de lave, et sa tignasse rouge, volait au vent comme un avertissement. Et ce sourire…

Ce sourire annonçait déjà un triomphe. Jamais cette femelle ne s'avouerait vaincu, il en irait de son honneur. En signe d'admonestation, elle cracha une boulette de feu sous le regard de Gandalf décidément jamais rassasié d'admirer pareil phénomène. Elargissant son sourire, elle fit un petit signe au magicien qui plissa les yeux en détournant la tête.

Sur le sommet des remparts, au point le plus haut de Dale, Gabriel tourné vers le seul vrai danger de cette Terre du Milieu, laissait son esprit s'ouvrir au dialogue avec son ennemi juré.

Attentif au moindre mouvement de l'ange déchu, sa surveillance était constante.

Comme il était de son devoir, son rôle était uniquement celui d'un observateur. Il ne possédait pas le droit d'aider le juste ou de délivrer l'oppressé sans le signal du Très Haut. Ainsi en allait-il des anges…

Asmodée le savait et comptait bien se servir de cette négligence pour frapper plus dur. Sa cruauté atteindrait des sommets. Déjà, le goût du sang se réclamait sur son palais de connaisseur.

Lequel entrerait en premier à l'intérieur de sa bouche lui octroyant un plaisir sans fin.

Ces deux entités, possédaient le moyen de communiquer par leurs esprits. Depuis le commencement, il en était ainsi. L'omniscience leur permettait de s'exprimer dans toutes les langues que les hommes avaient créées qu'ils soient fervents ou déchus. L'âme de chacun avait la possibilité d'introduire la pensée de l'autre :

Asmodée : « Et il lui fut donné autorité sur tous ces peuples…Mon épée s'est enivrée de sa splendeur… » Cela ne te rappelle rien Gabriel, mon ennemi juré ?

Gabriel : « Elle va descendre sur Erebor et châtier ce par qui le malheur a frappé. »

Asmodée : Une autre de tes prophétie…amicus (ami) ?

Gabriel : Celle qui t'es réservée sera apposée à ta connaissance en temps voulut.

Asmodée : Si vis pacem, para bellum. (Si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre.)

Gabriel : Délecte-toi de ce spectacle, il se pourrait qu'il soit le dernier soumis à ta vilénie.

Asmodée : Alors…qu'en as-tu fait ? Où est-elle ?

Gabriel : Là où se trouve ma protection.

Asmodée : E pur si muove ! (Et pourtant elle se meut !) Je la sens…Hum…déterminée !

Gabriel : Omnia vincit amor ! (L'Amour subjugue tous les cœurs !)

Asmodée : Bien sûr Gabriel, comme celui dont mon membre la délectera !

Un rire immonde accompagna ces mots à forte connotation sexuelle :

Gabriel : Ton ignominie est sans limite !

Asmodée : Ah oui ? Vraiment ? Abyssus abyssum invocat. (L'abîme appelle l'abîme.) Elle aussi tombera. In cauda venenum ! (Dans la queue le venin !)

Gabriel : Lascio questa terra ! (Quittez ces terres !)

Asmodée : No, perché ? (Non pourquoi ?) Nous y sommes si bien ! J'ai été accueilli, comme… il santo Padre ? (Le saint Père ?)

Un sombre ricanement salua sa réplique. Gabriel rassembla sa colère et tenta de la dissoudre. Ce démon savait éveiller son courroux :

Gabriel : Par mon intercession, je te sommes de quitter cette terre et de rejoindre Celui que tu t'appliques à si bien servir.

Asmodée : Dove saresti ora…se una donna non avesse sofferto…per metterti in questo mondo odiaso ? (Où serais-tu maintenant, si une femme n'avait pas subit toutes les douleurs de l'Enfer…pour t'amener dans ce monde maudit ?)

Gabriel : Certainement pas en cet endroit ! Je tâcherais de remplir fidèlement mes devoirs et rien ne serait capable de m'arrêter quand il s'agirait de LE servir. Tes mains sont accoutumées à l'injustice et tu te laisses séduire par tes propres vices.

Asmodée : A mon bon plaisir…ouiii !

Le ton se voulait mielleux, ce dont Gabriel avait horreur :

Gabriel : Je marcherai dans l'innocence et t'y ferai marcher en ma compagnie…

Asmodée : Sempre sognare ! (Rêve toujours !) Caput motuum ! (Tête morte !)

Gabriel : Naturam expelle sfurca, tamen usque recurret ! (Chassez le naturel à coups de fourche, il reviendra toujours !)

Asmodée : Non abbiamo mai cambiare. (On ne se refait pas.) Magister dixit ! (Le Maître l'a dit !)

Gabriel : Je t'offre une dernière chance…

Asmodée : Quelle générosité…Je t'en avais offert une, mais tu n'as pas écouté…vous n'écoutez jamais…

Gabriel : Ta voix n'est pas à suivre.

Asmodée : Quel dommage. Je te souhaite un bon spectacle amicus. Celui-ci devrait te plaire !

Le dialogue fût rompu alors que l'armée du roi se préparait à sortir des ruines de Dale.

Olana, plus que jamais décidée à agir, revêtit un haubert*. Oilïnn, l'y aida tout en l'incitant à revenir sur sa décision. Il fallait la faire renoncer. Aller au combat n'était que pure folie. Un vrai suicide ! Mais Olana l'en avait dissuadé :

Olana : Oilïnn, votre fidélité envers le roi est remarquable, mais vous ne devez vous soucier de mon devenir.

Oilïnn : Dame Olana, pardonnez ma hardiesse, mais…le roi sera fort courroucé de vous savoir…Je vous en prie Gente Dame, n'y allez pas.

Olana : Vous ne serez pas inquiété Oilïnn, quant à votre sens du devoir, elle vous honore jeune elfine. Vous m'êtes si chère…

La jeune elfine se tue, le cœur serré lorsqu'Olana l'étreint contre son cœur. Sitôt sortie de la tente, elle préviendrait ses amis.

Personne ne me contrerait, personne ne m'empêchera d'accéder à son destin. Je dois le faire, il le faut ! Aux aurores, ma vie où ma mort m'attendra, se dit-elle pour armer son courage.

Soulevant le rideau de la tente, elle aperçut Nahar, son fier destrier. Lui aussi sentait l'importance de sa tâche. Il devait la mener là où elle souhaitait aller. Son pas serait léger, ses naseaux aspireraient la poussière de la bataille, et ses sabots brilleraient sous la lumière divine. Il hennit, impatient de la porter.

Elle flatta son encolure tout en prononçant les mots qui le feraient se cabrer de fierté et d'importance :

Olana : Nahar, toi qui es venu à moi, guides-moi…Je ne saurai expliquer pourquoi, mais la lumière aura une importance capitale dans cette guerre. Je m'en remets à toi !

Elle refusa que l'on équipe son cheval, et le monta à cru. L'épée « Calimmacil » (épée de lumière), en main, elle s'aida de la crinière de sa monture pour se hisser sur son dos.

Seule une bride harnacha cet animal. Il lui fallait sentir le vent de la liberté. D'un léger tapotement sur ses flancs, l'animal s'élança au trot rejoindre les hauts dignitaires sur la colline…

A l'aube avait succédé un jour aussi sombre que les entrailles de la terre. Bien que levé depuis un moment déjà, le soleil ne parvenait pas à faire une percée à travers ces nuages couleur plomb. Sous ce ciel d'apocalypse, son destin se présenterait à elle, comme pour ses amis…et toutes les races peuplant cette Terre du Milieu.

Une bien singulière journée pour vaincre…ou mourir…

Fusées : Partie de la poignée d'une épée, par laquelle on la tient.

Haubert : Cotte de maille.