Chanson: Crush de Garbage
On l'avait amené au poste. Il n'avait pas vu le cadavre d'Usagi. On lui posa de nombreuses questions et Leo savait bien que cela n'avait rien à voir avec des soupçons, malgré qu'il fût reconnu pour aimer les katanas, que son petit ami ait été tué pratiquement en sa présence et qu'il était notoire également qu'un de ses frères était profondément instable.
Les policiers sur les lieux du crime avaient bien fait leur boulot et avait relevé plusieurs détails qui distinguaient ce meurtre des autres commis le même soir et aussi disculpaient Léo.
Tout d'abord, Usagi avait été tiré de l'extérieur, d'une balle dans le crâne, par une carabine de Sniper postée de l'immeuble en face. L'impact de balle avait traversé la fenêtre, prouvant que la personne avait tiré légèrement en hauteur et donc, innocentant Leo qui, s'il avait voulu tué son petit ami, n'aurait pas eu à sortir. Quelques gouttes de sang prouvaient que le corps avait été déplacé avec facilité, et non trainé et donc, le tueur devait être plus fort qu'Usagi lui-même, ce qui n'était pas nécessairement le cas de Léo dont la musculature était à peu près semblable au défunt.
De plus, un test sanguin avait révélé que Léo avait bien pris des somnifères la veille, que la douche avait été utilisée juste avant son appel au 911 et qu'il lui manquait bien un uniforme.
Donc, tout prouvait que les déclarations du policer étaient véridiques. Mais ce n'était pas ce qui embêtait Léo actuellement. Il savait qu'il disait la vérité.
Usagi, tout comme Karai avait été assassiné et il n'avait rien pu faire pour les défendre.
« Ce que nous trouvons particulier ici est que la scène de crime différe légèrement des autres. Nous essayons de découvrir ce qu'Usagi Myamoto avait de distinct des autres pour que l'assassin agisse différemment et nous avons besoin de votre aide pour cela, Chef »
Les yeux douloureux de Léonardo se levèrent vers eux. Il se détestait : il n'avait pas osé ouvrir la lumière de la chambre, comme un enfant il n'avait même pas eu le courage de demander des détails. Pourtant, n'était-il pas supposé être sans peur? C'était son travail. Il devait passer par-dessus sa propre souffrance afin de cesser ce massacre.
« Explique-moi…qu'avez-vous remarqué de différent ? »
Les deux détectives se regardèrent, puis l'un avoua :
« Il a été…euh…castré. On a retrouvé le …membre tranché plus bas dans la rue. Un chien…le mangeait »
Une nausée saisit Léonardo, mais d'une voix qu'il espérait ferme, il ordonna aux détectives de continuer.
« L'assassin a laissé la tête en place, cette fois-ci…mais a ...abimé le visage. »
L'autre détective glissa une photo, à l'envers, sur la table. Le cœur battant, Leo hésita avant de la retourner. Il savait que ce qu'il allait voire hanterait ses nuits pour le restant de sa vie. Mais, professionnel, il la retourna.
Il eut peine à reconnaitre ce qu'il voyait, ne voyant que ce qui lui semblait un ballon rouge.
« L'assassin a enveloppé la tête d'un sac en plastique, ce qui a empêché le sang de se répandre sur l'oreiller et de vous réveiller. De même, la plaie entre les jambes…on lui a enfilé une couche pour adultes. Vous comprenez que si ce n'était de la musique, le meurtre ne semble même pas commis par le même détraqué. D'ailleurs, c'est inhabituel. Un des deux cd a été mis dans ce lecteur qui ne vous appartient pas. Habituellement, le tueur ne laisse qu'un cd, sans s'embarrasser de l'appareil. Ce meurtre a été plus peaufiné et l'individu était très déterminé comme le prouve tout ce matériel déplacé : la carabine, le lecteur, la couche, le sac, les deux cd et la quelconque arme blanche qui a servi à charcuter son visage. Ce n'est pas un couteau, en tout cas. »
Il tendit une autre photo à Leo qui, silencieux la détailla.
Il avait déjà vu des entailles comme cela, aux commissures des lèvres, faisant à la victime un sourire diabolique de Joker. Le meurtre du célèbre Dahlia noir était connu de tous, mais les plaies étaient plus épaisses que si elles avaient été faites avec le tranchant d'un canif On avait aussi tranché les lèvres et la langue et Léo, qui avait vu le corps des précédentes victimes fronça les sourcils. Ce meurtre était trop différent.
« Un imitateur ? » questionna Léo
« Possible » admit un des policiers. « Les infos qui ont transpiré dans les médias l'ont peut-être inspirés »
Léo demeura songeur. Heureusement que Donnie revenait de Floride ce soir.
« Vous avez parlé d'un second cd. Le type de chansons avaient-il un lien? Miss O'Neill a parlé de chanson d'amour à la télévision, sans donner plus de détails. »
« Le disque trouvé sur le ventre de M. Myaomto était une copie de « Delilah » de Tom Jones, sans doute une référence aux entailles du visage. Mais ce morceau raconte aussi une histoire de crime passionnel » expliqua en haussant les épaules un des policiers.
Léo avait l'impression qu'un gros morceau de l'histoire lui échappait, mais si ce fou se faisait des émules, il fallait l'arrêter absolument en mettant de côté son propre deuil. Usagi l'aurait voulu ainsi. Après tout, le réel LSK, s'il pouvait l'appeler ainsi, avait promis 64 victimes.
Alors, qu'il réfléchissait, dans la salle d'interrogatoire, son supérieur entra.
« Johnson, salle de réunion, tout de suite! Votre amie la journaliste est ici »
Le cœur battant, Leo se leva et suivit :
Jamais il n'avait vu le bureau en tel effervescence. On le mit rapidement au parfum :
Un autobus de touristes avait explosé au centre-ville et l'attentat avait été revendiqué par le LSK. 64 personnes se trouvait exactement à l'intérieur du bus.
A ce détail, le cœur de Leo fit un bond : il n'était que midi.
Sur le projecteur de la salle de réunion, le dernier message du tueur, envoyé à April O Neil, lui brulait presque la rétine. L'auteur de ces lignes sinistres avait tué et mutilé son partenaire.
« Bébé, il fait froid sans toi. Te voir a stimulé mon impatience. Si tu connais quelqu'un de bon en math, fais-lui faire le calcul suivant : Dans 12 heures, 256 personnes, dans 24 h, 1024…Dans cinq jours, plus personnes dans Manhattan ne pourra essuyer les larmes de tes beaux yeux bleus. Rentre à la maison. April O'Neill : mauvaise entrevue. »
April tendit le cd qui accompagnait les lignes dactylographiées et une musique funèbre envahit la pièce;
I would die for you
I would die for you
I've been dying just to feel you by my side
To know that you're mine
I will cry for you
I will cry for you
I will wash away your pain with all my tears
And drown your fear
I will pray for you
I will pray for you
I will sell my soul for something pure and true
Someone like you
See your face ever place that I walk in
Hear your voice every time that I'm talking
You will believe in me
And I will never be ignored
I will burn for you
Feel pain for you
I will twist the knife and bleed my aching heart
And tear it apart
I will lie for you
Beg and steal for you
I will crawl on hands and knees until you see
You're just like me
Violate all the love that I'm missing
Throw away all the pain that I'm living
You will believe in me
And I could never be ignored
I would die for you
I would kill for you
I would steal for you
I'd do time for you
I would wait for you
I'd make room for you
I'd sail ships for you
To be close to you
To be part of you
'Cause I believe in you
I believe in you
I would die for you »
April l'observait et Léo se dit que la journaliste devait compter sur lui pour résoudre ce mystère avant que la ville soit à feu et à sang. Si ce fou furieux commençait à jouer avec des explosifs, le niveau de danger pour les citoyens de la ville venait de décupler.
Tout le monde parlait à la fois, discutant des possibles indices, remettant toutes les chansons et le mal de tête de Léo empira avec cette cacophonie.
Le chef du Bureau frappa du poing sur la table.
« Nous savons ce que le tueur veut. Que sa femme revienne. Nous devons la trouver et se servir d'elle comme appât. Cet halluciné a mis sa menace à exécution et a fait près de cent victimes en moins de deux mois. Il promet de frapper deux fois par jour. Nous ne pouvons-nous permettre encore 256 victimes »
Un commandant, celui interrogé par April, le premier jour, intervient :
« Comment la trouver? Nous ne savons que la couleur de ses yeux? C'est pire que la pantoufle de Cendrillon »
Les discussions reprirent de plus belle, tous les officiers détectives analysant chaque meurtre et chaque trace. Leo, perdu dans ses pensées, sursauta quand April apparut à ses côtés :
« Leo, je dois te parler. En privé. » chuchota-elle.
L'assisant chef, après avoir fait un signe à son supérieur, fut autorisé à suivre April.
Une fois dans son bureau, Léo, avec plus d'impatience que nécessaire, demanda à April ce qu'elle voulait.
« Un dangereux psychopathe est en liberté et menace de tuer 256 personnes d'ici minuit, donc dépêche-toi, April. Je n'ai pas le temps »
Les yeux clairs de la jeune femme le fixèrent avec sérieux.
« Tu n'as pas pensé que ce dangereux psychopathe pouvait être Raphael ? »
A ce prénom, tout l'air quitta les poumons de Leo, comme s'il avait pris un direct dans l'estomac.
Il secoua la tête farouchement :
« Non, bien sûr que non…Qu'est-ce qui te fait croire une telle abomination? Raph n'est pas un assassin! » protesta Leo, indigné.
« Il a tenté de te tuer, non ? » riposta April, logique.
« Il ne se laisse emporter par la violence que lorsqu'il s'agit de moi, directement. Raph ne ferait pas de mal à d'innocentes personnes. Il n'est pas comme cela. Tu ne le connais pas comme je le connais April » déclara-t-il sèchement.
La journaliste posa une main compatissante sur son épaule. Elle savait que cette vérité pourrait être difficile à admettre pour son ami :
« Leo, c'est seulement que tu es directement lié à deux des victimes. Et le tueur a spécifié avoir VU récemment sa flamme, d'où son impatience et sa précipitation nouvelle à commettre des crimes.. L'assassin s'est infiltré chez-toi hier soir. » April s'arrêta, mais poursuivit voyant le policier peu convaincu, malgré que pour elle, ce fut une évidence, qu'elle ne concevait pas que les autres hommes n'avaient pas vue. « Puis, d'après ce que j'ai compris, le tueur est un homme possessif et un tireur d'élite avec des connaissances sur les explosifs, qui a vécu une rupture assez récente avec une personne aux yeux bleus et qui ne s'en remet pas. Sans compter que le tueur semble me connaitre et vouloir que j'interview une personne en particulier. Quel surnom Raph te donnait?
Léo fit un geste de la main pour signifier que c'était absurde et qu'il ne souhaitait pas s'en rappeler. C'était déjà suffisamment mal qu'il regrettait Raph durant son sommeil. Il ne voulait y penser le jour, quand il pouvait forcer sa conscience loin de lui. Oui, Raph, très souvent l'appelait « Bébé » mais pas plus souvent que « Trésor » et encore moins que « Fearless ». Ce n'était pas lui. Des tas de personnes avaient les yeux bleus, comme la journaliste elle-même. April lisait trop de romans.
A bout de nerfs, mais tentant de demeurer calme, il prit congé de la journaliste.
« Donnie revient ce soir, April. Son intelligence m'aidera à voir clair. J'espère seulement qu'il ne sera pas trop tard. On m'a dit de prendre ma journée, à cause de ce qui s'est passé…Je n'ai pas vu Mikey depuis près de trois semaines. De toute façon, je ne peux plus dormir chez-moi. Appelle-moi s'il y a du nouveau ».
April secoua la tête, murmura qu'elle espérait qu'il ne serait effectivement pas trop tard et quitta le bureau.
MPTOUX ET EFFARAIZ; La fin approche...
