Chapitre 37 : « Retrouvailles froides »

Le garçon se réveilla doucement, se frotta les yeux avant de passer la main dans ses cheveux en bataille et de se lever. Mon cœur se mit à battre la chamade, je crus qu'il allait faire exploser ma poitrine.

« - Ian ?!

- Samantha ».

Nos voix avaient retenti en même temps. J'avais l'impression d'avoir hurlé son nom, alors qu'il avait simplement prononcé le mien.

« - Mais qu'est-ce que tu fais là ?!

- Je suis revenu.

- Tu… Tu n'es plus à New York ?!

- Non. Je suis revenu à Poudlard. Je vais finir mes études ici… » dit-il en commençant à s'approcher de moi.

Ian avait changé. Il était devenu plus, grand, plus musclé, plus… Homme. Ses yeux étaient toujours aussi beaux et bleus et ses cheveux avaient un peu poussé. Ils n'étaient plus bouclés mais raides et coiffés avec du gel. Ian avait grandi et avec toutes ces épreuves, il avait dû gagner en maturité. J'étais plus choquée que soulagée de le voir et le voyant se rapprocher lentement pour sûrement me prendre dans ses bras, je lui dis précipitamment :

« - Attends. Tu crois vraiment que ça va se passer comme ça ?! Tu ne me donnes plus aucune nouvelle depuis des mois et là, tu débarques comme ça d'un seul coup, sans prévenir et tu crois pouvoir arranger ça avec un câlin ?! Tu ne t'imagines même pas de l'année pourrie que j'ai passé Ian ! P-O-U-R-R-I-E ! J'ai vu un de mes meilleurs amis mourir sous mes yeux, j'ai subi des menaces et me suis faite attaquée un nombre incalculable de fois ! J'étais seule ! SEULE ! Toute l'année ! Pendant toutes les vacances ! Oh, et mes vacances ! Je ne t'en parle pas ! Et là, il est 2h00 du matin, j'ai pas mangé, je suis morte de fatigue parce que je me suis ENCORE faite attaquée et que j'ai été obligée de venir au Château à dos de sombral ! De SOMBRAL Ian, tu sais ce que ça veut dire ?! Alors NON. NON, NON, NON ne crois pas qu'il suffira d'un câlin !

- Bon sang mais ce n'est pas fini tout ce remue-méninge ?! »

Ian me regardait avec de grands yeux et n'avait pas non plus fait attention à l'intervention du peintre du tableau. Devant notre silence commun, le peintre annonça :

« - Trouvez donc un mot de passe COMMUN »

Mais on ne releva pas. Ian commença à ouvrir la bouche pour parler. Je le coupai alors en lui disant :

« - Non. Chut, tais-toi, ne dis rien. Demain.

- D'accord… Demain… répondit-il, triste.

- Et bien voila… » marmonna le peintre en ouvrant le passage menant à nos appartements.

Ian me laissa rentrer avant lui et je pus découvrir que l'on se trouvait dans un salon joliment décoré. Un lieu chaleureux. Au centre de la pièce trônait un grand canapé en cuir noir entouré de deux gros fauteuils rouges moelleux. Rouge intensifié par le feu qui crépitait dans la cheminée en face. Entre les canapés et la cheminée se trouvait une table basse faite de bois d'ébène, ornée de runes dorées. Quelques tables se trouvaient de part et d'autre de la pièce et un petit lustre avec quelques bougies éclairait le tout. Derrière les canapés se dressaient deux portes. Une bleue à gauche et une rouge à droite. Ian s'arrêta et me dit d'un air malicieux, en désignant les deux portes du menton :

« - Je vois qu'il y a deux chambres…

- Ouais, et moi, je prends la rouge » tranchai-je en me dirigeant rapidement vers la porte de gauche.

Je claquai la porte derrière moi, et me laissa tomber sur mon lit, épuisée. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, je fis un rêve très agréable : je dormais dans un lit magnifique et extrêmement confortable. Une silhouette s'approcha du lit et me recouvra d'une couverture argentée très douce, qui réchauffa instantanément mon corps. Alors que la silhouette faisait demi-tour, une brise fit flotter son parfum à mon nez. Un parfum divin, que je croyais connaître. Dans un excès de passion, je me relevai et saisis la main de la silhouette. Une main si douce qui me caressa tendrement les doigts avant de me lâcher.

Le lendemain matin, de grands coups frappés à la porte me réveillèrent. J'émergeai donc difficilement d'un sommeil bien trop court et ouvris les yeux. J'étais allongée dans un grand lit que je ne connaissais pas, vraiment confortable. Le matelas était moelleux et le soleil passait à travers les épais rideaux rouges du baldaquin. Je retirai donc la couverture noire qui me recouvrait.

« - Samantha ! Samantha lève-toi ! »

A présent, j'entendais à peine la personne qui tambourinait et criait à la porte. J'écartai les rideaux et sortis doucement du lit. A sa gauche se dressait une grande fenêtre laissant passer les rayons du soleil et illuminant la pièce. Je m'en approchai et pus découvrir qu'elle offrait une vue magnifique sur le Lac Noir. Le mur en face du lit abritait une gigantesque bibliothèque où trônaient de nombreux livres : DCFM, Sortilèges, Métamorphose, Potions, Botanique, Astronomie, Arts et musiques magiques, Soins aux créatures magiques, Quidditch mais aussi de nombreuses œuvres moldues. Je pus découvrir aussi quelques livres sur la Magie Noire. A la droite du lit se dressait une grande armoire en ébène, que je n'aurais aucun mal à remplir. Et à gauche de cette armoire se trouvait une petite porte en bois.

« - Samantha ! » continuait d'appeler la voix.

Je poussai délicatement la petite porte, qui me fit découvrir une luxueuse salle de bain.

« - Je vais à la salle de bain » répondis-je simplement.

Je refermai donc la porte derrière moi et avançai dans la pièce. Le mur de gauche était en fait un miroir gigantesque. En face de moi se dressait une autre petite porte, la même que derrière, que je supposais conduire à la chambre de Ian. A ma droite se trouvaient des petites marches menant à un bassin, qui devait servir de baignoire. Tout était fait d'or et de marbre, c'était magnifique. Je verrouillai les deux portes magiquement, et tirai les rideaux autour de la baignoire avant de m'y glisser. Un coup de baguette et de multiples jets d'eau multicolore jaillirent du plafond pour remplir le bassin d'une eau délicieusement chaude et douce. Apparurent ensuite de multiples lotions tout autour de la baignoire. J'entendais encore Ian crier dans le salon et décidai de faire vite. En sortant de la baignoire, je pus découvrir qu'à droite de ma porte (soit derrière l'armoire de ma chambre) se trouvait une coiffeuse avec beaucoup de tiroirs et entourée de placards. Je m'en approchai et sur le tabouret qui voisin de la coiffeuse apparut mon uniforme. Je me dépêchai donc de l'enfiler et de me coiffer avant de retourner dans ma chambre.

« - Aïe ! »

Je pus découvrir Ian à terre, qui venait de se prendre la porte de la salle de bain en pleine face. Il se releva en se frottant le nez.

« - Je crois que tu m'as cassé le nez ! dit-il d'une voix plaignante de canard.

- Et moi je ne crois pas que tu puisses rentrer comme ça, dans ma chambre, répondis-je sèchement.

- Non mais j'y crois pas ! Je suis rentré parce que tu dormais encore et qu'on commence les cours dans moins d'une demie-heure ! On ne va pas avoir le temps de manger !

- ''On'' ?

- Bah oui… Toi… Et moi..?

- Je ne savais pas qu'il était prévu que tu manges avec moi. Je compte rejoindre mes amis.

- Mais qu'est-ce que tu as ?! me demanda-t-il, complètement perdu.

- La tristesse et la colère ! Voila ce que j'ai ! Maintenant laisse-moi passer, j'aimerais aller manger » lui lançai-je en le contournant et en sortant rapidement de nos appartements.

Je descendis les escaliers presque en sautant et fus soulagée de voir que mes amis m'avaient attendue pour le petit déjeuner. Et voir que Tom et Patrick avaient eux-aussi de magnifiques cernes sous les yeux me fit sourire. Ma Meilleure Amie se dirigea précipitamment vers moi pour me serrer dans ses bras.

« - Samantha ! J'ai eu tellement peur de ne pas te voir hier soir ! Par Merlin si j'avais su ! Je serais restée pour prendre la même calèche que vous ! Tom et Pat nous ont tout raconté, c'est incroyable ce qu'il vous est arrivé ! Klaus… Comment ose-t-elle revenir ici ?! Mais Dieu merci, tu vas bien. Oh la la si tu savais ! Je t'aime je t'aime je t'aime ! Et j'ai tellement de choses à te raconter !

- Tu m'as manquée aussi Sonia… » lui dis-je en resserrant l'étreinte.

On alla ensuite s'asseoir avec nos amis. Camille, Valérie et Arielle parlaient de leur emploi du temps, emploi du temps que me tendit Patrick après m'avoir demandé :

« - Alors ? Tu as passé une bonne nuit ?

- Ah ah un peu courte mais sinon ça va…

- Alors qui est ton coloc' ? me demanda Tom.

- … Je préfèrerais ne pas parler de ça.

- C'est pas un Serpentard au moins ?! demanda-t-il précipitamment.

- Non, t'en fais pas. On commence par quoi ?

- Potions. En commun avec les Serdaigle.

- Ooooh… répondis-je, lassée.

- Bah Sam ?! Tu adores les potions d'habitude ! s'exclama Sonia. Qu'est-ce qui te dérange là ?

- Regardez, c'est Ian ! » cria Tom en se levant.

Tout le monde se retourna vers l'entrée de la Grande Salle et découvris le New Yorkais. Il sourit et s'approcha de notre table. Tout le monde lui sauta au coup, heureux de le revoir à Poudlard.

« - Je suis super content de tous vous retrouver aussi… Poudlard m'avait manqué ! Je suis vraiment heureux d'être de retour ici. Bon, j'vais aller manger maintenant, les cours vont bientôt commencer… dit-il en commençant à partir.

- Bah non ! Reste manger avec nous ! » lança Tom.

Le Serdaigle sourit, remercia Tom et s'assit à côté de lui. Tout le monde lui posa des questions sur son année précédente, et sur le District Magic. Il confirma alors les doutes que j'avais exposés à mes amis.

« - Bon sang… On croyait bien Samantha mais entendre ton témoignage… commença Camille.

- ça fait peur… continua Arielle.

- Oui. Mais heureusement j'ai pu leur échapper. Ils sont à ma recherche…

- Sérieux ?! s'inquiéta Sonia. Mais qu'est-ce que tu vas faire ?

- Rester ici. J'ai confiance en Poudlard, je sais que c'est un des endroits les mieux protégés au monde. Je pourrais terminer mes études en paix et… avec vous tous »

Il avait encore insisté sur le mot « tous », ce qui me fit soupirer. Je ne participais pas à la conversation, mais l'écoutais attentivement :

« - Comment tu t'es enfui ? demanda Arielle.

- A la fin des cours. Suite aux dernières lettres que j'ai échangées avec Samantha, j'ai dû continuer à faire semblant de vouloir améliorer mon niveau, de croire à la Magie Noire etc, au point qu'ils aient totalement confiance en moi. Mais j'ai pu trafiquer le contrat magique qui me liait au District Magic et à la fin de l'année scolaire, une fois sorti du périmètre de protections, j'ai utilisé de la poudre d'obscurité instantanée du Pérou et j'ai transplané.

- Tu sais transplaner ?! demanda Valérie, toute étonnée.

- Bien sûr. Mes parents m'ont appris dès que j'ai eu 17ans. Pas vous ?

- Avec les nouvelles mesures de sécurité, on n'a pas encore pu apprendre… répondit Patrick tout tristement.

- Ah oui je vois…

- Et tes parents ?! demanda subitement Tom. Où sont-ils ? Comment vont-ils ? Et comment ils ont réagi quand ils ont appris la vérité sur le District Magic ? »

Ian déglutit. Il posa ensuite sa cuillère, prit une grande inspiration et ouvrit la bouche. Mais le sujet semblait vraiment difficile à aborder. Il hésita ensuite un instant, avant de reprendre de nouveau une inspiration puis expliqua :

« - … Mes parents… Je leur ai tout expliqué. Ils ont eu beaucoup de mal à me croire car ils pensaient que je disais ça pour quitter l'école, que c'étaient des mensonges dans le but de rentrer en Angleterre… Mais ils ont fini par me croire et ont décidé de revenir en Angleterre mais comme vous le savez, les Mangemorts du District Magic me recherchent et mes parents courent un risque… ».

Tout le monde l'écoutait sans dire un mot, attendant impatiemment la suite. Il continua :

« - … J'ai donc décidé de leur jeter un sort d'amnésie. Pour leur sécurité ».

Personne n'en croyait ses oreilles.

« - Mais… ça… ça veut qu'ils ont… qu'ils t'ont… oublié ? demanda Patrick en bégayant.

- Oui.

- C'est trop triste… marmonna Valérie.

- Je sais. Je me sens affreusement lâche. D'autant plus que j'ai fui tout l'été, j'ai été obligé de me cacher… »

Bon sang… Ce que j'avais pu être égoïste ! En jetant un tel sort à ses parents, Ian leur avait dit Adieu… Il n'avait plus de parents… Moi, il me restait ma mère et ma grand-mère… Il me restait mes amis qui ne m'avaient pas tourné le dos… A Ian, il ne lui restait plus que nous… Et je lui avais tourné le dos… Je n'osais rien lui dire, tellement j'avais eu honte de mon comportement…Je lui lançai un regard compatissant alors qu'il baissait la tête. Lui aussi avait honte. Il se sentait lâche, il se sentait faible. Mais il ne devait pas, il avait fait ça pour les protéger, c'était plutôt une preuve de courage ! C'est ce que tentaient de lui dire les autres, pour le rassurer. Mais il fallait qu'il se change les idées et pour ça, le cours de potions était le bienvenu. Sur le chemin, Sonia me dit :

« - ça va Sam ? Tu n'as pas décroché un mot de tout le petit dej !

- C'est que… ça me fait bizarre de revoir Ian…

- Oui mais… Je croyais que tu l'aimais encore ? »

Mon corps se crispa. C'était vrai. Tellement vrai… Mais j'avais souffert… Il m'avait fait souffrir et je ne voulais pas lui pardonner… Et aujourd'hui encore, sans le vouloir, il m'avait fait et me faisait souffrir… Ma vision devint floue. Des larmes me brulèrent les yeux. J'avais baissé la tête et me battais contre moi-même pour ravaler ces larmes. Mais j'avais mal. Trop mal. Et je m'en voulais. Je m'en voulais tellement… Car il souffrait lui aussi… Et ça me faisait souffrir… Tout était chamboulé dans ma tête. Tout ce que je savais, c'est que je l'aimais. Et lui ? Était-ce encore le cas ? M'avait-il vraiment aimée ? Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps et elles noyèrent mes joues. Sonia réagit de suite, me prit le bras en m'entraînant hors de la file d'élèves qui se rendaient aux cachots.

« - Samantha…

- Si tu savais comme je l'aime… Si tu savais comme il m'a manqué… Et je lui ai fait mal… Autant qu'il m'en a fait… Je souffre… Et lui aussi… J'ai été égoïste ! sanglotai-je.

- Samantha, tu ne pouvais pas savoir…

- Mais si j'avais été moins stupide, si je n'avais pas pensé qu'à moi… Il… Il aurait peut-être moins mal… Je suis égoïste… Regarde ! La preuve ! Là encore je ne parle que de moi ! Je ne suis pas digne d'être une Gryffondor ! hurlai-je, furieuse contre moi-même.

- Samantha… »

Je retirai vivement mon bras de l'emprise de ma Meilleure Amie. Et la regardant avec des yeux suppliants, je lui dis, presque dans un murmure :

« - Désolée Sonia… »

Et sans qu'elle n'ait eu le temps de me répondre ou de me retenir, je partis en courant. Je ne savais pas vraiment vers où partir, mais je voulais être seule... Le Lac Noir. Tout le monde était en cours, personne ne s'y trouverait. J'y serais seule. Et c'est tout ce que je voulais.

Une fois là-bas, je m'assis sur un rocher, laissant pendre mes jambes juste au-dessus de l'eau. Les larmes continuaient de couler à flot et mouillaient mes joues. D'un geste rageur, j'essuyai mes yeux et me maudit intérieurement. J'avais été stupide et égoïste. Même si je souffrais, cela ne justifiait en rien d'entraîner les personnes que j'aimais et qui m'entouraient dans ce tourbillon de désespoir. Une brise soudaine souffla dans mes cheveux et me fit frissonner. L'automne était là. Et les premiers froids aussi. Instinctivement, je me repliai sur moi-même et resserra mes bras autour de mon corps, dans un espoir vain pour me réchauffer. J'avais cessé de pleurer et je réfléchissais, en regardant les remous de l'eau. Au loin je vis une masse blanchâtre sortir de l'eau avant d'y replonger rapidement. C'était le calmar géant. Je n'avais jamais eu l'occasion de le croiser mais la rumeur disait qu'il aimait les toasts. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là, immobile au bord du Lac. Mais mon estomac me rappela à l'ordre en gargouillant. J'avais faim.

Sachant parfaitement que j'allais me faire réprimander par Potter en début d'après-midi, je me dirigeais lentement vers la Grande Salle pour aller manger. Je m'arrêtai près de la Volière. Elle avait été reconstruite suite à… l'accident. Pour la Mémoire d'Anthony, je me rendis au pied des escaliers et fis apparaître un bouquet de fleurs avec ma baguette. Et alors que je me recueillais en silence, j'entendis quelqu'un venir vers moi :

« - Samantha ! » m'appela Sonia, haletante.

Je me retournai.

« - Samantha ! Je me doutais bien que tu te serais rendue au Lac. Slughorn était plus qu'étonné de ne pas te voir à son cours… Tout le monde aussi d'ailleurs mais personne n'a pu expliquer ce qu'il t'est arrivé. Je n'ai rien dit bien sûr, mais tu ferais mieux d'aller le voir pour te justifier… »

C'est donc en sa compagnie que je me rendis jusqu'aux cachots pour retrouver mon professeur de Potions. Celui-ci me fit bien comprendre que mon attitude l'avait déçue et qu'il espérait que cela ne se reproduise pas. Qui plus est, j'avais fait perdre 25points à Gryffondor et j'avais gagné une retenue pour le soir-même par-dessus le marché. Au déjeuner, je subis les questions de mes amis et l'absence de Ian.

« - Il a fait une drôle de tête en cours de potions quand il a remarqué ton absence, m'expliqua Sonia. Et pendant tout le cours, il avait un comportement étrange, on aurait dit qu'il avait la tête dans les nuages… »

Moi qui espérais lui parler… Aucun de nos cours de cet après-midi n'était en commun avec les Serdaigle, il fallait donc que j'attende le soir, dans nos appartements. Comme je m'y attendais, Potter a utilisé une bonne partie de son cours pour faire la morale, concernant le fait de sécher les cours. J'étais bien sûr l'élément déclencheur de ça et la principale concernée mais mon esprit était occupé à autre chose…

Ian…

Lors de ma retenue avec Slughorn le soir, je dus préparer la potion qu'avaient préparée mes camarades. Il avait décidé de me noter et si cette note était mauvaise et donc que je n'avais pas réussi à préparer correctement la potion, je ferais perdre des points à ma Maison. Je l'avais trouvé vraiment remonté et sévère car ces conditions concernaient la préparation d'un philtre de paix, particulièrement difficile à préparer. Il me libéra au bout de deux heures, et je me rendis donc dans mes appartements en croisant les doigts. En espérant avoir réussi ma potion bien sûr, mais en espérant aussi trouver le courage de parler à Ian.

« - Demain, lançai-je au tableau.

- Peut-être que ce sera un jour meilleur » me dit le peintre en souriant, voyant que ce n'était pas mon cas.

Je lui rendis un sourire triste avant de pénétrer dans le salon. De dos, je pouvais voir que Ian était assis dans un des fauteuils, plongé dans un bouquin énorme. Je m'approchai discrètement de lui et pus découvrir qu'il s'agissait d'un grimoire de runes. Il était très concentré, je ne pouvais pas le déranger… C'est donc sans un mot que je me dirigeai lentement vers la porte de ma chambre. Mais il fallait que je lui parle… ça ne pouvait pas durer comme ça… Et il devait sûrement souffrir lui-aussi… Je devais le faire. Je pris alors mon courage à deux mains et me retourna.

« - Ia… Haan ! »

Ian était juste devant moi, très près de moi. Cette proximité me força à reculer, de sorte que mon dos soit plaqué contre la porte rouge. Je me retrouvai alors face à face avec Ian, qui me regardait avec des yeux qui me semblaient remplis de tristesse, de détermination et… de colère… Je fus soudain de nouveau prise de remords.

« - Ian… Je…

- Non, me coupa-t-il. Non, c'est moi qui vais parler. Je crois que tu en as assez dit, assez fait jusque là. Tu crois que je ne regrette pas tout ce qu'il s'est passé ? Tu crois que je n'ai pas, moi aussi, souffert de cette distance qui nous séparait ? Tu crois que je t'avais oubliée ? Que je me fichais de toi ? Tu crois que je ne me suis pas inquiété une seule seconde pour toi ? Et bien non, Samantha. Si tu crois tout ça et bien tu me déçois énormément. Jamais, je te dis bien JAMAIS je ne t'ai oubliée. J'ai pensé à toi TOUS les jours, je me suis inquiété pour toi TOUS les jours ! Je t'ai toujours aimée, tu comprends ça ? TOUJOURS ! »

Les paroles qu'il avait dites et le ton qu'il avait employé pour me les dire me fit monter les larmes aux yeux. Il était vraiment en colère… Et il l'avait dit, je le décevais… Mais je voulais lui expliquer, tenter de justifier le comportement que j'avais eu, je voulais lui dire que moi aussi je l'aimais encore mais, son regard planté dans le mien m'en empêcha, et aucun mot ne put sortir de ma bouche. Je me retrouvai une fois de plus hypnotisée par ses yeux bleus si intenses, son regard si puissant… Et plusieurs souvenirs me revinrent brusquement en mémoire, sans que je ne sache réellement pourquoi. Et pas n'importe quels souvenirs… Ceux avec Alexis.

Notre premier baiser, celui que j'avais moi-même déclenché, nos rondes main dans la main, nos étreintes, nos sorties… Mais aussi le souvenir d'une autre soirée où ça avait été plus loin que des baisers… Une soirée où on s'était retrouvés - je ne sais plus pour quelles raisons - enfermés dans une salle de classe. Et cette soirée-là nous avions tous les deux été pris d'un soudain désir, d'une forte envie l'un de l'autre… Ce soir là on avait commencé… Ce soir là c'était allé beaucoup plus loin que de simples baisers… Ils étaient plus fougueux, nos étreintes étaient plus intenses et notre désir plus puissant que jamais. Ce soir là on s'était retrouvés en sous-vêtements dans les bras l'un de l'autre. Nos mains glissaient sur nos corps qui ne se décollaient plus et nos sens étaient en éveil.

Alors que je revoyais ce souvenir défiler dans ma tête, j'eus l'étrange impression que les yeux de Ian me passaient aux rayons X… J'eus l'étrange impression de… ne pas être seule à revivre ce souvenir…

« - Ian ! Tu viens de lire dans mon esprit ! » m'exclamai-je, outrée.

Je l'avais poussé de manière à ne plus être coincée entre lui et ma porte. C'était donc à présent moi qui me retrouvais dos à la cheminée, face à la porte et entre elle et moi, Ian. Le Serdaigle semblait serrer les poings très forts et lutter contre lui-même pour ne pas exploser. Contenant ses nerfs, il grogna :

« - C'était qui, lui ?!

- Je ne vois pas de qui tu parles, tranchai-je, blessée dans ma fierté.

- Oh arrête s'il te plaît ! cria-t-il. Tu l'as dit toi-même : j'ai lu dans ton esprit ! Vous êtes allés jusqu'où ?!

- Tiens d'ailleurs reparlons-en de ça ! Je peux savoir pourquoi tu as fait ça ?! répliquai en ignorant sa deuxième question.

- Oh ne retourne pas la situation !

- Je ne retourne pas la situation ! Ça ne se fait pas ! De quel droit tu te permets de lire dans mes pensées, comme ça ?! De quel droit tu rentres dans mon esprit comme dans un moulin ?! »

Il ne répondit pas et se contenta de se rendre précipitamment dans sa chambre, en maugréant. Il me lança un « bonne nuit » glacial avant de prendre soin de claquer la porte de sa chambre. J'en fis de même en rentrant dans la mienne et la verrouilla magiquement, ainsi que celle de la salle de bain.


Ah, ah, Ian est de retour... Et y'a de l'eau dans le gaz...

Alors ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? :D


Réponses aux reviews :

alwyn13 : Haha ! Tu es fan de Ian toi ;) Contente que ce chapitre t'ait plu, je vois que tu es au taquet ! :p
Merci de me suivre, à bientôt et bisous (: