Disclaimer: Si KHR m'appartenait, ce serait visible. Déjà, l'apprentissage entre Dino et Hibari aurait été sensiblement différent. Ou plutôt, certaines scènes auraient été ajoutées. Puis on saurait exactement ce qu'il s'est passé pendant que Mukuro le « battait » si vous voyez ce que je veux dire... je n'en doute pas.

Avertissement: Attention. Cette histoire traite de relations homosexuelles entre deux hommes. On parle de slash, de yaoi. Merci de ne pas juger cette histoire selon ce seul critère s'il ne vous convient pas. Enfin, ici ne lisez pas. Je ne pense pas avoir un scénario assez intéressant à côté pour contre-balancer. Par ailleurs, le rating M devient ici justifié. Bon, il l'était déjà avant mais il n'est un peu plus. Juste un peu.

Merci à Tyu. Merci pour les lapins garoux, merci pour Rumple et merci pour... les tentacules ?

Chapitre 35

Mukuro n'avait jamais bien dormi. Enfant et emprisonné, il ne dormait que d'un œil, dans l'attente de la torture à venir. Même quand il s'était échappé, il n'avait jamais réussi à se sentir assez en sécurité pour avoir une bonne nuit de sommeil. Et son séjour en prison n'avait rien arrangé. Peut-être était-ce la sensation de ne pas avoir été réellement éveillé pendant près de cinq ans, ou alors l'appréhension de rouvrir les yeux et de se retrouver enfermé à nouveau. S'il dormait mal depuis l'enfance, il s'était mis à ne plus dormir depuis sa libération.

Cette nuit-là pourtant, il n'avait pas sursauté dans le lit. Il ne s'était pas réveillé avec la sensation d'étouffer. Il avait dormi. Et longtemps, se dit-il en voyant le cadran du réveil afficher treize heures.

Mukuro s'étira langoureusement– ce qui n'avait aucun intérêt, il était seul dans cette chambre – enfouissant son visage dans l'oreiller de son amant. Il sourit en se disant ce mot, « amant ». Il repensa à une chanson que Chikusa écoutait parfois, quand il pensait que personne ne le regardait. « I just had sex ». Il commençait à comprendre la blague.

Il devrait se lever à un moment donné. Et effectivement, changer les draps. Mais il était trop tard pour proposer à Hibari de repasser par l'appartement. Il lui restait plus de cinq heures avant que son « amant » ne rentre. Il remonta les draps sur son visage, masquant son sourire béat. Mukuro eut une pensée pour tous ces hommes qui tremblaient de peur pour leur vie, sachant qu'il viendrait s'occuper d'eux. Il pensa à tous ces meurtriers qu'il chasserait jusqu'au dernier avec cet œil qu'ils lui avaient donné. Et revit dans un flash les lèvres de Hibari occupées sur son torse.

Il rit en repoussant la couverture. « J'ai couché avec Hibari. », dit-il à voix haute. Son sourire s'agrandit et il se remit à rire, seul.

Mukuro finit par attraper le réveil et le régla sur quinze heures. Ça lui laisserait assez de temps pour aller s'acheter un gâteau au chocolat – qu'il méritait pour célébrer son dépucelage.

Il ferma les yeux, et se rendormit, retrouvant le sommeil immédiatement.


Hibari raccrocha son téléphone avant d'entrer dans le restaurant. Il était treize heures passées mais Tsuyoshi Yamamoto ne fermait pas avant quatorze heures bien tassées.

« VOIIIIIIIIIIIIIIIII ! », s'exclama Squalo en le voyant arriver. « On n'a pas toute la journée ! »

Le gardien du Nuage fronça les sourcils, hésitant entre attaquer l'argenté – pas bon pour les affaires –, les planter là – sans terminer les transactions qui devraient pourtant bien être faites – et reporter sa vengeance à plus tard. Il regarda Xanxus, et le bol de soupe miso à ses côtés qui n'attendait que lui, et se décida à approcher.

Les Varia étaient toujours aussi bruyants. Hibari pensa avec nostalgie à sa base qu'il ne retrouverait pas avant plusieurs heures, où l'activité était à son comble. Il imagina le silence pesant installé, simplement troublé par le son des touches de clavier qu'on enfonçait et des feuilles de papier qui circulaient entre les membres de la Fondation.

« Mais tu avais juste à faire un créneau ! »

« Ushishi … »

« Je n'allais pas écraser le beau jeune homme qui traversait à ce moment-là ! »

Le bruit des armes claquant l'une contre l'autre pendant l'entraînement.

« … shishishi … »

« Il était sur le trottoir ! Et tu as failli le renverser ! »

« … shishishishi … »

Les expéditions punitives lancées dans l'urgence contre les motards du nord.

« C'est lui qui m'a renversé avec son regard de biche prise dans les feux d'une voiture ! »

« … shishishishi … »

« TU AS FAILLI NOUS TUER ! »

Les décollages en urgence pour se déployer à Miami, plus en quête d'informations que de l'homme qu'il comptait bien massacrer.

« … shishishi- »

« ARRÊTE DE RIRE ! », s'exclamèrent Squalo et Lussuria en cœur avant de retourner à leur dispute.

Hibari soupira rêveusement avant de replonger dans sa soupe miso. Il espérait bien avoir des pistes en rentrant à la Fondation. Sinon, il trouverait un autre moyen de se défouler.


Kusakabe sentit un énorme frisson le parcourir. Immédiatement, il regarda les membres qui l'entouraient et déglutit en comprenant que cette réaction était partagée. La base toute entière se figea complètement. Kusakabe activa son micro avec des doigts tremblants.

« Cinq heures au maximum. Nous avons cinq heures au maximum pour trouver quelque chose. »

« Oui, vice-président ! »


Le repas avait été rapidement expédié. Les makis glissaient encore le long du mur où Xanxus les avait envoyé quand il avait renversé la table d'un coup de pied.

Leviathan la replaça et chacun d'entre eux paya sa part de l'addition – mis à part Belphegor qui refusait de donner quoique ce soit au bas-peuple et Mammon en qui personne n'avait suffisamment confiance quand il s'agissait d'argent.

Hibari vida sa tasse de thé avant de demander, profitant d'une accalmie, « Qu'est-ce qu'il faut effacer ? »

Lussuria lui tendit un dossier débordant de feuillets. Le gardien du Nuage saisit la première injonction – Croatie, pour conduite dangereuse – et haussa un sourcil circonspect.

« Il n'y avait personne. Je n'allais pas attendre que le feu passe au vert ! », répondit l'expert en art martial.


Tsuna ouvrit les yeux, soudainement réveillé. Reborn s'était encore couché sur son visage – comment l'arcobaleno pouvait-il espérer tenir sur son visage à son âge ? – et il pouvait sentir la présence de Gokudera contre ses pieds. Il soupira avant d'être pris d'un profond bâillement. Ça faisait longtemps que le gardien de la Tempête n'avait pas décidé qu'ils devaient dormir ensemble. Il pensait qu'ils avaient dépassé ce stade trois ans plus tôt mais il était vrai que parfois, son bras droit retrouvait ses vieilles habitudes.

Le Dixième du Nom coucha Reborn dans le lit, replaçant les couvertures sur lui et réalisa, tout à coup, qu'il n'était pas chez lui. Sa couverture était beaucoup plus soyeuse. Et beaucoup moins … rouge !

Il passa en revue ses souvenirs de la veille. Il revoyait Reborn lui tendre une bouteille d'alcool et se souvenait l'avoir posée sur son bureau, aux côtés de vingt autres cadavres. Il déglutit, retenant son envie de vomir en pensant à la quantité d'alcool qu'il avait dû engloutir. Il revoyait également Gokudera accroché à son bras, comme pour le retenir, et se souvenait lui avoir enfoncé la bouteille de martini dans le bec en répétant en riant « Bois, bois, bois, bois, bois, bois ! ». Enfin, se se souvenait d'une hôtesse de l'air qui lui attachait sa ceinture et lui tendait un sac en lui annonçant que le … décollage était imminent ?

Tsuna se saisit du combiné et déglutit en ne comprenant pas dans quelle langue le service de chambre lui parlait !

« Où suis-je ? », demanda-t-il, se sentant malade comme rarement.

« Dans la suite exécutive Chine, monsieur. »

« Oui mais, dans quel pays ? Quelle ville ? »

« … vous êtes à Marseille, monsieur. En France. »

Le téléphone lui échappa des mains. Puis, entendant la voix de sa mère dans sa tête, le chef de la famille Vongola remercia l'intendant avant de raccrocher.

Il était en France, à Marseille, sans valise et avec très peu de souvenirs de la veille. La situation aurait pu être pire.

Tsuna se recoucha avant de se souvenir qu'il avait dû prendre son téléphone portable avec lui. Reborn lui avait assez fait la leçon en l'abandonnant dans différents pays pour qu'il l'emmène toujours avec lui. Il le trouva dans l'une des poches de son jean – il ne voulait pas savoir comment son pantalon était passé de sur lui à parfaitement suspendu dans l'armoire – et consulta rapidement les messages laissés dessus.

Il semblait avoir prévenu Yamamoto de leur départ. Ou Gokudera l'avait fait. Il avait également accepté de fournir un hélicoptère à Hibari semblait-il. Il ne savait pas ce que le gardien en ferait – il en avait déjà tellement – et encore comment il parviendrait à placer cette dépense dans le budget, mais connaissant le gardien, l'engin était sûrement déjà crashé quelque part. Et il avait un rendez-vous avec un certain Jean de Pegomine. À huit heures trente.

Tsuna mit un réveil et se recoucha, espérant que cette rencontre se passerait bien.


Il était quinze heures. Mukuro pesa le pour et le contre, avant de régler le réveil sur dix-sept heures. Il aurait le temps. Et peut-être un peu plus la volonté de se lever pour aller chercher son gâteau. Ou alors il pourrait ordonner à Ken de l'apporter à l'appartement. Et payer le concierge pour avoir le gâteau sans faire monter Ken. Oui. Il s'en occuperait plus tard.


Il était quinze heures quand il parvint enfin à semer les Varia.

Il avait perdu plus d'une heure trente à être poursuivi par la Mercedes, allant aussi vite que lui roulait en moto, avec Xanxus perché sur son fauteuil accroché au toit de la voiture. Plus d'une heure trente à l'entendre déballer des arguments plus ridicules les uns que les autres à l'aide d'un porte-voix. Plus d'une heure trente de perdue dans sa journée et qu'il ne pourrait jamais récupérer.

Il avait déjà déposé le dossier Varia chez ses avocats et il lui restait encore plus d'une heure avant de se rendre à l'école. Il irait bien faire une sieste sur le toit mais les Varia risquaient de l'attendre là-bas pendant les sept prochaines minutes – temps pendant lequel ils parvenaient à faire preuve de patience.

Hibari arrêta sa moto, envoyant un rapide message à Kusakabe, puis se dirigea vers le nord de Namimori. Il allait pouvoir se défouler.


Tsuna était mortifié et il ne savait pas ce qui l'horrifiait le plus.

Sur l'écran, il se voyait debout sur une table, chantant bras-dessus bras-dessous « C'est à boire qu'il nous faut ». Il prit quelques secondes pour digérer la scène, autant son français lamentable que la vue de la main du fils de Pegomine - « Comment ? Ce charmant jeune homme est votre fils ? Faire de si beaux enfants et diriger la Pègre, il faudra que vous m'appreniez. » – passée sous sa chemise.

Le spectacle était désolant. Au moins autant que la vue de Gokudera au pied de la table qui le sifflait et lui jetait sa cravate, aussi excité que la plus fanatique des groupies au concert de son groupe de k-pop préféré.

Il pensait avoir passé le plus gros quand il reconnu la jeune femme blonde qui les avait accueilli, disant « Bonjour papa » à monsieur Jean de Pegomine, dévorant la bouche de Reborn. Il ne savait pas ce qui était le plus malsain dans cette scène. Reborn ou … elle.

Tsuna envisagea un instant de baisser pantalon et boxer et de remuer en criant « Pudding ! » tellement la situation était irréelle.

Le père de Sophie de Pegomine fit un signe de main et l'écran s'éteignit. Le chef de la Pègre était fâché et tout l'or du monde ne pourrait pas inciter le jeune Vongola à prendre la parole en premier.

« Prenez vos responsabilités. »

« Mais Reborn n'est qu'un enfant ! », d'une petite trentaine d'années, rajouta-t-il en pensée.

« Envers mon fils. »

Tsuna s'évanouit.


Quinze heures quarante.

Mukuro laissa sa tête retomber sur l'oreiller en soupirant. Il avait eu un rêve très réaliste. Vraiment très réaliste, se dit-il, haussant un sourcil en soulevant le drap. C'était un mélange de souvenirs de la veille, de souvenirs des derniers mois aussi. Et peut-être quelques petites choses qui ne s'étaient jamais produites. Il joua un instant avec l'idée d'appeler Hibari pour le convaincre de venir à l'appartement. Ou de le rejoindre et lui faire une surprise plus qu'agréable.

Il se tourna d'un côté, de l'autre, avant de rejeter les draps et de prendre son problème en main.


Quinze heures quarante.

Hibari regarda autour de lui, les cadavres des motos et leurs possesseurs gémissants. Les Varia avaient dû partir depuis bien longtemps. C'était l'heure d'aller faire une sieste.


Le chef des Vongola rouvrit les yeux pour voir son empreinte digitale sur un papier qui ressemblait étrangement à un contrat de mariage.

« Mais le mariage homosexuel n'est pas autorisé! », s'écria-t-il.

« En France, si. », répondit le mafieux en cherchant à le forcer à signer le document.


Shoichi se tenait le ventre. Encore un pic de stress à passer. Il remercia Sucette quand celui-ci se mit à lui masser les épaules. Il profita pendant plusieurs minutes des administrations du robot avant de réaliser qu'il profitait depuis plusieurs minutes des administrations du robot. Pas de crise de jalousie, pas de destruction spontanée de matériel, pas de menace de le transformer en androïde pendant la nuit, rien. Spanner était absorbé par son écran, la lumière vive qui en jaillissait effectivement captivante.

Quand le mécanicien tapa du poing sur la table, Shoichi ne résista pas. Il s'approcha lentement du bureau de son compagnon de cellule et jeta un coup d'œil furtif à l'écran.

« Qui c'est ce « Roi des Troll ? »

« L'actuel vainqueur. Le net est persuadé que c'est un hack. Avec un nom pareil, c'est de la provocation ! Mais moi je pense qu'il existe. Et s'il existe, il mérite effectivement son pseudo. À moins que je nebatte son score. », lui répondit Spanner avant de relancer le jeu.

Shoichi le regarda, la bouche grande ouverte, avant de lui arracher le clavier des mains.

« … je venais de dépasser les 30000 sur mes deux premiers essais. »

« Hibari arrive vers dix-huit heures pour contrôler notre travail et tu JOUES ? »

« Je ne joue pas. Je sauve l'humanité en utilisant le pouvoir de l'Harmonie. »


« C'est la bague au doigt ou le doigt coupé ! »

« Mais vous êtes malade ? »

« Qu'on lui coupe le doigt ! »


« Allez, allez, vous n'allez quand même pas me dire que vous ne parvenez pas à retrouver un simple, vulgaire, misérable, lamentable cancrelat d'illusionniste ! », s'écria Kusakabe en essuyant la sueur qui perlait sur son front.

« J'ai l'enregistrement des vidéos concernant le Dixième en France, où il est toujours. », répondit l'un des hommes en faisant rouler un cure-dents entre ses lèvres.

« Reborn est avec lui, il ne craint rien. Ou pas grand chose. Et les fichiers extorsions ne sont pas prioritaires. Pour le moment, c'est la recherche qui passe avant tout ! J'ai un mauvais pressentiment à ce propos. »

« Ah ! J'ai quelque chose ! », dit un autre homme, son écran d'ordinateur enregistrant un homme en train de retirer de l'argent. »

« Je veux qu'on me quadrille la zone. Des banques à la plus petite épicerie du coin, je veux tout ce que vous pouvez obtenir! »


« C'est de la discrimination ! »

« Mais- », répondit Tsuna en évitant le tome un de l'encyclopédie universelle qu'on lui jetait dessus.

« Homophobe ! Raciste ! Personne n'insulte mon fils ! »

« Ça n'est- »

« Je vais l'étrangler avec ses tripes ! », s'exclama Jean de Pegomine en saisissant ce que le Vongola savait être un couteau à huîtres.

« Quoi ? »

« Je veux qu'on m'apporte son doigt ! Sa main ! SA TÊTE ! », s'écria le chef de la Pègre en se jetant par-dessus la table basse.

« Mais je ne suis pas gay ! »

« Cours Tsuna. Tu as offensé le chef. », dit tranquillement l'acorbaleno, réapparaissant pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans la demeure.

« Reborn ! », s'écria Tsuna, tout aussi offensé par la trace de rouge à lèvres sur la chemise du tueur que par son manque d'aide.

« QU'ON LUI COUPE LA TÊTE ! »

« IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIE ! », répondit Tsuna en continuant de courir pour sa vie autour de la table basse.


« IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII IIIIE ! », cria le membre de la Fondation quand son clavier se retrouva aspergé de café. Son hurlement s'interrompit quand on le lui remplaça et qu'il put reprendre ses recherches.


Minato tenait l'école convenablement, conclut Hibari après avoir fait le tour des documents. Le compte-rendu des activités était bon, y compris pour le club de littérature. Ils n'avaient eu que cinq plaintes au cours des trois derniers mois, dont quatre et demi provenaient du club informatique. Il était plutôt satisfait. Tout du moins, jusqu'à ce qu'un étudiant lui sourit.

Minato se mit immédiatement au niveau de Hibari.

« Yu Narukami. Parents carriéristes, beaucoup de déménagements. Il a rejoint le comité de discipline le mois dernier après avoir aidé à résoudre une enquête externe. Le problème des téléviseurs. Il est plutôt apprécié. Silencieux, il a un sens de l'humour … particulier. »

Hibari hocha la tête, encourageant l'étudiant à poursuivre.

« Bon élève, cours de théâtre, club de football. »

« À surveiller. », conclut le gardien du Nuage en se rappelant de repasser par l'école plus souvent, et de rappeler à ces misérables herbivores qu'il ne faisait que les autoriser, ponctuellement, à vivre sur son territoire. Tant qu'ils lui témoignaient la peur attendue chez les faibles.

Minato hocha la tête et la visite se poursuivit tranquillement.


Tsuna ne comprenait plus rien.

À un moment donné, Christophe était entré dans la pièce. Les couteaux avaient immédiatement disparus et en quelques minutes, après deux-trois tapes dans le dos et de nombreux éclats de rire, il s'était retrouvé assis sur le canapé entre le père et le fils. Une bouteille de vin avait été ouverte avant qu'il ne soit confortablement installé et ils venaient d'ouvrir la deuxième.

Tsuna rit en sentant Christophe appuyé tout contre lui. Il se tourna vers lui et resta un instant estomaqué.

« Quoi ? »

« C'est joli ce halo ! », dit le Dixième du Nom en essayant de toucher la lumière entourant le français.

Jean de Pegomine éclata de rire avant de l'accompagner à table. Tsuna réalisa alors qu'il était déjà midi.


Hibari tremblait de rage. Il était dix-neuf heures passées et il quittait à peine l'école. Il aperçu du coin de l'œil l'un des professeurs effondré face à ce qui avait été sa voiture, une Cresta s'il en croyait ses cris. Il l'aurait bien puni pour être aussi bruyant s'il n'était pas certain qu'un affrontement contre ce misérable ersatz d'enseignant ne le laisserait pas plus frustré qu'il ne l'était déjà.

Sous ses pieds crissait le verre des vitres qui avaient éclaté quand l'un des mafieux avait déchaîné sa flamme de la tempête. La cour était plus couverte de cratères que la lune elle-même et il trouvait par-ci par-là des hommes inconscients qui avaient cherché à le fuir en se cachant dedans. Seule la grille était intacte, pensa le gardien du Nuage en la franchissant.

Il ne comprenait pas pourquoi les mafieux s'attaquaient systématiquement à son école. Quand il en tirait un bon combat, il pouvait se montrer tolérant. Mais là, ils avaient tous été trop faibles pour présenter un défi intéressant mais assez nombreux pour le retenir. Pas un seul adversaire digne de ce nom, juste des larves qui l'avaient bloqué trop longtemps pour qu'il fasse preuve de patience.

Il avait obtenu un nom, un avertissement, et près de trois cents corps dont il faudrait se débarrasser avant le lendemain. Sans parler des travaux à faire.

Hibari se massa les tempes, espérant de tout cœur que les nouvelles à la base seraient assez intéressantes pour compenser ce massacre. Il ressortit son téléphone portable par automatisme, dix-neuf heures quatorze, et le serra trop fort dans sa main en voyant sa messagerie désespérément vide.

Il monta sur sa moto avant de ressortir son mobile. Il lui restait encore un moyen d'apaiser sa frustration.


Lambo n'avait pas vu Hibari depuis un temps qui lui paraissait infiniment long. Et pourtant, il avait hésité à accepter le rendez-vous proposé par le gardien. Il avait ses raisons. Des bonnes raisons.

Il aimait quand Hibari le visitait chez la mère de Tsuna, l'aidant à faire ses devoirs. Il se souvenait encore de la récitation « Le lapin bondit par-dessus la clôture ». Il aimait aussi tomber par surprise sur le japonais dans la rue, le gardien décidant généralement de l'accompagner. Les repas au restaurant étaient ses préférés. Ils étaient silencieux oui, mais familiers. En revanche, les rendez-vous à la base se terminaient toujours mal pour lui. Une fois, c'était un chef chinois qui avait voulu le cuisiner, persuadé qu'il était une espèce évoluée de vache normande. Une autre fois, Hibari l'avait fait participer à l'échauffement de ses hommes, échauffement qui avait duré trois jours. La plus terrible restait la fois où Hibari l'avait lancé à répétition sur les murs, sans un mot.

Il pourrait s'enfuir. Il l'avait déjà fait. Hibari l'avait alors aspergé d'un étrange produit en le rattrapant en moto et avait lâché des lapins nains sauvages dans la ville. Depuis, les lapins nains l'effrayaient.

Il y avait eu d'autres fuites, et des loups, des tigres, des criquets empoisonnés. Sans compter ce jour terrible où Pokémon Hold et Pokémon It était sortit et Hibari avait convaincu tous les enfants des villes alentours qu'il était le nouveau Pokémon légendaire, la dernière évolution de Pikachu, et que si quelqu'un le rapportait enfermé dans une pokéball, il pourrait rencontrer Satoshi Tajiri et obtenir une console et un jeu pokémon dédicacé.

Lambo savait bien que Hibari faisait tout ça pour l'entraîner. Pour qu'il puisse se protéger seul, ou fuir quand l'ennemi était trop fort. Mais il lui arrivait encore de ne pas tenir et se sauver.

Aujourd'hui en revanche, il ferait preuve de courage. Il s'assit dans le temple et attendit. Une main sur son épaule fut le seul signe qu'il eut avant qu'on ne lui passe une cagoule sur la tête.


« Non mais ils sont ensemble. Mais dangereux ! Mais ensemble. Encore plus dangereux ! », s'écria Tsuna, pris de frénésie en parlant du gardien du Nuage et de la Brume. « Mais avant ils ne l'étaient pas. Du tout, pas. » Il prit une mine soucieuse, se remémorant ces temps sombres. « Mais maintenant ils le sont ! Ensemble ! »

Christophe hocha distraitement la tête avant de se tourner vers son père. « C'est comme … la meilleure chose au monde. C'est tout. Mais je ne comprends vraiment pas ce que vous trouvez à un vagin alors tu ne comprendras sûrement jamais. »

« Mon fils, si les hommes créaient des vagins à la place des bombes, il n'y aurait pas de guerre. »

Tsuna approuva vivement ces sages paroles. Ou ce qu'il imaginait être de sages paroles. Il régnait autant sur ses hommes que le lémurien sur la mer. En revanche, il était chef puceau incontesté. Tiens, il pourrait en faire une chanson.


Hibari avait évité la teigne qui servait de gardien à l'herbivore sans difficulté jusqu'à maintenant. Mais dernièrement, Shoichi montrait des signes de rébellion. Et il n'était pas sûr du taux de résistance à l'électricité des murs suite aux nouveaux ajustements. Il regarda Lambo, le gamin souriant de toutes ses dents, et lança l'électricité.

Assis sur sa chaise, le gardien du Tonnerre rit en sentant le léger courant le chatouiller.


Shoichi ne parvenait pas à quitter l'écran des yeux. La marque de combustion laissée par Lambo était plus qu'impressionnante. Et pendant ce temps, Spanner chantait.

« Ça ne te fait rien. »

Shoichi écarquilla largement les yeux parce qu'il aurait dû être celui qui prononçait cette phrase.

« Pardon ? Je viens de voir un enfant, un ENFANT, être attaché à une chaise électrique jusqu'à ce que ses vêtements brûlent et tu me demandes si ton JEU ne me fait rien. »

« C'est un robot, et une licorne ! Un robot licorne ! Une licorne robot ! Et ça fait des arcs-en-ciel. Qu'est-ce qui pourrait être mieux que ça ? »

« Prévenir la protection de l'enfance ? »

« Créer une vraie licorne robot ! »

« Spanner- »

« Ou mieux ! Trouver une licorne et la transformer en robot ! »

Shoichi se frappa la tête contre le bureau. Il fallait que son collègue croit à l'existence des licornes roses invisibles. Il le fallait.


« Mais même pas une petite- »

« Non ! »

« Rah ! Et à l'école- »

« Jamais ! »

« Les soirées entre amis au moins. »

Tsuna enfouit sa tête entre ses genoux. Ses « amis » faisaient la fête chez lui, l'école était contrôlée par Hibari qui était plus sévère que Dolores Umbridge concernant les interactions humaines, et la jeune fille qui lui plaisait était la sœur d'un boxeur émérite.

« Dur … »

Tsuna hocha la tête, et engloutit son verre au passage.


Hibari se massa les tempes en remontant les étages. Il se demanda un instant s'il ne ferait pas mieux d'envoyer Spanner à Sawada, imaginant l'herbivore incapable de contrôler l'inventeur. Le blond pourrait lui créer des robot herbivores qui planteraient des arbres et aideraient l'écosystème tout en dansant. Ça correspondrait autant aux idéaux stupides de l'herbivore qu'à l'imagination tordue de Spanner.

Il tendit sa veste à l'un des hommes présents, acceptant la tasse de thé encore bouillante. Quelques couloirs plus loin, il poussa la lourde porte donnant accès à la salle de contrôle. Dans la pièce, les membres de la Fondation se figèrent, le silence simplement occupé par le ronronnement des machines. Hibari s'installa dans le fauteuil qui lui était attribué et attendit.

Kusakabe fit apparaître une photographie à l'écran.

« Irvin Barilta. Il était à Miami il y a quelques heures à peine mais il semble avoir quitté la ville. Il n'a pas été identifié aux aéroports de la région. Il semble être entré aux Etats-Unis par des moyens détournés et est sûrement parti ainsi. La dernière fois qu'il a été repéré, c'était dans une église. »

Hibari hocha la tête, appréciatif. « Heure de départ ? »

« Koyasu arrive dans quelques minutes, prêt à décoller. »

Hibari se leva, prêt à partir quand un toussotement tout sauf discret le fit se retourner. « Quoi ? »

« Tu devrais peut-être … prévenir. Que tu quittes le pays. »

« Ce que je fais ne regarde personne. »

« Je voulais dire … prévenir … »

Hibari fronça les sourcils, incapable de déchiffrer les différences grimaces faciales faites par Kusakabe.

« Ou je peux prévenir pour toi … prévenir … le gang. », termina son second sur un soupir, se préparant autant à un renvoi qu'à un massacre en bonne et dû forme.

« Ah. », Hibari hésita quelques instants avant de dire, « Je vais m'en occuper. »

Le gardien quitta la salle de contrôle, regagnant ses appartements. Le sac de voyage l'y attendait déjà mais ce n'était pas ce qui le préoccupait ce soir-là. Il voulait voir le jardin. L'entrée restait étroite malgré l'attention qu'il lui avait procurée. Cela aurait dû frustrer le gardien du Nuage mais il ne pouvait pas lutter contre le bien-être qu'il ressentait. Un effondrement quelques étages plus bas avait bloqué la porte menant à l'extérieur mais un seul regard sur la cour l'apaisait.

Il s'assit sur la petite terrasse surélevée, prenant le temps d'observer la vue, oublieux de l'appel qu'il devait passer.


« Fillette de Camaret, où est ton pucelage ? »

« Il s'en est allé sur l'eau, avec les petits bateaux, il nage, »

« Il nage, il nage ! », chantèrent-ils tous ensemble avant de vider leur shot de vodka.


« Retour prévu quand ? »

« Quelques jours tout au plus. Je vais en profiter pour reprendre contact avec la police. »

« Tu es sûrement le seul criminel qui s'entende aussi bien avec la justice. », répondit Mukuro en reprenant une nouvelle bouchée de gâteau.

Il entendit un grognement dans le téléphone avant que le gardien du Nuage ne dise, « Bon. Je raccroche. », et coupe court à la conversation.

Mukuro reposa le téléphone, le regardant songeur. Il ramassa le chocolat accroché au plat avec son doigt et le suça avec attention. S'il parvenait à se motiver, il profiterait de ces quelques jours pour faire un aller-retour avec l'Europe. Il avait de vieux contacts à retrouver.

Note de fin de l'auteur : dans ma tête, Mukuro a passé toute la journée à chanter « I just had sex ! ». Parce que oui, toutes les premières fois ne sont pas romantiques, et elles peuvent pourtant laisser de bons souvenirs.

Je crois que tout le monde le sait maintenant mais … Reborn, c'est fini. Je l'avoue, j'ai arrêté de lire le manga il y a des lustres (Byakuran est toujours... what?). Mais je suis allée nostalgique lire le dernier chapitre. Hibari apparaît sur la même illustration que Mukuro, c'est tout ce qui compte. Ce couple est CANON !

Je tiens à remercier toutes les personnes qui me lisent, toutes celles qui me suivent. Merci beaucoup. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour me motiver à regrouper les feuillets volants de la partie suivante ! Après, j'irai taper tout ça sur l'ordinateur puis j'appellerai ma bien-aimée bêta-lectrice « un peu pompette » dans un bar pour lui dire de corriger mes histoires !

Merci à Delphine. En fait, ma bêta-lectrice était très occupée et n'a pas eu la possibilité de s'occuper du chapitre avant. Le prochain devrait venir plus vite. Nous l'espérons en tout cas. Sinon, concernant tes questions, je vais terminer cette phrase pour en commencer une nouvelle. Mon Hibari est un personnage qui suit ses envies et ses pulsions. Le désir de Mukuro ne va pas « déteindre » sur lui mais ouvrir une porte sur de nouveaux désirs auxquels il n'accorde pas grande importance parce qu'il y a cette histoire de pari. Mais ces pulsions sont présentes. Et à ce moment là, dans mon histoire, Hibari se dit que c'est le bon moment et la bonne personne pour avoir une aventure sexuelle. Rien de plus. Il a gagné un match, signé des alliances, fait un match nul contre Mukuro qui reconnaît sa force et ça fait un petit moment que Mukuro ne l'a pas bousculé.

Concernant Mukuro, c'est juste que j'écris mal *rire*. Mukuro est emprisonné à l'âge de 15 ans. J'ai du mal à l'imaginer avoir perdu sa virginité entre ses 14 ans où il s'échappe et ses 15 où il se fait emprisonner. Du coup, quand M.M. dit être sa première femme, elle le formule au sens de première épouse, affirmant comme dans le manga que sa relation avec Mukuro est plus que celle que l'illusionniste a avec Chrome. Dans le chapitre où Mukuro rentre avec une odeur particulière, il vient de tuer quelqu'un. Hibari lui dit plutôt qu'il ne dit rien, le laisse déambuler et assassiner qui il veut, mais qu'il n'a pas à rapporter ce qu'il fait à l'extérieur dedans. La phrase est volontairement ambigüe pour faire sourire Mukuro.

Enfin, pour ce qui est de l'assurance de notre italien, je l'imagine juste comme ça. Maintenant qu'il est face à la situation concrète, je pense qu'il aurait pu partir. Sauf qu'il s'agit de Hibari en face de lui, et que mon personnage (et celui de l'auteur) est assez obsédé par Hibari. C'est pour ça aussi que je voulais qu'il y ait de la maladresse mais pas de regret. Ils en ont envie, ils savent à quoi s'en tenir l'un face à l'autre, et ils savent que ça n'aura pas de conséquence. Autre que donner de nouvelles perspectives à leurs nuits communes.

Merci à Mavel Finnigan qui a rattrapé l'histoire en cours de route.

Merci à Lu-chan. Pour le dosage du lemon, c'est ma bêta-lectrice qu'il faudra remercier et féliciter. Je n'en pouvais plus à la fin de ce lemon. J'ai l'habitude d'écrire du sexe. Mais pas des premières fois ! Ou en tout cas, pas ce genre de première fois ! J'en étais à m'arracher les cheveux et laisser des parenthèses sur chaque phrase en lui disant « HELP ME OR I'LL WRITE COCK COCK COCK ! ». En espérant que cette suite (tardive, désolée!) te plaira.

Merci à Yliria. Toutes mes excuses, je reconnais ne pas être très bonne en écriture ce qui explique les passages incompréhensibles. Je continuerai à faire de mon mieux grâce à ma bêta-lectrice ! Heureuse que tu ais apprécié le chapitre précédent. En espérant que le suivant ne te décevra pas trop. A bientôt j'espère !

Dans le prochain chapitre vous trouverez …

Des nouvelles chocs ! « Mukuro s'ennuyait. »

Des vérités générales ! « Hibari était énervé. »

Du soleil ! « Les lunettes violettes ou mauves ? »

Des propositions indécentes ! « Pour votre délicieux sourire, acceptez une coupe de champagne. »

Et enfin et surtout, du sexe ! « Mukuro se jeta sur lui, ne parvenant pas à se retenir. Les retrouvailles étaient plus chaudes que prévu étant donné le public qui les entourait, mais loin d'être désagréables. »