Coucou mes petits vampires et loups garous !
Oui, je sais, je suis à la bourre de chez bourre. Oui oui oui. Mais à ma décharge j'ai beaucoup de travail, je passe mes partiels à la rentrée et mes concours arrivent à grand pas alors je bosse. Ou sinon je vais danser. Bref je n'écris pas ou peu et j'oublie toujours les MAJ. I'm so sorry mais vous savez, j'ai aussi ma vie avec ses grandes joies et ses peines…
Bien maintenant que je me suis excusée… INES TU ES A LA BOURRE ! Encore pire que moi ! mdr. Je sais qu'elle me fera des belles reviews quand on PC sera de nouveau sur pied.
Je félicite donc JULIE ! Meilleure revieweuse et tu m'as bien fait rire ! ET… On arrête les sarcasmes ma chèreeee ! grrrrrr ! lol
Allez, les amis, on les passe ensemble les mille ! mdr
Plus que 2 chapitres mes petits comparses facétieux (enfin y'a les bonus aussi !). Et Ouiiii toutes les bonnes choses ont une fin ! Rien que pour ça, je sors un mouchoir tiens ! *et c'est MON MOUCHOIR ! MINE ! A MOI ! *
C'est un épilogue qui clôture donc Rédemption. Il y a des larmes, des trahisons, des retrouvailles et l'explicitation du titre *oui, je sais j'aurais du le mettre en premier Dark Vador s'est emparé de mon âme et ne veut pas me la rendre ! Au secours Han !*Niark Niark Niark. Nous sommes en plein dans le côté obscur… *
PS : Je suis heureuse, je vous ai encore bien embrouillé !
Je ne fournis toujours pas les cordes ni les mouchoirs ni les pistolets et je ne paye pas le psy. Je n'ai pas non plus mis en place un groupe de soutient dsl ! Je pense que vous vous auto soutiendrez !
Pour les stressées : Oui les Bonus y'en aura ICI ! Je pense même les mettre tous, j'ai la fâcheuse manie d'être curieuse et de vouloir savoir ce que vous pensez de tout ceci. Mais bien évidemment, la version deluxe sera dispo dès que tout sera posté avec donc le texte intégral en deux tomes, avec les chapitres « bonus » bien insérés, des illustrations et plein d'autres petites surprises !
Votre dévouée auteur qui tient à sa peau, même si on dirait pas comme ça
Eléa Telmar
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Jasper POV
La souffrance des membres de ma famille et des loups me rendaient complètement fou. Du moins, c'est ce qu'en temps normal cela aurait déclenché sur moi. Mais je m'en moquais. Plus rien n'avait plus d'importance désormais. Alice, ma tendre Alice, ma frêle et parfaite Alice n'existait plus et donc plus rien n'existait dans mon existence. Je m'étais imaginé que le soleil arrêterait sa course, qu'une chose apocalyptique se produirait, mais rien ne changea. Comment le monde, qui tout d'un coup m'avait semblé différent pouvait il encore demeurer le même ? J'embrassais les lèvres bleues de ma femme et la serrait dans mes bras. On aurait dit une poupée de porcelaine désarticulée. Sa tête ballottait contre mon torse et ses bras pendaient lamentablement, lui donnant un côté fragile et précieux. Même maintenant, elle restait idéale, magnifique. Je n'arrivais pas à me dire que ce n'était qu'un morceau de marbre que je tenais dans mes bras. Elle semblait si réelle… Endormie, juste endormie. Elle allait se réveiller.
Mais je savais qu'elle ne se réveillerait pas…
Je sentais que l'impatience des Volturi avait monté d'un cran lorsque nous nous étions tous effondrés. Une furieuse envie de les étêter me vint et le venin inonda ma bouche. J'étais redevenu le monstre, avide de vengeance que ma femme avait enterré en m'épousant. Je regardais une nouvelle fois son visage serein, y découvrit un sourire fugace. La sentir m'apaisa. Je devais rester digne d'elle, de son amour, de sa folie qui, par passion pour moi, l'avait conduite à la mort. Je ne comprendrais sans doute jamais comme une fille aussi merveilleuse, éprise de vie, philanthrope et écervelée avait pu tomber amoureuse de moi, l'homme en retrait, morose et assoiffé. Nous étions si dissemblables que nous étions complémentaires. Elizabeth avait rejoint son père, et je remarquais que Jacob aussi n'arrivait pas à comprendre que Bella était partie.
Je m'attardais quelque peu sur leur petite histoire, leur souffrance. Jacob murmurait à Bella, au creux de son oreille :
-« Je ne peux pas vivre sans toi Bella. Je sais que j'ai promis, mais il y a des choses que je ne peux pas contrôler. Mon tendre amour, comment vivre si tu n'es pas à mes côtés ? Comment voir la beauté du monde alors qu'il me semble cruel et froid ? Bella je t'aime trop pour te laisser partir. Je… Je te veux… je te veux tellement… Bella mon amour… Reviens moi… Où sinon, dans dix, vingt ans, demain peut être, je viendrais à toi. »
Liv' pleurait doucement et je perçus que quelque chose changeait en elle, évoluait. Elle semblait écartelée vive par les remords. Je ne pouvais pas me séparer d'Alice, mais me concentrais pour qu'elle s'apaise. Je ne supportais pas de la voir souffrir. Ce n'était qu'une enfant… Une petite fille… Je ne… C'était au dessus de mes forces de la voir se sentir coupable pour toute cette histoire. Il n'y avait pas de coupable autre que le destin. C'était lui qui nous avaient mis en connexion avec les autres, le destin qui avait poussé Bella dans les bras d'Edward, le destin encore qui les avait séparés… La fatalité qui avait unie Bella à Jacob. Il n'y avait pas de coupable, seulement des victimes. Ou, s'il y avait un coupable, c'était la soif de pouvoir… Carlisle s'approcha de moi et dit avec toute la douceur qu'il pouvait avoir :
-« Jasper, il faut que tu la lâches…
-Je ne peux pas… Elle… Elle détestait le crépuscule… Elle…
-Je sais… Tout va bien aller mon fils, je te le promets… » Murmura t'il en posant sa main sur mon épaule.
Edward s'accroupit à mes côtés et une nouvelle déferlante de douleur s'abattit sur moi. Il prenait sur lui pour le moment, parce qu'il avait une grandeur d'âme extraordinaire, mais jamais il ne se remettrait d'avoir perdu Bella. Il noua avec mille précautions ses bras autour du corps d'Alice et l'arracha de mes bras. Je hurlais comme un fou, me débattant pour la reprendre, beuglant son nom. Carlisle s'abattit sur moi et me maintint plaqué au sol jusqu'à ce que je me calme. J'aperçus alors la silhouette de mon frère se détacher à l'horizon, dans le ciel incarnat, le corps inerte de ma femme brisé en deux dans ses bras puissants. Esmée se lamentait auprès du corps de ses trois enfants et je l'observais, l'esprit ailleurs. Je me sentais vide, creux. Je n'étais plus rien. Plus rien du tout. Je murmurais alors des paroles qu'elle avait prononcé le jour du baptême de Liv'… « Tu m'as dit ; aime, j'ai beau t'aimer tu pars quand même. »Alice était partie et je ne comprenais pas pourquoi elle m'avait laissé seul au monde. Je ne voulais pas de cette éternité qu'elle m'avait offerte. Une éternité sans elle.
Et pourtant, je n'osais la refuser. Elle m'avait donné une autre chance. C'aurait été très irrespectueux… et elle serait morte pour rien. Or, Bella et elle étaient décédées pour nous sauver tous. Pour que ceux qu'elles aimaient puissent vivre libre et heureux…
Pour que la lumière ne cède pas face aux ténèbres.
Aux côtés des miens sommeillaient pour l'éternité Leah, Sam et Embry. Je ne les connaissais pas, et Sam nous avait toujours eus en grippe. Pourtant, les voir sanguinolents m'arracha un spasme de dégout. Nous avions perdu la guerre. Bientôt ça serait notre tour. Ce n'était plus qu'une question de temps. Les Volturi aimaient le sang. Ils en étaient avides. On me l'avait toujours enseigné. Et le sang appelle le sang comme le pouvoir appelle le pouvoir. Or, ce qui a débuté dans le sang se termine dans le sang. Ils se préparaient pour la mise à mort, maintenant que les plus forts psychologiquement demandaient grâce. Ils étaient toujours les mêmes. Je ne voulais plus me battre. C'était fini. Je voulais rejoindre Alice, que m'importait les querelles vampiriques, que m'importait l'éternité. J'avais perdu l'espoir. J'avais cru pouvoir un jour accéder à la rédemption. Racheter mes péchés par de l'amour pur, véritable et désintéressé. Mais la personne qui me faisait croire en moi n'était plus.
Jane, Alec, Caïus, Marcus, Démétri et Aro patientaient. Ils se délectaient de notre malheur et cette joie malsaine me révolta. Mes poings se serrèrent bien malgré moi. Je les méprisais. Edward semblait lui aussi ailleurs. Je croisais les prunelles noires de mon frère et me rendis compte avec désarroi que l'Edward que j'avais toujours connu était parti, mort avec l'amour de son existence, Isabella. Il n'était plus qu'une coquille vide, une âme qui errait sur terre, bloquée dans un corps d'immortel.
Bella reposait dans les bras de Jacob, dont les larmes semblaient intarissables. Je l'enviais celui là d'une certaine façon. Sa peine me clouait au pilori et s'abattait comme une déferlante sur mes épaules, mais lui au moins pouvait pleurer. Quoi qu'on en dise, les larmes sont salutaires : elles permettent de se délester d'un fardeau, je faire partager sa douleur. Après avoir pleuré, on est toujours un peu plus léger. Il murmurait à Bella :
-« Je… j'aurais fait amende honorable. Je sais que je n'ai pas toujours été un chic type, ni un gentleman mais… Bella tu étais tout… Mon passé, mon présent, mon futur. Ensemble nous aurions pu trouver la paix. Accorder à l'autre sa rédemption. Mais maintenant, je ne pourrais jamais plus te dire à quel point je suis désolé pour tout. J'ai été imbécile et jaloux. Bella, je t'ai toujours aimée, depuis le jour ou je t'ai rencontrée à maintenant… Je te le jure… » Il s'arrachait les cheveux et se balançais d'avant en arrière tel un dément. Il voulait qu'on lui absolve ses fautes… Je voulais moi aussi me débarrasser du poids de ma culpabilité, de cette haine qui rongeait mon cœur…
Elizabeth était revenue à moi. Elle tremblait à mes côtés et s'agrippait furieusement à mon jean. Je me penchais vers elle et lu dans ses yeux une infinie détresse. Sa bonne odeur de tarte aux citrons me mit le venin à la bouche... Elle était si fragile, si… Le monstre qui se tapissait en moi m'ordonnait de fermer mes crocs sur son cou gracile, mais un je ne sais quoi m'en empêchait. La morale sans doute. Et puis, je n'aimais pas m'attaquer aux êtres trop faibles. Elle semblait tétanisée… apeurée.
-« Liv', qu'est ce qui se passe… »
Elle ne me répondit pas, continuant de pleurer en silence. Ses grandes prunelles couleur de nuit luisaient de mille petite étoiles et les larmes, des grosses larmes de crocodile roulaient sur ses joues et tachaient sa robe blanche, maculée du sang de sa mère.
Ses mains aussi avaient pris une teinte vermeille, et elle les dévisageait avec horreur.
Je pris ses menottes dans les miennes et y mit un peu de neige.
-« Tes mains sont sales… Je vais les laver…
-Il… Il y a encore une tache ! Encore une tâche !
-Tous les parfums de l'Arabie ne laveront jamais cette tâche ! » Complétais-je mécaniquement. C'était bien ma veine, citer Shakespeare dans des moments pareils. –« Elle est sale ! Encore un peu de sang ! Toujours du sang ! Trop de sang ! »S'écria ma filleule avant de se jeter dans mes bras. Mal à l'aise, je caressais ces cheveux comme j'avais si souvent vu Bella faire, et la crise de larmes passa peu à peu. Quand elle releva son joli visage poupon, elle toisa nos ennemis et elle hoqueta de frayeur avant de se serrer contre moi de nouveau.
C'est à cet instant que je remarquais que tous les Volturi regardaient dans sa direction, leurs yeux lubriques et rubis luisant d'une lueur malsaine.
La petite fille pleurait des larmes silencieuses et serrait un peu plus ma jambe. Elle voulait sans doute disparaitre. Elle avait peur. C'était ma filleule… Ma chanteuse aussi, et le prédateur qui sommeillait feula de rage. Je me plaçais devant elle, disant avec une folle assurance :
-« Elle est à moi ! Elle m'appartient ! »
Démétri s'esclaffa sans aucune gène :
-« Tu fais dans la pédophilie Hale ! »
Je grognais une nouvelle fois. Ils avaient eu Alice, Alice qui ne voulait pas que cette gamine qui me mettait au supplice, meure. Je devais garder mon calme mais leur faire comprendre qu'il ne fallait pas me chercher. Je leur envoyais donc un jet de mauvaise humeur et de cruauté avant de reprendre, acide :
-« Je fais ce que je veux… Mais puis-je retourner le compliment à ton maître, Aro… Après tout, Jane a le corps d'une fille de treize ans… Et encore, je suis d'humeur charitable aujourd'hui… »
Le vampire aux cheveux bruns s'hérissa devant l'affront et s'apprêtait à charger. Il avisa Elizabeth et je lui fis un rempart de mon corps. Jacob sentit le danger lui aussi car il abandonna le corps de sa femme et se dressa sur ses pieds, prêt à en découdre. Edward nous rejoignit.
-« Aro, si tu veux cette enfant, tu devras passer sur nos cadavres…
-Ca tombe bien, puisque techniquement vous êtes deux à être morts ! » Ironisa Caïus. « Ca ne fait donc qu'un clébard à tuer… ce qui promet d'être… distrayant. »
Jacob jappa avec virulence. Jane éclata d'un rire sauvage :
-« Oh, comme c'est mignon ! Les trois veufs qui protègent la petite orpheline…
-Touchant en effet ! » Railla son frère.
-« On se croirait dans les contes débiles que tu lisais il y a 4 ou 5 siècles Jane ! » Se moqua Démétri, et la petite peste lui lança un regard meurtrier. Pour ne pas changer. Aro s'avança et dit avec diplomatie :
-« Carlisle, je vois que ton clan a payé un lourd tribu en raison de notre petit différent. J'ai perdu aussi deux de mes gardes. Il en va de même pour ta meute… euh…
-Jacob. Jacob Black. » Répondit l'intéressé.
-« Oui, Jacob… Donne-nous ta fille et nous rentrerons chez nous.
-Ma fille reste avec moi ! » Tonna Jake.
Edward montra des dents et je pris Liv' dans mes bras. Elle observait le ciel, concentrée. Carlisle murmura :
-« Enlève ton armée de vampires de mes terres et rentre chez toi Aro.
-J'aime tes terres mon vieil ami. Je vais même songer à nous y installer quand tout sera terminé. Et bien sûr, l'enfant aussi m'intéresse.
-Tu n'auras jamais Liv ni la Push, vieillard décrépit ! » S'énerva Jacob.
Caïus s'approcha de son frère et ricana :
-« C'est ce que ta femme m'avait dit avant de mourir, Whitlock. Et ce que Bella aussi a dit. Désormais, elles ne sont plus que des ombres.
-Tu ne peux contrôler le monde entier Aro. » Avança prudemment Esmée.
Les deux frères ainsi que leurs gardes éclatèrent de rire. Ma mère adoptive ne se laissa pas démonter et poursuivit avec plus de conviction :
-« Il est trop vaste, même pour toi. »
Elizabeth suivait notre conversation de grandes personnes avec assiduité. Puis, avec beaucoup de candeur, elle demanda au chef des Volturi :
-« Pourquoi tu es méchant ? »
La question sembla désarçonner le vampire et Jacob eut le temps de le ceinturer. Puis, d'un air tout à fait calme, il demanda à sa fille :
-« Elizabeth, tu peux te transformer en louve s'il te plait ?
-Mais maman avait dit pas devant des inconnus. » S'étonna la gamine. Je chuchotais à son oreille
-« Tu vas voir… Fais-le… Tu as confiance en moi ?
-Oui papa.» Souffla t'elle et elle se concentra.
Elle obéit docilement et je me retrouvais avec un louveteau dans les bras.
Jacob approcha la main d'Aro de la gueule de son enfant et d'une voix très calme déclara :
-« Elizabeth, est une authentique fille de la lune… Comme Bella. Des ennemis héréditaires que sont les loups garous et les vampires. Des ennemis mortels aussi, si je ne m'abuse. Vous avez tué Bella nous tuons votre maître, je crois qu'il y a une justice. Maintenant, Liv', trésor, mords le ! »
La petite fille ouvrit grand la gueule, les Volturi frémirent, et Jane fit un pas vers nous en hurlant :
-« NON ! »
Edward ne put s'empêcher de ricaner :
-« C'est triste Jane… Tu es amoureuse d'un égoïste.
-Ca ne te regarde pas, Cullen ! » Gronda l'intéressée.
-« C'est juste pathétique.
-Et toi alors, le vampire amoureux de sa chanteuse… dont le corps pourrit dans la neige ! » S'énerva t'elle. Edward en deux bonds se trouva à ses côtés et serrait sa jolie petite gorge.
-« Tu vas payer, vipère… »
Je tentais tant bien que mal d'apaiser l'atmosphère, mais ma faiblesse mentale m'empêchait d'être véritablement efficace. Nous étions trop nombreux, tous trop stressés. C'était une véritable cocotte minute qui me donnait une migraine affreuse. Carlisle avait le visage grave. Il dit :
-« Aro, je pense que tu devrais retourner à Volterra avec ta famille. Tu n'as plus rien à craindre ici… Et je ne peux pas répondre de la conduite de mes fils ni de la meute Quileute… Nous sommes même en droit de vous exterminer maintenant. Car après tout, chez les vampires, la vengeance est légitime si je me souviens bien. »
Aro se liquéfia mais ne dit rien à sa garde. Il semblait avoir vraiment peur. Une bourrasque de vent cingla mon visage et de nouvelles odeurs picotèrent mon nez. Je plissais les yeux… Ca me disait quelque chose. L'éclipse de soleil arriva et en quelques secondes, le jour devint la nuit. Je me reconcentrais sur Aro, qui semblait de plus en plus paniqué. Pourtant, rien n'avait changé à part le jour et cette odeur si… différente… Alors qu'Edward allait abattre sur Jane un coup monumental, une voix que je ne connaissais que trop bien retentit :
-« PAIX ! »
Je me retournais, étonné. Hébété même.
Je vis sortir des fourrés deux silhouettes qui ranimèrent quelque peu mes sens.
Tout d'abord venait une femme, grande, élancée, aux cheveux miel très longs, qui dansaient souplement au milieu de son dos, retenus par un cerclage discret en aigue marine et platine. Ses prunelles entre azur et brume croisèrent mon regard et elle me sourit. Elle était encore plus belle que dans mes souvenirs. Son long bliaut ivoire et argent fendu jusqu'à mi cuisse dénudait des jambes fines, bien à l'abri dans des cuissardes en daim fourrées. Sans oublier ses précieux bijoux en orfèvrerie raffinée qui terminaient son portrait. Elle semblait ailleurs et déçue de devoir intervenir dans notre monde. Jamais elle n'avait aimé notre compagnie. Nous étions trop brutaux, trop sauvages. Un ange passait devant nos yeux et je m'étonnais encore d'être subjugué par cette divine créature. Quelques pas derrière elle, un homme qui lui ressemblait étrangement. Les mêmes yeux, le même teint diaphane, la même noblesse. Lui aussi était très grand et ses muscles saillaient sous ses vêtements, un jean basic délavé et un marcel blanc troué. Il allait pieds nus, semblait désabusé. Il avait changé de style vestimentaire mais sinon, il restait le même. L'obscure clarté de cette nuit journalière illuminait leurs corps d'une aura irréelle. On aurait dit des dieux. Il parut heureux de me voir car il m'offrit un large sourire, lui qui était toujours préoccupé. J'étais revenu un siècle et demi en arrière et les savoir tout proche et vivants me redonna un peu de force et de courage. Sa voix grave mais assurée se fit entendre :
-« Tiens tiens tiens, Aro, comme nous nous retrouvons… »
La femme s'approcha de moi et effleura de ses lèvres mes joues. J'entendis Paul demander à Jared et Seth : « C'est qui eux ? »
Les loups haussèrent les épaules, pas très avancés. La femme les avait entendus et leur envoya un clin d'œil moqueur et aussi très distant. Puis, elle revint à moi.
Son rire aussi frais d'une brise de printemps chatouilla ma peau et je m'émerveillais de sentir son corps satiné près de moi. J'en étais bouleversé, et mon cœur se souvenait de la tendre amitié que nous avions nourri l'un pour l'autre, des années auparavant.
Elle hocha la tête, comme le font les biches effarouchées, papillonna des cils et replaça une mèche de cheveux rebelle dans le cercle qui les maintenait en place. Un vrai délice pour les yeux. La revoir ne me consolait pas d'avoir perdu Alice. Personne ne pouvait combler le néant. Elle me rendait un peu moins triste. Elle sentait bon la sauge et je me souvins alors de l'attraction et de l'emprise qu'elle avait eue sur moi. Elle m'offrit ensuite un sourire radieux, innocent et pur, avant d'engager la conversation :
-« Bonjour Jasper Withlock, tu m'as cruellement manqué. »
Je baisais sa main avec déférence et répondit :
-« Bonjour Sélène. Je suis tellement… heureux de te revoir.
- Permets-moi d'en douter jeune homme. Tu ne m'as tout simplement pas donné de nouvelles depuis des siècles !
-Je pensais que tu m'aurais oublié… Ainsi que ton époux.
-Jazzy, tu as été notre compagnon pendant des années. Bougon et dépressif certes, mais notre compagnon quand même… et notre ami. Et les amis sont toujours là quand on a besoin d'eux.»
Je tombais à genoux devant elle et elle releva son visage. Ses prunelles brume sondaient mon âme comme elle l'avait fait autrefois :
-« Tu as tellement changé. Regarde-toi… Regarde l'homme que tu es devenu ! Je suis si fière de toi. J'avais raison de t'envoyer à la ville… Même si j'en ai beaucoup souffert.
-Ca n'a pas été non plus facile pour moi.
-Et te voilà désormais… tu peux côtoyer des humains, vivre avec des loups-garous, protégeant ta chanteuse. Tu en as parcouru du chemin, mon tendre ami. »
Elle regarda la petite louve dans mes bras et la caressa :
-« Bonjour petite Elizabeth, je suis ravie de te rencontrer enfin… Je suis certaine que nous serons de grandes amies. » Sélène ôta un de ses colliers et le noua autour du cou de Liv'. C'était une pierre de lune laiteuse qui soulignait le caramel de sa peau. Puis, elle s'approcha de Jacob et conversa avec lui, à côté du corps de Bella. Elle savait trouver les mots pour calmer les cœurs malheureux. Elle savait aussi écouter, réconforter...
Sa douceur était le pendant de son amour irraisonné pour la loyauté. Si elle pouvait se montrer affable, si on la roulait, sa colère pouvait être terrible.
Puis, Sélène se tourna vers son époux qui continuait de toiser les Volturi. Ces derniers étaient dans leurs petits souliers, et il y avait de quoi. Ils avaient tiré de leur retraite Galaad et Sélène, et dieu seul sait le nombre de fois où ils s'étaient manifestés parmi les nôtres. D'une voix qui ne permettait aucune réplique, il annonça :
-« Aro, Caïus et Marcus, je vous ai laissé vous bercer des illusions du pouvoir pendant de nombreux siècles et je pense ne pas avoir été trop regardant quand à la façon dont vous meniez les affaires des vampires. Cependant, en attaquant le clan de Carlisle sans aucune raison fiable…
-Si, ils avaient révélé notre existence à une humaine et… » Avança Démétri.
Le vampire lui jeta un regard glacé.
-« Ne m'interromps pas, misérable vermisseau ! Les légendes qui courent sur moi ont un fond de vérité… Je te conseille donc de ne pas jouer au plus malin avec moi et de te faire oublier… A moins que l'éternité te pèse. Dans se cas, je me ferais un plaisir de te reprendre ton immortalité personnellement. Suis-je assez clair ? »Le monstre déglutit péniblement et ne prononça plus un seul mot. Galaad se tourna vers mon frère et demanda avec beaucoup de délicatesse.
-« L'humaine, si je ne m'abuse, était ta fiancée de l'époque, Edward.
- Comment savez-vous ça ? » S'étonna mon frère. Mon ancien compagnon s'esclaffa avec bonne humeur.
-« Je suis Galaad, Edward, ça ne te suffit pas comme réponse ? »
Selene elle aussi riait sous cape et Edward se contenta d'être moins morose.
-« L'amour est vraiment irraisonnable. Mais je ne t'en blâme pas, jeune homme. Il est aussi ce qui nous fait avancer, ce qui nous rend moins monstrueux. Je suis simplement impressionné de ton courage pour l'avoir côtoyée sans l'avoir mordue ni tuée… Certains vampires méritent d'être connus, il semblerait. »
Galaad s'approcha de moi et me donna une franche accolade :
-« Jazz, vieille branche toujours affligée, ça fait plaisir de te revoir.
- J'avouerais que j'espérais te retrouver dans d'autres circonstances… » Soupirais-je en montrant le chaos ambiant. Sélène comprit mon désarroi et posa ses mains sur mes épaules. Elle murmura de sa voix cristalline :
-« Je suis désolée Jasper. Je sais que tu l'aimais beaucoup. Alice c'est ça ?
-C'était ma vie… » Soufflais-je. Elizabeth sauta de mes bras pour rejoindre son père et mon amie me câlina. Je demandais, plein d'espoir :
-« Selene, tu ne pourrais pas faire quelque chose ?
-Jasper, il y a des choses que même Galaad et moi nous ne pouvons pas accomplir. Tu le sais. Laisse la reposer en paix.»
J'avais tellement mal. Galaad quand à lui tonna aux Volturi:
-« Je vous laisse la vie sauve… Retournez vous terrer dans votre cité de Volterra et faites vous y oublier pour les siècles à venir. J'ai été clément une fois, je ne le serais pas une seconde.
-Vous ne nous faites pas peur, les Volturi et… » S'insurgea Jane. Galaad ricana quand il s'aperçut qu'elle tentait d'utiliser son pouvoir sur lui.
-« Apprends petite peste que ton pouvoir ne peut pas trouver d'emprise sur moi. Je suis plus vieux que tu ne peux l'imaginer, plus puissant aussi. Sélène et moi sommes uniques et sous notre apparence fêle nous sommes les êtres les plus dangereux ici bas. Regarde tes maîtres, ils ont au moins l'intelligence de se taire… Je vous destitue de votre rôle de « famille royale ». Maintenant, ceux qui feront régner l'ordre dans notre monde seront les Cullen. » Il se tourna vers Carlisle, mon père d'adoption et le serra dans ses bras :
-« Carlisle, tu es un homme juste et bon, je le vois dans ton cœur, tâche de ne pas me décevoir. Le pouvoir peut corrompre les êtres parfois.
-Je veillerais à ce qu'il ne trouve pas d'emprise sur moi et accepte avec honneur l'offre que tu me fais, Galaad. » S'inclina le blond.
Selene passa sa main dans mes cheveux et soupira :
-« Tu as tellement changé, Jazz. Je suis heureuse de voir qu'Alice a pu t'offrir un peu de douceur et de réconfort. Tu sembles plus serein… J'ai l'impression de te revoir comme lorsque tu n'étais qu'un humain, libre, insouciant, beau... C'est si loin tout ça désormais.
-En effet.
-Je suis désolée pour ta femme. Vraiment. Même si je me répète. Mais, même si cela te semble impossible, tu t'en remettras. Comme lorsque tu pensais à ton humaine… Ca sera moins… douloureux.
-Je sais. »
Galaad s'approcha et me dit avec douceur :
-« Il est temps d'enterrer les tiens Jasper. Nous ne restons pas.
-Comment ?
-Mon ami, te souviens tu de mon aversion pour le monde ?
-Bien entendu.
-Ca n'a fait que s'empirer avec les siècles. Je suis trop vieux, j'ai trop vu la souffrance, la douleur et la noirceur des êtres, je ne la supporte plus. Mais nous sommes toujours sur le même territoire si un jour tu veux nous rendre visite. »
Il souriait et me serra dans ses bras. Je dis alors :
-« Je vous croyais mort.
-Aro est un vil menteur et manipulateur. Je te l'avais toujours dit. » Répliqua mon ami. Sélène m'embrassa et glissa malicieuse :
-« Tu as toujours été si… sanguin. J'espère que tu seras aussi véhément pour nous défendre avec ta louve. »
Je baissais la tête, piteux. Galaad me donna une claque dans le dos :
-« Jazzy, ne fais pas le timide ! Je me souviens que tu faisais les 400 coups avec les filles quand nous t'avons connu. Tu t'étais sans doute rangé depuis Alice… Comme moi depuis Sélène.
-Tu es monogame depuis des lustres ! » Ricanais-je.
-« Mouais… Sois poli avec ton ami sénile, s'il te plait ! » Me rabroua t'il.
Sa présence me calmait un peu, me faisait un peu oublier toutes les horreurs de la journée en me catapultant de nouveau dans la période la plus insouciante de ma vie de vampire. Sélène s'excusa :
-« Galaad, je vais voir Jacob Black. Pour lui présenter nos condoléances. »
Son compagnon hocha la tête et je suivis mon amie du regard. Elle s'agenouilla à côté de Jacob, qui avait reprit Bella dans ses bras et pleurait. Elle posa sa main dans son dos et de sa voix de velours commença :
-« Jacob, je suis tellement désolée pour toi. Je sais à quel point tu étais amoureux d'elle. Bella était une chic fille…
-Vous… Vous ne… la.. connaissiez pas… » Bredouilla le loup. Je ne pouvais qu'appuyer ses dires. Galaad me dévisagea et répliqua :
-« Une longue histoire tout ça.
-Franchement ? Vous et Bella ?
-C'est Sélène qui, quand elle a senti les choses a voulu la rencontrer. Moi, je n'aurais pas levé le petit doigt, tu sais que j'aime bien compter les points des matchs des Volturi. Mais Sélène… Elle voulait savoir si elle valait la peine.
-Apparemment Bella avait remporté l'épreuve.
-Il y avait quelque chose chez elle. Toi aussi tu l'avais senti, n'est ce pas ?
-Oui. Elle fascinait tous ceux qui l'approchaient.
-Elle était prometteuse. Je suis désolé d'être arrivé en retard, mais l'odeur des loups nous a dérouté. Sinon, nous aurions pu éviter ce carnage.
-Ce qui est fait est fait. » Murmurais-je, posément, bien qu'une boule dans ma gorge se soit formée. Sélène embrassa sur la joue Jacob qui semblait apaisé puis s'en revint vers nous. Elle me prit dans ses bras et me câlina de longues minutes, caressant mes cheveux avec une infinie douceur, comme ma mère lorsque j'étais enfant et triste. Galaad s'était mis en retrait et rompit notre étreinte en se raclant la gorge. Sélène déposa ses lèvres sur mes joues et glissa dans ma main un camélia rouge.
-« Tu t'en rappelles ? » Soupirais-je troublé. Elle hocha la tête en souriant. Bien sûr qu'elle n'avait pas dû oublier. Mon cœur s'il avait battu se serait emballé face à l'image fugace, cette réminiscence du passé qui venait de passer devant mes yeux. D'une voix douce, elle dit en plongeant ses prunelles dans les miennes avec une folle effronterie :
-«Viens nous voir Jazz, avec la petite fille que tu tenais dans tes bras. J'ai hâte de pouvoir la connaitre, elle semble très intéressante !»
Puis, le couple s'effaça, entrainant dans son sillage le clan des Volturi et le soleil recommença à briller sur la terre.
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La nuit était presque tombée sur la Push désormais. Je remarquais qu'Edward et Carlisle avaient dressé un bucher pour bruler les corps d'Emmett, Rosalie et Alice. Je vins me poster à côté d'eux, pris Esmée par les épaules et mon frère me tendit une torche. Après quelques secondes de recueillement, je jetais le bout de bois enflammé et détournais le regard. Je ne voulais pas voir les flammes altérer la beauté parfaite du corps d'Alice. C'était trop dur. Je n'arrivais pas à assimiler la nouvelle. J'avais l'impression qu'à tout moment, elle sortirait d'un fourré en riant et se jetterait sur moi pour m'embrasser. Edward avait les mains jointes et m'imita. Nous nous éloignions tous les deux, vers le bord des falaises, cherchant à nous mettre au vent afin de ne pas sentir l'odeur de la chair brûlée. Les loups de leurs côtés prodiguaient à leurs morts des rites funéraires Quileutes. Jake tout d'abord cira. Il hurlait l'atroce réalité de cette vie injuste qui donne et qui reprend. Il criait ce qu'ils avaient vécu, ce qu'il auraient pu vivre encore. Il criait ce qu'elle est. Etait. Ce qu'elle aurait pu devenir. Il criait sa détresse, sa douleur et son amour. Les autres arrachaient leurs cheveux, s'étaient recouvert le visage de glaise et jetaient de la poussière dans les airs. J'aperçus Emily s'effondrer devant la tombe de Sam et de sa cousine Leah. Jacob déclara avec beaucoup de retenue :
-« Ils avaient un cœur noble. Ils croyaient en les dieux des anciens temps et sont morts pour protéger leur clan. Oh, maîtres du monde souterrain, accueillez ces âmes courageuses dans la grande prairie. Qu'ils ne connaissent plus ni le malheur, ni la peine. Prenez soin d'eux et dites leur que nous les aimons et qu'ils nous manquent. »
Puis, il s'écarta et prit le corps de Bella. Il la tenait dans ses bras et s'apprêtait à jeter son corps du haut des falaises. Je me tournais vers Edward. A mon grand étonnement, j'aperçus des sillons vermeils sur ses joues. Il cligna des yeux et une perle rouge en sortit, roula sur ses pommettes et s'écrasa sur la neige immaculée.
Edward pleurait. C'était la première fois que je voyais ça. Il pleurait !
Un vampire pleurait !
Au loin, j'entendis le loup murmurer :
-« C'est ici que tu étais venue me retrouver pour faire de la moto. C'est ici que tu t'es jetée et suite à cette folie, j'ai du te transformer. C'est ici ou tu m'as fait le bonheur de devenir ma femme. C'est donc ici que je te quitte, Isabella Marie Black. Nous nous sommes bien aimés, tu as été la lumière dans ma vie. Mon but. Tu as fait de moi un homme meilleur. Je t'aime et j'espère que là ou tu es, tu as trouvé la paix. La rédemption. Tu es morte et plus rien n'a plus de sens pour moi. J'envisage l'avenir comme une éternité de souffrances et d'ennui. Je continuerai de vivre puisque je te l'ai promis, brûlant ma vie par les deux bouts. Jusqu'à ce que j'en crève. L'humanité souffre. Et je souffre avec elle. » Un bruit de cristal crissa à mes oreilles. Il faut savoir que nous, les vampires, nous entendons les battements du cœur des humains. Or, l'un d'entre eux venait d'effectuer le même bruit que des vitres qu'on casse. Un cœur venait littéralement de se briser en mille morceaux. Je cherchais d'où provenait le son et j'aperçus Jacob Black jeter un dernier regard sur sa princesse avant de se précipiter dans les flots, la tenant toujours serrée étroitement contre son buste. Je m'approchais du rebord des falaises et vit leurs corps se dissoudre en écume. Ainsi, dans leur tombeau liquide, à l'abri du monde, ils pourraient reposer et s'aimer pour l'éternité. Edward sécha ses larmes et murmura :
-« L'imprégné ne peut pas survivre à son âme sœur. Jacob était à Bella et Bella était à Jacob. Ainsi soit-il… pour jamais. »
Les loups avaient observé le spectacle de la chute fatale de leur alpha sans froisser le moindre de leur muscles. Ils semblaient recueillis, acceptant avec fatalisme ce qui venait de se produire. Même Liv' ne bronchait pas. Elle avait compris. Ses parents l'aimaient très fort, mais ne pouvaient vivre l'un sans l'autre. C'était leur bénédiction et leur malédiction : une passion dévorante qui avait tout consumé avec son passage. Seth s'approcha de nous, tenant Elizabeth par la main. Il se posta devant moi et dit d'une voix solennelle :
-« Jasper… il faut que nous parlions.
-Je… quoi ?
-Il… Je sais que ça peut paraitre dingue mais… Jacob et Bella ne sont plus là… Et selon les traditions Quileutes… Ca va pas te plaire, et sache que ça ne me botte pas non plus, mais après tout, c'était leur choix… Donc… hummm… c'est à toi que passe le droit de tutelle. Il te faudra prendre soin d'elle, l'aider à grandir et à se construire… » Termina t'il à toute vitesse. Je regardais Liv', qui ne pleurait plus. Il me semblait qu'elle avait murit de dix années en une seule petite journée. Je devais m'occuper d'elle. M'occuper de ma chanteuse. Les clébards étaient devenus complètement barjes, ça n'était pas possible. Je ne pouvais pas… J'étais le pire danger pour elle… Et je ne voulais pas qu'il lui arrive malheur.
-« C'est une louve, elle serait mieux à la Push…
-Jasper, fais ce qu'on te dit ! » Tempéra Edward. Liv' ancra son regard magnétique dans le mien et je soupirais. J'étais faible, comme Edward avec Bella. Cette enfant me mènerait par le bout du nez.
-« Alors qu'il en soit ainsi. » Dis-je.
Carlisle et Esmée s'approchèrent. Mon père commença :
-« Le bilan de cette journée est bien lourd. Nous avons tous perdu des personnes qui comptaient pour nous. Mais parce que nous nous sommes alliés, certains sont encore en vie. Je pense qu'il est temps de ne plus nous voir en tant qu'ennemis mais d'amis. »
Il tendit sa main à Seth, qui le dévisagea quelques secondes avant de la lui serrer. Cependant, il nuança la paix :
-« Une seule condition : vous continuez à ne pas boire d'humains ! »
Carlisle lui offrit un pauvre sourire et opina du chef. Esmée se pelotonna contre le torse d'Edward afin de le réconforter quelque peu, quand à Liv', elle prit ma main dans la sienne. Je me penchais vers elle et elle me prit de court : elle m'embrassa sur la joue. Mes yeux devinrent d'encre et ma soif me fit grimacer. Elle caressa mes cheveux blonds et chuchota à mon oreille :
-« Tu es gentil Jasper. Tu ne me feras jamais de mal. Je le sais. »
Elle parlait comme Bella. Elle parlait comme Alice… Alice…
-« Je ne sais pas ce que tu as pour me faire aveuglément confiance, petite louve.
-Parce que tu m'as sauvé la vie tout à l'heure face à Aro. Merci.» Dit-elle doucement. Puis, elle m'entraina au bord des falaises et murmura de sa voix fluette en désignant l'océan:
-« Les imprégnés ne peuvent pas vivre l'un sans l'autre. C'est pour ça que mon papa et ma maman sont partis pour le grand voyage m'a dit Claire.
-Si c'est Claire qui le dit, c'est sans doute vrai. Tu n'es pas triste ?
-Je ne sais pas. Claire m'a dit que papa et maman étaient les deux parties d'un tout et que ça n'était pas ma faute. Elle m'a dit que même s'ils ne sont plus là, ils m'aimaient beaucoup. Qu'ils étaient heureux maintenant auprès de nos ancêtres et qu'ils veilleraient sur moi. Tu crois que c'est vrai ?
-Pourquoi Claire te mentirait-elle ?
-Maman m'avait dit qu'ils seraient toujours là… » M'indiqua-t'elle en montrant son crâne « et là… » Continua t'elle en désignant son cœur. « Et ça sera pareil pour Tante Alice pour toi, non ?
-C'est vrai. Alice sera toujours avec moi, parce que je l'ai beaucoup aimée.
-Alors ma maman restera aussi un peu avec Edward. » Affirma la petite avant de s'enquérir, inquiète :
-Tu penses qu'ils s'aimaient vraiment ?
-Qui ?
-Maman et papa.
-Oui. Ils étaient le soleil et la lune, deux astres antagonistes et pourtant complémentaires. Le soleil n'existe pas sans lune et la lune n'est là que parce qu'il y a le soleil. Ils avaient besoin l'un de l'autre pour exister. N'est ce pas ça, après tout, l'amour véritable ?
-Je ne sais pas. » Répondit innocemment l'enfant en me sondant du regard. Je passais ma main dans ses longs cheveux ébène.
-« Un jour tu comprendras Elizabeth. Mais saches que jamais il n'y aura sur terre d'aventure plus triste et plus belle que c'elle qui unissait ta mère à ton père… Bella à Jacob et Jacob à Bella. »
Elizabeth soupira et plongea son regard bleu nuit dans mes prunelles. Sa bonne odeur et sa beauté enfantine me consolèrent quelque peu. Je n'étais pas heureux, mais en tout cas j'étais un peu moins triste. Elle me sourit, de son sourire solaire que j'aimais tant voir illuminer mon monde. Alice avait peut être raison, après tout…
Elle était mon passé. Liv' mon présent et peut être même mon futur. Je n'en savais trop rien. Ca me semblait fou. Mais…j'avais besoin de croire qu'un jour, je pourrais recommencer à vivre. Je jetais un regard autour de moi avant de quitter les lieux.
Edward observait l'océan.
Une dernière larme roula sur sa peau crème, s'écrasa sur la neige et une petite fleur rouge en naquit.
Je pris la main de Liv' et l'entrainais loin de tout ce carnage. C'est alors que deux âmes, soeurs tragiques, s'envolèrent ensemble, l'ombre de l'une mêlée à la lumière de l'autre.
Jacob et Bella.
Bella et Jacob.
Tournant le dos aux falaises de la Push qui rougeoyaient avec le crépuscule, nous laissions là notre passé pour prendre un nouveau départ, commencer une nouvelle vie … Et, dans les prunelles parsemées d'étoiles de ma petite protégée, je lisais un avenir possible, ou tout pourrait être simple et naturel.
L'espoir revint comme une bouffée d'oxygène.
Avec elle à mes côtés, je trouverais le chemin qui mène à la rédemption
oOoOoOoOoOo
Voilà voilà voilà !
Bella est donc…morte. Jacob est… mort… tout le monde est mort… Et la rédemption… Et bah c'est celle de Jasper ! (et ça, c'était prévu DES la première ligne !)
Comme je n'ai pas d'Edward Cullen, de Jacob Black ou de Jasper Hale personnel –introuvable y'en a plus en stock- n'oubliez pas de penser au petit bouton vert qui m'indique ce que vous pensez, ce que vous ressentez !
De plus… C'est mon seul salaire ! :D
La young lucky girl sadique (TRES SADIQUE !) vous salue.
A très vite
Votre dévouée auteur qu'il ne faut SURTOUT PAS tuer sinon vous ne saurez jamais le fin mot de l'histoire !^^ Et croyez moi, vous voulez la connaitre ! Donc REPOSEZ ce pistolet !
Mille Morsures !
Eléa Telmar.
