Chapitre 37 : Jalousie
L'affaire du tueur aux anges ne pris pas beaucoup de temps à être résolue. Ce dernier fut retrouvé pendu dans une grange par le fermier à qui elle appartenait, quelques jours après la disparition de Tobias. Il avait été incapable de pratiquer les découpes nécessaires sur lui-même pour créer le même type d'ailes sanglantes dont il avait pourvu ses victimes, mais il avait trouvé une alternative intéressante. Il avait trouvé un motif d'ailes en métal et avait passé ce dernier au chalumeau avant de plaquer son dos contre celui-ci, et ensuite, il avait fait le grand saut. Un tour rapide dans le voisinage appris à Jack, Will et Myriam l'endroit exact où le tueur avait trouvé le motif idéal: sur la grille d'une petite chapelle située pas très loin de la grange. De la chair s'y trouvait encore collée et une équipe de nettoyage fut rapidement appelée sur les lieux pour éviter un choc aux fidèles. Will se retrouva donc sans enquêtes à résoudre pour un moment et il en profita pour faire quelques travaux dans la demeure d'Hannibal, comme de combler ce puis fort dangereux dans la cour.
Le couple en profita également pour rendre visite à Randall et Matthew, passant chez eux l'après-midi et la soirée. Ils partagèrent tous les quatre un excellent dîner composé en grande majorité de la chair de Tobias accompagnés de fruits et légumes de saison. Les quatre tueurs avaient trouvé un équilibre et même si Hannibal restait plus réservé que les autres, aucun d'entre eux n'était mal à l'aise en sa présence. Ils se faisaient confiance et Will songea à nouveau à l'image utilisée par Matthew. Il sourit en imaginant son compagnon en faucon qui en abritait trois plus petits sous ses ailes, tout en écoutant le récit de la première chasse du jeune couple. Il se sentit désolé pour le sans-abri qu'ils avaient tué, mais pas coupable. Bien sûr, il savait ce que faisaient ses deux amis, mais il avait définitivement renoncé à son idée de justice comme il la concevait avant son entrée à l'asile. Quand ils eurent terminé leur récit, Hannibal leur parla plus en détails de la mort de Tobias et leur présenta quelques dents qu'il avait conservées. Will songeait que le couple refuserait peut-être le présent, ne voulant collecter que des dents provenant de leurs propres victimes, mais ils acceptèrent immédiatement, ainsi que le cadeau supplémentaire du médecin. Le profiler le regarda avec curiosité lorsqu'il présenta une dent unique à ses amis :
« Elle appartient à Mason. Je l'ai prise le soir de sa mort. Je comptais vous en faire cadeau, mais je l'avais oubliée. » expliqua Hannibal.
« Il n'y a pas de mal, docteur. Nous regrettions beaucoup de ne pas avoir eu l'occasion d'en récupérer une ce soir-là. Merci beaucoup. »
Hannibal sourit et fit un petit signe de tête au couple, puis il se tourna vers Will qui souriait aussi. Ces derniers temps, il se sentait en paix, calme et serein. Il l'était toujours quelques jours plus tard lorsqu'il ouvrit la porte de sa maison à un policier qui désirait voir Hannibal dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Tobias.
« Le docteur Lecter est en consultation. Il devrait avoir terminé dans...mmh, une vingtaine de minutes je dirais. Mais entrez, vous pouvez attendre au salon si vous voulez. »
« Qui êtes-vous, monsieur ? »
« Will Graham. Je suis son colocataire, et un de ses anciens patients. »
« Et vous vivez chez lui ? »
« Oui, c'est ce que je viens de dire, je suis son colocataire. »
« Mmh mmh. Quel genre de relation entretenez-vous ? »
« C'est un ami très cher. Sans son aide, je serais probablement toujours dans une cellule à l'asile. »
« Oh oui, je me souviens de vous. Vous travaillez pour le détective Crawford, non ? »
« Depuis peu oui, Jack ne semble pas pouvoir se passer de moi. Mais comme j'étais sans emploi à la sortie de l'asile, Hannibal m'a proposé de vivre chez lui et j'avoue beaucoup m'y plaire. Sa cuisine est extraordinaire. »
Will avait d'abord appelé Hannibal par son titre de docteur, comme il le faisait avec les clients qui venaient sonner chez eux, mais il avait opté pour son prénom ensuite car ils ne cachaient pas le fait qu'ils étaient amis. Il appelait également Jack par son prénom, et il assumait pleinement apprécier vivre chez le psychiatre. Se montrer trop discret aurait pu paraître louche, mais en faire trop également. Jusqu'à présent, il dosait parfaitement avec ceux qui se montraient curieux à propos de leur situation peu habituelle. Le policier ne lui posa d'ailleurs plus de questions sur leur relation, répondant avec le sourire :
« Oh sûrement pas mieux que ma femme. C'est la meilleure cuisinière que je connaisse, elle est imbattable, surtout en pâtisserie. »
« Attendez un instant... »
Will revint avec du thé et deux belles parts de baba au rhum aux pommes accompagné de glace à la vanille maison. Dès la première bouchée, le policier fut conquis et il reconnu que le dessert du psychiatre était infiniment meilleur que ceux de sa femme. Lorsque Hannibal raccompagna son patient, le gardien de la paix resta assis, mais dès qu'il eut refermé la porte, il se présenta à lui et le félicita vivement pour sa pâtisserie « simplement extraordinaire ». Will sourit et se retira dans sa chambre pendant que l'amateur de gâteaux interrogeait son amant, mais il garda son oreille près de la porte pour entendre ce qu'ils se disaient. Les questions portaient toutes sur Tobias et Hannibal répondit comme un ami du disparu l'aurait fait : il se montra inquiet, parla des qualités de l'homme qui était un grand amateur de musique, quelqu'un de charmant, discret et poli, mais aussi un excellent chirurgien qui manquait à l'équipe. Lorsque le moustachu demanda s'il pensait que Tobias avait des ennemis, il lui répondit catégoriquement que non, et qu'il pensait que son ami avait soit eu un accident, soit qu'il était tombé sur une mauvaise personne, ce qui fit sourire Will derrière la porte. Le policier lui posa encore une ou deux questions et le remercia, repartant avec la dernière part de gâteau que le psychiatre lui avait donnée, bien à l'abri dans une boîte prévue à cet effet.
Quand il fut parti, Will retrouva Hannibal et déplora la perte de la dernière part de baba au rhum. Ce dernier regarda sa montre et lui annonça qu' ils avaient tout le temps de cuisiner car son prochain patient ne serait pas là avant plusieurs heures. Le profiler qui avait pris goût à l'activité accepta aussitôt et ils se mirent au travail. Il profita de petits instants de joie simples comme celui-ci tout au long de la semaine, mais il garda à l'esprit ce qu'ils étaient. Ils ne pouvaient pas tout prévoir, mais il voulait mettre toutes les chances de son côté s'il avait à combattre quelqu'un. Il demanda à son amant de lui apprendre à se battre, et ce dernier ne le ménagea pas. Quelques bleus n'étaient rien en comparaison de ce qu'il avait déjà enduré, et il ne se plaignit pas une seule fois, mais lorsqu'il fut coupé à la main alors qu'ils s'entraînaient à manier le sabre japonais, il fut incapable de continuer à tenir son arme. Hannibal le soigna immédiatement, lui bandant la main après avoir appliqué une crème cicatrisante et vérifié que la coupure n'était pas trop profonde.
« Tu avais dit...que tu me montrerais comment résister à la douleur. » lui rappela l'empathe.
« Tu veux faire ça maintenant ? »
« Pourquoi pas ? Il est tard c'est vrai, mais au moins on ne risquera pas d'être dérangés.»
« Attends-moi dans la chambre. »
Will hocha la tête et monta à l'étage, puis il patienta quelques instants le temps que son amant revienne avec deux objets pour le moins étranges. Il lui remit le premier, une boîte en bois avec des parois de verre contenant un labyrinthe sur plusieurs niveaux. Chaque niveau était amovible et pouvait faire un tour complet sur lui-même en étant manipulé de l'extérieur, afin que la bille introduite par le dessus puisse descendre un à un tous les niveaux et ressortir par le bas. Hannibal l'observa manipuler l'objet avec attention et lui sourit lorsqu'il fit ressortir la bille après environ sept minutes.
« C'est un temps excellent. »
«Bien, mais en quoi est-ce que ça va m'aider à gérer la douleur ? »
« Ceci ? En rien. C'est simplement que ça nécessite de la réflexion, et qu'il est difficile de réfléchir lorsque l'on souffre. Si tu parviens à te concentrer malgré la douleur et à faire un temps semblable, c'est que tu te maîtriseras suffisamment. »
« Et pour ce qui est de...me faire souffrir ? »
Hannibal lui présenta le second objet qui ressemblait à un très long crayon en métal qui se branchait sur une simple prise.
« Ceci produit des décharges électriques douloureuses mais ne présente aucun danger. Aucun risque de brûlures, à moins de volontairement prolonger la décharge. Tend la main. »
Avec un soupir, le plus jeune tueur obéit et tendit sa main, paume vers le haut. Le médecin y déposa l'embout métallique et pressa le doigt sur la commande, un très court instant de sorte que la décharge ne dura qu'une seconde.
« Aïe ! »
« Enlève le haut, nous commençons. »
Will n'était ni contraint ni forcé, ce qui faisait toute la différence avec l'épisode où Mason l'avait torturé d'une façon assez semblable, mais ça le lui rappela malgré tout et il fit la moue.
« A moins que tu ne le veuilles pas ? » demanda le médecin.
« Je n'ai pas changé d'avis. »
Il se dénuda en partie puis s'empara du casse-tête, commençant à tenter le résoudre alors qu'Hannibal lui envoyait une première décharge au niveau de l'épaule. Il serra les dents par fierté cette fois et resta concentré, mais il gémit à partir de la quatrième. Après la cinquième, le médecin délaissa son bras pour son dos et commença par la nuque, le faisant gémir de douleur. Il s'était écoulé une dizaine de minutes et l'empathe n'avait fait passer que le premier étage à la bille. Lorsqu'il parvint à la moitié du casse-tête, il le posa sur le lit.
« Stop. J'ai...besoin de faire une pause. »
« Très bien. »
Le lituanien assit à ses côtés le fit s'allonger et le massa doucement pour le détendre.
« Je n'ai même pas pu terminer. Tu dois me trouver...faible. »
« Bien sûr que non. Tu n'es pas habitué à gérer la douleur, ton endurance est parfaitement normale. »
« Tu disais que j'étais sensible. »
« Sensible oui, pas faible. La plupart des personnes soumises à la même épreuve auraient tenu moins longtemps que toi. Et ils n'auraient pas fait parcourir à la bille le quart du parcours.»
« Je veux recommencer. »
« On pourrait essayer sans le casse-tête à résoudre. Fixe quelque chose, essaie de ne pas te crisper et respire profondément. N'essaie pas non plus d'être silencieux. On va commencer par cinq contacts, d'accord ? »
« Mmh mmh. »
Le médecin compta de façon à ce que son amant puisse se préparer et termina l'exercice par une série de baisers le long de sa colonne vertébrale.
« Ça va ? »
« Oui. C'était plus facile à supporter que précédemment. Encore. »
« De longues séances ne seront pas forcément plus productives. A chaque jour sa peine. »
« C'est le cas de le dire...Tu t'es entraîné ? Tu as résisté bien mieux que moi lorsque Matthew nous a transpercé les mains. »
« Oui. Et j'ai traversé certaines épreuves qui ont accru ma résistance. Voudrais-tu inverser les rôles ?» demanda le psychiatre en se dénudant.
« Et bien, tu n'as pas besoin de plus d'entraînement je pense, mais je suis curieux de voir comment tu t'en sors avec le casse-tête et la difficulté supplémentaire qu'engendre la douleur. »
Will attrapa l'objet en question et fit descendre les étages restants à la bille pour la replacer au début, puis il le tendit à Hannibal qui le pris et le posa sur sa poitrine. L'empathe lui envoya une petite décharge au niveau du bras qui ne le fit même pas cligner des yeux, et il vérifia que l'objet fonctionnait toujours sur sa propre main, ce qui était le cas. Hannibal lui sourit puis lui demanda de commencer, ce qu'il fit en touchant une zone nettement plus sensible, sa gorge. Une légère crispation de sa mâchoire lui appris qu'il souffrait même s'il se contrôlait parfaitement et qu'il avait déjà fait passer le premier étage à la bille. Will descendit ensuite sur son torse et surprit à avoir envie d'essayer de lui envoyer des décharges à des endroits où ce serait vraiment douloureux. Il céda à ce désir en appliquant la pointe de l'objet métallique au niveau de ses côtés, obtenant un gémissement étouffé.
« Je pensais qu'il ne fallait pas se retenir de vocaliser ? »
« Serrer les dents est aussi une façon de faire. »
« Mmh mmh. »
Le profiler poursuivit en revenant vers le torse, jetant un coup d'œil à son amant en approchant le stylo électrique de ses tétons. Ce dernier resta stoïque et ferma les yeux un bref instant, sa mâchoire se crispant à nouveau sous la douleur lors du choc électrique puis il reprit le casse-tête comme si de rien n'était et le termina.
« Trois minutes, c'est impressionnant. » souffla Will.
« Tu peux continuer même si j'ai sorti la bille du labyrinthe. »
Will fronça les sourcils mais poursuivit, choisissant des endroits sensibles comme les côtes, les mains et les chevilles, puis il passa la pointe le long du corps de son amant du sternum jusqu'à son sexe, lui jetant un nouveau petit regard en coin. Le cannibale lui lança un vague regard de reproche mais n'avait pas l'air inquiet le moins du monde alors qu'il déplaçait l'extrémité du stylo entre ses jambes. Will envoya finalement une nouvelle décharge sur l'intérieur de sa cuisse, lui arrachant un petit sifflement de douleur.
« Tu aimes ça. » lui fit remarquer Hannibal.
« Te faire souffrir ? Non. »
Le tueur en série aux cheveux presque blonds haussa les sourcils et dirigea son regard vers sexe à demi érigé.
« C'est à cause du contexte. Nous sommes au lit, tu es nu et...tu es capable de l'endurer. Ce qui est excitant c'est...parvenir à te faire perdre le contrôle, ne serait-ce qu'un peu. T'entendre gémir...Et te voir détendu malgré tout, parce que tu as confiance en moi. Ça c'est excitant, pas l'idée de te faire vraiment mal. »
Hannibal lui sourit et répondit, sa main remontant le long de sa cuisse :
« Je sais...Je parlais bien de m'infliger de la douleur dans ce genre de contexte. »
« Mmmhhh. » soupira Will, alors que la main du médecin se resserrait autour de son sexe après quelques caresses, puis il ajouta : « Tu veux jouer...à ce jeu-là ? »
« Pourquoi pas ? »
« Très bien...je vais penser à un nombre de 1 à 5. Si tu trouves, tu auras une récompense...si tu te trompes... »
« Ça me convient. » affirma le médecin, puis il demanda : « Tu as le nombre en tête ? »
« Oui. »
« Cinq. »
Will attira le médecin contre lui et l'embrassa langoureusement, frottant avec sensualité son corps contre le sien, puis il s'arrêta.
« Deux. »
L'empathe secoua négativement la tête et le retourna sur le lit pour avoir accès à son dos. Avec la pointe de l' instrument en métal, il dessina un trois dans le bas de ses reins avant de lui envoyer une petite décharge qui le fit frémir.
« Un. »
« Mauvaise réponse. »
Il lui caressa tout de même les flancs et couvrit sa nuque et les côtés de sa gorge de baisers avant de jouer à nouveau avec l'électricité, touchant son épaule, une zone moins sensible.
« Quatre. »
Will reprit les baisers dans son dos cette fois, le faisant ensuite se tenir à quatre pattes pour pouvoir caresser le dessous de son corps, bien qu'il évita sciemment les zones trop érogènes, les frôlant uniquement.
« Trois. » souffla-t-il, alors que les lèvres de son compagnon abandonnaient son corps.
« Mmmh, tu es chanceux... »
Le profiler lui écarta doucement les cuisses et mordilla l'une de ses fesses, joueur, avant de prendre délicatement ses testicules en bouche, obtenant immédiatement un léger « mmh » appréciateur. Il les relâcha pour les masser légèrement avant de les caresser avec la langue en insistant un peu entre elles. La respiration du trentenaire devint rapidement hachée, et lorsque Will cessa ses petites attentions, il se retourna, le dos à présent contre le matelas.
« Dis-moi un nombre... » l'encouragea Will.
« Un, trois, cinq ! » répondit le médecin, impatient, mais il récolta trois décharges au niveau des cuisses, le faisant grimacer de douleur.
« Essaie encore... »
Plutôt que de tenter une nouvelle fois sa chance, il écarta encore un peu les jambes et regarda l'empathe dans les yeux. Celui-ci reposa aussitôt l'objet métallique et l'embrassa sur le ventre, puis il frôla de ses lèvres la peau sensible de ses cuisses, l'embrassant, le léchant et le mordillant ici et là. Après avoir choyé les zones douloureuses, il pressa sa langue à la base du pénis de son amant et remonta vers son extrémité, l'enveloppant de la chaleur douce et humide de sa bouche. Alors qu'il entamait le classique mouvement montant et descendant, il sentit la main d'Hannibal s'attarder sur sa joue puis sur sa nuque. Celle-ci resta caressante jusqu'à ce que le désir du médecin se fasse plus pressant, puis appuya plus durement pour lui faire accélérer le mouvement. Will suivit ses indications, poursuivant la fellation avec enthousiasme et se réjouissant à chaque soupir lascif qu'il poussait. Afin d'augmenter les sensations, il pressa un doigt sur la zone située entre ses testicules et son anus, stimulant la prostate de l'extérieur, mais s'arrêta avant qu'il n'atteigne l'orgasme.
« Will... »
« Non. » le contraria celui-ci, même si entendre son prénom l'excitait particulièrement quand Hannibal avait la voix enrouée de désir.
Le psychiatre fronça les sourcils et tenta de se redresser, mais Will ne le laissa pas faire, le retournant à nouveau pour qu'il se retrouve sur le ventre. Surpris, le psychiatre s'était laissé manipuler mais il ne resta pas docile longtemps et tenta de reprendre sa position première. Le profiler lui infligea une petite décharge au niveau du bas des reins pour l'en empêcher, obtenant cette fois un « William ! » irrité comme réaction. Il rit et poussa sur sa nuque pour lui maintenir la joue contre l'oreiller, le visage tourné afin qu'il puisse respirer aisément.
« Ne bouge pas. » ordonna-t-il, se plaçant dans son champ de vision pour lui adresser un sourire moqueur, souhaitant au contraire qu'il le combatte, ce qu'il fit. La lutte n'était qu'un jeu et ils veillaient à ne pas se laisser emporter par celui-ci, mais ils n'étaient certainement pas doux non plus. Will prit le dessus, pesant de tout son poids sur le dos de son amant et s'agrippant fermement à lui, ses ongles s'enfonçant dans sa peau, de même que ses dents lorsqu'il se démenait trop.
« Tu as gagné...S'il-te-plaît, Will... »
« Mmmh oui... Que veux-tu ? »
« Ta main... »
Ne cherchant plus à prolonger le jeu, Will commença à le masturber tout en collant son érection contre ses fesses, se frottant contre lui sans songer à le pénétrer. Ils étaient tous les deux déjà trop excités pour avoir envie de prolonger les préliminaires, et jouir contre lui était une idée qui lui plaisait. Il sourit en entendant Hannibal gémir nettement alors que sa main s'activait sur son pénis, le sentant tout proche de l'orgasme, et il lui souffla quelques mots tendres à l'oreille. Le trentenaire se cambra quelques instants plus tard et poussa un « ahhh » bas grave qui le fit frissonner alors que son sperme chaud s'échappait entre ses doigts. Il continua ses mouvements de poignet encore un petit instant pour prolonger son plaisir puis lui agrippa les hanches, frottant plus vigoureusement son sexe entre ses fesses. Hannibal remuait souplement pour accompagner le mouvement, ce qui rendait les choses encore plus excitantes et il sentit son plaisir monter rapidement. Lorsque l'orgasme fut tout proche, il se masturba et éjacula abondamment sur lui, passant les doigts dans sa propre semence et l'étalant légèrement au niveau du creux de ses reins.
« Mmmh...ahh...Hanni... »
« Laisse-moi te voir. »
Will recula légèrement et observa le médecin s'essuyer très sommairement, puis ce dernier lui fit face et l'attira contre lui. Allongé sur son torse, Willse sentait extrêmement bien, et il écouta leurs cœurs battre sur un rythme encore rapide alors que le lituanien lui caressait les lèvres de son pouce.
« Magnifique. » souffla ce dernier.
Le profiler sourit paresseusement et déposa quelques baisers sur sa poitrine avant de laisser reposer sa tête contre celle-ci. Il soupira d'aise puis somnola, paisible.
Le mois qui suivit fut relativement calme, il arrêta deux petits criminels qui n'étaient pas des tueurs avec l'aide de Myriam et la popularité de Jack et de sa petite équipe augmenta. En parallèle du travail, il continua à apprendre à se battre et poursuivit les exercices de résistance à la douleur, toujours soigneusement encadrés par son médecin favori. Il ne faisait pas un temps exceptionnel, mais il était maintenant capable de garder la tête froide et de continuer à réfléchir posément, ou à agir si nécessaire, même s'il souffrait. Il aurait dû détester cet apprentissage pour son côté pénible, mais il était souvent prétexte à des jeux érotiques et Hannibal le cajolait ensuite. Les massages du psychiatre étaient tout simplement divins, et Will aurait été prêt à supporter bien des choses pour ressentir la joie toute simple de sentir ses mains fortes et habiles sur son corps.
Comme cela avait été prévu, dès qu'il en eut l'occasion Hannibal invita Molly et Walter pour les remercier pour s'être occupés des chiens de Will en l'absence de ce dernier, mais la jeune veuve déclina poliment. Hannibal lui en demanda les raisons et elle lui expliqua ne pas vouloir déranger, surtout depuis qu'il était en couple avec « cette jolie infirmière ». Bien sûr, le psychiatre lui assura qu'elle ne dérangeait absolument pas, mais elle ne voulut rien entendre et il n'insista pas. Il lui apporta néanmoins un repas pour elle et son fils le jour suivant, et elle apprécia le geste. Will n'aurait jamais dû la croiser, mais un jour où il était en congé et jouait avec ses chiens dans le jardin, il la vit le regarder par-dessus le muret.
« Bonjour, madame Hooper. »
Il n'avait eu aucun mal à la reconnaître, l'ayant déjà vu sur la photo de ses chiens qu'Hannibal lui avait fait parvenir en prison par le biais d'Alana.
« Bonjour, heu..monsieur Graham. »
« Will. »
« Will. Vous pouvez m'appeler Molly. Et je tiens à préciser que je ne regardais pas par-dessus le muret par curiosité, mmh. » lui dit-elle, souriante.
« Alors, pourquoi regardiez-vous ? »
« Parce que vos chiens me manquent. Je m'occupe d'autres chiens dans un refuge mais ils sont tous très différents. »
« C'est vrai, ils ont chacun leur caractère... Mmh, je vais vous ouvrir. »
« Oh non je ne veux pas... »
« Déranger ? Vous ne dérangez pas. Ils sont ravis de vous voir. » dit Will en essayant de calmer les chiens qui grattaient contre la grille, les retenant le temps que la jolie blonde entre dans le jardin. Ils discutèrent un long moment tout en jouant avec eux, et Will nota que son caniche en particulier semblait attaché à elle. Ils continuèrent à se voir de temps à autre, toujours dans le jardin et il remarqua que les visites se rapprochaient, et la façon dont Molly le regardait. Il se sentit flatté, mais pas seulement. Il ne pouvait nier qu'elle l'attirait, et qu'elle avait de nombreuses qualités : elle était franche, débrouillarde, spontanée et honnête. Elle aimait les chiens et la pêche, et il appréciait son fils, Walter, qui était un enfant facile à vivre et doux avec les animaux. Cependant, il ne laissait pas espérer quoi que ce soit à la veuve, faisant mine de ne rien remarquer quand elle se montrait un brin charmeuse avec lui.
Hannibal, de son côté, avait remarqué qu'ils se voyaient souvent, mais n'avait pas pu les observer beaucoup, cela aurait semblé étrange. Will savait que le médecin avait confiance en lui, mais ces derniers jours, il le trouvait toutefois un peu distant et facilement irritable. Et un soir, il lui tourna carrément le dos sans lui souhaiter bonne nuit. L'empathe se colla aussitôt contre lui et caressa son flanc, entamant la discussion :
« Quelque chose te contrarie...Est-ce que c'est le fait que je passe du temps avec Molly ? »
« Si tu connais la réponse, pourquoi poses-tu la question ? »
« Regarde-moi... »
Le psychiatre se tourna de mauvaise grâce et l'observa, le regard glacial.
« Elle te plaît. »
« Oui. Elle a de nombreuses qualités et je les apprécie, elle et son fils. Elle n'est pas vraiment belle, plutôt jolie, mais c'est le genre de femmes qui m'attire. Mais rien de tout ça n'a d'importance, et ce n'est pas vraiment ce qui te contrarie... »
« Continue. »
« Tu redoutes que je sois tenté non par cette femme, mais par ce qu'elle représente. Une vie plus simple, sans secrets et sans toutes ces questions liées à nos...activités particulières. »
« N'est-ce pas le cas ? Cette vie ne te fait-elle pas envie ? »
« Ce serait une belle vie...Mais rien qui soit préférable à ce que je vis avec toi. Oui, nous devrons toujours nous cacher. Oui, nous finirons peut-être par être arrêtés...ou pire. Mais tu me l'as dit plus d'une fois, que serait la vie sans risques ? Nous sommes liés, et notre lien est plus fort que tout ce que je pourrais jamais construire avec qui que ce soit d'autre. »
Le psychiatre hocha doucement la tête et enlaça Will, lui répondant honnêtement :
« Je redoutais un peu que tu sois tenté tout court. Tu avais des partenaires féminins avant moi, cela pourrait te manquer. »
« Je ne dis pas que je n'y pense jamais, mais ce sont juste des pensées et concrètement, je ne ressens aucun manque. Je pourrais difficilement être davantage...comblé qu'avec toi. »
Les amants tueurs échangèrent un long regard chargé d'émotion et de désir, puis ils firent l'amour et passèrent la nuit étroitement enlacés.
