Victime : Carlisle
Demandeur : Daphné
Auteur : Clouded
Une journée de plus, la dernière… La moiteur me collait à la peau. Quelques brises d'air chaud passaient par les nacos pour venir mourir dans la chambre. Il était plus que temps de faire ma valise mais j'avais à peine la force de me peu de musique pour me donner du courage ! Je sélectionnai une playliste au hasard sur mon ordinateur. Les riffes des guitares électriques de Muse résonnèrent dans la pièce, rien de tel pour me donner la pêche. Je m'activai dans la chambre, rassemblant mes affaires. Les vêtements s'amoncelèrent rapidement, je n'avais pas beaucoup de choses à ranger. La salle de bain, ma trousse de maquillage, mon sèche-cheveux, le gel douche que je laisse tomber et qui rebondit sur le sol carrelé…Les premières notes de cette chanson… Comment avais-je pu oublier… Il était trop tard pour la couper…La voix qui se brise en même temps que ma gorge qui se serre… Mes mains sur le lavabo…Mon visage ruisselant de larmes dans le miroir…***Les hélices tournoyaient dans un bruit assourdissant. Mes cheveux virevoltaient autour de mon visage. Je descendis de l'appareil pour accueillir notre passager du jour. Pas la peine de se présenter, il n'entendrait rien de toute façon. Je lui adressai un sourire amical et l'accompagnai à bord de notre coquille de noix. Le décollage se fit presque aussitôt. Il avait l'air tendu, c'est normal, un voyage en hélicoptère c'est toujours impressionnant.- Ne vous inquiétez pas, nous n'avons jamais perdu quelqu'un jusqu'à présent, hurlai-je avec un petit clin d'œilLe pauvre, il a vraiment l'air stressé… Ca ira mieux une fois au paysage était spectaculaire. J'ai beau être ici depuis un an mais la vue des cirques me laissait toujours stupéfaite. La nature reprenait tous ses droits ici. Le cirque de Mafate était notre lieu d'atterrissage, un endroit inaccessible aux voitures. J'étais donc chargée d'accompagner un médecin qui faisait le tour des habitations clairsemées. La mission d'aujourd'hui était un peu différente puisque c'est le médecin qui avait demandé ce voyage, pour une patiente qu'il devait surveiller sur place et qui avait refusé de se faire hospitaliser. J'avais remplacé mon collègue à la dernière minute. J'étais inquiète face à ce temps nuageux. Les pluies pouvaient être impressionnantes en hauteur…La dépression qui était au large de l'île nous condamnait encore pour une bonne semaine minimum à ce temps maussade. Je jetais un coup d'œil du côté de notre passager. Il était incroyablement beau, il devait faire des ravages…Et il était aussi étonnamment pâle pour notre climat…Bon, le pilote amorçait la descente, nous serions libérés dans quelques secondes.- Je reviens vous prendre dans une semaine.- Ok ! J'ai la radio si besoin ! A la semaine prochaine.J'agitais le bras en le regardant s'éloigner.- On s'entend un peu plus à présent. Bonjour, je suis Daphné, je vais être votre guide pendant cette lui tendis une main qu'il mit quelques secondes à accepter. Il avait l'air mal à l'aise.- Enchanté, Dr Cullen…enfin Carlisle…Sa main était très douce mais aussi très froide. L'exact reflet de ce qu'il dégageait : une incroyable douceur cachée derrière un masque…- J'imagine que vous pensiez voir Olivier mais sa femme est train d'accoucher donc je l'ai remplacé au pied levé…- D'accord…Effectivement, il avait l'air contrarié.Encore un macho qui a peur de se laisser guider par une femme !- Ne vous en faites pas, je connais très bien le coin et je sais exactement où nous me fit un petit sourire pincé.La maison que nous allions rejoindre était en effet à proximité. Il s'agissait d'une magnifique demeure coloniale, toute blanche. Plusieurs flamboyants en fleur ajoutaient des touches rougeoyantes dans ce paysage si vert, assombri par la pluie fine et gouvernante nous accueillit avec un large sourire. La propriétaire des lieux était sur la terrasse. Elle avait l'air très âgée, probablement aveugle mais elle sourit en entendant la voix du docteur.- Carlisle mon vieil ami… Je vous remercie d'être venue…- Je vous en prie Marilène, vous savez bien que je ne peux rien vous refuser…- Quel dommage que mes yeux m'aient abandonnée, j'aurai aimé revoir votre si beau visage, ajouta-t-elle avec un clin d'œil Vous n'êtes pas seul ?... Votre charmante épouse Esmée vous a accompagné ?- Non, non… Elle a été retenue…- Enchantée Madame, je suis Daphné, le guide qui accompagne le docteur…- Bonjour Daphné, appelez-moi Marilène à votre tour, les choses sont tellement plus simples à mon âge !Ainsi donc, il y avait une Mme Cullen… pas étonnant avec un si bel homme…Je m'éloignais discrètement pour les laisser discuter en fis le tour de la propriété. L'ensemble n'était pas délimité, inutile dans cet endroit où la nature dicte ses règles. Quelques sentiers avaient été tracés par des allers et retours fré gouvernante me montra ma chambre à l'étage. Une magnifique pièce immense avec une très belle terrasse qui faisait le tour de l'étage. Un très grand lit en teck cerclé d'une moustiquaire trônait au centre. Des stores en bois striaient la lumière pour créer une atmosphère sereine et soir, nous prenions notre dîner dans les chambres. La gouvernante repartait chez elle et Marilène était trop fatiguée pour nous rejoindre. Le midi, je mangeais avec la gouvernante ou seule sur la terrasse. Je ne croisais que rarement le docteur. Je l'entendais regagner sa chambre à côté de la mienne le soir. D'après ce que j'avais appris, Marilène et lui se connaissait depuis des années. Elle l'avait vu faire ses premières armes et même s'il avait déménagé depuis plusieurs années, elle s'était naturellement tournée vers lui pour ses dernières maladie progressait rapidement, et je ne voyais jamais le docteur qui était occupé à soulager la pauvre femme et à visiter quelques patients dans le voisinage proche. Plusieurs personnes défilèrent aussi dans la maison de Marilène, profitant de sa pré soir alors que je prenais l'air sur la terrasse qui jouxtait nos chambres, je l'avais vu pensif. Il m'avait regardé fixement et sans un mot était rentré dans sa chambre. Il se murait dans un silence étrange et je me demandais pourquoi il était si distant à mon égard. Il était prévenant avec tout le monde et terriblement indifférent avec moi. Au fond de moi j'étais à la fois vexée et blessée de ce le croisais à nouveau le soir suivant au même endroit mais cette fois-ci j'entamais la conversation.- Comment va-t-elle ?- Son état se dégrade, lentement mais sûrement… Je…me sens tellement impuissant…C'était la première fois que je le voyais exprimer ses sentiments, et surtout son désarroi. Il avait toujours l'air de tout maîtriser mais cette fois-ci cela échappait à son contrôle.- Je suis sûre que vous faites votre maximum. C'est parce qu'elle sait que vous êtes le meilleur qu'elle a fait appel à me jeta un regard douloureux.- Justement, je ne suis plus sûr de rien… Suis-je vraiment aussi bon que les gens l'imaginent…Il se détourna pour fuir vers sa chambre, encore une ée à la balustrade, je restais pensive. Je n'étais pas certaine qu'il parlait uniquement de sa patiente, à priori quelque chose ne tournait pas rond dans sa temps se dégradait progressivement. La tempête au large des côtes avait gagné en puissance et les niveaux d'alerte commençaient à se préciser. Etant donné l'état de Marilène, je savais qu'il n'était pas possible de la laisser seule. Après avis du pilote, je réussis à négocier quelques jours de plus. La gouvernante avait décidé de s'installer dans la même maison que nous. Il s'agissait de la plus solide bâtisse du secteur et c'était devenu une tradition de s'y réfugier quand le temps se gâtait. Les couloirs résonnaient donc des rires des enfants, et de leurs courses effréné revenant d'une petite excursion dans les alentours, je compris qu'il s'était passé quelques choses. Alors que la maison s'était emplie de vie, celle de Marilène s'était éteinte, emportée doucement dans son sommeil.- Où est le docteur ?Aimée m'indiqua le route qui menait à la cascade. Il était assis, pensif face à cette pure merveille de la nature. Il irradiait littéralement dans ce décor. Il était un peu plus beau à chaque fois que je le voyais…J'avançais une main vers son épaule, il avait l'air tellement désemparé, perdu…- Je suis navrée…Il se retourna brusquement vers moi, ses yeux brûlants me troublèrent. Il fondit sur mes lèvres et m'embrassa passionnément. Sa bouche enfin contre la mienne. Je frissonnais au contact de ses lèvres glacées si douces. Sa langue me caressa lentement pour finalement envoûter la mienne, ondulant au rythme qui lui était suggéré. Lorsqu'il me relâcha enfin, j'étais haletante, non pas que j'avais eu envie que cela se termine, bien au contraire.- Je n'aurai pas dû…- Ne t'excuse pas, nous étions deux à nous embrasser. Je suis aussi fautive que me fixait intensément mais maintenait une distance entre nous.- Je suis attiré par toi depuis le premier jour où je t'ai vu…J'étais sous le choc de cette révélation.- Je… Pourquoi être aussi distant alors ?…- Parce que je ne veux pas me laisser tenter par ce que je ne peux avoir…Sans un mot, il se dirigea vers la maison pour accompagner le cortège funé restais là, pensive face à la nuits étaient brûlantes et désespérément froides. Mes rêves me laissaient pantelante et cruellement seule. Je n'avais jamais convoité l'homme d'une autre mais je ne me contrôlais plus face à lui. Depuis ce baiser, c'était comme si j'avais goûté au fruit défendu… Je voulais y croquer encore…Nous nous évitions soigneusement mais le cyclone était à présent sur l'île et il était impossible de repartir avant le lendemain, si toutefois les vents se étions tous réunis dans la salle principale. Par temps cyclonique, la tradition voulait que l'on se raconte des histoires, à la lueur des bougies, en attendant que cela se passe. Les enfants frissonnaient à l'écoute des contes effrayants que leur relataient les adultes. La voix chaude de Carlisle résonnait dans la pièce, faisant hurler de plaisir les bambins fasciné vent et la pluie se heurtaient aux fenêtres par rafale. La nature impétueuse nous rappelait à chaque seconde qu'elle reprenait le contrôle, faisant ployer sous sur son passage les arbres les plus robustes. J'étais complètement perdue, troublée par ce que je ressentais et tiraillée par la raison qui me criait de rester loin de cet savais qu'il n'avait rien à m'offrir mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer, d'en vouloir plus… Nos deux corps vibraient l'un pour l'autre, ce baiser avait été comme une étincelle, allumant un brasier que je n'arrivais pas à éteindre.J'avais envie de lui, à tel point que j'en avais mal. J'étais comme enivrée par sa présence, ressentant la nécessité physique de le toucher. Je croisais ses yeux dans la lueur des bougies. Il me regardait fixement. N'y tenant plus, je me levai d'un bond pour aller m'isoler. L'œil du cyclone était en train de passer au-dessus de nous. La nature si déchaînée l'instant d'avant s'était tue. Le calme avant la reprise du tourbillon. La lumière avait pris une teinte rosée complètement irréelle. J'ouvris la porte et un voile de chaleur m'enveloppa immédiatement. Plus aucun bruit. Le silence en devenait presque assourdissant. J'avais du mal à respirer, cherchant mon souffle dans cet air brûlant. Je sentais son regard sur ma nuque, il m'avait suivie. Il m'observait depuis l'embrasure de la porte. Je savais que si je me retournais j'étais devais reprendre le dessus, je devais…Des images défilaient sous mes yeux… Son corps contre le mien, ses lèvres me caressant doucement…La tentation était trop forte, peu importe les conséquences, c'était lui que je voulais, ici et , comme au ralenti, je me suis retournée pour lui faire face. Mon cœur résonnait dans l'ensemble de mon corps, bourdonnant dans mes oreilles. Nous étions face à face, dans un instant suspendu.A cause du peu de lumière à cet endroit, je ne pouvais distinguer ses traits, mais je devinais ses pupilles dorées. Je m'approchais dans une lenteur calculée. Je voulais qu'il me désire autant que je le désirais. Je m'avançais pas à pas, pénétrant doucement dans l'ombre fraîche de la maison. Satisfaite, je remarquais que ses yeux étaient assombris par le désir. Sans un mot, je lui pris la main et montais les escaliers. Il entra dans ma chambre et dos à ma porte refermée je le regardais à nouveau. Il était tellement beau. Ses cheveux blonds auréolaient son visage si parfait. Sa bouche, ses lèvres, son torse… Je le dévorais des yeux sans le toucher. Il se tendit sous cet examen particulièrement sensuel. Je ne ferais pas le premier pas, c'est lui qui viendrait à moi. N'y tenant plus, il se rapprocha enfin, collant son corps au mien. Je gémis d'un plaisir trop longtemps contenu.- Tu sais que je ne peux rien t'offrir de souffle frais dans ma nuque…ses lèvres sur mon cou…Je pris son visage entre mes mains.- La seule chose dont j'ai besoin pour le moment, c'est toi ici avec moi… On ne parle pas de demain, il n'y a que maintenant qui compte.J'attrapais passionnément ses lèvres. Je voulais vivre ce moment de la façon la plus intense possible. Il répondit avec autant de fougue à mon baiser. Ses mains glissaient sur mon corps. Je remontais ma jambe le long de la sienne, le serrant au plus près de moi. Il remonta mon t-shirt le faisant passer par-dessus ma tête. J'étais brûlante sous lui, absorbant toute cette fraîcheur que son corps dégageait. Je défis sa chemise, je le voulais nu. Ce torse sculpté dans le marbre se serra puissamment contre moi, irradiant ma poitrine. Je pouvais sentir son désir grandir et je le voulais encore plus près. Il me souleva et je l'encerclais avec mes deux jambes. Ses mains sur mes fesses faisaient des va et vient le long de mon dos, et sur ma jupe, me rendant ivre de désir. Notre étreinte était passionnée, portée par la rage du désespoir. J'étais collée contre lui, je m'abreuvais à ses lèvres comme si ma vie en dépendait. Dans un tournoiement vif, il me transporta sur le lit. J'étais perdue contre son corps, mes mains dans ses cheveux si doux. Il était au-dessus de moi, ses pupilles dorées me fixaient une dernière fois.- Carlisle, s'il te plaît…murmurai-je d'une voix rauqueJe fus débarrassée du reste de mes vêtements en une seconde. Je me redressais le temps de le voir ôter les siens. Son dos si lisse, ses fesses étaient dures et fermes, est-ce qu'une partie de son corps n'était pas parfaite ?Il revint vers moi en un éclair, son corps épousait parfaitement le mien.J'étais tendue par l'attente, j'étais prête à le recevoir. Je voulais qu'il vienne en moi, que nous nous fondions dans un même cri de plaisir. J'enroulais à nouveau mes jambes autour de ses cuisses, l'invitant au plus profond de mon être. Il entra tout en douceur, dans une lenteur qui était une délicieuse torture. Ses gestes se firent plus puissants, dans un va et vient hypnotique. Je basculais avec lui dans une jouissance cyclone continuait son avancée sur l'île et les rafales de vent avaient repris leur dangereux ballet. Nous fîmes plusieurs fois l'amour cette nuit-là, tantôt doux tantôt passionnés, nous avions soif de nous découvrir, comme si nous cherchions à graver chaque parcelle de peau dans notre mémoire. Il était là auprès de moi, il m'appartenait pour cette nuit au moins…Je luttais contre le sommeil mais je finis par succomber. Blottie au creux de son épaule, je savais qu'à mon réveil plus rien ne serait pareil. Je refusais de penser au lendemain. Et pourtant, il fallait bien… Dehors les vents étaient totalement retombés, le cyclone avait perdu en intensité pendant la nuit. J'étais seule évidemment dans mon grand lit. Les draps froissés, mes vêtements par terre, autant de traces de cette nuit passée. La tête enfouie dans l'oreiller, je sentais les larmes monter. Non, je ne devais pas pleurer, pas maintenant, il fallait tenir…J'attrapais la radio, le pilote me confirma que les vents étant retombés, il venait nous récupérer comme prévu.J'allais donc le raccompagner. Je saluais rapidement nos hôtes en leur expliquant avec un sourire que le rendez-vous était pris et qu'il ne fallait pas le rater, l'hélicoptère risquait d'être assez demandé après les dégâts occasionnés par le le regardais à peine fuyant son regard. Je ne voulais pas lui parler. Pour dire quoi d'ailleurs ? J'avais horreur des scènes d' me suivait , nous n'étions pas loin du point de rencontre et l'appareil arriva de façon quasi simultanée. Je fis signe au chauffeur et j'installais Carlisle. Ma main frôla la sienne par inadvertance. Nos yeux se croisèrent. J'ai cru que mon cœur allait se détacher de ma poitrine, comme les pièces d'un puzzle lentement égrenées… Je me reculais, hébétée, à la recherche d'une bouffée d'air. Le mouvement des hélices balayait mon expression et ma douleur momentanément. Je ne repartais pas avec eux, j'avais prévenu le pilote. Les yeux rivés aux pupilles dorées qui m'avaient capturée et qui risquaient de me hanter pour longtemps, je reculais à nouveau avant de me détourner. Un dernier mouvement de l'appareil fît virevolter mes cheveux, accrochant ça et là les larmes sur mes joues. Je me mis à courir pour fuir la perte d'une partie de moi-même. J'arrivais enfin face à la cascade que je lui avais fait découvrir. Elle était déchaînée, grossie par les pluies des jours passés. La course furieuse de l'écume se jetant violemment en contrebas avala mes cris. Je hurlais ma douleur à la face de ce voile immense, espérant qu'il emporte avec lui cette mois qui suivirent cette rencontre furent terribles. J'étais comme un fantôme, errant parmi les vivants dans un corps que je ne contrôlais plus. J'avais choisi cette situation et je m'y étais brûlée les ailes. Et malgré cela je continuais à vivre. On ne meurt pas de douleur, on vit quittais ce travail pour accepter une mission humanitaire au Cambodge. Côtoyer la misère la plus terrible et la joie de vivre la plus sincère me permit de me reconnecter à la réalité et reprendre ainsi le cours de mon existence. J'avais un vide dans mon cœur, que je ne comblerais sans doute jamais mais je continuais à avancer, la tête pleine des sourires des enfants dont je m'occupais. Je me sentais utile, nécessaire et j'apportais ici toute l'aide dont j'étais capable. Rechargée, sereine, je choisissais de revenir en Angleterre, je devais revenir à la vie, revoir ma famille que j'avais évitée pendant un an… Un an déjà… Un an et pourtant une chanson avait suffi à perturber cet équilibre que je croyais rétabli. La blessure était toujours à vif mais j'allais de l'avant. Mon avion était dans un peu plus de trois croisais une nouvelle fois mes yeux pleins de larmes dans le miroir mais cette fois-ci une lueur de défi y dansait : je pouvais le faire.J'empaquetais mes dernières affaires, et me rendis à l'aé sac sur l'épaule, je sortis enfin pour redécouvrir Londres. Les portes automatiques s'ouvrirent devant moi dans une bourrasque de pluie et de pollution. Personne ne viendrait me chercher puisque je n'avais prévenu personne.- Bienvenue à la maison, pensai-je dans un retrouvais rapidement mes réflexes de citadine, hélant un taxi pour me rendre dans un petit studio que j'avais conservé, au cas où.J'ouvris les fenêtres de ce petit cocon que j'avais toujours beaucoup aimé. Il était dans un état tout à fait convenable après plus d'un an. Je commençais à déballer mes affaires quand on frappa à la jeune femme avec de grandes lunettes sombres se tenait devant moi.- Bonjour, je peux vous aider ?Elle fit glisser ses lunettes pour planter une paire d'yeux dorés dans les miens.- Je dois vous parler Daphné. Puis-je entrer ?- Mais qui êtes-vous ?- Il serait préférable que vous me laissiez entrer… Je dois vous parler de quelque chose…de Carlisle…Mon cœur fit un bond dans ma poitrine en entendant ce nom. Je me décalai pour la laisser passer.- Que voulez-vous ? demandai-je en refermant la porte.- Je crois…je crois que vous devriez vous assoir…- Je ne comprends rien… Comment savez-vous qui je suis ? Personne ne savait que je rentrais aujourd'hui …- Voilà, tout d'abord je suis Alice Cullen, la fille de tombais des nues. Evidemment, j'aurai dû reconnaître ses yeux coup, je tombais comme une masse dans mon canapé.- La fille de Carlisle ?…- Oui… Ecoutez, je sais ce qu'il s'est passé entre vous et mon père. Et je pense que vous devriez être au courant de certaines choses…- Bien, je vous écoute…- Voilà, tout d'abord, Esmée a quitté Carlisle. Ce qui s'est passé entre vous était bien au-delà d'une simple aventure, vous pouvez me croire et c'est pour cette raison qu'elle est partie.J'avais du mal à encaisser la première information : Carlisle et Esmée n'étaient plus ensemble.- Je n'y comprends rien… Vous débarquez ici avec vos grandes théories et puis qui vous dit que je suis prête à me replonger dans cette histoire ?- Je sais qu'il vous hante autant que vous le hanter. Il ne vit plus depuis qu'il vous a perdu. Il s'est jeté dans le travail… Je ne le reconnais plus…J'étais au moins heureuse d'apprendre qu'il avait souffert.- Je sais qu'il ne vous a rien dit sur…sur ce que nous sommes…- Ce que vous êtes ?- Les choses sont un peu plus compliquées que ce que vous pensez…***Les yeux perdus par la fenêtre de mon taxi, je repensais à ce qu'elle venait de me raconter. Comment imaginer qu'une homme aussi doux que Carlisle pouvait être un vampire…. …végétarien de surcroît…la chose était assez difficile à croire et pourtant…Cette pâleur incroyable et ce corps si froid. C'était donc ça que j'avais toujours senti, cette tristesse qui voilait parfois ses yeux si beaux, si lumineux. Il fallait que je le revoie, maintenant que j'avais toutes les données, j'étais en mesure de choisir, en position de décider de ce que je voulais faire. La tua cantante, ses mots résonnait dans ma tête. Je n'avais jamais cru en l'idée très romantique de l'âme sœur avant de le rencontrer. Si mon sang chantait pour lui, toute mon âme vibrait en sa présence, je me sentais entière, complète, comme j'avais trouvé la partie de moi qui m'avait toujours manquée. Anxieuse, je regardais passer l'enseigne de l'aéroport au-dessus du taxi…***Je restais hébété face au téléphone. La voix d'Alice résonnait encore dans ma tête. Elle avait retrouvé Daphné et sans me demander mon avis elle avait été la voir pour lui parler, lui parler de nous, de ce que nous sommes…Je sais que les derniers mois avaient été difficiles pour tous. Esmée en apprenant ce qu'il s'était passé pendant mon séjour avait décidé de partir, sans un mot. Elle savait qu'il ne s'agissait pas que d'une passade, je n'étais pas homme à succomber sans bonnes raisons. L'amour qui nous unissait depuis tant d'années n'était rien face au feu qui me consumait en présence de cette humaine. Je comprenais mieux à présent la torture endurée par mon fils. Je ne voulais pas boire le sang de Daphné, cela faisait longtemps que je n'avais plus ce genre de besoin, mais j'étais aimanté par elle. J'avais besoin de la toucher, de la sentir vibrer à son tour son mes doigts. La famille s'était dissoute à cause de mon égarement. Rosalie et Emmet avait choisi de suivre leur mère. Edward et Bella avaient choisi de rester encore un peu à Forks pour veiller sur Renesmée. Alice et Jasper m'avaient suivi dans ma nouvelle affectation. Je les voyais rarement cependant, je m'étais jeté à corps perdu dans ce nouveau travail, la seule chose que je pouvais encore faire correctement. Je savais qu'elle se sentait coupable de ne pas avoir prévu ce qu'il s'était passé. Elle avait vu Daphné au dernier moment et il était trop tard pour changer le cours des choses. Esmée avait vite compris que quelque chose ne tournait pas rond. Je n'avais jamais cherché à retrouver Daphné. Je n'avais pas le droit de venir perturber sa vie, j'avais brisé suffisamment d'existences autour de moi. Et pourtant elle était derrière cette porte, comme Alice me l'avait annoncé. Je pouvais entendre chaque battement de son cœur, oscillant sous ses hésitations. Chaque pulsation résonnait en moi, me rappelant combien je la désirai, avant même de l'avoir revue. Son odeur si envoûtante s'insinuait déjà dans la pièce, ondulant sous mes se décida enfin, et frappa à la porte. Assis derrière mon bureau, j'étais déjà sous le charme. Ma raison m'avait totalement abandonnée et je m'entendis articuler un « Entrez ». Elle était face à moi. Elle était encore plus belle que dans mon souvenir. Ses cheveux étaient un peu plus courts… Ses yeux verts si charmants me fixaient avec intensité.- Alice m'a dit où tu étais…- Ecoute, je…- Non, toi écoute ! Pourquoi est-ce que tu n'as pas essayé de me retrouver ? Je veux dire… Tout est terminé avec Esmée, alors pourquoi ?...- J'imagine qu'Alice t'a parlé de nous…- Oui mais c'était à toi de le faire ! Est-ce que tu peux imaginer la souffrance que j'ai pu endurer ? Une année que j'essaye de passer à autre chose… Tu… tu es en moi constamment, tu es dans ma tête, dans mon corps, dans mon cœur… Chaque respiration m'est douloureuse quand je pense à toi…Comment as-tu pu me laisser comme ça… Comment as-tu pu me laisser…Sa voix se brisa. Des larmes perlaient au coin de ses yeux mais elle tenait bon pour ne pas craquer, je pouvais voir ses poings serrés le long de son était si belle… Je n'avais qu'une envie c'était de la prendre dans mes bras, de lui faire l'amour ici et maintenant pour chasser cette colère…- Je pensais que je n'avais pas le droit de chambouler ainsi ta vie. Essaye de me comprendre… Pour toi le pire problème était que j'avais une femme, comment aurai-je pu t'apprendre en plus que je suis un vampire…Elle retint un sourire. Malgré la tension qui régnait dans mon bureau, il était vrai que la situation était quand même assez drôle…- Qu'est-ce que… Je ne sais même pas pourquoi je suis venue…Elle se mordillait la lèvre nerveusement…- Réponds-moi franchement, est-ce que cela a été plus qu'une simple aventure pour toi ? Je veux l'entendre de ta bouche…Ca se trouve je suis en train de me ridiculiser lamentablement…- Je… Ecoute…Suis-moi, allons prendre l'air…Je contournais enfin ce bureau qui nous séparait et en prenant bien soin de ne pas la toucher, je lui indiquais la porte. La clinique était très moderne, pleine de baies vitrées qui laissaient filtrer la lumiè les besoins du personnel, et surtout des médecins, un petit ascenseur de service avait été installé. C'était le moyen le plus rapide d'atteindre l'extérieur. Avec un peu plus d'espace entre nous, je pourrais enfin lui faire entendre raison et peut-être que j'éviterai aussi de lui sauter dessus.L'espace exigu de l'ascenseur n'était pas l'idée la plus brillante que j'avais eu. Les battements de son cœur m'hypnotisaient, son odeur… N'y tenant plus j'actionnais l'arrêt manuel de l'appareil, avant de me retourner vers elle. Je pus lire dans ses yeux un désir égal au mien. Plaquée contre l'un des parois, elle était désormais tout contre moi, enfin.- J'ai du mal à me contrôler en ta présence… J'ai besoin de te sentir mienne… Tu es comme une partie de moi-même, ce qui me manque pour être…vivant, murmurai-je en parcourant son visage et son se cambrait sous mes caresses et gémit doucement contre mes lèvres. Tout son corps était tendu contre le mien, elle devenait un instrument sous mes doigts et ce gémissement était la plus douce des mélodies. Comment est-ce que j'avais pu envisager de vivre sans elle ?- Est-ce que tu es sûre que c'est ce que tu veux, maintenant que tu sais ce que je suis ?Pour toute réponse elle attrapa puissamment mes lèvres avant de remonter sa jambe le long de la mienne. N'y tenant plus je défis son pantalon et me débarrassai dans le même temps du mien. J'étais tendu tout contre elle lorsque mon téléphone vibra dans ma blouse, nous faisant sursauter tous les deux. Je grimaçais, j'avais oublié que j'attendais un appel…- Je dois répondre, réussis-je à articuler contre ses lè voulus me détacher d'elle, mais elle resserra son étreinte.- Bonjour Eric. Alors comment s'est passée l'intervention ?J'arrivais à peine à me concentrer sur ce qu'il était en train de me dire. Daphné laissait courir ses lèvres sur mon cou et sa main descendait dangereusement le long de mon torse. Elle me provoquait des yeux, se mordillant la lèvre dans un sourire.- Hummm donc tout est ok ?...Sa main glissait tout doucement, franchissant l'élastique de mon boxer.- Ecoute, je vais devoir te laisser, j'ai quelque chose d'urgent en cours… On se rappelle plus tard ?Je raccrochais violemment et remonta ses bras au-dessus de sa tête. Elle me regardait amusée. J'étais vraiment fou de cette femme.- Daphné…Elle portait encore son t-shirt mais je pouvais sentir son cœur palpiter et la pointe de ses seins durcie frôler mon torse. Je la souleva et elle enroula se jambes autour de moi. Je m'introduisis doucement en elle, je voulais savourer ce moment que nous attendions depuis des mois. Elle m'intima d'accélérer le mouvement. Le plaisir nous submergea violemment. Je n'avais atteint cette plénitude qu'en étant avec elle. Je respirai à plein poumon ses cheveux. Il n'y avait pas d'aphrodisiaque plus puissant que son odeur après l' le long de mon cou avec sa langue, elle susurra à mon oreille :- Il faudrait peut-être qu'on libère l'ascenseur avant qu'ils appellent les pompiers…***Cela faisait à présent plus d'un siècle que je vivais avec n'avais besoin que de l'or de ses yeux pour me sentir lui m' vie à présent était complète.
