Bonjour à toutes et à tous!
Comme promis voici votre nouveau chapitre de cette fanfiction toujours relu et corrigé par Polala (merci à elle!).
Nous approchons doucement de l'implacable dénouement.
J'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture et à bientôt!
Chapitre 37 – La requête
Au sommet d'une colline, froide et désolée dans l'obscurité, le vent sifflant à travers les branches de quelques arbres sans feuilles, Severus tournait sur lui-même, le souffle court. Sa baguette magique étroitement serrée dans sa main, il attendait quelqu'un.
Après son entrevue avec le Seigneur des Ténèbres, il avait dû se résoudre à prendre contact avec celui qu'il pensait être le seul sorcier capable de lui venir en aide, le seul sorcier dont l'opposition à son Maître ne faisait aucun doute : Albus Dumbledore.
Severus n'était pas sans savoir que ce qu'il avait fait en prenant l'initiative de faire appel à Dumbledore était un acte de trahison envers le camp qu'il avait choisi, mais avait-il le choix ? S'il avait choisi le Seigneur des Ténèbres, c'était uniquement pour que Lily reconnaisse qu'il était un grand sorcier et qu'elle délaisse Potter pour lui, si elle mourrait, il n'avait plus de raison de vivre, plus de raison de rester dans les rangs de celui qu'il servait. Si, pour la sauver, il devait faire appel à Dumbledore, alors il acceptait ; même s'il n'avait de cesse d'imaginer ce que son Maître lui ferait s'il apprenait sa trahison. Merlin, il souffrirait. Mais la douleur serait incomparable à celle qu'il ressentirait s'il perdait Lily.
Alors voilà qu'il se tenait là, tremblant au milieu d'un orage en haut d'une de ces collines du nord de l'écosse si nombreuses et désertes. Il attendait en tremblant. Pourquoi tremblait-il ? La peur ? Le froid ? Un peu des deux sans doute. Dumbledore pourrait très bien le tuer dès qu'il le verrait. Il n'avait aucun doute là dessus et alors il serait mort pour rien, en tentant de sauver la femme qu'il aimait.
Un éclair blanc aveuglant traversa soudain l'atmosphère et, surpris et effrayé, il tomba à genoux, perdant sa baguette des mains. Cet éclair n'avait rien de naturel et il s'entendit s'exclamer :
– Ne me tuez pas !
– Ce n'était pas mon intention.
Le visage du vieux sorcier apparut à Severus, simplement éclairé par la lumière que faisait sa baguette. Dumbledore était arrivé en transplanant, mais le bruit si caractéristique de ce mode de déplacement avait été couvert par l'orage et l'agitation des arbres.
– Eh bien, Severus ? Quel est le message que Lord Voldemort veut me transmettre ?
A l'évocation du nom qu'il ne fallait pas prononcer le jeune homme tressaillit. Savait-il qu'il était là ? Si c'était le cas son arrêt de mort était déjà signé.
– Pas... Pas de message... Je suis venu ici de ma propre initiative !
Severus était nerveux, tellement nerveux qu'il ne pouvait s'empêcher de se tordre les mains au point de ressembler à un elfe de maison qui savait qu'il allait être puni.
Il avait l'air d'un fou avec le vent dans ses cheveux noirs en bataille.
– C'est... c'est une mise en garde... non. Plutôt une demande... S'il vous plaît...
Dumbledore donna un coup de baguette et le bruit de la tempête autour d'eux cessa. Severus regardait le directeur de l'école de sorcellerie avec angoisse. Dumbledore était sa dernière chance, sa dernière carte à jouer. En se rendant ici ce soir, il avait sans doute signé son propre arrêt de mort mais quel autre sorcier aurait pu l'aider ?
– Quelle demande pourrait donc me faire un Mangemort ? lui demanda Dumbledore avec une sorte de curiosité sous ses airs sévères.
– La... La prophétie... la prédiction... de Telawney... bafouilla Severus. Jamais il n'aurai pensé qu'une fois la rencontre amorcée il se sente aussi nerveux en face de Dumbledore.
– Ah, oui, dit Dumbledore comme s'il s'était agi d'un événement normal et totalement mineur dans sa vie. Qu'avez-vous communiqué à Lord Voldemort ?
Tranchant avec le calme du vieux sorcier Severus répondit ce qu'il pouvait, comme si les idées se percutaient entre elles au sein de son cerveau.
– Tout... Tout ce que j'ai entendu ! C'est pourquoi... c'est pour cette raison... Il pense qu'il s'agit de Lily Evans !
Il ferma la bouche, surpris d'avoir mentionné le nom de Lily aussi facilement. Il avait le cœur qui battait la chamade. Il se doutait que Dumbledore n'avait jamais ignoré les sentiments qu'il avait pour sa camarade de classe mais c'était déjà la deuxième fois qu'il les avouait devant des personnes d'autorité supérieure pour tenter de la sauver. Merlin s'il avait pu vendre son âme au diable pour sauver Lily il l'aurait fait. Une voix dans sa tête lui dit avec un cynisme qu'il l'avait déjà fait pour la posséder à lui tout seul mais il la chassa juste avant que Dumbledore ne lui fasse observer :
– La prophétie ne mentionnait pas une femme. Elle parlait d'un garçon né à la fin du mois de juillet...
Severus fut soudain pris de panique. Dumbledore ne comprenait pas. Il faisait semblant de ne pas comprendre. Il allait laisser Lily mourir parce que la prophétie parlait uniquement du garçon ? Il était évident que le Seigneur des Ténèbres ne se contenterait pas du bébé ! Il fallait qu'il le lui fasse comprendre.
– Vous savez très bien ce que je veux dire ! Il pense que c'est son fils, il va la traquer... les tuer tous...
Merlin que c'était horrible. Il n'avait aucun doute sur ce que le Seigneur des Ténèbres lui ferait. Il avait beau l'avoir entendu lui dire qu'il ferait ce qu'il pourrait pour ne pas en arriver là, la parole de cet homme ne valait rien et il le savait. Tous les mangemorts n'étaient que des pions qu'il n'hésiterait pas à sacrifier quand il devrait parce que c'était le jeu, une étape de plus vers son accession au pouvoir.
– Si elle a tant d'importance à vos yeux, Lord Voldemort l'épargnera sûrement. Ne pouvez-vous lui demander la grâce de la mère en échange de son fils ? reprit Dumbledore.
Severus cligna plusieurs fois des yeux, comme s'il avait du mal à croire que le directeur de Poudlard lui pose cette question.
– Je... Je l'ai demandé... répondit-il tout de même.
– Vous me répugnez! coupa Dumbledore avec un mépris que Severus ne lui avait jamais vu et qui le fit se ratatiner sur lui-même.
– Vous ne vous souciez pas de la mort de son mari et de son enfant ? Ils peuvent bien disparaître, du moment que vous obtenez ce que vous voulez ?
Severus resta un instant silencieux, les yeux fixés sur Dumbledore. Non il ne s'était jamais soucié de la mort de James Potter et du gosse qu'il avait fait à Lily. Pourquoi aurait-il dû s'en préoccuper ? James Potter, l'homme qui lui avait pourri la vie depuis le jour de leur rencontre dans le Poudlard Express. James Potter, le salopard qui avait passé son temps à le persécuter. James Potter sans qui il ne serait plus là s'il ne l'avait pas sauvé des crocs d'un camarade loup-garou que Dumbledore avait sciemment fait entrer dans l'école avec le risque qu'il tue ou pire encore... James Potter à qui il devait la vie... Mais surtout James Potter qui lui avait pris la seule personne qu'il ait jamais aimée et qui en avait fait la mère de son enfant. Lily... Rien que de l'imaginer avec Potter lui était insupportable, mais il n'en était plus question à ce stade. Maintenant c'était la vie de Lily qu'il jouait. Il était trop tard pour éliminer Potter, trop tard pour revenir en arrière. Si pour que Lily reste en vie il devait le payer en acceptant que James et leur fils le soient également, il l'accepterait. Tout pourvu qu'elle ne meure pas.
– Cachez-les tous, dans ce cas, pria-t-il d'une voix rauque qui trahissait la lutte intérieure qu'il menait. Mettez-la... mettez-les... à l'abri. S'il vous plaît.
Peut lui importait désormais s'il devait sauver Potter père et fils. Il était prêt à sauver toute la famille de celui qu'il détestait le plus, simplement pour que Dumbledore accepte de mettre Lily en sécurité.
– Et que me donnerez-vous en échange, Severus ?
– En... En échange ?
A cet instant, la sorte de marché que lui proposait le vœux sorcier lui parut surprenante. N'avait-il pas accepté, en échange, de sauver James Potter et son fils ? N'était-ce pas là un sacrifice qui aurait pu justifier que rien d'autre ne soit demandé en échange ? Mais évidemment Dumbledore ne le laisserait pas s'en tirer comme ça. Dumbledore lui en demanderait plus.
Severus resta un instant bouche bée devant l'audace de Dumbledore puis il hocha la tête : tout ce qu'il voudrait du moment que Lily restait en vie. Il aurait vendu son âme au Diable s'il avait eu la promesse qu'elle ne craindrait rien. Alors, tel un nouveau Faust, il prononça les mots qui allaient sceller son destin:
– Ce que vous voudrez.
