Chapitre 37


"Qui baigne ses mains dans le sang les lavera dans les larmes."

Proverbe allemand.


" Tout va bien ?"

Urie mâchait machinalement sa pomme de terre froide en examinant Betty du regard, visiblement soucieux. Celle-ci secoua brièvement la tête de gauche à droite avant de pousser son assiette à peine entamée.

"- Une amie s'est tuée en se dégommant la tête devant tout le monde il y a trois jours, c'est la fête. Sortez les chapeaux pointus et les cotillons.

- Je me rends compte de la connerie de ma question. Désolé. Je ne la connaissais que de vue.

- Hmm-hmm. Je m'obstine à penser que c'est en partie ma faute, expliqua Beth qui jouait pensivement avec sa fourchette. Que je n'ai pas été assez là pour elle. Que j'ai failli, d'une certaine façon. Que ... je n'ai pas été à la hauteur en tant qu'amie. Je sais pas ...

- Beth, l'interrompit son ami en posant sa main sur la sienne. Je vais te confier quelque chose."

Celle-ci le fixa avec intérêt. Ils étaient tous deux seuls à une table de cantine, quelques autres soldats non loin d'eux. Les éclaireurs ainsi que les unités de Kimblee et Roten devaient partir pour une nouvelle expédition de nuit, à la recherche du chef des rebelles Ishbals, un homme nommé Omega Kadakh. Celui-ci continuait à freiner l'avancée des troupes Amestris, et détenait visiblement un grand stock d'armes Aerugo, qu'ils devaient également tenter de démanteler. Tout un programme.

"- Des ... produits circulent dans le camp.

- L'alcool ? s'exclama-t-elle à voix basse.

- Entre autres. Tu sais bien que les éclaireurs sont les premiers concernés par le stress et l'angoisse et il nous a été donné à tous une ordonnance pour des "stimulants", continua-t-il en mimant les guillemets avec les index. J'ai été en chercher une boîte lors de ma première semaine, notamment après une entrevue ... "mouvementée" dirons-nous avec Kimblee. J'ai lu la composition et beaucoup de produits utilisés me paraissaient louches, sans me rappeler où j'en avais vu des compositions similaires. Ce ne fut qu'au petit matin que je me suis souvenu avoir vu la plupart de ces composants dans les médicaments qu'on trouve ... en psychiatrie, conclut-il à voix extrêmement basse. Dans les cas d'angoisse sévère, notamment.

- Et tu en as ..?

- Non ! Je n'en ai certainement pas pris ! Beth, j'étudiais pour travailler à l'hôpital ! J'y ai fait des stages ! Je sais les dégâts que font ce genre de saloperies ! se défendit-il furieusement, haussant un peu trop la voix à son propre goût avant de se taire.

- ... Clémence n'en savait rien, évidemment ? soupira Betty à mi-voix.

- Non. Sans aucun doute que non. J'ai bien essayé de le dire à mes collègues mais on m'a vite fait comprendre qu'on me choperait si je "foutais la merde" dans les rangs. J'ai préféré ne pas savoir ce que je risquais. Je suis lâche.

- Non ! Non, Urie ..! opposa-t-elle en lâchant sa fourchette. Nous sommes tous opprimés par la hiérarchie ici ! On nous pousse à nous taire ! ... On dirait le début d'un discours anarchiste.

- Un peu, oui. "Nous sommes tous opprimés", hein ? Toi aussi.

- Je ne suis pas à plaindre, affirma-t-elle d'un ton sec en se servant un café. Loin de là.

- Je ne pense pas que beaucoup de personnes endureraient ce que tu endures avec Kimblee.

- Je n'endure pas grand chose. Il est ... plutôt gentil, en réalité. À sa manière.

- Beth ..."

La semi-révélation qu'elle venait de faire n'était apparemment pas passée inaperçue. Bethsabée était épuisée, la guerre et les jeux avec Kimblee ainsi que les ragots la rongeaient jusqu'à la moelle. Autant qu'elle se décharge un peu, peu lui importait. Elle ne disait que la vérité, après tout.

"- ... Tu as le syndrome de Stockholm ? lâcha enfin Urie en buvant une gorgée de café.

- Ahahah ! Non. Il est plus gentil qu'il ne peut le sembler, vraiment. Bien sûr, il peut aussi être très cruel mais ... ce n'est si horrible que ça. Et puis ... Je suis encore entière, c'est le plus important. En partie grâce à lui.

- Parce qu'il est fou, Beth. Il massacre car il aime ça. Il est fou à lier, et dangereux. Tu es trop bonne pour croire qu'il a une once de bien en lui.

- Je ne peux pas nier qu'il est extraordinairement zélé dans son travail. Mais en dehors de ça, il est plutôt calme.

- Il y a donc quelque chose entre vous ou ..? demanda Urie entre ses dents, attentif à ne pas être entendu.

- Me dis pas que toi aussi, tu discutes sur mon dos ? sourcilla la jeune femme.

- C'est un sujet récurrent dans le camp, apparemment. Mais je n'ai pas besoin que tu me répondes, je sais que c'est le cas. C'est une quasi-certitude.

- Vraiment ?

- Aucun soldat de son unité initiale n'a survécu, sauf toi. Et le bruit court qu'il a demandé à te changer d'unité en même temps qu'on a du mettre les officiers d'unités ensemble, ce qui est, pardonne-moi, totalement déplacé et contraire aux règles militaires. Paraît-il que c'est grâce à Raven. Et Kimblee a été vu avec Raven, et il lui téléphone parfois, murmura son ami, le nez plongé dans sa tasse.

- Tu es un vrai Sherlock Holmes, se contenta-t-elle d'observer. Ne t'en fais pas pour moi. Ce n'est pas ça qui m'attriste. J'ai beau savoir à présent que Clémence était sous influence et que je n'aurais sans doute pas pu faire grand chose, je m'en veux tout de même.

- Je pense que tout le monde est impacté quand un proche commet un suicide. Ces drogues sont des horreurs infâmes, se désola-t-il. Et toute l'armée en fait un trafic pour garder les soldats disciplinés, obéissants et efficaces. Et ceux-ci ne supportent pas le manque plus d'un jour ou deux et se ruent sur la Pervitin. C'est le nom de ce "médicament". Elle a été très courageuse. Je pense bien qu'elle avait du passer plusieurs jours à souffrir avant d'en venir à cette extrémité. Je pense aussi ... qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas en ravoir. Quelqu'un d'autre devait lui en donner, et a du périr au combat. Rares sont ceux qui n'ont pas d'ordonnance à savoir où se procurer. Elle aurait pu te demander, mais elle ne l'a pas fait. Elle ne voulait sûrement pas de causer de souci, d'une manière ou d'une autre. C'est affreux qu'elle en soit arrivée là. Mais je crois qu'elle aurait fini encore plus bas si elle avait du se sevrer brutalement à la fin du conflit. Tu verras l'tat de tous ceux qui seront sans Pervitin, sans ordonnance. Il va y avoir un rush dans les hostos, et ça va être moche.

- Merci Urie, mais tu ne me réconfortes pas en me disant que plein de gens vont vouloir se mettre du plomb dans la tête ou à travers la tête, le coupa la jeune femme.

- Désolé. Je ... suis nul dans ces moments-là. Hum ! Je dois y aller. On se verra tout à l'heure, sûrement."


Solf faisait les cent pas en attendant le reste de son unité, l'équipe de Roten déjà au complet. Des incendies dues à Mustang ravageaient encore des quartiers entiers, et la fumée étrangement rougeâtre se détachait sur le ciel bleu nuit. Il s'interrompit quand il vit arriver Bethsabée, qui mettait son chapeau militaire, chose qu'elle faisait peu. Elle ne cilla pas quand il la détailla avec un petit sourire et se planta directement à côté de lui pour s'enquérir d'une voix détachée :

"- Vous vous êtes mis d'accord avec votre cher collègue ?

- Ne soyez pas si cynique. Nous n'avons pas besoin d'accord, nous savons très bien ce que nous avons à faire, pesta-t-il d'une voix acide. Je suppose que vous savez aussi les détails de votre mission ?

- Oui, Monsieur.

- Très bien, Lieutenant. Je compte sur vous.

- A vos risques et périls, sourit-elle.

- J'ai confiance, lui murmura-t-il avec une moue immature. Allons-y !" ordonna-t-il d'une voix plus forte.

Betty avançait en tête du trio qu'elle formait avec Dino et Terry, le reste de l'équipe inspectant d'autres caves. Ils étaient dans un véritable labyrinthe, un réseau souterrain impressionnant reliant les caves des maisons du quartier d'Akhil les unes autres autres. Il y faisait noir comme dans un four et l'odeur de renfermé y était forte, mais il y faisait agréablement frais par rapport à la température en surface. Sa lampe à huile diffusait une lumière tremblotante et inquiétante, mais elle avançait discrètement, attentive à faire le moins de bruit possible. Elle ouvrit une porte et arriva dans la dernière cave en direction du Sud. Des fusils jonchaient le sol, et quelques bâtons de dynamite humides étaient laissés à l'abandon, il n'y avait rien. Les deux hommes fouillèrent les quelques caisses en bois entassés dans un coin, sans rien trouver à part une souris qui s'enfuit aussi sec en les voyant. À cette profondeur, la radio ne fonctionnait pas. Il avait été alors décidé de hurler afin de prévenir les autres en cas de problème, ce que la Lieutenant trouvait stupide puisque les guerilleros Ishbals qui pouvaient se trouver dans une des caves pouvaient très bien le tuer en suivant leur voix. Mais bon, c'était jamais que l'opinion d'une femme, ça ne comptait pas.

"- JE CROIS QU'ON A TROUVE L'ANCIENNE RÉSERVE D'ARMES ! beugla-t-elle. MAIS ILS ONT TOUT EMMENÉ !

- MERDE ! pesta Roten au loin. Au très, très, très loin. VA FALLOIR SORTIR DE CE MERDIER !

- TOUT LE MONDE SE RETROUVE DANS LA CAVE ORANGE !

- Pfff ... heureusement que j'ai marqué d'une craie les murs de toutes les pièces qu'on a traversées, se félicita Beth en râlant. Sinon, on serait pas sortis du sable !

- Je suis heureux qu'on soit avec vous, mon Lieutenant.

- Pourquoi ?

- Vous êtes intelligente sans être hautaine. Je suis sûre que Roten et Kimblee n'ont pas pensé à se mettre des repères en pensant que leur intelligence leur guiderait à nouveau vers la salle d'origine, expliqua Dino en la suivant.

- C'est pas très gentil pour eux. Je suis sûre qu'ils vont arriver avant nous,en plus.

- Je suis pas pressé perso, grommela Terry. Du tout."


Et voilà ! Il était encore le premier arrivé ! C'est sûr, c'était pas Kimblee le prétentieux ou Blood la rouquine qui allaient faire mieux que lui, hein ! C'était des sacrés bras cassés, ceux-là, toujours à s'embarasser des recrues stupides. Heureusement qu'il avait insisté pour vagabonder seul, dispersant son unité ici et là. D'ailleurs, il n'avait aucune idée de où ils étaient. Peut-être morts. Peu lui importait.

Tiens, du bruit à la surface. Étrange, mais néanmoins intéressant. Bela Roten esquissa un large sourire et remonta l'échelle de bois puis ouvrit la trappe. Il se retrouva à nouveau dans la salle à manger ou le salon d'une maison Ishbale : il se redressa et regarda autour pour voir un homme d'une cinquantaine d'années à la barbe en collier grisonnante, tout comme ses cheveux longs tressés. Il pointait une carabine droit sur sa tête, et ses yeux rouges le foudroyaient. L'ennemi aboya :

"- Tu vas me lever ces mains bien en vue mon garçon ou j'te descends sans discussion !

- Si vous en avez le temps seulement, insinua l'Alchimiste de Sang en haussant les épaules.

- Crois bien que j'suis rapide. Qui crois-tu qui a tiré dans la jambe de l'autre moustachu ?

- Comanche ?! Soyez sérieux ! ricana Roten. C'est un vieillard doublé d'un nain, il était lent au possible ! Vous croyez m'impressionner ? Vous êtes seul.

- Je suis la fin.

- Oh, commencez pas à parler en énigmes, je suis pas venu pour jouer aux charades avec le Père Fouras ! (NdA : j'aime bien Fort Boyard. Je jouais aux Barbies avec la dauphine Miss France 2013 qui y est allée. LA JALOUSIE)

- Omega est la dernière lettre d'un ancien alphabet venu de Xerxès. Par extension, cela désigne la fin des choses. Oh, tu as l'air de me reconnaître mon garçon. C'est moi que tu es venu chercher ?

- Le chef des rebelles ...

- Pour te servir, gamin !

- Dommage que je n'aie pas de temps à perdre, et, malheureusement pour vous, je ne suis pas du genre à faire de prisonniers, répondit Roten en remontant ses manches tranquillement. Ce fut néanmoins un plaisir.

- Si je dois partir les pieds en avant, tu viendras avec moi, je te le dis ! rugit Omega Kadakh.

- Oh que non !

- Oh que si ! Tenez le !"

La lueur d'une allumette apparut. L'Ishbal sortit de l'ombre et Bela put voir une ceinture bardée de dynamite autour de sa taille, ainsi qu'une mèche de vingt centimètres tout juste allumée qui pendait le long de sa jambe. Deux autres Ishbals, plus jeunes et robustes, aux cheveux ras et au sash orange indiquant qu'ils étaient moines combattants, le saisirent par derrière et l'immobilisèrent, ce qui était inutile, car pour la première fois de sa vie, le fanfaron se pétrifia. Il n'avait pas eu l'idée un seul instant que quelqu'un puisse se sacrifier pour tuer quelqu'un d'autre. Qu'on puisse faire passer sa vie après autre chose. Qu'on puisse se sacrifier pour le bien du plus grand nombre. La mèche se consumait rapidement sous ses yeux alors qu'il se débattait violemment, au point qu'il crut se disloquer les épaules. Omega lui offrit un dernier sourire rageur, puis il y eut une intense explosion. Il avait fermé les yeux, car, lâche, il ne voulait pas voir la mort en face. Il fut très surpris de pouvoir les rouvrir, toujours immobilisé.

"- Quoi ?! s'exclama un des hommes qui le tenaient.

- Ça a raté ! Il n'a rien !

- On peut s'occuper de ça, ricana le premier intervenant en sortant un sabre impressionnant de sa ceinture. J'ai cru comprendre que tu aimais le sang, Bela Roten ..."

La lame scintilla sous le clair de lune, un éclair furtif au coin de l'œil, puis Bela sentit une intense douleur et chuta sur le sol, du sang s'écoulant à flots.


"- Y'a l'air d'avoir de la baston, commenta tranquillement Beth après qu'un hurlement strident eut déchiré le silence.

- Je crois que c'est Roten qui crie.

- On y va.

- On est obligés ? bouda Kimblee en levant l'index.

- Oui, Commandant, on doit y aller.

- Vraiment ? insista-t-il.

- Oui, Commandant.

- Très bien. Mais je vous regarde, je ne fais rien.

- Je savais que je pouvais compter sur vous ..." soupira-t-elle en roulant des yeux.

D'un seul geste, elle ouvrit la trappe à toute volée et tira droit dans le ventre de l'Ishbal qui se tenait au-dessus d'elle sans sourciller. Elle laissa échapper un"Eeew !" de dégoût quand elle vit l'oreille droite de Roten giser au sol. L'alchimiste avait les mains attachées dans le dos et un autre adversaire se précipita sur la jeune femme, un sabre à la main. Il eut droit à une balle en pleine gorge, ce qui décora plaisamment les murs de rouge.

"- Merci Blood. Vous tombez à pic, toussota Roten.

- Merci Van Gogh.

- C'était horrible. Ce type ... s'est fait sauter !"

Effectivement, le corps d'Omega était lui aussi éparpillé dans la pièce, et même dans le couloir adjacent, pour un style du plus bel effet. Le jeune alchimiste se redressa et on lui plaqua du coton sur l'oreille, qu'on fixa avec du pansement adhésif. Après une certaine hésitation, on décida de garder l'oreille, au cas où Marcoh pourrait la lui remettre par l'alchimie. Une fois tout le monde réuni, une partie de l'unité de Roten fut ordonné de rentrer au camp avec le blessé, qui pissait le sang du visage mais également des jambes, qui avaient été salement écorchées.


"- Je l'aurais laissé se vider de son sang.

- Un tel coup ne serait pas passé inaperçu, rétorqua Beth alors que Kimblee se plaignait une énième fois. Prenez sur vous, Commandant. On a encore du travail.

- Si vous le dites, soupira-t-il. Hmm. Les éclaireurs.

- Foxy Betty ! Tu n'as rien à craindre ! ... Ou pas ? demanda Urie en voyant qu'elle était couverte de sang.

- Embuscade. Roten a une oreille en moins, sourit-elle.

- Ouch. Vincent Van Gogh.

- C'est ça. Donc je m'interroge sur la qualité de votre travail, Monsieur Kindness, les coupa Solf.

- Mon travail personnel ou le travail de toute mon équipe ? contre-attaqua celui-ci.

- Disons que si vous avez laissé passer trois Ishbals armés, je crains pour ma vie.

- Je pense que vous vous en sortirez à merveille, Commandant Kimblee. Ou peut-être voulez-vous que je vous accompagne personnellement ? proposa-t-il avec un grand sourire faux.

- Je vais vous faire confiance, à mes risques et périls. J'essaie d'avoir le moins de personnes possibles dans mes pattes quand je travaille.

- Dans ce cas, passez une agréable nuit. Et Foxy Betty, reviens-moi en un morceau !

- Promis blondin !"


Tout se déroula sans accroc, bien qu'ils ne trouvèrent pas la nouvelle cachette d'armurerie des rebelles. Peu de combats eurent eu lieu, au grand dam de Kimblee qui semblait en manque. L'aube pointait à l'horizon quand une rafale de balles se fit entendre tout près d'eux : tout le monde courut se cacher derrière des bâtiments que l'Écarlate venait d'exploser en menus morceaux. Il fouilla dans sa poche intérieure, où il cachait la Pierre Philosophale, avant de blêmir en l'espace de deux secondes. Il se retourna illico vers l'ennemi, c'est à dire d'où ils venaient, à la recherche d'un éclat rouge.

"- Ne me dites pas que vous avez perdu ce à quoi je pense ... le menaça Bethsabée, occupée à tirer sur les ennemis.

- D'accord, je ne le dis pas.

- C'est inattendu de votre part, vous êtes très précautionneux avec d'ordinaire. Vous la voyez ?

- Non. Vous pouvez m'aider ? la poussa-t-il.

- Je suis légèrement occupée. Vous ne pouvez pas faire votre alchimie sans ?

- Je serai moins précis.

- Ce qui veut dire qu'on exploserait aussi.

- Il y a des chances. Je peux tout de même essayer.

- Je crois que je la vois. En plein milieu, évidemment, grinça Betty.

- Je vais essayer de les tuer d'ici.

- Meilleure idée. Je vais aller la récupérer.

- Toute seule ? s'offusqua Solf.

- Non, avec les Gypsy Kings ! LES GARS ! Vous vous cassez d'ici ! hurla-t-elle au reste de l'équipe.

- PARDON ? lui cria Dino en retour, aussi bien à cause du bruit assourdissant des tirs que par totale stupéfaction.

- J'VOUS AI DIT DE VOUS CASSER ! PARTEZ LES SEMER ! Ils font bloc, et ils y sont plus nombreux que nous, faut les disperser !

- Vous êtes sûre ? s'enquit Terry.

- Vous avez une meilleure idée ? Ou vous préférez gâcher vos balles ?

- ... Non.

- Alors ?

- BON ALLEZ LES MECS ! ON Y VA ! GO GO GO GO !

- Tu as une force de persuasion incroyable. Comment tu fais ? s'étonna Solf avec son sourire immature.

- J'ai une paire de seins. C'est très efficace ! (NdA : On dirait une attaque dans Pokémon ...)

- Tu ne comptes pas aller dans ce no man's land toute seule ?

- Oh que si ! J'en serais pas là si tu avais fait gaffe !

- Tu es complètement folle.

- Merci, toi aussi, sourit-elle en se redressant.

- Je suis sérieux. Tu restes là, lui intima-t-il.

- Non. C'est le moment pour toi de prouver que tu es sincère, répondit-elle.

- Comment ça ?

- Si tu me fais confiance, tu me laisses y aller et tu restes sage, sale gosse. D'accord ? lui proposa Betty avec un sourire de plus en plus large.

- Pas question que-! commença-t-il avant qu'elle ne le taise de la main.

- J'ai passé quatre ans à m'entraîner dur pour avoir mon grade. Je n'ai pas à me reposer sur toi à chaque fois, Solf. Si tu as confiance en moi et mes capacités comme tu me le dis, tu me laisses faire. Je peux faire les choses par moi-même, même si c'est dangereux."

Elle fit craquer ces cervicales et ses épaules avant de se pencher vers lui et de conclure :

" Ou même si je ne reviens que les pieds devant ou avec une jambe en moins ."

Solf Jéricho Kimblee n'osa même pas regarder. Il ferma les yeux, trouvant le temps excessivement long. Il était inutile, comme Mustang les jours de pluie. Bien qu'il soit un bon alchimiste, il n'était plus sûr de savoir si ces aptitudes à l'état normal étaient aussi précises et destructrices qu'avec la Pierre, qui renforçait sa puissance. Il était loin d'en être sûr : après tout, c'était la première fois qu'il allait au front, et il n'avait jamais eu à combattre sans ce précieux minéral.

Le silence se fit soudain. Plus de bruit de tirs, plus de cris, ni de pleurs. Seuls des bruits de pas qui s'approchaient : il rouvrit les paupières pour voir juste devant lui, un éclat rouge bien reconnaissable. Et entendre une voix bien reconnaissable.

" La prochaine fois, range-la dans un endroit sûr. Ou mieux : avale-la ."

Le jeune homme fixa la Pierre puis la jeune femme devant lui avant de se relever et admettre :

"- C'est une idée. Je pourrais te prendre au mot.

- Pour une fois que tu écouterais la voix de la sagesse !

- C'est sensé être toi ?

- Tout à fait, approuva Betty en hochant la tête. Il va falloir rentrer. J'ai hâte de me coucher.

- Est-ce que ta misère compte encore prendre toute la place dans ton lit ou bien pourrai-je y aller ? lui murmura-t-il à l'oreille avant de lui embrasser rapidement le creux du cou.

- Tu prends moins de place. Et tu embrasses mieux.

- Merci Mademoiselle, souffla Solf avant d'avancer. Ça a été une longue nuit."


Elle sourit quand il lui embrassa le front, puis les cheveux pour descendre jusqu'à son cou et son épaule et la tenir contre lui. Beth ferma les yeux et tortilla quelques mèches sombres qui tombaient sur les épaules de Solf, puis, elle l'entendit statuer :

"- J'ai entendu dire que tu avais eu un accrochage avec Smiths il y a peu.

- Ta curiosité te perdra. Mais c'est bien vrai, répondit-elle en arrondissant le dos, parcourue d'un agréable frisson.

- Tu veux en parler ?

- Pas vraiment.

- D'accord. Par rapport à tout à l'heure, j'ai été négligent et j'en suis ... très contrarié. Mais tu m'as encore prouvé une fois de plus que j'ai bon goût au niveau des femmes, rit-il doucement en lui embrassant l'arête du nez.

- Je voulais te montrer que je ne dois pas dépendre de toi. Je ne peux ... compter sur toi en permanence. J'ai étudié pour me battre, j'ai passé un diplôme et je dois bien mettre mes acquis en pratique. C'est une condition pour valider mes quatre années à l'école militaire. Je ne veux pas être dans ton ombre et je veux être encore moins celle qui se cache en permanence dans l'ombre d'un alchimiste ou qui ... qui ne sait pas se débrouiller seule. Que ce soit sur le terrain ou de façon privée, je ne veux pas ... chercha Beth en ouvrant les yeux.

- T'attacher à moi ? finit Kimblee pour elle.

- M'oui. On peut dire ça comme ça, acquiesça-t-elle. C'est douloureux quand les gens s'en vont ensuite.

- Je vois, murmura-t-il. Je n'ai pas envie de partir pour l'instant, en tout cas.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Betty après un moment de silence.

- Je croyais que tu t'étais assoupie. Et je te tresse les cheveux.

- Tu sais tresser les cheveux toi ?

- J'ai une nièce. Je ne compte pas les soirées de baby-sitting forcé. Tu serais surprise de mes capacités domestiques.

- J'aimerais bien voir ça ! rit la jeune femme. Tu fais à manger et tout ?

- Je fais bien les crêpes, paraît-il, confessa l'alchimiste.

- J'adore les crêpes.

- Je t'en ferai un jour. En guise de preuve de respect pour Bethsabée, la femme qui n'avait besoin de rien ni personne pour s'accomplir en tant que femme et être humain à part entière car elle est indépendante et moderne !

- Tu te fous de moi là ?

- Tu crois ?

- Sale gosse ! pesta-t-elle avec un sourire.

- Vilaine fille, l'embrassa-t-il. Maintenant, dors ou je vais m'énerver.

- Je plie sous la menace."

Ce qu'il omit de lui dire par rapport à ses capacités domestiques, notamment capillaires, c'est qu'Alice Kimblee avait du passer plusieurs heures chez le coiffeur après qu'il lui ait tressé la tête afin de retirer les multiples nœuds qu'il avait causés. Humm, pensa-t-il en continuant son œuvre, peut-être n'a-t-elle pas besoin de le savoir.


Re-bonjour les p'tits z'amis ! Bela n'est pas mort, non. J'vais pas tuer TOUT LE MONDE, je m'appelle pas Steven Moffat. Il souffre bien quand même, je vais en reparler après.

Bon, j'ai trop rien à dire, je vais aller manger car je l'ai bien mérité ! Bisous capuccino-spéculoos sur vous !

Musique : "In your Eyes" de The Used.