Bella a été témoin de quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir et Edward va avoir du mal à lui faire oublier cette horrible scène. D'un autre côté, elle savait qui elle épousait...
Je vous remercie pour tous vos messages, mises en alerte ou favori, et les guests: So06, Stella, Rose01, Mylène, Floppy69, Fan de Twa, Keshya, Marine Elya.
Et bien évidemment, merci à SBRocket, Ptitewam et Mutinecherry pour leur aide.
Cette histoire appartient à Johnnyboy7 publiée sous le titre There Will Be Freedom et je n'en suis que la traductrice. Elle s'adresse à un public adulte, donc dix-huit ans et plus.
Chapitre 35 : Les Mains de Lucifer
Hands of Lucifer
EDWARD POV
"All the great things are simple, and many can be expressed in a single word: freedom, justice, honor, duty, mercy, hope."-Winston Churchill
All things Twilight related belong to Stephanie Meyer
Je conduisais la Mercedes en douceur et à vitesse constante, laissant mes mains caresser le volant pour me calmer les nerfs. J'essayai d'aller aussi lentement que possible, regardant le paysage défiler. Les grilles en fer forgé tordu et biscornu de notre maison étaient au-devant. De grands C étaient intriqués dans le métal de chaque côté, annonçant haut et fort qui vivait par-delà l'entrée, juste au cas où on ne le saurait pas.
Le gardien, qui vivait pratiquement au même endroit, ne bougeant ou ne partant jamais, me remarqua et les portes s'ouvrirent lentement. Je laissai volontairement mon pied au repos sur la pédale avant de propulser la voiture. Je m'approchai silencieusement de la maison, qui était grande et haute, illuminée de tous côtés. Des hommes avec des fusils se déplaçaient sans bruit dans les jardins, patrouillant et gardant mes biens les plus précieux en sécurité.
Je sortis de la voiture et ne pris même pas la peine d'éteindre le moteur. Quelqu'un la mettrait dans le garage plus tard. J'étais plus préoccupé d'entrer à l'intérieur.
Avec mes vêtements crasseux et mes chaussures encore couvertes de sang, je grimpai les escaliers de notre perron en pierre et la porte s'ouvrit sans avoir à le demander. Gioni fut là pour prendre ma veste, hochant silencieusement la tête pour me saluer.
"Où est-elle?" J'exigeai une réponse avec mon ton rude.
"Dehors, monsieur."
Je me mordis la lèvre et traversai la maison, laissant mes pas résonner sur les murs. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine quand je m'approchai de la terrasse de derrière. Les grandes portes vitrées étaient ouvertes, laissant le flux d'air chaud s'échapper. Il faisait remuer les rideaux dans un mouvement rythmé qui était étrangement apaisant.
Bella était dans l'un des confortables canapés de plein air, le brasero devant elle brûlant ardemment avec des flammes léchant l'air nocturne. Les deux chiens lui tenaient compagnie. Francis était blotti à son côté, ronflant doucement. La tête de Bosco était nichée sur ses genoux, lui prodiguant plus de réconfort que je ne le pouvais probablement à cet instant. Une bouteille de vin blanc était sur la table près du canapé, plus qu'à moitié vide. Elle tenait un grand verre dans sa main.
Elle ne se tourna pas quand mes chaussures cliquèrent sur le pavé mais je savais qu'elle m'avait entendu. Les chiens levèrent tous les deux la tête, même s'ils ne bougèrent pas.
Bella?" l'appelai-je doucement. Elle ne répondit pas. "Bella, s'il te plait..."
Son visage était marqué par les larmes qui avaient séché depuis mais cela me fit quand même foutrement mal de voir le rouge de ses joues et le pourpre sous ses yeux. Voir sa femme pleurer était une des pires douleurs au monde. Bella dans n'importe quel genre de détresse, c'était presque trop à supporter pour moi. Je détestais cela, et même plus encore, je haïssais cela cette fois, j'en étais la cause.
"Puis-je m'asseoir?" demandai-je, la voix hésitante comme si je marchais sur du verre.
"Si tu veux." Elle prit une gorgée de vin et renifla.
Je pris le côté opposé du canapé, me poussant à tout prix loin de Bella. Je voulais la réconforter, la prendre dans mes bras et lui dire que j'étais désolé, parce que je l'étais. Elle était la seule personne au monde à qui je pouvais présenter des excuses sans me sentir honteux ou gêné, et même là, les mots ne voulaient pas venir. Une excuse ne semblait pas suffisante pour corriger la violence dont je l'avais rendue témoin.
Bella ne leva pas la tête pour me regarder, mais tout ce que je voulais voir c'était ses yeux. Ils me diraient à quel point elle était mal. Elle passa sa main dans l'épaisse fourrure de Bosco derrière ses oreilles. Il ronronna à ce contact et je le détestai pour être si près d'elle et de profiter de son toucher.
"Bella, je n'ai jamais voulu que tu me vois comme cela," commençai-je. "Ce n'a jamais été mon intention de te faire peur. Je n'ai pas réfléchi."
Elle hocha la tête. "Je comprends."
Ce fut tout ce que j'obtins. Son ton n'était pas tranchant ni en colère. J'attendais plus, quelque chose, n'importe quoi. J'avais besoin qu'elle me hurle dessus et qu'elle m'engueule comme le criminel que j'étais. Pourtant, elle ne me donna rien. Cela me fit me sentir même pire.
"Je t'ai dit que j'étais un monstre," murmurai-je. "Dès notre premier rendez-vous, je t'ai avertie. Je l'ai bien caché ces dernières années, mais j'ai dérapé ce soir. Je ne voulais pas que tu voies cette part de moi."
"Ce n'est pas la première fois que je te vois tuer un homme, Edward." Elle renifla à nouveau.
"Mais, c'était toujours pour me protéger. Je n'ai jamais tué personne en l'attaquant devant toi, et jamais aussi violemment jusqu'à présent. Je suis navré de t'avoir exposée à ça. Je suis un monstre, un pécheur," répétai-je.
Elle ne le nia pas bien que je ne l'attendais pas d'elle.
Nous restâmes assis un long moment en silence, regardant le vent froid balayer les arbres de notre grand jardin. A certains moments, je pensais que nous vivions sur une base militaire avec les hautes clôtures, les gardes et les mesures de sécurité. Rien de tout cela ne permettant la paix et la tranquillité comme nous en avions besoin ce soir.
"Si tu es un monstre alors qu'y a-t-il à dire de moi?" demanda-t-elle calmement. "Je t'ai épousé. J'ai eu des enfants de toi. Cela fait-il de moi une pécheresse aussi?"
"Non, Bella." Je me rapprochai un peu d'elle mais gardant encore une certaine distance entre nous. "Ne dis jamais cela. Tu es la seule part véritablement innocente de ma vie. Toi et les enfants, bien sûr. Je porte le poids de toutes mes mauvaises actions. S'il te plaît, ne pense pas ainsi. Je n'aurais jamais dû t'entraîner dans tout cela."
Elle émit un gargouillis en guise de rire. "C'est un petit peu trop tard pour ça, Edward."
Je tirai sur mes cheveux, les dérangeant plus qu'ils ne l'étaient déjà. Je voulais la regarder en face, mais là je ne pouvais pas. Je ne m'en sentais pas digne. Je détestais me sentir comme cela parce que ce n'était pas dans ma nature de me dévaloriser ou de regretter.
"Je comprends que tu me haïsses." Je secouai la tête de dégout.
"Je ne te hais pas, Edward. Je ne pense pas même pouvoir et c'est ce qui me fait peur." Je la sentis venir plus près. Se sentant compressé, Bosco sauta du canapé laissant un peu plus de place entre nous.
"Te fait peur?"
"Tu ne comprends pas de quelle façon tu m'as enroulée à l'extrême autour de ton doigt et ça me terrifie parfois. J'aurais dû fuir, appeler la police, te dénoncer mais... tout cela me semble mal. Je t'ai regardé tuer un homme et je suis assise là à boire du vin comme à une garden-party. Qu'y a-t-il à dire de moi?"
"Pourquoi es-tu si foutrement pure?" Je me levai d'un bond, soudain en colère. Ma voix monta de plusieurs décibels. "Tu es celle qui est bien! Arrête ces inepties."
Elle ne fut pas intimidée par ma colère. "Je sais que ce que tu fais est mal, mais je ne peux pas m'en aller. Je me suis convaincue que cela n'a pas d'importance."
"Je t'ai rendue comme cela." Je voulais me mettre à genoux et supplier son pardon. Ce n'était pas juste. "Comment pourrais-tu m'aimer après ce que tu m'as vu faire?" demandai-je.
"C'est comme une maladie, Edward, et je ne voudrais pas en guérir même si je le pouvais. Cela a toujours été ainsi." Des larmes s'échappèrent de ses yeux et je me rassis, les essuyant avec mes doigts. "J'ai peur pour moi. Charlie avait raison. J'ai tellement changé et je ne pense pas que je voudrais même revenir en arrière parce que cela signifie que je ne pourrais pas être avec toi. Je sais que cela est pathétique, mais je m'en fiche."
"Non, Bella. Non. Tu n'as pas à changer pour moi." J'essayais de trouver une façon de prendre ce fardeau. "Je suis tellement désolé."
"Je t'ai même dit de tuer Vienna et je n'ai rien ressenti pour ça. Je suis tellement foutue dans la tête."
"Cela n'a rien à voir avec toi. Tu protégeais ta famille. C'était la bonne chose à faire."
"Vraiment? Parce que ça me rend un peu malade de penser que je puisse faire quelque chose d'aussi horrible."
"J'ai donné l'ordre Bella. Ce n'était pas ta faute."
C'est alors que je réalisai qu'il ne s'agissait pas du meurtre gratuit de ce soir. C'était une pierre dans l'esprit de Bella comparée au gros rocher qui reposait à l'intérieur d'elle. Bella craquait sous mes yeux, des années d'émotions refoulées qui jaillissaient à présent dans un torrent de confusion. Elle me détestait. Elle m'aimait. Elle me voulait et avait besoin de moi mais elle ne savait pas comment m'accepter. Elle était saine, moi pas. Nos genres n'auraient pas dû se mélanger et pourtant ils l'avaient fait. C'était contre nature, mais je m'étais battu pour cela pendant toutes ces années, me convainquant que ça irait bien.
Je ne pouvais en supporter davantage et comprenais que j'étais impuissant à lui faire traverser cela, alors j'appelai la seule personne au monde qui je savais le pouvait.
"Edward, qu'est-il arrivé?" Esmé bondissait en montant les escaliers pour me saluer à la porte. "Est-ce que tout va bien? Est-ce les bébés?"
"Non, c'est Bella." Je baissai la tête. "Je ne sais pas quoi faire. Elle a vu quelque chose ce soir qu'elle n'aurait pas dû voir et je crois que je lui ai fait peur, elle est dans une sorte d'état de choc."
Elle retira son manteau et me le tendit. "Où est-elle?"
"Dehors à l'arrière." Je lui montrai du doigt.
Esmé décolla, ses pieds faisant des bruits légers dans le couloir.
Je les laissai seules pendant une demi-heure. Je ne savais pas ce qu'elles ressentaient l'une pour l'autre à un niveau superficiel, mais je savais que ma mère aimait Bella comme sa propre fille. Elle et Carlisle étaient revenus depuis trois mois maintenant, et nous n'avions pas échangé plus de dix mots. Cela déchirait notre famille et, autant je haïssais mon père, autant je me rendais compte que j'avais besoin d'opérer un changement. Peut-être que je pouvais commencer avec Esmé.
Après m'être calmé, j'allais dehors jusqu'à elles.
Bella était enroulée dans une couverture, le visage toujours couvert de larmes. Esmé était tellement affectueuse avec ses touchers, prenant soin de son enfant blessée.
Je m'assis aussi loin que possible dans un fauteuil de l'autre côté de la terrasse, derrière elles mais tout de même à portée d'oreille. Je ne crois pas qu'elles me remarquèrent.
"Tu étais si jeune et c'est difficile, je comprends ça." Esmé tapota le dos de Bella. "C'est difficile d'assimiler des choses comme ça à dix-huit ans. Même maintenant, tu es trop jeune pour gérer les choses auxquelles tu fais face."
"J'essaie de rester forte. Vous l'avez fait. Rose et Alice le font. Mais le regarder... comme cela, mais toujours l'aimer..."
"Edward a eu tort, pas toi. Tu n'aurais jamais dû le voir ainsi."
"Je suis une fille de flic et je dors à côté d'un homme qui tue des gens." Elle s'essuya le visage. "Et je suis d'accord avec ça. C'est ce qui me perturbe."
"Le quitterais-tu?" demanda Esmé avec sérieux.
Bella leva la tête, offensée. "Quoi? Bien sûr que non!"
J'envoyai une prière silencieuse de remerciement à n'importe quel Dieu qui la gardait ici.
"Tu es loyale et tu te soucies de lui au-delà de l'entendement. C'est pourquoi tu es encore là, Bella. Nos hommes font ce qu'ils font du fait de la tradition, de l'honneur, de la fierté. Mais nous restons à cause de l'amour. Cela nous rend impuissantes et puissantes à la fois. Je ne sais pas comment l'expliquer."
"Vous n'avez pas à le faire. Je comprends parfaitement."
"C'est pourquoi je n'ai jamais quitté Carlisle. J'étais tellement en colère contre lui après avoir découvert qu'Edward était vivant, incroyablement folle de rage. Je ne lui ai pas parlé pendant des semaines, mais je me suis rendu compte que partir causerait beaucoup de dégâts pour tous les deux. Nous sommes partis loin parce que nous le devions afin de sauver notre mariage. Nous avons voyagé et appris à nous connaître à nouveau. Ça faisait trop longtemps."
"Je ne vous reproche pas d'être partis quand vous l'avez fait."
"Même après toutes ces années, je l'aime à un point que je ne devrais pas. Ce n'est pas sain. C'est ce que je crois que tu commences à comprendre."
"Je dois ressembler à une telle peureuse."
"Non, Bella. J'ai été surprise même que tu sois restée là après que tu aies su sur nous. Et quand tu l'as fait, j'ai su que tu étais celle pour lui."
Bella hocha la tête, apparemment mieux.
Esmé poursuivit, "L'amour était déjà là, tu avais juste besoin de l'acceptation. Nous nous convainquons que nos maris font de bonnes actions alors qu'ils n'en font pas vraiment. Cesse de tromper ton cerveau parce que je peux te dire tout de suite que ça ne marchera jamais. Edward est un mauvais homme qui fait de mauvaises choses, mais à la maison, avec toi et ces bébés, il est la personne la plus douce et la plus attentionnée au monde."
"Vous avez raison," dit Bella d'une voix étranglée.
"Je sais que tu as vu Le Parrain, tout le monde l'a vu." Ma mère ricana, "Les gens pensent que nos vies sont comme ce film, mais vraiment pas. Ce n'est pas un film. Cela est très, très réel et je suis navrée que tu aies mal à cause de cela."
"Je suppose que je n'y étais juste pas préparée."
"T'a-t-il dit exactement pourquoi il a tué cet homme? Parfois ça aide si tu en comprends la raison." expliqua Esmé.
"Quelque chose à propos d'une liste de cibles. Edward est... ambitieux, comme vous le savez. Il se débarrasse de tous ceux qui représentent une sorte de menace."
"Il tient cela de Nicola."
"Il est tellement irresponsable. Combien de temps pense-t-il pouvoir continuer ainsi avant que ce soit lui qui soit viré? Qu'attend-il que je fasse alors?"
"Ce soir c'était de sa faute. Il n'aurait jamais dû mélanger ses deux côtés. Mais ce n'était pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. Il y aura des actes innommables de violence que ton mari commettra et tu dois savoir qu'il ne sera jamais comme cela avec toi. C'est ce qui est exigé de lui."
"Il se considère comme un monstre."
"Ils le font tous. Mais tu dois le soutenir et prendre soin de lui parce qu'il n'en aura pas ailleurs. Edward ne t'a pas choisie autant qu'il a besoin de toi dans sa vie. Tu le calmes et fais de lui une personne meilleure. Tu n'es peut-être pas en mesure de le voir mais moi si. Tous mes fils sont plus forts grâce à leurs épouses. C'est ce que nous faisons."
Bella laissa échapper un long soupir, ne m'ayant toujours pas remarqué derrière elles. Elle était en train de traiter toutes ces informations sans même qu'une expression douloureuse traverse son visage.
"Et... je suis désolée." Esmé baissa la tête.
"Vous êtes désolée?"
"Pour ce que je t'ai dit aux funérailles de Nicola. Je suis tellement incroyablement navrée. Je sais que tu me détestes pour cela mais... dans le feu du moment, j'étais bouleversée et en état de choc. Tu n'as jamais mérité de perde ce bébé."
"Je vous ai pardonné depuis longtemps mais ça fait encore mal."
"Je le sais et tu ne sais pas combien de nuits blanches j'ai endurées en train de penser à une façon de m'excuser. Après être revenue ici depuis tous ces mois, j'ai réalisé que je n'étais pas la moitié de la femme que tu es."
"Esmé, vous être ridicule."
"Non, Bella. Je pensais être une bonne mère et j'étais fière de moi pour avoir bien élevé mes fils, mais tout ce que j'ai fait, tu l'as fait en dix fois mieux. Cette vie t'a été imposée si vite. Je suis née dedans; c'est différent. Tu as dû t'adapter et conduire cette famille en mon absence. Carlisle et moi sommes si fiers de toi et d'Edward. Même si vous nous détestez tous les deux."
"Nous ne vous détestons pas."
"C'est bon." Esmé tapota le genou de Bella. "Je me détesterais aussi. J'ai abandonné ma famille quand ils avaient le plus besoin de moi, mais tu les as aidés à tenir."
"Non," protesta-t-elle.
"Tu sais ce que j'ai fait quand nous sommes revenus? J'ai demandé à Alec s'il voulait vivre à nouveau avec nous." Les lèvres d'Esmé s'étirèrent en un léger sourire. "Je savais qu'il dirait non, mais je devais lui demander. Nous l'avons peut-être adopté mais il pense qu'Edward et toi êtes ses parents. Tu l'as élevé, pas moi. Tu es une mère formidable et une épouse formidable. Notre famille te doit tellement parce que tu as aidé Edward à tenir."
Bella ne répondit pas. Elle savait que c'était vrai. Je savais que c'était vrai. Tout Chicago savait que c'était vrai. Je ne serais rien sans cette femme.
"J'étais la reine de cette ville autrefois, mais plus maintenant. Je suis d'accord avec ça parce que j'ai passé la couronne à une personne merveilleuse." Esmé étreignit Bella tellement fort que je pensais que ses yeux allaient sortir des leurs orbites. Bella s'accrocha immédiatement à ma mère, la tenant près.
"Merci," murmura-t-elle.
C'était tellement calme dehors que le pleur d'un bébé venant d'en haut atteignit nos oreilles sans problème. Ma première réaction fut de bondir et de m'occuper de mes enfants, mais je ne voulais pas bouger de ma place. Je ne voulais pas laisser Bella.
Bella s'écarta. "Vous ne les avez toujours pas vus, n'est-ce pas?"
Esmé secoua la tête, gênée. "Edward ne veut pas que nous les voyons. Je comprends."
"Voudriez-vous maintenant?"
Je crois qu'Esmé aurait peut-être explosé si elle avait pu. "Vraiment?"
Bella hocha la tête, ses yeux trouvant les miens. "Oui, je suis sure qu'ils voudraient enfin vous rencontrer."
Esmé prit quelques courtes respirations avant de se lever et de se tourner pour revenir dans la maison. Quand elle m'aperçut, son visage se décomposa. Elle me murmura. "Edward ressaisis-toi. Cela cause de la peine à ta femme et je ne l'accepterai pas. M'as-tu compris?"
Je gloussai tout bas. Même après tous ces mois éloignée, elle était encore ma mère. "Oui, m'dame."
Elle m'étreignit férocement. "Nous parlerons plus tard mais je te remercie de m'avoir appelée. Cela signifie tellement."
"Monte et va voir les bébés." Je lui frottai le dos.
Esmé fut hors de vue presque en un battement de cils.
Il me fallut environ une minute pour avoir le courage de me rapprocher de Bella. Je m'assis avec hésitation à côté d'elle. Elle sourit et fondit dans mes bras, sa tête contre ma poitrine. Je noyai presque mon nez dans ses cheveux, essayant de savourer notre proximité.
"Tu n'es pas un monstre," dit-elle catégorique. "Tu es mon mari."
"Je suis les deux et je suis désolé pour ça." Je l'embrassai sur le font. "Mais je t'aime. Au-delà de tout le sang et de la colère que j'ai pour le monde, je t'aime. N'en doute pas."
"Je n'en ai jamais douté." Elle se blottit plus près de moi.
Nous passâmes la nuit sur la terrasse, enroulés dans la couverture tandis que le feu se maintenait.
Une semaine plus tard, j'étais assis dans un coin sombre d'un restaurant thaïlandais, essayant de ne pas vomir à cause des odeurs atroces et agressives venant de la table d'à côté. Je détestais la nourriture thaïlandaise mais c'était un des endroits préférés de Carlisle alors j'avais concédé. C'était aussi une branche d'olivier qu'il avait eue là.
Je pris une grande gorgée d'eau, la faisant tourner dans ma bouche et tapotant mes doigts sur la table. J'étais stupidement arrivé une demi-heure plus tôt et je n'avais rien d'autre à faire que d'attendre. C'était une torture parce que ça me laissait le temps de revenir sur les principaux discours que j'avais prévus pour cette rencontre.
Avec la réconciliation d'Esmé et de Bella, j'avais senti qu'il était temps d'avoir une discussion d'homme à homme avec mon père. Cela faisait trop longtemps et si elles avaient pu le faire alors je le pouvais, même si ça me forçait à être le plus mature de nous deux. Ceci étant dit, si Carlisle me cherchait je n'hésiterais pas à fixer les règles. Il ne dirigeait plus et c'était ma ville maintenant. Il devait comprendre ça.
Il traversa la salle, habillé avec élégance dans un de ses meilleurs costumes et me salua en fait avec le sourire. Je me levai et déboutonnai ma veste. Je détestai l'avouer mais même si j'étais un homme en soi, Carlisle était l'homme. Les putains de nuages se séparaient pour lui et il avait un niveau de contrôle qui venait avec le temps.
Nous nous serrâmes la main avant qu'il ne me tire dans une étreinte insouciante. "Edward, mon fils."
Ou il était à dessein inconscient de la tension dans notre famille, ou il avait choisi de ne pas en faire cas.
"Papa, c'est bon de te voir également," servis-je, essayant de ne pas être révulsé par ses mains sur moi.
"Assieds-toi, assieds-toi. Nous avons beaucoup à dire." Il déboutonna son manteau et pris un siège. Je fis de même. "C'est la première fois depuis longtemps que nous nous trouvons dans la même pièce. La dernière fois que je t'ai vu, tu m'as chassé de ton perron."
"Oui, eh bien, c'était dans des circonstances différentes." Je me sentis soudain oppressé et je suffoquai dans ce petit restaurant. "Commençons par toi. Où étais-tu allé exactement?"
"Partout," il soupira. "Ta mère et moi, comme tu as dû probablement le deviner, avions beaucoup de travail après tout ce qui avait été révélé. Nous avons fait un voyage spirituel au Tibet et en Chine, des excursions de bénévolat en Israël et une fouille archéologique assez étrange au Venezuela. Ce fut beaucoup mais nous avons passé chaque jour ensemble. Cela a sauvé notre mariage."
"Je ne t'ai jamais vu si... vivant." Je le regardai de haut en bas. Il avait changé.
"Je ne peux pas l'expliquer. Je me sens tellement en apesanteur ces temps-ci. J'avais beaucoup espéré dans cette retraite que je n'avais même pas considéré les possibilités avant."
"Ouais, cela arrive quand tu laisses ton fils faire ton sale boulot."
Carlisle hocha la tête. "Tu es en colère contre moi."
"Est-ce une question?"
"Non, c'est une affirmation."
"Diable oui, je suis fou de rage contre toi."
"Edward, surveille ton ton," dit-il avec sérieux. "Je n'ai jamais eu l'intention de te laisser te dépêtrer tout seul. Je pensais que tu pouvais gérer les choses. J'avais tout mis en place pour qu'il y ait aussi peu de problèmes que possible."
"Ce n'est même pas ce que tu as laissé. Je m'attendais à cela, mais pas que tu partes sans laisser d'informations pour te contacter. Sais-tu combien de fois j'ai voulu t'appeler et juste prendre ton avis? J'ai mis le bordel pendant un moment à cause de ma stupidité..."
Il m'interrompit, "Oh, je sais. Edward, pourquoi crois-tu que je t'ai laissé derrière sans aucun moyen de me contacter? Parce que cela a fait de toi un homme meilleur; voilà pourquoi. Un meilleur leader. Si j'avais été sur ton dos toutes les cinq minutes, tu aurais dirigé cette ville comme je l'ai fait. Ce n'est pas ce dont notre famille avait besoin. Tu avais besoin de faire tes marques."
Maudit soit-il pour avoir toujours raison.
"Cela ne me fait pas me sentir mieux." Je levai les yeux au ciel.
"Ce n'était pas l'intention. Je n'ai jamais voulu te laisser pour te faire te sentir mal. Emmett pouvait me contacter en cas de besoin. Si les choses étaient devenues trop mauvaises. Mais tu as bien géré toi-même. Je suis très fier de toi."
"Eh bien... merci," dis-je de façon étrange.
"Et je suis désolé pour tous les ennuis que j'ai causés." Il semblait vraiment regretter.
Nous restâmes silencieux pendant quelques minutes.
"Je sais que tu es encore en colère contre moi mais je suis ton père et ma famille me manque," soupira Carlisle. "Peux-tu me pardonner?"
"Non," claquai-je, "je ne pardonne pas facilement."
"Ton grand-père t'as enseigné ça."
"Heureusement pour toi, ma femme est beaucoup plus accommodante."
"Dieu merci ou tu ne serais pas là," répliqua-t-il. "Bella est une des femmes les plus courageuses que je connaisse et pour tolérer notre merde... Elle est forte."
"C'est ce qu'elle est."
"J'ai appris que tu avais eu un problème la semaine dernière. Comment ça va?"
"Cela ne te concerne aucunement." le rabrouai-je une fois de plus.
Bella avait extrêmement bien rebondi. Je lui avais montré un côté de moi qui était trop terrifiant mais elle avait fait face à cela à sa façon. Elle était hésitante, évidemment, même si elle le cachait bien. Bella était bâtie pour cette vie et me le disait tellement. Elle avait simplement dit que c'était choquant pour elle de me voir ainsi. Je ne pouvais pas la blâmer.
"Je comprends," dit mon père. "Il faudra du temps pour reconstruire notre relation mais je suis heureux que nous soyons réunis. C'est le premier pas. Un moine en Mongolie m'a dit..."
Je ne l'écoutais plus parce que je n'étais pas d'humeur à entendre ses enseignements philosophiques sur la sagesse. J'en avais fini pour la soirée. Nous n'avions pas discuté du "livre" parce qu'il savait déjà comment je me sentais à ce sujet. Ce truc était indécent et soi-disant une histoire de notre famille. N'importe qui pouvait lire nos sales secrets et nous disséquer. Et s'ils en faisaient un film? Personne ne serait en mesure de digérer cette merde à l'écran. Cette chose ne sera jamais publiée tant que je serai vivant et Carlisle n'oserait pas essayer.
Un moment plus tard, nous revenions à des sujets plus pressants.
"Je vois que tu n'as pas nommé de Consigliore." dit Carlisle avec décontraction, même si sa déclaration était tout sauf cela.
Consigliore: mon bras droit, mon confident, mon principal conseiller...
"Je ne pensais pas qu'il soit nécessaire."
"Oh? Tu prévois de mener toutes nos opérations mafieuses toi-même?" ricana-t-il pour lui-même.
"J'ai des frères. Ce serait différent si j'étais seul. Ils apportent leur aide plus qu'aucune autre personne ne le pourrait."
"Oui, mais ils ont besoin d'une voie hiérarchique."
"C'est peut-être comme cela que tu mènes les choses, mais pas moi."
"Mais tu devrais." Il se pencha, "J'essaie de t'aider, Edward. S'il te plait, ne m'exclus pas là maintenant. Je veux que tu réussisses et tu as besoin d'aide."
Je réfléchis pendant une longue minute. Il avait raison mais c'était une décision où je ne pouvais pas me permettre de faire un mauvais changement.
"Je pourrais... en parler à Alec." dis-je calmement.
"Je pensais que tu allais dire ça." répondit Carlisle, ne me donnant aucun de ses avis ou points de vue.
Étonnamment, je me surpris à vouloir les entendre.
Une demi-heure plus tard, je bouclai le dîner. Je n'en pouvais plus. Mon père paya et je me tenais dehors, fumant, attendant que ma voiture me soit amenée là par un voiturier.
"Edward, qu'as-tu prévu pour ce soir?" me demanda Carlisle.
"Juste une affaire de famille."
"Vraiment?" Son intérêt était piqué.
Je me mordis la langue pendant une seconde choisissant mes mots avec prudence. "C'est une... exécution planifiée, ce genre de chose."
"Ça semble merveilleux. Ça dérangerait si je me rajoute?"
Je réprimai un gémissement mais ne répondis pas. Je voulais vraiment m'éloigner de lui là tout de suite. Trop de Carlisle en si peu de temps n'était pas raisonnable.
"Allez," il me donna un coup d'épaule, "donne à ton vieux père de l'amusement."
"Très bien," grognai-je
Quelqu'un m'amena la Mercedes et je lui mis un pourboire dans la main quand il me tint la portière ouverte. Je me coulai dans le siège, Carlisle montant aussi. Je démarrai, plus vite qu'habituellement mais il y avait des endroits où je devais être.
"Edward, pourquoi vas-tu à cette vitesse?" demanda mon père alors que je prenais un virage serré et déjouais la circulation. "Mon Dieu, je sais que je t'ai appris mieux que cela."
"J'ai toujours conduit de cette façon. J'aime la vitesse."
"Eh bien, ralentis. Tu vas heurter quelqu'un."
"Tu ne peux pas me dire comment conduire." J'étais sur la défensive. "Je suis un homme de trente ans. Je peux conduire comme je veux."
"C'est ridicule." Le visage de Carlisle blanchit. J'avais un étrange sentiment de satisfaction à le voir se tortiller. Il n'avait jamais été pour les voitures rapides. Il était toujours plus à juste les regarder.
"Rassieds-toi et cesse de t'inquiéter." Je poussais le véhicule plus vite.
Nous atteignîmes rapidement notre destination et je levai le pied quand nous arrivâmes aux grilles d'une installation normale de stockage. Il y avait des rangées et des rangées d'unités de stockage que les gens pouvaient louer pour entreposer leurs affaires. Il avait été complètement oublié au fil des ans mais tant que la facture mensuelle était payée, aucune question n'était posée.
J'entrai le simple code à six chiffres – ma date de naissance – pour ouvrir les portes et conduisis tranquillement à travers les allées désertes.
"Alors, qu'est-ce qu'on fait ici exactement?" me demanda Carlisle.
"J'ai quelqu'un qui doit être éliminé," répondis-je simplement.
"Cela n'aurait rien à voir avec cette liste dont je ne cesse d'entendre parler, hein?"
"Qui te l'a dit?" Je fis une légère embardée.
"Alec."
"Bien sûr," râlai-je.
"Je pense que l'idée est excellente, si pas trop zélée et complètement obsessionnelle, mais ça devrait bien marcher pour toi. Tu es assez fou pour effectivement liquider tout le monde avant qu'ils ne t'aient."
"J'ai presque fini. Juste quelques noms encore."
"Tu as toujours été extraordinairement doué quand il s'agit de ce genre de choses."
Je m'arrêtai devant une des plus petites unités. Elle était au bout d'une rangée dans l'angle et pratiquement la plus isolée que je pouvais louer. J'éteins la voiture et sortis avec Carlisle qui me suivit jusqu'à la porte. La serrure était simple et facilement cassable mais si qui que ce soit voulait me voler, il en serait quitte pour un choc une fois la porte ouverte.
Le verrou tomba de la clenche et je levai la porte au-dessus de ma tête.
Il n'y avait de lumière dans le container mais la lune luisait assez pour voir à l'intérieur.
L'odeur me frappa en premier. C'était putride et rance, le tout enveloppé dans une odeur dominante d'immondices. Un homme à la peau pâle et aux cheveux noirs hirsutes était immobilisé sur une chaise en bois. Une bande adhésive argentée couvrait sa bouche et son corps avait fondu, le résultat de malnutrition et déshydratation. Il était nu et assis dans sa propre puanteur. Je crois que c'était son trentième jour d'emprisonnement.
"Bien, bien, un Mangicavalo." Carlisle se rapprocha. "Impressionnant."
"Le plus jeune fils, Adriano. Le père et les deux ainés sont déjà morts. Tout le monde croit qu'ils sont retournés en Italie."
L'homme essaya de lever la tête mais n'eut pas assez de force pour la tenir droite. Ses yeux étaient rouges, gonflés et amers. Il était plutôt répugnant.
"Il doit être achevé ce soir." Je fermai la porte derrière moi, nous enveloppant dans l'obscurité. L'odeur s'intensifia. Je pris un mouchoir dans ma poche pour me couvrir le nez et la bouche, essayant d'atténuer un peu l'odeur.
J'utilisai l'écran de mon téléphone pour éclairer l'espace.
Carlisle le fixait, inspectant son visage et souriant d'un air supérieur. "J'aime bien celui-ci. Il est coriace."
"Il est épuisé. Il veut mourir." Je donnai un coup de pied à la chaise. Adriano tomba au sol, les mains et les pieds liés, se renversant dans ses excréments.
J'armai mon pistolet, prêt à le tuer mais Carlisle m'arrêta. "Puis-je?"
"Oh, bien sûr." Je m'écartai d'un pas hésitant. "Si tu le souhaites."
Armant un pistolet encore plus gros, Carlisle se courba en avant au-dessus de sa victime.
Cela faisait un moment que je n'avais pas vu mon père en action et un frisson familier parcourut mon corps. Cet homme pouvait vous faire vous incliner d'un simple regard. C'était un tel contraste de le voir ainsi par rapport à une heure plus tôt quand nous discutions de la météo au-dessus de rouleaux de printemps au poulet grillé et d'une soupe aux crevettes épicée. Il pouvait allumer et éteindre sa cruauté comme avec un interrupteur; un talent que je ne maîtrisais pas encore.
Carlisle arracha l'adhésif sur la bouche d'Adriano, emmenant avec des morceaux de peau sèche et du sang. La zone autour de ses lèvres était à vif avec des rougeurs et des irritations. Adriano avait été nourri un jour sur deux et gardé dans cette unité de stockage pendant un mois, sans aucune autre raison pour moi que de prendre un plaisir malsain à lui ôter chaque once d'humanité restante.
Il se tordit et hurla des insanités à pleins poumons, suppliant que quelqu'un l'entende, implorant du secours.
Carlisle poussa le silencieux du canon de son High Standard 22LR profondément dans la bouche d'Adriano. Il eut un haut le cœur et s'étouffa mais Carlisle le poussa plus loin, bâillonnant efficacement cet homme.
Sa mise à mort fut silencieuse mais atrocement gore. Le tir fut étouffé et ressembla à un léger coup de poing dans un oreiller, mais la scène sanglante était bien loin de détendre. La moitié arrière de la tête d'Adriano avait sauté et laissé une énorme cavité. Cervelle, sang, chair et os, dans différentes directions, avaient recouvert les murs comme un tableau sadique de Jackson Pollack. C'était bizarrement... beau.
J'admirai l'œuvre de mon père en balayant la scène avec mon téléphone, laissant la lumière aller dans chaque coin et recoin.
"Simple et facile, comme ça l'était dans ma jeunesse." Carlisle se releva, essuyant ses mains sur son pantalon.
Et ce fut tout. Un autre membre de ma liste hors circuit.
Les chiens me suivirent quand je montai les escaliers, leurs pattes griffues faisant du bruit sur le bois alors qu'ils me poursuivaient. Je commençai à enlever mes vêtements souillés de sang en avançant dans le couloir mais veillant à ne pas faire de bruit car la maison était plongée dans le noir et silencieuse.
Les lumières de ma chambre étaient éteintes alors je me faufilai dans la salle de bains et sautai sous une douche chaude, purifiant mon corps de l'immonde assassinat de ce soir. L'eau brûlante fit rougir ma peau. La vapeur enveloppa la salle de bains, me faisant presque suffoquer, mais je l'accueillis volontiers.
Je sortis de la douche et me séchai à peine, secouant l'eau de mes cheveux en retournant dans la chambre. J'enfilai un boxer et rien d'autre.
Bella était tranquillement endormie dans le lit et la lune, qui après avoir éclairé une scène tellement choquante et horrible plus tôt dans la soirée, luisait sur elle. Je ne pouvais espérer meilleure vision en rentrant chez moi.
Bella aimait dormir dans des vêtements amples; des trucs à moi dans lesquels elle pouvait remuer à l'aise, mais ce soir, j'avais droit à quelque chose de différent. Elle portait une sorte de lingerie noire en dentelle. Elle était couchée à plat ventre, les draps du lit enroulés autour de ses jambes et vu que la nuit était plutôt chaude, elle n'avait pas ressenti le besoin d'une couverture, Dieu merci.
La culotte était extra-fine et ne cachait pas grand-chose, couvrant juste assez de son cul parfait pour tenter, mais qui me fascinait quand même. Le haut était moulant et en dentelle aussi. Il avait des bretelles qui tombaient de ses épaules et une bande de peau autour de sa taille était en train de me rendre fou.
Je mordis sur mes articulations pour calmer mes bruits lascifs et dévergondés.
Je commençai à ses mollets, embrassant et savourant chaque centimètre de peau soyeuse. Elle remua légèrement et gémit mon nom.
"Est-ce toi?" demanda-t-elle.
"Non, c'est un autre homme qui s'est faufilé dans ton lit à la nuit tombée." Je poursuivis plus haut, jusqu'à ses cuisses.
"Oh, eh bien ne le dites pas à mon mari." Elle rigola quand mon souffle provoqua la chair de poule sur son corps. "Il peut être un vrai animal quand il est jaloux."
Je grognai.
Pendant la grossesse, Belle avait naturellement gagné du poids. Je l'avais convaincu de ne pas tout perdre même si elle était déterminée à redevenir normale. Elle était naturellement fine et le serait probablement toujours, mais elle portait joliment les quelques kilos en plus. Je l'aimais beaucoup mieux ainsi. Elle était ferme à tous les bons endroits et voluptueuses aux autres. Tellement tentante.
"J'étais restée éveillée à t'attendre. Désolée de m'être endormie." Bella revint à la vie mais ne se retourna pas, s'enfonçant plus profondément dans notre matelas.
"C'est vraiment une agréable surprise." J'atteignis son cul que je mordis doucement.
"Je comprends que tu aimes les vêtements que j'ai achetés aujourd'hui." Bella haleta de surprise quand je giflai ses fesses, causant une marque rouge.
"Pourquoi portes-tu de tels trucs? Tu sais que je vais juste te les arracher. C'est un gaspillage d'argent."
"Complètement inutiles?"
"Je n'ai pas dit ça."
"J'ai pensé que ce serait bien pour changer."
"Pour me tenter encore plus à te vouloir? Je pensais que c'était impossible mais tu continues à me surprendre."
"Peut-être," soupira-t-elle roulant sur le dos et ouvrant ses jambes afin que ma tête passe entre.
J'embrassai l'intérieur de ses cuisses. Mon toucher léger comme une plume la fit se tortiller et remuer dans tous les sens au-dessus de moi. Elle se mordit la lèvre, passant ses mains dans mes cheveux humides et les tiraillant, me tirant plus haut jusqu'à ce que j'atteigne son centre couvert de dentelle.
"Tu sens... tellement bon." Je sortis un grognement de ma poitrine.
Ceci avait les promesses d'une nuit grandiose mais malheureusement les bébés avaient d'autres plans.
"Merde," je faillis moi-même pleurer quand j'entendis le hurlement venant du bout du couloir.
"L'un d'eux à probablement juste besoin d'être changé." Bella se redressa rapidement.
L'humeur lascive était passée et je la regardai sauter du lit, la lingerie oubliée alors qu'elle mettait un foutu peignoir avant de sortir de la chambre en courant.
Cette nuit-là, après que les bébés se furent calmés, nous fîmes l'amour lentement et tendrement. J'avais vénéré le corps de Bella jusqu'à ce que je n'aie plus rien à donner. Quand nous eûmes fini, elle tenta de mettre un tee-shirt mais je ne le permis pas. Je la tirai près de moi, sentant son corps nu contre le mien et la laissai s'endormir contre moi.
Je ne pouvais pas fermer les yeux et décidai de renoncer à me reposer. Je n'essayai même pas. Mon cerveau ne voulait pas s'arrêter.
Aux environs de quatre heures du matin, je roulai hors du lit, me démêlant de Bella et arpentai la chambre un moment. J'étais agité et sans raison particulière, juste le besoin de bouger. Je ne me sentais pas bien. Je décidai de faire quelque chose de productif.
J'ouvris les doubles-portes de notre dressing et regardai dedans, pensant à réorganiser mes cravates. C'était une activité qui me prendrait au moins une paire d'heures vu que j'en avais tellement. Une fois à l'intérieur cependant, je fus choqué. Cela faisait bien trop longtemps que j'avais vraiment regardé notre dressing.
"Cet endroit est un fouillis," me dis-je à moi-même.
Je commençai par ma moitié du dressing, sortant tout des casiers, étagères et cintres. Je repliai des centaines de tee-shirts et chaussettes, habillés et décontractés, indifféremment. Je passai une heure à cirer mes chaussures avec un vieux chiffon. Cela prit la majeure partie de mon temps puisque ma collection de chaussures était... vaste, le moins qu'on puisse dire.
Je refis tous les tiroirs, intervertissant certaines parties. Je n'avais jamais aimé mes vêtements de sport dans les tiroirs du bas mais Katy Nana insistait là-dessus. Je les plaçai finalement sur une étagère du haut où je pouvais mieux les voir. Je passai ensuite à mes costumes que j'empaquetai pour être envoyés au pressing. Tous.
La plupart des marques étaient Armani et Calvin Klein, la confection de l'homme bien habillé. J'avais essayé différentes choses à un moment donné mais je n'aimais pas particulièrement la forme, les couleurs ou les tissus. Il était préférable de m'en tenir à ce que je connaissais.
Une fois que j'eus fini, aux environs de sept heures, mon côté du dressing était impeccable. J'étais très impressionné par mon travail jusqu'à ce que je me retourne et mon visage se décomposa quand je vis le désordre dans les vêtements de Bella.
Je hochai la tête avec détermination en retournant au travail.
A ce moment-là, les chiens étaient réveillés et couchés sur le sol à me regarder. C'était un miracle ce qu'une semaine de dressage pouvait faire: Bosco m'écouta en fait quand je lui dis de s'assoir dans le coin pendant que je réarrangeais les chaussures de Bella. Il voulait foutrement les mordre, je le savais bien, mais il resta tranquille.
Bella avait plus de vêtements que moi. Je ne savais pas comment c'était arrivé mais ses étagères débordaient. Le problème était que Bella ne croyait pas en l'organisation. Elle pendait les choses là où elle se trouvait au moment où elle le faisait. Je devais arranger cela. Je sortis tout, replaçant à ma convenance. Elle avait des centaines de robes que je triai par couleur. J'allai à ses chaussures, les classant par hauteurs de talons et ensuite par ordre alphabétique.
Armani, Burberry, Chanel, Christian Louboutin, Dona Karen, Jimmy Choo…
Elle avait des chaussures plates, des bottines, des baskets et des sandales que je rangeai dans le casier du bas du dressing. Ça m'amusait toujours quand Bella portait quelque chose avec un talon. Non seulement elle était diablement sexy avec mais elle restait debout, ce qui était quelque chose que je n'aurais pas jamais vu cinq ans plus tôt.
Vint ensuite les sacs à main et les pochettes, une fois encore, par ordre alphabétique.
Alexander McQueen, Bottega Veneta, Diane Von Furstenburg, Fendi, Gucci, Hermes…
Je ricanai pour moi-même rien qu'en pensant à combien exactement j'avais dépensé pour sa garde-robe depuis un an. Je n'avais probablement pas envie de le savoir.
J'étais à quatre pattes, passant en revue ses vêtements de nuit quand je tombai sur une chemise simple à carreaux, rouge et bleue. Je la tins dans mes mains, sentant le tissu rêche. Je me rappelai de cette chemise.
Quand j'avais rencontré Bella, elle portait toujours des vêtements à carreaux, le produit de son éducation dans le Nord-Ouest. Ils étaient toujours trop grands pour elle mais elle s'en fichait. C'était attachant et déroutant à la fois. A l'époque, je ne comprenais pas. Pourquoi avais-je même été attiré par une fille qui pensait que les carreaux étaient un look à la mode? Mais Bella était différente. Ses tissus étaient rêches, les miens étaient doux. Elle avait des vêtements qui étaient dépassés depuis 1980, les miens étaient à la pointe de la mode. Elle était toile, j'étais soie. Nous n'aurions jamais dû nous mélanger et d'une manière ou d'une autre nous l'avions fait. Mais même alors, je savais qu'elle était "l'unique". Je n'y pouvais rien.
Ces pensées semblaient redondantes pour moi car elles roulaient dans ma tête depuis la semaine dernière. J'avais essayé de l'avertir de rester loin, mais elle s'était accrochée à moi et m'avait promis de ne jamais me quitter. C'était pour cela que je l'aimais autant et que je l'aimerai toujours.
"Tu commences à ressembler à un dingue." Je secouai la tête.
Je me relevai et décidai de garder la chemise à carreaux pour moi. Je la pliai soigneusement et la plaçai dans un de mes tiroirs, secrètement cachée sous une pile de sous-vêtements bleu clair fraichement repassés.
"Edward, qu'est-ce que tu fais?" Bella entra d'un pas hésitant dans le dressing. Ses cheveux après une nuit de sexe étaient tellement magnifiques au matin et elle avait mis la même lingerie que j'avais juré de mettre en lambeaux la nuit dernière, mais qui d'une manière ou d'une autre avait survécu.
"Nettoyage de printemps," répondis-je, veillant à fermer le tiroir qui contenait sa chemise à carreaux. Elle n'allait pas récupérer ceci.
Bella regarda partout, l'air perplexe. "Qu'est-il arrivé à tous mes vêtements?"
"Je les ai organisés. Tu n'aimes pas ça?"
"Si." Elle plissa le front en passant ses mains sur ses manteaux et ses vestes.
"Je ne pouvais pas dormir alors j'ai décidé de m'occuper de ça puisque j'en avais l'énergie," expliquai-je.
Les chiens coururent vers Bella, lui léchant les jambes. Elle s'empressa de les caresser. "Bon, c'est bien, je suppose. J'espère que tu n'es pas resté debout toute la nuit pour faire ça."
"Non, pas du tout. Ça a été plutôt rapide, en fait."
Elle trébucha sur un tas sur le sol. "Edward, qu'est-ce que mes robes font là par terre?" Elle en ramassa une.
"Ce sont les affaires que je vais jeter."
"Jeter?" Sa voix monta d'une octave.
"Oui," répondis-je avec détermination. "Ces robes sont trop courtes pour toi. Tu ne peux pas porter ces trucs."
"Qui dit ça? Et elles ne sont pas trop courtes."
"Cette chose couvre à peine ton cul," contrai-je.
"Tu exagères. Je ne vais jeter aucunes d'elles. Il se trouve que j'aime ces robes. Elles sont pour les barbecues d'été et les soirées entre filles." Elle commença à les ramasser à la hâte.
"Bella, je ne vais pas me disputer avec toi là-dessus. Laisse-les par terre pour que Katy Nana vienne les débarrasser."
"Tu n'as jamais semblé avoir de problème avant avec mes robes. De ce que je me souvienne, tu aimes mes jambes."
"Ne me parle pas comme à un gamin. Tes jambes sont pour moi. Pas pour quelqu'un d'autre." Je la pris dans mes bras.
"Elles ne sont pas si courtes, Edward." soupira-t-elle. "Pouvons-nous faire un compromis?"
"Non," dis-je immédiatement puis je modifiai ma réponse quand elle me lança un regard furieux. "Peut-être."
Nous nous mîmes d'accord pour jeter toutes les robes qui n'arrivaient pas au moins à dix centimètres au-dessus du genou mais je pense qu'elle tricha parce que Bella n'en eut seulement que deux à jeter. Je me contins. Je serrai les dents en la regardant les remettre sur les cintres en pensant à tous les libidineux contre lesquels je devrais me battre quand nous marcherions dans la rue ou quand elle viendrait me rendre visite à mon bureau.
"Je n'aime toujours pas ça." Je me mis contre le mur opposé et croisai les bras.
"Tu t'y feras." Elle se haussa sur la pointe des pieds et m'embrassa. "Viens m'aider pour les bébés."
Nous quittâmes le dressing, mon esprit enfin libéré des vêtements, et allâmes jusqu'à la nurserie. Elle avait été repeinte récemment, un cadeau pour les six mois des bébés. Les couleurs pastelles avaient été recouvertes par des scènes fantastiques des histoires de la Mère l'Oie. Personnellement, je n'en connaissais aucune mais elles semblaient assez apaisantes et amusantes.
Roman était réveillé et se mit à rire quand je le pris.
"Hé, mon pote," je le fis sauter dans mes bras. "Tu as l'air bien content aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il se passe?"
Il tendit les bras pour atteindre mon visage, tapotant mes joues avec ses mains potelées.
"Il te reconnait." Bella prit Sophia.
"Bien sûr qu'il me reconnait."
En regardant le tableau devant moi, jamais je n'avais pensé que j'arriverais dans un endroit comme ça. J'avais une femme, deux enfants, des chiens et une vie stable. Et pour dire la vérité, je ne voudrais pas qu'il en soit autrement. Que diable m'était-il arrivé?
Je ricanai pour moi-même, embrassant le dessus de la tête de Roman.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" me demanda Bella
"Absolument rien."
Dr Jekyll and Mr Hyde! Mais tout à l'air de rentrer dans l'ordre, même Carlisle et Esmée.
Qui reste-t-il encore à Chicago?
A bientôt
LyraParleOr
