Chapitre 35 : le champion de Poudlard.
- Dumbledore qu'est ce que cela veut dire ? demanda d'une voix menaçante Severus Rogue.
Après l'annonce du dernier champion du tournoi qui avait secouée la Grande Salle, Albus Dumbledore avait intimé aux jumeaux Potter, tous les deux abasourdis, de le suivre dans la salle où se trouvaient déjà les deux autres championnes. Minerva McGonagall, Maugrey Fol-Œil et Severus Rogue l'avaient aussitôt suivi.
- Ce n'est pas la première fois qu'une telle chose arrive, répondit à la place du directeur Stephen Cullen d'une voix apaisante. Souvenez-vous qu'en 1640, ce sont les jumeaux Andersen, les champions de Poudlard qui avaient remporté la coupe. C'est inhabituel, mais possible.
- Je répète ma question Dumbledore, l'ignora le professeur de Potions. Comment est-il possible que, primo, deux garçons de moins de 17 ans puissent participer au tournoi, et deuxièmement, qu'ils soient deux ? C'est un champion par école, par Salazar !
Dumbledore leva la main comme pour apaiser son si facilement irascible professeur. Mais ce fut un Ryan Potter toujours surpris qui répondit à sa place.
- C'est à cause du lien des jumeaux, n'est ce pas ? J'ai entendu Fred et Georges dire que dans le tournoi des trois sorciers, les jumeaux n'étaient considérés que comme une seule entité, et qu'ils pouvaient donc participer à deux. C'est pour ça qu'ils voulaient s'inscrire, car ils savaient que si ça marchait ils seraient pris tous les deux.
- C'est exact, acquiesça le directeur. Mais sur le premier point j'ignore complètement ce qui s'est passé Severus. Bien sûr, il est possible que j'aie fait une erreur en traçant la ligne d'âge autour de la coupe. Est-ce que l'un d'entre vous a déposé son nom dans la coupe ? demanda-t-il en se retournant vers les jumeaux. Mais toute personne un tant soit peu observatrice pouvait voir que ses yeux bleus fixaient en particulier Harry.
- Non, s'écrièrent en chœur les deux frères.
Ryan et Harry échangèrent un regard méfiant, alors que les autres adultes continuaient à les observer avec suspicion.
- Je ne crois pas que l'un d'entre eux soit responsable, finit par dire Maugrey. Il faut beaucoup de puissance magique pour pouvoir tromper la coupe de feu et lui faire croire qu'un des participants se situe au dessus de la limite d'âge.
- Sans oublier, intervint la directrice de Durmstrang, que celui qui a mis leurs noms a réussi à influer sur la coupe de telle sorte qu'elle les choisisse eux, ce qui n'était pas forcément évident de prime abord.
- Albus, vous ne pouvez pas les laisser participer, ils sont bien trop jeunes ! s'exclama Minerva. Ils ne sortiront jamais vivant de ce tournoi ! Il faut empêcher cela.
- Malheureusement c'est impossible, répondit Asriel. Que ce soit eux ou quelqu'un d'autre qui ait mis leurs noms dans la coupe, ils ne peuvent plus reculer maintenant. Ils sont liés par un contrat magique, et vous savez très bien que s'ils n'honoraient pas ce contrat, ils seraient aussitôt dépossédés de leurs pouvoirs.
- Mais enfin, ils ne sortiront jamais vivant de ce tournoi ! s'écria la directrice des Gryffondors, clairement retournée par la situation.
- C'est peut-être ce que quelqu'un espère, intervint le professeur de défenses, et aussitôt tous les regards se tournèrent vers lui.
- Qu'est ce que vous nous racontez là ? demanda Mme Maxime, interloquée.
- Après les événements de cet été cela me semble pourtant clair. Quelqu'un a mis leurs noms dans la coupe, et ça m'étonnerait fort que ce soit juste pour qu'ils s'amusent dans ce tournoi. Quelqu'un espère qu'ils n'en sortiront pas vivants.
- Allons, allons, finit par dire Asriel au bout de quelques minutes de silence abasourdi, alarmé. Que tout le monde se calme. Bien sur, les circonstances sont spéciales, mais il n'y a pas de raison pour que ces deux jeunes hommes ne s'en sortent pas ! Après tout, Ryan est le Survivant, je suis persuadé que lui et son frère pourront s'entraider et s'en sortir avec brio. Et Dumbledore, le Ministère peut vous faire confiance et vous charger de trouver le fin mot de l'histoire, n'est ce pas ?
- Bien sûr Phillip, bien sûr, acquiesça le vieux sorcier. En attendant, Harry, Ryan, vous pouvez vous retirer, je suis sur que vos maisons vous attendent, et vous devez certainement avoir envie d'écrire à vos parents pour leur raconter la nouvelle !
Ryan et Harry opinèrent silencieusement du chef et comprirent que la dernière phrase leur signifiait de prendre congé. Alors qu'ils se dirigeaient vers la porte, Severus Rogue les rattrapa.
- Deux minutes Harry, j'aimerais te parler un instant, requit-il.
Ryan partit de son côté sans même un mot pour son jumeau et le professeur de Potions entraîna son élève préféré vers la direction opposée, dans le sens des cachots Serpentard.
- Professeur je vous jure que ce n'est pas moi qui ait mis mon nom dans la coupe, commença Harry.
Rogue se retourna vers lui.
- Bien sur que ce n'est pas toi, je le sais très bien. Tu es peut-être doué, mais pas assez pour tromper une coupe réglée par Dumbledore en personne. Non, quelqu'un s'en est chargé à votre place.
- Est-ce que vous croyez que le professeur Maugrey a raison ? Que quelqu'un nous veut du mal ?
- Cela me parait évident Harry, soupira Rogue. Après ce qui est arrivé cet été, pas seulement à ton frère…je crains que vous ne soyez tous les deux en danger. Les épreuves prévues sont vraiment très dangereuses à ce que j'ai cru comprendre, et il va falloir très sérieusement te préparer.
Rogue baissa les yeux vers son élève et vit que celui-ci avait très clairement l'air troublé, anxieux. Il poussa un petit soupir, et tenta de son mieux pour lui redonner le moral.
- Ne t'inquiète pas, tu ne pars pas complètement démuni dans tout ça. Mais il va falloir que tu t'entraînes bien plus durement qu'en temps habituel, et je vais t'aider. Dés que j'apprendrai quelle est la première épreuve, je t'en ferai part.
- C'est de la triche ?
- Et alors ? répliqua Rogue d'un ton sec. En d'autres circonstances je n'aurai jamais rien dit. Mais ma priorité n'est pas que tu gagnes la coupe, mais que tu sortes vivant de ce satané tournoi. Au diable les règles ! Maintenant, je te suggère d'aller écrire à ton oncle et de tout lui raconter.
Harry acquiesça d'un hochement de tête et prit congé de son directeur de maison. Enfin seul, il put faire le point sur ce qui venait de se passer.
Environ une heure plus tôt il se trouvait dans la grande salle en train de partager un bon moment avec ses amis, insouciant de ce qui était en train de se passer. Jamais dans ses rêves les plus fous il n'aurait imaginé pouvoir participer au tournoi. Bien sûr, il avait plusieurs fois caressé ce fantasme, mais justement c'était un fantasme, quelque chose d'irréalisable. Jamais il n'avait réfléchi à l'idée de mettre son nom dans la coupe.
Mais alors qui ? Qui avait bien pu mettre leurs noms ? Qui voulait les tuer ? Pettigrew ? Voldemort ? Ou quelqu'un d'autre ?
Qui ? Ces trois lettres étaient comme inscrites en lettres de feu dans son esprit et obscurcissaient toute pensée logique. Il allait devoir participer à un tournoi réputé dangereux, mortel même.
Et s'il n'en sortait pas vivant ? Et si son mystérieux adversaire remportait la partie ? Et si lui ou Ryan… ?
Harry se stoppa net dans le froid couloir dans lequel il se trouvait en ce moment. Tout était silencieux autour de lui. Il s'appuya contre le mur et prit une profonde inspiration.
Il ferma les yeux et tenta tant bien que mal de faire disparaître la panique qui montait en lui. C'était bien beau de rêver et d'imaginer gagner le tournoi et en récolter la gloire, mais la réalité était plus cruelle, et au fond de lui Harry savait pertinemment qu'il n'était pas prêt. Surtout si quelqu'un voulait le tuer.
Il va falloir que je donne le meilleur de moi-même. Tout ce que j'ai fait auparavant, ce n'était rien du tout. Mais je ne sais même pas quelles seront les épreuves ! Je vais avoir besoin de toute l'aide dont je pourrais disposer. En espérant que tout le monde me croira. Et en espérant qu'Eli ne sera pas trop furieuse. Furieuse contre moi en tout cas. Par Salazar qu'est ce que j'ai fait pour atterrir dans une telle galère ? Je croyais pourtant que cette année tout serait différent, mais non ça recommence, encore une fois ! Et pourquoi moi, je ne suis pas le putain de Survivant, merde alors ! Quand est-ce que je pourrais m'éloigner pour de bon des Potter, quand est-ce qu'ils disparaîtront de ma vie, à jamais ?
Il rouvrit les yeux. Il se sentait un peu mieux, enfin juste un peu. Maintenant il n'avait qu'une seule envie, retrouver ses amis et leur expliquer ce qui venait de se passer. Et écrire à Remus, en espérant que celui-ci ne serait pas fâché.
- Harry ? L'interrompit une douce voix qui venait de derrière lui.
Le jeune Serpentard se retourna lentement et aperçut sa meilleure amie, les mains fourrées dans les poches et un air neutre sur le visage. Impossible de voir si elle était en colère, triste ou intriguée. Et toutes les pensées cohérentes qui se trouvaient dans son esprit juste quelques secondes plus tôt, toutes les petites phrases qu'il avait trouvées pour s'expliquer, tout cela s'évapora en un éclair devant sa présence. Il n'était plus qu'un idiot inarticulé qui restait planté là, la bouche légèrement ouverte et les bras ballants.
- Dis-moi juste une chose, commença-t-elle en s'avançant vers lui. Dis-moi juste que ce n'est pas toi qui as mit ton nom dans la coupe, et que tu n'es en rien responsable de ce qui vient de se produire ce soir, et je te croirai.
Il la regarda droit dans les yeux, et quelque chose se cassa en lui. Il secoua négativement la tête.
- Jte jure, Eli, murmura-t-il tel un enfant effrayé. Jamais…je…
Elle se rapprocha complètement de lui, de manière à ce qu'ils ne soient séparés que de quelques centimètres, et calmement elle le prit dans ses bras.
- Je sais, chuchota-t-elle, rien qu'à voir ta tête, dans la grande salle, quand Dumbledore a dit vos noms, c'était évident que tu n'en savais rien. Et tu n'aurais pas pu jouer la comédie de la sorte, pas devant moi en tout cas. Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer.
- Les professeurs, ils croient que quelqu'un est après nous, moi et Ryan, et Rogue est persuadé que celui qui a mis nos noms ne veut pas que nous sortions vivant de ce tournoi, chuchota-t-il. J'ai peur Eli, avoua-t-il d'une voix encore plus basse, la serrant un peu plus fort contre lui. Et si…
Elisabeth sortit de ses bras et plongea ses yeux bleus dans les siens, l'air plus déterminé que jamais.
- Et si rien du tout Harry James Potter, dit-elle avec assurance. Par Rowena tu vas sortir sain et sauf de ce tournoi, car tu peux me croire, jamais je ne laisserai quelque chose t'arriver. Jamais, tu m'entends Harry, jamais.
Son visage était si assurée, ses yeux si déterminées, si confiants, qu'Harry se sentit mieux pendant un instant.
- Tu as raison, acquiesça-t-il avec un petit sourire faible.
- Bien sur, j'ai toujours raison ! Allez viens, tout le monde t'attend dans ta salle commune. Je crois que les Serpentards veulent fêter le fait que le champion soit un des leurs.
- Comment ont réagi les autres ?
- Ne t'inquiète pas, personne ne croit que ce soit toi qui ait mis ton nom dans la coupe. Et les Serpentards sont heureux, même le cousin de Jenny. Ils préfèrent que ce soit toi plutôt qu'un Gryffondor.
- Mon frère fait également partie du tournoi, lui rappela Harry.
- Oui je sais, d'ailleurs comment ça se fait qu'il y ait deux participants pour une seule école ?
- C'est parce que nous sommes des jumeaux. D'après ce que j'ai compris, des jumeaux comptent pour une seule personne lors d'un tel tournoi, c'est déjà arrivé dans le passé.
- Donc vous allez devoir participer à deux, ou vous opposer ?
- Non je crois qu'on va devoir participer à deux, s'entraider afin de faire gagner Poudlard.
- Et qu'est ce qu'on dit les professeurs ? Il n'y a pas un moyen pour que vous ne participiez pas ? Puisque clairement vous ne respectez pas la limite d'âge...
- Non, en soumettant nos noms à la coupe, un contrat magique a été signé, et si jamais un de nous deux veut se défiler, nous seront tout les deux dépossédés de nos pouvoirs. Apparemment il faut prendre les contrats magiques très au sérieux sinon les conséquences peuvent être dramatiques.
- C'est vraiment la poisse. Et comment est-ce que ça va se passer ?
- Je ne sais pas vraiment. Tout ce que je sais c'est qu'il y a trois épreuves et que la première a lieu dans un mois et demi. Nous ne sommes pas censés en connaître la nature avant le jour même, mais le professeur Rogue a promit de m'aider et de m'en dire plus sur l'épreuve dés que lui-même en apprenait plus.
- Tant mieux. D'après ce que j'ai compris tricher est un peu un rituel du tournoi, et je ne vais certainement pas me plaindre si tu peux bénéficier de cette tradition. Après tout c'est ta vie qui est en danger ici.
Tout en parlant Elisabeth et Harry avaient continué à marcher en direction des cachots. Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de l'entrée, Harry put entendre du bruit provenant de sa salle commune. Clairement ses condisciples avaient commencé à fêter sa participation au tournoi.
- Tu penses aussi que celui qui a mit mon nom dans la coupe me veut du mal ? A moi ou Ryan ?
- Ce n'est pas un accident Harry, répondit Elisabeth, se stoppant sur ses pas et se retournant vers lui. Après ce qui est arrivé ? Non j'en suis sûre. Seul un sorcier très puissant aurait pu détourner la limite de Dumbledore. Cela m'étonnerait que ce soit un élève, et qui aurait intérêt à ce que vous participiez au tournoi ? Quelqu'un qui vous veut du mal, j'en mettrais ma baguette à brûler Harry.
Voyant qu'il avait de nouveau l'air effrayé, elle le saisit par le bras doucement et plongea ses yeux dans son regard vert émeraude.
- Harry, ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. On est tous là avec toi, et tu as Remus, et le professeur Rogue et le professeur McGonagall qui vont t'aider j'en suis sûre. Mais tu n'es pas seul, et en plus, tu es capable de t'en sortir, je le sais !
- D'accord, acquiesça-t-il avec un petit sourire. D'accord, répéta-t-il.
- Bien, maintenant allons rejoindre tout le monde.
Et avec une allure assurée Elisabeth prononça le mot de passe qui menait à l'antre des Serpentards.
Une dizaine de minutes plus tard, alors que la plupart de ses condisciples fêtaient avec dignité et fierté le succès de l'un des leurs, même si la plupart ne le connaissaient pas tant que cela, Harry et ses amis s'étaient réfugiés dans un coin de la salle commune, prés du feu, afin de discuter en toute tranquillité.
- Mais est-ce que celui qui a mit vos noms dans la coupe savait que les deux ressortiraient ? demanda soudainement Lucas.
- Qu'est ce que tu veux dire ? répondit Elisabeth.
- Eh bien je veux dire que peut-être que le coupable n'a mis que le nom d'Harry, ou seulement celui de Ryan, ne sachant pas que parce qu'ils sont jumeaux leurs deux noms ressortiraient de la coupe, expliqua-t-il. Peut-être que cette personne n'est pas contre vous deux, mais seulement contre l'un d'entre vous.
- Ce n'est pas bête comme raisonnement, ajouta Draco. Après tout ce truc de lien des jumeaux, ce n'est pas très connu dans le monde sorcier, même moi je n'en connaissais rien.
- Dans ce cas là, lequel des deux est visé ? demanda Neville, prononçant à voix haute la question que tout le monde se posait.
- La logique voudrait que ce soit Ryan, dit alors Lucas. Mais comme il a été relâché cet été, pourquoi s'en prendre à lui maintenant alors qu'ils auraient pu le faire bien plus tôt ?
- Harry, dans ton rêve, tu es sur que c'est Voldemort que tu as vu ? demanda Blaise après une minute de silence songeur. Je veux dire, ces hommes que tu as vus, et il était là ? Et il était heureux ?
- Oui, je suis sûr que c'était lui, avec quelques uns de ses Mangemorts, répondit Harry. Et il était extatique, aucun doute là-dessus, mais je ne sais pas pourquoi.
- Est-ce que vous croyez que c'est Voldemort qui est derrière tout cela ? demanda Tracey. Comment ce serait possible, il n'est pas revenu à la vie pourtant ? On le serait si c'était le cas.
- Il n'est peut-être pas revenu, mais Pettigrew est toujours en liberté, et je suis prête à parier qu'il n'est pas le seul ancien Mangemort en action cette année. Regardez ce qui s'est passé à la coupe du monde de Quidditch. Clairement, les choses sont en train de changer en ce moment, dit Elisabeth.
- Harry, il faudrait peut-être que tu ailles prévenir oncle Remus, je pense qu'il aimerait être mis au courant le plus vite possible, suggéra Neville.
- Tu as raison, acquiesça le Serpentard, et sur ces mots il partit à son dortoir pour écrire la lettre en question.
Ses amis restèrent à discuter dans la salle commune, au milieu des célébrations. Autour d'eux des bannières à l'effigie d'Harry s'étaient dressées. Il n'y avait pas à dire, la maison faisait front derrière son champion involontaire. Les biéraubeurres coulaient à flot et les rires et discussions animées régnaient dans la pièce. Et plusieurs fois au cours de la soirée, des élèves vinrent voir le petit groupe afin de tenter de savoir comment donc Harry Potter avait réussi à berner la coupe et s'imposer comme champion de l'école. Et ils avaient beau dire qu'Harry n'avait pas mis son nom, personne ne semblait les croire.
- C'est dingue, on dirait que tout le monde ici oublie au passage que Ryan fait également partie du tournoi, fit remarquer Neville, après qu'un groupe de cinquièmes années soit venu les harceler sur le sujet.
- Oh ne t'inquiète pas pour cela, je parie que dés demain matin les esprits s'échaufferont et les Serpentards et Gryffondors se souviendront qu'il y a deux champions issus de deux maisons ennemis, et la guerre reprendra, répliqua Daphné. Et je suis persuadée qu'en ce moment même il se passe exactement la même chose dans la salle commune des Gryffondors.
Harry revint plusieurs dizaines de minutes plus tard, une lettre toute prête à l'attention de sa seule famille. En compagnie d'Elisabeth il partit à la volière pour l'envoyer tout de suite.
- J'espère que Remus me croira, dit Harry alors qu'ils grimpaient l'escalier qui menait à la volière.
- Bien sûr que oui, il n'est pas James ou Lily, et il a confiance en toi, il sait très bien que, de un tu ne lui mentirais jamais, et que de deux tu ne serais pas assez inconscient pour faire une telle chose.
- Oui tu as raison. En parlant de James et Lily, comment crois-tu qu'ils vont réagir en apprenant la nouvelle ? Et tes parents ?
La réponse à cette interrogation, Harry l'eut quelques jours plus tard, lors du petit déjeuner dans la Grande Salle, juste avant le premier cours de Potions de la journée.
Daphné avait eu raison en prédisant une guerre Gryffondor/Serpentard plus acharnée que jamais. Une fois passée les premières célébrations pour leurs héros respectifs, les différents membres des deux maisons ennemies s'étaient soudain rappelé que l'autre jumeau allait également participer, et cela n'était pas pour leur plaire. Chacune blâmait l'autre pour cet état de fait, et devant les protestations énergiques de Ryan comme quoi il n'était pas responsable de cela, tous les Gryffondors ou presque crièrent haut et fort que c'était Harry, leur bête noire personnelle, celui qui avait une si mauvaise réputation, qui avait mis son nom dans la coupe. Devant ces accusations, les serpents ne purent faire autrement que de renchérir : bien sûr que non, Harry était innocent, et c'était Ryan, le chouchou, le Survivant à deux noises qui n'avait pas pu résister à l'occasion de profiter d'un peu plus de célébrité.
Dés lors, dés le lendemain du banquet qui avaient proclamé les champions, les deux maisons entamèrent une bataille passant par des joutes verbales dans les couloirs, des farces bien souvent de mauvais goût, mais le plus souvent c'était des confrontations physiques résultant en des passages à l'infirmerie de plus en plus fréquent.
Alors que chaque maison campait sur ses positions et défendait valeureusement son champion, Harry et ses amis eurent la surprise de voir apparaître dans l'école des badges aux couleurs des maisons Gryffondors et Serpentards les supportant lui et Ryan et traitant l'autre jumeau d'épithètes charmantes et imagées.
Quand aux deux autres maisons qu'on oubliait bien trop souvent, la plupart prenait position pour Ryan, excepté quelques Serdaigles qui s'étaient toujours rangés du côté des Serpentards ou quelques Poufsouffles qui préféraient rester neutres.
Mais tout cela n'avait guère d'importance pour Harry qui comme toujours restait cloîtré parmi ses amis et ne sortait pas de son cocon protecteur. Il faisait fi des Gryffondors qui venaient l'accuser et tentaient en vain de l'irriter suffisamment pour déclencher une joute physique qui pensaient-ils avec orgueil résulteraient en leur victoire.
Et comme l'avait prédit Elisabeth, Remus n'avait en aucun cas blâmé Harry pour ce qui se passait. Bien au contraire, il s'était montré inquiet et paternel dans la réponse qu'Harry reçut moins d'une journée après avoir envoyé la missive explicative à son oncle, et lui avait par ailleurs donné rendez-vous lors du prochain week-end à Pré-au-lard dans la cabane hurlante deux semaines plus tard, ce qui réconforta grandement le jeune champion. Il le cachait plutôt bien, mais toute cette histoire le rendait très nerveux, et à dire vrai, il avait encore du mal à y croire.
Lui et Ryan ne s'étaient même pas adressé la parole depuis que leurs deux noms étaient sortis de la coupe. Quand, à de rares occasions ils s'étaient croisés dans des couloirs ou des salles de cours, Ryan se contentait de lui jeter un regard glacial avant détourner les yeux. Visiblement, lui aussi croyait que son frère était responsable de cette débâcle. Et il n'était pas le seul Potter à penser de la sorte.
Alors qu'Harry étaient en train de déjeuner en compagnie de Jenny et Tracey, il eut la surprise de voir l'hibou familial, Zonko, l'hibou que James Potter possédait depuis qu'il avait treize ans, se poser devant lui, ses yeux couleur ambre grand ouvert et qui semblaient étrangement fâché, tenir dans son bec une enveloppe rouge fumante. Sans demander son reste, Zonko fit tomber la Beuglante dans l'assiette remplie de bacon et de toasts de l'aîné des enfants Potter et s'envola vers la fenêtre la plus proche, sans même quémander quelque chose à manger.
HARRY JAMES POTTER ! COMMENT AS-TU PU OSER FAIRE CA A TON FRERE ! AS-TU SEULEMENT LA MOINDRE IDEE DU DANGER QUE REPRESENTE CE TOURNOI POUR LUI, APRES CE QUI EST ARRIVE CET ETE ! JE N'AI JAMAIS ETE AUSSI EN COLERE, AUSSI FURIEUSE ET FOLLE DE RAGE CONTRE TOI, TU NOUS FAIS HONTE A MOI ET TON PERE. TE SERVIR DE TON FRERE DE LA SORTE, TOUT CA POUR UN STUPIDE TOURNOI ! PEUT-ETRE ESPERES-TU QU'IL LUI ARRIVE QUELQUE CHOSE, COMME CA TU POURRAS RECOLTER TOUTE LA GLOIRE ! TU N'ES QU'UN INGRAT, UN FILS INDIGNE, ET TON PERE ET MOI SOMMES HEUREUX DE SAVOIR QUE NOUS N'AURONS PLUS A NOUS OCCUPER DE TOI MAINTENANT QUE TU HABITES AVEC REMUS ! MAIS SI JAMAIS TU FAIS QUELQUE CHOSE CONTRE RYAN, CROIS-MOI TU LE REGRETTERAS AMEREMENT !
Et sur ces derniers mots chaleureux et aimants la beuglante de James et Lily Potter se dissipa en un petit nuage de cendres grises. Dans la Grande Salle à ce moment précis on aurait pu entendre une mouche voler. La plupart des élèves n'arrivaient pas à en croire leurs oreilles. Est-ce que c'était vrai ? Harry Potter, le frère du Survivant, le si tristement célèbre Serpentard ne vivait plus avec ses parents ? Et qui était ce Remus ? Une fois que le choc se fut dissipé, les conversations prirent un ton enflammé. La plupart des élèves à la table des Serpentards avait l'air furieux, ou pour certains attristés. Quelques Gryffondors avaient le bon goût de paraître enchantés de cette missive, à l'instar des benjamins Weasley pour ne pas les citer.
A la table des professeurs, on pouvait voir le professeur McGonagall avoir les lèvres si pincées qu'il était à craindre qu'elle n'explose de furie à tout moment. Son homologue Serpentardesque avait presque de la fumée qui lui sortait des oreilles, et les non-Serpentards qui allaient le croiser dans la journée allaient sans nul doute devoir craindre ses foudres acerbes. Le professeur Maugrey avait lui l'air à la fois surpris et outré. Nul doute que la missive des Potter allait avoir pour effet non désiré de le pousser encore un peu plus sur la voie des pro-Harry. Et il n'était pas le seul par ailleurs.
- Est-ce que ça va Harry ? demanda timidement Jenny à la table des Serpentards. Une ou deux minutes s'étaient écoulées depuis que la douce voix de Lily Potter avait fini de hurler telle une furie, et nul n'avait osé dire le moindre mot, trop secoués pour réagir immédiatement. Bien sûr, tous étaient au courant des relations tendues entre les Potter et Harry, Jenny et Lucas plus que les autres étant donné qu'ils avaient passé prés d'un mois à square Grimmauld, mais un tel rappel était toujours désagréablement surprenant.
- Et bien ça pourrait aller mieux, mais à ce stade là plus rien ne peut me surprendre, répondit l'intéressé avec un calme déconcertant. Après tout ce n'est pas comme si leur opinion pouvait avoir la moindre valeur pour moi. Ce qui me surprend c'est qu'ils s'exposent et me renient de la sorte en public. Et qu'ils prennent la peine de faire comme s'ils me connaissaient. C'est étonnant, mais bon. Enfin, est-ce que l'un(e)? d'entre vous a lu cet article dans la Gazette ? Comme quoi Doriana Gray, la poursuiveuse dans l'équipe des Harpies avait été attrapée en train de se droguer avec de la poudre de merlinpinpin ? Résultat elle va être virée de l'équipe, c'est dommage, c'était une très bonne joueuse !
Ses amis comprirent aussitôt le message et embrayèrent sur ce sujet de conversation sans formuler aucune autre remarque, ce pourquoi Harry leur en fut silencieusement reconnaissant. Il le pensait quand il disait que plus rien ne pouvait le surprendre de leur part, car jamais il ne se serait attendu à une réaction aussi violente. Quand il avait quitté la demeure ancestrale des Black à la fin de l'été, tous ceux qui étaient présents savaient implicitement que c'était la dernière fois qu'Harry avait le moindre contact volontaire avec James et Lily Potter. Alors oui cette beuglante avait de quoi le surprendre, mais bizarrement, cela ne le touchait plus vraiment, pas comme ça aurait été le cas quelques mois plus tôt. Il avait vraiment tourné la page.
Et il ne se sentait pas honteux ou embarrassé. Ses amis savaient déjà de quoi il en retournait, et quand au reste de l'école, il ne s'en souciait guère. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, pour ce qu'il en avait à faire, sa réputation était déjà bien assez sombre
Mais en ce moment, alors qu'il repoussait son assiette et vérifiait qu'il avait toutes ses affaires pour aller à son premier cours, il était content qu'Elisabeth n'ait pas été dans la Grande Salle quand il avait reçu la lettre, car nul doute qu'elle n'aurait pas laissé tomber cette affaire aussi facilement.
Il se leva de son siège et s'apprêta à se rendre en cours de Potions quand trois Gryffondors non hostiles vinrent le voir.
- Hermione, Fred, George, qu'est ce que vous faites aussi prés d'une table ennemie ? Plaisanta-t-il à moitié en les voyant arriver vers lui, plus sérieux que jamais, ce qui, pour Hermione était normal, mais pour les jumeaux les plus farceurs que Poudlard ait jamais connu en ces lieux était une nouveauté digne d'être noté.
- Eh bien en fait on voulait juste…commença Hermione avec nervosité tout en se tordant les mains.
- Tes parents, ils n'ont pas l'air très sympas, la coupa Fred, ou George.
- C'est vrai que tu ne vis plus avec eux ? demanda l'autre Weasley.
Harry se contenta d'acquiescer d'un petit hochement de tête.
- C'est terrible, commenta Hermione, l'air sincèrement désolée. Alors tu vis avec ton oncle Remus maintenant, c'est ça ? Celui dont Neville m'a déjà parlé ?
Harry opina de nouveau du chef. Ce n'était pas qu'il n'appréciait pas Fred, George ou Hermione, mais il n'était pas vraiment ami avec eux, et il n'allait certainement pas commencer à leur raconter sa vie et ses déboires familiaux. Ce n'était pas son genre.
- On voulait te poser une question... continua un des deux rouquins. Et on veut juste que tu nous répondes sincèrement, c'est tout.
- Et qu'est ce que c'est ? demanda Harry qui avait néanmoins une petite idée de ce qu'allait être la question.
- Est-ce que c'est toi qui as mis ton nom dans la coupe ? Demandèrent en chœur les jumeaux Weasley.
Harry prit une profonde inspiration avant de répondre.
- Non, ce n'est pas moi, répondit-il honnêtement. Je n'ai rien à voir avec cette histoire, quoi qu'en dise toute l'école. Et croyez-moi, je préférerais largement ne pas faire partie de ce tournoi dangereux.
Fred et George Weasley se regardèrent avec un petit sourire satisfait avant de retourner leurs attentions sur le Serpentard.
- Très bien, on te croit, dirent-ils toujours en chœur. On voulait juste avoir confirmation. Alors bonne chance mon vieux. Officiellement on est pour Gryffondor, mais officieusement, on espère que tu t'en tireras bien !
Et avec un grand sourire les deux farceurs les plus célèbres de Poudlard laissèrent un Harry surpris et s'en allèrent vaquer à leurs occupations.
- Tu voulais également me demander cela ? demanda-t-il à Hermione qui était restée plantée là.
- Oui, enfin Neville m'avait déjà assuré que tu n'avais rien à voir, et j'ai bien vu ta tête quand Dumbledore a prononcé ton nom, alors je m'en doutais déjà plus ou moins, mais les jumeaux voulaient te le demander, je les ai donc accompagné. Et puis cette beuglante…
- Ce n'est rien, je t'assure. Mes rapports avec mes parents ne sont pas au beau fixe, j'ai l'habitude, dit-il avec un geste nonchalant de la main, comme pour balayer ses craintes.
- Oui, mais enfin, ce n'est pas normal, qu'ils te traitent de la sorte, protesta-t-elle. Qu'ils t'accusent, comme ça, et pas Ryan…
- Ils n'accuseront jamais Ryan, la coupa Harry. C'est leur chouchou, leur trésor, leur fils prodige qui ne fait jamais rien de mal.
- Permets-moi de ne pas penser de la sorte. Etant une de ses condisciples, et habitant la même maison, je peux te dire que ton frère est loin d'être un saint. Il regarde ceux qui ne sont pas ses amis de haut, il aime être admiré et flatté et ne vit que pour ça, il est rempli de préjugés et il est arrogant et je pourrais continuer cette liste longtemps. Quelque fois je me dis que vous n'avez absolument rien en commun, dit Hermione d'un ton passionné.
- Et là je suis parfaitement d'accord avec toi, acquiesça Harry avec un petit sourire.
- Alors, si ce n'est pas toi qui as mis ton nom dans la coupe, est-ce que c'est Ryan ? Ou quelqu'un d'autre ? demanda-t-elle avec hésitation.
- Je ne pense pas que ce soit Ryan, en tout cas il clame son innocence et je le crois. Mais personne ne sait qui a pu faire ça. Même Dumbledore n'a aucune idée apparemment.
- C'est inquiétant, car cela veut dire que celui qui a fait ça a réussi à tromper Dumbledore, je doute que ce soit un élève, réfléchit Hermione alors qu'elle et Harry se dirigeaient vers les donjons du professeur Rogue.
Harry ne répondit pas. Il n'était pas prêt à lui faire part des craintes du professeur Maugrey que lui et ses amis partageaient. Et puis, Hermione Granger était assez intelligente pour découvrir la vérité par elle-même.
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- J'ai quelque chose pour toi Harry, clama Blaise d'une voix enjoué.
L'intéressé se trouvait dans sa salle commune. Il avait en effet une pause entre son cours de Potions et son cours d'étude de moldus. Alors qu'il était en train de relire son livre de cours, il leva les yeux vers son ami qui tenait dans la main une lettre et ce qui semblait être un livre.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Je viens de recevoir une lettre de mes parents. Tu sais, je leur ai écrit quand on a appris que tu étais le champion pour leur expliquer ce qui s'était passé, enfin j'ai caché la partie 'il est probable que quelqu'un veut te tuer toi et ton idiot de frangin'. Enfin bref, je viens de recevoir leur réponse.
- Et alors ? En quoi cela me concerne-t-il ?
- Eh bien mes parents me disent dans cette lettre qu'ils te croient et t'assurent de tout leur soutien et leur sympathie. Ma mère en particulier te conjure de faire très attention à toi et d'être très prudent. Et en prime, elle t'offre ce livre qui je cite 'devrait tout particulièrement t'intéresser'. Tiens, regarde, dit Blaise en lui tendant un épais livre à la reliure rouge et noire et en s'affalant dans le fauteuil juste à côté de lui.
Harry prit le livre en question et vit sur la couverture qu'il s'agissait d'un livre sur le tournoi des trois sorciers, de sa création jusqu'à son arrêt brutal. Le livre avait l'air ancien, et surtout, constata Harry en le feuilletant rapidement, très intéressant. Il n'était pas étonnant qu'Andréa Zabini possède un tel exemplaire en sa possession.
- Merci, c'est vraiment très gentil de la part de tes parents, répondit un Harry clairement touché par ce geste. Il était vrai que depuis son séjour chez les Zabini à Noël dernier, il entretenait des relations cordiales avec ces derniers. Il les appréciait énormément, et espérait avoir l'occasion de les revoir bientôt comme il avait été prévu.
- Comme tu vois, tout le monde ne pense pas que tu sois un sale gamin avide de célébrité et prêt pour cela à mettre la vie de son si précieux frère en danger, le taquina gentiment Blaise.
- Oui, tes parents sont juste un peu plus tolérant et ouvert d'esprit que les miens, répondit sarcastiquement Harry. En parlant de parents, est-ce que Draco a reçu une réponse de son père ?
Blaise hocha négativement la tête. Depuis la rentrée, et fidèle aux ordres de son père, Draco avait pris soin de lui relater tout ce qui se produisait d'inhabituel à Poudlard concernant Harry Potter, sans oublier auparavant de rédiger la lettre en compagnie de ses amis. Mais Lucius Malfoy répondait rarement à son fils, et la bande n'avait toujours aucune idée de ce que trafiquait l'ancien Mangemort.
- Est-ce que tu penses qu'il puisse être mêlé à ça ? demanda Blaise. Après tout, c'était un des plus proches de Voldemort, et il vous déteste toi et ta famille, c'est bien connu.
- Je ne sais pas. Remus pense que c'est possible, et d'après ce que nous a dit Draco, son père était souvent absent cet été. Mais je ne vois pas comment il aurait pu s'introduire à Poudlard et mettre mon nom dans la coupe.
- Peut-être que c'est Pettigrew, sous sa forme de rat, suggéra Blaise. Après tout, il a bien réussi à s'introduire à Poudlard l'année dernière, il aurait très bien pu recommencer cette année.
- Oui, mais je ne sais pas s'il est capable de manipuler la coupe de feu. D'après ce que j'ai compris, c'était un bon sorcier, mais pas excellent. Et seul un sorcier de très haut niveau aurait pu déjouer les enchantements de Dumbledore.
- Alors je ne sais pas, soupira le Serpentard. Au fait, ajouta-t-il, changeant complètement de sujet, j'ai croisé Eli tout à l'heure dans les couloirs quand elle se rendait à son cours de Métamorphose je crois, enfin bref, elle a entendu parler de la beuglante de tes parents, et elle est loin d'être ravie. Alors je pense qu'une engueulade attend tes parents, et aussi les siens d'après ce que j'ai compris.
- Oui, Eli a un sacré tempérament, sourit Harry. Si tu la voyais s'énerver contre quelqu'un, le spectacle en vaut la peine je t'assure.
- Oh oui je me doute. Je me souviens encore de la première année, quand elle a reçu la beuglante de ses parents, et qu'elle s'est invitée à notre table, est-ce que tu t'en rappelles ? Bon dieu c'était trop fort ce moment.
- Oui je me souviens. Si tu avais vu la lettre qu'elle a écrite par la suite à son père !
- Sacré Elisabeth. En tout cas, elle a bien changé cet été ? Commenta Blaise, les yeux perdus dans le vague.
- Qu'est ce que tu veux dire ? demanda Harry, surpris.
- Et bien, je veux dire qu'elle a grandi, elle s'est…enfin elle a grandi, si tu vois ce que je veux dire…répondit Blaise, le rouge lui montant aux joues. Enfin, tu n'as peut-être pas remarqué parce que tu as passé tout l'été avec elle, mais je m'en suis bien rendu compte quand je l'ai revu au bout de deux mois, et il n'y a pas que moi.
- Comment ça ?
- J'ai entendu des garçons parler d'elle, dans les toilettes il y a quelques semaines, des Poufsouffles, Smith je crois et un autre que je ne connais pas du tout.
- Qu'est ce qu'ils disaient ? dit Harry, sentant une émotion désagréable qu'il n'arrivait guère à identifier monter en lui et menacer de lui faire perdre son calme.
- Ben tu sais, des trucs de mecs, et je cite en termes plus appropriés, qu'elle était vraiment jolie et qu'ils ne diraient pas non pour passer du temps avec elle, répondit Blaise, clairement embarrassé à présent par la tournure qu'avait pris la conversation.
- Et tu es d'accord avec eux ?
- Eh bien pas exactement. Je reconnais qu'Elisabeth est très jolie, mais ce n'est pas la seule chose qui puisse être attirante chez elle. Ces mecs parlaient d'elle sans même la connaître, ce qui m'a énervé à vrai dire. Elle est aussi très intelligente, et gentille et généreuse avec ses amis. Elle a un caractère très fort, très déterminé, et c'est quelque chose que j'adore chez elle, débita Blaise avec un petit sourire sur les lèvres.
Harry le dévisagea pendant un petit moment, confus. On aurait dit, soudain, que Blaise aimait bien Elisabeth, plus que bien, plus qu'un ami. Le petit sourire enchanté sur ses lèvres, l'étincelle dans ses yeux noirs, la manière dont il l'avait décrite. Non pas qu'il ait tort, mais…enfin, ce n'était pas…normal.
Harry cligna des yeux et décida de changer de sujet avant de s'énerver contre Blaise, ce qui aurait été déplacé et curieux. Pourquoi il ressentait ce tourbillon d'émotions en lui concernant sa meilleure amie, il tenterait d'y réfléchir plus tard, une fois qu'il serait seul, et plus calme. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, et ce n'était certainement pas bon.
Mais une chose était sûre, après cette petite conversation avec son condisciple, plus jamais il ne la regarderait de la même façon.
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Après ces divers incidents et réactions variées, les choses se tassèrent un peu pour Harry.
A Poudlard, la guéguerre Gryffondor versus Serpentard continuait et battait son plein, mais Harry et ses amis en restaient à l'écart, se contentant de regarder de loin ce qui se passait, avec détachement et une pointe de mépris. De telles querelles intestines étaient indignes d'intérêt et vraiment stupides, mais ce n'était pas eux qui allaient réformer les us et traditions en vigueur.
Harry continuait à n'avoir aucun contact avec son frère jumeau. Pour l'instant, il attendait de savoir quelle allait être la première tâche avant d'aller le voir. L'idée de travailler avec lui, en équipe, le répugnait profondément, mais malheureusement il n'avait pas le choix.
Mais même s'il ne connaissait pas la nature de la première tâche, cela n'empêchait guère Harry de s'entraîner plus durement que jamais. Désormais, il passait toutes ses soirées dans la salle sur demande à apprendre de nouveaux sorts, et pour une fois il était reconnaissant du fait que la coupe de Quidditch ait été annulée. Mais ne pas savoir ce qu'on allait requérir de lui lors de cette première tâche, l'incertitude, l'angoisse, tout cela n'arrangeait pas son état d'esprit, même s'il essayait de le dissimuler.
Sa maison était fière de lui et s'attendait à ce qu'il se comporte tel LE champion de Poudlard. Pour eux, c'était l'occasion unique de redorer leur blason teinté par les préjugés et l'ombre de Voldemort et ses Mangemorts. Mais le passé était le passé, et il était temps pour la maison de Salazar d'écrire une nouvelle page plus glorieuse de son histoire.
Et dans une moindre mesure, Harry était conscient du fait que ses amis étaient également fiers qu'il participe à ce tournoi. Même s'ils connaissaient les dangers, cela n'empêchait pas ces adolescents de ressentir toute l'excitation inhérente à ce genre d'événements.
Ses entraînements d'occlumentie désormais n'avaient plus lieu que le dimanche après-midi, en compagnie de Jenny, et ceci était une idée de Severus Rogue qui avait jugé que cela leur serait plus profitable à tous les deux. Et il fallait dire que maintenant qu'Harry avait compris les bases et les techniques, il faisait de plus en plus de progrès.
Ses entraînements pour devenir Animagus progressaient également, lentement mais surement. Tout comme l'occlumentie il ne pratiquait plus qu'une seule fois par semaine, mais avec une intensité presque féroce, car ces séances hebdomadaires lui permettaient au moins pendant quelques heures d'oublier le tournoi et ce qu'il allait bientôt affronter, cela le détendait et le poussait à se surpasser, à donner le meilleur de lui-même, toutes choses qu'il savait apprécier. Et puis c'était un moment toujours privilégié qu'il pouvait passer avec Elisabeth…et Neville.
Plus le temps passait, et plus Harry se surprenait à repenser à la petite discussion qu'il avait eu avec Blaise. Et ce dernier avait raison, remarqua-t-il avec stupeur.
Elisabeth n'était plus la petite fille qui était entrée à Poudlard. Elle avait pris une bonne dizaine de centimètres durant ces deux dernières années, son visage perdait de leurs traits enfantins, ses mouvements se faisaient plus gracieux, et certains attributs typiquement féminins se développaient petit à petit.
Elle grandissait, comme Daphné, Tracey, Jenny ou Luna, mais c'était elle qu'Harry remarquait le plus, et il ne parvenait pas à comprendre pourquoi. Et il ne comprenait pas pourquoi il ne supportait pas quand un garçon la regardait d'un peu trop prés. Ou quand il voyait Blaise qui discrètement lui lançait un regard admiratif.
Il aurait aimé pouvoir en parler à quelqu'un, mais il ne savait pas vraiment quoi dire, ou à qui. Il ne voulait pas se rendre ridicule, ou qu'Elisabeth apprenne ce qui lui passait par la tête, car indubitablement elle le prendrait pour un idiot, et peut-être qu'elle s'éloignerait de lui.
Non, il allait attendre que ça passe, car sûrement, ce n'était qu'une émotion passagère qui disparaîtrait aussi vite qu'elle était apparue. Ce n'était pas comme s'il était amoureux d'elle ou quoi que ce soit.
Bien sur que non.
Pendant qu'Harry ruminait ses tourments, la personne qui occupait tant son esprit avait une petite entrevue avec son frère Emmett.
Cela se passait en fin d'après-midi, juste après les cours. Elisabeth était partie à la bibliothèque afin d'emprunter un ouvrage pour un devoir. Et il se trouvait justement que son cadet s'y trouvait également en compagnie de Ginny Weasley, pour qui la Serdaigle, de manière étrange, n'éprouvait absolument aucune sympathie.
Les deux enfants Black avaient de bonnes relations, encore plus depuis cet été où Emmett s'était montré ouvert d'esprit et gentil envers Harry, ce qu'Elisabeth avait su apprécier à sa juste valeur. Mais il était vrai que quand ils étaient à Poudlard, ils n'avaient pas beaucoup d'occasions de se voir, étant tout les deux dans des maisons différentes, et surtout, se trouvant dans des cercles ennemis. Ils ne se voyaient donc que rarement, se saluant rapidement dans la Grande Salle lors des repas, et se parlant quand ils se croisaient dans des couloirs et qu'ils n'étaient guère pressés.
Mais cette fois-ci, lorsque le jeune Gryffondor leva les yeux et entraperçut son aînée trainant dans les méandres de l'antre de Mme Pince, il se leva et alla à son encontre.
- Comment est-ce que va mon frère préféré ? L'accueillit Elisabeth, un petit sourire sarcastique sur les lèvres, alors qu'elle fouillait parmi les rayons.
- Ca va, j'étais en train d'attendre Ryan, il est en Divination. Et toi qu'est ce que tu fais là ?
- Je cherche des livres pour un devoir d'étude des moldus. On doit rendre une analyse sur un des plus grands écrivains moldus. J'ai choisi Jane Austen. Et toi alors, comment se passe les cours ?
- Ca va bien. J'ai eu un A à mon dernier devoir de Potions, ce qui est excellent quand on considère qu'il s'agit de Rogue, qui déteste les Gryffondors et me déteste encore plus à cause de notre père. Je suis très fier.
- Et tes nouveaux cours ?
- Eh bien soin aux créatures magiques avec Hagrid comme prof, c'est assez marrant même si on n'est pas à l'abri de quelques accidents, et je suis content d'avoir suivi ton conseil et d'avoir choisi étude des moldus, c'est vraiment fascinant comme matière ! Ils sont très doués pour se débrouiller sans magie.
- Oui je savais que ça te plairait, dit Elisabeth avec un petit sourire connaisseur. C'est facile, mais en même temps tellement instructif !
Emmett acquiesça d'un petit hochement de tête, puis jeta un regard mal à l'aise en direction de sa condisciple Gryffondorienne, qui n'avait pas l'air enchantée de le voir traîner avec l'ennemi comme elle l'appelait. Mais il avait quelque chose à demander à sa sœur.
- Est-ce que tout va bien petit frère ? demanda Elisabeth soudainement, sentant son trouble.
- En fait, j'aurais bien voulu te parler de quelque chose, répondit-il, jetant des regards furtifs autour de lui.
- Qu'est ce que c'est ?
- C'est à propos du tournoi, et de Ryan et Harry, commença-t-il d'une voix plus basse. Tu vois, Ryan n'arrête pas de dire que c'est Harry qui a mis leurs noms dans la coupe parce qu'il est jaloux, et, enfin tu connais sa position, dit-il avec hâte en voyant la mine sombre qu'arborait maintenant sa sœur. Enfin bref, je voulais savoir si c'était vrai que c'était Harry qui avait mis son nom.
- Bien sur que non Emmett, siffla Elisabeth, tirant son frère vers le rayon d'à côté qui se trouvait être désert. Tu crois vraiment que je ne serais pas en colère contre lui si tel était le cas ? Souviens-toi je t'en avais un peu parlé avant la rentrée, et je t'avais dit que j'étais soulagée qu'Harry ne puisse pas participer à cause de la limite d'âge, car ce tournoi est trop dangereux. Harry n'a rien à voir là-dedans, et ton petit copain est un abruti complet pour aller répandre de telles rumeurs dans l'école.
- Ce n'est pas un abruti Eli, tenta de le défendre Emmett. Simplement, tout le monde pense que c'est Harry, même oncle James et tante Lily, et Dumbledore aussi pense que c'est Harry. Mais tu me jures que ce n'est pas Harry ? Il t'a peut-être menti tu sais.
- Non Emmett, je connais Harry mieux que quiconque au monde, et crois-moi quand je te dis que jamais il ne pourrait me mentir, je le saurais si c'était le cas.
- Mais alors qui c'est ?
- On l'ignore. C'est peut-être un professeur, quelqu'un de Durmstrang ou Beauxbâtons, ou alors quelqu'un qui s'est introduit dans l'école, peut-être Pettigrew. Mais crois-moi Emmett quand je te dis que les jumeaux vont devoir faire très attention lors de ce tournoi.
- Tu sais, papa et oncle James entraînent Ryan plusieurs fois par semaines. Dumbledore leur a prêté une salle dans ses appartements, et il leur a donné la permission de lui apprendre toutes sortes de sortilèges, parce qu'il est normalement trop jeune pour ce tournoi il a fait une exception. J'ai demandé pourquoi Harry ne pouvait pas en profiter aussi, mais Ryan m'a dit qu'oncle James ne voulait pas s'approcher d'Harry, et puis que le professeur Rogue s'occupait de lui. C'est vrai ?
- Plus ou moins oui, acquiesça Elisabeth, furieuse de ce qu'elle venait d'apprendre, même si cela ne l'étonnait plus. Bon écoute, je crois que la belette est partie à ta recherche, mais sache qu'Harry est innocent de ce dont on l'accuse. Il est tout autant en danger que son strangulot de frère, et si tu pouvais convaincre ce dernier, ce serait très sympa de ta part.
- Tu sais moi je n'ai rien contre Harry, et Ryan le sait, mais je ne sais pas dés que je lui parle d'Harry, Ryan s'énerve. C'est comme s'ils étaient de vrais étrangers l'un pour l'autre. Mais j'essaierai, je te promets.
- Merci.
- Bon j'y vais, Ginny m'attend. On se voit plus tard.
Elisabeth regarda son frère partir avec un léger sentiment de mélancolie. C'était en de telles occasions qu'elle regrettait qu'ils ne soient pas plus proches, qu'ils ne passent pas plus de temps ensemble. C'était déjà bien assez dur de ne presque plus parler avec ses parents.
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Le traître sifflota. Il était heureux, tout se déroulait comme sur des roulettes, le plan marchait, et son Maître était enchanté.
Le vrai Survivant était tombé dans le piège tendu, et il n'avait pas la moindre idée de ce qui allait lui arriver, lui et tous ses amis, si loyaux et si stupides. Et Rogue, cet ancien Mangemort qui s'était apparemment pris d'affection pour un Potter, qui lui donnait des cours particuliers, et qui lui avait promis de l'aider à sortir vivant des trois tâches. Mais il ne pourrait rien faire pour le sauver, et quand il serait temps il paierait. Très cher.
Mais le plus jouissif dans tout cela était d'agir au nez et à la barbe de Dumbledore, ce vieux fou, ce vieux fou qui avait fait la pire des erreurs treize ans auparavant. Lui aussi allait le payer très cher, quand le Seigneur des Ténèbres reviendrait à la vie à la fin du tournoi et que le Survivant sera sacrifié.
L'attente avait été longue, mais cela en valait la peine. Le Seigneur des Ténèbres allait revenir, plus puissant que jamais, et bientôt, il régnerait sur le monde sorcier.
