Partie 2 Point de vue Edward
Je composais son numéro.
- Allo, c'est Edward. Tu crois que tu as les adresses des danseuses ?
- Euh.. Non, je t'ai tout donné à ton arrivée. Pourquoi ?
- Angela t'a dit pour Bella ?
- Oui, je suis désolé, mec...
- Tu n'aurais pas une idée d'où je pourrais trouver l'adresse de Tanya, au moins ?
- ...
- Éric ?
- Euh.. Essaie d'aller voir Mike. Il connaît toutes les danseuses et stripteaseuses de la ville. Il pourra sans doute t'aider.
- Merci.
- Préviens-moi, ok ?
- Pas de soucis. Allez, je te laisse.
Je rangeais mon téléphone dans ma poche et me dirigeais vers la sortie, Emmett sur les talons, ainsi que ma mère.
- Où tu vas ?
- À la boite de Mike.
- Tout seul ?
- Oui.
- Mais, mon chéri, tu ne peux pas conduire.
- Tu ne viendras pas avec moi, maman. Pas là où je vais.
- Non, c'est vrai, Esmée. Ne vous inquiétez pas, je vais y aller avec lui. S'il y a un problème, je vous le ramène.
Ma mère eut l'air convaincu car elle fit un faible sourire à son gendre et retourna dans le club. Emmett me tendit sa main et je le remerciais de m'accompagner en lui donnant les clés de la voiture. J'espérais de tout mon coeur que Mike aurait ce dont j'avais besoin. Bella ne serait peut-être pas chez elle mais je pouvais toujours la menacer pour qu'elle me dise où James l'avait emmené. Mes blessures n'étaient plus d'actualité. J'avais toujours extrêmement mal mais je n'y pensais pas. Je voulais seulement retrouver mon amour, m'assurer qu'elle allait bien et mettre ce fils de chien en miettes. Je m'en voulais de ne pas être resté avec elle après la soirée. J'aurais dû aller avec elle, dans la loge. Je ne voulais jamais me séparer d'elle et là, j'avais fait la connerie d'aller dans mon bureau, pour faire une chose qui aurait pu attendre le lendemain.
Emmett conduisait très vite et je ressentais aussi son stress. Il aimait beaucoup Bella, même si ces derniers temps, il passait plus de temps avec ma soeur. Mon oeil me lança alors que mon beau-frère pillait devant la porte du club de striptease de Newton. Je détachais ma ceinture et m'avançais le plus rapidement possible de la boite. Emmett frappa et une armoire à glace nous ouvrit.
- Est-ce que Mike est ici ?
- Pourquoi ?
- C'est privé. Est-ce qu'il est là ?
- De la part de... ?
- Edward Cullen.
- Je vais voir s'il peut vous...
- Non !
Emmett comprit mes intentions et poussa l'homme de sorte à ce que je puisse entrer dans la pièce à la lumière tamisée. Je me dirigeais vers les pièces du fond, où je savais que son bureau se trouvait. Je ne pris même pas la peine de taper et entrais directement. Mike était entrain dembrasser effrontément une des filles que j'avais vu quelques mois plus tôt, se dandinant sur une des petites scènes de la pièce principale. Ils se séparèrent et Mike fut surpris de ma présence.
- Edward Cullen ! Que viens-tu faire ici ?
- Est-ce que tu as l'adresse de Tanya ?
- Tanya ?
- Oui, Tanya Denali.
- Euh Milly, tu nous laisses, s'il te plaît, chérie.
- Bien sûr.
Ladite Milly prit la porte après mavoir fait un clin dil que je passais à la trappe. Je pris place sur une chaise devant le bureau de Mike, comme il m'invitait à le faire. Quelques secondes plus tard, Emmett prit celui dà côté. Il était essoufflé.
- Tu devrais changer de steward. Il n'est vraiment pas de taille à affronter une bagarre.
- Tu...
- Je veux le numéro ou l'adresse de Tanya, Mike !
- Ouais, ok ! N'hurle pas, je te cherche ça.
- Grouille-toi, ça urge. Cette salope a ruiné mon club et est entrain de faire du mal à Bella. Je n'ai vraiment pas le temps de papoter alors magne-toi !
- OK.
Il tapota sur son ordinateur mais continua de nous parler.
- Vous n'avez pas la moindre idée d'où elle peut être ?
- Non.
- Vous êtes sûrs que c'est Tanya ? Elle est complètement folle mais pas au point de kidnapper une autre fille...
- C'est elle, avec un certain James.
- James Gigandet ?
- Ouais...
Son visage devint livide alors qu'il tapait plus rapidement sur son clavier, comme s'il était inquiet.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien...
- Mike !
- Ok, ok. James a une obsession pour Bella et ce, depuis qu'elle a commencé dans le métier. Il venait toujours ici quand Bella travaillait pour moi et il m'a presque menacé de me tuer si je ne lui disais pas où elle était quand elle est partie. Il est comme fasciné par elle. Et je crois que le fait que Bella ait accepté de coucher avec lui, lui ait donné le sentiment qu'elle l'aimait aussi.
- Il pourrait lui faire du mal...
- Non, je ne pense pas. Il ne lui veut pas de mal, c'est certain. Il ne la veut que pour lui...
- Il est malade.
- Non, je pense qu'il est juste amoureux de Bella, à sa façon. Elle est sexy, danse comme une déesse et n'est pas farouche au lit...
Je commençais déjà à faire le tour du bureau pour lui faire ravaler ses paroles mais Emmett marrêta.
- Je dois prendre soin de toi alors si tu veux lui casser la gueule, tu me le dis et JE le fais.
- Eh ! Je suis juste entrain de te dire que si tu ne veux pas que ta copine soit appréciée des autres, ne la mets pas en avant sur scène. Tiens, voilà l'adresse de Tanya.
Je lui arrachais le papier qu'il me tendait. Lui lançant un regard noir, je sortis de la pièce. Passant dans la grande salle, je vis la fameuse Milly entrain d'essayer d'arrêter le saignement de nez de l'armoire à glace. Emmett ne l'avait pas loupé. Certainement que son nez était cassé. Je donnais l'adresse à mon ami et nous prîmes rapidement la route.
Je repensais à ce que Mike avait dit. James était amoureux de Bella et il ne voulait pas lui faire de mal. Je priais intérieurement pour que ce soit vrai. J'essayais de ne pas penser à ce qu'il serait bien entrain de lui faire mais ma rage à son encontre grandissait. Sans que je ne le veuille vraiment, cent scénarios entrèrent dans mon esprit et je souhaitais à chaque fois que ce n'était pas ce qui était entrain de se produire pour mon amour.
Point de vue Bella
Il chuchotait à mon oreille depuis plusieurs minutes. J'étais fatigué de ses assauts. J'avais envie de vomir depuis des heures à sentir son corps contre le mien. Il ne me faisait pas vraiment de mal mais pour moi, même ses caresses étaient des tortures. Il m'assurait que tout irait bien maintenant qu'il était avec moi. À certain instant, j'aurais préféré mourir plutôt que subir ses câlineries. Je restais le plus souvent les yeux fermés, essayant de ne pas craquer sous la pression. James n'était pas violent avec moi mais j'aurais certainement favorisé les coups aux cajoleries. Ses doigts qui remontaient de mes hanches à ma poitrine pour ensuite s'emmêler dans mes cheveux détachés. Ses lèvres qui s'écrasaient sur les miennes à la rechercher d'un baiser passionné.
Je restais depuis des heures et des heures, telle une statue. Je pense que je ressemblais plus à une poupée gonflable pour James. Alors que je sentais pour la énième fois son érection contre mon intimité, un sanglot se perdit et s'autorisa à sortir de ma bouche. J'essayais de reprendre le contrôle, en vain. Je le sentis se tendre et il releva son visage vers le mien. Les larmes dans mes yeux rendaient ma vue floue mais je pouvais voir une certaine inquiétude dans ses traits. Sa main droite vint frôler ma joue gauche alors que je tentais de me retirer.
- Ma Bella, je peux savoir ce qu'il y a ?
- Tu le sais, James...
- Non, dis-moi.
- Laisse-moi tranquille. Arrête de me toucher... Je n'en peux plus !
Il essuya mes larmes, qui s'étaient mise à couler toutes seules. Son regard passa de la colère, à la tristesse puis au sadisme pour ensuite redevenir normal. Sa main libre vint encercler mon cou, un peu trop fort.
- Je n'arrêterais pas de te toucher, Bella. Tu es à moi. Tu le sais et je le sais. Je suis sûr que tu seras heureuse maintenant. C'est ce que tu souhaites. Toi et moi, pour toujours. Nous sommes faits l'un pour l'autre, ma Bella. Tu le sais, n'est-ce pas ?
- Tu te fais des idées, James. Je ne serais jamais heureuse avec toi.
- SI ! Tu le seras car tu seras avec moi ! Toi et moi ! Rien que nous deux !
- James...
- Mon prénom va si bien dans ta jolie petite bouche.
Il me sourit presque tendrement alors qu'il infiltrait sa langue dans ma bouche. Mon corps bougeait en dessous de lui, essayant de lui faire comprendre que je ne voulais pas de lui, que je voulais le rejeter de moi. Mais il comprit à l'envers, balançant son bassin contre le mien de manière sensuelle. Il était complètement à l'ouest. Comment pouvait-il penser que nous serions heureux tous les deux ? Il voulait me garder avec lui pour toujours ? Je commençais à prier pour que ma vie s'achève rapidement, si c'était ce qui devait se passer.
Ses mains se remirent en mouvement sur mon corps nu alors qu'il écartait son visage pour me regarder, un oeil appréciateur. Mes poignets étaient endoloris et la douleur, qui s'était tu pendant plusieurs minutes, revint férocement. Je tremblais de peur, de dégoût et de froid. Je commençais aussi à craquer physiquement. Toutes les parties de mon corps étaient fatiguées, j'avais envie de dormir et de ne jamais me réveiller. Je ne voulais plus lavoir sur moi ou en moi.
Il veut que tu sois heureuse avec lui, utilise ça !
Comment ?
Fais-le marcher. Dis-lui que tu seras toujours avec lui et délivre-toi !
Mais...
Je me posais encore des questions sur la bonne façon de m'en sortir. Je ne devais pas me laisser mourir, ni penser à la mort, à cause de ce cinglé. Je ne voulais pas partir de ce monde sans avoir revu les traits fins et parfaits de mon homme. De mon Edward. Et si par malheur, James lui avait fait du mal, je reviendrais ici, où que je sois et je le tuerais de mes propres mains. Je chercherais aussi Tanya et la bousillerais en mille morceaux. Les index de mon assaillant glissèrent sur mon buste, allant cajoler mes mamelons durcis par le froid.
- James...
Ma voix n'avait été qu'un soupir, qu'il interpréta encore de la mauvaise façon, vu son sourire.
- Oui, ma Bella ?
- Depuis quand je suis ici ?
- Plus d'une journée. 40 heures pour être plus exact. Pourquoi ?
Une idée... Vite !
- Tu sais, les personnes ont des besoins ?
- Je comblerais tous tes besoins, ma chérie. Ne t'inquiète pas.
- J'en suis certaine, James.. Mais, j'ai aussi d'autres besoins.
- De quoi parles-tu ?
- Des besoins physiques autres que le sexe et le plaisir... Je n'ai pas mangé depuis plusieurs heures, James. Et j'ai aussi des besoins d'humains.
Son visage se fit confus alors qu'il se dégageait de moi. Je réprimais un soupir de soulagement et de bien-être. Il commença à faire les cent pas dans la pièce pratiquement vide. Je pensais savoir ce qu'il pensait.
- James, détache-moi. J'ai mal aux poignets et j'ai vraiment besoin de me soulager.
- Tu vas partir...
- Non.
- Si ! Tanya m'a dit de faire attention à toi. Elle m'a dit que tu essaierais de me faire perdre la tête, de te jouer de moi...
- James...
- ...elle me l'a dit. Elle a dit "James, fais attention"...
- James...
- ...mais tu as des besoins et je ne veux pas te faire de mal...
- James !
Il tourna son regard vers moi alors que je tentais de projeter le plus de sincérité possible dans mes yeux. Il devait se sentir en confiance.
- James. Je te jure de ne pas partir.
- Si, tu veux aller retrouver ce salopard !
- De qui tu parles ?
- De Cullen, bien sûr !
- Non, je te promets de rester avec toi...
- Tu...
- Je resterais avec toi, c'est promis. Je n'irais pas le retrouver. Pourquoi je ferais ça alors que je t'ai toi ? Tu seras là, tu me donneras tout le bonheur nécessaire. Je resterais avec toi, James. Pour toujours... Mais il faut que tu me détaches, que je mange et fasse mes besoins. Daccord ?
- Tu resteras avec moi ?
- Oui... Edward n'est rien. Je prends conscience que c'est toi qui m'aime le plus... C'est évident que tu me rendras plus heureuse. Et je ne veux que du bonheur dans ma vie.
Il continua de tourner autour du lit, en me regardant fixement.
- James, je t'en supplie, détache-moi.
Je voyais aisément sa carapace se fissurer. Il ne voulait que mon bonheur et je savais qu'il ferait à présent tout ce que je voulais qu'il fasse. Il avança jusquà mon visage, ses lèvres frôlant ma joue. Inspirant profondément, m'insultant mentalement pour ce que je m'apprêtais à faire, je tournais la tête et fis rencontrer nos lèvres. Je l'avais déjà embrassé et ça m'avait plu, sur le moment, mais aujourdhui, ça me révulsait comme jamais.
James prit de l'assurance et caressa ma langue de la sienne. Au bout de quelques secondes de baiser, il se recula et je plongeais mon regard dans le sien.
- Tu vois ? Je resterais avec toi. Je serais TA Bella, pour toujours.
- Oui...
- Maintenant, détache-moi, James. S'il te plaît.
Il soupira et je priais pour qu'il me libère...
Point de vue Edward
Après un temps interminable à tourner pour trouver son adresse, Emmett et moi descendions de la voiture à grand pas. Il ferma les portes grâce à la fermeture automatique et me rejoignis. L'immeuble était encore à quelques mètres.
- Si y'a des coups à donner, c'est moi qui les donne.
- De toutes façons, même si je le voulais, je ne pourrais certainement pas. Malheureusement...
Je jetais quelques regards angoissés à mon ami.
- Y'a très peu de chance pour que Bella soit ici...
- Je sais, mais on ne sait jamais.
- Oui, je le souhaite certainement plus que toi, Em. Si elle est ici...
- Je vais tout de suite la sortir de là.
- Non. Tu te charges de James et je m'occupe de Bella.
- Daccord.
Nous accélérâmes encore plus le pas alors que nous arrivions à la porte d'entrée du hall lugubre. Je tapais à la première porte, celle du gardien.
- Oui ?
- Bonjour, excusez-nous de vous déranger. Nous sommes là pour voir Tanya Denali mais nous ne savons pas l'étage de son appartement.
- Qui vous êtes ?
- Des amis.
- Et vous ne connaissez pas l'étage ?
Il commençait sérieusement à me gonfler avec ses questions.
- S'il vous plaît. C'est très urgent.
- Mais...
- Si vous ne nous dîtes pas l'étage maintenant, on fout le bordel dans tout limmeuble !
- Et moi, j'appelle la police !
Il nous claque la porte au nez.
- Super ! Edward, tu aurais pu te retenir. Je suis autant stressé que toi mais...
- Regarde !
Je n'avais sérieusement plus de cerveau. Les étages étaient marqués sur les boites aux lettres. Elle habitait juste au troisième. Montant les marches quatre à quatre, nous fûmes rendu devant sa porte en moins de deux minutes. Je cachais l'oeil de la porte et frappais. J'entendis sa voix stridente résonner et le verrou se tira. À peine la porte fut ouverte que, même avec la douleur, je portais une main à sa gorge et la plaquais contre le premier mur que je rencontrais. J'entendais Emmett fermer la porte derrière lui.
- Dis-moi où elle est.
Elle me regarda étrangement avant de se mettre à rire, difficile à cause de ma poigne.
- Dis-moi où elle est !
- Tu ne la retrouveras jamais.
Je renforçais ma prise autour de sa gorge, alors qu'elle commençait à manquer de souffle. Je m'en fichais comme de ma première chemise que ce soit une femme et que je me comporte comme un salopard. Plus rien n'importait plus que de retrouver Bella.
- DIS-LE !
- Je ne sais même pas où elle est... Il l'a emmené très loin avec lui. Jamais tu la reverras.
Je renforçais une dernière fois ma prise avant de la relâcher à cause de mes côtés qui me faisaient souffrir. Je m'adossais un instant au mur et me tournais ensuite vers Emmett.
- Prends-la. On l'amène au flic. Je vais aller porter plainte contre elle pour le club.
- Tu n'as pas de preuve...
- Toi, la ferme ! Edward, tu es sûr ?
- Oui. Je mentirais, je dirais que j'ai tout vu.
- Ok, mais tu ne seras pas le seul à avoir l'honneur de mentir aux flics. Je te suis, quoi qu'il arrive.
- Em, tu n'es pas obligé. Tu sais ce que tu endures pour un parjure ?
- En famille, on se sert les coudes.
Je lui souris doucement en sortant de l'appartement. Tanya ne fut pas facile à transporter jusqu'à la voiture mais une fois arrivée, elle bougeait tellement qu'elle se prit le toit et tomba dans les vapes. Je m'installais sur le siège passager alors que le portable d'Emmett se mit à sonner. Il me demanda de répondre, trop occupé à attacher la pouffe blonde.
- Allo ?
- Edward ? Cest toi ?
- Bella !
Point de vue Bella
Qui aurait cru que c'était si facile ?
Il avait commencé à détacher délicatement mes chevilles, qui me firent atrocement mal. Il baisa ensuite chaque parcelle de mon corps jusqu'à ce qu'il arrive à mes poignets. Je soufflais de douleur alors qu'il passait le bout de ses doigts sur mes blessures. Mon poignet gauche me faisait souffrir plus que l'autre et je n'arrivais pas à le bouger.
- Merci, James. Tu me montres la salle de bain ?
- Oui, suis-moi.
Il avait désormais une confiance absolument en moi. Il se dirigea, insouciant vers la porte alors que je détachais la lampe de la prise, la serrait dans ma main droite, à m'en faire péter les jointures. Au moment où il se retourna pour voir si je le suivais bien, je lui éclatais le socle en marbre sur la tête. Il ne vit rien venir et s'effondra sur le sol, une grosse marre de sang commençait à s'étaler autour de sa tête. Je passais la porte rapidement mais je trébuchais sans cesse. Mes pieds me faisaient horriblement mal et je peinais à avancer. Je repérais mes vêtements et les enfilais avec une difficulté atroce. Je n'osais même pas regarder l'état de mon corps. Je savais que James avait déposé quelques morsures et j'étais sûre d'avoir des bleus à cause de sa poigne.
Je laissais mes pleurs s'échapper alors que je regardais le corps de James, à terre. Je ne savais pas s'il était mort ou vivant. Je ne savais pas où j'étais et si je n'avais pas fait une grave erreur de ne pas attendre un peu, de savoir si je me trouvais loin ou proche de toute civilisation. Je ne pris pas la peine d'enfiler mes chaussures et me jetais presque sur la table, un cri de joie sortant de ma bouche, lorsque je vis un portable dessus. Je le pris et partis de l'appartement. C'était au rez-de-chaussée et je pouvais voir que je nétais pas loin du club. Je m'apprêtais à m'y rendre mais mes pieds flanchèrent et je tombais au sol. Personne ne passait dans la rue pour me voir alors je me munissais du portable et composais le numéro d'Edward. Il ne sonnait même pas, me disant que le numéro n'était pas valide. Je savais très bien que je ne m'étais pas trompé alors je composais le numéro de mon ami, Emmett.
Après deux sonneries, une voix, sa voix, me répondit.
- Allo ?
- Edward ? Cest toi ?
- Bella ! Où es-tu ?
- L'immeuble bizarre, à quelques centaines de mètres du club. Viens me chercher...
- J'arrive tout de suite !
- ...s'il te plaît.
Alors que j'entendais la voix de mon homme dans l'appareil, ma main tomba au sol, me faisant souffrir le martyre. Je vis une sorte de ruban noir puis, plus rien...
*****
Du brouhaha.
Je n'entendais que ça autour de moi.
Des voix étouffées, encore des voix étouffées, toujours des voix étouffées.
Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. Mes narines se dilatèrent à cause de l'odeur. Je savais très bien que je n'étais plus dans la même pièce qu'avant. Je n'avais plus froid non plus mais j'avais toujours aussi mal aux poignets. Je sentis quelque chose dans mon bras mais je n'arrivais toujours pas à bouger. Je toussais brièvement, essayant de faire sortir le chat que j'avais dans la gorge.
Une voix, plus distincte, se fit entendre.
- Bella ? Mon bébé, tu m'entends ?
Je voulais hurler que oui mais seul un toussotement sortit de ma bouche. Je savais qu'Edward était auprès de moi. Et s'il était auprès de moi, c'est qu'il allait bien. À moins que je ne sois morte et que lui aussi
- Bella, réveille-toi. Je t'en supplie. Ouvre les yeux ou fais quelque chose pour que je sache que tu vas bien.
Je n'arrivais toujours pas.
- Bella, tousse si tu nous entends.
Je reconnaissais la voix de Carlisle. Je n'étais pas morte et j'accédais, assez facilement, à sa demande. Je toussais alors que je sentais une main sur ma joue. Sa main. J'usais de toutes mes forces pour ouvrir mes yeux. Comme à mon précédent réveil, je fus quelque peu éblouis par la lumière mais je m'y habituais doucement.
- Bella...
Je toussais à nouveau. Ça devenait mon langage. Je respirais à m'en faire brûler les poumons. La première personne que je vis fut Carlisle, qui se trouvait en face de moi. Edward était à mes côtés mais je n'arrivais pas à tourner la tête pour voir son visage.
- Bella, parle, s'il te plaît.
J'ouvrais la bouche pour qu'un faible son, gémissement, ou je ne sais quoi sorte. En vain...
Point de vue Edward
En la voyant, inconsciente dans ce hall, j'avais cru mourir d'angoisse. Emmett et moi l'avions immédiatement conduite à l'hôpital, auprès de mon père. Deux jours s'étaient passé sans qu'elle ne reprenne connaissance. Mon père me disait qu'elle avait besoin de repos mais j'en avais marre. Je le soupçonnais de me cacher quelque chose.
- Papa, dis-moi !
- Edward, elle va bien. Seul son poignet gauche est cassé mais ça ira.
- Elle va bien ?!? Tu te fous de moi ? Pourquoi elle ne se réveille pas alors, si elle va si bien que ça ?
- Elle a besoin de repos. Ni toi, ni moi, savons ce qu'il lui est arrivé. Laisse-la récupérer, elle se réveillera quand elle sera prête.
- Papa, je...
Je fus interrompu alors que Bella se mit à tousser doucement. J'essayais de la faire revenir à elle, lui parlant, lui demandant de me faire un signe comme quoi elle m'entendait. Mon père ne tarda pas à s'y mettre aussi et je vis enfin ses yeux souvrir. Je soupirais de bonheur même si elle n'arrivait pas à parler, c'était un bon début, selon mon père.
*****
Je n'avais pas bougé de la chambre depuis plus de 36 heures, attendant qu'elle bouge un peu plus, parle ou fasse quelque chose. Je ne lâchais pas non plus sa main. J'avais la tête sur le matelas, prêt à m'endormir quand j'entendis Bella tousser à nouveau.
- Edw... Edward...
- Bella ? J'appelle mon père...
- Non... Attend deux... deux minutes...
- D'accord.
Je me levais, pour faire face à son visage. Je tentais de faire abstraction des morsures dans son cou et regardais au plus profond de ses yeux.
- Tu m'as manqué...
- Toi aussi, tu m'as manquée, bébé...
J'embrassais doucement son front alors que des larmes de joie coulaient sur mes joues.
- Pleurs pas... Je vais bien...
- Oh...
- Ce cocard te donne... un air de méchant garçon...
Je riais brièvement alors que je me délectais de son faible sourire.
- Je l'ai tué ?
- James ?
- Hum...
- Non. On a trouvé la porte ouverte en venant te chercher, il était toujours là mais seulement blessé. Malheureusement, il va bien. Il sera jugé pour enlèvement et agression.
- Il ne devait pas mourir. C'est ma faute.
- Quoi ?
- Il ne me voulait pas de mal... Il a juste mal interprété mes attentions...
- Ce n'est pas de ta faute.
- Si...
- Non, Bella. Tu peux dire tout ce que tu veux, sauf ça, tu m'entends ?
Elle hocha la tête alors que des larmes se faufilèrent hors de ses yeux. J'embrassais ses joues, effaçant par la même occasion ses pleurs. Au bout de longues minutes, elle m'autorisa à appeler mon père.
Je me laissais aller à un sourire alors que Carlisle m'annonçait que tout irait bien maintenant...
Merci à tout le monde, j'ai galéré pour mettre ce chapitre car le site n'accepte pas le fichier...
J'espère que ça vous aura plus !
A bientôt.
