Chapitre 38

Gabrielle regarda les hommes porter les armes à bord du navire. Elle imagina que chacune de ces armes étaient recouvertes de sang. Une partie d'elle se demanda si c'était pour cette raison que la Conquérante aiguisait constamment son épée, peut-être pour gratter le sang séché de ses victimes. Pff si c'était pour cette raison, cela ferait longtemps qu'il ne resterait plus de métal sur son épée ?

Penser à la Conquérante fit que la jeune Reine Amazone la rechercha dans la foule sur les docks. Ce n'était pas une tâche difficile. La taille de Xena permettait de l'identifier facilement. Xena pourrait porter des vêtements de paysanne et on la reconnaîtrait quand même. Mais qui es-tu exactement ?

En arrivant sur la passerelle, Palaemon vit Gabrielle qui observait la Conquérante et remercia à nouveau le destin. En re-stabilisant les battements de son cœur, il s'approcha de la jeune femme et la salua légèrement. "Reine Gabrielle."

"S'il te plaît, ne commence pas ça avec moi, toi aussi. C'est déjà assez agaçant d'avoir quatre guerrières Amazones qui insistent pour me suivre partout."

"En parlant d'elles, où sont-elles ?"

Elle fit un geste de la main droite indiquant un secteur un peu plus loin en bas du bateau. "Je leurs ai ordonné d'aller prêter main forte aux hommes. D'une façon ou d'une autre je pense que je suis assez en sécurité ici. Je ne pense pas que quelqu'un soit assez fou pour s'en prendre à une Conquérante armée jusqu'aux dents."

Le Capitaine rit doucement et se passa sa main dans ses cheveux courts, ce qui replaça quelques mèches rebelles. "Je suis parfaitement en accord avec vos allégations, Votre Majesté."

Gabrielle roula les yeux, mais ne dit rien. Elle étendit le bras et mit sa petite main sur son avant-bras musclé, et le serra doucement. "Je veux te remercier, Palaemon. Pour m'avoir retrouvé et aidé. Et pour l'avoir aidé-elle. Tu es un homme bon. Je suis heureuse de te connaître."

Palaemon sentit une vague de chaleur subtil s'étendre sur ses joues, mais l'ignora. "J'ai engagé ma vie pour servir la Conquérante. Je ne pouvais pas la laisser se faire du mal en la laissant te faire du mal."

"Merci," chuchota-t-elle, puis elle se leva sur la pointe des pieds et plaça un baiser sur sa joue.

Le Capitaine ferma les yeux et savoura la douceur du moment.

"Sommes-nous prêt à mettre les voiles ?" Demanda-t-elle après un moment.

"Oui, aussitôt que les dernières armes seront embarquées. Ça ne devrait pas être bien long."

"Combien d'hommes la Conquérante a-t-elle perdu, Capitaine ?"

Les yeux de Palaemon s'assombrirent comme il recomptait mentalement les noms de certains de ses amis qui étaient morts au combat. "Nous étions cent à l'arrivée, et maintenant il ne reste que cinquante-sept d'entre nous. Du contingent macédonien, il n'en reste que trente-deux de la centaine d'hommes du départ."

"Plus de la moitié des hommes ?" Chuchota Gabrielle, ressentant, elle aussi la tristesse pour la perte de ces hommes et femmes qu'elle n'avait même jamais rencontrées. "Nous n'avons perdu que neuf guerrières Amazones. Même si c'est déjà trop."

"Plus seraient morts sans vous, Reine Gabrielle. Si vous n'aviez pas obligé vos Amazones à aider la Conquérante, je crains que nous serions tous morts."

Gabrielle soupira, "je ne réussi pas à voir de Gloire dans la guerre, bien que j'aie entendu quelques poètes en parler. Pendant que je regardais le champ de bataille, tout ce à quoi je pensais c'était que tout ça était insensé. Ce n'est pas comme si nous nous battions pour nos terres, ou nos familles. Nous, nous battions pour obtenir des instruments de guerre. Nous avons tué pour ainsi pouvoir tuer encore davantage dans l'avenir." Elle secoua la tête, ses cheveux clairs brillèrent dans la lumière du soleil.

Palaemon ne trouva rien à redire, il resta donc silencieux. En bas sur les docks, la Conquérante le regarda et le salua, puis lui fit signe de venir la rejoindre. "Excusez-moi, Votre Majesté," dit-il poliment, il salua Gabrielle et partit.

Après que Palaemon fut partit, les yeux de Xena s'attardèrent sur celle que son Capitaine venait de quitter. Elle avait senti les yeux de Gabrielle l'observer pendant toute la matinée tandis qu'elle se déplaçait parmi l'équipement et les hommes à tout superviser. Maintenant elle lui remit la pareil en l'examinant minutieusement, laissant les rayons du soleil caressé son visage, et en lui adressant un sourire radieux.

Quand Palaemon arriva à ses côtés, elle retourna son attention à ses tâches. "Palaemon, te souviens-tu de Minon, anciennement du contingent Macédonien ?"

Palaemon secoua la tête, "Non, Majesté. Je connais seulement les officiers du contingent, pas les soldats." Xena inclina la tête, "Viens alors je vais te le présenter. Je veux qu'il prenne la place de Cefan ; Cela prendra un moment il n'est pas tout à fait à point, mais tu lui enseigneras, il semble capable de relevé ce défi. Et tu devras aussi apprendre à Charis comment mener un régiment. Ses hommes auraient eut une meilleure chance s'ils avaient été entraînés correctement."

"Oui, Majesté."

"Plus tard, quand nous arriverons à Athos, je veux que Paxius soit exécuté devant ses troupes. Ça leur montrera que je suis sérieuse quand je dis que je veux de bons leaders. Je ne tolérerai pas des incompétents parmi mes soldats et encore moins parmi mes officiers. Si Paxius n'avait pas été un imbécile, je ramènerais plus d'hommes à la maison, en un sens il est responsable."

"Oui, Majesté. Ça sera fait."

"À Corinthe, tu devras recruter plus de candidats pour ma Garde Royale et je veux quatre hommes spécialement choisit pour être les Gardes d'Honneurs de Gabrielle."

"Majesté ? Ne dispose-t-elle pas d'une escorte Amazone ?"

Xena grimaça, démontrant qu'elle en était agacée. "Elles ont récemment perdu une de leurs Reines, qui, je suppose était tout aussi gardé. Je ne permettrai pas que cela se reproduise avec celle-ci."

Le Capitaine se débattit pour rester stoïque. "Oui, Majesté."

"Nous mettrons les voiles dans moins d'une marque de chandelle. Gabrielle et moi prendrons notre repas en privée ce soir. Vois à ce que nous ne soyons pas interrompus, Palaemon, particulièrement par ces Amazones. Elles tournent autour de Gabrielle comme des mouches sur de l'engrais."

Palaemon ne put pas se restreindre, "Majesté, puis-je vous suggérer de ne jamais employer cette analogie devant Gabrielle. Elle pourrait ne pas trouver cela très flatteur."

La Conquérante pris un moment, passa en revue son dernier commentaire et secoua la tête en guise d'approbation. "Par les Dieux, Palaemon tu as raison, je ne suis pas doué pour les flatteries, n'est-ce pas ? Je pense que j'ai été dans de trop nombreuses batailles pour ce genre de chose."

"Oh, je crois que la Reine des Amazones pourrait vous inspirer certaines flatteries digne d'une muse."

Les yeux de Xena dérivèrent vers le haut où se trouvait Gabrielle, "Plus que j'ai jamais osé l'espérer."