Chapitre 36

Tout en ouvrant ma portière, je sorti mon téléphone portable de ma poche. Je composai le numéro de Bella et même si cela faisait des mois que je ne l'avais plus fait, je le connaissais toujours par coeur. Pas besoin de consulter mon répertoire. Je m'insérai dans la circulation, écoutant les sonneries.

Salut, c'est Bella. Je suis probablement en route vers New York! Laissez-moi un message et souhaitez-moi bonne chance...BIP

"Bella, c'est Edward. Ne monte pas dans cet avion. S'il te plait!"

Je raccrochai et cherchai le numéro de Jasper. Je devais savoir de quel aéroport elle partait. C'était très certainement Sea-Tac mais je devais en être sûr. Sa boite vocale s'enclencha et je jetai le téléphone de rage sur le siège arrière. Evidemment, il dormait toujours. Après tout, il n'était que 5 heures du matin.

Dix minutes plus tard, j'étais devant l'appartement d'Alice et Jasper. Je déboulai chez eux sans frapper, la porte n'étant pas verrouillée. Je m'énerverai sur ma sœur plus tard. Pas le temps. J'entrai en trombe dans la chambre à coucher. Alice et Jasper dormaient paisiblement, enchevêtrés l'un dans l'autre.

"Jasper?" criai-je en m'énervant sur place. Alice ouvrit un oeil, me regarda et poussa un gémissement avant de se laisser retomber sur le lit. Jasper me fusillait du regard comme s'il était prêt à se jeter sur moi.

"De quel aéroport, Bella part-elle?"

Son air renfrogné disparu et fut remplacer par un sourire lumineux.

"Je le savais" répondit-il en frappant dans ses mains. "Je savais que ce n'était qu'une question de temps."

"Nous allons cruellement manquer de temps si tu ne me dis pas où est Bella."

Je tentais tant bien que mal de garder mon calme.

"Heu. Sea-Tac."

Je ne répondis pas préférant me lancer vers la sortie. Avant d'arriver dehors, j'entendis Jasper dans les escaliers me crier après.

"Tu n'y arriveras jamais Edward. Son avion décolle dans 45 minutes."

Je l'ignorai. Je devais le faire. Je devais y arriver.

Une fois de retour sur la route, je programmai Sea-Tac sur mon GPS. C'était l'aéroport le plus difficile d'accès dans cette ville. Je devais y arriver. Je devais la retrouver. Je devais lui dire que j'étais désolé. Et lui dire que je l'aimais. Que même si je ne comprenais, nous pouvions dépasser cette histoire. Que je pouvais lui pardonner. Qu'elle était faite pour moi. Que je voulais l'épouser et avoir des enfants avec elle. Qu'elle était ma vraie soumise mais aussi ma partenaire. Lui dire que j'avais trouvé en elle, la personne parfaite pour moi. Et surtout que cette erreur ne devait pas nous séparer. Que nous avions tous menti.

Pour avancer dans ce monde, nous faisions tous des erreurs. Nous blessions tous les gens que nous aimions. Mais nous pouvions passer au-dessus de tout cela. Que son article était une belle preuve d'amour et une belle déclaration. Et qu'il ne fallait pas qu'elle ait des regrets. Que grâce à elle, peut-être les mentalités allaient changer.

J'arrivai devant le bâtiment et me garai sur un emplacement "interdit de stationner". Rien à foutre. Qu'on embarque ma voiture. J'allais chercher Bella. Elle était tout ce que je voulais. Je courus vers l'aéroport, pestant contre les portes coulissantes qui traînaient à s'ouvrir. Un rapide coup d'oeil sur le tableau d'affichage pour connaître la porte d'embarquement.

Américan Airlines Porte 12

A cette heure, elle devait déjà avoir passé les contrôles. Je me suis donc dirigé vers le guichet de la compagnie.

"Un billet pour New York"

"Pas celui qui part dans 20 minutes Monsieur?" demanda l'hôtesse.

Je lui fis signe que oui.

"Monsieur, vous ne serez jamais à temps pour passer la sécurité."

"Je sais, donnez-moi juste un billet."

"Il va être cher!" ajouta-t-elle en tapant sur le clavier de son ordinateur.

"J'en suis conscient."

"Etes-vous vraiment sûr de vouloir un billet, Monsieur? Je peux vous trouver un billet sur un vol qui part dans une heure."

"Je veux juste un billet pour CE vol. Je serais en mesure de l'avoir si vous faites votre travail" aboyai-je.

Ses yeux s'écarquillèrent et elle acquiesça en reportant son attention sur l'écran.

"Cela vous coutera 2145$. Liquide ou carte?"

"Par carte" répondis-je en lui tendant ma carte de crédit. Après quelques minutes, le billet sortait de l'imprimante et elle me le tendit alors qu'on appelait pour la dernière fois le vol. Je saisis les papiers et courus jusqu'au poste de contrôle. Il y avait une vieille dame après la ligne blanche. Je sortis mon portefeuille afin de voir la somme d'argent que j'avais à l'intérieur. Il contenait 650$. J'en sorti 300$ et m'avança pour me rapprocher d'elle.

"Madame, je vous donne 300$ pour vous acheter votre place acheté en ligne" proposai-je en montrant l'argent que je tenais en main. Elle saisit les billets.

"Oui, Monsieur. Merci Monsieur" dit-elle en souriant.

J'hochai la tête et passai la sécurité en un temps record. Ma course m'amena à la porte D6 au moment au celle-ci se fermait.

"Putain" marmonnai-je.

J'essayai de ne pas penser en m'approchant de la fenêtre où j'avais vue sur l'avion. Celui-là même qui emportait loin de moi la seule chose dont je ne pouvais me passer et vivre sans. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant. Aurais-je l'occasion de la revoir, de pouvoir lui parler à nouveau. Aurais-je droit à une seconde chance. J'avais tout gâché. Tellement têtu que je l'avais perdu. Je n'avais d'autre choix que de ravaler ma fierté et lui pardonner son erreur. Elle voulait que je lui pardonne. Elle voulait que je lui parle. Je l'ai ignoré et maintenant, je ne pouvais que regarder son avion s'envoler.

"Ils ont l'air si petit dans le ciel, n'est-ce-pas?"

Une voix retentit derrière moi tandis que l'avion quittait la piste. Je souris mais ne quittai pas l'avion des yeux.

"Je connais quelqu'un qui est dans ce vol. Et vous?"

"Oui."

"Comment s'appelle-t-elle?"

"Bella."

Je soupirai non pas comme réponse mais en signe de reconnaissance. Je me retournai lentement et me retrouvai face à elle. Elle était exactement comme je l'avais vue deux heures plus tôt. Elle haussa les épaules, un léger sourire aux lèvres.

"Je ne pouvais pas partir."

"Pourquoi?"

Je ne pus m'empêcher de poser la question. Pas que je n'étais pas content mais je voulais savoir.

"Je ne pouvais aller nulle part sans mon coeur."

Elle haussa à nouveau les épaules comme si la réponse était évidente. J'avançai et pris son visage entre mes mains. Mes doigts étaient écartes car je voulais toucher le plus de peau possible. Je me penchai, doucement et murmurai avant de poser mes lèvres sur les siennes.

"Et moi, je ne suis pas désolé et je ne regrette rien de ce qu'il s'est passé."

Le temps s'arrêta tandis que ma bouche se collait à la sienne. J'étais Edward et elle Bella. Elle était tout ce que je voulais. Ce moment était juste parfait. Je ne voulais plus jamais être têtu. Je ne voulais plus devoir pardonner ni être pardonné. J'avais encore des secrets mais je savais que nous pourrions dépasser tout cela dorénavant. Aucun mensonge, aucun secret ne pourra plus nous séparer. Mais ce n'était ni le moment, ni le lieu pour discuter de ces secrets. Je m'écartai d'elle mais gardai son visage entre les mains.

"Nous devons parler."

"Je sais."

Nous nous assîmes à une vieille table dans un coin. Isabella soupira puis leva les yeux vers moi.

"Je suis désolée.

Je secouai la tête.

"Je le sais. Mais il n'y a pas de raison de le dire."

Elle hocha la tête avant de baisser les yeux sur la table.

"Je n'ai pas été complètement honnête non plus avec toi."

Elle releva les yeux, surprise.

"J'ai fait de mauvaises choses avec toi."

"Lesquelles?" questionna-t-elle en levant les sourcils.

"Je t'ai toujours traité différemment."

"Je sais que tu.." me coupa-t-elle.

"Laisse-moi terminer. Je t'ai toujours traité différemment et établi des règles plus faciles pour toi. Uniquement pour toi. Je ne peux pas vivre ainsi. Je ne peux pas être un demi dominant."

"Tu n'es pas un demi…"

Cette fois, ce fut moi qui la coupai.

"Bella. Tu ne m'écoutes pas. La manière dont nous avons agi comme te laisser dormir dans mon lit le week-end et non dans ta chambre de soumise, te laisser parler librement dans toute la maison. Je ne peux pas faire cela. Si je veux être avec toi, j'ai besoin de moment où je peux être un vrai dominant. Sinon, je risque d'exploser."

Je l'observai, cherchant un signe qu'elle comprenait, que c'était aussi ce qu'elle voulait. Je voulais savoir si elle était d'accord mais elle sourit simplement.

"Tu crois que je ne sais pas que tu agissais différemment avec moi? Edward, je voulais te vous au quotidien, te pousser pour te voir réellement, te voir tel que tu étais."

"Mais je n'ai rien fait."

"Oui, tu as été un sujet horrible."

Je ne pus m'empêcher de rire.

"J'étais si mauvais? Je suis un peu content de ne pas correspondre vraiment à ce que tu voulais pour ton article."

Bella a juste souri et leva les yeux au ciel.

"Je comprends que ça n'était pas facile mais ça ne l'était pas pour moi non plus. Donc, nous recommencerons correctement lorsque je reviendrai de New York."

Elle voulait toujours partir?

"Tu ne peux pas...Je veux dire. Tu ne peux pas partir maintenant."

Isabella me regarda fixement avant que sa bouche ne se crispe un instant, son regard ne fuie le mien.

"Je dois y aller, Edward."

Je secouai la tête et pris ses mains.

"Ok mais je ne peux laisser passer ma seconde chance."

Isabella fronça les sourcils et plongea son regard dans le mien. Il dut y voir quelque chose car elle serra les miennes plus fort.

"Je reviendrai, Edward."

"Je viens avec toi."

"Tu ne peux pas quitter le club et le laisser seul pendant trois semaines" ajouta-t-elle en soupirant et tentant de me raisonner. Mais je ne voulais rien entendre.

"Je vais laisser Rose s'en charger durant mon absence."

"Je ne peux pas te laisser faire ça."

Ses paroles disaient une chose mais je voyais bien qu'elle souhaitait que je fasse ce que je disais.

"Oui je peux le faire. Mais veux-tu que je vienne?"

Je la vis sourire avant de me répondre."

« D'accord, tu peux venir avec moi. Nous devons prendre l'avion avant mercredi prochain."

J'acquiesçai d'un signe de tête puis fronçai les sourcils pensant à son départ.

"Pourquoi voulais-tu partir si tôt?"

Bella rougit et baissa les yeux.

"Je ne souhaitais pas rester ici plus longtemps. Je me sentais mal. Je ne pouvais plus rester dans cette ville alors que tu ne pouvais me pardonner. Je voulais respecter ton souhait de ne plus me voir. Et surtout, je pensais que ma culpabilité diminuerait en quittant Seattle."

"Je te pardonne si toi aussi, tu me pardonnes" murmurai-je à son oreille.

Elle sourit et essuya une larme qui coulait sur sa joue avec le dos de sa main.

"Je te pardonne mais je pense que j'étais plus coupable que toi."

"Tu exagères. Un mensonge est un mensonge. Nous nous valons bien."

"C'est moi qui aurais dû courir après toi et non l'inverse."

Je ris.

"Un jour, je te laisserais me pourchasser."

"Attention que je te prenne au mot" répondit-elle en riant aussi.

"Rentrons à la maison" proposai-je en saisissant ma veste posée sur le siège à côté de moi.

"Je n'ai pas dormi dans mon lit depuis ton départ et je meurs d'envie de dormir" ajoutai-je en la tirant de son siège par le bras et en nous hâtant vers la porte.

"Dormir?"

"Oui, dormir."

"Ah oui! Et c'est ça le grand Edward Cullen!"


C'était le dernier chapitre.

La semaine prochaine, je vous posterai l'épilogue.

Bonne soirée

Eli