Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.
Tout d'abord, je vous souhaite à toutes et à tous une Bonne et Heureuse Année 2011 qu'elle vous apporte santé, amour, argent, bref tout ce qui pourra la rendre belle ! Bonne année !
Je tiens aussi à vous remercier pour toutes vos reviews, merci ! ^_^ MERCI !
Law : Hello ! Merci beaucoup pour tes reviews ! Je suis contente que mon histoire te plaise ! En tout cas, je suis ravie qu'un homme apprécie mon histoire, ça fait plaisir de savoir que vous aussi vous aimez aussi lire des fanfics ! J'en profite aussi pour te souhaiter une bonne et heureuse année 2011 ! Plein de bonheur, la santé, l'amour et aussi de l'argent parce que ça aide quand même, lol. Encore merci pour tes reviews ! A bientôt ! Bises.
Voici le nouveau chapitre, alors, bonne lecture !
Chapitre 34 : L'envol des anges
Carlisle fut réveillé par une langue qui s'amusait à tracer le chemin de sa colonne vertébrale. Rapidement, elle arriva en bout de chemin, il put alors la sentir se glisser doucement entre ses fesses. Deux mains ne tardèrent pas à la rejoindre, caressant ses fesses, les écartant pour permettre à la langue taquine de s'immiscer entre elles et de titiller son intimité. Ses doigts se crispèrent sur le drap fin alors qu'il laissait échapper un gémissement. Il se cambra s'offrant tout entier à la langue qui le dévorait. Le blond sentit une main quitter sa hanche pour glisser vers son membre qu'elle caressa. Ses doigts tirèrent sur le drap. Il gémit. Ses paupières s'ouvrirent enfin et il tourna la tête pour croiser le regard gourmand de son compagnon. Edward lui sourit avant de verser un peu de lubrifiant dans la raie de ses fesses, Carlisle soupira et reposa sa tête sur son oreiller, son regard se posa alors sur le radioréveil. Un cri de frustration lui échappa, il serra les poings et se retourna pour repousser le jeune homme. Sachant qu'il devait se lever, sinon, il craquerait, Carlisle s'assit sur le rebord du lit. Edward chercha à le rattraper alors qu'il se mettait debout.
« -Carlisle, l'appela Edward d'une voix rauque.
-Je suis désolé, mais… mais il est tard…
-On sera en retard.
Tout en disant cela, Edward attrapa sa main et le tira violemment vers lui. Carlisle tomba lourdement sur le lit et le jeune homme s'empressa de s'allonger sur lui pour empêcher toute nouvelle fuite.
-Tu vas être en retard ! Argumenta-t-il tout en faisant son possible pour garder les idées claires alors qu'Edward mordillait l'un de ses mamelons.
-Mon boss sera indulgent, sinon, je promets de tout faire pour qu'il me pardonne cet écart, quitte à payer de ma personne.
-Je ne serais pas contre cette idée, avoua Carlisle entre deux baisers, mais tu m'as dit avant-hier que tu ne pourrais prendre ton service qu'à dix heures aujourd'hui à cause d'une réunion importante à la MI !
-Merde ! Souffla Edward en se laissant tomber sur lui.
-Désolé, tu m'as aussi dit de t'envoyer prendre une douche froide si tu râlais, ajouta Carlisle tout aussi frustré, mais amusé par la réaction de son compagnon.
-Fais chier, maugréa le jeune homme en se levant. »
Carlisle se retint violemment de ne pas lui sauter dessus quand il le vit se balader nu devant lui, son sexe dressé, ses fesses musclées. Il allait mettre de côté ses bonnes résolutions lorsqu'Edward s'enferma dans la salle de bain. Quelques secondes plus tard, un grognement lui apprit que sa moitié prenait une douche froide. Le blond se leva et enfila rapidement un boxer ainsi qu'un tee-shirt pour aller préparer le café. Il était en train de beurrer des tartines quand sa moitié le rejoignit. Il ne put s'empêcher de l'observer avec attention et de pester contre leur manque de temps. En effet, Edward avait revêtu un costume Armani, léger, gris clair avec une chemise blanche, il était vraiment séduisant et il fit un effort surhumain pour ne pas lui sauter dessus. Finalement, Edward avala rapidement quelques gorgées de café avant de l'embrasser et tout en mangeant une tartine, il partit.
Après avoir terminé son petit-déjeuner, Carlisle prit sa douche et s'habilla. Le médecin jeta un coup d'œil à ses poignets qui étaient marqués par leurs ébats de la veille. Il prit sa montre et son bracelet, qui servaient habituellement à dissimuler ses cicatrices, et heureusement, ses bijoux cachaient partiellement les marques rougies qui entouraient ses poignets. Satisfait que l'on ne voit plus les traces des menottes, il prit ses clefs et sortit. Une fois dans la rue, il fit un léger détour par la boulangerie française et il acheta quelques viennoiseries pour son équipe. Puis, tout en se rendant aux Urgences, il se dit qu'il était dommage de s'enfermer par une journée pareille, il faisait beau et il s'imaginait bien allongé dans l'herbe verte de Central Park, Edward blottit dans ses bras, le soleil baignant leurs corps et les oiseaux les berçant. Il poussa un petit soupir en se disant qu'ils pourraient en profiter ce week-end. Il franchit le seuil du Memorial et salua ses collègues qui ne tardèrent pas se diriger vers le comptoir où il avait déposé les douceurs achetées un peu plus tôt.
« -C'est réservé aux Urgences ou on peut se servir ?
-Depuis quand tu demandes ?
Jasper lui fit un clin d'œil avant de prendre un pain aux raisins. Carlisle remarqua alors la présence d'Alice à ses côtés. La jeune femme lui fit la bise avant de réprimander son mari qui ne l'avait pas salué.
-Edward n'est pas avec toi ? Questionna à la place Jazz pour faire râler son épouse.
-Tu as de la chance que je sois de bonne humeur, lança Alice en le fusillant du regard.
-Je suis heureux de te voir Alice, lança Carlisle pour couper court à toute dispute, mais que fais-tu ici ?
-J'attends Rose, elle a rendez-vous pour des examens et je lui ai promis de l'accompagner parce qu'Emmett était de garde et n'était pas sûr d'arriver à l'heure.
Carlisle acquiesça tout en prenant un croissant, il voulut porter une bouchée à ses lèvres quand Jasper l'en empêcha, la main du psy s'enroula autour de son poignet.
-Qu'est-ce que tu caches ? Interrogea Jasper avec un air amusé.
-De quoi parles-tu ?
Carlisle se débattit légèrement pour récupérer son poignet pendant que Jasper essayait de repousser son bracelet en cuir. Dès que le psy aperçut la marque rouge, il le relâcha. Carlisle soupira en voyant le regard du jeune homme, il allait en entendre parler pendant un long moment…
-Alors, on s'amuse ? On fait des expériences, Docteur Cullen ?
-La ferme, Jazz, grogna-t-il.
-Dis-moi tout, t'aimes bien être attaché ?
-Je t'ai demandé de te taire, Whitlock, sinon, je te promets que tu verras tous les cas loufoques qui passeront la porte aujourd'hui et tu sais qu'ils peuvent être nombreux.
-A ta place, je me calmerai, intervint Alice, surtout, que toi aussi tu as parfois ce genre de marque.
Jasper fusilla sa compagne du regard pendant que Carlisle riait doucement de l'inconfort visible du psy.
-Au fait, à quelle heure ma sœur a-t-elle rendez-vous ? Demanda soudain Jasper pour changer de conversation.
-Neuf heures.
-Tiens la voilà ! Dit-il en apercevant Rose.
Carlisle agita sa main en direction de Rosalie. Cette dernière leur sourit et se dépêcha de les rejoindre. Jasper et lui froncèrent les sourcils en voyant les ballons qu'elle tenait par une petite corde et qui s'agitaient quelques centimètres au-dessus de sa tête au rythme de ses pas.
-Pourquoi tu te balades avec des ballons ? Questionna Jasper.
-Bonjour à toi aussi, petit frère !
-Ne lui en veux pas, dit Alice, il a décidé d'être désagréable ce matin.
-Mais…
-La ferme, Jazz, grognèrent les deux femmes en même temps.
Carlisle dissimula un sourire face à l'air outré de Jasper qui se rapprocha de lui, sûrement pour mettre le plus de distance possible entre les deux femmes et lui.
-Bonjour, Carlisle.
-Bonjour, Rosalie, la salua-t-il en lui faisant la bise. Tes ballons sont très jolis, c'est donc un cadeau d'Emmett ?
-Oui, deux bleus et deux roses comme nous ne savons toujours pas quel est le sexe du bébé.
-Et pour quelle raison tu te balades avec ces trucs ? Marmonna Jasper planqué dans son dos.
-Parce que j'ai croisé le livreur en bas de l'immeuble et que je n'ai pas eu le temps de remonter, je les ai donc pris avec moi. Ca te pose un problème ?
-Non, s'empressa de répondre son frère.
-On dirait qu'il y a des trucs à l'intérieur des ballons, murmura Alice qui les observait à travers les néons de l'accueil.
-Tu devrais faire attention, dit Carlisle à Rosalie, ils risquent de se percer avec le coin du …
Carlisle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que l'un des ballons toucha l'angle en fer du tableau où ils notaient les cas des patients, le ballon bleu explosa et une pluie de confettis se déversa sur eux.
-Oh, mon Dieu, je suis désolée, Carlisle, s'excusa Rosalie, je vais nettoyer, je…
-C'est pas grave, la rassura-t-il en époussetant ses cheveux pour faire tomber les petits bouts de papier.
Le sourire amusé du Chef des Urgences se fana lorsque son regard se posa sur les confettis en forme d'éléphants roses qui étaient répandus sur le sol tout autour de lui. Des éléphants… Des éléphants roses...
-Empêchez-le ! Empêchez-le d'aller travailler le jour où des éléphants roses tomberont sur vous et vous pourrez le sauver de la mort !
La voix de la bohémienne résonna dans son esprit tel un funeste avertissement. Il secoua la tête, ce n'était que des sornettes, de stupides sornettes, pourtant, l'angoisse ne cessait de grandir en lui.
-Bon, sinon, vous vous souvenez tous qu'on se retrouve à la fin de la semaine pour fêter l'anniversaire de Bella, entendit-il vaguement Alice parler.
-Tout va bien ? Lui demanda Jasper.
-Euh, oui.
-Tu es vraiment pâle, t'es pas en train de nous faire un malaise ? S'inquiéta le psy.
-Tu devrais t'asseoir, conseilla Rosalie.
Carlisle acquiesça distraitement tout en prenant place sur une chaise. Ses mains fouillèrent fébrilement ses poches à la recherche de son téléphone portable. Il composa rapidement le numéro de son compagnon.
-Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur d'Edward Masen, laissez-moi un message et…
Carlisle laissa échapper un chapelet de jurons, pourquoi était-il sur répondeur alors qu'il avait tant besoin de lui parler ? Il laissa tout de même un message.
-Edward, c'est moi, rappelle-moi dès que tu auras ce message… Il faut que tu rentres, s'il-te-plaît, annule ta réunion et rentre à la maison.
-Il y'a un problème ? S'enquit Jasper qui était resté à ses côtés.
-Non, non, je ne pense pas.
-Carlisle tu n'as vraiment pas l'air bien, s'alarma Rosalie.
-Elisabeth ! Appela Jazz en voyant passé leur collègue.
-Oui ?
-Je pense que Carlisle est en train de nous faire un malaise, on peut l'allonger quelque part ?
-Non, je vais bien, protesta-t-il.
-Laisse-moi prendre ta tension avant de te lever, d'accord ? Proposa Elisabeth.
-Rosalie, il faudrait qu'on y aille, déclara soudain Alice en jetant un coup d'œil à la pendule ornant l'un des murs de l'accueil. C'est bientôt 9 heures.
-Tu as raison, acquiesça Rosalie.
-Ca va aller ? Interrogea Alice en le regardant.
-Oui, filez, je vous assure que je vais bien, répéta le Chef des Urgences.
08H46
Un bruit sourd. Une détonation assourdissante. Tous se figèrent en entendant ce terrible son qui fit trembler les murs du Memorial. La main d'Elisabeth se crispa sur son bras alors que son propre cœur manquait un battement. Rosalie et Alice se rapprochèrent l'une de l'autre pendant que Jasper entouraient leurs épaules de ses bras.
-C'était quoi ? Demanda Alice d'une petite voix inquiète.
-On… On aurait dit une explosion, réalisa Jasper.
Carlisle desserra doucement la main d'Elisabeth tout en la rassurant et il se redressa pour regarder autour d'eux.
-Tout le monde va bien ? Demanda-t-il à la cantonade.
Plusieurs oui s'élevèrent et le rassurèrent, l'explosion ne semblait pas venir de son service.
-Caroline ! Appela Carlisle en se tournant vers la secrétaire qui était déjà au téléphone.
-Non, ça ne vient pas de chez nous, Docteur Cullen !
-Rebecca ! Mettez CNN ! Ordonna Elisabeth en avisant l'interne le plus proche du poste de télévision.
-Quelqu'un sait ce qui se passe ? Questionna le Directeur Seymour en les rejoignant.
La cacophonie qui régnait dans le service des urgences disparut dès que les premières images apparurent sur l'écran de télévision. Un silence lourd et glacial envahit le hall alors que tous les regards effarés découvraient des images apocalyptiques. Carlisle sentit tout son être s'éteindre quand il vit la Tour Nord du World Trade Center éventrée. Une épaisse fumée noire dissimulait le sommet du bâtiment. Le caméraman qui filmait depuis la rue enregistrait les cris de terreur des passants, ces derniers ne faisaient qu'accroître l'horreur des images qui défilaient sous leurs yeux.
-Qu'est-ce… Qu'est-ce qui s'est passé ? Questionna Rosalie d'une voix tremblante.
-On dirait qu'une bombe a explosé au sommet de la tour, murmura Jasper aussi sous le choc.
-C'est… Ce sont quels étages à votre avis ? Réussit à demander Carlisle malgré sa voix tremblante.
-J'en sais rien, avoua Jasper.
-Ca a l'air super haut, chuchota Alice.
-Oh, mon Dieu ! S'écria Rose. Emmett… Ils vont envoyer Emmett là-bas ! Sa caserne est l'une des plus proches.
-Du calme, Rosalie, je suis sûre que tout va bien se passer, la rassura Jasper en la prenant dans ses bras.
-Mais… Mais tu as vu ! S'angoissa la future mère en pointant les images du doigt.
Jasper la serra contre lui et Alice vint se réfugier dans ses bras, le petit lutin noua ses mains autour de son cou tout en lui murmurant que tout allait bien se passer. Il aurait aimé la rassurer, mais il en était incapable, il était bien trop inquiet et son regard ne cessait de se poser sur les images de la Tour Nord alors qu'il essayait désespérément de compter les étages, mais tout était trop flou et trop de choses se bousculaient dans son esprit pour qu'il y parvienne. Jasper lui posa une question à laquelle il ne sut répondre, lui aussi était intrigué par l'étrange forme qui se devinait dans le creux béant de la tour.
09H02
Un cri d'horreur retentit autour de lui faisant écho au sien, il dut s'accrocher au comptoir de l'accueil quand un avion percuta violemment la Tour Sud. Les doigts d'Alice griffèrent la peau de son cou alors qu'elle dissimulait son visage contre son épaule. Il la serra fortement contre son torse autant pour tenter d'apaiser ses tremblements que les siens.
-C'est un attentat !
-Nous sommes attaqué !
-Il faut partir !
-Oh, mon Dieu !
-Non !
Carlisle n'entendait pas vraiment les cris, les hurlements d'horreurs qui l'entouraient, tout lui parvenait de manière étouffée tant il était sous le choc. Un avion ! Ce n'était pas une bombe, c'était un avion qui avait percuté la Tour Sud et c'était sûrement un autre avion qui était responsable de l'état de la Tour Nord ! Cela expliquerait l'étrange forme qui les avait interpellés Jasper et lui. Face à cette révélation, une foule de questions se bousculèrent dans son esprit. Combien de temps les immeubles tiendraient-ils face à un tel impact ? Y'aurait-il des survivants ? Carlisle sortit de ses pensées en voyant apparaître à l'écran un présentateur étrangement pâle pour animer le flash spécial.
-D'après les premières informations dont nous disposons, deux avions de ligne ont été détournés par des pirates de l'air, annonça la voix tremblante d'un journaliste, le vol 11 d'American Airlines a percuté la Tour Nord du World Trade Center à 8h46, s'écrasant entre le 93ème et le 99ème étage. Un second avion, le vol 175 d'United Airlines…
Carlisle n'entendit pas la suite, son esprit était focalisé sur certaines informations que le journaliste venait de donner. 90ème étage… 93ème étage… 95ème étage… 99ème étage… 100ème étage… Les chiffres se mélangeaient dans son esprit, il ne savait plus. Il inspira profondément pour ne pas hurler à son tour face à son impuissance. Cependant, il s'obligea à reléguer sa colère dans un coin de son esprit quand il remarqua la panique qui régnait dans son service. Il déposa un baiser sur le front d'Alice avant de grimper sur le comptoir de l'accueil.
-Ca suffit ! Cria-t-il. Calmez-vous !
Un raz-de-marée de reproches et d'insultes lui répondirent, mais il ne se laissa pas impressionner, il avait encore une chose à accomplir et il la mènerait à terme !
-Qu'allez-vous faire ? Répliqua Carlisle en fusillant ses subordonnés du regard. Vous allez rejoindre la masse grouillante qui essaie de fuir Manhattan ? Vous vous retrouverez coincés !
-On doit rejoindre nos familles !
-Je comprends votre inquiétude, mais vous devez vous rappeler quelque chose de très important, le Memorial est l'Hôpital le plus proche du World Trade Center. Nous sommes donc en première ligne et dans peu de temps nous allons recevoir des blessés plus ou moins graves ! Alors, je sais que vous avez envie d'être ailleurs, mais vous allez rester ici et faire votre devoir ! Nous allons soigner, soulager, sauver autant de personnes que nous le pouvons, c'est compris ?
Carlisle fut soulagé quand il entendit plusieurs oui lui répondre, certains plus hésitants que d'autres.
-Pensez à ces gens blessés, plaida-t-il, si c'était votre femme, votre mari, votre enfant, ne seriez-vous pas heureux que quelqu'un le soigne ? Prenne soin de lui ? Peut-être que certains d'entre vous ont de la famille, des amis qui étaient dans les tours, ne voulez-vous pas être là, prêts à les aider ?
-Que faisons-nous, boss ? Lui demanda Elisabeth avec reconnaissance.
-Georges, il nous faut un maximum de personnel aux urgences, des infirmières et des aides-soignants. Il faut aussi libérer le plus de blocs possibles et que les chirurgiens se tiennent prêts à opérer.
-Je m'en charge, acquiesça le Directeur.
-Dawes, Matthews et Chang, vous serez au triage des patients à leur arrivée, je vous superviserais. Elisabeth, tes internes, ceux d'Edward et toi, vous vous occuperez des premiers traumas. Les chirurgiens ortho viendront nous seconder. Jasper, il faut organiser un soutien psychologique.
-Le Docteur Masen vient nous aider ?
-Je…, Carlisle perdit ses mots face à la question de Stella Sanchez son regard se posa alors sur une personne qui venait d'entrer dans le service. Changement de programme, Sanchez, Stevens et Blanchard vous serez sous les ordres du Docteur Stockes jusqu'à l'arrivée de votre titulaire ! Caroline, faites venir vos collègues, je veux que vous les dirigiez, vous orienterez les secours vers le Memorial ou un autre Hôpital en fonction des blessures du patient ou de notre capacité d'accueil ! Maintenant, tout le monde au travail ! »
En l'espace de quelques minutes, tout le personnel se mit au travail et rapidement les demandes des secours ne tardèrent pas à affluer, les premiers blessés étaient des personnes brûlées sûrement par le Kérosène qui s'était échappé de l'avion lors de l'impact. Carlisle contacta les chirurgiens esthétiques pour qu'ils viennent les seconder, il essaya ensuite de joindre son compagnon, mais le réseau téléphonique était saturé. Les blessés par brûlure ne tardèrent pas à arriver le sortant de ses sombres pensées, ils étaient accompagnés par des passants qui avaient reçu des débris que ce soit du verre ou du métal. Carlisle se posta au triage pour superviser ses internes ainsi que les infirmières pendant que Caroline lui faisait un rapport constant sur leurs capacités ainsi que celles des autres Hôpitaux. Rapidement, des bénévoles secouristes vinrent leur apporter leur aide. Il leur confia les cas les plus légers sous la surveillance de deux de ses internes, des psychologues et leurs étudiants vinrent leur porter main forte.
09H58
Cela faisait presqu'une heure que les Urgences tournaient à plein régime quand des cris lui apprirent que la Tour Sud venait de s'écrouler. Il était 9h58. Carlisle ferma les yeux et eut une pensée pour toutes les personnes qui n'avaient pas pu s'enfuir. La Tour Nord, quant à elle, se dressait encore droite, fière malgré ses blessures et il supplia pour que les personnes s'y trouvant aient le temps de fuir avant qu'elle ne cède à son tour. Il n'eut guère le temps de s'appesantir davantage sur ses pensées, des pompiers venaient d'entrer dans son service tout en leur hurlant d'évacuer le hall et de fermer toutes les portes et fenêtre donnant sur l'extérieur. Carlisle, les doigts gantés de latex couverts du sang de l'homme qu'il soignait, se tourna vers Jasper qui était près de l'accueil pour lui ordonner d'actionner les fermetures d'urgences. En une seconde, les portes furent fermées, certains rideaux de fer réussirent à se baisser alors qu'ils observaient d'un air apeuré un épais nuage de poussière déferler tel une vague dans la rue.
Une fois le choc passé, l'effervescence reprit le dessus sur le lourd silence. Carlisle envoya son patient au bloc avant de se diriger vers les pompiers. Après s'être assuré qu'ils pouvaient rouvrir, il fit débloquer les portes qui ne tardèrent pas à être assaillies par des blessés plus ou moins graves. Avec toute la patience et la diplomatie dont il était capable, il tenta d'expliquer aux personnes légèrement blessées de se rendre soit à l'accueil central du Memorial qui se chargeraient d'eux ou au Mercy Hospital qui était la structure la plus proche de la leur. Après avoir évité de se faire écharper par une foule en colère de se voir refoulée, il put regagner l'intérieur des Urgences. Georges qui avait vu la scène se dépêcha de demander aux hommes de la sécurité de rester aux Urgences pour éviter que les choses ne dégénèrent. Discrètement, Carlisle sortit son téléphone portable de sa poche et composa rapidement le numéro d'Edward, il tomba une nouvelle fois sur le répondeur, il ne laissa que 3 mots que peut-être personne n'entendrait jamais...
« -Je t'aime. »
Ravalant un sanglot, il s'avança vers une fillette qui était recroquevillée dans un coin. Dans la cohue, personne ne semblait avoir remarqué sa présence. Doucement, pour ne pas l'effrayer, il s'agenouilla face à elle. Elle l'observa à travers ses larmes et la seconde suivante elle se jetait dans ses bras. Il l'étreignit et tout en lui murmurant des paroles réconfortantes, il l'assit sur une table d'examen.
10H28
Carlisle était en train d'examiner la plaie au front de la petite Mary quand il sentit ses jambes se dérober sous son corps. Lentement, sa tête, comme toutes les autres, se tourna vers l'écran de télévision. Tous observèrent, impuissants, l'effondrement de la Tour Nord qui s'écroulait trente minutes après sa jumelle. L'air vint à manquer dans ses poumons et il s'obligea à garder un visage neutre pour rassurer la fillette qui avait perdu ses parents dans un mouvement de foule. Le médecin occulta tout ce qui ne concernait pas son travail et continua à suturer la plaie de l'enfant. Quand il eut terminé, il chercha du regard un autre patient, il devait s'occuper, il ne devait surtout pas s'arrêter et réfléchir au risque de ne pas pouvoir se relever.
« -Rosalie ! Appela-t-il en avisant la jeune femme qui réconfortait une dame âgée.
-Oui ?
-Tu… Tu ne devrais pas rester ici dans ton état. Pourquoi n'irais-tu pas attendre avec Alice chez nous ?
-Il faut que j'aide, Carlisle, je t'en prie, j'ai besoin d'être utile, sinon, je vais craquer.
-Je comprends, murmura-t-il, mais cette effervescence n'est pas bonne pour le bébé.
-Carlisle, on n'a plus de couvertures de survie, lui annonça Alice, j'ai tout distribué aux personnes en état de choc.
-Demande à Caroline les clefs de la réserve, on a reçu un lot de 500.
-Ok.
-Alice, attends ! Je vais m'en occuper ! Il y a… Il y a des enfants qui n'ont pas leur place ici, certains sont perdus ou leurs parents sont au bloc, des assistantes sociales vont arriver, mais j'aimerais que tu les emmènes en pédiatrie, il y a des jeux et ils seront mieux là-bas.
-Tu as raison, acquiesça le petit lutin qui se dirigeait vers un groupe d'enfants encadrés par quelques bénévoles.
-Rosalie, je te présente Mary dont nous allons bientôt retrouver les parents. Peux-tu l'accompagner en pédiatrie, elle sera mieux avec les autres enfants, préviens-moi si elle vomit ou si elle a des vertiges. Il faudrait aussi l'empêcher de dormir pendant les heures qui viennent. Mary, tu veux bien aller avec Rose ?
-Je peux pas rester avec toi ? Demanda la petite fille.
-Non, ma puce, et puis, je suis sûr que tes parents vont bientôt arriver.
La fillette acquiesça et prit la main de Rosalie pour rejoindre l'étage.
-Merci, dit Jasper en passant à ses côtés, moi, elle ne m'aurait jamais écouté et elle en faisait trop.
-Elles seront bien là-haut, par contre, viens me voir si elles veulent aller se reposer à l'appartement c'est à deux pas.
-Ok, souffla Jasper, au fait, Edward est arrivé ?
-Tu peux aller chercher des couvertures de survie ? Caroline a les clefs de la réserve, il faut que j'aille réceptionner ce trauma.
Jasper hocha la tête en voyant qu'il était le seul médecin à même de s'occuper du blessé qui venait d'arriver. Il examina rapidement le patient et réalisa qu'il fallait l'emmener d'urgence au bloc car il était en train de faire une hémorragie.
-Quel médecin est libre pour un pneumothorax ? Demanda-t-il à Helen.
-Vous êtes le seul chirurgien libre, Docteur Cullen, lui apprit l'infirmière.
Carlisle observa les alentours avant de passer une main nerveuse dans ses cheveux, même ses internes opéraient en solo pour répondre à la demande, il ne restait plus que lui, mais en était-il capable ?
-Il y a une salle de libre ?
-Oui, répondit Helen, la salle 8 au 4ème étage.
-Ok, trouvez-moi un anesthésiste, on y va !
-Besoin d'aide ? Demanda Kate en ôtant son masque et sa cagoule.
-Un pneumothorax, tu peux t'en charger ? Je préfère rester ici pour superviser.
-Aucun problème, fais ton boulot, boss, je fais le mien ! »
Il tendit à son amie les premières constatations qu'il avait fait sur le patient avant de repartir au triage, les appels des ambulanciers ou des pompiers se comptaient par dizaines et malheureusement, ils ne pouvaient pas répondre à tous.
Les heures passaient. Carlisle ignorait le nombre de personnes qu'il avait vu défiler. Il avait soigné, soulagé, sauvé ou perdu un nombre impressionnant de patients. Une étrange ambiance régnait dans le Memorial, la peine et la compassion se côtoyaient s'effaçant parfois devant un accès de colère face à une telle injustice. Des prêtres, des rabbins, des pasteurs et autres, plusieurs d'entre eux se tenaient là, entourés de personnes, croyantes ou non, priant pour les malades, les disparus… Carlisle prit quelques secondes pour les observer en se disant que face à l'adversité les différences s'effaçaient pour laisser place à l'entraide, à la solidarité. Il allait se remettre au travail quand Jasper fonça vers lui et sauta dans ses bras pour l'étreindre. Son cœur mort depuis plusieurs heures s'éveilla à l'espoir.
« -Il est vivant ! Hurla le psy fou de joie à ses oreilles. Il va bien !
-Vraiment ? Balbutia Carlisle. Tu… Comment le sais-tu ?
-Rose vient de l'avoir au téléphone !
-Merci, Seigneur, soupira-t-il.
-Oui, Emmett et son équipe ont pu sortir à temps de la Tour Nord avant qu'elle ne s'effondre !
Carlisle eut l'impression qu'on lui enfonçait un fer chauffé à blanc dans la poitrine. Il repoussa un peu brutalement Jasper, ne supportant pas sa joie. Il se détesta pour ça. Il aurait dû être ravi qu'Emmett aille bien, après tout, leur ami allait être papa, cependant, il ne put s'empêcher d'éprouver de la rancœur.
-Tout va bien ? Demanda Jasper, interpellé par son comportement.
-Oui, j'ai… j'ai du travail.
-Carlisle ! Cria Jazz alors qu'il s'enfuyait. »
Jasper se lança à sa poursuite, devinant que quelque chose n'allait pas, mais le psy renonça quand il le vit prendre en charge un patient. Carlisle confia le triage au Docteur Shanks qui faisait partie de l'autre équipe travaillant aux urgences. Il partit ensuite se laver les mains pendant qu'un interne de Shanks lui faisait un compte rendu sur l'état du patient. L'après-midi touchait à sa fin quand Carlisle entra dans le bloc, il n'en sortit que plusieurs heures plus tard, la nuit était tombée sur New-York, son voile recouvrant, dissimulant à leur vue pour quelques heures les restes fumants du World Trade Center et ses disparus. D'un pas lent et fatigué, Carlisle gagna son bureau, il ne tenait plus debout et il aurait été imprudent qu'on lui confie la vie de quelqu'un. Le médecin n'avait qu'une seule envie, se laisser tomber sur le sol, se recroqueviller dans un coin et se laisser submerger par ses émotions. Il poussa la porte de son bureau et se figea en remarquant que celui-ci était loin d'être vide. Rosalie, Alice et Kate étaient tassées les unes contre les autres sur son canapé, Jasper avait pris place dans son fauteuil. Le Directeur Seymour était installé dans l'un des fauteuils pour les visiteurs et Elisabeth était dans l'autre.
« -Désolé, Carlisle, nous t'avons un peu envahi, s'excusa Georges alors qu'il hésitait à faire demi-tour.
-Je te rends ta place, lança Jasper comme s'il avait remarqué son geste de recul.
-Non, reste là où tu es, chuchota Carlisle en refermant la porte derrière lui et en s'appuyant contre un mur.
-Tu es sûr que tu ne veux pas t'asseoir ? Prends ma place, offrit Elisabeth.
-Non, ça va.
-Tu veux manger ou boire quelque chose ? Demanda Alice en désignant les sandwichs, confiseries et boissons qui se massaient sur la table basse.
-Non, répondit-il d'une voix lasse.
Lentement, il se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir par terre et ramener ses jambes contre son torse, il enfouit son visage contre ces dernières, son front reposant sur ses genoux.
-Je me suis souvent félicité de vous avoir engagé, Carlisle, confia Georges, mais jamais autant qu'aujourd'hui, tu as fait un travail remarquable.
Carlisle hocha doucement la tête, il n'avait plus la force de parler ou de faire quoi que ce soit d'autre.
-Tu as eu d'autres nouvelles d'Emmett ? Interrogea Jasper au bout de quelques minutes de silence.
-Non, aux dernières nouvelles, ils fouillaient les décombres à la recherche d'éventuels survivants.
-J'ai encore du mal à réaliser ce qui s'est passé, balbutia Elisabeth.
-Moi aussi, souffla Kate, je ne pensais pas qu'une telle chose puisse arriver ici, aux Etats-Unis, à New-York ! Je me suis toujours sentie en sécurité ici, c'était mon refuge après avoir vécu dans des camps de réfugiés, mais, maintenant, ce n'est plus le cas, j'ai l'impression que l'on m'a volé ma tranquillité d'esprit.
-C'est ce que nous ressentons tous, avoua Jasper.
-Quelqu'un… Quelqu'un a eu des nouvelles de Bella et d'Emmanuel ? Questionna soudain Alice d'une voix tendue.
-Non, mais j'imagine qu'ils sont chez eux avec Tony, la rassura Rosalie.
-Ils travaillaient aujourd'hui, lâcha Jasper. Oh, merde… Vous croyez que…
Jazz n'osa pas terminer sa phrase. Un lourd silence envahit le bureau et il se tassa un peu plus sur lui, il les avait oublié ! Il avait oublié Bella, Emmanuel et le petit Tony ! Peut-être eux aussi étaient-ils morts, ensevelis sous les décombres ? Quel monstre d'égoïsme était-il pour ne pas avoir eu une pensée pour eux ?
-Vos amis ont peut-être eu le temps de sortir, les réconforta Elisabeth.
-Oui, ils sont sûrement en sécurité, renchérit Georges.
Un nouveau silence s'abattit, mais il put entendre le cliquetis des touches de téléphone, l'un d'entre eux devait chercher à joindre Bella ou Emmanuel.
-Ils ne répondront pas, lâcha-t-il d'une voix étouffée.
-Qu'est-ce que tu as dit ? Demanda Jasper qui s'était levé pour s'approcher de lui.
-Ils sont sûrement morts, comme…
-Qu'est-ce qui te prends de dire ça ? S'énerva Jazz alors qu'il entendait les cris horrifiés des filles. Relève la tête et cesse de marmonner dans ta barbe !
-Je dis qu'ils sont morts ! Hurla Carlisle en le fusillant de ses yeux emplis de larmes.
-Comment… Comment…
-Comment je peux dire ça, Jazz ? Tout simplement parce qu'ils travaillaient aujourd'hui et que les bureaux de la MI se trouvent aux 98ème, 99ème et 100ème étages de la Tour Nord !
-Ce… Ce sont les étages que l'avion a percuté, réalisa avec effroi Jasper.
-Ils… Ils ont dit que le 100ème étage avait résisté à l'impact, se rappela Rosalie, ils ont peut-être pu descendre ?
-Avant que la tour ne s'effondre ? J'en doute, dit Carlisle. J'espère pour eux qu'ils sont morts à l'impact.
-Comment peux-tu dire ça ? S'indigna Alice.
-Il a raison, l'appuya Jasper, s'ils sont morts, j'espère que c'est dans ces conditions. Je sais que c'est horrible à dire, mais, au moins, ils n'auront pas souffert. Ils n'auront pas vécu le calvaire de ces gens qui se sont retrouvés coincés et qui n'ont eu comme choix que d'attendre la mort ou de sauter dans le vide.
-Et… Et Tony ? Murmura Rosalie en pleurs. Il doit être seul avec sa nourrice. Il… Il faut qu'on s'occupe de lui.
-On s'occupera de lui, promit Jasper à sa sœur, jusqu'à ce que l'un des parents de Bella ou ceux de Manu arrivent.
-Je…
-Quoi Carlisle ? L'encouragea Kate.
-J'ai l'impression d'être le corbeau de mauvaise augure, mais… Tony était inscrit à la crèche de la MI, elle se trouvait dans la Tour Nord.
Un coup sec résonna dans son bureau, Jasper venait de donner un coup de poing dans le mur pour évacuer sa frustration et sa colère.
-J'ai entendu dire à la télé que les enfants des crèches d'entreprise avaient été évacués dès le premier impact, les informa Elisabeth, il est peut-être en sécurité avec les autres enfants dans un centre de secours.
-Je vais me renseigner, annonça Georges, quel est son nom ?
Carlisle n'écouta pas la suite de la conversation. Il venait de sortir son téléphone avec l'espoir un peu fou d'avoir un message de son amant qui lui signalerait qu'il allait bien, qu'il n'avait pas pu répondre ou le contacter avant car il aidait les secours sur place. Un rire amer lui échappa quand il vit qu'il n'avait aucun message, il tenta une nouvelle fois de joindre son compagnon, mais il tomba une nouvelle fois sur sa messagerie. Sans un regard pour ceux qui étaient devenus ses amis au fil des mois, il se leva et se dirigea vers la porte.
-Où vas-tu ? Lui demanda Kate.
-J'ai besoin de prendre l'air.
-Tu n'iras nulle part ! Décida sa meilleure amie en se plaçant entre lui et la sortie.
-J'ai juste besoin de prendre l'air ! S'énerva-t-il. Laisse-moi passer !
-Oh, non ! Je connais ce regard ! Cette expression !
-Pousse-toi ! Gronda Carlisle.
-Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Jasper intrigué par leur échange houleux.
-J'hésite, répondit Kate, tu envisages d'aller te jeter du haut du toit ou d'aller avaler une boîte de médicaments ? J'opterai pour le toit, tu sais que ce sera plus radical !
-Tu as perdu l'esprit ! Siffla Carlisle en tentant de la pousser.
-Non ! Tu as exactement la même expression de rage et de détresse que lorsque je t'ai rencontré il y a un peu plus de 5 ans, tu te souviens ?
-Tu racontes n'importe quoi ! Protesta-t-il.
-Vraiment ? Très bien, je te laisserai sortir si tu réponds à une question.
-D'accord, soupira Carlisle. Quelle est cette question ?
-Où est Edward ? Interrogea doucement Kate en plongeant son regard dans le sien. »
Carlisle sentit à peine les mains de son amie tentaient de le retenir alors qu'il s'effondrait sur le sol en larmes, incapable de répondre, incapable de porter plus longtemps son masque. En quelques secondes, des bras, des mains l'étreignirent, Jasper, Alice et Rosalie avaient rejoint Kate pour l'étreindre. Son ange, la lumière de sa vie s'était éteinte. Pourquoi ne l'avait-il pas étreint ce matin ? Pourquoi n'avait-il pas voulu lui faire l'amour ? Pourquoi ne l'avait-il pas gardé prisonnier dans l'étau protecteur de ses bras ? Tout était si soudain, en quelques secondes, il avait disparu, il l'avait perdu si brutalement. Ce matin, ils étaient ensemble, ils s'aimaient. D'ailleurs, lui avait-il dit à quel point il l'aimait avant qu'il ne parte ? Non… Il ne se souvenait pas quand il le lui avait dit pour la dernière fois. Peut-être la nuit dernière alors qu'Edward l'aimait avec passion ? Il ne savait plus. Carlisle eut envie de crier sa douleur, sa haine, sa peine ! Comment avait-on pu lui arracher son ange ? Qui étaient ces gens ? Qu'est-ce qu'Edward et tous ces innocents avaient-ils fait pour mériter de subir un tel sort ? Il les haïssait ! Il les haïssait tout autant qu'il regrettait de ne pas avoir dit à Edward à quel point il était tout pour lui, à quel point il l'aimait. Il aurait tout donné pour un dernier baiser, un dernier regard, une dernière caresse, tout, y compris sa vie… Des images traversaient son esprit, le torturant. Carlisle se surprit même à prier pour que son ange soit mort au moment du crash de l'avion, il n'aurait pas souffert. Son estomac se contracta violemment quand il imagina son amant sauter par l'une des fenêtres de l'immense tour pour échapper aux flammes, préférant une mort à une autre. Il l'imaginait tombant, libre, serein avant de s'envoler vers le ciel où il le rejoindrait tôt ou tard. Ses mains agrippèrent fermement les épaules de Jasper, les broyant sûrement sous sa poigne de fer.
Ses sanglots déchirants peuplaient son bureau, cependant, il perçut vaguement les propos de Georges qui avait, à la demande de Jasper, envoyé Elisabeth chercher un tranquillisant. Carlisle fit son possible pour calmer ses tremblements et ses pleurs, il devait se reprendre. Lentement, il redressa la tête pour voir que Rosalie et Alice pleuraient blotties l'une contre l'autre, Kate tentait de les réconforter, les joues de sa meilleure amie étaient pourtant aussi humides que celles des deux autres femmes. Il se tourna vers Jasper quand il sentit un tissu doux essuyer ses joues, avec un petit sourire, Jazz lui tendit un mouchoir. Il le remercia d'un hochement de tête alors que le blond essuyait d'un revers de la main ses pleurs. Georges l'aida à se relever, il le fit asseoir dans un fauteuil avant de lui servir un verre d'eau. Il but quelques gorgées en regardant Jasper prendre sa sœur et sa femme dans ses bras. Kate fit quelques pas vers lui avant de se jeter dans ses bras pour le serrer contre lui.
« -Ca va aller, souffla soudain Kate, tu vas voir ! On n'est encore sûr de rien et ton mec semble avoir plus de vies qu'un chat !
-Elle a raison, acquiesça Alice d'une voix tremblante où pointait des accents d'espoir, Edward y laisse parfois quelques plumes, mais il s'en sort toujours.
Il aurait sincèrement aimé les croire, mais il savait qu'ils se berçaient d'illusions, après tout, il avait fait comme eux dès qu'il avait appris qu'un attentat avait eu lieu, il avait voulu nier l'évidence.
-Et puis, tu ne sais pas s'il était dans l'une des tours, poursuivit Jasper, que serait-il allé y faire ?
Carlisle regarda ses amis et leurs visages plein d'espoir, espoir qu'il allait briser. Il retint difficilement une nouvelle crise de larmes et prit une nouvelle gorgée d'eau pour s'éclaircir la voix et se confesser, car il était coupable, il aurait pu le retenir, il aurait pu le protéger…
-Je… J'aurais pu l'en empêcher, avoua avec horreur Carlisle, si… si je n'avais pas accepté qu'il arrive en retard pour son service… il aurait été ici… Si… Si je ne l'avais pas repoussé ce matin, il serait arrivé en retard, il… il n'aurait pas été au 100ème étage…
-Carlisle, tu n'y es pour rien, assura Kate en s'agenouillant face à lui et en prenant son visage entre ses mains. Ote-toi immédiatement cette idée de la tête !
-Qu'est-ce que… Qu'est-ce qu'Edward faisait dans les locaux de la MI ? Interrogea Jasper dont le chagrin se muait en colère. Putain, qu'est-ce qu'il est allé foutre là-bas ?
-Il… Il avait une réunion, balbutia Carlisle, avec Harris, Oliver et… Oh, mon Dieu, ils sont morts eux aussi… Margaret… Il… Il faut que j'appelle Leïla… Elle doit être dévastée… Je dois… Je dois… Je… Je n'ai pas son numéro de téléphone… il faut… il faut que je le trouve !
-Calme-toi, le coupa Jasper. Qui est Leïla ?
-La femme d'Harris.
-Très bien et qui est Harris ? Questionna Kate avec douceur.
-Il faut que j'appelle Leïla… Elle est si gentille… Si… Si elle est seule… Elle… Elle nous avait fait une paëlla et…
-Ok, ça ne nous aide pas beaucoup, concentre-toi, intervint Jasper, quel est le nom de famille d'Harris ?
-Je… Je sais plus… mais… mais c'est le PDG de la MI…
-Le PDG de la MI ? Releva Georges surpris.
-Tu as mangé une paëlla avec le PDG de la MI, je crois qu'il délire là, confia Jasper avec inquiétude.
-Je ne délire pas ! S'énerva soudain Carlisle. Je… Il faut que je prenne l'air… Il le faut… J'ai l'impression d'étouffer…
Profitant de l'inattention momentanée de ses amis, il se leva d'un bond et se précipita vers la sortie. Il courut jusqu'aux escaliers dont il referma la porte quand il entendit la voix de Jasper. Il monta rapidement les marches, ses larmes obstruaient sa vue et l'empêchaient de respirer correctement, sa gorge se serraient, chaque respiration était douloureuse, mais il s'obligea à garder le même rythme de course effréné. Arrivé sur le toit du Memorial, il ne stoppa ses pas que lorsqu'il fut monté sur le parapet.
-Ne fais pas ça ! Hurla la voix de Jasper dans son dos.
Il pouvait entendre le souffle court du jeune homme qui se rapprochait prudemment de lui.
-Ecoute-moi, ordonna plus doucement le psy en essayant de reprendre son souffle. Tu ne peux pas faire ça… Edward ne le voudrait pas !
Carlisle ne répondit rien, il ne bougea pas d'un pouce. Ses yeux balayèrent la rue qui se trouvait plusieurs mètres plus bas avant de remonter lentement pour fixer l'endroit vide où il aurait dû apercevoir les deux tours jumelles. Inconsciemment, son corps se pencha en avant.
-Carlisle !
Il reconnut la voix angoissée de Kate. Les pas précipités de son amie se dirigèrent vers lui, mais elle fut stoppée par Jasper quand ce dernier vit son angoisse s'accroître.
-Carlisle, l'interpella Kate, la dernière fois ne t'a pas servi de leçon ? Il me semblait que tu avais compris qu'Edward n'aurait pas voulu que tu fasses quelque chose d'aussi stupide !
-Ce n'est pas la première fois ? Réalisa dans un murmure Jasper avant de s'adresser à lui d'une voix plus forte. Carlisle ! Edward savait-il ? Savait-il que tu avais déjà essayé d'attenter à tes jours ?
-Oui, balbutia Carlisle.
-Que t'a-t-il dit ? Il était en colère, non ? Crois-tu qu'il accepterait de te voir là, sur ce toit, prêt à sauter ?
Carlisle soupira avant de passer une main nerveuse dans ses cheveux. Il se tourna lentement avant de sauter du parapet pour atterrir sur le toit. Jasper et Kate accoururent à ses côtés pour le prendre dans leurs bras. Ses amis le soutinrent alors qu'il tombait à genoux, perdu dans son chagrin.
-Nous sommes là, assura Jasper, tu n'es pas seul. Nous sommes une famille, je vais prendre soin de toi, je te le promets. »
Carlisle agrippa désespérément la chemise du psy qui déposa un baiser sur son front, il pouvait sentir les larmes du jeune homme glisser sur sa tête. Kate, installée dans son dos, avait posé son front contre son épaule et entourait sa taille avec ses bras. Il ferma les yeux, mais malgré l'étreinte de ses amis, il ne s'était jamais senti aussi seul et désemparé… Parce que cette fois, il savait qu'il n'aurait pas de seconde chance… Il ne lui ferait plus jamais l'amour… Il ne l'entendrait plus rire… Il ne verrait plus jamais son sourire… Il ne pourrait plus lui crier son amour… Edward l'avait quitté pour toujours…
Quelques heures plus tôt
Edward sortit de l'ascenseur pour se diriger vers le secrétariat où Margaret, vêtue d'un tailleur bleu nuit avec son habituel chignon strict, buvait son café tout en triant le courrier. Il s'approcha du comptoir et posa ses mains dessus, il prit appui sur ses avant-bras pour se hisser par-dessus celui-ci et déposer un baiser sonore sur le front de Margaret qui sursauta.
« -Mon Dieu, Edward ! Tu vas me faire avoir une crise cardiaque !
-Rassure-toi, je crois que j'ai un diplôme de médecin rangé quelque part, plaisanta-t-il. Comment vas-tu ?
-Je vais bien, je te remercie et toi, ça a l'air d'aller ?
-Oui, je suis heureux. D'ailleurs, si je ne veux pas que mon patron me tombe dessus, il vaut mieux que la réunion commence.
-A ce sujet, je crains qu'il y ait un léger contretemps, lui annonça Margaret.
-C'est-à-dire ? Demanda-t-il en haussant un sourcil.
-Maître Rubens a dû aller voir un de ses clients qui a été mis en garde à vue, mais il ne devrait pas tarder, dit-elle en regardant sa montre. Quant à Monsieur Harris, il est bloqué dans les embouteillages, il devrait être là dans une vingtaine de minutes.
-Ok, soupira théâtralement Edward, je devrais donc me faire pardonner auprès de mon boss.
-Je pense que tu trouveras facilement comment faire ? Sourit la secrétaire.
-Margaret ! S'offusqua le jeune homme en prenant un air outré. Comment osez-vous suggérer que j'utilise mon superbe corps pour parvenir à mes fins ! Je suis choqué !
-Au lieu de dire des sornettes, rit Margaret, va plutôt te chercher de quoi déjeuner !
-Comment sais-tu que je n'ai pas déjeuné ? S'étonna Edward.
-Je te connais, allez, file. Je t'appelle dès qu'ils sont là !
-Ok, à tout à l'heure ! »
Edward lui fit un petit signe de la main avant de descendre à l'étage inférieur où se trouvaient les bureaux des employés ainsi qu'une grande salle de repos. Une fois dans cette dernière, il salua brièvement quelques salariés qui avaient l'habitude de le voir, un sourire se dessina sur son visage alors que les plus anciens murmuraient aux nouveaux venus qu'il était le fils illégitime du big boss. Edward sourit en se servant un café et en prenant un donut nappé de chocolat. Il était en train de chercher une serviette, Carlisle le tuerait s'il tâchait à nouveau un vêtement, quand il entendit des voix familières. Le jeune homme se retourna et aperçut Bella et Manu, ce dernier portait Tony dans ses bras. Edward jeta un coup d'œil autour de lui tout en se demandant comment il pourrait dissimuler sa présence à ses amis quand son téléphone vibra dans sa poche. Il ne répondit pas trouvant plus urgent de repérer une cachette, mais c'était peine perdu, il chercha alors une explication à leur donner, mais rien de plausible ne lui vint à l'esprit.
« -Edward ? S'étonna Bella.
-Chalut ! Dit-il en se dépêchant d'avaler la part de donut qu'il avait englouti. Vous allez bien ?
-Ca va, merci, répondit Emmanuel, mais que fais-tu ici ?
-Je déjeune, leur buffet est super ! Vous devriez vous servir ! Leur conseilla-t-il.
Les jeunes parents lui lancèrent un regard septique et il leur offrit un petit sourire en se demandant comment sortir de ce pétrin !
-Ca t'arrive souvent d'entrer dans les services d'une entreprise pour piquer au buffet ? Questionna Bella qui semblait décidée à ne pas lâcher l'affaire.
-Oui.
-Tu te moques de nous ?
-Non, Manu, le mardi, on est mardi ?
-Oui, lui confirma Emmanuel.
-Donc, le mardi c'est la MI, le mercredi aussi, le jeudi c'est le cabinet d'avocats Johnson & Johnson, le vendredi Verisawn Communications, le samedi, si je bosse, c'est…
-Oui, oui, c'est bon, on a compris, le coupa Bella, maintenant, crache le morceau, que fais-tu ici ?
-Eouarrr ! S'écria soudain Tony en agitant ses bras vers lui.
-Hey, salut, bonhomme ! S'exclama-t-il en s'approchant du petit garçon pour déposer un baiser sur sa joue tout en luttant contre son envie de le prendre dans ses bras. Comment tu vas mon grand ?
-Il va bien, répondit Emmanuel.
-Il se plaît à la crèche ?
-Oui, d'ailleurs, tu ne veux pas l'y emmener, j'ai une réunion dans 5 minutes et Bella aussi.
Edward hésita. Il se rappelait de la conversation qu'il avait surpris entre le couple, cependant, Emmanuel lui colla Tony dans les bras et l'enfant agrippa sa veste avant de poser sa tête contre son épaule pour lui faire un câlin.
-Tiens, ses affaires sont là.
Manu lui passa l'anse du sac autour de l'épaule, puis, il embrassa son fils. Bella quant à elle hésita, il fut intrigué par la manière dont elle l'observait avant qu'elle ne se reprenne et embrasse à son tour le petit garçon.
-Passe une bonne journée, mon petit cœur, papa et maman viendront déjeuner avec toi, dit Bella en caressant le fin duvet qui recouvrait la tête de Tony.
-Vous savez, je suis sûr qu'ils comprendront si vous êtes en retard, déclara Edward, il vaut peut-être mieux que vous l'emmeniez vous-même à la crèche.
-Ca te dérange de le faire ? Questionna Emmanuel.
-Non, non, pas du tout, assura-t-il mal à l'aise. Bon, ok… Pour tout vous avouer, j'ai surpris votre conversation l'autre soir et je suis désolé, je ne veux pas être un sujet de discorde entre vous deux. Je sais que je me suis beaucoup attaché à votre fils et je suis navré si je me suis montré trop envahissant ou quoi que ce soit d'autre. Je vous demande pardon et …
-Arrête ! Coupa Manu. Je t'assure qu'il n'y a aucun problème, je suis même ravi que Tony et toi vous vous attendiez aussi bien. D'ailleurs à ce sujet, pourquoi ne viendrais-tu pas dîner avec Carlisle ce soir, Bella et moi …
-Emmanuel !
Edward fut étonné par la supplique qui transparaissait dans la voix de son amie tout comme par sa soudaine pâleur.
-Ca suffit, il est plus que temps, rappela Manu à Bella qui mordilla nerveusement sa lèvre inférieure, je disais donc, Carlisle et toi, vous seriez libre pour venir dîner ce soir ?
-Euh, oui, bien sûr, mais vous êtes sûrs que tout va bien ?
-Sûr et certain, assura Emmanuel. A ce soir alors ?
-Oui, à ce soir.
Manu lui sourit avant de passer un bras autour de la taille de son épouse pour l'entraîner vers les bureaux. Edward les observa en train de s'éloigner tout en se demandant ce qui se passait entre eux.
-Rooh ! Eouarr !
-Et bien, on dirait que tu veux discuter ? Remarqua Edward en observant Tony. Allez, on va à la crèche ? »
Le jeune homme déposa un baiser sur le front de l'enfant avant de se diriger vers les ascenseurs, la crèche se trouvant aux premiers étages. Il observa les ascenseurs qui amenaient un flot impressionnant de travailleurs. Les minutes défilaient et aucun appareil n'atteignait son étage. Edward jeta un coup d'œil à sa montre, il allait bientôt être 9 heures, Harris et Oliver ne devraient plus trop tarder. Il décida donc de prendre un ascenseur privé qui était réservé aux hauts dirigeants de la MI. Tout en tenant Tony sur un bras, il chercha la carte permettant d'activer l'appareil qui était rangée dans son portefeuille. Rapidement, l'ascenseur arriva et il monta à l'intérieur quand son téléphone vibra pour lui rappeler qu'il avait eu un appel en absence et donc un message. Le jeune homme chercha à attraper son téléphone qui était dans la poche intérieure de sa veste, mais cela n'était pas évident avec Tony qui cherchait à fourrer ses doigts dans sa bouche. Un sourire se dessina sur son visage quand il vit que c'était sa moitié avait cherché à le joindre. Il voulut écouter son message, mais les portes se fermèrent et l'ascenseur se mit en marche, rendant impossible toute communication. Edward soupira en se disant qu'il le rappellerait plus tard.
Soudain, un bruit assourdissant résonna, faisant trembler les parois en acier. Tony poussa un petit cri avant que ses menottes ne s'accrochent à sa chemise. L'ascenseur se mit à trembler et il dut se raccrocher à un mur pour ne pas tomber. La lumière clignota avant de s'éteindre complètement puis la cabine chuta de plusieurs mètres. Le jeune homme s'accroupit, enveloppant Tony de son corps pour le protéger de tout choc, priant pour que leur descente cesse. Il soupira de soulagement quand l'ascenseur s'immobilisa dans un bruit de câbles grinçants. Edward se releva tout en essayant de calmer Tony qui pleurait.
« -Tout va bien, mon cœur, ce n'est rien, assura le jeune homme en tâtonnant pour trouver le bouton d'alarme. On va sortir de là et on ira retrouver papa et maman. D'accord ?
Edward fredonna ce qui heureusement apaisa l'enfant. Il caressa son dos tout en arpentant la cabine d'un pas nerveux et en appuyant fréquemment sur le bouton d'alarme. Le jeune homme sortit son téléphone et pesta quand il vit qu'il n'avait pas de réseau. Il sursauta lorsqu'il entendit enfin un grésillement provenir de l'interphone.
-MI sécurité, annonça une voix lointaine, veuillez garder votre calme. Le service de sécurité a été prévenu et va venir vous secourir au plus vite. Y'a-t-il des blessés ?
-Non.
-Combien êtes-vous ?
-Nous sommes deux, je suis avec un bébé, pourriez-vous faire vite ?
-Nous faisons notre possible, Monsieur. Veuillez garder votre calme je vous prie.
-Très bien, dit Edward avant de reprendre d'un ton inquiet, j'ai entendu comme un bruit d'explosion, pouvez-vous me dire ce que c'était ?
-Je suis navré, Monsieur, mais je ne peux rien vous dire. Restez tranquille, les secours vont arriver.
-Ecoutez, hésita Edward qui n'aimait pas se servir de son nom, je suis Edward Masen et…
Le jeune homme se tut en entendant des murmures étranges, il patienta jusqu'à ce qu'une voix différente lui réponde.
-Monsieur Masen, ici Monsieur Nicols, se présenta son interlocuteur qu'il reconnut comme étant le chef de la sécurité des bureaux, j'ai envoyé des hommes à votre secours, vous serez délivré d'une minute à l'autre. Nous affrétons aussi un véhicule pour votre évacuation.
-Evacuation ? S'étonna Edward. Attendez, qu'est-ce qui se passe ?
-Monsieur Masen, je pense qu'il vaut mieux attendre que vous soyez en lieu sûr pour…
Le jeune homme n'entendit pas la fin de la phrase, une nouvelle explosion résonna, mais elle lui sembla plus lointaine. Tony s'agita dans ses bras, il tenta de calmer l'enfant tout en essayant de maîtriser les tremblements de son propre corps, l'angoisse étreignait tout son être. Tout à coup, il entendit des coups contre les portes de l'ascenseur.
-Monsieur Masen ? Vous êtes là ? Interrogea une voix qui lui était inconnue.
-Oui.
-Restez tranquille, vous êtes coincé entre deux étages, on vous sort de là dans un instant.
Les portes grincèrent légèrement avant qu'il n'entende plus rien à part des bruits de pas et plusieurs voix.
-Attrapez la hache à incendie, on va s'en servir pour ouvrir les portes ! Edward ! Edward, tu vas bien ?
-Eléazar ?
-Oui, reste calme, je te sors de là dans un instant.
-Eléazar, qu'est-ce qui se passe ? J'ai cru entendre des explosions ?
-Recule-toi au fond de l'ascenseur !
Edward obéit tout en grommelant à l'encontre de ceux qui ne voulaient pas répondre à ses questions. Il se tourna dos aux portes, il déposa un baiser sur le sommet de la tête de Tony tout en le berçant. Les portes grincèrent à nouveau dans un bruit assourdissant et elles cédèrent enfin.
-Edward ! L'appela Eléazar en s'accroupissant. Tout va bien ?
-Oui, répondit-il, et encore mieux depuis que je peux sortir. Attrape, Tony, s'il-te-plaît.
L'ex de Carlisle tendit ses bras et Edward voulut lui donner le petit garçon, mais celui-ci se raccrocha à lui. Ses pleurs serraient son cœur et il se débattait pour rester avec lui.
-Tout va bien, Tony, le réconforta-t-il, je te rejoins dans une seconde ! Je te le promets, mon cœur.
L'enfant se calma un peu et Eléazar réussit à le prendre, l'ancien agent fédéral se releva. Le jeune home agrippa le sol qui se trouvait à hauteur de ses épaules pour se hisser, deux agents de sécurité passèrent leurs bras sous ses aisselles et l'aidèrent à sortir. A peine fut-il hors de la cabine, qu'Eléazar lui rendit Tony qui s'agitait pour revenir dans ses bras. Une fois qu'il eut l'enfant auprès de lui, Edward le berça tout en couvrant son visage de baisers.
-Il faut y aller, l'informa Eléazar en le poussant vers les escaliers de service.
-Pourquoi ? Que se passe-t-il ?
-Allons-y, je vais t'expliquer en chemin.
Entouré par les trois gardes du corps, il prit la direction des escaliers de secours. Edward se figea en voyant la fumée qui s'échappait des paliers au-dessus de leurs têtes.
-Eléazar ! Gronda-t-il en se figeant.
-Il faut y aller, le pressa l'homme.
-Non, dis-moi ce qui se passe ! Une bombe a explosé ?
-C'est un attentat, maintenant, avance !
-Mais… Mais c'est l'étage de la MI ! Oh, mon Dieu, réalisa Edward avec effroi, y'a-t-il des blessés ? Des… Des morts ?
-On ne peut plus rien pour eux, annonça Eléazar d'une voix éteinte.
-Non ! Non ! Bella et Manu… Ils étaient… Ils étaient…
-Il faut avancer, Monsieur Denali, nous avons d'autres personnes à évacuer après Monsieur Masen, rappela l'un des agents.
-Je… Je peux me débrouiller seul, balbutia Edward sous le choc, occupez-vous des blessés !
-Allons-y, Monsieur ! Insista un des deux agents en le prenant par le bras.
-Lâchez-moi ! Gronda-t-il en se dégageant. Vous allez aider les blessés et c'est un ordre !
-Je…
-Ne vous avisez pas de protester ! Je suis valide et parfaitement capable de sortir seul ! Aidez plutôt les autres ! Et n'oubliez pas que c'est moi qui signe vos chèques !
Les deux agents observèrent leur supérieur qui finit par acquiescer.
-Va les aider, lui demanda Edward.
-Contrairement à eux, tu ne m'impressionneras pas. J'ai reçu un ordre et je compte bien y obéir. De plus, je pense que Carlisle m'en voudrait encore plus si je ne m'assurais pas que tu sois en lieu sûr !
Edward hésita un instant, ses yeux noyés de se perdirent dans la contemplation des étages supérieurs.
-Je… Prends, Tony ! Ordonna-t-il à Eléazar. Je vais voir s'il y a des survivants.
-Non, refusa le garde du corps, les pompiers sont en route.
-Il faut que j'y aille ! Mes amis sont là-haut ! Il y a aussi des gens que je connais depuis mon enfance ! Margaret… Et… Et si… si… Non, il faut que je m'assure que…
-Ils sont morts ! Cria Eléazar en l'empoignant fermement par les épaules. Ils sont morts, Edward ! Un Boeing s'est écrasé sur la tour ! Il n'y a pas de survivants !
-Un… Un avion ? Mais… Mais… Ses parents…
-Ses parents sont morts, tu ne peux rien pour eux si ce n'est mettre leur enfant à l'abri.
Edward essuya ses larmes tout en posant son regard sur Tony qui l'observait d'un air perdu, sûrement déboussolé par son chagrin. Le jeune homme fit son possible pour ne pas craquer, il devait tenir bon, mettre Tony à l'abri et après il pourrait pleurer dans les bras rassurants de Carlisle.
-Il faut y aller.
Eléazar passa un bras autour de sa taille pour le guider dans le dédale des escaliers qu'il ne voyait plus à cause de ses larmes. Il avançait machinalement, complètement perdu, anéantit, son corps se mouvait grâce à deux idées : mettre Tony en sécurité et serrer Carlisle dans ses bras. Les marches, les étages défilaient, Eléazar l'obligeait à maintenir un rythme de course trop soutenu pour lui. Il s'écroula à genoux sur un palier, le souffle court, Eléazar tenta de le relever, mais son corps le trahissait.
-Allez, debout ! Il ne nous reste qu'une cinquantaine d'étages ! L'encouragea Eléazar.
Le jeune homme voulut lui répondre, mais il ne put émettre qu'un long sifflement. Tout en gardant Tony contre lui, il prit l'inhalateur qui était dans la poche de son pantalon. Il mit l'embout dans sa bouche et inspira plusieurs bouffées de Ventoline.
-Ca va aller ? S'inquiéta Eléazar.
-Une minute… Donne-moi, une minute, articula péniblement Edward.
-On a pas de temps à perdre, je vais te porter.
-Tony…
-Ce que je vais dire est cruel, mais tu as bien plus de valeur que…
Eléazar ne termina pas sa phrase quand il vit son regard furieux. L'ex agent soupira avant de prendre son bras pour le passer autour de son cou et l'aider ainsi à se mettre debout, puis, ils reprirent leur course. Edward serra les dents et tout en faisant son possible pour ne pas être un poids pour le garde du corps, il se concentra sur sa respiration pour éviter une crise qui les condamnerait. Car c'était une course contre la montre, il venait de le comprendre, si un avion avait vraiment percuté la tour, combien de temps tiendrait-elle debout ?
-Pourquoi… Pourquoi n'y a-t-il pas… pas beaucoup de gens… dans les… dans les escaliers…
-Garde ton souffle ! Ordonna Eléazar.
-Pourquoi ?
-Tu ne lâcheras rien, hein ? T'es aussi têtu que lui ! La MI n'a aucun contrôle sur la sécurité des tours, si ce n'est la partie qui abrite ses locaux, nous avons nos ordres et eux les leurs !
-Ils… Ils font… pas évacuer ?
-Avances et tais-toi !
Edward aurait aimé répliquer, mais il en était incapable. Tout en s'appuyant sur Eléazar, ils atteignirent enfin le rez-de-chaussée. Alors qu'il se dirigeait vers la sortie, l'agent lui fit prendre la direction des sous-sols.
-Mais…
-Une voiture sécurisée nous attend, lui rappela Eléazar, il faut quitter les lieux rapidement et dans ton état tu n'es pas capable de courir sur une longue distance !
Edward cessa de protester et se laissa guider. Un homme en costume sombre les attendait nerveusement près d'un gros tout-terrain noir. Il ouvrit la porte arrière à leur arrivée et il soupira de soulagement quand il s'assit sur la banquette arrière. Edward aurait aimé parler ou fredonner pour apaiser Tony qui pleurait, mais il en était incapable.
-Roule ! Ordonna Eléazar d'un ton anxieux au conducteur qui accéléra brutalement. »
Edward sentit brusquement la tension renaître dans son corps quand il vit de la poussière suivie par des blocs de béton tomber tout autour d'eux. Il serra Tony dans ses bras tout en caressant le dos de l'enfant qui avait blotti son visage dans le creux de son cou. Il apercevait enfin la sortie quand un grondement sourd sembla les engloutir. La dernière chose qu'il vit fut Eléazar qui se jetait sur lui, l'instant d'après, il eut l'impression que son corps se retrouvait écrasé par quelque chose de bien plus lourd que le poids d'un homme, il espérait que ses bras tendus suffiraient à créer un cocon protecteur pour Tony qui se retrouvait sous lui. L'air devint de plus en plus rare dans ses poumons alors que l'impression d'être broyé s'accentuait. Les ténèbres l'engloutirent alors que le bruit menaçant s'abattait sur eux… Ses larmes qu'il ne retenait plus coulaient le long de ses joues. Lentement, il sombra, un sourire dessiné sur ses lèvres alors qu'il s'imaginait dans les bras de Carlisle…
