Chapitre 38 – La fin d'Anduril

Pendant qu'Aragorn surveillait Indil, que Boromir aidait les habitants du village à retourner chez eux et que Faramir tentait d'oublier la trahison de son frère, Legolas suivait pas à pas les traces d'Anduril. Ce dernier avait pris la fuite par une porte qu'il avait trouvée dans les cuisines et qui menait sur un sentier derrière le village jusqu'aux montagnes. Par contre, le chemin était très accidenté ce qui ralentissait la progression des deux hommes.

Legolas suivit le même tracé qu'eux et au bout de quelques minutes, il put voir Anduril et Andros qui faisaient une pause. Il sourit en coin et ne voulant pas perdre de temps, il fit irruption devant eux en disant malicieusement :

- Vous vouliez nous fausser compagnie Seigneur Anduril? Dit Legolas l'épée bien en vue devant lui près au combat.

Anduril était surpris de le voir déjà devant lui et d'un signe de tête, il ordonna à Andros de s'attaquer à lui. Malheureusement pour le garde de la tour, Legolas ne lui donna aucune chance et d'un mouvement vif et rapide, il coupa la gorge de son opposant. Andros s'écroula au sol, la mort dans les yeux.

Legolas se tourna vers Anduril et lui sourit de façon à ce que le conseiller du Gondor tremble de peur. Mais Anduril se redressa fièrement et leva l'épée contre lui. Évidemment, les premiers coups portés par l'homme étaient pour tester la défense de l'elfe, mais ce ne fut pas long que le combat s'engageât avec plus d'énergie au bout d'un certain temps. Legolas savait qu'il pouvait le battre rapidement, mais il se souvint aussi qu'il ne pouvait pas mettre fin au sortilège sur Isil lui-même. Pour ça, il devait le provoquer et attiser sa colère.

Legolas devait admettre qu'il était encore très habile malgré son âge avancé. Il lui dit alors qu'il repoussait l'homme plus loin :

- Vous êtes encore excellent pour un vieillard Seigneur Anduril. Dit Legolas sur un ton moqueur.

- Merci du compliment, mais je peux faire mieux. Si vous croyez me tuer facilement, vous verrez que je vais vous faire très bonne opposition et qui sait! aurais-je de la chance. Ajouta Anduril en étudiant son adversaire.

- Ça m'étonnerait que vous puissiez me blesser. Mais je veux bien m'amuser avec vous un peu. Dit Legolas en le regardant de façon a faire réfléchir Anduril avant d'agir.

Ce petit manège dura un bon moment et Legolas en eut assez. Il se porta l'attaque avec un peu plus d'intensité. Anduril se mit à rire en surprenant le regard de Legolas sur la pierre d'Orion qu'il avait au cou. Cette fois, Anduril comprit ce que l'elfe voulait faire et lui dit sarcastiquement :

- Je suppose que vous voulez ça?... Est-ce que vous savez que si cette pierre est détruite, Isil ne retrouvera jamais son immortalité? Vous la condamnée à la mort, dans de terribles souffrances en plus. C'est ce que vous voulez? Dit Anduril qui avait retiré brusquement la pierre de son cou pour la montrer à Legolas.

- J'en sais plus que vous ne pouvez l'imaginer Anduril. C'est pour cette raison que je la veux intacte. Dit le prince en attaquant avec plus d'empressement.

Anduril parait tous les coups sans problèmes et au bout d'un certain temps, il perdit patience. Legolas profita de sa mauvaise humeur pour porter des coups plus dur, plus violent. Il réussit même à couper sa tunique au bras et lui infliger une blessure mineure. Cette fois, Anduril avait besoin de ses deux mains pour bloquer les coups et dans un élan de colère il dit à l'elfe :

- Vous êtes vous-même excellent, Prince Legolas, mais pas assez pour m'empêcher de mettre fin au rêve de sauver Isil. Avec votre geste, vous venez de condamner Isil à de terribles souffrances. Dit Anduril

Legolas attendait ce moment depuis un certain temps et vit Anduril lancer de toutes ses forces la pierre d'Orion en bas de la falaise. Legolas eut comme réflexe de se précipiter du côté de la falaise, mais fut saisi par la jambe par Anduril l'empêchant ainsi d'intervenir. Legolas fut surpris pas l'intervention d'Anduril et il se retourna vers lui pour entreprendre un combat corps à corps avec lui.

L'homme était fort, plus que Legolas ne le crut en fait. Seulement, après quelques minutes de combat, Legolas devait mettre fin à cet affrontement. Il se leva et chercha son épée des yeux, mais au moment où il voulut la saisir, il vit une lame sous ses yeux. Anduril riait méchamment et lui dit :

- Je vous avais dit que la chance pourrait m'être favorable et je pense que c'est le cas maintenant. Dit Anduril fièrement.

- N'en soyez pas si sur Anduril, vous ne m'avez pas encore battu. Dit Legolas

- Mais bien sûr que je vous ai battus…

Legolas recula légèrement lorsqu'il vit apparaître la lame d'une épée à travers le corps d'Anduril. Il vit Anduril se tendre à l'extrême, les yeux agrandis par la surprise. Une petite main se posa sur l'épaule de l'homme pour l'obliger à s'agenouiller et Legolas vit le visage pâle d'Isil qui se pencha vers Anduril en lui disant à l'oreille :

- Tu m'as dit un jour de ne jamais hésiter au moment de tuer. Et bien là, je n'hésite pas. C'est le seul bon conseil que tu m'as donné dans ma vie. Dit elle en le poussant du pied.

Seulement, l'effort qu'elle avait fait pour tuer Anduril fut trop important et elle se laissa choir au sol épuisé et fatigué. Legolas se précipita sur elle pour l'aider à reprendre son souffle qu'elle avait difficile. Il la souleva pour l'installer à l'ombre d'un arbre et retira sa tunique pour la réchauffer. Elle était glacée et tremblante de froid. Il prit place près d'elle pour la serrer contre lui et lui demanda :

- Est-ce que ça va? Vous n'êtes pas blessé?

- Non… je ne crois pas… Je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé dès qu'Anduril m'a montré la pierre… Mais qu'est ce que je fais dans ce genre de vêtement? dit Isil en regardant la longue robe jaune qu'elle portait avec dédain.

Legolas ne put retenir un sourire tellement il était content de la savoir en vie. Il saisit son visage entre ses mains et l'embrassa avec douceur et passion. Lorsqu'il coupa le contact de sa bouche, Isil avait retenu son souffle incapable de dire un mot. C'était une sensation absolument magnifique pour elle. Legolas lui dit avec bonne humeur :

- C'est une longue histoire, mais je peux vous dire que grâce à vous, vous avez libéré votre mère et que…

- Ma mère? Mais ma mère est morte…

- Plus maintenant… Elle est bien en vie et est présentement avec Boromir… Venez, retournons au village et je vous raconterai tout ce que vous voulez savoir. Dit le prince amusé par son regard pétillant.

Legolas se leva pour l'aider à se redresser et Isil sentit une chaleur la réchauffer tout à coup et comprit que la proximité du prince n'était pas étrangère à cette sensation. Elle lui dit alors :

- Vous pouvez m'embrasser encore s'il vous plait?

Legolas la regarda avec surprise et ne put retenir son fou rire et lui dit une fois l'amusement passé :

- Bien sûr, avec plaisir.

Il se pencha vers elle à nouveau et l'embrassa avec encore plus de douceur et de passion que précédemment.