Et dans la continuité...
La dispute
Plus loin sur la jetée, d'autres confidences se dévoilaient.
-;Je vois, Carl, que, malgré mes conseils, vous n'arrivez toujours pas à vous défaire du rôle de protecteur envers votre sœur. Charline aurait très bien pu nous accompagner à Brighton directement depuis Londres et vous éviter ainsi de vous déplacer jusqu'ici.
Miss Darcy ne savait plus comment expliquer à l'aîné des Bingley que sa présence n'était pas souhaitée.
Carl Bingley, lui, n'en pouvait plus de se sentir rabroué par Miss Darcy. Ne voyait-elle donc pas l'évidence?
- Miss Darcy, je ne suis point ici pour ma sœur mais pour vous et il semble que vous vous obstinez à ne point l'admettre.
Felicity, stupéfaite allait ouvrir la bouche quand il l'interrompit.
- Ne me coupez pas, je vous prie. Fit-il en levant une main autoritaire face à elle. Je sais que vous êtes une femme intelligente et que vous comprenez exactement où je veux en venir. Vous avez dit l'autre jour que je n'étais point vilain et qu'il était temps pour moi de prendre épouse, Je suis entièrement d'accord avec vous. Voilà des années que je m'évertue à espérer que vous vous épreniez de moi, sans succès. Cela, je l'ai parfaitement compris. Cependant, vous ne prenez pas vous-même un époux et aucun homme de votre entourage n'a l'air d'être assez digne de votre petite personne. Vous êtes très belle certes, mais cela ne durera pas. Vous connaissez ma situation et mes valeurs qui ne sont guère éloignés des vôtres. Je suis un homme sérieux et intègre. Notre union ne peut être que bénéfique à tous deux. Je vous ôterai ainsi le poids de gérer un si grand domaine qu'est Pemberley. Aucun parent, d'ailleurs, n'aurait dû confier une si lourde tâche à une jeune fille! Et de votre côté vous pourrez profiter des plaisirs et futilités dont raffolent toutes les dames de votre âge.
- Mr Bingley! Cria Felicity
- Je n'ai pas terminé Miss Darcy, et j'ai assez patienté pour que vous daigniez enfin me laisser parler. Je ne vous demande pas de m'aimer, dans les bonnes familles telles que les nôtres cela n'est pas nécessaire, mais je pense sincèrement qu'une certaine cordialité pourrait résulter de nos deux esprits pragmatiques. Un enfant masculin serait bienvenu évidemment afin d'assurer l'héritage mais je ne vous en demande pas plus. Je hais les enfants qui geignent sans cesse et déforment tant le caractère que le corps de leur génitrice.
Miss Darcy passait du pâle de l'épouvante au rouge de colère.
- Je n'ai pas fini: cet accord vous permettra, si vous le souhaitez, de jouir du privilège d'avoir à demeure ma sœur Charline à Pemberley. Je pense qu'auprès de nous, elle pourra enfin rencontrer un parti à la hauteur de nos exigences.
- Monsieur, cessez! Il semble que vous avez pensé à tout mais il est un point auquel vous n'avez pas tenu compte: mon avis!
Elle prit le temps de rassembler ses pensées et prit une grande respiration.
- Mr Bingley, vous venez par cette demande, d'insulter ma famille, mes compétences, mes valeurs et les souhaits de votre propre sœur. Je ne pourrais jamais accepter une proposition aussi abjecte à mes yeux. En effet, je ne vous aime point et je ne pourrais me marier avec un homme tel que vous.
- Vous refusez donc?
- Parfaitement!
- Vous finirez donc vielle fille! Quel malheur pour Pemberley!
- Sachez qu'effectivement, je préfère ne pas me marier si c'est pour le faire sans amour et sans respect. Mon frère George héritera et sera alors le nouveau maître de Pemberley.
- Votre frère George? Quelle débâcle! Ce jeune insignifiant qui passe des heures à jouer au piano? Laissez-moi rire! Il est juste bon à divertir les dames.
Prise d'une rage folle, Felicity le gifla violemment à la surprise de Carl et des deux demoiselles qui s'approchaient d'eux, alertées par les cris.
Alors? pas trop choqué, A moins que vous jubilez?
Comment auriez-vous réagi à sa place?
