Chapitre 37

Le même bateau, le même batelier, le même froid glacial malgré l'été. On lui avait demandé de remettre cette même fine robe. Ses pieds touchaient le fond d'eau qui était entrée. Les mêmes chaines faisaient saigner ses poignets. Mais elle ne ressentait rien. Ni l'eau, ni le froid, ni la douleur. Ses yeux étaient fixés sur la prison dont elle approchait à chaque instant. Elle paraissait encore plus imposante que la première fois car elle savait ce qui l'attendait à l'intérieur.

Quand ils arrivèrent, le batelier l'amena jusque dans une cellule qu'on lui avait indiquée avant qu'il ne parte. Ce n'était pas la même que la dernière fois. Plus haute et plus sombre. En passant, elle croisa les regards de plusieurs des mangemorts qu'elle connaissait, qui avait été arrêtés au ministère.

Lira fut de nouveau enchaînée. Ses yeux eurent du mal à s'habituer à l'obscurité.

- Qui êtes-vous ? lança une voix venant de la même cellule.

- Ne me reconnais-tu pas, Rabastan ?

- Lira, murmura-t-il.

- Y a-t-il quelqu'un d'autre ici ?

- Oui, lança une seconde voix.

- Lucius, l'incapable est ici.

- Lira…

- Je sais ce que tu vas me dire et, peut-être ne sais-tu pas encore que ta famille est en déshonneur et que seul ton fils tente de redorer.

- Que dis-tu ?

- Drago a rejoint les rangs du Seigneur des Ténèbres.

- Quand a-t-il…

- Il doit tuer Albus Dumbledore, coupa Lira.

- Comment ?

- Oui, tu as bien compris, et cela signifie que le maître arrivera enfin au pouvoir dans moins d'un an, et donc, que tu n'auras pas passé plus d'une année ici. Je te déconseille alors de te plaindre car nous étions tous ici la première fois. Tous sauf toi, et Severus Rogue. Mais toi, Lucius, qu'as-tu fais durant ces années, dis-moi ? A part continuer de défendre l'honneur des Sang-Pur, à l'occasion, mais qu'as-tu fait qui aurait profité au Seigneur des Ténèbres, dis-moi ?

- Dois-je te rappeler que tu as vécu chez moi durant…

- Cissy m'aurait accueillie de toute façon, et tu le sais.

- Quand tu étais en prison, la chambre des secrets a de nouveau été ouverte et j'ai contribué à cela.

- Bien. Une seule réussite en je-ne-sais-combien d'année, est-ce tout ce dont tu es capable ?

- Lira, laisse-le, intervint Rabastan. On dirait Bella avant la mort de… Rodolphus.

- S'il se suicide, nous n'aurons pas perdu grand-chose, à ce que je vois.

- Lira, répéta Rabastan, ce n'est pas que je porte particulièrement Lucius dans mon cœur, mais… tout cela me rappelle la mort de mon frère.

- Si j'étais toi, je ne comparerais pas la faiblesse de Lucius à Rodolphus… Lui était fidèle au Seigneur des Ténèbres, seuls les sentiments de Bella l'on pousser à faire ce qu'il a fait…

- Tu es toi-même en prison, répliqua Lucius. Tu as réussi à atterrir ici alors qu'il n'y avait aucun raison que les Aurors te retrouvent et pourtant, ils ont réussi à t'avoir.

- Puis-je te rappeler qu'ils étaient justement des Aurors, et que j'étais seule face à eux ? Et, dis-moi si je me trompe, mais nous étions plus d'une dizaine face à de faibles adolescents. Et, sous tes ordres, la plupart d'entre nous s'est faite arrêter et tu n'as pas réussi à récupérer cette prophétie.

- Les Aurors ont fini par arriver.

- Combien de temps après ?

- Si tu trouvais cela si simple, pourquoi ne pas l'avoir fait ? Neville Londubat est, comme tu le dis, un faible adolescent, il t'a pourtant pris un temps considérable.

- Certes, mais j'ai au moins réussi à m'enfuir.

- Pour si peu de temps, était-ce vraiment utile ?

- Mais, je n'étais pas responsable de ce qui est arrivé au ministère, tu aurais au moins pu avoir un plan plus… établi.

- Je suis sûr que tu as un million d'idées, mais je ne vais pas te demander de me les citer puisque, moi-aussi, il m'en est venu plein depuis le moment où l'on m'a envoyé ici.

- Je te l'ai déjà dit, je connais l'enfer de cette prison bien mieux que toi. Je sais à quel point la souffrance d'être ici est grande. Mais tu n'as pas encore vu qui que ce soit mourir ici, tu ne sais pas ce qu'est la frustration de voir quelqu'un comme Sirius Black réussir à s'enfuir, sans savoir comment cela a pu se produire. Les chaînes, que tu dois haïr, sont pourtant ta meilleure protection contre tous ceux qui sont ici. Elle n'y était pas la dernière fois. Je sais que tu as eu le temps d'y réfléchir, mais je sais aussi que chacun d'entre nous ne le peut plus, parce que nous avons déjà souffert des années ici, à penser.

Lucius ne répondit rien à cela. Lira s'assit et s'appuya sur le mur, soulageant ses poignets sanglants.

- Que se passe-t-il à l'extérieur ? demanda Rabastan. Quel jour sommes-nous ?

- Nous sommes maintenant le 30 août, répondit Lira. Comme je l'ai dit tout à l'heure, le Maître reprendra son règne dans moins d'un an, quand Drago Malefoy aura enfin tué Dumbledore. Sans lui, l'Ordre ne tiendra pas. Kate Johnson, Jonathan Brown et moi-même avons réussi à obtenir du fils Weasley…

- Lequel ?

- L'ami de Potter, répondit Lira. Nous avons réussi à faire en sorte qu'il accepte de nous envoyer toutes les informations qu'il pourra à propos de son cher ami.

- Il arrêtera de le faire quand nous aurons le pouvoir…

- Je le sais, et c'est pour cela que dès que nous serons libres, j'enverrai une lettre à Potter. Il saura toute la vérité et il en souffrira.

- Tu ne sauras pas où il se trouvera, comment penses-tu que ton message lui parviendra ?

- J'ai entendu que les Weasley organiseraient un mariage à cette période. Il y sera.

- Bien. Est-ce tout ?

- Le ministère a pris conscience du retour du maître, mais j'imagine que tu t'y attendais, ce qu'il fait qu'ils ont augmenté le niveau de sécurité.

A peine eut-elle fini sa phrase, qu'un Détraqueurs entra. Lira le regarda venir vers elle mais ne cilla pas. Elle connaissait déjà les effets de leur baiser.