J'ai appris ce matin que mon copain me kidnappait pour une durée indéterminée. Alors n'attendez pas forcément de publications ce week-end. Bisous et bonne lecture !


Alisha Horiraito : Oui, j'aime exploiter la jalousie parce que notre Gerald est incapable de l'exprimer dans le manga…

Lilo : Évidemment qu'il aime la reluquer. Il ne le fait pas assez, d'ailleurs. Son secret ? Oh, tu le sauras bientôt normalement.

Elisha : Et bien, je suis doué pour rendre Simon plus détestable à tes yeux x).

AlcianSirius : Si tu passes par ce chapitre, merci de les commenter un à un et de pointer du doigt les fautes. Je ne peux pas m'empêcher de te souhaiter bon courage et de te remercier encore une fois !


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : T


RÉCONFORT


Ça faisait trois jours qu'il ne lui avait pas donné de nouvelles.

Trois jours.

Alors qu'est-ce qu'elle devait faire ? Se convaincre qu'il finirait par revenir vers elle ? Arrêter de vivre parce qu'il n'était plus là et qu'elle devait l'attendre ? Prier pour que rien ne lui soit arrivé ?

Erza ne voulait pas continuer comme ça, pas alors qu'il s'amusait à disparaître sans laisser de traces. Généralement, ça durait une journée. Pourquoi pas. Chacun avait besoin d'un moment à lui. Mais trois jours ? Non, ça, elle ne pouvait pas. Pas sans qu'il daigne lui laisser au moins un message. Ça ne l'empêchait pas de tenter quelques appels, avec le maigre espoir qu'il réponde. Sauf qu'elle tombait sur sa boîte vocale directement.

Et maintenant il se mettait à éteindre son téléphone ?

Elle rangea le sien en silence avec un pincement au cœur. Elle inspira et expira, se regarda droit dans les yeux. Le reflet que lui offrait le miroir était celui d'une jeune femme rongée par l'inquiétude, malgré qu'elle essayait de se dire qu'il allait revenir. Et s'il s'était amouraché d'une autre fille ? Ce ne serait pas étonnant. Il n'était pas du genre à passer inaperçu et restait assez connu pour ses petites conquêtes. Alors quoi ? Il voulait juste se vanter parce qu'elle était tombée dans le panneau et qu'elle avait bêtement succombé ?

Quoi ? Mais il n'était pas comme ça, non. Elle lui faisait confiance et Luxus lui avait déjà certifié à plusieurs reprises qu'il n'avait jamais vu son ami aussi dépendant d'une personne. Donc qu'est-ce qui se passait ? Était-il énervé par rapport à Simon ? Si c'était ça, son comportement était un poil excessif, surtout pour de simples révisions.

« Tout va bien là-dedans ? »

Mais qu'est-ce qu'elle fichait ? Pourquoi elle avait accepté de venir chez Simon ? Et s'il l'apprenait, hein ? Ça serait quoi sa défense ? Qu'elle avait envie de passer du temps avec lui pour oublier un abruti sans cervelle ? Ce n'était pas vraiment la meilleure chose à dire mais ça restait la vérité. Elle était sortie ce soir en la compagnie du brun car il lui avait proposer de prendre l'air, vu qu'elle semblait en avoir besoin. Maintenant, après le cinéma, Erza s'était réfugiée dans les toilettes pour se rafraîchir.

Le film qu'ils avaient vu n'était pas mauvais. Il avait même été agréable à regarder. Le soucis, c'était cette proximité presque étouffante. Elle avait l'impression que sa poitrine était compressée et que l'air qu'elle inspirait n'était pas suffisant pour qu'elle respire convenablement.

« Je commence à m'inquiéter Erza. Tu es sûre que ça va ? »

Alors c'était quoi le problème ?

« Oui, j'arrive. »

Un dernier regard pour le miroir et elle quitta la pièce. Dehors, l'atmosphère était fraîche. C'était assez revigorant après l'étouffante chaleur qu'il y avait eu toute la journée. Le temps avait beaucoup changé en deux mois. Ses paupières chutèrent un peu à cette pensée. Deux mois, c'était aussi la durée de leur relation chaotique. Il ne lui avait jamais dit ces mots magiques, censés être sincères et aimants. Ce n'était pas son truc. Tant mieux. Elle n'avait pas l'habitude de les dire aussi. À la place, elle montrait ce qu'elle ressentait. Il fallait juste être attentif, ce qu'il était.

« Erza ? »

L'intéressée battit des cils, s'arrachant au tumulte de ses pensées. Elle leva les yeux vers le jeune homme qui avait l'air nerveux.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Leurs pas étaient lents tandis qu'il la ramenait chez elle. La nuit, silencieuse, était à peine perturbée par le grésillement des lampadaires sous lesquels ils marchaient.

« Tu… tu le fréquentes encore ? »

Personne n'était dupe. Simon avait beau être un ami plutôt proche depuis plusieurs années, cela ne l'avait jamais retenu de cacher ses flagrants sentiments à son égard. Peut-être que c'était pour ça que Gerald n'avait jamais été à l'aise ou qu'il devenait subitement agressif. Comme par peur de la perdre. Une peur partagée.

Elle hocha la tête, l'ombre d'un sourire flottant sur ses lèvres. Pour deux secondes, elle oublia sa lente colère envers lui, préférant se combler avec les délicieux sentiments qui l'animait.

« Et tu es… heureuse ? »

Ils avaient fini par arriver devant le portail de sa maison. Erza entrouvrit la bouche en remarquant un éclat familier, celui d'une carrosserie noire, sans défauts, appartenant à une moto garée dans l'allée de gravillons. Elle expira lentement, incertaine, puis retourna son attention sur l'étudiant qui se tortillait sur place. Une main sur son bras, elle la remercia rapidement pour la soirée et lui promit qu'il se reverrait plus tard.

Tout était calme à l'intérieur. Mirajane n'était pas là alors ils seraient seuls.

Elle referma doucement la porte derrière elle, essuya ses chaussures sur le tapis puis s'avança. Ses pas lui paraissaient lourds et bruyants. La lumière du salon était allumée, signe de sa présence dans cette pièce. Et oui, il était bien là, assis sur un fauteuil. Gerald était penché en avant, ses avant-bras posés sur ses cuisses et ses doigts entrelacés. Pendant un instant, juste un instant, elle était contente. Il avait l'air en forme, bien que fatigué.

« Erza. »

Elle maudit le frisson qui taquina sa peau et refusa d'apprécier le son de sa voix, ou même la manière que son prénom avait de rouler sur sa langue. À la place, la rouquine se rapprocha et prit place sur le canapé. Elle croisa presque automatiquement les jambes et les bras, comme pour s'armer de courage.

C'était maladroit comme retrouvailles. Le silence était oppressant et gênant.

« Où tu étais pendant tout ce temps ? » demanda-t-elle finalement.

Des milliers de possibilités recommencèrent à tourmenter son pauvre esprit et elle soupira de frustration.

« J'étais à l'hôpital. »

Son cœur s'arrêta pour repartir. Elle fronça les sourcils, s'humidifia les lèvres et permit à la peur d'écraser sa colère. Elle chercha son regard et le trouva fixé sur le sol. Sa mâchoire était contractée et ses yeux étaient plus lumineux que d'habitude.

« Pourquoi ? » murmura la jeune femme.

Gerald attrapa sa lèvre inférieure avec ses dents puis la lâcha et appuya son dos contre le dossier du fauteuil. Maintenant, il scrutait le plafond. Se… retenait-il de pleurer ?

« J'ai… une amie qui est… décédée aujourd'hui. »

Il passa très vite le bout de ses doigts sur sa joue gauche, comme pour essuyer rapidement une larme qui lui avait échappé.

« Elle… elle, euh, a eu un… accident et…, il inspira, elle a fini à l'hôpital. On m'a appelé il y a trois jours alors… j'y suis allé. »

C'était insupportable de le voir ainsi, sur le point de craquer. Sa voix tremblait, était devenue faible, si faible qu'elle se cassait à la fin de chacun de ses phrases. Pourtant il ne s'arrêtait pas. Il continuait de lui parler et de lui expliquer la raison de son absence. Et elle l'écoutait, incapable d'autre chose, étant comme paralysée.

« … son enterrement est prévu ce week-end. »

Le silence avait repris ses droits, aussi douloureux soit-il.

« Je… ne peux y aller Erza… elle… pas elle, pas Ultia… elle n'avait pas le droit… »

Comment était-elle censée agir ? Le prendre dans ses bras ? Lui dire des mots rassurants ?

Le lit était froid lorsqu'ils s'y installèrent. Sa respiration chaude brûla sa gorge. Sa main trouva la crinière désordonnée et ses ongles grattèrent tendrement le cuir chevelu. Elle savait que cette simple action pouvait l'apaiser, au moins un peu. Mais ça ne pouvait pas effacer la cruelle réalité. La chaleur de ses larmes contre sa peau était comme un pieu s'enfonçant dans son cœur et les sanglots qui secouaient son corps lui donnait envie de crier. L'impuissance la rendait folle.

« Je suis là pour toi Gerald… »

Il expira lourdement, son étreinte se resserra et il hocha la tête.

Tout ce dont elle était capable, c'était lui offrir du réconfort jusqu'à soigner son être blessé.