Chapitre 41 : Fins et Commencements
Ils se réveillèrent le dimanche matin sous un ciel gris et morne, accompagné d'un changement de température typique du mois de Mars. D'une certaine manière, le temps était néanmoins approprié pour la tâche qui devait être accomplie, songea Drago pendant qu'il reprenait la direction du Manoir accompagné de Remus, Sirius, Harry, Severus et Dumbledore. Les six sorciers avaient transporté le corps de Lucius jusqu'au cimetière de la famille Malefoy, une bande terre lugubre et désolée aux confins de la propriété.
Comme Remus lui avait gentiment expliqué, il était important de s'assurer que le corps d'un sorcier faisant usage de la Magie Noire soit convenablement incinéré lorsque ce dernier avait péri de mort violente, afin que son esprit ne réapparaisse pas sous les traits d'un fantôme vengeur. Le professeur de défense contre les forces du mal avait offert de l'accompagner, et Drago avait été surpris quand tous ses amis lui avaient également proposé leur aide. Néanmoins, Remus avait vivement conseillé à Hermione, Maïa, Narcissa et Rhiannon de se tenir à l'écart, de manière à les préserver autant que possible d'une éventuelle présence de magie noire.
Il n'y avait toutefois pas eu de problème, et Drago ressentait quelque chose qui ressemblait presque à de la paix intérieure, ou du moins s'en approchait. Par certains côtés, il n'éprouvait plus de haine à l'égard de son père, il plaignait plutôt Lucius d'avoir gaspillé son existence dans une vaine quête de pouvoir - et en définitive, cette quête lui avait coûté la vie.
Les pierres grises du Manoir lui paressaient désormais plus accueillantes qu'elles ne l'avaient jamais été durant toute son enfance, et la bouche de Drago s'étira en un léger sourire. Il était Lord Malefoy à présent, ayant hérité de son père non seulement son titre et sa fortune, mais également une grande partie de celle qui lui revenait du côté de ses grand-parents maternels. Toute cette fortune provenait de sources obscures et était entreposée de manière tout aussi obscure - et une idée lui vint tandis qu'il contemplait le hall d'entrée avec un regard neuf.
"Professeur" dit-il à Dumbledore, et le Directeur se tourna vers lui, souriant avec sa bienveillance habituelle.
"Oui, Drago ?"
"Il y a des choses...ici...des reliques de Magie Noire, et je sais où mon père les conservait. Je veux me débarrasser de tous ces objets. Pensez-vous que le Ministère pourrait m'aider ?"
"Je suis sûr qu'ils seraient plus qu'heureux de vous prêter main-forte, Drago" approuva le vieux sorcier.
"Merci...ce manoir est resté pendant trop longtemps envahi par les ténèbres - et je n'emmènerai pas ma famille y vivre avant que toute trace de ce passé n'ait définitivement disparu" déclara Drago d'une voix déterminée. "Il est temps que les Malefoy prennent un nouveau départ."
Avril succéda à Mars, et le printemps s'installa pour de bon, accompagné d'une vague de chaleur et d'effervescence. Le monde tout entier semblait d'une certaine façon plus lumineux et plus libre qu'il ne l'avait été depuis bien longtemps, à présent qu'il était délivré du mal qui avait rongé le monde sorcier depuis plus de vingt ans - l'ombre ténébreuse et terrifiante de Voldemort.
De grands changements avaient lieu. Les Mangemorts restants - tous identifiés avec l'aide de Rogue - comparaissaient devant la justice, et cette fois il n'y eut pas de manœuvres politiques pour les sauver d'Azkaban. Les Détraqueurs - ces créatures craintes et détestées qui se nourrissaient des pensées heureuses des êtres vivants - avaient été chassées de la prison, envoyées en exil ; et Cornelius Fudge avait été forcé de démissionner du Ministère, la réhabilitation de Sirius Black ayant porté un coup fatal à sa carrière.
On proposa le poste de Ministre de la Magie à Dumbledore, mais celui-ci déclina l'offre, ses yeux bleus pétillant derrière ses lunettes, déclarant que Poudlard était le seul endroit qui réclamait sa présence - et le seul où il désirait demeurer. Dumbledore suggéra, néanmoins, que le poste revienne à Arthur Weasley, et eut le plaisir de voir sa demande acceptée. Ron resta sur un petit nuage pendant plusieurs semaines, n'arrivant pas à croire la bonne fortune qui arrivait enfin à sa famille.
Au milieu du mois se produisit un événement longtemps attendu et célébré dans la joie - le mariage de Sirius Black et de Narcissa Malefoy. La mariée avait demandé - et gracieusement obtenu - la permission que la cérémonie se déroulât dans le parc de Poudlard, dans les jardins en dehors de la Grande Salle, parmi les fleurs en train d'éclore et les visage souriants de tous leurs amis. Ses yeux bleus emplis de souvenirs, Narcissa avait avoué en rougissant à Hermione que l'endroit choisi était l'emplacement exact où Sirius l'avait embrassée pour la première fois, au Bal de Noël quand ils avaient tous les deux seize ans ; et Hermione avait souri d'un air entendu, en s'abstenant toutefois de révéler à sa belle mère pourquoi elle comprenait si bien ses sentiments.
"Qui est la plus jolie petite fille de toute la Terre ?" demanda Drago, tenant sa fille et soufflant sur sa poitrine. Maïa rit de plaisir, tendant la main pour attraper le nez de son père.
"Drago ! Est-ce que tu as seulement pensé à la changer ? Il faut que je l'habille pour la cérémonie !" rappela Hermione d'une voix faussement exaspérée, en soulevant délicatement la petite robe blanche brodée que Narcissa leur avait remise. La sorcière blonde avait même même effectué quelques travaux d'aiguille supplémentaires, ornant l'ourlet d'une exquise broderie reproduisant les initiales de la dernière arrivée dans la famille.
Ses yeux bleus dansant, Drago la regarda et lui sourit d'un air féroce. "Oh ? Serions-nous en retard pour une bonne raison, Lady Malefoy ? Peut-être bien...parce qu'une certaine personne ne voulait pas rentrer de la forêt interdite la nuit dernière ?"
Hermione rougit sous la moquerie, se remémorant la soirée de la veille. C'était à nouveau Beltane, et Rhiannon leur avait rendu visite après le dîner, le regard malicieux, prenant Maïa sous son bras et leur suggérant "d'aller faire un tour et de s'amuser un peu." Sur le moment, elle avait eu un vague soupçon que Drago ait arrangé la chose avec l'animagus, car il avait accepté sur le champ, puis avait négligemment laissé entendre qu'ils allaient faire une promenade romantique...une promenade qui les avait menés dans la forêt interdite sous "leur" sorbier, où Hermione avait su que ses soupçons étaient fondés.
Une épaisse couverture était installée sous l'arbre, et une lanterne répandait un délicat halo de lumière dorée, maintenant l'ombre à distance. Un panier recelait des verres et une bouteille de champagne, ainsi qu'une boîte de chocolats d'une gourmandise inavouable. Elle l'avait regardé dans les yeux, riant de plaisir, l'enveloppant dans ses bras pendant qu'il l'embrassait.
"Tu as organisé tout ça ?" avait-elle demandé, lui souriant tendrement et promenant ses doigts dans ses cheveux.
"Je plaide coupable !" lui avait-il souri en retour. "Est-ce que ça te plaît ?"
Ses doigts avaient caressé lentement son échine vers le bas, avant de dégrafer délicatement, sensuellement, les boutons fermant le bas de sa robe, en dégageant le tissu des épaules de manière à le faire tomber d'un coup à ses pieds. Il avait inspiré profondément, jamais rassasié de la beauté de son corps.
"Oh, bien sûr que ça me plaît" avait-elle ronronné, retirant son chemisier par dessus sa tête et promenant ses doigts sur sa poitrine. "Mais il y a juste une chose...que ferons-nous si la reine Mab vient à nouveau ?"
"Peut-être qu'elle apprendra une chose ou deux" avait-il impudemment répondu, avant de l'attirer sur la couverture et de la dévorer de baisers, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus résister au besoin qui l'oppressait.
En fait, Drago avait si bien occupé son esprit et ses sens qu'elle doutait qu'elle se serait aperçue de quelque chose si tous les étudiants de l'école étaient soudain apparus dans les bois autour d'eux. Elle n'était pas certaine du nombre d'heures qui s'étaient écoulées pendant qu'ils étaient uniquement concentrés l'un sur l'autre, à exprimer tout l'amour et le désir qu'ils avaient ressenti pour la première fois il y avait exactement un an.
Drago s'était finalement mis à rire, menaçant de la reconduire à l'école alors que, rassasiée et épuisée, elle avait émis un gémissement de protestation, ne désirant pas quitter le réconfort de ses bras. Elle avait finalement consenti en soupirant, lui souriant pendant qu'il la remettait sur pieds, et ils avaient repris le chemin de l'école, les bras enlacés autour de l'autre dans une totale plénitude. Le seul inconvénient avait été qu'après qu'ils aient récupéré Maïa auprès de Rhiannon et du Professeur - aucun d'eux n'avait fait le moindre commentaire, mais ils avaient souri d'un air entendu- tous deux étaient tombés dans un si profond sommeil qu'ils s'étaient réveillés plus tard que ce qu'ils avaient prévu pour la journée où leur fille devait officiellement recevoir son nom.
"Quoiqu'il en soit", répondit-elle sèchement, lui renvoyant son sourire pendant qu'il embrassait les cheveux dorés de Maïa, "tu nous mets encore plus en retard..."
"Tout va bien" assura-t-il, lui tendant leur fille fraîchement lavée et changée, qui entreprit immédiatement de tripoter les plis de la robe blanche. "Ce n'est pas comme s'ils pouvaient commencer sans nous, tu ne crois pas ?"
Maïa émit un cri de protestation tandis que l'objet qu'elle convoitait lui était retiré des mains, et elle donna de petits coups de pieds, fronçant les sourcils d'un air mécontent. Drago éclata de rire, et imita l'expression sur son visage.
"Oh, brillante idée...apprends-lui à faire cette tête-là, Drago ! J'ai été celle qui a le plus reçu ce genre de regards de ta part, qu'est-ce qui peut bien te faire penser que j'ai envie qu'il en soit de même avec ma fille ?" le gronda Hermione, mais ses yeux brillaient d'un air malicieux.
"Je lui apprends simplement à se servir de ses dons naturels, comme tout bon père" répondit-il en souriant. " Imagine juste comment elle pourra faire fuir les garçons quand elle sera grande !"
Hermione apaisa sa fille avec son hochet préféré, puis enfila la robe par la tête et la boutonna.
"Bon ! On y va ?" demanda-t-elle, souriant du résultat.
Ils se hâtèrent en direction de l'entrée principale du château, là où les invités devaient se retrouver avant de prendre le chemin de la forêt interdite. Hermione rougit légèrement en voyant que tout le monde les attendait, heureusement personne - à l'exception, peut-être, du professeur Rogue - ne pouvait se douter de la raison qui les faisait arriver avec autant de retard.
Narcissa tendit les mains pour récupérer sa petite-fille dans ses bras, pendant qu'ils traversaient la pelouse. La sorcière blonde sourit, examinant la robe blanche qu'elle avait brodée avec tant d'amour pour la Cérémonie du Nom de Drago, et que portait désormais sa petite fille. Drago et Hermione venaient en tête du cortège, suivis de Narcissa et Sirius. Rhiannon et Severus suivaient derrière, le professeur serrant un bras protecteur autour de sa femme, pendant qu'ils s'approchaient peu à peu de l'orée du bois. Monsieur et Madame Granger, Harry et Remus, Dumbledore et le professeur McGonagall, Bronwyn Black formaient le reste de leur petite troupe, avec Ron fermant la marche, le bras posé sur l'épaule de Lavande. Tous riaient de bonne humeur, profitant de cette chaude journée de printemps.
Ils atteignirent le sorbier, et les invités formèrent un cercle autour de Dumbledore, Drago, Hermione, Severus, et Rhiannon. Les arbres en fleurs agitaient leurs branches sous la brise légère, embaumant l'atmosphère et répandant une pluie de délicats pétales de neige. Narcissa remit Maïa à sa mère avec un sourire.
"Mes amis, nous sommes aujourd'hui réunis pour accueillir - officiellement - la fille de Drago et d'Hermione parmi nous" entonna Dumbledore, le regard pétillant. " Pour lui donner le nom sous lequel elle sera connue parmi nous, et pour témoigner de l'engagement dont ses parents et grand-parents font preuve envers elle."
Souriant, le Directeur prit le bébé des mains d'Hermione.
"Drago, Hermione - quel nom voulez-vous donner à cette enfant ?"
"Maïa Rowan Malefoy" répondirent-ils tous les deux.
"Sois la bienvenue, Maïa Rowan Malefoy" dit Dumbledore, pendant que Maïa tentait d'attraper les lunettes du Directeur, fascinée par son propre reflet dans les verres. Souriant, il passa l'enfant à Rhiannon qui occupait la place de marraine.
"Sois la bienvenue, Maïa Rowan Malefoy" dit gentiment l'animagus. "Par le pouvoir des éléments de la Terre, je promets de te donner la stabilité qui te permettra de grandir et de devenir la femme que tu deviendras un jour. Puisses-tu toujours connaître la paix et la prospérité." Elle embrassa le bébé sur le front, puis, avec un doux sourire, elle le passa à Severus.
"Sois la bienvenue, Maïa Rowan Malefoy" entonna le Maître des Potions de sa voix profonde. "Par le pouvoir des éléments de l'air, je m'engage à te procurer le savoir dont tu auras besoin pour être une femme à ton tour. Puisses-tu toujours grandir libre et heureuse." Il embrassa le bébé comme Rhiannon, puis le passa à son père.
"Sois la bienvenue, Maïa Rowan" prononça doucement Drago, les yeux brillant en regardant sa fille. "Par le pouvoir des éléments du Feu, je m'engage à fortifier la volonté et l'amour qu'il te faudra pour devenir la femme que tu deviendras un jour. Puisses-tu toujours posséder force et amour." Fermant les yeux, il déposa un doux baiser sur le front du bébé, avant de tendre Maïa à une Hermione rayonnante.
"Bienvenue, Maïa Rowan" prononça Hermione, des larmes de joie dans les yeux. "Par le pouvoir des éléments de l'eau, je m'engage à te procurer la nourriture et le courage dont tu auras besoin pour devenir la femme que tu deviendras un jour. Puisses-tu toujours vivre dans la paix et le bonheur." Elle embrassa son enfant à son tour, avant de redonner Maïa au Directeur.
Maïa accepta tout de fort bon cœur, souriant comme une petite princesse recevant les hommages auxquels elle avait droit. Dumbledore la souleva dans les airs, se tournant lentement de manière à ce que chacun puisse la voir.
"Bienvenue, Maïa Rowan, enfant de ce jour. Porte ton nom avec honneur et fierté. Montre-toi digne de la foi que tu inspires à tes parents, à tes parrains et marraines, et sois bénie par l'amour que te porte ta famille. Que ta vie soit riche et heureuse", prononça-t-il, et il remit l'enfant à Hermione.
"Bienvenue, Maïa Rowan" reprit le cœur des invités.
"Bienvenue, Maïa Rowan"
La voix mélodieuse, enveloppée d'un tintement de clochettes, semblait jaillir du vent. Hermione et Drago se tournèrent vers le sorbier, étonnés, pour découvrir à nouveau l'incarnation de la Reine Mab, dans toute sa majesté brillante et scintillante. Les invités regardèrent à leur tour, et ceux qui n'avaient pas assisté au mariage d'Hermione et de Drago retinrent un cri de surprise.
Hermione eut un sourire de bienvenue pour la Dame, et elle se dirigea lentement vers elle, sortant du cercle, tandis que Maïa riait joyeusement devant cette présence nouvelle et tendait ses petits bras. Hermione s'arrêta à quelques pas seulement de la Reine, et prononça doucement : "Merci – pour tout."
La tête dorée s'inclina en reconnaissance, et la Reine fit un pas en avant, se penchant pour déposer un baiser fugitif sur le front de la petite fille qui riait à nouveau. Puis elle se redressa, parcourant l'assemblée, et ses yeux bleus pâles se fixèrent sur Drago – qui sourit et s'inclina devant elle. Son regard rencontra chacun des spectateurs avant de revenir à Hermione, et sa bouche magnifique s'illumina d'un sourire.
"Que les étoiles veillent sur vous" entonna la voix sortie de nulle part. "Sur chacun d'entre vous."
La Dame recula contre le tronc de l'arbre, accompagnée par le carillon des cloches – et une pluie de pétales de sorbier tourbillonnèrent dans l'air lorsqu'elle disparut.
"Je n'arrive pas à le croire" se désola Hermione, blottie contre Drago à la table où ils dînaient. "Plus qu'une semaine avant la remise des diplômes !"
"C'est vrai" dit Harry. Il regarda autour de la Grande salle avec nostalgie. "Ça aura été la seule maison que j'ai vraiment connue…je vais la regretter."
"A part pour Ron, je pense que ça aura été notre première maison à tous" songea Hermione d'une voix douce. Elle sourit à Drago, lui serrant la main. "Mais j'ai hâte d'avoir notre propre toit."
"Moi aussi", répondit-il doucement, déposant un baiser sur le dessus de ses cheveux. "Et donc, Harry, quand est-ce que tu commences au Ministère ?"
Le sorcier aux yeux verts le regarda surpris.
"Comment diable es-tu au courant ?" Puis ses yeux se plissèrent l'air soupçonneux. "Tu ne vas pas te mettre à lire dans les pensées de tout le monde j'espère, Malefoy ?"
Le sorcier blond sourit narquoisement. "Je n'en ai pas besoin. Ton parrain est marié à ma mère, tu te souviens?"
"Ok" reconnut Harry, et il soupira. "Après s'être tout caché depuis si longtemps, ça fait juste bizarre de tout se raconter."
"Très juste" remarqua Hermione. Son regarda passa de son mari à son ami, et un sourire diabolique apparut sur ses lèvres. "Je viens de penser à quelque chose…vous vous rendez-compte, vous êtes désormais pratiquement comme deux demi-frères ?"
Les deux sorciers se dévisagèrent, surpris, avant d'éclater de rire.
"J'espère que Lucius est en train de se retourner dans sa tombe" ricana Drago avec une joie mauvaise.
"Lucius ? Hum, moi ça me mettrait plutôt mal à l'aise en ce qui me concerne, Malefoy", le taquina Harry.
"J'ai toujours dit que tu n'avais pas les épaules suffisantes pour affronter les vrais problèmes, Potter" rétorqua Drago sans rire.
Ron leva les yeux de l'endroit où il était occupé à dorloter Lavande, les sourcils levés.
"Il t'a fallu tout ce temps pour t'apercevoir du lien de parenté entre Harry et Drago, Hermione ? Tu baisses !"
"Je présume que tu avais tout compris depuis très longtemps, Ron ?" répliqua-t-elle, et elle lui tira la langue en se mettant à rire.
"Evidemment…vous autres vous n'êtes pas habitués à raisonner en terme de frères et sœurs…et j'en ai à ne plus savoir quoi en faire !" répondit-il en roulant les yeux. "Je n'arrive pas à admettre que je vais aller me perdre dans la boutique de Fred et George. Mais ils ont besoin de quelqu'un pour les aider."
"Oh, tu adores ce qu'ils font, tu le sais très bien !" corrigea Lavande en secouant la tête.
"Au fait, je viens de réaliser quelque chose d'autre" déclara Hermione avec désinvolture, agitant la main le visage espiègle. " Vous avez tous les deux un même oncle en suivant la même idée – le Professeur Rogue !"
Ils éclatèrent tous de rire à cette pensée. "Je ne crois pas qu'il apprécierait d'être appelé "oncle Severus" gloussa Harry.
"Ou oncle Servile ?" ironisa Drago. Son regard s'arrêta sur la table des professeurs. "Hé ! Regardez, Rhiannon et Rogue ne sont pas là. Je me demande où ils sont passés?"
La réponse ne se fit pas attendre. Alors qu'ils quittaient la grande salle, Narcissa vint à leur rencontre, tenant sa petite fille dans ses bras avec un grand sourire. "Drago ! Hermione!"
"Bonjour, Mère" dit Drago. Il l'embrassa sur la joue et récupéra Maïa. "Nous allions justement vous voir. Est-ce que Sirius serait intéressé par une partie d'échecs ce soir ?"
Narcissa cligna des paupières. "Je ne crois pas qu'il aura le loisir de faire autre chose que d'essayer de calmer Severus. Rhiannon vient d'accoucher !"
Drago et Hermione la regardèrent bouche bée, effondrés. " C'est des semaines plus tôt que ce qui était prévu" murmura Hermione.
"Pas d'inquiétude à avoir, l'enfant est né et il va bien. Il n'est même pas plus petit que la normale. Dumbledore pense que cela a un lien avec avec les pouvoirs que vous tous reçus lorsque Voldemort a été vaincu. Rhiannon était inquiète lors des premières contractions, bien sûr - mais Madame Pomfresh a pratiquement dû menacer Severus d'un Immobulus avant qu'il la laisse faire son travail." Narcissa secoua la tête. "Comme tous les hommes, il se comporte comme si sa femme était la première à avoir jamais donné la vie !"
Drago hocha la tête et sourit. "Donc, le petit Sirius Ambrose est arrivé. J'ai tellement hâte de voir le professeur comme père !"
"Comment savais-tu quel nom ils lui avaient donné ?" souffla Narcissa, ses yeux bleus s'agrandissant de surprise. Puis elle secoua la tête, faisant un geste de la main et souriant un peu maladroitement.
"En fait, je ne veux pas le savoir ! Fais-moi juste une faveur, Drago, s'il te plaît ?"
"Bien sûr, Mère, laquelle ? " demanda-t-il intrigué.
"Si ton futur petit frère - ou petite soeur- te communique son nom, ne me le répète pas, d'accord ?" sollicita-t-elle, et elle sourit ravie en voyant la stupéfaction imprégner leurs visages. "Je voudrais au moins conserver l'illusion d'avoir effectué le choix moi-même !"
