Disclaimer : je ne possède bien entendu aucun droit sur les personnages, les lieux et les situations créés par J. K. Rowling.
Chapitre 36
A 20 heures, Emilie ramassa ses affaires et se dirigea vers la section de Divination, stationnant devant plusieurs rayonnages pour en extraire un ou deux livres dont elle parcourut le sommaire avant de les reposer. La salle de Divination était libre, mais elle n'y pénétra pas, poursuivant son chemin vers la section histoire locale, attentive au moindre craquement du parquet derrière elle.
Un vendredi sur trois elle accomplissait le même rituel, profitant de l'heure tardive et de la veille du week-end pour changer discrètement de salle : même les élèves les plus studieux désertaient les lieux à cette heure et elle savait que son père avait tendance à distribuer toutes ses retenues pour le vendredi soir, d'une part parce que le lendemain il pourrait se lever plus tard et d'autre part parce qu'il savait que cela avait le don d'énerver encore plus les consignés qui ne pouvaient passer la soirée du vendredi avec leurs amis. Ce soir-là, elle retrouverait Nott en section d'histoire locale, mais la semaine prochaine il passerait, par le plus grand des hasards bien sûr, dans le département des Potions. La semaine suivante encore, ils changeraient tous les deux de place pour aller occuper la section Divination.
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« Tu as oublié une variable, marmonna Nott en soulignant une portion de l'équation : recommence et pense à la prendre en compte maintenant. Ton raisonnement est bon, mais tu es trop distraite », la rassura-t-il.
Emilie saisit la feuille en soupirant et reprit le problème où il l'avait annoté, tandis que le Slytherin lisait attentivement les remarques qu'elle avait rédigées en marge de plusieurs recettes de Potions extraites du livre de sixième année.
Depuis le mois de janvier les deux élèves n'avaient pas changé leur routine. Le cours de latin était employé à échanger les exercices d'Arithmancie que concoctait Nott et les recettes de Potions qu'Emilie devait vérifier après qu'il eut essayé de les corriger lui-même. Parfois, il lui donnait un devoir demandé par Slughorn, pour qu'elle lui donne son opinion avant que le professeur ne le corrige. Le vendredi soir, ils contrôlaient le travail fait dans la semaine. La Serdaigle devait admettre que le garçon avait de bons réflexes en Potions et des intuitions. Elle profitait d'ailleurs de ce rôle de correcteur en commençant à aborder le programme de sixième année, mais le principal bénéfice de cet arrangement concernait l'Arithmancie. Nott avait délibérément commencé à un niveau très bas et, si Emilie ne récoltait pas encore de lauriers en classe, elle savait que ses connaissances en la matière étaient plus solides qu'elles ne l'avaient jamais été. Tout était une question de pratique et en continuant à ce rythme elle serait peut-être au niveau de sa cinquième année au moment de passer ses BUSEs, même si elle ne ferait sans doute jamais d'étincelles dans la matière.
Nott souffla un peu en triant ses notes de cours de Potions, à la recherche de la leçon correspondant aux recettes que sa voisine lui avait rendues. Emilie lui jeta un regard interrogateur, mais il se contenta de faire une moue ennuyée et lut ce qu'elle venait de rédiger. Saisissant sa plume, il traça un grand O à l'encre noire au-dessus du problème résolu.
« Je crois que je vais l'encadrer, murmura Emilie, un grand sourire illuminant son visage.
-Malheureusement, en ce qui me concerne, le jour où la baleine m'octroiera une note au-delà d'un A n'est pas près de venir, grimaça le Slytherin.
-Donne ! » ordonna la Serdaigle.
Emilie prit l'une des recettes que Theodore Nott avait parfaitement corrigé tout seul et attrapa sa plume. Au dernier moment cependant, elle se ravisa et chercha son plumier dans son sac pour un extraire une belle plume blanche qu'elle tapota de sa baguette avant de la tremper dans l'encre noire. Nott lut en riant sous cape la phrase que la Serdaigle venait de tracer, agrémentée d'une belle signature Moi, Emilie Snape, fille du Maître des Potions Severus Snape, atteste que ce devoir est parfait. L'encre prit une teinte argentée et disparut progressivement.
« De l'encre sympathique.
-Pas mal, commenta Nott en passant une main dans ses cheveux pour essayer de démêler plusieurs boucles : j'aimerais bien pouvoir refaire ces potions, reprit-il pour lui-même, mais Snape ne donne pas de cours de soutien.
-Essaye Slughorn, ironisa Emilie, s'arrêtant toutefois à temps en voyant l'air mauvais du jeune homme.
-Tu as de la chance d'être la fille de Snape, sinon… menaça Nott : tu n'as aucune idée de ce que c'est…
-Je crois bien que si, figure-toi : Slughorn déteste Snape et me met dans le même panier, avec juste un minimum de subtilité.
-C'est un imbécile, une girouette qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, prêt à n'importe quelle bassesse s'il y a un profit à la clef. »
Nott se pencha vers Emilie et tenta de baisser encore sa voix un peu rauque, mais elle se brisa, ce qui eut le don de l'énerver encore un peu plus. Il se leva soudain et entraina sa voisine avec lui derrière plusieurs rayonnages entre lesquels ils avaient une bonne vue de l'entrée de la pièce.
« Il a des ardoises longues comme le bras…
-Chez les apothicaires : je sais, interrompit Emilie avec un petit sourire méchant.
-Ah ? C'est vrai, il y a une Bobbin dans ta classe, n'est-ce pas ? Nott poursuivit en voyant l'autre élève acquiescer : ce n'est pas tout, il n'est que Potionneur, ce qui veut dire qu'il ne peut pas faire toutes les potions qu'il désire. Il a donc recours à de la contrebande mais, là encore, la baleine néglige de payer ses dettes, railla le Slytherin. Je peux t'assurer que s'il est assez stupide pour s'aventurer à proximité de l'Allée des Embrumes, l'intercession de Merlin lui-même ne sera pas de trop pour le tirer d'affaire.
-Comment sais-tu tout cela ? demanda Emilie, intriguée.
-Tout se sait, tôt ou tard, fit Nott en haussant les épaules.
-Des affaires familiales ? risqua la Serdaigle.
-Un Sang-pur ne se salit pas les mains de la sorte, voyons.
-Non : il délègue ? »
Cette fois-ci Nott rit en s'adossant à une rangée de livres :
« Peut-être bien, mademoiselle Snape. »
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La chaleur dégagée par la pièce de 100 lires l'avait prise de court. Appuyée contre le lavabo, elle resta plusieurs instants à serrer l'objet dans sa main, soudain émue de ce lien avec Alessandro qu'elle partageait encore.
Urgent. Réponds.
Emilie tapota sa baguette contre la pièce qui relaya un nouveau message en plusieurs fois.
Dois te parler. Rendez-vous à la Tour dans une heure. Quelque chose de grave est arrivé. Evite infirmerie, bureau de Dumbledore, cachots.
Le cœur battant à tout rompre, la Serdaigle contrôla l'heure bien qu'elle sut que le couvre-feu était déjà amplement dépassé : 23 heures 10. Il était devenu fou ? Minuit à la Tour des Elfes ? Contrairement à une partie de ses camarades, Emilie n'avait jamais tellement été attirée par l'idée d'aller de promener dans le château la nuit. Peut-être que les choses eussent été différentes si elle n'avait pas été la fille de Snape, mais à la perspective d'être pincée par Rusard ou, mieux encore, par la chauve-souris des cachots elle-même, elle se sentait une véritable âme de poule mouillée. Pourtant, il ne lui vint pas l'idée de refuser, malgré un début d'agacement en relisant la dernière partie du message : comment pensait-il qu'elle pourrait éviter tous ces lieux ? En volant ?
« Que se passe-t-il ? »
Emilie se mordit les lèvres en baissant les yeux, puis croisa le regard de Lucrezia :
« Je… je vais ressortir.
-Quoi ? Tu as vu l'heure ?
-C'est important, Lucrezia, soupira Emilie.
-Qui vas-tu voir ? Pas un Serdaigle, manifestement… Un conseil, Emilie : reste le plus loin possible des Slytherins. Je ne sais vraiment pas ce que tu as dans la tête… » commenta sévèrement la jeune fille en jouant avec sa longue natte.
Belinda et Ann écoutaient de toutes leurs oreilles sans rien dire, regardant tout à tour Emilie et Lucrezia.
« Je dois voir Alessandro, Lucrezia. »
Les trois filles ouvrirent des yeux ronds comme des soucoupes, mais Lucrezia était déterminée à faire entendre raison à sa voisine de dortoir :
« Il me semble que c'est la deuxième fois que tu t'absentes et je n'ai toujours pas eu d'explication pour la première fois d'ailleurs, remarqua la jeune fille d'une voix aigre : je croyais que tu ne voulais plus entendre parler de lui ? Et puis comment se fait-il que tu décides comme cela, de but en blanc, d'aller le rejoindre on ne sait où ?
« C'est mon ami, même si… Emilie préféra ne pas trop s'aventurer de ce côté : il m'a contactée, je te promets de t'expliquer…
-Si tu faillis encore à ta promesse, ne compte plus sur nous pour te couvrir », répondit un peu sèchement Lucrezia.
Emilie hocha la tête et commença à fouiller dans son armoire, à la recherche d'habits noirs qui lui éviteraient de se faire repérer trop facilement dans les couloirs obscurs. Assise sur son lit, elle tourna et retourna dans ses mains ses baskets très voyantes après qu'elle les ait eues passées au blanc un peu plus tôt dans la semaine, jusqu'à ce qu'Ann se lève et tende sa baguette en direction des chaussures :
« Heureusement que nous avons quatre heures de Métamorphose par semaine », marmonna la petite blonde en se retenant de rire pendant que son amie attachait ses lacets noirs avec un grand sourire.
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Enveloppée dans son manteau dont elle avait pris soin de masquer les parements bleus et jaunes, Emilie s'abrita provisoirement derrière une statue dans un recoin sombre pour tenter de réfléchir au moyen le moins dangereux de rejoindre la Tour des Elfes. Elle ne connaissait que deux routes : l'une passait par la bibliothèque, fermée à cette heure, l'autre par l'entrée principale, et donc, à proximité immédiate de l'infirmerie, du bureau de Dumbledore et de l'escalier menant aux cachots. Si elle se fiait à ce qu'avait écrit Alessandro, elle avait toutes les chances de se faire prendre en suivant ce chemin. Restait la bibliothèque… et son dragon. Sans autre alternative, la Serdaigle décida de tenter sa chance de ce côté et se lança à l'ascension des escaliers.
Le palier était désert et la grande porte de bois à doubles battants n'était éclairée que par les timides rayons de la lune en partie voilée par les nuages. Debout dans l'ombre, Emilie Snape étudiait les alentours et débattait de ses options : y avait-il un sortilège défendant l'entrée ? Probablement. Pouvait-elle le désamorcer ? C'était douteux. En soupirant, elle s'accroupit et se demanda si elle gardait ou non ses chaussures : si elle devait forcer l'entrée et courir jusqu'à l'une des portes secrètes, il valait mieux les garder, mais dans ce cas, adieu la discrétion. En revanche, si elle passait la porte sans difficulté, il vaudrait mieux qu'elle retire ses chaussures dont les semelles de caoutchouc faisaient du bruit sur le parquet ciré. Quand elle y repensait, Alessandro et elle avaient eu une sacrée chance en échappant à Rusard lorsqu'ils s'étaient fait enfermer à l'intérieur… Le souvenir de la ronde du gardien cette nuit là lui donna soudain une idée : si la rumeur était vraie et que Rusard n'était qu'un Cracmol, alors il était quasi sûr qu'aucun sortilège ne défendait l'entrée car Rusard n'aurait pas pu les désamorcer pour faire sa ronde. Emilie défit rapidement ses lacets et prit ses chaussures à la main. Evidemment, il était aussi possible qu'un sortilège soit destiné à reconnaître le gardien et donne l'alarme en cas d'intrusion…
« Alohomora »
Un léger cliquetis métallique de serrure bien huilée retentit dans le silence et la Serdaigle passa rapidement le seuil en refermant avec soin la porte derrière elle. Ne perdant pas un instant, elle fila vers le département des Potions et murmura le mot de passe qu'elle avait apposé plusieurs mois auparavant. La porte s'ouvrit et elle s'y engouffra, juste à temps pour entendre la voix éraillée de Rusard encourageant son chat à le rejoindre.
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« L'hydromel était empoisonné ?
-Oui, Potter a dit que Weasley est tombé en catalepsie presque sur le champ.
-Quelqu'un aurait voulu tuer Slughorn ? »
Emilie parlait tête baissée, appuyée contre un mur. Ses mains étaient moites.
« Personne n'aurait pu prévoir que Slughorn offrirait de l'alcool à Weasley, et même si je n'aime pas Slughorn, je ne l'imagine guère en tueur d'élèves… Alessandro se rapprocha et demanda à voix basse : Snape en sait long sur Slughorn, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il aurait des ennemis ?
-Il est indésirable auprès de certains apothicaires, répondit Emilie évasivement.
-Indésirable, comment ?
-Retards de paiement, soupira la Serdaigle.
-Rien de plus méchant ?
-Des histoires de contrebande aussi, à ce que l'on raconte. »
Alessandro sifflota.
« Est-ce que l'on sait quel poison a été utilisé ?
-Pas pour l'instant, mais j'ai entendu Snape dire qu'il prenait la bouteille pour analyse. Le Slytherin commenta avec une légère ironie : tu aurais vu la tête qu'il faisait en entendant Slughorn vanter Potter à tout bout de champ pour avoir eu l'idée du Bezoar !
-J'imagine assez, oui, commenta Emilie avec un petit sourire : pourquoi Potter au fait ? Slughorn était bien là, puisqu'il a donné le vin et guéri Weasley auparavant ?
-Je ne sais pas : je suis arrivé seulement à 10 heures. Ils avaient déjà fait sortir Potter et, à part Slughorn qui paraissait incapable de tenir sa langue, tous les autres évitaient de trop en dire. »
Après un court silence, Alessandro demanda :
« Emilie, est-ce que tu en sais plus que cela sur Slughorn ?
-Non ! mentit la Serdaigle, mais la véhémence de sa réponse l'avait déjà trahie : il a des ennemis, mais j'aurais plutôt imaginé qu'ils auraient tenté une… intimidation.
-Qui aurait pu tenter de l'empoisonner, ici ? réfléchit l'Italien à haute voix.
-Je te vois venir, Alessandro, avertit Emilie d'une voix sombre : aucun Potionneur ne serait assez idiot pour en empoisonner un autre de façon aussi évidente.
Alessandro secoua la tête en riant un peu.
« Non, je ne pense pas que Snape en vienne là, même s'il n'a jamais montré de façon aussi claire combien il déteste le vieux Slughorn. Je ne sais pas si la baleine est aveugle à ce point, mais si ce n'est pas le cas, il faut lui reconnaître un certain courage pour soutenir des regards aussi meurtriers. »
Emilie suivit l'exemple de son ami et s'assit sur une marche en relevant le col de son manteau de laine.
« La bouteille était déjà ouverte ?
-Je n'en sais rien. Je ne crois pas, reprit Alessandro en fronçant les sourcils : j'ai eu l'impression qu'elle était presque pleine mais Snape ne m'a pas laissé le temps de l'examiner, il a foncé pour la récupérer dès qu'il a vu que j'allais dans le bureau de madame Pomfresh.
-Cela ne veut pas dire grand-chose, de toutes manières, commenta Emilie, avant d'ajouter : si elle n'avait pas été encore ouverte, elle était sans doute empoisonnée avant d'être livrée à Poudlard, ou bien on s'est contenté d'y injecter le poison après.
-Comment cela ?
-Je suppose que le bouchon est en liège, n'est-ce pas ? Une seringue, précisa Emilie en haussant les épaules, se rappelant de l'intrigue d'un livre policier : mais dans ce cas il aurait fallu savoir où Slughorn range ses bouteilles et accéder à ses appartements. »
Alessandro grimaça d'un air peu convaincu et posa ses coudes sur ses genoux :
« Cela fait beaucoup trop de paramètres à prendre en compte, sans compter que c'est idiot ! En agissant de cette façon, on peut tuer dix personnes : regarde, Weasley a failli y passer mais la baleine n'a pas avalé une goutte d'hydromel ! »
Emilie ne dit rien, mais les deux adolescents avaient fait le même rapprochement : c'était aussi stupide que le collier de Katie Bell…
« Tu es sûre que Dumbledore était visé par le collier ?
-C'est ce que j'ai cru comprendre, mais je n'ai pas de preuve. Je ne vois pas comment on aurait pu espérer atteindre Dumbledore avec cette bouteille, en revanche.
-Il faudrait alors revenir à l'hypothèse d'un attentat contre la baleine, conclut Alessandro en soupirant : tu sais, Malefoy n'est pas le seul à éprouver des pulsions meurtrières à l'égard de Slughorn…
-Non, certainement pas, tu peux déjà inscrire la famille Snape sur ta liste, railla Emilie.
-Ainsi que Nott, Granger… devant l'air étonné de son amie, il expliqua : elle sort toujours des cours de Potions comme si elle se retenait de lancer un Avada Kedavra, apparemment elle ne supporte pas d'être reléguée dans l'ombre par Potter »
Emilie laissa de côté Hermione dont elle savait qu'elle n'en voulait pas tant au professeur qu'à son ami qui employait des moyens douteux pour s'assurer de bonnes notes. Ce qui lui rappelait qu'elle devait trouver un moyen de mettre la main sur ce livre…
« Nott ? »
Alessandro éclata de rire :
« Oh, il déteste Slughorn de toute son âme, aucun doute là-dessus ! L'Italien secoua la tête : non, je ne le vois pas dans ce rôle d'empoisonneur… pas du tout, même, ajouta-t-il tout bas. Emilie, reprit-il après un court silence : nous allons modifier un peu notre utilisation des lieux. Devant l'air perdu de son amie il étendit les bras en désignant la tour : nous devons être encore plus prudents…
-Quelqu'un se doute de quelque chose ? intervint immédiatement la Serdaigle, alarmée à l'idée que d'autre élèves découvrent les secrets de sa tour.
-N-non, balbutia Alessandro en se raclant un peu la gorge : disons, qu'on m'a conseillé de renforcer notre discrétion.
-Qui ?
-Quelqu'un…
-Alessandro !
-Un Slytherin, répondit l'Italien un peu mal à l'aise.
-Zabini ? hasarda Emilie avec une moue dubitative, cherchant un vain le nom d'un élève de la promotion d'Alessandro qui pourrait être assez bienveillant pour le prévenir.
-Certainement pas : le jour où Zabini me donnera un conseil, tu peux être sûre que je ne suivrai pas. Ecoute, reprit Alessandro déterminé à couper court à l'enquête de la Serdaigle : c'était un avertissement de bon sens, venant d'une personne en qui j'ai… confiance. »
La légère hésitation avant le dernier mot de la tirade du jeune homme n'avait pas rassuré Emilie.
« Sur ce sujet, dans ces circonstances, je lui fais confiance, d'accord ? appuya Alessandro un peu agacé.
-Très bien, acquiesça son amie un peu sèchement, tandis qu'il poussait un grand soupir.
-Nous allons commencer à utiliser les entrées de la bibliothèque, commença le Slytherin. Le plus simple serait de se servir de celles des départements les moins visités, mais Nott occupe la section histoire locale presque en permanence. L'entrée des Potions risquerait de t'exposer : tu pourrais difficilement faire semblant de ne rien voir.
-Et Snape y passe de temps en temps, renchérit Emilie.
-Oui, donc je préfère que nous gardions cette option pour nous. Ce qui nous laisse la porte de la section Divination, celle de la salle principale et celle qui se trouve au fin fond de la section de Métamorphose. Inutile de penser au passage commun entre la salle principale et le bureau du dragon, ajouta-t-il avec un sourire en coin.
-Quelles portes voulez-vous utiliser ?
-celle de Divination et en cas de besoin celle de la salle principale : elle se trouve dans un coin et il suffirait qu'un petit groupe d'élèves se place à proximité pour que personne ne remarque rien. Cela vous laisserait celle du département de Métamorphose. »
Emilie hocha la tête.
« Nous avons décidé de réunir les groupes en fin de journée le mercredi et le jeudi, et dans l'après-midi du samedi et du dimanche. »
Emilie fouilla dans les poches de son manteau à recherche de quoi noter, mais ne dénicha qu'un vieux crayon de papier. Alessandro lui tendit un bout de parchemin dont il effaça le contenu au préalable.
« Que décidez-vous, à Serdaigle ?
-Pour l'instant : rien, soupira Emilie qui, abandonnant la lutte, finit par bailler : Luna juge mes inquiétudes infondées, mais elle changera peut-être d'avis quand l'histoire de Weasley aura fait le tour du château… Nous nous sommes réorganisés, c'est tout. Alessandro ? demanda soudain Emilie en se redressant : au cas où… veux-tu jouer le rôle de gardien du secret ?
-Je constate que l'exemple Slytherin fait des émules…
-Une Serdaigle sait parfaitement reconnaître une idée intelligente quand elle en voit une, commenta son amie.
-C'est vrai. Maintenant ? »
Emilie acquiesça et sortit sa baguette.
Note de l'auteur : Merci pour ton commentaire Fischina !
