Bonjour tout le monde

le voici, le chapitre 36 de cette fic. LE chapitre que j'ai dans la tête depuis que j'ai posé les premiers mots de cette fic, il y a un an environ. LE chapitre dont j'avais LE titre en tête depuis le début. Celui que j'attendais. bref..

Je vous l'avais annoncé, il est long... presque 7'450 mots... Un bon gros bébé.

Y a du monde dedans. Sam, Dean (évidemment) mais aussi Castiel, Gabriel, Balthazar, Lucifer. Un perso qui fait son retour. Deux personnages appartenant au passé, Mary Winchester et Dieu, aussi :-) ainsi que l'un de ses Archanges dont on a peu parlé jusqu'à maintenant.

J'espère que ce chapitre vous plaira.

Merci à Calliope pour la bêta-corrections

Bonne lecture


Chapitre 36 : Au nom de l'amour et de la liberté

Castiel avança dans les couloirs du Paradis et s'arrêta devant une porte blanche. Il l'ouvrit doucement et se retrouva dans une chambre d'enfant. Il s'avança et vit un homme assis sur un lit aux draps bleus. Il s'installa à côté de lui et l'homme sursauta.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ? Comment êtes-vous entré ?

Castiel ne répondit pas tout de suite, il regarda le petit garçon qui jouait avec des animaux de ferme en bois sur un tapis rond de couleur bleu.

- C'est votre fils, John Winchester ? demanda l'ange.

- Mais vous êtes qui à la fin ? s'énerva l'homme en se levant, faisant face à l'inconnu.

- Je m'appelle Castiel. Je suis un ange du Seigneur et un ami de Dean Winchester.

- Je ne connais pas de Dean Winchester, grinça l'homme. Je m'appelle Henry Winchester et mon fils s'appelle John. Pas de Dean chez nous.

- Je sais. Je… Dean est le fils de John.

- Vous vous foutez de moi ? Mon gamin a huit ans, il n'a pas de fils.

- Cet univers n'est pas réel. C'est une projection de votre esprit. Un souvenir heureux dans lequel vous êtes bien. Votre coin de Paradis personnel. Vous êtes mort depuis des années, je suis désolé de vous l'apprendre.

Henry se laissa tomber sur le lit, abasourdi.

- Quoi ?

- Vous avez été tué dans un accident de la route alors que vous alliez livrer un colis chez des particuliers en Arizona. Personne… personne n'a jamais jugé utile de le dire à votre fils et il a toujours cru que vous l'aviez abandonné.

- Mais… co-comment savez-vous cela ?

- Je l'ai lu dans les pensées et les souvenirs de Dean. Son père lui a dit que vous l'aviez abandonné quand il avait un peu plus de huit ans.

Henry fronça les sourcils.

- Si vous pensez maintenant à un autre souvenir heureux, votre Paradis va se modifier. Essayez, vous verrez que je ne mens pas.

Henry, méfiant, chercha dans sa mémoire un souvenir heureux. Il en trouva un. La pièce se mit à tourner et il se retrouva dans un jardin, en train de surveiller un enfant dans une bassine d'eau, en pleine été. John avait alors tout juste deux ans.

- Mais…

- Vous voyez. Je suis désolé de venir vous importuner dans votre Paradis, mais il fallait que je vous parle.

- Pourquoi à moi ? Je ne connais même pas Dean.

- C'est vrai, mais j'avais besoin de vous parler de John.

- Comment va-t-il ?

- Il est mort il y a quelques années. Dean allait avoir dix-huit ans.

- Comment ?

- Dans un accident de la route. Drôle de coïncidence.

Henry cligna des yeux pour ne pas pleurer.

- Il était… Vous savez, votre fils a fait beaucoup de mal à Dean. Dean n'était pas comme il le voulait. Votre petit-fils aime les hommes, depuis toujours, et John n'a jamais pu le supporter. Il voulait qu'il change.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas. Je pensais que cela pouvait venir de l'éducation qu'il avait reçue de votre part.

- Non. Il me semble pas que j'ai dit quelque chose un jour qui ait pu lui laisser penser que j'étais contre les hommes qui aiment les hommes.

- Oh… Peut-être devrais-je aller voir directement John dans son propre Paradis, alors. Je suis désolé de vous avoir dérangé.

Castiel disparu dans un battement d'ailes et Henry resta un bon moment sans oser bouger. Ben, ça, ça n'avait pas été banal, comme rencontre. Il regarda John rire dans sa bassine et le prit dans ses bras.

- Pardon John, souffla-t-il à l'oreille de l'enfant.


John était dans l'Impala et conduisait, avec la musique à fond qui remplissait l'habitacle, quand il faillit terminer dans un fossé.

- Mais bordel, vous êtes qui, vous ? demanda-t-il à l'homme qui venait d'atterrir sur son siège passager, venu de nulle part.

- Je suis un ange du Seigneur. Pardon de vous avoir fait peur.

- Un ange ? Mais n'importe quoi ! C'est quoi ces conneries ?

- Je m'appelle Castiel et je suis un ami de votre fils, Dean Winchester.

John pila net au milieu de la route.

- Un ami de Dean ? Mon fils à 12 ans à peine, qu'est-ce que vous me chantez là ?

- Je connais votre fils adulte, en fait. Dean a vingt-six ans dans le monde duquel je suis arrivé en volant.

- Je vais vous déposer dans un hôpital psychiatrique. Je pense que vous devez vraiment aller là-bas.

- Écoutez, je comprends que vous ne me croyiez pas, mais pensez à un souvenir heureux, s'il vous plaît et vous verrez.

John secoua la tête, peu enclin à écouter ce type tombé de nulle part et venu le déranger alors qu'il roulait , heureux et détendu, au volant de son Impala.

- S'il vous plaît, implora Castiel et John s'arrêta sur le bord de la route.

- Vous êtes timbré, ma parole ! Qu'est-ce que vous me voulez à la fin avec vos conneries ?

- J'aimerais vous parler de Dean. Je l'ai rencontré il y a presque trois mois de cela et son âme brisée a fait vibrer ma grâce. Ses blessures doivent être soignées, mais je ne peux pas tout faire tout seul. J'ai besoin de vous. J'ai besoin de comprendre pourquoi il n'a jamais été assez bien pour vous. Je dois savoir ce qui vous a poussé toute votre vie à vouloir que Dean soit quelqu'un d'autre. Il aime les hommes, vous l'avez toujours su, vous le savez, même si celui de votre souvenir n'a que douze ans.

John grinça des dents.

- Je vais aller chercher un flic. Avant que je ne vous frappe.

- Vous pouvez me frapper, si vous voulez, vous aurez mal avant moi. Je suis un ange, vous n'allez me causer aucun dommage avec vos poings.

- Arrêtez de dire que vous êtes un ange. Les anges n'existent pas.

Castiel fronça les sourcils. Il comprenait tout à coup à qui Dean ressemblait. À son père, à n'en pas douter. Dans la plupart de ses gestes, de ses expressions et dans sa façon de parler.

- Dean vous ressemble beaucoup, soupira Castiel. Avez-vous déjà remarqué à quel point Dean vous imite ?

- Qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?

- Rien, je vous le concède. C'est seulement que, comme je connais l'adulte qu'il est, je comprends maintenant à quel point vous l'avez conditionné pour qu'il vous ressemble.

- Dean ne m'a jamais ressemblé. Vous savez à qui ressemble ce gosse depuis qu'il est né ?

- Non.

- Il ressemble à mon connard de père qui nous a abandonnés ma mère et moi. Il est parti, du jour au lendemain, sûrement pour refaire sa vie avec un homme.

- Avec un homme ? s'étonna Castiel en penchant la tête sur le côté.

- Alors, vous êtes un ange et vous ne saviez pas cela ? Mon père avait avoué à ma mère aimer les hommes quelques semaines avant de disparaître. Pourtant il avait promis de faire de moi sa priorité.

- C'est ça. C'est pour ça que vous en avez toujours voulu à Dean. Vous l'avez associé tout de suite à votre père parce qu'il ressemblait à lui et qu'il a très jeune montré des penchants pour les êtres humains de sexe masculin.

Castiel baissa les yeux sur ses mains d'humain qui tremblaient légèrement.

- Je dois repartir. L'âme de votre fils vibre, il a besoin de moi. Écoutez, vous n'allez sans doute pas me croire, mais votre père ne vous a pas abandonnés, il est mort dans un accident de la route. Vous êtes mort de la même façon quand vos fils avaient dix-huit et quatorze ans. Au revoir, monsieur Winchester.

Et Castiel disparut sans attendre.


Un éclair déchira le ciel devant la maison de Dean et Castiel à Elroy et le sol trembla légèrement. Dean, Sam, Gabriel et Balthazar se précipitèrent hors de la maison et ils virent Castiel, devant eux, repliant ses grandes ailes noires dans son dos. Celles-ci disparurent et l'ange regarda ses amis et ses frères, étonné par leur présence.

- Balthazar ? Gabriel ?

- Hey, petit frère, on te cherchait justement.

Castiel passa à côté de ses frères sans les calculer et se dirigea tout droit vers Dean qui se trouvait derrière.

- Je suis allé au Paradis. J'ai fait la connaissance de ton grand-père et celle de ton père. J'ai compris, Dean.

L'humain recula d'un pas, trouvant Castiel trop proche de lui et fronça les sourcils.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?

- Ton père, il avait du mal avec toi parce que tu ressemblais énormément à Henry Winchester, ton grand-père.

- C'est pas mon grand-père. Cet homme fait pas partie de ma famille. Il a abandonné sa femme et son fils.

- Ce n'est pas ce qui s'est passé. Ton grand-père n'a abandonné personne, Dean. Il est mort dans un accident de la route. Ta grand-mère n'a simplement jamais voulu le dire à ton père parce qu'elle ne voulait pas qu'il le voie comme un père bon et soucieux de son avenir alors qu'il lui avait avoué peu de temps avant de mourir vouloir se séparer d'elle pour aller vivre avec un homme. Il avait promis de faire de John sa priorité, et il l'aurait fait si ça avait été possible.

Dean ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Il ancra son regard dans celui de Castiel, puis s'approcha de lui, referma sa main droite sur sa nuque et posa ses lèvres sur celles de l'ange qui arrondit les yeux, sous le coup de la surprise.

Gabriel, Balthazar et Sam virent alors les ailes de Castiel s'ouvrir complètement, luire de tous côtés et un halo bleu entoura l'être céleste. La terre se mit à trembler, le ciel se mit à gronder et les nuages balancèrent des éclairs partout autour de la maison. Il se passait quelque chose d'une intensité tellement incroyable que personne n'aurait pu l'imaginer. Gabriel et Balthazar sentirent leur grâce trembler et leurs yeux se mirent à luire d'une jolie couleur bleu ciel. Ils levèrent ensemble la tête vers le ciel.

Dean frissonna des pieds à la tête, ouvrit les yeux et recula prestement.

- Pardon Castiel, je… je voulais pas faire ça… je… pardonne-moi.

Castiel le regarda tendrement, posa une main sur son épaule et souffla :

- Je n'ai rien à pardonner, Dean. Tu sais ce que tu viens de faire ?

- Euh… je t'ai embrassé.

- En effet, mais je parlais de ce que ça m'a provoqué en réalité. Tu viens de m'offrir quelque chose de précieux. J'ai… j'ai retrouvé mes pouvoirs d'ange et ma mémoire. Je sais pourquoi je suis ici. Dieu, mon Père, m'a créé il y a très longtemps pour être un futur Archange. Celui qui sauvera le Paradis quand mes frères et sœurs seront tombés au combat face aux forces malfaisantes.

- Tu parles des démons ?

- Pas tout à fait. Dieu avait prédit que ce seraient les hommes qui attaqueraient les anges. Ceux qui ne veulent pas croire. Ceux qui ne peuvent pas croire. Les démons sont arrivés après la prophétie. Mais effectivement, ce sont eux qui aujourd'hui sont engagés dans la bataille. Je dois me rendre au Paradis avec mes frères, Dean, mais je te promets de revenir.

Castiel avança de deux pas et posa ses lèvres d'humain sur celles de Dean qui sentit son corps s'échauffer, puis il disparut dans un bruissement d'ailes en même temps que Gabriel et Balthazar. Dean et Sam se dévisagèrent, hébétés.


Les yeux de Lucifer s'illuminèrent d'un beau rouge rubis quand il sentit le sol trembler, le ciel gronder, et l'enfer le réclamer. Il leva la tête vers le ciel et ferma les yeux pour écouter les voix de ses frères et sœurs. Il s'était passé quelque chose de grand, quelque chose de cosmique. Il rouvrit les yeux et se planta devant Mary.

- Laissez tomber tout ça, je vous emmène au Texas.

Et Lucifer posa deux doigts sur le front de Mary Winchester et s'envola avec elle.


Ils n'atterrirent pas très loin de la ville d'Austin, au Texas et Mary se retint de justesse de vomir sur l'Archange à ses côtés. Elle prit de grandes inspirations et ferma les yeux pour que sa tête arrête de tourner.

- Vraiment… je n'aime pas ça du tout.

- Je pense que peu d'humains apprécient de se déplacer de cette façon. Vos corps en souffrent.

Mary rouvrit les yeux et regarda devant elle. La campagne s'étendait à perte de vue.

- Qu'est-ce qu'on fait ici ?

- On va chercher vos fils. La terre vient de trembler, le ciel vient de gronder et vraisemblablement, des éclairs d'une puissance inouïe ont frappé la terre tout près d'Austin. Je doute que tout cela ait eu lieu en même temps sans raison. Castiel est ici ou tout du moins, il y était il y a moins de cinq minutes. Et s'il est ici, certainement que votre rejeton s'y trouve aussi.

- Qu'allez-vous faire à Dean ?

- Rien. En tout cas pas le tuer, c'est certain. Je vous l'ai dit, si je le tue, Castiel deviendra puissant. Trop puissant. Et ce n'est pas ce que je veux.

- Et si votre frère est encore ici ?

Lucifer se pinça les lèvres en réfléchissant. Il était censé tuer Castiel, c'était le plan de départ mais quelque chose en lui le prévenait clairement qu'il n'y arriverait pas.

- Je verrai quand j'aurai mon frère en face de moi. Je me souviens à peine à quoi il ressemble exactement. On va d'abord trouver où les éclairs sont tombés exactement. Votre fils devrait être là-bas. Je ressens la présence d'humains pas très loin d'ici.

Lucifer claqua dans ses doigts et fit apparaître des menottes aux poignets de Mary et des chaînes qu'il prit en main.

- Vous allez me servir à quelque chose, voyez-vous...

- Qu'est-ce que vous faites ? s'étonna Mary, se débattant soudain.

- Je ne vous ferai pas de mal, mais vous êtes ma sécurité. Si votre fils veut me tuer, il va y réfléchir à deux fois avant de tenter quoi que ce soit.

- Les Archanges peuvent mourir ? s'étonna l'humaine en se calmant.

- C'est dingue, hein, mais il se trouve que oui. Mais pas n'importe comment. On ne tue pas un Archange avec n'importe quelle arme. Il faut posséder la lance de Michel ou une lame archangélique forgée dans de l'or céleste. Qui sait ce que Castiel a en sa possession. Venez, ne perdons pas de temps.

Lucifer et Mary se mirent en marche. Ils traversèrent des champs pendant près d'une demi-heure et finirent par voir une petite maison plus loin devant eux. Lucifer s'arrêta et ferma les yeux, laissant sa grâce ressentir ce qui l'entourait.

- Des éclairs ont touché le sol autour de cette maison.


Dean et Sam s'étaient regardés, hébétés, pendant quelques minutes, puis ils s'étaient précipités dans la maison. Dean avait foncé dans sa chambre, avait pris son pistolet, des balles et avait coincé l'arme dans sa ceinture, puis il avait sorti un portable de sa table de nuit.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Si Castiel est retourné au Paradis, c'est pas pour rien. Ils vont se lancer dans une guerre contre les démons. Une guerre contre Lucifer. Pas question que je le laisse se battre seul.

Dean alluma son portable et pressa sur le seul contact qu'il y avait d'enregistré dans l'appareil. Il colla le téléphone à son oreille et attendit que la personne qu'il voulait joindre décroche.

- Dean ? s'étonna une voix au téléphone.

- T'es toujours dans les environs d'Austin ?

- J'ai prévu de partir demain matin, pourquoi ?

- Viens chez moi, maintenant, j'ai besoin de toi. Je t'ai filé les coordonnées GPS, je t'attends.

Et Dean raccrocha sans en dire plus.

- T'as combien de portables ? s'étonna Sam quand Dean reposa celui qu'il avait utilisé sur la table à côté de son téléphone habituel.

- Deux. Un pour les contacts généraux et un pour un ami. Je… Laisse tomber, j'ai pas le temps de t'expliquer maintenant.

Dean s'accroupit, ouvrit un placard de la cuisine et tendit à Sam un pistolet.

- Euh…

- Discute pas. Crois-moi, ça peut servir. Dès que Ash sera ici, on va partir avec lui.

- Pour aller où ?

- Je sais pas comment te l'expliquer. C'est juste que… je sais où Castiel va se rendre après être allé au Paradis rejoindre les siens. Je l'ai ressenti quand… quand…

- Quand tu l'as embrassé ? demanda Sam, un petit sourire aux lèvres.

- Non, quand lui l'a fait, répondit Dean en rougissant.

Il se racla la gorge pour faire passer son malaise et sursauta quand la porte de la maison s'ouvrit brusquement, frappant le mur avec violence. Il dégaina son arme et la pointa sur… Mary Winchester. Il cligna des yeux, le doigt sur la gâchette.

- Maman ? s'étonna Sam, mettant sa main sur l'arme de Dean pour qu'il dirige le canon ailleurs que sur leur mère.

Mary fut poussée à l'intérieur de la maison et Dean et Sam virent qu'un homme la tenait par la nuque. Plus petit qu'eux, châtain. Un homme plutôt banal. Dean voulut le viser avec son pistolet mais celui-ci vola dans la pièce.

- Un pistolet, c'est tout ce que vous avez contre moi ?

Sam frissonna en reculant de deux pas. Il comprit tout de suite à qui il avait affaire en face de lui. C'était Lucifer, c'était évident !

- Je veux savoir où est Castiel ! ordonna Lucifer en entrant totalement dans la maison, tout en tenant toujours Mary fermement. J'ai avec moi la femme qui vous a donné la vie, celle que vous êtes censés aimer au-delà de tout, petits humains répugnants, et je peux la supprimer à tout moment, alors je vous conseille de ne pas vouloir jouer les héros. Où est Castiel ?

Sam, tétanisé, n'ouvrit même pas la bouche, il se contentait de regarder sa maman et de tenter de se rassurer en plongeant ses yeux dans son regard bienveillant. Dean avança d'un pas.

- Qu'est-ce qui vous fait croire qu'on sait qui est Castiel ?

- Oh , c'est simple. Quand le sol tremble à cause des forces célestes, on sait d'instinct, nous les anges et les Archanges, où s'est trouvée la source de la secousse. À quelques kilomètres près, bien sûr. La secousse venait d'ici et vu les impacts d'éclairs visibles sur le sol qui entoure cette maison, Castiel ne pouvait être nulle part ailleurs. C'est lui, Dean ? demanda Lucifer à Mary et celle-ci acquiesça en silence.

- Bon sang, que son âme est abîmée, dit-il en grimaçant. J'ai rarement vu ça. Sam tourna son regard vers son frère, Mary cligna des paupières, un peu étonnée et Dean baissa les yeux, se sentant un peu trop au centre de l'attention.


Castiel referma ses ailes et regarda l'homme assis en face de lui. De cet être irradiait une lumière d'une clarté pure. Il émanait aussi de lui une puissance dépassant n'importe quelle autre qui puisse exister.

- Deux cent ans ne correspondent pas à trois mois en temps humain, Castiel.

- Père, j'ai retrouvé la mémoire et mes pouvoirs.

- Je le sais, dit Dieu, se levant lentement. Ce que je ne sais pas, c'est comment ce miracle a pu se produire. Que s'est-il passé ?

- C'est cet humain avec lequel Castiel habitait, dit Balthazar et Dieu le regarda droit dans les yeux.

- Cet humain ? Dean Winchester ?

Castiel hocha la tête doucement.

- Je ne comprends pas ce que cet humain a de plus que n'importe quel autre que j'ai créé. Cet homme est d'une banalité ! Enfin, d'une banalité affligeante...

- Dean n'est pas banal, contra Castiel. Dean est quelqu'un de bien et son âme est belle.

- Son âme est abîmée, Castiel, elle n'est pas belle, bien au contraire, répliqua Gabriel. Je le sais, je l'ai vue, son âme, moi aussi.

- Mais tu ne la vois peut-être pas comme je la vois moi. L'âme de Dean brille.

Gabriel et Balthazar se jetèrent un regard sceptique puis Gabriel avança d'un pas pour se tenir à côté de Castiel.

- Écoute Cassie, je-

- Castiel, coupa l'ange.

- Écoute Castiel, je ne peux pas croire que tu ne voies pas la noirceur dans l'âme de ton ami humain. Je n'arrive pas à croire que tu ne voies pas toute cette haine qu'il porte en lui. Cette haine contre les autres et contre lui-même. Toutes ces cicatrices, toutes ces blessures qui suintent l'ont rendu mauvais. Cela se voit dès le premier coup d'oeil.

- Dean n'est pas quelqu'un qui hait les gens. Il se déteste lui-même, cela est certes vrai , mais ce n'est pas de sa faute. La plupart des blessures que porte son âme ont été faites par son propre père et ses propres peurs. Ne le condamne pas sans le connaître, Gabriel. Nous sommes des anges, nous sommes au-dessus de ce genre de jugements.

- As-tu connu Lilith, petit frère ?

- L'humaine qui a fondé l'Enfer avec Lucifer ?

- Elle-même, oui.

- Je l'ai vue, une fois, je crois.

- Te souviens-tu de son âme ?

- Elle était noire, je m'en souviens. Terriblement abîmée, mais Dean… Ne compare pas Dean à Lilith.

- Arrêtez, mes enfants, intervint Dieu en se mettant entre ses fils.

- Je ne compare pas Dean à Lilith, je te compare toi à Lucifer.

Castiel fronça les sourcils en penchant la tête.

- Moi ? Pourquoi ?

- Parce que tu es exactement comme lui en ce moment. Lui aussi défendait Lilith envers et contre tout sous prétexte qu'il ne voyait pas son âme de la même façon que nous la voyions, nous autres. Et tu sais ce que Lucifer est aujourd'hui. Ne commets pas la même erreur que lui pour un humain. Surtout pas pour celui-là.

- Je ne suis pas Lucifer, grinça Castiel et ses yeux se mirent à luire.

Gabriel ouvrit ses ailes dorées, mais Dieu repoussa ses deux enfants en levant les bras devant eux.

- J'ai dit, arrêtez ! Gabriel, ça suffit. Castiel… j'ai regardé cet humain moi aussi, je ne vois pas ce que tu vois en lui, mais je veux bien lui laisser le bénéfice du doute. Je ne peux pas ignorer que depuis que tu as rencontré Dean Winchester, tout mon plan a échoué. Cet humain a tout fait capoter si rapidement que je le soupçonne d'exercer un pouvoir sur toi dont je ne comprends pas le sens et dont je ne peux mesurer la puissance. Que vois-tu exactement quand tu le regardes ?

- Je vois… Je vois un être pur qui a été blessé par des personnes qui étaient censées lui offrir une protection et un amour inconditionnels. Je vois une âme brisée. Torturée par ses propres blessures qui ne peuvent se guérir sans aide. Je vois un humain qui souffre, chaque jour, chaque nuit, chaque minute, chaque seconde. Je vois une prison en lui, qui ne laisse pas d'espace suffisant à l'âme de Dean pour s'épanouir comme elle le devrait. Je vois la bonté et de la lumière. Beaucoup de lumière.

Dieu s'assit sur son trône et se plongea dans ses souvenirs. Il ordonna à Castiel de se mettre devant lui et lui posa deux doigts sur le front. Castiel sentit le ciel tourner autour de lui et il ferma les yeux, laissant sa grâce guider ses gestes, ses émotions et ses sensations. Il rouvrit les yeux et vit le passé, en blanc et gris. Il vit Dieu, ses frères et sœurs, plus jeunes, et Lucifer, planté devant leur Père. Lucifer, irradiant de lumière comme jamais auparavant. Lucifer, déterminé, la grâce vibrant de protestation et aussi d'autre chose que Castiel n'arrivait pas à nommer.

- Père, vous ne comprenez pas !

- Qu'est-ce que je ne comprends pas, Lucifer ?

- Cette humaine n'est pas une mauvaise personne. Admettez simplement qu'elle n'est pas comme vous vouliez qu'elle soit, mais je ne la tuerai pas pour cela. Je ne la tuerai pas simplement parce qu'elle ne donnera pas d'enfant à Adam. Son âme, sa part de grâce angélique, méritent de rester en elle. Ne la condamnez pas à la mort pour ajouter un ange de plus à notre Paradis. Je ne retirerai pas sa grâce de son enveloppe charnelle.

- Ce n'est pas toi qui donnes les ordres, ici, Lucifer. Je te demande d'obéir et tu te dois de le faire.

- Pas si je pense que votre ordre n'est pas juste. Je suis l'Archange qui doit apporter la vérité aux humains. Je suis celui que vous avez choisi pour être différents des autres. Je suis celui qui comprend ce qui est juste et ce qui ne l'est pas.

- Mes ordres sont justes, Lucifer.

- Pas à mes yeux.

Dieu s'avança vers son fils et planta son regard dans le sien.

- Cette grâce qui étincelle en toi, je peux te la reprendre. Je peux l'éteindre pour toujours et tu ne seras plus rien. Ton pouvoir, aussi grand soit-il, vient de moi. C'est à moi que tu le dois et à personne d'autre.

- Condamnez-moi à être banni du Paradis. Condamnez-moi à perdre ma grâce, mes pouvoirs, mes ailes, cela m'importe peu tant que vous ne touchez pas à Lilith. Je refuse que vous lui fassiez du mal. Cette humaine mérite sa place sur Terre.

Dieu lévita devant son fils, ouvrit ses bras, le ciel s'ouvrit en deux et se zébra d'éclairs puissants.

- Je te condamne, toi, Lucifer, à passer l'éternité dans les entrailles de la Terre. Le Paradis ne t'est plus ouvert et il en sera ainsi pour l'éternité.

Michel apparut devant Lucifer.

- Michel, je viens de forger une cage dans les tréfonds de la Terre, enferme ton frère dans cet endroit, qu'il y reste pour toujours.

Michel et Lucifer combattirent quelques instants et Lucifer perdit la bataille. Il tomba aussitôt du ciel et un grand bruit métallique résonna dans tout le Paradis, faisant frissonner la grâce de tous les anges, même celle de Castiel, encore très jeune qui se trouvait dans les bras de son frère Gabriel, plus loin, isolés dans leur coin.

Le Paradis tourna à nouveau autour de Castiel et il se retrouva à nouveau dans le temps présent.

- Pourquoi Père... pourquoi ne pas avoir retiré la grâce de Lucifer ?

- J'ai voulu le faire… mais Lucifer était ma plus belle création. L'Archange qui me rendait le plus fier.

- Vous n'avez pas pu, n'est-ce pas ?

Dieu hocha la tête doucement.

- J'avais créé l'Archange parfait. L'être de lumière. Beau, étincelant, aux pouvoirs exceptionnels, pouvant ressentir les émotions des humains plus finement que tous les autres Archanges et anges réunis. Je t'ai façonné de la même façon, Castiel.

- Pourquoi ? Si vous aviez déjà fait cette erreur une fois, pourquoi la refaire ?

- Je ne considère pas Lucifer comme une erreur. Ce n'est pas moi qui lui ai donné le pouvoir de créer l'Enfer.

- Qui alors ? Qui lui a donné ce pouvoir ?

Dieu ne répondit pas.

- La porte de l'Enfer va s'ouvrir dans quelques heures. J'ai besoin de toi, Castiel. Les éclairs qui sont tombés sur la Terre ont ouvert une brèche dans le monde des Enfers. Les démons pourront tous sortir en même temps. Il faut que tu ailles dans le Wyoming. La porte va s'ouvrir dans un cimetière abandonné se trouvant au centre d'un pentagone géant fait de rails de chemins de fer qui empêchent les démons d'envahir le monde au cas où ils réussiraient à sortir de la crypte dans laquelle ils sont prisonniers. Il faut que tu ailles refermer la porte dès son ouverture avant que les démons trouvent le moyen de faire sauter le piège qui les retient. Lucifer risque d'être déjà là-bas. Il est possible que tu le rencontres.

- Il n'y a qu'une seule porte qui donne vers l'Enfer ?

- Bien sûr que non. Lilith et Lucifer ont été malins, il en existe plusieurs sur tous les continents, mais toi, il faut que tu ailles à celle-là. D'autres anges iront vers les autres. Après tout, c'est à cause de toi que la brèche est ouverte. C'est toi qui as fait tomber la foudre de cette façon, envoyant un message parfaitement clair aux Enfers. À l'heure qu'il est, Lucifer est sûrement occupé à rassembler son armée

- Que compte-t-il faire après cela ?

- Détruire le Paradis. Détruire Père et prendre sa place, annonça solennellement Gabriel.

Castiel ouvrit ses grandes ailes noires et s'envola, direction la Terre.

- Va-t-il y arriver, Père ? demanda Balthazar, inquiet.

- Je ne sais pas. Je n'avais pas prévu que cette histoire tournerait de cette façon. Allez-y, mes fils, faites ce que vous devez faire.

Gabriel ouvrit ses ailes dorées et Balthazar ses ailes blanches d'ange et ils s'envolèrent tous deux pour des destinations différentes.


Gabriel atterrit en face de la cage de Lucifer, ouverte. C'était un gros cube d'acier céleste, plaqué d'argent céleste suspendu dans les airs , retenu par des chaînes en acier céleste. La porte, sur laquelle on voyait un cadenas en or céleste brisé en deux, en était ouverte. Michel se trouvait devant.

- Tout se met en place. Pas tout à fait comme Père l'avait prédit, mais la finalité se doit d'être la même.

- Je sais. Lucifer doit retourner là-dedans et si nous n'arrivons pas à l'y remettre, je vais devoir le tuer. Je suis le seul à pouvoir le faire. Où est Castiel ?

- Dans le Wyoming. Il va empêcher les démons de trouver le moyen de faire sauter le piège à démons géant que Samuel Colt a construit.

- Très bien. Je vais avoir le temps de réparer le cadenas de cette porte. J'ai besoin de ton aide.

Gabriel acquiesça, referma ses ailes et s'approcha de son frère aîné.


Ash sortit de la voiture en trombe et la laissa devant la barrière entourant la maison de Dean. Il se dirigea lentement vers l'entrée et aperçut un mouvement furtif derrière les fenêtres. Il entra dans la maison et la porte se referma. Il sursauta, se retourna, regarda la porte, puis entendit une voix d'homme qui lui colla des frissons dans le dos.

- Oh, comme c'est gentil de nous rendre visite.

Il se retourna et vit un homme, debout, tenant une femme enchaînée par la nuque, puis plus loin, il vit Dean et son frère Sam.

L'homme inconnu avança vers lui, lentement, mais s'arrêta soudain net. Le sol trembla légèrement et l'homme recula.

- C'est déjà l'heure. Je reviendrai m'amuser avec vous plus tard.

Et il disparut aussitôt.

Sam se précipita vers la femme et la prit dans ses bras.

- Maman, comment vas-tu ?

- Je vais bien, Sam. Que fais-tu ici ?

La femme se retourna et regarda Dean qui détourna les yeux.

- Vous pouvez juste m'expliquer ce qui se passe ? cria Ash.

Dean se secoua, attrapa son portable qu'il mit dans sa poche, ramassa un pistolet se trouvant sur le sol, dépassa Sam et sa maman, agrippa le bras d'Ash, ouvrit la porte puis enjoignit tout le monde de se presser pour sortir et rejoindre la grange.

- Dis-moi ce qui se passe, insista Ash.

- Quand on sera en route. On doit aller dans le Wyoming le plus vite possible.

- Pour quoi faire ?

- Je t'expliquerai.

Dean ouvrit la porte de la grange, se dirigea vers le fond de la pièce, retira la bâche noire qui recouvrait son Impala et se mit derrière le volant. Ash s'assit à ses côtés, et Sam et Mary se mirent à l'arrière. Dean démarra aussitôt, sans attendre.


- Alors, je peux en savoir plus maintenant ? demanda Ash alors qu'ils roulaient depuis une bonne heure déjà.

- Tu te souviens de Castiel ?

- Le mec aux cheveux noirs un peu paumé qui t'accompagnait l'autre nuit ?

- Ouais, lui. Tu vas pas le croire, mais… Castiel est un ange. Et le type qui était chez nous avant, c'est Lucifer. Tu sais… l'Archange… et…

- Attends… t'as bu ?

- Non, pas de tout. Absolument pas. Je… c'est compliqué à expliquer et long aussi, mais… tu comprendras mieux quand on sera sur place.

- Pourquoi on va là-bas, au fait ? demanda Sam.

- Parce que c'est là que Castiel doit aller. C'est Dieu qui le lui a ordonné et… et c'est sûrement là-bas aussi que Lucifer est allé.

- Et alors ?

- Et alors, je sais pas exactement, mais je sens qu'il va se passer un truc et il faut qu'on soit là. Ash, il faut que tu appelles Bobby et que tu lui demandes de nous rejoindre avec toutes les personnes qu'il connaît et qui savent se servir d'une arme à feu. Donne-lui les coordonnées GPS de Moneta.

Ash sortit son portable de sa poche, mais hésita. Dean lui jeta un regard.

- Tu as confiance en moi ?

- J'ai toujours confiance en toi, Dean, même quand tu me dis pas tout ce qui se passe, mais Bobby est mon ami aussi et…

- Je sais, soupira Dean, mais c'est pas comme si on avait vraiment le choix. Ce qui va se passer, c'est carrément un truc de l'ordre d'une guerre, une guerre entre les anges et les démons. Le Paradis et l'Enfer qui vont se battre sur Terre. En quelque sorte, l'Apocalypse. T'as envie de voir ça, toi ?

Ash secoua la tête et chercha le nom de Bobby dans sa liste de contacts.

- J'ai vu Lucifer de très près, je suis sa prisonnière depuis deux mois. J'ai pu voir quelques échantillons de l'étendue de ses pouvoirs. Je ne sais pas ce qu'il prépare exactement, mais je sais que ça a un rapport avec Castiel.

Dean se tendit brusquement et l'Impala fit une embardée sur la route.

- DEAN ! cria Mary, apeurée, mais son fils redressa sa voiture rapidement. Il jeta un coup d'oeil à sa mère dans le rétro et vit qu'elle avait encore ses chaînes.

- C'est de ma faute si tu as été capturée par le Diable. C'est moi qui ai rencontré Castiel et qui l'ai aidé. Je suis désolé.

- Oh Dean, tu sais, je n'ai pas été maltraitée par Lucifer. J'avais une chambre, un vrai lit à baldaquin et à manger presque quand je le voulais. J'étais prisonnière parce qu'il pensait que ça t'obligerait à me retrouver et que du coup, son frère viendrait à lui.

- Ouais. On a hésité à venir te chercher en Enfer, on comptait mettre un plan en place, mais je sais pas… tout a changé tout à coup et Castiel est parti. Mais je sais où il doit se rendre, alors on va aller le retrouver là-bas.

- J'ai appris des choses sur mon passé grâce à Lucifer. Ça ne m'a pas fait de mal, bien au contraire. J'ai pu tourner la page sur certains moments douloureux de ma vie. Mon enfance, mon histoire avec John. Ça a été plutôt bénéfique pour moi.

- Tu es aussi allée dans ton passé grâce aux pouvoirs de Lucifer ? demanda Sam.

- C'est exactement ça. Comment le sais-tu ?

- Parce que Castiel l'a aussi fait avec Dean et avec moi, aussi, une fois.

- C'est pas que je n'y comprends rien et que je vous trouve barges, mais c'en n'est pas très loin, interrompit Ash.

- On t'expliquera, murmura Dean.

- J'y compte bien, rétorqua son ami, et il appuya le téléphone contre son oreille, ordonnant ainsi de garder le silence.


Castiel regarda autour de lui. C'était plutôt désert, dans le coin. La campagne à perte de vue, visiblement. Il avança sur un chemin de cailloux et s'étonna, la tête penchée sur le côté, de voir une ligne de chemin de fer à ses pieds. Où menait-elle ? Elle semblait ne pas avoir été empruntée depuis des lustres. Il passa la ligne de chemin de fer et sentit tout de suite un poids s'abattre sur lui. Une sorte de lourdeur l'écrasait, au sens figuré. Il sentit sa grâce vibrer désagréablement. C'était évident, c'était ici que se trouvait la fameuse brèche dont son Père avait parlé. Castiel laissa sa grâce le guider. La brèche était sous terre, ouverte, longue de plusieurs kilomètres et menant en direction du Nord. Il la suivit à pied et se retrouva devant un cimetière abandonné. C'était là. Dans le caveau qui se trouvait juste en face de lui à plusieurs mètres de distance. Il les sentait, les démons, il les entendait. Ils étaient derrière la porte, prêts, à attendre qu'elle cède.

Castiel s'approcha prudemment et tendit l'oreille.

- Un ange… je le sens, derrière la porte… vas-y l'angelot, brise le pentagone. Rends-toi utile.

Castiel recula. Pas question qu'il fasse quoi que ce soit pour libérer ces monstres. Il se retourna et se figea, se trouvant en face de Lucifer, qu'il reconnut sans mal tant sa grâce était lumineuse.

- Lucifer, souffla-t-il.

- Salut, le frangin. Je me souviens de toi, Castiel, n'est-ce pas ?

Castiel hocha la tête.

- Tu es venu assister à la libération de mes démons ?

- Je… Non, je suis venu empêcher la libération de tes démons.

- Tout seul ? Tu n'es pas Michel, tu sais. Ça tombe bien que tu sois là, je te cherche depuis des semaines. T'étais bien caché, dans un coin perdu du Texas avec ton humain de compagnie.

- Dean n'est pas mon humain de compagnie.

- Oh je sais, Dean est plus que ça à tes yeux. Tu es tombé amoureux d'un humain.

Castiel fronça les sourcils.

- Les anges ne tombent amoureux.

- Et tu as raison. On ne tombe pas amoureux de la même façon que les humains, mais ta grâce, qui vibre à chaque fois que tu penses à cet humain, fait comprendre que tu es prêt à tomber pour lui. Tomber pour un humain. Et tu sais quoi, quand un ange tombe pour un humain, il brise ses ailes.

Castiel ouvrit ses ailes noires par réflexe et fut rassuré de les sentir toujours, bien présentes dans son dos.

- Mes ailes vont très bien.

- Maintenant oui, mais parce que tu n'as pas encore chuté pour Dean.

Castiel pencha la tête sur le côté.

- Je ne comprends pas.

- Tu comprendras en temps voulu. Tu devrais t'en aller, Castiel.

- Je dois rester ici. Cette porte ne doit pas s'ouvrir.

- Je ne peux pas l'ouvrir, si ça peut te rassurer. Je suis venu ici parce que j'ai su que tu y venais. Écoute, soupira Lucifer en approchant d'un pas, je ne veux pas te tuer et on ne va pas attendre que ton humain se pointe ici pour que je te fasse chanter en me servant de lui comme moyen de pression pour que tu abandonnes ta mission.

- Alors, tu n'as qu'à t'en aller et laisser cette porte de l'Enfer tranquille.

- Imagine, je m'en vais et un tremblement de Terre fait vibrer la brèche, ce qui casse la porte… Les démons, qui se trouvent là-dedans, vont sortir. Tu crois pouvoir les retenir avec tes petits pouvoirs d'ange ? Le seul être à qui ces démons obéissent, c'est moi. Je suis le seul à pouvoir les retenir si la porte s'ouvre.

- Je ne te fais pas confiance. Tu es le mal, Lucifer.

- Oh, allons, tu crois à ces conneries ? Je suis toujours un Archange. J'ai toujours ma grâce. Je sais juste, comme les humains, faire la différence entre le Bien et le Mal. Mais toi, sais-tu la faire cette différence ? Si je te dis qu'ouvrir cette porte est la solution à tous les problèmes des humains, que libérer les démons peut leur sauver la vie, tu me crois ?

- Bien sûr que non.

- Pourquoi ? Parce que Papa t'a dit que les démons sont mauvais ? Ou parce que tu as déjà eu affaire à des démons ?

- Je…

Castiel cligna des yeux. Non, il ne pouvait pas affirmer que les démons étaient mauvais, il n'en avait jamais rencontré.

- C'est ce que je pensais. C'est papa qui te l'a dit. Tiens, petit frère, parlons un peu de cet humain que tu apprécies. Pourquoi tu l'aimes bien ? Ce n'est qu'un humain banal. Un être faible et écœurant.

Castiel fit claquer ses ailes dans les airs en signe de protestation.

- Dean n'est pas un humain écœurant et il n'est pas banal. Dean est un humain bon.

- Et comment Papa le voit ton humain bon ?

Castiel ferma ses ailes lentement. Il regarda Lucifer longuement.

- Père n'est pas… du même avis que moi. Gabriel non plus. Ils trouvent Dean… noirci par de la haine.

- Et toi, tu ne la vois pas cette haine dont ils parlent, n'est-ce pas ?

- Non. Dean est un humain à l'âme abîmée mais il n'est pas mauvais. Son âme est belle. Je le sais.

- Elle fait vibrer ta grâce, n'est-ce pas ?

Castiel hocha la tête lentement.

- Bon sang, tu me fais penser à moi, petit frère. Tu sais quoi, reste ici, mène ta mission à bien, je reviendrai si tu as besoin de moi. La porte va s'ouvrir, tu le sais, et les démons seront coincés dans une zone restreinte tant que le pentagone est intact. Mais un combat de géants dans cette zone pourrait faire sauter les rails. Pense-y, Castiel.

Et Lucifer s'envola aussitôt.

L'ange cligna des yeux et se retourna vers la porte qu'il scruta longuement.


Sam et Mary dormaient tranquillement sur la banquette arrière de l'Impala. Dean était toujours derrière le volant et Ash, assis à ses côtés. Dean avait pris le temps d'expliquer à Ash un peu mieux toute l'histoire et dans quelle situation ils se trouvaient en ce moment.

- Ce que je comprends pas, c'est que… y a quelques jours, vous étiez juste cachés, tranquillement et là, tout a basculé en quelques minutes. Que s'est-il passé exactement ?

- Je crois… je crois que j'ai fait quelque chose, chuchota le blond le plus doucement possible.

- Si tu m'en dis pas plus, je vais finir par en avoir marre et me jeter hors de ta bagnole.

- C'est Castiel… il a fait quelque chose pour moi... il m'a parlé de mon père et de mon grand-père et euh… j'ai…

Dean jeta un coup d'oeil à la banquette arrière puis il se pencha vers Ash.

- J'ai embrassé Castiel.

- Noooon, sérieux ? s'extasia Ash et Dean lui intima l'ordre de parler moins fort.

- Chuuut !

- Désolé. Ils savent toujours pas ?

- Sam il sait, mais pas ma mère. Je tiens pas à devoir passer par une discussion avec elle en ce moment. J'ai d'autres choses en tête, là.

- Je comprends. Mais donc… revenons au sujet qui m'intéresse. T'as embrassé Castiel et ?

- Et je sais pas… il s'est passé un truc. Le ciel a grondé, la terre a tremblé. Y a eu des éclairs autour de nous et il m'a dit qu'il avait retrouvé la mémoire et ses pouvoirs. Puis… il est parti en me disant qu'il devait aller au Paradis et qu'il reviendrait bientôt. Il m'a… il m'a embrassé et j'ai vu ce cimetière, j'ai vu des anges et un combat. J'ai compris qu'il devrait aller là-bas, et moi aussi.

- Et tu comptes faire quoi, une fois qu'on sera tous sur place ?

- Je ne sais pas vraiment, mais ça dépendra que ce qui va se passer quand on sera sur place. Si Castiel est en danger ou pas. Si on devra se battre ou pas.

- Tu sais te battre contre des démons, toi ?

- Non, mais j'improviserai. On improvisera. T'es avec moi ? demanda Dean.

Ash se pencha vers lui, posa une main sur la cuisse de Dean, un baiser sur sa joue et murmura :

- Toujours. Je suis toujours avec toi.

Dean rougit, se racla la gorge et appuya sur le champignon tandis que Ash se remettait à sa place.


Tout s'accélère soudain.. ça sent la fin, n'est-ce pas ?

Un an que j'ai commencé cette fic. J'avais posé les premiers mots début octobre 2017 et ensuite j'avais attendu le 1er novembre pour la commencer officiellement pour le Nanowrimo. Cette fic est un monstre maintenant. En terme de longueur de chapitre mais aussi en nombre de mots. Un bon bon gros bébé que j'aime énormément. Je pense que c'est ma fic préférée sur tout ce que j'ai écrit depuis 3-4 ans (?).

Je peux vous donner le titre du prochain chapitre : Les humains et les anges.

à bientôt pour la suite

KitsuneA