Titre : L'homme qui murmure à l'oreille des animaux.
Source : Gundam Wing AC.
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, UA.
Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf les secondaires et les "figurants" ; les extraits de chanson sont celles d'Axelle Red, "Présence" et "Toujours"
Pairing : 1x2, 3x4
Personnages : Heero Yuy Lowe, Duo Maxwell, Trowa Barton Maxwell, Quatre Raberba Winner, des persos secondaires dont Katheleen et Solo Jr, Manâh, Iria et Nawel (soeurs de Quatre) Rashid Kurama, Chérif Raberba.
Résumé : une sortie en famille et des retrouvailles attendues...
Notes de l'auteure : Bonjour tout le monde ! Désolée pour l'absence de chapitre la semaine dernière et merci pour votre patience et pour votre compréhension ! merci également pour vos mails, vos reviews, vos MP et pour ceux qui continuent à lire "anonymement".
Je pense avoir répondu à tous par rapport au précédent chapitre, si ce n'est pas le cas, tirez-moi les oreilles, mais pardonnez-moi aussi, j'ai eu 10 jours assez mouvementés !
Ce chapitre est un peu plus long que prévu, Heero et Duo avaient un peu de mal à quitter la scène XD.
Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que vous savourerez ces multiples retrouvailles !
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. Chapitre Trente-Sept : Retrouvailles. .
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Vendredi 19 octobre AC 202
Eltrois, Chapiteau du Grand Cirque.
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- Oncle Trowaaaaaaaaaaaa !
Trowa, qui sort juste de la petite roulotte "Accueil - Billetterie", se retourne, sa surprise vite remplacée par une grande joie.
Il ouvre les bras à Solo Junior qui s'y précipite et le serre fort, tout en recevant un énorme baiser sur la joue.
- Mais qui c'est que v'là ? Et bien, en voilà une surprise, mon champion !
- Et y a pas que moi, Oncle Trowa !
- Je vois ça, répond Trowa en le gardant dans ses bras, alors que le reste de la famille les rejoint. Papa, Katheleen, je suis vraiment content de vous voir ! C'est super sympa d'avoir fait le déplacement...
- On t'a ramené de quoi remplir le chapiteau ! lui explique Duo en l'embrassant à son tour. A ce qu'on m'a dit, c'est un peu trop calme le vendredi.
- C'est normal, en pleine semaine. Mais le boss tient à cette représentation et moi, je ne reste pas, alors j'ai pas trop mon mot à dire. Vous avez déjeuné ?
- Oui, répond Katheleen. On s'est arrêté une petite demi-heure et on a terminé dans la voiture.
- Qui a conduit ?
- C'est moi, répond Dale. On a mis les enfants derrière, sous la surveillance d'Heero.
- Hey ! proteste Duo, ça veut dire quoi, ça ?
- Te connaissant, Dun', je suis sûr que t'as passé tout le trajet à regarder Bob l'Éponge avec Solo Jr. J'ai tort, champion ?
- Non, Oncle Trowa, c'était trop bien ! confirme le petit garçon en tendant les bras à Duo, qui le porte à son tour. En plus, Bob, il me fait troooooooop penser à toi, Oncle Duo !
- Hein ? grimace Duo, faisant sourire ou carrément pouffer les autres.
- Bah oui, Oncle Duo, Bob, il est grand comme toi, mais il adore jouer comme un enfant et en plus, il est toujours joyeux, même s'il lui arrive plein de trucs pas drôles ! Et y a plein de gens qui l'adore aussi ! Et puis, il fait du karaté avec Sandy, comme toi avec Wufei. Sauf que Wufei, il rigole jamais... Et y a aussi un truc que Bob fait aussi bien que toi, Oncle Duo, c'est la cuisine !
- Maintenant, je me sens flatté ! sourit Duo en l'embrassant sur la tempe. Parce que quand tu dis, comme ça, que je ressemble à Bob l'Éponge, je me pose des questions sur ma tête, tu vois !
- Mais non, elle est trop bien ta tête, t'es vraiment trop beau, Oncle Duo ! Y a plein de filles de ma classe qui sont trop jalouses que j'ai un Oncle aussi beau ! Oncle Trowa aussi, mais les filles, elles adorent tes cheveux !
- C'est toute l'histoire de ma vie !
- Faut pas être triste Oncle Duo, puisque Oncle Heero adore tes cheveux ! Il prend souvent une mèche dans sa main, même pour dormir ! Et c'est sûr qu'il te trouve trop beau ! Hein pas vrai, Oncle Heero ?
- Bien sûr, rien à voir avec une éponge carrée à cravate...
Solo Jr éclate de rire.
- Une autre chose que Duo a en commun avec Sponge Bob, c'est qu'il est très bavard, ajoute Dale.
- Ouais, mais moi j'aime bien quand il parle, Oncle Duo, il a toujours quelque chose à raconter ! Et j'aime bien regarder Bob l'Éponge avec toi, parce que tu rigoles autant que moi !
- Je confirme, intervient Heero. Ce que je devais surtout surveiller, c'est qu'ils ne s'étouffent pas à force de rire, ces deux-là.
- Ce qui ne t'empêchait pas de rire aussi, honey ! Pas souvent, mais ça viendra, quand tu en auras vu plusieurs.
- Il faudrait surtout qu'il regarde et écoute l'épisode, plutôt que de vous regarder rire, tous les deux, remarque Dale. Mais on peut le comprendre, c'est très émouvant de voir la complicité qui vous lie. Vous éclatez de rire aux mêmes répliques, vous comprenez des choses que nous sommes incapables de saisir.
- Vous êtes trop sérieux, explique Duo.
- C'est bien vrai ! leur dit Solo Jr. en posant sa tête contre celle de son Oncle.
Ils leur offrent tous les deux un large sourire, qui font soupirer les quatre adultes.
- Dis, Oncle Trowa, je pourrais voir les animaux ?
- Le spectacle commence dans 45 minutes, alors ils sont en train de les préparer, mais après la représentation, je t'emmènerai sans problème.
- Super, merci !
- Ça vous dit de boire quelque chose en attendant ? leur demande Trowa en les conduisant au chapiteau d'accueil. Sol, je parie que t'as pas eu de vrai dessert... Ça te dirai une bonne crêpe ?
Solo Jr, que Duo a reposé par terre, sourit très largement à Trowa, avant de regarder Dale.
- Je peux, dis, grand-père ?
Dale passe sa main dans les cheveux de son adorable petit-fils.
- Bien sûr, mon garçon.
- Merci !
- Regarde, c'est Cathy qui les fait, là-bas... Tu peux y aller, elle va être très contente de te voir.
- D'accord ! Tu viens, Oncle Duo ?
- Bien sûr ! Je veux un vrai dessert, moi aussi !
- Chouette ! Quelqu'un en veut ?
- Non, merci, Junior, répond-ils tous.
- Vous nous rejoignez à la plus grande table, on va chercher à boire. Vous prenez la même chose que d'habitude ?
- Oui !
- Okay, c'est parti !
Le groupe se sépare en trois ; Duo et Solo Jr vont chercher leurs crêpes, Heero et Trowa vont du côté du bar, Dale et Katheleen vont s'asseoir pour éviter que la table ne soit prise, même s'il n'y a pas beaucoup de monde.
- Votre séjour à Eldeux s'est bien terminé ? demande Trowa en attendant leur tour. Vous êtes retournés au cimetière ?
- Hn. Duo y faisait un crochet tous les deux jours, à peu près, avec ou sans moi, comme tu le sais déjà. La dernière fois, c'était ce matin avant de partir.
- Vous n'étiez pas seuls, alors. Ou alors, c'était avant d'aller chercher Solo Jr et de partir ?
- Solo Jr a dormi avec nous.
- Vraiment ?
- On a passé une petite heure à la soirée de Dédalus, pour que Duo dise au revoir et clarifie les choses avec Léandro.
- Je l'aurais parié...
- On est vraiment pas resté longtemps, justement parce qu'on devait récupérer Solo Jr avant 21h, pour ne pas qu'il se couche trop tard.
- Quand Solo Jr vient dormir à la maison, on dort tous les trois dans la chambre de Solo. Comment ça s'est passé avec toi, "Oncle Heero" ? demande-t-il avec un petit sourire complice.
- Duo m'a prévenu qu'il dormirait sûrement avec Solo Jr, dans la chambre de Solo. Alors en rentrant, j'ai été prendre ma douche au studio, puis j'y suis resté pour dormir. Je devais retourner les voir pour leur dire bonne nuit, mais j'avais peur que ça créé une gêne, alors je suis rentré dans le lit et j'ai regardé la fin d'un film.
- T'as donc dormi tout seul au studio.
- C'est ce que je m'étais résigné à faire, mais...
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Flash back
La veille au soir.
Eldeux, studio de Duo.
Toc toc toc...
Heero se redresse et tourne son visage vers la porte.
- Oui ?
Avec surprise, il la voit s'ouvrir sur une jolie tête blonde.
- Oncle Heero, tu dors pas ?
- Non, entre, Junior.
Le petit garçon s'exécute et referme la porte.
Il s'avance jusqu'au lit et regarde la télé.
- Tu regardes la même chose que nous !
- Il n'y a pas vraiment le choix, ce soir.
- C'est vrai ! En plus, moi, à part les dessins animés, je peux pas voir grand chose, je suis trop petit et les films sont trop violents ! Mais ça, ajoute-t-il en pointant du doigt la télé, c'est trop bien ! On avait dit qu'on le regarderait ensemble, mais comme tu revenais pas, on a pensé, avec Oncle Duo, que tu t'étais peut-être endormi ou que tu regardais un autre truc...
- Désolé, je n'ai pas trop osé revenir vous dire bonne nuit, j'avais peur de vous déranger.
- Ah ? Pas grave, le rassure le petit garçon en haussant les épaules.
- Tu as besoin de quelque chose, c'est Duo qui t'a envoyé pour ça ?
- Oui, répond Solo Jr avec un grand sourire, en détachant ses yeux de la télé.
- Qu'est-ce que c'est, je peux peut-être t'aider à le trouver ?
- Non, je l'ai déjà trouvé !
- Hn ? Où est-il ?
- Ici ! répond-il en se jetant tout simplement au cou d'Heero, le surprenant tellement qu'il bascule sur le lit, entraînant l'enfant avec lui.
Solo Jr se relève en éclatant de rire, ses bras entourant toujours le cou d'Heero, qui se redresse également en souriant.
- Qu'est-ce que ça veut dire, Junior ?
- Seulement qu'on se sentait un peu seuls, répond Duo en poussant la porte restée entrouverte. Et que ça doit être pareil pour toi. Le lit de Solo est assez grand pour trois, tu sais.
- On peut se serrer, de toute façon, comme ça, on aura bien chaud ! ajoute Junior en se levant du lit. Alors, tu veux bien venir dormir avec nous, Oncle Heero ?
Heero se lève à son tour et plonge ses yeux dans ceux de Duo, voulant être sûr que c'est ce qu'il souhaite aussi.
N'y trouvant nulle trace de doute, bien au contraire, il éteint la télé et leur sourit, avant de prendre la main que Solo Jr lui tend timidement.
- Avec plaisir, mon grand.
- Chouette !
Quelques minutes plus tard, ils sont confortablement installés dans le lit de Solo.
Junior est blotti contre Duo, mais il a gardé la main d'Heero dans la sienne, ramenées toutes deux sur sa poitrine et il est heureux de sentir Heero dans son dos.
Tout comme il sent le bras de Duo posé en partie sur lui, mais sa main, elle, s'est réfugiée sous le t-shirt d'Heero, au niveau de sa hanche.
C'est ainsi qu'ils s'endorment tous les trois, bien avant la fin du film.
Et c'est Dale qui vient éteindre la télé, bien plus tard, si ému par cette scène qu'il en verse des larmes, ce qui ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps.
Et c'est tellement incroyable qu'il le leur confie, le lendemain, au petit-déjeuner...
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Fin du flash back.
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Trowa siffle d'étonnement, alors qu'ils rejoignent la table pour déposer les premières boissons.
- Que se passe-t-il ? demande Dale.
- Heero me racontait comment ils ont réussi à te faire pleurer, hier soir !
- Fallait les voir, mon grand, tu n'aurais pas pu avoir une autre réaction.
- Je sais, père. Duo et Junior ne sont pas encore revenus ?
- Ils discutent avec Catherine et Marion.
- Ok, on va chercher le reste des boissons.
- Tu ne vas pas être en retard, mon fils ?
- Oh non, t'inquiète pas ! A tout de suite.
Il repart vers le bar avec Heero.
- Ça me soulage vraiment que ça se soit passé comme ça. Et au cimetière, alors, vous étiez tous ensemble ?
- Hn, mais pas longtemps. Dale, Katheleen et Solo sont retournés à la voiture et nous ont laissé encore un moment.
- Alors, raconte. Vu ton sourire, je pense que là aussi, ça a été ?
- Plutôt, oui.
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Flash back.
Le matin même.
Eldeux, cimetière paroissial.
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Duo fait un dernier signe à Solo Jr et à son père, qui s'éloignent en direction de la sortie du cimetière, puis se tourne vers Heero qui, lui, ne l'a pas quitté des yeux et lui sourit.
- Je sais que tu ne partages pas nos croyances, mais accepterais-tu de te recueillir avec moi, deary, même sans dire de prières ? Juste une pensée, ça ira.
- Bien sûr, répond Heero en s'agenouillant devant la première tombe, celle d'Helen.
- Merci, honey, lui dit encore Duo en s'installant à ses côtés.
Ils ferment les yeux et partagent un long silence, entièrement tourné vers les défunts.
D'abord Helen, puisqu'ils se sont d'abord agenouillés devant sa tombe, puis Solo.
Ils rouvrent les yeux presque en même temps et Duo se relève le premier.
Et doucement, le regard posé avec une tendresse infinie sur le visage souriant de son frère, il se met à fredonner...
Il y aura toujours quelque chose de toi
Qui restera en moi
Tu seras toujours dans mes rêves, mes rides
Mes goûts, mes choix
Il y aura toujours un matin câlin
Que j'trainerai partout
Il y aura toujours quelque part un vide
Qui s'remplit pas en moi
Il y aura toujours une nuit infinie
Qui m'suivra partout
Il y aura toujours quelque chose de toi... de nous
" Mais aujourd'hui, Little Big Brother, il y a autre chose que j'accepte enfin", reprend-il en glissant sa main dans celle d'Heero, ses larmes coulant silencieusement sur son sourire.
C'est une lumière qui ne s'éteint pas
Les ombres passent, les peines s'effacent
Elle reste là
Et comme un phare, quand tu t'égares
Elle te ramène, quoiqu'il advienne
Au bon endroit
C'est une présence, une vérité
Tu la ressens, tu la comprends
Sans l'expliquer
Tu peux la voir, les yeux fermés
Il faut vouloir, il faut savoir
La regarder
Malgré tout et malgré toi
J'ai trouvé l'espérance
Les simples phrases du bonheur
Malgré tout et malgré toi
Je connais l'existence
D'une flamme fragile dans mon cœur
La nuit s'avance, je n'ai plus peur
Peur du silence, de ton absence
Peur d'avoir peur
La ville murmure, le long des murs
Je me sens bien, je ne veux rien
Je ne veux rien, je te l'assure
"Parce maintenant, j'ai tout ce qu'il faut pour avancer, conclut-il en serrant plus fort la main d'Heero, lui accordant même un long regard, avant de reporter son attention sur la tombe et le visage de son frère. Alors à très bientôt, Little Big Brother, tu peux te consacrer à guider Clara, maintenant, tout ira bien pour moi. Je t'aime Solo. Et je t'aime, maman, ajoute-t-il en se déplaçant devant la tombe de sa mère, sans lâcher Heero. Et bien sûr, je t'aime, Heero, dit-il enfin à Heero, après un court instant de silence. On y va ?
- Hn, répond Heero en déposant un tendre baiser sur son front.
Il prend encore le temps d'essuyer ses yeux humides de larmes pour ne pas trop inquiéter son neveu.
Ceci fait, ils retournent à la voiture.
Dale fait remarquer à Duo qu'il n'avait encore jamais eu un tel sourire en quittant le cimetière...
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Fin du flash back.
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- Il fait d'énormes progrès, remarque Dale.
Heero et Trowa les ont rejoint, alors qu'Heero poursuivait et terminait son récit.
- Je le vois bien, vous semblez encore plus proches et complices. Je l'ai senti déjà rien qu'au téléphone. Je l'ai vu dès que j'ai posé les yeux sur vous, tout à l'heure. Vraiment, je suis super content.
- On l'est tous.
- Avec Solo Jr aussi, ça se passe bien. Il t'appelle "Oncle Heero", tu as dormi avec lui dans la chambre de son père... Ce n'est vraiment pas rien.
- Il est adorable.
- Et il t'adore, remarque Katheleen. Même moi, il ne m'a pas accepté si vite.
- Il n'a jamais accepté personne si vite, à part Quatre, précise Dale.
- Je vais finir par croire que c'est parce que je suis une fille ! Même si je sais que c'est plutôt parce qu'il sent les liens qui existent et nous ne sommes pas liés de la même façon que Trowa et Quatre ou que Duo et Heero.
Duo et Solo Jr arrivent à cet instant, empêchant le malaise de s'installer suite aux paroles de la jeune femme, bien qu'elle les ait dites sans aucun reproche ni sentiment négatif.
Mais ce que ça sous-entend est assez clair...
Et il vaut donc mieux passer à autre chose.
Comme Catherine a été très généreuse en proportionnant les crêpes, les deux apportées à la table sont finalement mangées à cinq, ou presque.
- Bon, je vais me préparer, annonce Trowa en regardant l'heure. Tu viens visiter ma loge, Heero ? ajoute-t-il en faisant un clin d'œil à Duo, légèrement provocateur.
- Hn, répond simplement Heero en se levant. A tout de suite, ajoute-t-il en embrassant Duo sur le front.
- Pas de bêtises, hein !
- Promis, enkeli.
Il passe sa main dans les cheveux de Solo Jr qui lui fait un grand sourire, avant de suivre Trowa.
Arrivés dans la loge, les deux amis profitent de ce temps en tête-à-tête pour se parler comme le téléphone ne leur permet pas de le faire.
Ils se confient leurs doutes et leurs espoirs, leurs angoisses et leurs bonheurs, se soutenant comme ils l'ont toujours fait, en peu de mots, certes, mais les plus justes qui soient.
- T'as réussi à t'occuper de tout pour vos vacances au Japon, alors ? Vous commencez par quoi ?
- En fait, hier après-midi, je regardais sur le net pour voir se qui se passe en ce moment, là-bas, qui pourrait nous convenir à tous les deux.
- Ça a pas dû être facile. De ce que je sais, déjà, niveau nourriture, t'es plutôt sushi et sashimi alors que Duo, c'est carrément yakitori et yakimono (1).
- On se complète et on apprend à l'autre pourquoi on aime certaines choses et pas d'autres. On a remarqué que c'était souvent dû à des a priori et une méconnaissance, ou parce qu'on était une fois tombé sur un mauvais cuistot, genre toi...
- Hey ! Je te permets pas, proteste Trowa en commençant à se changer.
- C'est pourtant la vérité.
- C'est pas une raison. Alors en gros, tu t'es mis à la viande grillée et il s'est mis au poisson cru, c'est ça ?
- Tu te souviens que je lui ai fait apprécier le poisson cuisiné en marinade ou carrément cru, à Asgard, effectivement, parce que Gudrun et moi cuisinons bien. Quant à Duo, il m'a appris à apprécier le "barbecue ribb"s et le "rosebeef", par exemple. Pas comme toi, qui m'a rendu malade avec tes tranches de rôti froid indigeste. J'ai cru que j'arriverai jamais à descendre de la montagne.
- Moi, j'ai cru que t'accepterai plus jamais de partir avec moi en randonnée !
- C'est bien la résolution que j'ai pris, s'il s'avère que c'est toi qui t'occupes de l'aspect alimentaire.
Trowa ne répond rien mais lui lance un regard noir, avant de s'installer à sa table pour se maquiller.
- Je crois qu'on s'est un peu éloigné du sujet... Revenons au Japon. T'as trouvé quoi faire ?
- Je regardais surtout par rapport à Duo, ce qui pouvait lui faire plaisir. Je faisais un peu le tri, lorsqu'il m'a rejoint. Il s'est assis sur mes genoux et m'a aidé.
- Comment ça, il t'a aidé ?
- On a regardé et choisi ensemble.
Trowa lui lance un regard étonné à travers l'immense miroir de sa loge.
- T'es sérieux ?
- J'ai été très surpris, également. On ne s'est pas attardé, ça se voyait qu'il était un peu mal à l'aise. Mais on a fait des choix non pas pour en finir rapidement, mais bien parce que c'est ce qui nous intéressait de faire et voir ensemble.
- C'est vraiment une très bonne chose. Je suis de plus en plus confiant quant à votre avenir, avec tout ce que tu m'apprends. Continue...
- On a donc réservé un vol pour Tokyo et on rejoindra Kyoto, où on compte passer les premiers jours.
- Qu'est-ce qui s'y passe de si intéressant ?
- Et bien tous les 22 octobre a lieu le Jidai Matsuri, le "Festival des Âges", l'un des trois plus grands festivals de l'ancienne capitale impériale. Des gens costumés partent du Gosho, qui est le parc impérial et marchent vers le sanctuaire de Heian Jingu, où se termine la procession, à plus de 5 kilomètres. Ça dure une bonne heure et demie, durant laquelle sont évoqués différents faits relatifs à Kyoto, des plus récents aux plus anciens, ça se finit avec la fondation de la ville.
- Un vrai cours d'histoire, en somme. Oubliez pas les photos, surtout, les costumes doivent valoir le détour.
- Et avec l'appareil photo que tu nous as prêté, on est équipé pour en faire de très belles.
- C'est fait pour... Alors si le festival c'est lundi, vous allez rester au moins jusque là à Kyoto.
- Hn, ça nous laisse le temps de visiter la ville et les alentours, il y a beaucoup de choses à y faire et à y voir. Pour le reste, on a une liste d'endroits qu'on veut voir, d'événements auxquels on souhaite participer ou assister, mais rien n'est fixé. On verra sur place.
- C'est déjà pas mal et ça donne envie de vacances.
- Comme si t'allais pas en avoir avec ton homme, dès demain
- Je ne pense pas que ce sera de tout repos, Heero. Si jamais je me plante...
- Aies confiance et tout se passera au mieux, lui assure-t-il en posant sa main sur son épaule.
- On va faire comme ça, oui. Je suis tellement heureux de le retrouver, ça balaie mes doutes et me redonne la volonté et l'énergie de tout surmonter. Il me manque terriblement.
- Je peux le comprendre, à plus petite échelle. Je me souviens de combien il m'a été difficile d'être séparé de Duo, lorsque vous êtes rentrés à Eldeux, la première fois, alors que ce n'était pas encore si fusionnel, entre nous.
- Peut-être, mais Duo a lancé une bombe avant de partir d'Asgard ; il t'a laissé dans le doute, tu ne savais pas s'il reviendrait.
- Je savais que j'irais le chercher, s'il ne trouvait pas la force de revenir. Et je l'aurais fait.
- Je n'en doute absolument pas.
- Aujourd'hui, je suis vraiment heureux de pouvoir passer toute la journée et toute la nuit avec lui, même s'il nous arrive de faire des choses chacun de notre côté. Je me demande si ça dure longtemps...
- J'espère que ça durera éternellement, Heero, répond Trowa en se levant. Pas d'être et de tout faire avec la personne qu'on aime, mais d'en garder l'envie et le plaisir, quand on rend ça possible.
- Le jour où je penserai "Merde, je vais rester toute la journée avec Duo", si ce jour arrive, c'est vraiment qu'il y aura un réel problème entre nous.
- Je pense pareil pour Quatre et moi. Que ça ne nous arrive jamais, ou alors, le plus tard possible !
- Comme tu dis.
Trowa sourit et accroche son masque à sa ceinture pour ne pas l'oublier.
- Bon, je suis prêt.
Heero lui rend son sourire en le regardant de haut en bas.
- C'est vrai que ça te va bien, l'habit de clown.
- Heureusement que ça ne met pas tout le monde dans l'état où ça met Quatre, ce serait ingérable sous le chapiteau !
Le sourire d'Heero s'élargit.
- Duo avait raison, alors.
- En même temps, j'ai aucun contrôle sur ce qu'ils se racontent ces deux-là, alors ça ne m'étonnerait pas qu'il ait dit ça en connaissance de cause.
- Ils n'ont pas non plus le contrôle absolu de ce qu'on se dit, tu sais, Trowa.
- C'est bien vrai, et...
- ... tant mieux, terminent-ils en même temps, avant de rire.
- Tu sais, reprend Trowa en commençant à jongler avec des balles qui traînent, tout ce que tu m'as raconté, aussi bien au téléphone que depuis votre arrivée, me fait dire que cette semaine à Eldeux n'a vraiment pas dû être de tout repos, pour l'un comme pour l'autre. Mais c'était nécessaire, vraiment.
- Je te l'accorde. J'ai senti que c'était important pour notre couple autant que pour Duo.
- Il est en train de terminer son deuil et je t'assure qu'après toutes ces années, on commençait à douter que ça soit possible.
- C'est donc la dernière étape du travail de deuil, dont tu m'as si souvent parlé ?
- Oui, confirme le clown en reposant ses sept balles. Il avait commencé cette dernière phase en acceptant la mort de notre mère autant que celle de Solo, après la phase de dépression que nous avons tous connue et que tout endeuillé traverse, apparemment. Mais Duo s'est arrêté là. Il s'est figé dans le passé, incapable de réinvestir sa vie, de faire des projets et de donner réellement un sens à sa vie. Il s'est laissé porter, toutes ces années.
- C'est un peu comme s'il n'avait pas le droit à un avenir, puisque Solo avait perdu le sien.
- Exactement. Mais depuis que vous êtes ensemble, je le vois se déculpabiliser progressivement du bonheur qu'il vit dans votre relation et ça l'aide à voir plus loin dans le temps. Tu dois continuer à l'encourager, Heero, vraiment.
- C'est ce que je fais.
- Je n'en doute pas. Je suis conscient que cela te demande un effort important, que tu es sollicité à tout moment, mais tu ne dois pas te relâcher. Comme on dit, tu tiens le bon bout !
- J'en suis conscient, Trowa. J'ai de la chance, parce que c'est cet effort qui me guéri de ma peur de me lier, également. L'enjeu est de taille, je ne faiblirai pas, crois-moi.
- Je te crois, je te fais confiance, je te l'ai toujours dit et répété. Même lorsque tu ne voulais pas l'entendre.
- Inutile de revenir sur cette partie-là, grimace Heero.
- D'accord. Alors dis-moi plutôt, as-tu récompensé Duo comme il se doit pour l'effort qu'il a fait, en venant t'aider lorsque tu faisais tes recherches sur le net ?
- Il sait ma peur de voir des souvenirs resurgir, c'est pour ça qu'il a pris sur lui et m'a rejoint. En mettant ensemble nos angoisses et nos peurs entre les mains de l'autre, on a réussi à les dépasser, durant le temps nécessaire pour faire avancer les choses.
- Vous vous êtes donc mutuellement récompensés...
- Je n'aime pas le terme de récompense, Trowa.
- Désolé, c'est vrai que vous n'êtes pas des chiens à qui on donne un sucre, lorsqu'ils ont accepté de lever la patte. Mais tu as compris où je voulais en venir.
- Hn. Effectivement, je lui ai témoigné toute la reconnaissance et le bonheur que ses efforts m'inspirent et il a fait de même.
- Vous étiez dans le bureau ? demande Trowa en préparant ses différents costumes, pour gagner du temps lors des changements de tableaux.
- Non, sur l'ordinateur de son ancienne chambre.
- Fais pas cette tête, le bureau de mon père n'est pas le Bureau d'Odin !
- N'empêche que ton père est rentré de la clinique entre-temps, on a juste eu le temps de fermer la porte en catastrophe... Si Dale nous avait surpris...
- Il aurait bien ri et c'est tout ! Ça n'est vraiment pas arrivé une seule fois ?
- Non, Trowa. On est beaucoup plus sages et discrets que Quatre et toi.
Trowa lui fait face, sceptique sous son maquillage.
- Euh... sages, je veux bien faire semblant d'y croire, mais alors discrets... Non, vous nous valez largement, d'après mes propres échos et ceux qui me sont indirectement parvenus, cette semaine. Là, mon cher Heero, t'as raté une sérieuse occasion de te taire !
- Et toi, tu vas finir par rater ton entrée en scène, l'artiste.
- C'est bon, j'ai encore quelques minutes. Largement de quoi venir avec toi, d'ailleurs. Si le reste de la famille n'a pas encore été installé, je vous conduirais moi-même à vos places.
- La classe, on va en faire des jaloux.
- C'est un cirque traditionnel, Heero, répond Trowa alors qu'ils quittent la loge. Tout le monde peut nous approcher, il suffit d'attendre l'entracte.
- Je sais que ce sont les artistes eux-mêmes qui s'occupent de tenir le bar, de faire les crêpes et les pop corn, la barbe à papa et tout le reste, mais justement, ils sont tellement partout à la fois que c'est pas facile de leur parler.
- Ils prennent toujours le temps, surtout à la fin du spectacle, pendant la visite du zoo. Après, ils peuvent être jaloux parce que vous avez été invités... Mais si tout le monde l'était, le cirque ne pourrait pas tourner !
- Effectivement.
- Apparemment, Cathy les a déjà placé, remarque-t-il en ne voyant nulle trace de sa famille sous le chapiteau d'accueil. Suis-moi, on va repasser par les coulisses.
Heero lui emboîte le pas et rejoint leurs places au troisième rang, et Trowa file se mettre en place.
- Tante Cathy a dit que c'était mieux de pas être tout devant, pour pas recevoir la... le sable qui a sur la piste et que je me rappelle pas le nom... lui explique Solo Jr.
- La sciure, mon chaton, l'aide Duo en souriant avec tendresse.
- Oui, voilà, la sciure ! Et puis, on voit beaucoup mieux aussi !
- Si Cathy le dit...
- Tu sais, Oncle Heero, je t'ai gardé une place ici, parce que je voulais être entre Oncle Duo et toi, mais si tu veux être à côté de ton amoureux, je peux aller...
- Ne bouge pas, le rassure Heero en enlevant sa veste. Ça me fait très plaisir d'être à côté de toi, merci de m'avoir gardé cette place.
- De rien ! Oh, ça commence !
Effectivement, les lumières s'éteignent et les premières notes de musique s'élèvent, alors que le rideau s'ouvre.
Duo profite que Solo Jr, très impatient de découvrir ce qu'il ne fait qu'entr'apercevoir dans l'ombre, mais qu'il pressent déjà exceptionnel, soit en équilibre au bord de son fauteuil de loge pour se pencher vers Heero.
- Tu m'as manqué, lui murmure-t-il au creux de l'oreille. J'espère que t'as tenu ta promesse.
Heero tourne son visage vers lui et cueille ses lèvres pour un baiser rapide, mais surtout très tendre, en guise de réponse.
Leurs deux mains se lient sur le dossier du fauteuil du petit garçon, qui les regarde tour à tour en souriant, comme pour leur dire qu'il sait et que ça ne le dérange pas.
Les projecteurs illuminent soudain la piste ronde, au centre de laquelle tous les artistes commencent l'ouverture.
Solo Jr agite son bâton lumineux pour faire coucou à son Oncle.
Rien que cette entrée en scène donne le ton : le spectacle promet d'être époustouflant...
Et il l'est...
Tout comme le reste de la journée...
Le soir également ; ils ont tous installés dans la grande caravane, servant généralement pour ce genre d'occasion, où ils passent une excellente soirée, rejoint par Catherine et son mari, ainsi que leur fille de cinq ans et de quelques artistes et musiciens du cirque.
Dale et Katheleen ne font absolument pas tâche, parmi les jeunes, bien au contraire, ils prouvent qu'ils savent s'amuser également, tout dans la modération.
Et le lendemain matin, par contre, c'est le cœur serré que Duo, Heero et Trowa disent au revoir à Dale, Katheleen et surtout Solo Jr, qui les déposent à l'aéroport avant de repartir pour Eldeux.
C'est ensuite Heero et Duo qui partent les premiers, laissant Trowa seul à l'aéroport pour une petite demi-heure encore.
Une heure plus tard, il se retrouve dans son avion, impatient de retrouver Quatre...
Et totalement ignorant de ce qui l'attend...
.
.
Quelques heures plus tard,
Samedi 20 Octobre AC 202,
Ville d'Aden, Palais Résidentiel de la famille Raberba Winner.
.
- Maître Quatre.
- Rashid, tu es là... Tout s'est bien passé ?
- Oui, Maître Quatre. Pardonnez-moi, votre père m'a appelé alors que j'arrivais, j'ai dû passer à son bureau avant de vous rejoindre ici. L'avion de Mr Trowa est arrivé avec un retard de vingt minutes, mais j'ai pu obtenir le prolongement de la durée d'utilisation de la piste privée. Nous avons rejoint l'aérodrome, il y a une demi-heure, j'ai déposé Mr Trowa chez vous, comme convenu. Ahmed l'attendait et s'est occupé de son installation, afin que je puisse vous rejoindre au plus vite.
- C'est parfait, Rashid, merci. Il allait bien ?
- Il m'a assuré avoir fait un excellent voyage, mais ne m'a pas caché sa déception de ne pas vous voir dès son arrivée. Mais il s'est montré très compréhensif et patient.
- D'accord. Je suis impatient d'en finir avec tout ça pour pouvoir le rejoindre... Alors s'il te plaît, Rashid, peux-tu me dire pourquoi je n'ai pas pu voir un seul membre de ma famille, à mon arrivée, il y a plus de dix jours ?
- Votre père vous expliquera tout, Maître Quatre, il vous attend dans son bureau. Je vais vous conduire, si vous le voulez bien.
- Je suppose que tu as beaucoup de choses à faire, alors ne t'embête pas, je connais le chemin.
- Vous êtes ma priorité, Maître Quatre, vous le savez, alors je n'insiste pas. Vous n'aurez qu'à m'appeler, dès que vous souhaiterez rentrer chez vous, je ne suis pas loin.
- Merci, Rashid. Je suis content de te revoir.
- Moi aussi, Maître Quatre. Et de vous retrouver beaucoup plus en forme qu'à votre arrivée.
- Vous savez qui remercier pour cela. A plus tard, mon cher Rashid.
- A plus tard, Maître Quatre.
Le grand homme incline le buste et disparaît dans le couloir.
Quatre fait demi-tour et gagne l'autre partie du Palais, où se situe le bureau de son père.
Il frappe et entre, dès que son père l'y invite.
- Quatre, mon cher enfant, l'accueille-t-il en se levant pour l'embrasser, le serrant fort dans ses bras. Comment te sens-tu ? demande-t-il ensuite en s'écartant pour bien le regarder.
- Comment je me sens ? Quelle drôle de question, père ! Ne devrais-tu pas plutôt me demander comme je vais ?
- N'est-ce pas la même chose ?
- Si tu le dis... Je me sens et je vais bien, et toi ?
- Je suis très heureux de te voir, mon fils. Tu m'as manqué, tu nous as manqué à tous.
- Ce n'est pas moi qui aie donné des ordres pour qu'on ne m'amène pas ici, à mon retour. Vais-je enfin connaître les raisons de cette mise à l'écart ?
- Assis-toi, mon fils, je t'en prie. Meriem a fait de l'excellent thé, laisse-moi te servir un verre.
- Merci, père, répond Quatre en s'installant.
Il observe son père lui servir le thé, avec ce geste ancestral et si précis que pas une goutte ne tombe à côté ou ne gicle, malgré la hauteur depuis laquelle le liquide brûlant est déversé.
Il accepte le verre chaud sans se brûler et regarde son père se rasseoir.
- Tu étais épuisé, Quatre. Nous le sentions à travers le téléphone, déjà, et toi-même, tu ne nous as rien caché de ton état de fatigue intérieure. Alors nous avons pris cette décision, pour t'éviter de subir des tensions qui auraient pu accentuer encore ton affaiblissement, déjà fort conséquent.
Quatre repose son verre.
- Des tensions ? De quoi s'agit-il ?
- De ton futur, mon fils ! Et de notre descendance, surtout.
- Notre descendance ?
- Oui. Je te sens prêt à accepter les choses plus sereinement, à présent. Tu ne t'imagines pas la fierté que j'ai à te savoir, à te sentir fils du désert, comme moi et tous tes ancêtres !
- Qu'as-tu donc à m'apprendre de si terrible, père ?
- Ce n'est pas si terrible, en soi, mais j'imagine tout de même la difficulté que ce sera, pour toi, de vivre sans pouvoir épouser la mère de ton enfant...
- Qu... quoi ?
- Oui, tu t'attends logiquement à pouvoir épouser et vivre avec la mère de ton enfant, pour que vous l'éleviez ensemble, ce qui se ferait, en d'autres circonstances...
- Attends attends, père, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Je ne comprends rien à ce que tu me dis...
- Ne fais pas semblant de ne pas comprendre, Quatre. Même si c'est difficile, tu dois accepter les faits. Manâh appartient à cette classe de femmes sacrées qu'un homme, fusse-t-il prince, comme toi, ne peut épouser. Ce qui ne remet pas en cause la légitimité de l'enfant qui ne va pas tarder à naître de votre union et qu'elle compte bien te confier. Peut-être un nouvel héritier Raberba, mon garçon !
Quatre blêmit et referme violemment ses mains sur les accoudoirs de son fauteuil.
S'il n'était pas assis, il aurait sûrement vacillé.
- Qu'as-tu dit père ? Un enfant ?
- Oui, mon fils ! sourit largement Chérif Raberba, visiblement très heureux et à des lieues d'imaginer ce qui se passe dans la tête de son fils. C'est une bonne nouvelle en soit, je le répète...
- Impossible...
- Quatre...
- C'est impossible, répète Quatre en se levant. Nous n'avons jamais...
- Quoi ? s'énerve son père, debout à son tour, les sourcils froncés. Tu ne vas tout de même pas me dire que vous n'avez jamais unis vos corps, Quatre ? Ne me mens pas aussi effrontément, je te prie !
- Ce n'est pas ça, père. Mais crois-moi, cet enfant ne peut être de moi.
Chérif Raberba ouvre de grands yeux, scandalisé.
- Oserais-tu mettre la parole sacrée de Manâh en doute ?
- Et toi, mets-tu la mienne en cause ?
- C'est en lien avec Trowa, n'est-ce pas ? Tu refuses d'assumer tes responsabilités à cause de lui ?
- Ce n'est pas ma responsabilité, père ! Je...
- Il suffit, Quatre ! le coupe-t-il en tapant du poing sur la table. Cesse de te conduire comme un enfant capricieux !
- Ce n'est pas ce que je fais, père, je serai ravi de reconnaître cet enfant ! Mais lorsque je te dis qu'il n'est pas de moi, c'est parce que c'est techniquement impossible ! Je n'ai jamais fait don de ma semence à qui que ce soit d'autre qu'à Trowa !
A ces mots, son père se fige et c'est lui qui blêmit.
- Épargne-moi ce genre de propos, Quatre, réplique-t-il en se drapant dans un semblant de dignité. Si tu souhaites encore bénéficier de ma tolérance, ne me donne pas de détails, c'est plus que je ne peux en supporter !
Quatre passe une main lasse sur son front et se rassoit.
- Je suis désolé d'avoir été cru, père, mais tu ne m'écoutais pas.
- Quel intérêt prêter à tes jérémiades ?
- Père...
- Manâh est enceinte de cinq mois, Quatre, le coupe-t-il à nouveau en se rasseyant, lui aussi. Lorsque tu as quitté Aden, au milieu de l'été, elle était déjà enceinte de deux mois. Tu en as passé plus de trois avec elle, avant de partir pour Asgard. Lui as-tu connu d'autres amants ?
- Elle est libre, père, elle l'a toujours été.
- Et sa parole est sacrée.
- Et elle dit que cet enfant est le mien ?
- Elle le dit.
Quatre soupire.
- Je dois lui parler, quelque chose ne va pas. Je ne remets pas sa parole en doute, il a pu s'agir d'un accident... Quoi qu'il en soit, j'aurais le fin mot de cette histoire.
- Elle t'attend, mon fils.
- Où ?
- Chez toi, voyons...
Quatre se lève d'un bond, de nouveau blême comme ses dix jours passés dans le désert ne devraient pas lui permettre de l'être.
- Mon Dieu !
- Qu'y a-t-il, encore ?
- J'ai... j'ai demandé à Rashid de déposer Trowa à la maison, il doit m'y attendre... Père, je dois y aller, je te rappelle dans la journée ! promet-il avant de sortir du bureau, avec un calme qu'il est bien loin de ressentir...
Il appelle rapidement Rashid et lui demande de le rejoindre devant le Palais, pour le ramener chez lui au plus vite.
D'une efficacité redoutable, Rashid ne met que quelques minutes à exécuter les ordres.
Mais elles paraissent tout de même longues à Quatre, tout comme le trajet du Palais résidentiel à sa propre villa.
Il est très calme, oui, ce qui ne l'empêche pas d'être inquiet.
Son premier mouvement, une fois dans la voiture, a été de prendre son téléphone ; mais finalement, il a préféré ne pas appeler et affronter directement la situation.
Il appréhende, mais il a confiance ; bien sûr, il a peur de la réaction de Trowa, peur qu'il souffre de ce qu'il peut prendre comme une trahison.
Il lui a juré n'avoir jamais pris femme ou homme sans protection, par amour pour lui, réservant son essence à sa seule personne ; et là, il se retrouve brusquement devant une femme à l'état éloquent, un état qui remet en cause cette affirmation.
Manâh lui aura sûrement dit que cet enfant qu'elle porte est le sien, ce dont Quatre ne doute pas ; il aurait juste préféré pouvoir s'expliquer avec elle ou en parler avec Trowa, avant qu'ils ne se retrouvent en présence l'un de l'autre... et sans lui.
- Nous arrivons, Maître Quatre. Vous savez, je suis réellement et sincèrement désolé, Maître Quatre, j'aurais dû...
- Tu n'y es pouvais rien, Rashid, tu ne savais rien. Je ne doute pas un instant que si ça avait été le cas, tu aurais tout fait pour éviter que ça se produise. Ne te sens pas coupable ou responsable, s'il te plaît, ça finirait pas nous mettre tous les deux mal à l'aise.
- Bien, Maître Quatre. Je m'occupe de vos bagages, ainsi que de la voiture.
- Je te remercie. A plus tard.
Quatre monte la dizaine de marches du perron et entre directement les codes, plutôt que de sonner.
Son intendant a cependant dû entendre la voiture, parce qu'il tombe presque immédiatement sur lui, une fois entré.
Ils se saluent rapidement, puis Ahmed lui indique que Manâh et Trowa sont dans le Salon privé.
Quatre s'y rend, mais alors qu'il allait frapper, la porte s'ouvre d'elle-même, et il se retrouve face à Manâh.
Le temps se fige un court instant.
- Bonjour, mon Prince, le salue-t-elle, alors qu'ils s'inclinent tous les deux. Et bon retour parmi nous. C'est un réel bonheur de te revoir.
Quatre plonge ses yeux dans les siens, s'y accrochant pour ne pas céder à la tentation de glisser son regard vers son ventre, qui ne laisse vraiment aucun doute sur son état, mais aussi pour ne pas avoir l'incorrection de regarder derrière elle pour voir Trowa.
- Bonjour, Manâh et merci pour ton accueil. Comment vas-tu ?
La jeune femme use de tout son pouvoir pour que l'empathie de son Prince ne puisse rien capter de la douleur qu'elle ressent, alors qu'il la traite avec une courtoisie glaciale, comme si rien d'intime ne les avait jamais lié.
- Je vais bien, mon Prince. Et j'irai encore mieux, lorsque nous aurons pu parler.
Le regard de Quatre glisse vers Trowa assis sur l'un des fauteuils, bras et jambes croisés, les yeux clos.
- Tu allais partir, cependant, reprend-il en reportant son attention sur la jeune femme.
- Mais tu es rentré, à présent. Mon Prince, nous avons réellement beaucoup de choses à nous dire, mais si tu préfères attendre, je n'insisterais pas. Je veux seulement que tu saches que tu es bien le père de...
- A moins d'un accident, c'est tout simplement impossible, la coupe-t-il calmement.
Le regard gris et sans âge de la jeune femme se voile ; l'attitude distante et froide de son Prince la blesse cruellement, même si elle savait à quoi s'attendre et c'est bien trop puissant pour qu'elle puisse le cacher plus longtemps.
- Écoute ce qu'elle a à te dire, mon ange, intervient Trowa en tournant son visage vers eux, mais sans se lever.
Leurs regards s'accrochent quelques secondes et Quatre est heureux de n'y lire qu'amour et confiance, dans celui de Trowa.
- Bien, allons nous asseoir, ce doit être difficile de rester debout, dans ton état, Manâh.
- Merci, répond-elle en s'avançant dans le salon.
Quatre referme la porte puis fait quelques pas mais reste debout, puisque Manâh ne semble pas décidée à s'installer.
Elle semble perdue dans ses pensées...
- Manâh...
- Le Destin utilise les moyens à sa portée pour tracer les contours d'une voie qu'Il n'avait seulement fait qu'esquisser, jusque là, lui dit-elle en lui faisant face. Je ne suis que l'un d'eux et j'obéis, mon Prince.
- J'entends bien, mais nous n'avons jamais... Manâh, nous avons toujours fait en sorte que ce genre de choses ne puisse arriver.
- Tu as toujours réservé ton essence de vie à ton seul amour et je l'ai toujours accepté et respecté, mon Prince. Mais même si tu es mon Seigneur, il y a certaines choses que j'ai été amenée à faire, à ton encontre.
- Qu'est-ce que... tu as fait, Manâh ?
La jeune femme ferme les yeux quelques instants, puis les rouvre et les plonge dans ceux de Quatre.
- Je t'ai drogué et aie profité de ton état hallucinogène. Tu croyais unir ton corps à celui de Trowa, comme dans tes rêves.
- Je n'ai pas pu confondre ton corps et celui de Trowa, même si je ne le connaissais pas encore, puisque nous n'étions pas encore amants !
- Le pouvoir hallucinogène de la drogue était réellement très puissant, mon Prince, mais rassure-toi, sans aucun danger pour ton organisme.
Le regard de Quatre se durcit alors que son attitude entière avait commencé à se radoucir.
- Tu m'as trompé.
- Je ne te demande pas de me pardonner, mais je suis seule responsable il ne faut pas que tu en veuilles à...
- Je n'ai aucunement l'intention d'en vouloir à cet enfant, la coupe-t-il avec un calme glaçant. Mais qu'espères-tu, c'est ça que j'aimerais comprendre, Manâh. Qu'est-ce que tu attends de moi, pourquoi as-tu agi ainsi ? Ce ne peut être pour me retenir, puisque tu es la femme du Destin, tu ne peux appartenir à aucun homme par la voie sacrée du mariage.
- Ce que je veux ne compte pas, soupire-t-elle. Ce que je dois faire, je le fais, quoi qu'il m'en coûte. Je devais donner un héritier aux Raberba. Ton père... ton père refuse encore et toujours...
- Manâh...
La jeune femme s'assoit brusquement, une main sur son ventre.
Trowa se lève et lui sert rapidement un verre d'eau qu'il tend à Quatre, qui le remercie d'un sourire avant de le donner à la jeune femme, auprès de qui il s'est assis, à son tour.
Elle le remercie également et boit une longue gorgée, avant de reprendre.
- Ce sont les femmes de notre famille qui, depuis des générations, grâce au jeu des alliances, donnent les héritiers à la famille Raberba. C'était le cas jusqu'à ton père... Tu es le seul... Ton père refusait, il ne voulait que ta mère, même après sa mort. Tu sais que beaucoup ont considéré que sa mort était due au fait d'avoir porté l'héritier mâle des Raberba, à la place de ma mère.
Quatre serre les poings.
- Je ne veux plus entendre un seul mot à ce sujet, Manâh.
- Pardonne-moi, mais tu dois comprendre... Ma mère ayant échoué pour sa génération, c'était à moi de concevoir avec toi le futur héritier, c'est pour ça que j'ai été rappelée à Aden, il y a dix ans. Si tu avais été le fils de ma mère, donc mon demi-frère, c'est une autre femme de ma famille, au sang différent de celui de ma mère de par les alliances, mais au premier ancêtre commun, qui t'aurait donné un héritier. Mais ton père a rejeté ma mère par amour pour la tienne, tout comme tu m'as rejeté par amour pour Trowa. "Assez de déshonneur sur notre famille", voilà les mots terribles d'une mère rejetant son propre échec sur sa fille. Je suis tellement désolée, mon Prince...
Quatre rapproche sa chaise de celle de Manâh et lui prend la main.
- Tu n'as pas à l'être, j'ai fini par comprendre tes raisons. Mais que comptes-tu faire, à présent ? Vas-tu t'en occuper seule ?
Manâh pose sa main sur la sienne où brille l'anneau offert par Trowa et la déplace légèrement pour ne pas que sa peau entre en contact avec l'objet en question, qui l'a comme brûlé, lorsqu'elle l'a touché.
- Tu comptes fonder une famille avec Trowa, alors je vous laisse le temps de vous préparer à être parents. En attendant, tes sœurs s'en occuperont. Si je reste, je crains de trop souffrir, lorsque je devrais m'en séparer. Il est déjà très difficile pour moi de devoir renoncer à toi, mon Prince.
Quatre ne peut retenir un soupir.
- Trowa et moi n'avons même pas encore parlé de notre futur mariage à ma famille, Manâh. Je ne suis pas étonné que tu le saches déjà, mais je doute que ce soit le cas de tout le monde. On a encore rien prévu et tu nous accouches un bébé dans les bras !
- Deux, mon Prince.
- Je te demande pardon ? l'interroge Quatre, pas sûr d'avoir bien saisi.
- Ce sont des jumeaux, confirme-t-elle avec un timide sourire.
Trowa tente tant bien que mal de se retenir, mais il n'y arrive pas et se met à rire de bon cœur.
Quatre ne sait pas si c'est la nouvelle en elle-même ou bien si c'est la tête qu'il doit faire qui en est responsable, mais son rire est communicatif et bientôt, il y mêle le sien.
Manâh sourit un peu plus franchement, soulagée.
Mais ils reprennent tous bien vite leur sérieux.
- Mon Prince, je sais que tout est très soudain, mais je devais agir vite. Je savais que je partageais ton lit pour la dernière fois, je savais que la prochaine fois que tu reviendrais ici, tu serais lié entièrement à Trowa et que plus rien ne pourrait alors vous séparer. Je ne t'aurais pas tendu un vil piège, sachant cela, alors j'ai fait ce que je devais et je n'ai eu de cesse de prier que tu me pardonnes. J'avais si peur de te perdre complètement, que tu me détestes...
Vaincue par le flot d'émotions, la jeune femme laisse couler ses larmes.
Quatre, étonné par le brusque changement d'humeur, se reprend vite ; il a l'habitude, ayant grandi avec la plupart de ses vingt-neuf sœurs.
Il la prend donc dans ses bras, et elle s'abandonne à cette étreinte avec une joie non dissimulée.
- Ça ira, Manâh, je ne t'en veux pas du tout. Nous allons tous retourner au Palais et discuter avec mon père et quelques unes de mes sœurs présentes. Dès demain, Trowa et moi repartirons pour le désert, comme c'était prévu et à notre retour, nous prendrons la meilleure décision pour tout le monde. D'accord ?
La jeune femme se redresse et essuie ses larmes.
- Je suis devenue si sensible, pardonne-moi, ce sont...
- ... les hormones, je sais, ne t'inquiète pas. Veux-tu te reposer encore un moment ici, avant que nous ne retournions au Palais ?
- Non, merci, mon Prince. Je vais demander à Rashid qu'il m'y conduise directement, je me reposerai là-bas, en attendant votre venue. Trowa et toi avez besoin de vous retrouver seuls, avant d'affronter ton père.
- Nous pouvons discuter dans la voiture...
- Bien sûr, mais vous avez également besoin de vous retrouver, de vous toucher, de vous dire certaines choses sans témoins. Je serai entre de bonnes mains auprès de Rashid et une fois au Palais, je rejoindrai Iria qui me tiendra compagnie, le temps que vous arriviez.
- D'accord, dans ce cas, je l'appelle.
- Merci, mon Prince.
Manâh se lève, alors que Quatre compose le numéro de Rashid.
Il la raccompagne ensuite jusqu'à l'entrée, puis jusqu'à la voiture, où il l'aide à monter, après l'avoir longuement serrée dans ses bras et ce malgré la distance qu'il est censé garder avec elle...
Ceci fait, il rejoint Trowa, toujours au Salon.
Il entre et referme la porte, avant de s'y appuyer en soupirant.
Ils se regardent tous les deux longuement, immobiles, puis Trowa s'avance jusqu'à lui, jusqu'à coller son corps au sien et pose son front contre le bois de la porte, tout près de son visage.
Les bras le long du corps, ils ne bougent pas, se contentant de respirer l'odeur de l'autre qui leur a tant manqué, de savourer cette présence et cette chaleur qu'ils perçoivent et qui menacent de leur faire perdre tout contrôle.
- Trowa...
- Oui, mon ange ?
- Je suis désolé pour tout ça...
- Pas moi, répond-il en détachant son front de la porte. D'ailleurs, félicitations, ajoute-t-il en lui souriant, remontant une de ses mains pour effleurer quelques mèches blondes qui barrent son front.
- Merci, mais...
Trowa le coupe en posant ses lèvres sur les siennes.
Enfin, il commence seulement par les effleurer avec une lenteur délibérée et Quatre a du mal à savoir si c'est son souffle ou bien ses lèvres qu'il sent sur les siennes, d'une seconde à l'autre...
Il se décide alors à participer et leurs lèvres finissent par se joindre, toujours avec les mêmes douceur et lenteur, toujours de manière superficielle, sans chercher à aller plus loin et ce malgré la tension qui les habite et fait vibrer leurs corps.
- Tu m'as tellement manqué...
- Toi aussi, tu m'as manqué, tu n'imagines pas à quel point... répond Quatre.
Dans un même mouvement, leurs bras se referment autour du corps de l'autre pour le serrer d'avantage contre le sien et approfondir ce baiser qui commence à ne plus leur suffire...
Cette fois, ils ne cherchent plus à se retenir et font passer toute leur passion et leur désir dans ce baiser voleur d'âme.
Trowa abandonne bientôt ses lèvres pour glisser en doux baisers le long de sa mâchoire.
- J'ai envie de toi... souffle-t-il au creux de l'oreille de Quatre, qui frissonne violemment à ces mots.
- Moi aussi... soupire-t-il en répondant à la pression de son corps par un provocant mouvement de bassin.
Trowa étouffe un gémissement contre son cou, puis, incapable de résister, mordille tendrement la peau offerte.
- Je te veux tellement, mon ange... J'ai tellement envie de me perdre en toi, à nouveau...
- Alors prends-moi, Trowa, supplie-t-il en s'attaquant à sa chemise.
- On ne peut pas... pas ici... réplique-t-il en dévorant son cou et son visage de baisers, mais en tentant tout de même d'empêcher les mains de Quatre d'aller plus loin.
- Si... Personne ne viendra nous déranger... insiste-t-il en parvenant à défaire encore un bouton. Ils savent qu'on est seuls... J'ai dit à Ahmed de veiller... à ce qu'on nous laisse... tranquille...
- Dans ce cas...
Il se détache de Quatre avec l'intention de le guider jusqu'au canapé du Salon, mais Quatre le retient et le ramène contre lui et en profite même pour se débarrasser de sa chemise, enfin entièrement déboutonnée.
- Je veux que tu me prennes ici, Trowa, explique-t-il après lui avoir donné un baiser sulfureux. Je veux que tu me fasses l'amour debout, contre la porte...
- Te prendre debout contre la porte a peu de chose à voir avec te faire l'amour, mon ange, proteste-t-il entre baisers et poursuite de l'effeuillage. C'est vraiment ce que tu veux ?
- Peu importe le terme que tu lui donnes... halète-t-il en lui rendant ses baisers et ses caresses, ce sera fait avec amour, mon Trowa. C'est ce dont nous avons besoin... tous les deux... ce que nos corps... réclament...
- D'accord, mon ange...
A partir de cet instant et durant les vingt minutes qui suivent, peut-être davantage, plus aucune phrase intelligible n'est prononcée...
Seuls les soupirs, les gémissements, les cris, impossible à retenir, ainsi que les coups rythmés contre la porte ont résonné, échappant rapidement à tout contrôle.
Tant et si bien que les employés de la villa, encore occupés à terminer de préparer le retour de leur cher Maître Quatre, ont fini par considérer cette partie de la maison comme "zone sinistrée" ou comme "zone ne nécessitant plus aucune intervention", pour pouvoir se concentrer sur les parties les plus éloignées d'elle...
Aussi, Quatre et Trowa ne sont pas étonnés de ne trouver personne dans les environs immédiats, lorsqu'ils sortent enfin du Salon, presque une heure entière après que Quatre les y ait enfermés.
Quatre laisse le Salon - parfaitement rangé - grand ouvert, pour signifier qu'ils ne sont plus là et ils prennent encore le temps de monter dans la chambre de Quatre pour prendre une bonne douche, le plus rapidement possible, déplaçant tout de même la "zone sinistrée" d'un étage...
Propres et frais, beaucoup moins tendus, forcément, ils quittent la villa, près à se rendre au Palais pour affronter le chef de famille...
Ils trouvent Rashid à l'entrée, devant la voiture, les attendant visiblement.
Quatre ne lui avait pas demandé de revenir les chercher, il pouvait prendre une des voitures lui-même, mais il est ravi de cette initiative...
A l'arrière de la voiture, séparé de l'avant par une vitre teintée, il peut ainsi profiter encore un peu de son Trowa, qui lui a terriblement manqué et savourer leurs retrouvailles, un peu plus mouvementées que prévues...
C'est aussi comme ça qu'il reprend des forces, parce que quelque chose lui dit que ce qui les attend, au Palais, risque de ne pas être une partie de plaisir...
Manâh a évoqué un "affrontement" avec son père et s'il y a bien une personne au monde qui ne choisit pas ses mots au hasard, c'est bien elle...
Lorsqu'ils arrivent enfin, c'est Iria et Nawel, deux des sœurs de Quatre les plus âgées, qui les accueillent - très chaleureusement - avant de les conduire dans le Salon Privé, où Chérif Raberba les attend.
Celui-ci se lève à leur entrée.
- Bonjour Trowa, soit le bienvenu dans notre ville et dans mon Palais, lui dit-il en posant sa main sur son cœur, puis en la lui tendant.
- Bonjour, Mr Raberba, je vous remercie pour votre accueil.
Il prend la main tendue et la serre, puis Chérif la porte à ses lèvres et l'embrasse, avant d'être imité par Trowa, ceci à trois reprises, comme le veut la tradition.
Quatre est soulagé de ces salutations un peu moins formelles que la poignée de main classique, il ne sait pas trop à quoi s'attendre avec son père.
Il a toujours beaucoup apprécié Trowa et toute la famille Maxwell, en général, mais la situation a évolué.
C'est la première fois que Trowa est reçu en tant qu'amant et non plus seulement en tant qu'ami, même si Chérif Raberba préfère ignorer les détails intimes de leur relation, il lui reconnaît son caractère amoureux.
- Nous aurons l'occasion de discuter un peu plus longuement, durant la soirée, car vous restez dîner avec nous. Mais pour l'heure, nous devons nous réunir en famille, je te prie donc de nous excuser. Tu es ici chez toi, tu es libre d'aller où bon te semble, nos employés sont à ta disposition, tu...
- Loin de moi l'idée de te manquer de respect, père, mais il est hors de question que j'accepte que tu tiennes ainsi Trowa à l'écart de cette réunion, qui le concerne également.
- Quatre, ça va, je comprends...
- Non, Trowa, ça ne va pas. Mon père t'accueille comme un ami, mais pour moi, tu fais partie de la famille.
- Mon fils...
- Oui, père, Trowa fait partie de la famille, reprend Quatre en faisant face à son père. Tu détournes le regard chaque fois qu'il se pose sur ma main, ajoute-t-il en la lui présentant, mais il n'empêche que cet anneau orne bien mon annuaire gauche et tu sais ce que ça signifie.
- Ne sois pas ridicule, mon garçon. Vous pouvez bien vous pavaner avec le symbole d'une union au doigt, cela n'est et ne reste qu'un symbole sans réelle valeur sociale !
- Le symbole d'un amour dont nous allons bientôt témoigner publiquement, père.
- C'est une plaisanterie de très mauvais goût, Quatre, réplique le chef de famille en se rasseyant dans son grand fauteuil.
Quatre s'apprête à répliquer quelque chose, mais Trowa le devance.
Sans un mot, il s'avance simplement jusqu'à Chérif Raberba et s'agenouille devant lui, sa main gauche sur sa cuisse, la droite posée sur son coeur, pour signifier que c'est sa voix qu'il exprime.
- Mr Raberba, commence-t-il en le regardant dans les yeux, pas par défi, mais pour qu'il puisse y lire la sincérité de son propos, ce qui me lie à votre fils est l'un des bien les plus précieux que j'ai, en ce monde, je ne pourrai en aucun cas en faire le support d'une quelconque plaisanterie. Je l'aime de tout mon être et c'est la raison pour laquelle je me présente humblement devant vous, pour vous demander de bien vouloir m'accorder...
- Sa main ? le coupe froidement Chérif Raberba en le toisant, visiblement très en colère. Comment oses-tu prétendre aimer mon fils, alors que tu l'insultes en t'agenouillant devant moi, pour me demander sa main comme s'il était une femme !
- Je ne vous demande pas sa main comme j'aurais demandé celle de l'une de vos filles, Mr Raberba, ne vous méprenez pas. Je vous demande le privilège incommensurable de partager la vie de votre fils et héritier, l'un des êtres les plus précieux que vous ayez, en ce monde. De même que pour vous, il n'est pas seulement votre unique fils et héritier, mais également votre enfant chéri au-delà de toute raison, de même, pour moi, il n'est pas seulement un homme, mais mon âme sœur. Il m'importe peu que cette âme se soit incarnée dans un corps d'homme ou de femme, mais je ne lui manquerai jamais de respect, en dénigrant ce fait. Ce n'est pas seulement un corps que je vois, lorsque mes yeux se posent sur lui, conclut-il en tournant soin regard vers Quatre, ému au possible par ce long exposé vibrant d'amour et de détermination.
Visiblement, il a réussi à émouvoir autant ses deux sœurs, toujours présentes, mais ne souhaitant pas encore intervenir, que le chef de famille, dont la colère est entièrement retombée.
Chérif Raberba se lève et fait quelques pas jusqu'à la fenêtre, par laquelle il porte son regard sur les jardins, un long moment, avant de revenir s'installer dans son fauteuil.
Quatre se place aux côtés de Trowa et s'agenouille, posant sa main sur la sienne, toujours sur sa cuisse.
- Père, tu sais ce qui me lie à Trowa, depuis six ans et bien avant notre rencontre, depuis notre naissance et au-delà, probablement.
- Mais il est question ici d'un mariage, mon fils. J'ai accepté votre relation, certes. Lorsque tu es parti et que tu m'as dit que tu avais l'intention de vivre enfin ton amour avec Trowa, j'ai été heureux pour toi. Je le suis toujours, de savoir que tu connais une telle passion, aussi forte que celle qui m'unissait à ta mère. Les signes sont là, je ne peux le nier. Mais un mariage... Ce serait enfreindre les règles, mon fils. Comment pourrais-tu légitimement hériter, après cela ?
- Alors je renonce à mon héritage.
- Il suffit, Quatre ! Tu es mon unique fils, je ne te laisse pas le choix.
- Tu l'as dit toi-même, la légitimité de mon héritage sera remis en cause par mon mariage avec Trowa.
- C'est pourquoi je ne peux accepter cette union.
- Et moi, je refuse d'accepter ça, père je suis désolé, réplique-t-il en se levant, prenant le bras de Trowa pour qu'il fasse de même.
- Mais par Allah ! Quel besoin avez-vous de vous marier ? Je ne vous interdis pas de continuer discrètement votre relation...
- Secrètement, tu veux dire ? Non, père, je refuse d'une telle vie où chaque fait et geste doivent être surveillés, contenus, retenus, analysés, interprétés... Aimer Trowa n'est pas une honte et je veux le faire au grand jour. Je veux porter le nom de Trowa et lui donner le mien.
Chérif Raberba se lève en tapant violemment du plat de la main sur l'accoudoir de son fauteuil.
- Tu vas trop loin !
- Je donnerai celui de ma mère, si tu refuses que je t'utilise celui de nos ancêtres ! De toute façon, je renoncerai à ce nom, en même temps qu'à mon héritage, en épousant Trowa.
- Tu ne l'épouseras pas ! Vous m'avez demandé mon accord, je refuse et c'est sans appel.
- Et bien nous nous en passerons ! C'était seulement par respect pour toi, père, que nous t'avons présenté notre requête. Tu ne m'as jamais laissé le choix, alors aujourd'hui, je le fais seul !
- Ta mère est morte pour te donner naissance, à toi, l'héritier Raberba, veux-tu la tuer une seconde fois en crachant sur l'héritage de notre famille ?
Un lourd silence accueille ces dernières paroles.
- Je n'aurais jamais cru que tu puisses aller si loin, père. Toi qui m'as caché si longtemps la vérité sur ma naissance pour m'éviter de culpabiliser, toi qui m'as si souvent dit et répété que je n'étais pas responsable de sa disparition, me dire ce genre de choses opposées, aujourd'hui...
- Les mots ont dépassé ma pensée réelle, mais tu m'as poussé à bout !
- Quatre, Père, si je peux me permettre, vous avez tous les deux été trop loin, cela suffit, intervient Iria en se levant. Avant de dire encore des choses dépassant vos pensées, rasseyons-nous et reprenons calmement notre sujet.
- Tu as toujours été du côté de ton frère, remarque Chérif Raberba en se rasseyant.
- C'est faux, père, pas lorsqu'il avait tort. Mais comme cela n'est arrivé que rarement c'est l'impression que cela t'a laissé, explique-t-elle en souriant à son petit frère.
- Es-tu en train de me dire qu'il a raison et que je dois le laisser faire ?
- Je ne me permettrais jamais de te dicter ta conduite, père. Je sais seulement que certaines choses nous dépassent. Je te trouve injuste avec Quatre, parce que tu as toi-même enfreint les règles, en épousant notre mère. Tu as continué en refusant de t'unir à Khalifa, pour qu'elle donne un héritier à notre famille, selon la tradition ancestrale. Tu as également refusé de te remarier, après la mort de notre mère et tu as repoussé Manâh elle-même, l'amenant, quelque part, à user de ce subterfuge avec Quatre.
- Voilà que je suis responsable de tout, à présent !
- Pas de tout, père, intervient Nawel, mais reconnais au moins que tu t'es battu pour notre mère, alors tu devrais comprendre le combat que mène Quatre, en cet instant, et ne pas lui opposer une si farouche résistance.
- La famille Raberba a déjà un héritier en la présence de Quatre, pourquoi me serais-je remarié ? Pourquoi aurais-je conçu un autre enfant ? Quant à Quaterine, elle a été acceptée rapidement par la terre et par les hommes.
- Trowa le sera encore plus qu'il ne l'est déjà, assure Iria, parce que Quatre l'a été et que Manâh accepte de leur confier les héritiers qu'elle a donner à notre famille.
- Ce mariage sera accepté, ajoute Nawel, parce qu'il sera pris du point de vue de l'héritage occidental de Quatre. Aimer et se marier avec un homme ne le rendra pas incompétent en affaires et quant aux héritiers, la descendance est déjà assurée. En plus, ce sont des jumeaux, ce qui rétabli l'équilibre que tu as toi-même perturbé, père.
- Les croyances et superstitions ont la vie dure, mes enfants. Ce mariage sera vu comme une provocation et les affaires risquent de mal tournées.
- N'est-ce pas ce que ton propre père te disait ? intervient Quatre pour la première fois depuis l'entrée en scène de ses sœurs. Mère ne s'est pas convertie à l'islam, même si elle n'a jamais pratiqué sa religion, non plus. J'ai baigné dans ce double héritage, tout le monde le sait et le reconnaît. Quant à l'empire Raberba Winner, ne porte-t-il pas le nom de mère autant que le tien ? Et il est l'un des plus florissant de tout le monde arabe et en très bonne position à l'échelle mondiale.
- Père, pourquoi lui refuser une liberté que tu as toi-même prise ? demande Iria en se rapprochant.
- Cela viendrait-il de moi ? intervient soudain Trowa. Me trouvez-vous indigne de votre fils ?
Chérif Raberba soupire.
- Je sais que tu es un honnête homme, issu d'une famille des plus respectables, que j'apprécie énormément. Je ne te jugerai pas comme mon père a jugé Quaterine, en son temps. Je préfère laisser la Terre de mes ancêtres le faire. Partez, comme prévu, à la rencontre du désert. Si tu es capable de le vivre aussi profondément que si tu y étais né, au lieu de te contenter de le parcourir comme un touriste naïf, plus personne n'aura de raisons valables de contester ce mariage. Nous en reparlerons à votre retour, termine-t-il en se levant.
- Merci, Mr Raberba, lui dit Trowa, sa main posée sur son cœur et le buste incliné en signe de profond respect.
- Merci, père, lui dit également Quatre, puis ses deux sœurs.
En passant devant son fils, Chérif Raberba ne parvient pas à retenir un geste vers lui et lui presse l'épaule un court instant.
Après un dernier long regard, autant pour son héritier que pour son "prétendant", s'attardant quelques secondes sur leurs deux mains entrelacées avec confiance, il quitte la pièce.
Les deux hommes se serrent l'un contre l'autre très rapidement, par respect pour les deux femmes toujours présentes, puis ils vont les remercier pour leur soutien déterminant.
Ils ont à peine terminé leur séance de remerciements que l'on frappe et la porte s'ouvre sur Manâh.
Elle leur sourit et tout le monde se rassoit, les trois femmes sur une banquette, les deux hommes sur une autre, face à elles.
- Pourquoi tu n'es pas venue assister à cette réunion ? lui demande Quatre, alors qu'Iria leur sert un thé qu'un employé vient d'apporter.
- Ton père est incapable de réfléchir correctement en ma présence, répond-elle, provoquant un rire général.
- Oh ! Ils ont bougé ! s'écrie soudain Nawel, dont la main est posée sur le ventre de Manâh. Enfin, peut-être qu'un seul a bougé, je sais pas trop...
- Ils font souvent des concours, soit de celui qui tape le plus fort, soit de celui qui tape le plus vite. La, je crois que c'est à celui qui tapera le plus fort, grimace-t-elle en repoussant sa longue natte rousse dans son dos.
- Oui ! confirme Iria en posant sa main à son tour près de celle de sa sœur. Qu'est-ce qu'ils cognent fort ! Tu n'as pas mal ?
- Pas du tout, la rassure-t-elle en souriant, je m'y suis habituée. Excusez-moi, mesdames...
Elle se lève doucement et vient s'asseoir près de Quatre, à qui elle prend la main.
- La situation ne s'y prêtait pas vraiment tout à l'heure, mais à présent, que dirais-tu de faire connaissance avec eux ?
Quatre sourit et comble de lui-même l'écart qui sépare sa main du ventre de Manâh, ou plutôt de ses enfants.
Son visage s'illumine lorsqu'il sent le premier coup, mais dès qu'il a posé sa main, il a déjà senti, grâce à son pouvoir, le lien particulier unissant les enfants à leur mère...
Un lien qui semble se distordre pour venir à sa rencontre, ayant rendu sa présence sensible...
Son sourire s'élargit et il lève les yeux vers Manâh, avant de se tourner vers Trowa, sur sa gauche.
Trowa est bien sûr ravi pour lui, mais il est humain alors il souffre, parce qu'il se sent exclu de cet instant magique.
Mais il enterre tout ça au fond de son cœur, pour ne pas gâcher le bonheur de Quatre.
Il y arrive, Quatre ne perçoit rien...
Mais par contre, peut-être est-ce dû à l'intuition féminine plutôt qu'à son propre pouvoir, Manâh comprend parfaitement ce qu'il peut ressentir.
Alors elle tend sa main et attrape celle de Trowa pour la ramener et la poser sur son ventre, faisant en sorte qu'elle touche celle de Quatre.
Celui-ci la remercie d'un sourire ; il en mourrait d'envie, mais il n'aurait jamais osé lui demander...
Ce n'est pas quelque chose qui se demande, de toute façon.
Il se tourne ensuite légèrement vers Trowa, appuyé contre son dos et lui sourit.
Cette fois, Trowa lui rend un sourire des plus sincères.
Ils restent ainsi un moment en silence, à sentir la vie au travers de leurs mains.
Trowa ne sait pas si c'est grâce à Quatre, à leur lien, à leurs mains qui se touchent, mais il sent et ressent des choses avec une rare intensité.
Iria et Nawel, face à eux, sentent leurs larmes brûler leurs yeux, devant ce tableau si touchant.
Iria se lève discrètement et va chercher de quoi immortaliser cet instant magique.
Aucun des trois n'ouvrent les yeux, qu'ils ont fini par fermer, pour savourer pleinement ce partage de sensations uniques, complètement perdus dans leur monde...
Le retour de Chérif Raberba brise malheureusement cette bulle de félicité où ils flottaient.
Celui-ci reste un instant figé devant cette scène surréaliste, pour lui, alors que Trowa et Quatre se redressent et retirent leurs mains.
- Quatre, j'ai besoin de ton avis sur une transaction, dit-il avant de faire demi-tour, sans laisser transparaître la moindre émotion.
Le jeune homme soupire et se lève, s'étirant longuement, comme après une longue nuit de sommeil...
- Le devoir m'appelle... Il profite toujours de mon passage, aussi court soit-il, pour me faire travailler.
- Tu es absent depuis un moment, Quatre, lui rappelle Iria.
- Ça ne m'a pas empêché de gérer certains dossiers à distance. Enfin bref, n'allons pas le contrarier davantage...
- Oui, vas-y, nous allons bien nous occuper de ton fiancé, en attendant l'heure du dîner... lui assure Nawel avec un large sourire.
Quatre lève les yeux au plafond.
- N'hésite pas à les envoyer balader, surtout. A plus tard, dit-il encore à Trowa en posant simplement sa main sur sa joue, rapidement. Manâh, tu restes dîner, n'est-ce pas ?
- Oui, elle reste ! Allez, file retrouver père, on s'occupe de tout le monde !
- C'est bien ce qui me fait peur...
Sur un dernier sourire, tout en évitant le coussin lancé par Nawel, il quitte le Salon Privé en direction du bureau de son père.
Comme il s'en doutait, seules les affaires sont évoquées, pas un mot sur leur réunion ou sur Trowa n'est prononcé.
Et tant mieux, quelque part...
De toute façon, il n'y a rien de plus à dire !
Le vrai test pour Trowa commencera le lendemain.
Et si Quatre a une confiance absolue pour la suite des événements, ce n'est pas tout à fait le cas de Trowa, que seule la présence des trois jeunes femmes, dont les deux sœurs, qui effectivement s'occupent vraiment bien de Manâh et de lui, lui permet de mettre ses appréhensions de côté.
Mais elles n'en restent pas moins très présentes...
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A suivre...
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Notes générales :
(1) yakimono : littéralement "choses grillées", regroupe sous cette appellation, dans certains restos japonais, les grillades de viandes qu'ils proposent ; les yakitori sont des brochettes de poulet (yaki poulet) mais à force ça désigne toutes les brochettes.
Petit rappel : Manat ou Manāh était une déesse du destin vénérée en Arabie à l'époque préislamique. Ce que l'on sait d'elle provient essentiellement du Livre des idoles de Hisham ibn al-Kalbi. Elle aurait été l'aînée des trois "filles du dieu" (probablement Houbal) qui semblent avoir été objets d'un culte fervent à la Mecque : Allat, Manat et Uzza. Les Nabataéens lui rendaient également un culte sous le nom de Manawat ou Manawatu et l'identifiaient à Némésis, mais en faisaient, selon Julius Wellhausen, la mère d'Houbal.
Notes de l'auteure :
Merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère vraiment qu'il vous a plu, surtout à ceux qui l'attendaient !
Pour le prochain chapitre, j'ai mon plan détaillé, comme pour les six de prévus avant le clap de fin, mais j'avoue que certaines choses sont un peu floues encore...
Ce qui est certain puisque déjà écrit, c'est Trowa et Quatre dans le désert...
Pour la suite, il faudra attendre une dizaine de jours, pas mal de choses m'attendent et j'avoue que ça fait du bien de laisser poser un peu cette histoire, elle me demande beaucoup de travail et c'est bien de me couper un peu pour me consacrer à d'autres fics où les persos ont d'autres caractères...
Sur ce, je vous dis à bientôt, pour ceux qui le souhaitent !
Bonne continuation, bonne semaine, bon courage à vous.
Bises.
Lysa
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