A Meryl et Audrey .
SABLE D'ISHBAL
- Make it stop ( September's Children)-
( Chanson qui m'a inspirée la partie de Marie , regardez le clip et les paroles)
« Bonjour Commandant Miles , prenez place , je vous en prie.» le salua Leah Sue , désignant le siège en face du sien d'un geste de la main .
Prenant place , il se tint droit un comme i , n'osant rien dire . Son interlocutrice le fixa sans dire un mot non plus . Au bout de deux minutes , un sourire apparut au coin de ses lèvres et elle dit d'une voix sarcastique :
« - A Briggs , vous vous regardez toujours en chiens de faïence comme ça ? Pas étonnant qu'il y ait toujours des conflits à la frontière Nord si personne ne discute .
- Facile à dire quand on reste dans un bureau à longueur de temps .
- Le chien de faïence montre des dents ! J'ai touché un point sensible on dirait ... Toujours attaché à sa niche neigeuse , malgré le sable ? continua la rousse sur le même ton impertinent .
- Vous ne m'aurez pas en me taquinant sur ce sujet , je ne suis pas venu pour ça , Capitaine Sue , répliqua Miles , sourcils froncés .
- Pas du genre à vous laisser démonter , n'est-ce pas ? J'aime beaucoup ça . Je ne pense pas que ce sera très long avec vous . Pas que vous ne soyez pas intéressant , Commandant Miles , mais parce que vous avez déjà évoqué vos .. «relations» fit Leah en mimant les guillemets avec ses doigts , il y a de cela un bout de temps , avec le Président , et à travers la circulaire de nos services .
- La circulaire ? l'interrompit le métis , écarquillant les yeux derrière ses lunettes noires .
- Vous pensez pas qu'on allait rester dans l'ignorance comme des cons , non ? Même les civils savent une partie de l'histoire , alors , nous , les militaires qui étions déjà en fonction , avions bien le droit de savoir dans quel pétrin nous étions fourrés . Donc , je sais une partie de ce qui s'est passé , mais nous n'avions pas insisté sur votre témoignage ... Je vais juste vous garder un petit moment pour remettre le doigt sur quelques détails . Compris ?
- Compris . Nous commençons quand vous voulez .
- Je dois ... commença Sue , soudain nerveuse . Je dois commencer par vos origines Ishbales . Par rapport à ... à ce que vous avez pu ressentir face à lui , et ce que ...
- Je vois , la coupa Miles . Pas de souci . Commencez quand vous le voulez . Je n'aime pas qu'on prenne des pincettes sur ce sujet ou qu'on tente de me ménager .
- Vous avez du chien , Commandant Miles !»
« - Sale chien !
- Schvulah ! Schvulah !
- Ne t'avise pas de toucher notre eau avec tes salles pattes souillées !
- Casse-toi !
- Qu'est-ce qui se passe ?» tonna Marie , entendant ces insultes .
Devant elles , quatre adolescents , dont un à terre . Les trois fautifs , l'apercevant , s'enfuirent plus vite que la lumière , la laissant bouche bée ( NDA inutile : si je craque mon slip dans les phrases à venir , c'est que j'écoute « La bamba triste» de Pierre Billon . Vous z'êtes prévenus). Elle s'approcha du jeune homme à terre et lui demanda :
« Ça va ?
- Oui .. Oui , j'ai l'habitude , confessa-t-il , la main sur l'oeil .
- Ah , parce que ça arrive souvent ?
- Euh .. Oui . Mais c'est pas grave , c'est normal . Je m'appelle Halkim , au fait .
- C'est normal de te faire traiter de ... Je sais pas au fait , avoua Marie . Mais ça n'avait pas l'air très gentil en tout cas . Personne ne devrait se faire tabasser de la sorte , pourquoi tu ne défends pas ?
- Bah ... Euh .. Je peux pas le dire ! Je dois y aller !» déblatéra Halkim , avant de partir à son tour , avec son seau vide .
- Mais !»
Vaincue , Marie alla chez vers le chantier de l'hôpital . Tourmentée , , elle finit par prendre Zaham à part . Bien qu'il soit Moine avant tout , il aidait souvent sur les chantiers , d'autant plus que son frère était mort dans l'attaque du bâtiment . C'était un peu sa thérapie , avait-il avoué . Surpris , le moine musclé demanda :
« - Que se passe-t-il ?
- J'ai un petit problème lexical ... commença Marie , parlant avec les mains .
- Lequel ?
- Je me sens assez mal comme c'est apparemment un gros mot ou une notion pas super-super polie ...
- C'est pas vous qui avez dit il y a une heure : « Vous savez rien foutre bande de gros glandus de merde ?» dans un accès de colère ? pointa Zaham , plus amusé qu'autre chose .
- Oui , mais ça ... Disons que c'est pas la même chose quand c'est moi qui le dis de moi-même et quand je le rapporte , voyez ? Non ? Ok .
- Crachez le morceau , nom d'un chien !
- Que veut dire « Schvulah» ? lâcha-t-elle d'un coup .
- Oh !»
Marie remarqua que Zaham avait la main sur la bouche , et craignit le pire . Le Moine finit par expliquer :
« - Ça désigne un homme qui aime les hommes .
- Un gay , en gros ?
- Oui , mais de manière plus crue , disons . Il est mal vu d'être homosexuel ici , comme ... notre Déesse est une femme et que nous sommes une petite ethnie , il vaut mieux être dans le rang et avoir des enfants , dit-il avant de repartir travailler.
- Je vois ... Je vois même trop bien .» soupira Marie.
« C'est quoi cette dégaine ?»
Annabel Winterton et sa voix doucereuse de méchancetés . Ses jolies boucles d'or autour de son visage aux belles joues roses , avec ses petites jupes plissées et ses chaussettes en une moue , Marie, 14 ans , se retourna vers sa gauche :
« - T'as un problème , peut-être ?
- Non , mais toi , si , sûrement !
- A part le fait que tu me fasses considérablement chier en faisant des commentaires sur ma façon de m'habiller , j'en vois pas .
- Comanche-Grant , votre langage ! Retenue ! Une heure ! fit la voix impérieuse de sa professeure de mathématique , à l'autre bout de la classe .
- Mais c'est Annabel qui a commencé à m'faire des commentaires , Mademoiselle ! s'époumona l'adolescente .
- Tut-tut-tut , un point , c'est tout !»
Devant l'air triomphant de la peste de son collège , Marie serra des dents . Ce n'était pas la première fois . Pas la première fois qu'on la disait « garçon manqué». Pas la première fois que les filles la traitaient en paria . Pas la première fois qu'on critiquait ses cheveux très courts . Pas la première fois qu'elle devait fermer sa gueule .
« Tu étais ENCORE en retenue ? Pour quel motif , fais voir ? « Langage irrévérencieux» ! Une jeune fille ne parle pas vulgairement , Marie Lucie ! Tu devrais le savoir ! Mais peut-être te plais-tu à m'humilier devant tes petites camarades et leurs mères ! Oh mon Dieu , oh mon Dieu .. se lamenta Amanda Gr ant , la tête entre les mains . Qu'est-ce qu'on va faire de toi ?»
Devant elle , sa fille gesticulait sur ses pieds . Elle s'en fichait du cinéma de sa mère . Elle l'avait déjà fait trop de fois pour qu'elle la croie encore . Et , de toute façon , Amanda ne faisait sans doute pas à attention à pourquoi sa fille insultait les autres , pourquoi elle se rasait presque la tête , pourquoi les autres filles ne l'aimaient pas .
« Amanda , laisse ta fille tranquille , s'il te plaît , commanda une voix flûtée .
- Mais , Père ! Elle ne m'écoute pas !
- Bien sûr qu'elle ne t'écoute pas ! Elle n'a rien à écouter ! Je vais m'en occuper , moi !»
Vaincue , Amanda Grant quitta la pièce , rageuse et vexée pour laisser place à son oncle , qui était à ses yeux son père . Marie commença :
« - Grand-père , je ..
- Pourquoi ?
- Hein ?
- Pour quoi as-tu été insultante ? demanda Jolio Comanche , sa tête arrivant à présent difficilement au menton de sa petite-fille .
- Annabel m'a encore regardée de travers , comme tout le monde dans ma classe. Ils n'aiment pas mes cheveux ou mon attitude . C'est limite s'ils me lancent pas des cacahuètes comme si j'étais un singe au zoo .
- Et toi , tu as honte d'être comme tu es ?
- Non . C'est que ... Je me sens pas comme eux . Moi , je suis une file biologiquement parlant , mais j'aimerais être un garçon parfois , donc , je me dis que je suis les deux . Et que j'aime aussi bien les filles que les garçons , avoua l'adolescente , nerveuse . Ne le dis pas à Maman ou elle prier pour que mon âme trouve le repos et moi un mari .Et toi , tu ne dis rien ?
- C'est ta vie . Vis-la comme tu veux . N'écoute pas les autres .
- Même ma mère ? sourit Marie .
- Même ta mère , parfois .»
« - Mes condoléances très tardives pour votre grand-père , lâcha Leah Sue . Vous avez donc été muté à Briggs . Vous avez grimpé les échelons très rapidement , non ? Et même à l'école , si j'en juge ses vieux relevés de notes , vous étiez dans le peloton de tête ?
- Quand votre peuple se fait tuer , vous vous raccrochez aux perspectives d'avenir que vous avez , répondit laconiquement Miles . Et Briggs était suffisamment loin d'Ishbal pour qu'y pense moins . Le travail n'y manque jamais .
- C'est ce que j'ai entendu dire par certains collègues , laissa échapper le capitaine Sue . Maintenant qu'on a fait le point sur le passé quand même bien lointain , allons au passé plus proche ! Rencontre avec Monsieur Kimblee !
- « Monsieur» Kimblee ? pointa Miles , sourcils haussés .
- La politesse est la moindre des choses ! « Monsieur» Kimblee donc , passé récent ! A vous ! le lança la militaire , oeil sur sa montre .
- Vous vous amusez à me chronométrer , non ? remarqua le métis.
- Fichtre , mon plan génial est découvert ! s'exclama Leah . Non , sérieusement , allez-y.»
« Vas-y .»
Devant elle , Alice la fixait de ses grands yeux bleus . Même si elle avait eu des doutes à ce sujet , même si elle n'en était pas sûre , Marie Lucie sentait qu'elle devait lui dire ce qu'elle ressentait . Mais comment ? Par allusions ? Non , autant tout dire , tout lâcher , tout cracher d'un coup , d'un seul .
Si les mots voulaient bien sortir .
« Je suis ... amoureuse de toi .»
Elle avait dit cela en fixant le sol . Elle s'en voulait . Pourquoi ? Elle ne savait pas . Aucun de ces mots n'était insultant , elle n'avait jamais fait un geste déplacée envers son amie . Mais Marie avait peur , peur qu'elle la rejette comme tout le monde l'avait rejetée pendant son adolescente . Au Conservatoire , dès qu'elle avait vue Alice , elle avait été touchée par quelque chose de particulier qui n'avait cessé de grandir jusqu'à aujourd'hui . Et au-delà de la peur d'être rejetée , elle avait peur qu'Alice soit traitée de la même manière qu'elle. Or , elle ne voulait pas la voir souffrir de quelque manière que ce soit de sa faute , car elle savait déjà qu'elle portait beaucoup de tristesse avec elle . Après cette introspection , Marie releva la tête pour voir Alice lui tendre les bras. Surprise , elle se coupa dans son élan . Alice dit :
« - Peut-être ne t'aime-je pas de la même manière que toi tu le fais envers moi , mais je tiens à toi plus que je ne le dis .
- Mais .. Je suis une fille , et les filles n'aiment pas les filles , comme on dit .
- L'amour est un sentiment très généreux qui n'a pas à s'embarasser d'idées reçues . On aime une personne , un être humain avant tout . J'aime tout le monde d'une manière différente , et je suis heureuse que tu m'aimes , même si je ne t'aime pas de la même manière en retour , sache que je t'aime aussi fort et que je ne te laisserai jamais tomber .»
Touchée , Marie se laissa finalement prendre dans ses bras . Une fois contre Alice , elle lui fit promettre :
« - Ne te coupe jamais les cheveux . Sérieusement , ils sont magnifiques .
- Oh ? Alors , rien que pour toi , je n'y toucherai jamais .»
Alice souffla sur une mèche de ses cheveux alors qu'elle se promenait dans la cour intérieure du QG. Après la bataille du Jour Promis , l'endroit avait été une ruine incroyable , heureusement remise sur pied en un rien de temps grâce à l'aide de plusieurs alchimistes . Après quelques minutes passées assise sur le perron , elle se dit qu'elle pouvait bien passer faire un petit coucou à ses collègues de Central .
" Pssst !"
Coralize releva la tête . Un nouvel appel se fit entendre :
" Pssst !"
Elle se retourna pour voir Karem , derrière un mur , qui la fixait , plein d'appréhension .Coralize s'approcha de lui à pas de loup :
" - Oui ?
- Vous n'avez rien dit à personne ?
- Non , rien . Mais qu'est-ce que c'est que cette situation ? Cet homme ? Qu'a donc votre sœur ? Pourquoi vous vous êtes fait frapper tous les deux ? demanda la militaire en rafale .
- Disons qu'Ishbal n'est pas aussi propre qu'elle veut vous le faire croire . Nous sommes parfois ... aussi violents que des bêtes , murmura Karem , toujours nerveux .
- Mais ça ne répond pas à mes questions ! Dites-moi , Karem !
- Ce soir ."
Coralize resta bouche bée un moment face au ton sec de l'Ishbal devant elle . Après avoir regardé ses yeux rouges suppliants , elle concéda :
" D'accord . A 22h , sur le chantier du Ishbalsha Imi ."
Avec un bref sourire contrit , Karem la remercia et fuit une nouvelle fois , aussi rapide que le vent .
" ' Aussi violents que des bêtes' , hein ? Il a pas tort ."
Prise sur le fait , Coralize se retourna , le cœur battant à tout rompre , avant de se calmer : c'était Marie , en train de fumer .
" - Je me demandais où tu étais ... J'me faisais du souci .
- Maintenant , tu sais . Tu veux savoir ce qui c'est passé ?
- Tu lui as apparemment juré de ne rien dire à ce sujet , donc , je vais pas te forcer . sourit sa collègue .
- Et toi , d'où tu sors ce ' il a pas tort' ? s'enquit Coralize , fronçant le nez .
- J'ai moi aussi assisté à un accrochage ... Mais nous sommes toutes les deux assez grandes pour nous débrouiller seules , non ?
- Là , je me sens comme une gosse de trois ans , qui fait tout de travers surtout ...
- Mieux vaut entendre ça que d'être sourd , grommela Marie , toussotant un peu .
- C'est ça !" s'exclama soudain Coralize , les yeux écarquillés et le doigt en l'air .
Secouant sa Seven Aces , le Commandant Comanche-Grant glissa un sincère et étonné:
" Pardon ?"
" J'étais sans voix ."
Miles répondait aux question de Leah Sue concernant sa première rencontre avec l'Ecarlate . Après avoir récapitulé leur rencontre et animosité à l'hôpital , il remettait sur le tapis leur "collaboration" à Briggs .
"- Déjà , à l'hôpital , voir cet homme qui a tué des centaines et centaines de personnes sans remords toujours avec cet air belliqueux , orgueilleux et supérieur ... Avec cette acidité dans la voix et son mépris envers Briggs , cela m'a mis hors de moi .
- Vous n'êtes pas resté de glace , ironisa Leah Sue , buvant son café .
- Oui , grogna Miles , qui commençait à en avoir assez des jeux de mots de la jeune femme . J'ai dû vraiment me contenir pour ne pas le débrancher , je l'avoue .
- Et votre réaction à son arrivée au Fort ?
- La surprise la plus totale , et un soupçon tout aussi fort . Il était impossible qu'il soit sorti vivant de l'hôpital , et aussi rapidement , sans solution louche . Sous le Commandant de Général de Brigade Armstrong , nous avons décidé de nous méfier de lui et Raven comme la peste .
- Toujours subordonnés à Olivia Mira Armstrong ,à ce que je vois ? Comme de gentils petits toutous ?
- Nous l'aurions faits de nous-mêmes de toute façon , posa Miles , sifflant entre ses dents , bras croisés .
- Si je me fie au circulaire , Raven est mort de la main du Général , et vous êtes allés en expédition à Baschool , suivre Scar ?"
Scar restait debout , derrière Mustang qui était lui , de dos , regardant la ville de Central City . Le Président l'invita à venir à ses côtés d'un bref geste de la main . L'Ishbal se mit aussi à regarder la cour du QG et la cité à ses pieds , sans dire un mot .
"- Si un jour , on m'avait dit que je serais ici avec vous , je ne l'aurais pas cru , déclara Mustang tranquillement .
- Si on me l'avait dit aussi , je ne l'aurais pas cru .
- Sans doute . Beaucoup de choses ont changé depuis le Jour Promis . Et c'est grâce à vous , en partie .
- Je ne mérite pas cette reconnaissance , posa Scar , un peu mal à l'aise . Ma manière d'agir envers cet État a été la pire erreur de mon existence et , aujourd'hui , je n'arrive pas à croire que j'ai pu m'acharner avec autant de violence aveugle .
- Mais , vous avez changé . Comme tous . On ne sort pas indemne d'un tel événement , pas plus qu'on ne sort indemne d'une vengeance aussi violente . Heureusement , j'ai pu m'en sortir avant qu'il ne soit trop tard , et en partie grâce à vous , comme je l'ai dit .
- Je n'ai pas besoin de votre gratitude , dit Scar , fixant ses pieds .
- Rechignez-vous toujours à être remercié pour les bonnes choses que vous avez faites, au delà des mauvaises ? demanda Roy Mustang , un peu vexé .
- Je ne me sens pas encore légitime ."
Comme il le comprenait ! Comme il comprenait cette sensation de ne pas se sentir à sa place , dans une place qu'il souhaitait et qu'il possédait , à cause de ses actes passés qui le salissaient encore . Ébouriffant ses cheveux de jais , le Président proposa :
" - Parlons un peu de l'évolution du chantier , vous voulez bien ? Je crois que vous êtes bien placé pour ça .
- Vous n'attendez pas le Colonel ? l'interrogea l'Ishbal .
- Le Colonel Kimblee est très douée pour disparaître quand on a besoin d'elle , et aussi pour débarquer quand on ne s'y attend pas ."
" - Sale gouine ! l'insulta l'une , lui tirant ses courts cheveux .
- Mange-toi ça ! renchérit une autre , avec un coup de poing sur le nez .
- Ne nous regarde pas avec tes yeux d'obsédée , pédée ! Je veux pas que tu me touches avec tes mains dégueulasses !
- Pétasse !" claque dans l'air et sur la joue .
C'est bon . Ca a toujours été comme ça . Je devrais être habituée ... Habituée de ne pas pouvoir dire " Tu es jolie" , " Tu es bien habillée" ou " Je t'aime , je tiens à toi" à une fille dans qu'on me fixe de travers ou sans avoir peur d'être mal comprise . De ne pas pouvoir regarder les filles car je les trouve bien habillées ou classes car je n'ai pas envie qu'on pense que je me rince l'oeil . Ne pas pouvoir avoir une amie sans qu'on crie que "je veux me la faire". Habituée à me faire frapper pour ce que je suis .
Les coups et les insultes continuaient de pleuvoir quand une voix grave résonna dans le couloir :
" Virez vos sales pattes de Marie , bande de garces !"
Alice , non ... N'interviens pas . Ne me défends pas . Sinon , toi aussi .. Tu connaitras le même sort que moi . Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi .
Déjà ses quatre agresseuses de Marie se tenaient droites devant la brune aux yeux bleus , qui restait stoïque . L'une d'elle lui cracha à la figure :
" - On vient défendre sa gonzesse ? T'es de son côté ?
- Toi aussi , tu te rinces l'oeil dans les vestiaires ?
- Je vous emmerde profondément , déclara Alice d'un ton poli qui contrastait .
Non ... Ne dis rien . Laissez-moi . Je ne veux pas que tu te fasses frapper à cause de moi . Je ne veux pas que tu sois blessée ,pensait son amie , le nez en sang , recroquevillée par terre .
- Moi aussi , je t'emmerde , connasse !"
Avant que la claque ne lui atterisse sur la tempe , Alice fila un coup de poing dans le ventre de la fille en face d'elle qui se crispa à genoux sur le sol sous le choc . L'adolescente prévint :
" Chaque coup que vous donnez à Marie , je vous le rendrai au centuple . Cassez-vous."
Face à l'aplomb du personnage , les quatre jeunes filles décampèrent , leur lançant un regard noir . Alice s'accroupit auprès de son amie qui cria :
" - Mais t'es cinglée ! Elles étaient quatre ! Elles auraient pu te pourrir !
- Ah bah , c'est comme ça que tu me remercies ! s'indigna son interlocutrice .
- Je t'ai rien demandé !
Non , je ne t'ai rien demandé car je ne veux pas te voir mêlée à tout ça . J'avais déjà vu les regards de ses serpents quand on va ensemble en cours , quand on discute , quand on rit . Entendu leurs ragots car on dort dans la même chambre . Entendu leurs insinuations dégueulasses à ton sujet .
- Laisse-moi ! Laisse-moi tranquille ! Je ne veux pas de ton aide !"
Abasourdie par autant de violence , Alice fit demi-tour , laissant Marie seule , en larmes et en sang .
" - Colonel , vous voudriez bien me suivre ?
- Bien sûr , que se passe-t-il ?
- J'ai quelque chose à vous montrer , de la part de mes supérieurs ... sourit poliment le jeune soldat en face d'elle , qu'elle n'avait encore jamais vu .
- D'accord ."
Elle le suivit sans se poser de questions , mains dans les poches . Tout le monde l'avait reconnue et elle avait eu droit à pas de mal de félicitations et encouragements pour sa mission à Ishbal . Cela la réconfortait .
Ils traversèrent une bonne partie du QG , pour atterrir vers l'aile Est , près du Tribunal . Les couloirs se vidaient de présence humaine et de décoration tandis que le jeune homme devant elle ouvrait une lourde porte avec plusieurs verrous , adjacente à une minuscule fenêtre qui s'ouvrait du côté couloir : il l'invita à entrer .
Alice , plongée dans ses pensées , entra , attendant qu'il la suive : il n'en fut rien . Tout ce qu'elle entendit furent les verrous qui se refermèrent derrière en plusieurs " clics" et grinçements sordides . La petite fenêtre s'ouvrit et elle vit le visage du soldat sourire , goguenard :
"- Je me disais qu'après votre interrogatoire vous ne feriez pas trop attention à vous ...
- Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? demanda Alice , assez calme .
- Vous avez survécu à la bataille avec mes anciens supérieurs . Mes nouveaux supérieurs , eux .. susurra-t-il , en référence aux nationalistes , préfèrent les coups d'éclat ."
La militaire sentit une odeur caractéristique émaner de l'autre côté du mur et regarda alentour : une fenêtre rouillée et des centaines de dossiers rangés soigneusement sur des dizaines d'étagères poussiéreuses .
" Vous êtes ici dans la salle des archives d'Ishbal . Puisque vous aimez tant cette région , mourrez donc avec eux ... Tout feu tout flamme !"
Sur ces mots , un petit projectile enflammé atterrit dans la pièce , pile sur une étagère à moitié pleine . La petite fenêtre se referma et Alice fut enfermée dans ce qui allait se transformer en fumoir .
" - Vous avez dû vous en vouloir de ne pas lui avoir tiré dessus dès la première tentative , conclut Leah Sue .
- Je m'en suis surtout voulu de ne pas avoir débranché cette perfusion à l'hôpital , répliqua Miles . Mais ça aurait lâche et un peu ... chien .
- Vous voyez que vous vous y mettez , sourit Leah Sue . Il est quatorze heures trente . En même temps , on a fait une pause d'une heure trente pour déjeuner .
- Plutôt deux heures , vous êtes arrivée en retard .
- J'étais encore au self , ils ont un très bon gratin dauphinois aujourd'hui ! ( NDA : Référence de punk rebelle que je rêvais de placer XD) J'aime bien avoir le temps de manger et me détendre ! se justifia-t-elle .
- C'est fini ? espéra Miles , se redressant .
- C'est fini . Vous avez été parfait , Commandant Miles, sourit-elle de toutes ses dents derrière sa mèche rougayante .
- Vous aussi , malgré quelques accrochages . Mais à bon chat , bon rat , la piqua-t-il.
- C'est vrai que je préfère les chats , ce qui expliquerait beaucoup de choses ..."
Elle le raccompagna jusqu'à l'entrée du Tribunal , en silence . Alors qu'elle se retournait pour regarder le ciel , elle s'exclama :
" C'est quoi ça ?"
Au milieu des nuages , une épaisse fumée noire et âcre . Sans hésitation , elle s'élança dans la direction de l'incident.
Alice avait les larmes aux yeux tandis qu'elle tentait de mettre les dossiers le plus loin possible du foyer de l'incendie . Elle avait bien tenté d'étéindre le feu , mais le papier étant ancien et l'effet de surprise ayant fait son effet , il s'était propagé vite . Elle toussa bruyamment , posant sa veste sur les flammes et la piétina , sans succès . La militaire se précipia vers la vieille fenêtre , tirant de toutes ses forces sur le verrou ... qui se brisa entre ses mains .
" Merde merde merde !" cria-t-elle , en plein désespoir , avant d'hurler à l'aide .
" Vous ne trouvez pas que ça sent bizarre ?" fit soudain Scar .
Surpris , Mustang pencha la tête en arrière et respira à pleins poumons avant de répondre :
" - Non ...
- Si , il y a quelque chose , j'en suis sûr . Quelque chose de spécial , insista l'Ishbal , ressentant une vibration dans tout son corps .
- Spécial genre ?
- Du genre désastreux ... Retournez-vous ! ordonna-t-il soudain .
- Mais ! laissa échapper Roy , voyant de la fumée s'échapper de l'opposé du QG , ainsi qu'une foule de badauds au rez-de-chaussée Un incendie ! Je dois y aller !
- Vous êtes l'homme de la situation , glissa Scar avec une pointe d'ironie .
- C'est bon !"
" Sciezska ? Pourquoi vous pleurez ? "
Leah avait remarqué les flots de larmes qui coulaient sur le visage de sa jeune subordonnée , qui gardait les mains crispées sur sa jupe. Celle-ci bredouilla :
" - C'est ... C'est ma faute ! J'ai donné les clés des archives de l'aile Est à ... à ...
- A qui , nom de Dieu ? s'exclama-t-elle , plus qu'inquiète . Et qui est là-dedans ?
- A Timothée Jean ! Et je l'ai vu avec le Co...lonel Kimblee après , répondit-elle , décomposée .
- Et meeeerde !
- C'est bon , je suis là , proclama fièrement Mustang au loin, gant en avant .
- Vous croyez ? demanda Miles , le nez en l'air , vers le ciel qui avait grisonné à vue d'oeil , de nuages sombres cachant le soleil .
- Pardon ?"
A ce moment précis , une grosse goutte d'eau froide lui atterit sur la main . Roy Mustang se sentit comme le dernier des loosers .
Le feu s'entourait , et sa tête lui tournait comme une toupie . Alie voyait à peine à travers la fumée et les cendres qui lui piquaient les yeux . En un geste désespéré , elle saisit une étagère qui s'était démantelée d'un meuble et la projeta de toutes ses forces contre l'unique fenêtre de la pièce . Quand elle entendit le bruit des bris de verre et sentit le souffle de l'air , elle fut rassurée . Deux secondes .
Avant de se rappeler que le vent attisait les flammes et qu'elle se trouvait au troisième étage du QG .
La fumée avait envahi les couloirs alentour ainsi que la Cour intérieure . Scar s'était éclipsé discrètement vers la source de l'incendie , comme mû par une force extérieure . Il courut à travers la cendre pour atterrir devant la porte à trois verrous et la détruit de son bras droit , projetant des morceaux un peu partout . A l'intérieur , il se précipita vers Alice , encore debout. A mi-voix , celle-ci supplia , montrant les dossiers épargnés :
"- Sors ça d'abord ... C'est important .
- Pas plus important que ta propre vie !
- Oh , presque ! cria Leah Sue , qui l'avait suivi avec Miles , laissant Mustang calmer l'émoi en bas . Aidez-nous , faut tout balancer au dehors!"
Pris au dépourvu , Scar coopéra , Alice près de lui . Tous les quatre jetèrent les dossiers soigneusement fermés par la fenêtre , manquant d'assomer la foule en contrebas . Après dix minutes dans cet Enfer enfumé , ils s'apprêtaient à partir quand Alice ressentit une chaleur étrange sur elle . Pas près d'elle comme l'incendie , mais sur elle . Affolée , elle se retourna et cria : ses longs cheveux prenaient feu . Hyperventilant à cause de l'étouffement et de l'horreur , et épuisée par son enfermement , elle s'évanouit.
En sortant des couloirs pollués par l'atmosphère étouffante , Leah reconnut quelqu'un qu'elle détestait à présent : Timothée Jean . Le fourbe profitait de la confusion au milieu de la cour du QG pour s'enfuir à toutes jambes à l'opposé de l'animation . Sans hésitation , elle sortit son arme de service devant tous ses collègues , y compris Mustang et Hawkeye et cria :
" Timothée Jean ! Si tu veux pas que j'arrive à te faire sauter la tête d'ici , il va falloir courir plus vite que ça !"
Le nationaliste détalait déjà comme un lapin , et il accéléra encore plus , seul au milieu de la place sableuse , avec à présent un bon nombre d'yeux braqués sur lui . Sans se démonter , Leah leva son arme à hauteur de ses yeux , en ferma un et compta entre ses dents " Trois ... Deux ... Un .." et tira . Précisement en plein entre les deux omoplates du fuyard , qui s'écroula en un râle écoeurant . Leah Sue se tourna alors vers Hawkeye avec un sourire carnassier et se justifia :
" Je ne lui ai pas tiré dans la tête à cette distance pour ne pas vous faire de l'ombre."
Marie , fumant tranquillement en regardant Ishbal en contrebas . Elle était inquiète pour Halkim tout comme Coralize devait être inquiète pour Karem . Parce qu'il lui rappelait sa propre condition jusqu'à ce jour ...
" Pardon ."
Alice coupa l'eau de la douce en entendant la voix de Marie à travers le rideau .. Rejetant une mèche trempée de son front vers l'arrière , elle répondit :
" - Ce n'est pas grave . Mais c'est que je ne sais pas pourquoi tu l'as mal pris .
- Je suis trop fière pour demander de l'aide , mais sans toi , j'aurais fini à l'hosto . J'ai de la fierté mal placée , expliqua son amie .
- J'ai vu ça mais ... Si tu es fière , tu devrais assumer tes opinions et ce que tu es , et pas te laisser tabasser pour ça , non ? Il n'y a aucune honte à avoir , et tu n'as rien à cacher. Je suis intervenue car je suis ton amie et que je tiens à toi ."
Alice saisit une serviette de bain et s'enveloppa dedans et sortit devant Marie qui n'avait pas fière allure . Celle-ci dit :
" - Oui ... Je comprends . Mais je ne veux pas que tu te retrouves dans la merde de ma faute .
- Si tu as suffisamment de chien pour te défendre et dissuader quelqu'un de te marcher dessus , personne n'aura de problèmes . Je sais que tu peux le faire , Marie Lucie Comanche-Grant ! Défends ce que tu crois juste , et toi-même en premier !"
Face à ce discours enflammé , elles mirent à rire . L'adolescente aux cheveux courts répondit :
" - Je ne me laisserai plus jamais marcher sur les pieds .
- Je ne me couperai jamais les cheveux ."
Alice se réveilla dans un lit de l'infirmerie du QG , seule . Elle regarda rapidement ses mains , ses jambes : pas de brûlure ni de blessure majeure . Du bout des doigts , elle se toucha le visage : aucune altération . Elle entendit des pas s'approcher et fut soulagée de reconnaître Scar . Celui-ci eut un bref sourire et s'assit sur le lit en face d'elle . La militaire remarqua que ses yeux étaient un peu plus rouges que d'habitude , et son cœur se mit à battre plus vite .
"- Je suis désolé ... murmura-t-il , touchant la racine de ses cheveux .
- De quoi ? répliqua-t-elle , sincèrement affolée .
- Tes cheveux ..."
Alice mit brusquement les mains à sa crinière noire , près des cuisses , là où devaient se trouver la pointe de cheveux . Elle ne recontra que du vide . Ses longs cheveux noirs n'étaient plus là . Tremblant , elle remonta doucement les doigts , centimètre par centimètre . Cinq centimètres . Dix centimètres . Quinze centimètre . Un peu moins de vingt centimètre coupés . Tournant la tête , Alice remarqua un récipient sur le sol , à côté de ciseaux : de longues mèches noires comme la suie et la cendre reposaient , si proches mais si loin d'elle .
Coin - rock'n'woll- de l'auteur :
Ce chapitre est arrivé en avance , car mon anniversaire est mercredi ! Peut-être aurai-je une inspiration phénoménale et vous posterai le chapitre 39 , qui sait ? :p
Je n'ai pas voulu éclaircie le passé de Miles , je préfère vous laisser l'imaginer =P Et peut-être y reviendrai-je ...
La chanson-thème ( par Rise Against encore)parle d'une vague de suicide qui s'est déroulée aux Etats-Unis : des jeunes gays qui subissaient des humiliations quotidiennes ont mis fin à leurs jours . Le clip montre ses humiliations et les espoirs de ceux qui les subissent et vous dirigent vers l'association" It Gets Better" . Car oui , ça va mieux .
Ah , Marie ( si tu savais ... Johnny Hallyday , sors de ce corps !) ! C'est elle qui a hérité de mon passé et des remarques qu'on a faites à mon sujet . Je suis pansexuelle depuis toujours , et , en seconde , on n'arrêtait pas de m'insulter ou faire courir des rumeurs à mon sujet . On disait que j'étais "une sale gouine obsédée" . Très sympa , surtout que j'allais déjà pas très bien . On me regardait de travers en permanence , je ne pouvais pas faire un câlin( amical) à des ami(e)s sans qu'on m'insulte derrière , et je n'osais jamais regarder les filles pour leurs vêtements ou leur allure ou complimenter des amies de peur d'être mal vue , que mes amies me voient mal et qu'elles-mêmes soient mêlées à ces rumeurs . C'est très difficile à vivre au quotidien . Un jour , j'ai rencontré une amie qui m'a fait prendre conscience qu'il fallait vivre sa vie comme on l'entendait , sans se soucier des autres , et se battre pour nous-mêmes .Et j'avais déjà une amie qui m'acceptait comme j'étais , et que je ne remercierai jamais assez . Merci à elles .
Aujourd'hui , ça reste encore un souvenir qui me fait pleurer , mais c'est passé . Alors , si vous êtes dans cette situation , n'ayez pas honte . Parlez-en , expliquez , mais ne vous cachez pas . Soyez fiers de ce que vous êtes. Si vous êtes fiers de vous , personne ne pourra jamais vous briser .
