Je suis épuisée et désespérée par mes notes d'exams alors je n'ai pas le courage de répondre à vos reviews toutes plus gentilles les unes que les autres, mais je vous poste quand même cette mini-scène ce soir.
(Je ferai les réponses aux reviews demain sur la mini-scène 37 dont je vous dévoile le titre en toute exclusivité : Un alibi du tonnerre.)
Bonne lecture à tous !
36. Teresa
- Vous voulez… quoi ?
Jane était venu voir Lisbon dans son bureau pour lui demander un service et la jeune femme n'en croyait pas ses oreilles. Elle ne voyait même pas pourquoi il avait osé lui demander une chose pareille.
- S'il vous plait… Il me faut juste une petite autorisation de votre part et je pourrai entrer dans la salle des preuves. J'ai vraiment besoin de revoir les objets qui étaient présents sur la scène de crime.
Lisbon se mit à rire en secouant la tête de gauche à droite. Jane sourit à son tour, ne comprenant pas pourquoi la situation semblait si amusante.
- Jane, Jane, Jane…
- Lisbon, Lisbon, Lisbon…
La jeune femme releva la tête d'un air incrédule.
- Il vous est arrivé de faire disparaître des preuves, de salir des preuves avec vos empreintes digitales…
- Mes empreintes digitales sont propres, je vous remercie, l'interrompit Jane.
- De faire apparaître des objets qui avait disparu on ne sait pas comment, d'échanger des pièces à conviction et j'en passe !
Jane haussa les épaules comme si toutes ces bêtises n'étaient pas de lui.
- Et vous me demandez de signer cette autorisation ? ajouta Lisbon avec un sourire enfantin. C'est la meilleure blague de l'année. Laissez-moi la raconter à l'équipe.
Elle contourna son bureau comme pour sortir de la pièce mais Jane la retint par le bras.
- Teresa, Teresa, Teresa…
Le cœur de Lisbon avait fait un bond lorsque le consultant avait cité son prénom en plongeant ses yeux dans les siens.
- Je promets de ne pas toucher aux pièces à conviction. Je veux juste les consulter une nouvelle fois.
- Je viens avec vous.
Devant le sourire vainqueur de la jeune femme, Jane envisagea cette possibilité.
- Impossible.
- Donc vous allez bel et bien l'intention de faire une connerie. Je ne signerai pas ce papier, vous pouvez l'utiliser pour votre feu de cheminée.
- Oh, Teresa, ne soyez pas si mesquine.
- Je ne suis pas mesquine. Et m'appelez par mon prénom ne changera rien à l'affaire.
Lisbon enleva son bras de l'emprise de Jane tout en gardant le sourire, mais elle ne sortit pas de son bureau pour autant.
- On pourrait s'appeler par nos prénoms, suggéra alors Jane en souriant à son tour.
Lisbon s'imagina un instant en pleine enquête, avec Jane s'agitant autour d'elle à dire des « Teresa » incessants.
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que.
Jane fit semblant de réfléchir pendant quelques secondes puis il regarda de nouveau sa supérieure.
- Ce n'est pas un argument très convaincant. S'il vous plait, Teresa, laissez-moi vous appeler Teresa.
La jeune femme n'en pouvait plus d'entendre son prénom sortir de la bouche de Jane. Elle ne savait pas pourquoi ça la rendait nerveuse à ce point mais il ne fallait surtout pas que ça dure. Elle fit semblant de trouver un argument convaincant.
- Mon argument, c'est que je préfère quand vous m'appelez Lisbon. J'aime bien quand vous m'appelez Lisbon.
- Ah oui ? Sourit Jane en se rapprochant d'elle. Non, ce n'est pas ça. Ce que je pense, c'est que ça vous met mal à l'aise quand je dis Teresa.
- Mais pas du tout !
- Teresa.
- Quoi ? demanda Lisbon en s'écartant un peu du consultant.
- Teresa.
Lisbon fit une sorte de grimace et sortit de son bureau devant le regard amusé de Jane. Elle tenta de reprendre contenance et se dirigea vers ses agents d'un air professionnel. Mais avant qu'elle n'ait pu leur poser la moindre question concernant l'enquête, elle entendit Jane hurler son prénom depuis son bureau.
- Teresa !
Les trois agents levèrent vers elle un regard intrigué et curieux à la fois.
- Ne faites pas attention, leur dit Lisbon alors que ses joues commençaient à s'empourprer.
- Teresa ? Chantonna Jane en entrant dans la pièce où se trouvait l'équipe.
- Stop ! S'énerva la jeune femme.
- Ah oui, c'est vrai… Pas au travail, déclara Jane avec un sourire enjôleur. On se voit plus tard…
Il sortit de la pièce comme il était entré, laissant Lisbon plus gênée que jamais, face à ses trois agents qui ne cessaient de la dévisager.
- Qu'est-ce qu'on doit comprendre ? Questionna Rigsby.
- Il n'y a rien à comprendre, il se moque de vous. Ne faites pas attention, insista Lisbon dont les joues étaient désormais bien rouges.
Cho saisit quelques feuilles sur son bureau et en fit un tas qu'il tendit à Lisbon.
- Je dirais plutôt qu'il s'amuse avec vous, rectifia-t-il. Tenez, c'est la partie manquante du dossier que vous m'avez demandé.
- Merci, dit Lisbon en s'emparant du tas de feuilles.
Quelqu'un frappa à la porte et Lisbon se retourna pour découvrir Hightower, appuyée contre le mur.
- J'ai cru entendre Jane hurler votre prénom, dit-elle à Lisbon d'un ton tout à fait professionnel.
- Moi aussi, répondit la jeune femme. Et croyez-moi, j'en suis encore moins enchantée que vous…
- J'espère bien, déclara Hightower d'un ton ferme avant de quitter la pièce.
Lisbon resta interloquée quelques secondes et soudain, elle s'énerva.
- Mais qu'est-ce qu'elle croit ? Que ça m'amuse ?
Elle agitait les feuilles d'un geste impatient et elle se retourna finalement vers ses collègues. Tout trois semblaient se retenir de rire et penchaient la tête vers leur bureau comme s'ils n'avaient rien vu de la scène qui venait de se dérouler devant leurs yeux.
- C'est ça… Riez dans votre coin… Un jour, je vous assignerai à tous un consultant et vous verrez ce que c'est que de devoir gérer quelqu'un comme ça vingt-quatre heures sur vingt-quatre !
- Donc, osa Rigsby, vous vous occupez de lui aussi la nuit.
Lisbon se figea en repensant à sa formulation. Effectivement, ce n'était pas vraiment approprié. Cho et Van Pelt esquissèrent un sourire à leur tour devant l'audace de leur coéquipier.
- Vous savez quoi ? dit alors Lisbon non sans un sourire. Allez tous au Diable !
Puis elle s'éloigna d'un pas pressé pour retourner dans son bureau. Si même ses employés commençaient à se mettre du côté de Jane, elle aurait du mal de s'en sortir. Pas au niveau professionnel parce que son équipe, en dehors de Jane, était le professionnalisme incarné. Mais du côté personnel, elle se heurterait sûrement à quelques difficultés. A la vitesse là, ils allaient tous finir par se rendre compte que quelque chose clochait dans sa relation avec Jane. Ils allaient tous finir par réaliser qu'elle avait des sentiments inappropriés pour lui, et elle se retrouverait sur une piste très glissante.
- Teresa !
Elle leva les yeux au ciel et pria pour que ce soit une hallucination auditive.
- Je dois quand même vous préciser quelque chose, dit Jane en entrant dans son bureau.
La jeune femme se retourna vers Jane, les feuilles que Cho lui avait préparées toujours dans les mains.
- En fait, j'entre souvent dans la salle des pièces à conviction en hypnotisant le gardien. Ce qui fait que je suis déjà allé voir les preuves de cette enquête. Et j'ai peut-être une piste qui va vous intéresser…
- Je n'ai absolument rien comprit au charabia que vous avez dit au début, déclara Lisbon. Par contre, je suis extrêmement intéressé par la dernière phrase.
Elle sourit à Jane, impatiente qu'il lui révèle enfin quelque chose qui pourrait les mener quelque part.
- Je l'aurais parié, déclara celui-ci en saisissant le bras de Lisbon. Suivez-moi, Lisbon, je vais vous montrer !
La jeune femme jeta les feuilles sur son bureau et suivit Jane dans la salle aux preuves. Il l'avait appelée par son nom et ne semblait même pas s'en être aperçu. Les choses reprenaient leur cours et tout allait pour le mieux. Finalement, elle ne serait peut-être pas démasquée aussi vite que prévu.
