Disclamer : Tout l'univers et les personnages appartiennent à J.K Rowling.
Note de l'auteur : Salut ! Après plus d'un an de silence radio, me revoilà ! Je sais, j'abuse, mais le principal, c'est que je suis de retour nan ? ..
Bref, vous serez contents de savoir que j'ai terminé l'histoire et que donc, la publication de toute la fic est garantie. :) Mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ?
Je vous laisse avec Ginny et son retour à Poudlard !
Bonne lecture.
Chapitre 38 : La rentrée palpitante de Ginny Weasley.
Ginny Weasley regardait s'agiter ses trois colocataires. Ces moments allaient assurément lui manquer. Dans quelques jours, elle retournait à Poudlard. Ron et Hermione allaient beaucoup lui manquer. Mais surtout, elle redoutait les jours où elle ne pourrait plus voir Harry quand ça lui chantait. Elle sentait déjà qu'elle allait se sentir seule sans lui à ses côtés.
La conversation mouvementée des trois jeunes gens s'arrêta nette quand le quatrième colocataire de Ginny débarqua dans le salon. Drago Malefoy alla s'asseoir dans le fauteuil le plus loin du canapé où ils étaient tous agglutinés.
La vie au square avait peu changé depuis l'arrivée du blond dans la chambre qui se situait juste au-dessus de celle d'Harry et elle. Les silences gênants étaient juste un peu plus d'actualité.
Malefoy prit un livre dans la petite bibliothèque du salon et se cacha derrière. La discussion entre les Gryffondors reprit progressivement. Ginny avait remarqué une certaine gêne entre Hermione et le blond. Une gêne qui sous-entendait que Ginny n'était pas au courant de tout ce qui se passait dans cette maison. Et elle n'aimait pas ne pas tout savoir. Hermione avait eu l'habitude de lui raconter pas mal de choses de sa vie auparavant. Alors pourquoi ne lui disait-elle plus rien, maintenant ?
Elle s'extirpa du canapé, marmonna qu'elle allait dans la cuisine et quitta la pièce. Arrivée là-bas, Ginny sursauta en voyant les flammes de la cheminée virer au vert. Quelques secondes plus tard, Parkinson s'époussetait les épaules.
"Salut, dit Ginny en allant se servir un verre.
Elle n'était pas étonnée de voir la brunette. Depuis que Malefoy avait emménagé - trois jours plus tôt - elle passait tous les jours, soit disant pour le voir, mais le garçon ne semblait pas ravi de la voir à chaque visite.
-Salut, répondit-elle froidement.
Ginny s'était habituée à cette distance feinte. Elles avaient parlé pendant l'été et s'étaient bien entendues finalement.
-Malefoy est dans le salon, près du hall, indiqua-t-elle.
Parkinson ne la remercia pas. A la place, elle pinça les lèvres.
-Granger y est aussi, j'imagine ? demanda-t-elle.
-...Oui, avec Ron et Harry. Pourquoi ?
-Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué ? railla Parkinson.
Ginny s'assit à la table de la cuisine. Elle sentit que la brunette savait de quoi il retournait entre Hermione et Malefoy.
-Remarqué quoi ?
Parkinson s'assit à son tour, en face de Ginny.
-Eux deux ! Drago et Granger.
Ginny devina qu'elle n'était pas la seule à sentir qu'il se passait quelque chose entre eux.
-Qu'est-ce que tu crois qu'il se passe ?
Pansy la regarda, suspicieuse. Ginny leva les yeux au ciel.
-Je te demande ça parce que moi aussi, j'ai bien remarqué une différence entre eux.
Voyant que l'ancienne Serpentard ne décrochait pas un mot, elle continua.
-Je pense qu'ils se sont rapprochés.
Parkinson afficha un sourire en coin en s'accoudant à la table.
-Qu'est-ce que tu as vu ?
-Ce que tout le monde a vu. Hermione a pratiquement sauté de sa chaise pour être celle qui irait à l'imprimerie avec Malefoy. Et le jour de la mort d'Hannah, ça a été assez... bizarre.
-Je suis d'accord. Et je pense... que Drago a emménagé ici pour être près de Granger.
Ginny écarquilla les yeux. Etaient-ils proches à ce point là ?
-Drago est bien trop orgueilleux pour venir habiter ici uniquement pour qu'une... Née-moldue lui apprenne à vivre comme un moldu. Il aurait très bien pu rentrer chez lui, ses elfes de maison lui obéissent toujours à ce que je sache.
-Et... tu penses qu'Hermione l'aime bien aussi ?
-Je ne sais pas. Certainement. C'est bien elle qui a proposé qu'il déménage, non ?
Ginny acquiesça à contrecœur. Elle imagina un instant Hermione dans les bras de Malefoy et fit une grimace. Pas que le jeune homme n'était pas séduisant, bien au contraire, mais son lui intérieur était tout sauf séduisant. Ginny se demandait comment Hermione avait pu tomber dans ses bras ? Et comment Malefoy avait bien pu être attiré par Hermione, la représentation exacte de tout ce qu'il méprisait ?
-Alors tu penses qu'il se passe réellement quelque chose entre eux ? Je veux dire, concrètement ?
-Et bien, même si j'imagine très mal Drago... l'embrasser, ils habitent sous le même toit, ils ont dû avoir un tas d'opportunités de s'éclipser pour... s'interrompit Pansy en grimaçant. Enfin, tu vois ce que je veux dire.
-Ouais, dit Ginny, maussade. Ca me parait complètement irréaliste.
-A qui le dis-tu.
-Tu crois qu'ils s'aiment vraiment ? Ou que c'est juste... tu sais, demanda la rouquine.
-Juste un plan cul ? Malheureusement je ne pense pas, fit l'ancienne Serpentard, amère.
Ginny resta silencieuse. Elle imagina une seconde les deux anciens Préfet en Chef ensemble mais elle secoua bien vite la tête pour oublier cette pensée. Elle ne vit pas que Parkinson la regardait avec intérêt.
-D'après ta tête, je devine que tu ne vois pas ça d'un très bon œil, remarqua la brune.
-N... non, je ne sais pas. C'est assez improbable. Je suis un peu sous le choc, rigola-t-elle.
-Mais tu ne ressens pas quelque chose qui te dit que ce n'est pas dans l'ordre des choses ? Qu'il faut les raisonner ?
-Je ne sais pas. Peut-être.
Ginny sentit que Parkinson avait quelque chose derrière la tête. Mais pourquoi voulait-elle qu'Hermione et Malefoy ne se voient plus ? Quelle question, Hermione était une Née-moldu. Tout était là.
-Tu ne veux pas qu'ils se voient juste parce qu'Hermione est une née-moldu ? demanda-t-elle déçue.
-Mais non pas du tout, enfin ! Ils font bien ce qu'ils veulent."
Ginny ne répondit rien. Elle savait qu'elle l'avait percée à jour.
oOo
"Hermione, je peux te parler deux minutes ? fit Ginny en entrant dans sa chambre.
-Oui, qu'est-ce qui se passe ? Tu ne devrais pas être en train de préparer tes bagages ?
-C'est bon, ils sont prêts.
La jeune fille ferma la porte avant de se tourner vers la brune.
-Alors ? De quoi voulais-tu parler ?
Ginny soupira avant de poser la question qui lui tournait dans la tête depuis sa discussion avec Parkinson. Elle devait au moins lui parler avant d'aller à Poudalrd.
-As-tu ou non une relation sentimentale avec Malefoy ?
Hermione pâlit à vue d'œil.
-Mais... qu'est-ce que tu racontes ? Pas du tout ! D'où tu sors ça ?!
-En fait je te pose la question, mais je sais déjà la réponse. C'était pour voir si tu allais me mentir ou non.
Hermione blanchit encore plus si c'était possible.
-Alors ? continua-t-elle.
-Je... C'est... C'est compliqué. Je..
-Oui ?
-Ne dis rien à Ron, s'il te plait.
-Oui, d'accord, pas de problème.
-Voilà, alors on s'est embrassé.
Ginny resta bouche bée.
-Plusieurs fois.
Ginny leva les sourcils.
-Vous avez...
-Non ! Non, non, non !
-Ca fait beaucoup de non, rigola Ginny.
-Mais on a failli...
Et Hermione lui raconta ce qui s'était passé derrière la porte de la chambre de Drago quand elle avait empêché Ron de rentrer dans la pièce.
-Alors..., dit Ginny lentement. Je vous ai plus ou moins sauvé le coup.
-Ouais, on peut dire ça.
La rouquine la dévisagea. Hermione semblait complètement submergée par ce qui lui arrivait. Elle était totalement dépassée.
-Bon, dis-moi franchement, déclara Ginny en s'asseyant sur le lit. Tu l'aimes ?
Hermione vint s'asseoir à ses côtés.
-Je crois.
-Et vous ... êtes ensemble ? demanda Ginny en se disant qu'elle n'aurait jamais pensé poser ce genre de question sur Hermione et Malefoy.
-Je... je ne sais pas vraiment. C'est bizarre... Depuis qu'il a emménagé, je l'évite.
-Ah... pourquoi ?
-Et bien, j'ai dit à Harry que si j'attendais assez longtemps, ces... sentiments disparaitraient, mais je me suis en quelque sorte laissée diriger par eux. Alors j'essaie de reprendre le contrôle, tu vois ? Alors je l'évite, je ne veux plus être avec lui, seuls à seuls.
-Attends, attends. Tu en as parlé à Harry ? interrogea-t-elle, choquée.
-Oui, dit Hermione d'une petite voix.
-Et il ne m'a rien dit ! Ah, celui-là ! Il va m'entendre !
-Ginny !
-Oui, désolé, ce n'est pas le sujet. Donc, tu l'évites.
-Bien sûr ! Que veux-tu que je fasse d'autre. Mais...
-Oui ?
-Mais je ne me contrôle plus, tu vois.
Hermione semblait plus que soulagée de pouvoir enfin vider complètement son sac.
-Par exemple, le jour de son emménagement, il se pourrait que je lui ai proposé de se voir régulièrement.
-Quoi ?! Mais... tu...
-Je sais ! Quand je te dis que je ne me contrôle plus ! Par moment, j'ai tellement envie d'être avec lui, près de lui, juste lui parler ou le serrer dans mes bras. Juste entendre sa voix, ou sentir son odeur.
Ginny écarquilla les yeux. Si elle ne le lui avait pas dit, la rouquine pouvait affirmer haut et fort qu'Hermione était éperdument amoureuse de Malefoy. Elle tordait ses doigts en parlant. La jeune fille posa ses mains réconfortantes sur celles de son amie. Hermione se stoppa et leva les yeux vers elle.
-Ecoute Hermione, Merlin sait comme je ne peux pas voir Malefoy. Ce qui lui arrive, je trouve ça très juste. Mais quand j'entends comme tu parles de lui, je peux te dire que même si tu attends et que tu ne le vois plus, tes sentiments ne vont pas disparaitre comme par magie.
-Mais..
-Attends, écoute-moi. Ca m'arrache la bouche de te dire ça, mais je pense que tu devrais laisser libre cours à tes sentiments.
Ce fut au tour d'Hermione d'écarquiller les yeux.
-Tu ressens quelque chose de très fort pour lui, c'est indéniable. Et lui, et bien, je ne pense pas qu'il aurait emménagé ici sans une bonne raison. Après tout, ses elfes de maison n'ont pas cessé de lui obéir, il aurait été très bien traité chez lui, dit Ginny en répétant ce que Parkinson lui avait fait remarquer.
-Mais, Ron...
-Mon frère est un grand garçon. Vous avez cassé il y a plusieurs mois. Il s'en remettra. Mais, toi, tu dois vivre. Sans regret.
Hermione acquiesça doucement. Elles se serrèrent dans leurs bras.
-Merci, Ginny.
La jeune fille sourit contre l'épaule de son amie.
-Je veux juste que tu me promettes une chose, déclara-t-elle en s'écartant d'Hermione. Ecris-moi dès qu'il se passe quelque chose."
Hermione éclata de rire, ce qui détendit considérablement l'atmosphère.
oOo
Quand elle franchit la barrière du quai neuf trois quart, Ginny sentit une soudaine peine. Le brouhaha de la foule s'empara d'elle, mais elle ne voulait pas voir tous ces gens, elle voulait une seule et unique personne. Elle se retourna pour voir Harry la suivre de quelques secondes. Elle le regarda, elle ne voulait plus partir, et le quitter. Elle allait sauter dans ses bras pour ne plus en sortir quand la voix de sa mère la tira de ses pensées.
"Ginny ! Ginny ! On est là !
La jeune fille se retourna et aperçut ses parents à quelques mètres. Ils se rejoignirent au milieu de la foule.
-Je pensais que vous étiez déjà arrivés, fit Molly. On vous a cherché sur tout le quai.
Ginny sourit et serra sa mère dans ses bras. Elle n'avait pas vu beaucoup ses parents pendant les vacances. Harry dit bonjour à ses beaux-parents et Ginny embrassa son père.
-Alors, Ginny, prête pour ta dernière rentrée ? fit Arthur.
-Tiens, je t'ai préparé un sandwich pour le voyage.
-Merci maman, répondit Ginny en prenant le paquet tendu par sa mère.
Contrairement à Ron, Ginny avait toujours adoré les sandwichs préparés par sa mère.
-Alors, Harry, quand allez-vous enfin nous inviter à dîner ? demanda Arthur.
Harry rit nerveusement. Les parents de Ginny n'étaient pas au courant de l'emménagement du nouveau colocataire.
-Bientôt, bientôt. J'en parlerai à Ron et Hermione.
-Dommage qu'ils ne soient pas venus aujourd'hui, fit Molly.
-Ils m'ont dit au revoir à la maison, expliqua Ginny.
La discussion avec Hermione avait duré plus longtemps que prévu et les embrassades avaient été raccourcies. Elle n'avait même pas eu le temps de parler d'Hermione à Harry.
Au loin, la famille entendit le sifflet du contrôleur.
-Allez, montez ta valise, il ne faudrait pas que tu rates ton train, ordonna Molly.
Harry aida Ginny avec sa malle. Ils la laissèrent dans le couloir, puis redescendirent sur le quai.
Molly reprit sa fille dans ses bras et Ginny sourit.
-Fais attention à toi, ma chérie. Et pense à nous écrire de temps en temps.
-Oui, ne t'en fais pas, maman.
Elle passa dans les bras de son père, pendant que le quai se vidait rapidement.
-On se revoit à Noël.
Puis, Harry la prit dans ses bras, à son tour. Elle se blottit contre lui. Elle respira fort son odeur pour être sure de s'en souvenir malgré la séparation future. Du coin de l'oeil, elle vit ses parents regarder l'architecture de la gare, gênés. Elle ferma les yeux.
-On se revoit vite, ne t'en fais pas, lui souffla-t-il à l'oreille.
Harry avait confié une sorte de mission à Ginny. Il se rappelait avoir vu deux miroirs identiques dans la Salle sur Demande lorsqu'il avait caché son livre de Potions. Sur le moment, il n'avait pas fait plus attention que ça. Mais il était sûr maintenant, c'était des miroirs à double sens. Le jeune homme avait donc dit à Ginny de retrouver ces miroirs et de lui en envoyer un. Ainsi, ils pourraient se parler face à face.
-Je sais. Mais ça ne sera pas pareil.
Elle sentit Harry sourire dans son cou.
-Je t'aime, Ginny.
-Moi aussi, je t'aime.
Elle cligna des yeux pour éviter un flot de larmes de déborder. Harry prit son visage dans ses mains et l'embrassa le plus tendrement possible. Elle s'accrocha à ses poignets et répondit aussi doucement que lui.
-A bientôt," chuchota-t-il.
Ginny s'éloigna, le quai était vide de tous les élèves. Elle monta dans le train et fit un dernier signe à ses parents. Ils lui répondirent, sa mère avec les larmes aux coins des yeux, comme à chaque fois. Harry lui fit un de ses plus beaux sourires. Le train se mit en marche, ses parents et Harry s'éloignèrent et rapetissèrent jusqu'à devenir minuscules, puis disparaitre.
OoO
La première semaine à Poudlard se passa relativement bien. Ses camarades de dortoir n'avaient pas relevé son humeur blasée puisqu'elles en connaissaient parfaitement la cause. Mais Ginny, elle, l'acceptait beaucoup moins bien. Elle refusait de se morfondre juste parce qu'Harry et ses amis n'étaient plus à Poudlard. Elle décida fermement de partir à la recherche du miroir.
Le samedi après la rentrée, Ginny était déterminée en se dirigeant vers la Salle sur Demande. Le seul souci était que la salle où tant d'objets étaient cachés avait brûlé dans le Feudeymon. Mas Ginny ne s'avoua pas vaincue. La Salle sur Demande avait toujours été pleine de surprise, alors peut-être que cette salle bien précise était toujours présente.
Elle fila donc au septième étage et passa trois fois devant le mur qui faisait face à la tapisserie représentant Barnabas le Fol et quelques trolls. Au troisième passage, une porte apparut. Ginny sourit : c'était plutôt bon signe. Elle entra dans la pièce sans hésiter. La porte se referma dans un bruit sourd qui résonna légèrement. Ginny ouvrit la bouche devant ce qu'elle avait autour d'elle. Sa théorie était fondée, le doute n'existait plus. Des tonnes d'objets plus différents les uns des autres étaient entassés. Elle ne voyait pas les murs, ni le plafond. Peut-être que la Salle sur Demande avait sauvé les objets entreposés avant qu'ils ne soient dévorés par le Feudeymon, peut-être existait-il plusieurs Salles-fourrent-tout et qu'une seule parmi tant d'autre avait été détruite. Elle n'en savait rien. Mais ce qu'elle savait c'était que ce qu'elle avait devant elle correspondait parfaitement à ce qu'Harry lui avait décrit.
Elle avança de quelques pas. Comment, par Merlin allait-elle trouver les deux miroirs ? Elle n'était même pas sure que les miroirs soient véritablement dans cette immense pièce. Elle vagabonda dans quelques rangées avant de s'arrêter net. Elle venait d'entendre quelque chose. Elle tendit l'oreille. Une voix, c'était définitivement une voix. Elle suivit le son en silence.
"Alors ? fit une voix de jeune garçon.
-Rien, je te l'avais bien dit, répondit une voix de fille. Tu as dû rêver, il n'y a personne ici.
-Pourtant, je suis sûr d'avoir entendu...
-Oh, arrête un peu ! Je te dis qu'il n'y a personne ! Bon, je ne t'ai pas fait venir pour rien, je suis déjà à court, fit la voix de la fille.
-Quoi ? Mais je t'ai fourni mardi ! répondit une voix de garçon.
Ginny se tendit. Se pouvait-il qu'ils parlent de Calypso ? Elle s'avança prudemment vers le mur d'objets qui semblait la séparer des comploteurs.
-Je sais bien, chuchota l'autre. Mais c'est parti comme des petits pains, je n'y peux rien. J'ai vu que tu n'avais plus rien.
-Je sais bien. Je te l'avais dit que je n'aurais plus rien avant lundi prochain.
-Quoi ? Et comment je fais moi ?
-Je ne sais pas ! Et je n'y suis pour rien, ce n'est pas moi qui décide des livraisons !
Ginny en était pratiquement sure: ils parlaient de Calypso. Elle sentit son cœur battre la chamade. Il fallait qu'elle voie leur visage. La voix de la fille lui semblait familière mais de là à l'identifier...
Elle avança vers l'extrémité du mur constitué majoritairement de meubles de maison.
-Bon, ok, se calma la fille. Quand est la livraison exactement ?
-Lundi. Tu sais bien que l'heure n'est communiquée qu'au dernier moment.
Ginny avait atteint la fin du mur quand elle remarqua un trou entre les meubles. Elle s'immobilisa immédiatement. Elle pouvait voir l'autre côté. Elle se baissa lentement pour être à hauteur du trou.
-D'accord, et bien préviens-moi dès que tu es fourni.
Ginny ferma un de ses yeux pour bien voir et regarda par le trou. Elle vit d'abord des chaussures d'étudiant. Petite taille, pensa-t-elle. Elle monta son regard le long de la silhouette pour finir sur le visage de la personne. C'était un garçon âgé de quinze ans tout au plus qui portait les couleurs de Serdaigle. Ginny l'avait plusieurs fois croisé dans les couloirs mais elle n'avait aucune idée de son nom.
-Pas de problème, dit le garçon.
-Bon, à lundi alors," fit la voix de la fille.
Ginny se tourna précipitamment vers sa provenance mais elle ne put qu'entre-apercevoir les chaussures disparaitre de son point de vue. Elle se maudit un instant avant de voir le garçon Serdaigle passer à seulement un mètre d'elle pour prendre la direction de la sortie lui aussi.
Ginny se redressa. Elle n'en revenait pas. Elle était tombée sur eux complètement par hasard. Mais les informations qu'elle avait pu entendre pouvaient être très utiles.
Elle attendit quelques minutes pour être sûre de pouvoir sortir sans être prise, puis elle se dirigea vers la sortie tout en réfléchissant sur ce qu'elle venait d'être témoin. Lundi, c'était après-demain. Le Serdaigle allait recevoir une cargaison de Calypso ce jour-là. Il n'allait pas le recevoir par courrier, c'était beaucoup trop visible et risqué. Ce devait être caché. Peut-être que quelqu'un entrait dans le château clandestinement ? Non, c'était bien trop risqué aussi. Comment pouvaient-ils faire rentrer Calypso ? Pour répondre à cette question, Ginny ne voyait qu'une seule solution : elle devait suivre le Sedaigle toute la journée du lundi.
Ginny sortit dans le couloir désert du septième étage. Le souci était qu'elle avait cours pendant toute la journée. Si elle séchait, elle aurait des ennuis et elle ne voulait surtout pas se faire remarquer.
Une idée lumineuse traversa son esprit et elle s'arrêta en souriant. Elle reprit son chemin bien plus vite en direction de son dortoir. Arrivée là-bas, elle retourna son tiroir de chaussettes pour sortir sa Plume qui n'avait pas servie depuis juin. Elle n'aurait pas pensé l'utiliser aussi tôt dans l'année. Le dortoir était désert et la jeune fille s'assit en tailleur sur son lit. Elle prit un parchemin, écrivit son message et lança la formule à l'aide de sa baguette magique de sorte que seul Harry obtienne le message :
Ginny Weasley : Salut mon chéri, j'ai surpris une conversation que je pense être sur Calypso. Ils ont parlé de livraison pour lundi et je compte bien découvrir qui les fournit. Peux-tu m'envoyer la Carte du Maraudeur s'il te plait ?
Je t'embrasse.
La jeune fille était tout excitée en regardant fixement le parchemin. Avec la carte du Maraudeur, la filature du Serdaigle serait facilitée. Elle attendit deux minutes avant que la Plume ne chauffe pour signaler la réponse. Elle la posa sur le parchemin et la Plume s'anima d'elle-même.
Harry Potter : Salut, mon amour, décidément tu ne peux pas rester loin des soucis bien longtemps. Mais c'est l'un des facettes de toi qui fait que je t'aime. Je te l'envoie pour le courrier de demain matin. As-tu trouvé les miroirs ?
Giny se maudit elle-même. Les miroirs, elle les avait complètement oubliés après la conversation qu'elle avait surprise. Elle répondit immédiatement à Harry.
Ginny Weasley : Non, je ne les ai pas trouvés. La conversation que j'ai surprise, c'était dans la Salle sur Demande, pendant que je les cherchais, mais ça m'est sorti de l'esprit ensuite. J'y retourne vite, mais la quantité d'objets dans la salle m'a quelque peu découragée. Je chercherai encore demain, quoi qu'il en soit. Je te tiens au courant pour lundi.
Tu me manques terriblement.
Harry Potter : Ok, j'espère que tu trouveras les miroirs demain, c'est déjà miraculeux que la Salle-des-objets-cachés soit encore là. Soit prudente lundi, on ne sait pas à qui on a à faire. Si tu sens le danger, fais demi-tour et cours.
Tu me manques aussi, je t'aime.
Ginny serra le parchemin entre ses doigts. Elle voudrait tellement qu'il soit là. Elle respira profondément pour ne pas pleurer.
oOo
Au matin du lundi, Ginny se réveilla excitée comme un doxy. Elle avait reçu la carte du Maraudeur la veille et avait trouvé le nom du Seraigle le midi suivant. Elle l'avait d'abord repéré dans la Grande Salle. La jeune fille l'avait vu entouré de personnes de son année. Ensuite, elle l'avait trouvé sur la carte grâce aux personnes dont elle connaissait déjà le nom. La carte avait tout simplement donné son identité. Il s'appelait Jeremy Chambers. Ce nom ne disait rien à Ginny.
Son dimanche après-midi, elle l'avait passé dans la Salle sur Demande. Les deux miroirs étaient demeurés introuvables. Elle allait y retourner dès qu'elle le pourrait, mais elle commençait un peu à déchanter. La Salle-des-objets-cachés était infinie.
Elle se leva pleine d'entrain. Elle jeta un coup d'œil à la carte du Maraudeur et repéra Jeremy Chambers au bout de quelques minutes. Il était encore dans son dortoir. Elle se prépara puis alla dans la Grande Salle prendre son petit-déjeuner. Elle mangeait une part de pudding quand Chambers arriva dans la pièce à son tour. Il était entouré d'amis. Il semblait serein et à l'aise. Ginny se demandait ce qu'il savait, s'il savait d'où venait Calypso.
La matinée se passa normalement, même si Ginny ne suivait pas vraiment ses cours. Elle passait son temps à regarder la carte, sous son bureau ou au détour d'un couloir. Chambers ne faisait jamais rien d'inhabituel. Il restait toujours avec ses amis. A midi, Ginny le vit manger à la table des Serdaigles et elle commença à se dire qu'elle avait loupé l'échange.
L'après-midi, elle ne suivit rien du cours d'Histoire de la Magie. Ses yeux restèrent figés sur le point représentant Chambers sur la carte. Il était dans une salle de Sortilèges et n'y bougea pas pendant les deux heures.
Au repas du soir, Ginny était démoralisée. Après avoir mangé, elle monta dan son dortoir et écrivit par Plume à Harry.
Ginny Weasley : Je ne l'ai pas vu faire quoi que ce soit de louche de la journée. J'ai dû le louper.
Harry Potter : Mince. La journée n'est pas finie, ne désespère pas.
Ginny soupira en jetant un coup d'œil à la carte. Chambers était dans sa salle commune. Elle fixa son nom flotter sur le parchemin. Ca avait été une occasion en or et elle l'avait laissée filer entre ses doigts. Elle se laissa aller en arrière pour tomber dans ses oreillers.
Heureusement qu'elle n'en avait pas parlé à tous les autres du Square, elle aurait certainement reçu les quolibets de Malefoy et Hermione et Ron auraient été forcément déçus. Elle qui pensait qu'elle pouvait servir à quelque chose dans cette affaire malgré son isolement au château. Il ne lui restait plus qu'à suivre littéralement Chambers à longueur de journée, il serait bien de nouveau en pénurie et là, elle verrait comment il se réapprovisionnait.
Ginny attrapa la carte à l'aveuglette et la monta devant ses yeux. Elle chercha le nom de Chambers dans la salle commune des Serdaigles mais il n'y était plus. L'excitation monta d'un coup en elle. Elle se redressa en cherchant frénétiquement le nom du garçon. Elle le trouva seul, dans le parc. Elle écarquilla les yeux. Il avançait vite, très vite. En direction du Saule Cogneur.
La cabane hurlante !
C'était évident ! Ginny bondit de son lit et sortit du dortoir en trombe. Dans sa précipitation, elle oublia de prendre la carte du Maraudeur...
Elle traversa la salle commune en courant. Quelques regards se tournèrent vers elle, intrigués. Elle dévala les escaliers qui la séparaient du Hall et déboula enfin dans le parc. La pénombre commençait tout juste à tomber et la température avait chuté avec le soleil. La jeune fille frissonna légèrement, mais elle n'y fit pas attention, bien trop excitée. Elle se dirigea vers le Saule Cogneur en ralentissant pour ne pas faire de bruit. Elle ne croisa personne, c'était une chance.
Au loin, elle vit Chambers avancer lentement vers le Saule. Ginny se cacha derrière un buisson. Elle se demanda s'il allait penser à immobiliser l'arbre avant de trop l'approcher. Le garçon s'arrêta, le Saule frémit mais ne bougea pas plus que cela. Il sortit sa baguette et fit voler une branche jusqu'à l'endroit clé. Malgré son immobilité, le Saule sembla arrêter même de respirer. Chambers fit un pas en plus et l'arbre ne bougea pas d'une brindille.
Ginny vit le garçon marcher jusqu'au trou caché qui conduisait jusqu'à la cabane hurlante. Quand le garçon disparut, elle hésita un instant. Harry lui avait dit de ne pas se mettre en danger. Si elle entrait dans ce trou, elle serait toute seule. Personne ne pourrait venir la secourir, puisque personne ne savait où elle était. Malgré tout, elle se redressa. Si elle remontait dans son dortoir maintenant, elle le regretterait, et se maudirait.
Ginny avança jusqu'à l'arbre en regardant autour d'elle et en sortant sa baguette. Personne n'était aux alentours. La branche était toujours à sa place, grâce à Chambers. Elle put donc slalomer entre les longues feuilles de l'arbre et atteindre le trou.
"Lumos," murmura-t-elle en entrant dans le tunnel.
La seule lumière, maintenant, venait de sa baguette. Elle avança difficilement, voutée dans un tunnel fait pour de plus petits qu'elle. Elle ne sut dire combien de temps elle marcha, mais finalement, elle arriva au bout. D'abord, elle entendit des voix au loin. Elle diminua l'intensité de luminosité de sa baguette pour s'approcher prudemment.
Quand elle arriva au bout du tunnel, elle ne pouvait apercevoir la pièce voisine que par un interstice minuscule. Elle devinait un meuble et une silouhette qu'elle imagina être Chambers grâce à la provenance de sa voix. Elle pensa un instant à la carte du Maraudeur pour voir qui d'autre était dans la pièce, mais elle réalisa qu'elle l'avait laissée sur son lit. Elle se maudit elle-même avant de rediriger son attention vers Chambers.
Mais bien vite, Ginny se rendit compte qu'il parlait tout seul.
"Comment veulent-ils que je transporte tout ça ? marmonna-t-il. C'est insensé. Ca ne passera jamais dans le tunnel.
Ginny essaya de voir une plus grande partie de la pièce. Elle devina un tas de petits cartons. Chambers devait parler de cela. La jeune fille était un peu déçue. Elle avait espéré découvrir qui fournissait Chambers de l'extérieur. Mais il fallait se rendre à l'évidence : Chambers n'avait pas vu son livreur. Peut-être même qu'il ne connaissait pas son identité. Mais alors, par qui avait-il été recruté ? Pour qui faisait-il tout ça ?
-Je vais devoir faire plusieurs tours, se plaint-il. Ca va me prendre la nuit."
Ginny écarquilla les yeux. D'une minute à l'autre, le garçon allait découvrir le passage vers le tunnel et si elle ne bougeait pas, elle allait être découverte elle aussi par la même occasion.
Elle fit demi-tour, tant bien que mal et marcha en vitesse vers la sortie. Elle crut entendre un meuble qu'on déplaçait au loin, mais elle ne se retourna pas. Elle courait à moitié malgré le bas-plafond.
Elle sortit du tunnel comme une furie. La nuit était quasiment tombée à présent. Elle devait absolument se cacher avant qu'il ne sorte du tunnel. Elle courut aussi vite qu'elle put vers le buisson où elle s'était déjà cachée plus tôt. Elle se jeta derrière et regarda aussitôt le trou au pied de l'arbre. Elle reprit son souffle difficilement en fixant le Saule. Elle avait presque repris totalement son souffle quand elle vit Chambers apparaitre entre les racines de l'arbre. Sa cape était grossie d'un côté et Ginny supposa qu'il y avait caché un ou deux petits cartons. Il ne devait pas encore avoir appris le sort de réduction de taille. Elle le suivit du regard pendant qu'il remontait le parc vers le château. Quand il disparut à travers les portes, elle se laissa tomber dans l'herbe.
Elle était déçue, elle n'avait pas appris grand chose finalement. Juste que les échanges se faisaient grâce à la cabane hurlante. Un instant, elle pensa aller tirer les vers du nez de Chambers. Mais elle ne bougea pas. Elle n'était pas sûre qu'il dirait quoi que ce soit, ou même qu'il sache quelque chose. Peut-être qu'il ne voyait jamais la personne qui déposait la marchandise. Ce n'était peut-être qu'un pion. Mais comment savoir ?
Elle se leva dans le noir. La fraicheur avait envahi l'atmosphère. Elle rentra dans le château, puis dans son dortoir en pensant à Chambers. Il était très jeune. Comment, par Merlin, était-il rentré dans ce trafique ? Par la fille avec laquelle il parlait dans la Salle sur Demande ? Ginny devait découvrir qui elle était.
Arrivée dans son dortoir, elle jeta un coup d'œil sur la carte pour voir Chambers arrivé près de la Salle sur Demande. Elle l'imagina très bien entreposer les cartons dans la Salle-des-objets-cachés. Elle soupira en s'affalant sur son lit. Elle prit sa Plume et écrivit à Harry.
Ginny Weasley : Je ne l'avais pas loupé. Je viens de le suivre jusqu'à la cabane hurlante. C'est là-bas qu'il reçoit les livraisons !
Aussitôt, la Plume s'anima d'elle-même.
Harry Potter : La cabane hurlante ! Mais bien sûr ! Ca parait évident maintenant qu'on le sait !
Ginny Weasley : Oui, je me suis dit la même chose. Mais je n'ai pas vu qui était son fournisseur. Il était tout seul. Je ne suis même pas sure que Chambers sache qui le fournit.
Harry Potter : Ok, c'est déjà super ce que tu as découvert ! Je vais aller en parler avec les autres. Il ne t'a pas vue ?
Ginny Weasley : Non, ne t'inquiète pas. Je me suis cachée. Tu me tiens au courant sur ce qui aura été dit.
Harry Potter : Oui, compte sur moi. Je t'embrasse de tout mon cœur. Pense aux miroirs cette semaine.
Ginny Weasley : Oui, je fais ça cette semaine. Je suis pressée de te revoir.
Elle s'allongea sur son lit, épuisée par cette journée de surveillance. Elle chercherait les miroirs le lendemain, elle ne voulait qu'une chose pour l'instant, c'était dormir.
Voilà ! Elle a pas la frite, la Ginny !
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Qui peut être le fournisseur selon vous ? Êtes-vous content qu'Hermione parle enfin à Ginny de ses péripéties amoureuses ? Quelle torture rêverez-vous de me faire subir pour l'attente depuis le dernier chapitre ?
Le prochain chapitre sera sur le frère, j'ai nommé Ron Weasley, et sera publié la semaine prochaine.
A la prochaine. -Lippen.
