Professeur Jedusor

« Par la barbe de Merlin, Papa, tu aurais pu me dire que tu avais repris le poste de professeur de DCFM! » dit Harry.

« Et manquer la surprise sur ton visage, non merci, »rit le Lord Noir. « Je n'aurais manqué cela pour rien au monde ! »

« Est-ce que tu sais que le poste de DCFM est maudit depuis des décennies ? »

« Oh, je ne risque pas grand-chose, » répondit Tom en tenant sa petite Espoir dans les bras.

« Il y a quand même eu Quirell qui a fini en cendres, Lockhart qui est devenu amnésique, Remus qui a failli tuer trois élèves et l'un de ses collègues, Fol Œil qui a passé une année entière dans une malle à neuf serrures, Ombrage qui a eu quelques ennuis avec un géant et des centaures, … Bon d'accord, l'an dernier ça ne compte pas mais quand même, ce poste est maudit ! »

« Je sais. »

« Et tu l'as quand même pris ?! Tu n'es pas un peu Gryffondor sur les bords, Papa ? »

« Même pas en rêve ! » s'indigna le Lord Serpentard, faisant rire son épouse derrière lui. « C'est moi qui ai lancé la malédiction sur le poste de professeur de DCFM, il y a longtemps. »

« Tom, il serait bien de la coucher maintenant, » fit Bellatrix en arrivant. « Oh ! Bonsoir vous deux ! Vous allez bien ? »

« Très bien, Bella, » répondit Hermione en souriant. « Nous avons juste été surpris d'apprendre que vous étiez à Poudlard. »

« Oui, Severus et Minerva ont proposé la place quand Remus est parti avec Siri, » sourit la mère. « Ils ont quelque chose à faire. Tom a accepté pour donner à la société sorcière une meilleure image de lui. »

« Mais quelle est la vraie raison ? » demanda Harry qui commençait à connaître son père et qu'il ne faisait jamais rien sans raison.

« Il voulait rester au plus près de toi, » rit la mère au détriment de son mari qui faisait de son mieux pour cacher son air coupable en s'occupant de sa fille. « Severus l'a convaincu que tu es un aimant à problèmes et il ne veut pas te lâcher d'une semelle. »

Harry leva les yeux au ciel et secoua la tête en souriant. « Je suis parfaitement capable de me débrouiller tout seul, ouch … » Hermione venait de lui donner un coup de poing à l'épaule en protestation. « … bon d'accord pas tout à fait seul, j'ai des amis qui surveille mes arrières. Quand on survit à Voldemort et à Dumbledore, on peut survivre à tout, » termina-t-il en plaisantant.

Il s'attira le regard rougeoyant de son père, mais il ne se départit pas de son sourire. « Ne te surestimes jamais, Ulysse, » dit le mage noir. « Ce serait commettre une grave erreur. »

« Papa, » soupira le jeune homme. « Que vous soyez là ne me dérange pas, bien au contraire. Je vais pouvoir être un grand frère protecteur toute l'année et pas seulement pendant les vacances. Et puis, on aura enfin la chance d'avoir un professeur compétent. Remus s'y connaissait aussi, c'est pas ça, mais toi, tu joues dans une toute autre catégorie. »

« On a hâte d'être en cours, » ajouta Hermione.

« On va vous laisser, » dit Harry. « Je voulais juste avoir une explication sur le manque de communication. On va finir de déballer nos valises. On se voit demain. »

« Bien sûr, petit serpent, » sourit Tom, faisant grogner son fils sur le 'petit'. « Passez une bonne fin de soirée. »

Harry et Hermione embrassèrent le couple des Ténèbres et les deux poupons avant de repartir pour leur salle commune.

OoO

Deux couples marchaient rapidement dans les couloirs de Poudlard. Ils allaient être en retard à leur cours de DCFM. Il y avait un couple rouge et or et un autre vert et argent. Ils furent surpris en arrivant au couloir qui menait à leur classe de voir que pratiquement tous les élèves étaient dehors, en rang parfait, les Gryffondors le plus loin de la porte et regardant cette dernière avec crainte.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? » demanda Harry en arrivant devant ses camarades de classe. « Pourquoi vous n'êtes pas à l'intérieur ? »

« Tu es fou, Potter ! » dit Seamus Finnigan en prenant garde à ne pas parler trop fort, de peur que le mage noir l'entende. « Il s'agit du mage noir. J'arrive pas à croire que tu aies trahi Dumbledore et que ce monstre ait été autorisé à enseigner la magie à des élèves. Même qu'il soit encore en liberté ! Pareil pour Bellatrix Black ! Ce sont des meurtriers ! »

Le visage d'Harry se fit plus dur et sa magie crépita légèrement. « Ecoute-moi très attentivement, Finnigan, » dit-il d'une voix basse et menaçante qui n'avait rien à envier à celle de Severus. « Mes parents ont certes commis des crimes mais Dumbledore aussi. Et de biens pires ! Ce fou m'a balancé dans un lac en ayant conscience qu'il était plein d'inferi ! Il m'avait promis juste avant de m'y balancer qu'il allait tuer tous ceux auxquels je tenais ! Il a même poussé un père et un fils à s'affronter dans un combat meurtrier. »

« Menteur ! »

« Comme j'étais un menteur, en cinquième, c'est ça ? » ironisa le jeune Lord en réajustant son poids sur ses béquilles. « Je ne vais pas y aller par quatre chemin, tu touches à un cheveu de ma famille, – et crois-moi quand je dis que le professeur Tom Elvis Jedusor et Bellatrix font partie de ma famille – touche les et je te jure que tu le regretteras. On ne s'attaque pas à la famille Serpentard sans en subir les conséquences ! »

« Ulysse ? » fit la voix du professeur de DCFM en ouvrant la porte. « Qu'est-ce qu'il se passe ? Ta magie est … »

« Salut, Papa, » coupa le jeune homme en se calmant et réintégrant sa magie dans son corps. « Ce n'est rien. Je ne faisais que remettre les pendules à l'heure avec un camarade de Gryffondor. »

Harry jeta un dernier regard noir à Finnigan avant d'entrer dans la classe, suivi par sa petite amie, Draco et Pansy, puis les Serpentards. Les Gryffondors hésitaient en regardant le mage en face d'eux. Il n'avait pas l'air méchant mais il avait une renommée effroyable. Pouvait-on vraiment croire ce que disait la Gazette du sorcier sur sa réinsertion dans la société et sur le fait qu'il ne désirait plus que la paix ?

Tom leva un sourcil face à l'immobilité des rouges et or. « Je ne mords pas, » dit-il en les invitant à entrer d'un geste de la main.

« Ca, ça reste encore à prouver, » fit une voix dans un murmure.

« Par Salazar, » soupira le professeur. « J'ai vraiment une horrible réputation à briser. »

« Bonne chance, Papounet ! » fit la voix d'Harry à l'intérieur de la classe.

« Ulysse ! »

« Oui ? »

« Tu es prié de m'appeler professeur Jedusor pendant les cours ! »

« D'accord, mais je faisais que te donner un coup de main, moi … » sourit le jeune homme.

« Et m'appeler comme ça était sensé m'aider ? » demanda Tom, dubitatif.

« Ben oui, sinon, je l'aurais dit en fourchelangue. Je casse le mythe du terrifiant et sanguinaire Lord Voldemort, un homme sans cœur et sans scrupule qui a une face de serpent. »

« Tant que tu ne me transformes pas en Pouffsouffle ou en Gryffondor, pourquoi pas, » capitula le mage noir. « Faites comme vous voulez, la porte reste ouverte, » ajouta-t-il à l'adresse des élèves qui étaient toujours debout à l'extérieur de la classe.

Ils étaient figés en écoutant l'échange et le peu de réaction excessive de Vous-Savez-Qui face aux propos d'Harry Potter.

« Bon, les gars, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? » fit Harry de l'intérieur, déjà installé sur sa chaise entre Hermione et Drago. « Vous faites honte à ce qui fait de nous des Gryffondors ! »

« La ferme, Potter, » siffla Finnigan en entrant dans la pièce avec le reste des Gryffondors.

« Je ne vais rien dire pour cette fois car Ulysse l'a un peu cherché et que je suis aussi d'une part la cause du problème, » dit Tom en refermant la porte et avançant vers l'avant de la classe. « Mais à l'avenir, évitez de prononcer le moindre propos grossier, car je n'en laisserai passer aucun. »

Il fit une pause pour observer chacun des élèves puis reprit.

« Je suis le professeur Jedusor. Je vais déjà répondre à certaines de vos questions qui doivent certainement vous torturer l'esprit. Oui, je suis Voldemort. Oui, je suis le descendant direct de Salazar Serpentard, et contrairement à la croyance populaire, je ne suis pas le dernier. Ils sont encore très nombreux, comme les Malfoy, les Greengrass, les Nott, les Parkinson et, dernièrement, les Black. Oui, je suis un mage noir mais la magie noire n'est pas spécialement mauvaise, je vous expliquerai plus tard pourquoi. Oui, j'ai malheureusement tué par le passé, entre autres crimes. Oui, Harry Potter est mon fils, et pour moi, il s'agira toujours d'Ulysse et je ne l'appellerai jamais autrement. Et oui, j'ai un cœur. Je pense d'ailleurs que Rita Skeeter a fait couler suffisamment d'encre sur moi pour me montrer plus Pouffsoufle que je ne l'admettrai moi-même. Et non, je ne prévois pas de tuer ou de torturer qui que ce soit. Je n'aspire qu'à une vie calme avec ma famille. Je n'ai pas demandé ce poste, ce sont les professeurs Snape et McGonagall qui me l'ont proposé. De par mes connaissances et mon expérience des forces dites du mal, je vais vous apprendre à vous défendre contre elles. Je vous apprendrai également, au niveau théorique bien sûr, à détecter la magie noire pour pouvoir si un jour cela s'avère nécessaire, pouvoir vous en défendre le mieux possible. L'un d'entre vous peut témoigner des effets néfastes d'une telle magie quand on n'a pas les notions nécessaires pour en réduire les dégâts. »

Tous les regards se posèrent sur Harry qui écoutait son père attentivement.

« Comme vous êtes déjà en Septième année et que j'ai eu un compte rendu détaillé de ce que vous ont appris mes prédécesseurs, je propose que nous passions directement à la pratique. » Le regard de plusieurs élèves se fit pétillant tandis que celui d'autres s'agrandit d'effroi en voyant le mage noir sortir sa baguette. « Bien que je suis un fervent partisan de la connaissance contenue dans les livres, il n'y a rien de mieux que la pratique. Vous pourrez lire tous les ouvrages que vous souhaiterez à l'extérieur de ma classe, me poser des questions quand vous ne comprenez pas quelque chose, quel que soit le domaine. En cours, nous mettrons en pratique ce que vous aurez lu dans le manuel et plus, si vous n'avez pas peur d'entrer dans le domaine de Mme Pince, elle y cache de nombreux trésors. Pour aujourd'hui, je propose que l'on fasse de simples petits duels pour que je vois le niveau de chacun, vos forces et vos faiblesses et me permettre ainsi de vous aider à progresser. »

Il les invita à se lever et d'un geste ample de sa baguette, il fit disparaître les pupitres.

« Ulysse, tu tiens à faire l'exercice ou préfères-tu te mettre sur le coté et regarder ? »

« Pour la première fois de ma vie, je vais dire non à un combat, je ne tiens pas suffisamment bien sur mes jambes pour un duel. Non, je passe mon tour. »

« Comme tu voudras. Vous pouvez commencer. »

Tandis qu'Harry avait transfiguré l'une de ses béquilles en chaise et s'était installé à côté du bureau de son père, les élèves se mirent par deux. Hermione se mit avec Drago, ce dernier ne voulant pas blesser sa fiancée et ayant toujours la première place à disputer avec la Gryffondor. Les duels commencèrent et les rais de lumière fusèrent. Des sorts et des maléfices étaient criés, murmurés, hurlés, et même étaient lancés en informulés. Bon nombre de bouclier étaient dressés et des faisceaux déviés de leur trajectoire. Harry avait dressé un puissant bouclier pour se protéger des tirs perdus et observaient ses camarades et son père qui marchait derrière eux et donnait parfois des conseils. Si les Serpentards étaient relativement à l'aise avec sa présence, ce n'était pas le cas des Gryffondors. Ils sursautaient à chaque fois que le mage noir s'adressait à eux, au dam de ce dernier.

Un cri de douleur se fit soudain entendre dans la salle et Pansy tomba à terre se tenant la cuisse. Un sort de découpe envoyé en traître par Finnigan qui faisait équipe avec un autre Gryffondor. Tom ne l'avait pas vu, ayant le dos tourné, mais cela n'avait pas échappé à Harry. Le mage noir s'approcha directement de la jeune sorcière et la soigna.

« Je vous conseille vivement à l'avenir d'apprendre les sortilèges de soin de bases. Ils peuvent vous sauver dans la plupart des cas. Transporter quelques baumes de soins serait aussi judicieux. »

« Papa, c'est Finnigan qui a lancé le sort, et non Crabbe. »

« Ah. Et qui est ce Finnigan ? » demanda-t-il en se relevant.

« Le gryffondor que j'ai cherché tantôt. »

« Mr Finnigan, vous êtes prié d'attaquer que votre partenaire et non être aussi sournois qu'un serpent et attaquer celui d'un autre. »

« Je n'ai rien fait. »

« Merci d'insinuer que je suis un menteur, Finnigan, » rétorqua Harry. « Je suis prêt à passer sous le Veritaserum pour prouver à tout le monde que je t'ai bien vu attaquer Pansy. Peux-tu en faire autant ? »

Le Gryffondor ne dit rien mais fusilla le jeune Lord et son professeur du regard mais ne répondit pas. En croisant le regard du mage noir et en lui faisant tête, il s'est senti obligé de quitter ses orbes brunes qui avaient graduellement pris une teinte rubis à mesure que Tom se mettait en colère face à son insolence.

Le reste du cours se passa sans incident notable, si ce n'est quelques égratignures et quelques bleus. Tom se rapprocha de son fils.

« On voit que tu en as entraîné certains. Ils ont certains de tes réflexes. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Ils ont copiés ta façon de bouger. Cela se sent surtout chez ce jeune blond de ta maison. »

« Neville Londubat ? »

« Oui. »

« C'était quelqu'un de maladroit avant parce que personne n'a pensé qu'il avait juste un manque de confiance en lui. En première année, il était le plus peureux de tous les Gryffondors. Encore maintenant, parle lui de Snape et tu verras son visage pâlir en l'espace de quelques secondes tellement Severus lui fait peur ! » Sourit Harry.

« Vraiment ? »

« Oui. Nous avons eu la joie de le voir apparaître quand Neville a croisé un épouvantard en cours. Juste magnifique ! Severus en robe aussi d'ailleurs ! »

Ils rirent.

« Mais je l'ai aidé à prendre de l'assurance en cinquième. Tu peux demander à maman, il l'a … en quelque sorte … Je ne saurais pas vraiment expliquer. Rien de méchant, mais il lui a répondu comme jamais je ne l'avais entendu s'adresser à quelqu'un. Neville est devenu un homme au Ministère. »

« C'est le fils de Frank et Alice Londubat, n'est-ce pas ? Les deux aurors ? »

« Oui. Ils sont toujours en vie, mais ils sont devenus fous sous l'emprise du Doloris. »

« Ta mère était dans un état de folie extrême à l'époque. Moi-même, j'avais des difficultés à gérer ses pulsions vengeresses. Cela couplée aux miennes … »

« Non, je comprends mais … Je comprends aussi Neville. Ce n'est pas facile pour lui de voir la femme qui a transformé ses parents en légumes marcher librement. »

« Je vais en parler avec ta mère. Peut-être qu'il y a moyen de faire quelque chose. »

« Qu'est-ce que vous pourriez faire que les médicomages ne savent pas ? »

« Le souci des Anglais, c'est qu'ils refusent toutes les pratiques qui ont un 'lien' avec la magie noire, hors que des fois, ce n'est même pas le cas. Il existe des méthodes de soins tirées du coté sombre de la magie. De plus, comme c'est leur esprit qui est en quelque sorte bloqué, Lady Londubat pourrait tenter sa chance en contactant un maître dans les arts de l'esprit. »

« Cela pourrait marcher ? »

« On ne le saura pas si on n'essaie pas, Ulysse. L'esprit humain est quelque chose de complexe. Il peut être si facilement brisé. Et le réparer n'est pas toujours possible. Ta mère et moi avons été chanceux de recouvrer la raison. Surtout ta mère. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. »

« J'en parlerais avec Neville. »

« Allez, file. Ou tu vas être en retard. »

« Bonne journée, papa. »

« Bonne journée, petit serpent. »