Les cris de Yahiko avaient alarmé tout le monde dans le Dojo. Sans réfléchir plus longtemps, Kenshin se dirigea vers leur source, il entra en trombe dans sa chambre et trouva le petit garçon, tremblant et pleurant dans les bras d'Hayate.
Il leva la main pour que les autres, qui arrivaient en courant derrière lui, se calment. La jeune femme tourna la tête vers lui et d'un signe, lui indiqua que tout était sous contrôle. Son arme était au sol, sortie de son fourreau. Il avança dans sa direction et la remis à sa place.
Il se pencha vers Yahiko et lui passa la main dans les cheveux. Le jeune garçon, retrouvant peu à peu ses esprits, se rendit compte qu'il n'était pas dans les bras de Kenshin, il la repoussa avec force et s'écarta d'elle. Il s'assit près de Kenshin et pointa son doigt vers l'arme.
- Du sang, du sang partout et ce bruit…. Insupportable !
Tous restèrent silencieux. Hayate se leva, traversa la pièce et dépassa les autres dans l'entre-baillement de la porte.
Kaoru fut incapable de bouger lorsqu'elle passa près d'elle mais pas Sano, revenu de la ville quelques instants plus tôt. Il lui attrapa vivement l'épaule :
- Qu'est-ce que tu as…
Sans avoir eu le temps de finir sa phrase, elle lui attrapa la main, la retourna et le força à s'agenouiller avec une technique défensive.
- Jamais tu ne poses ta main sur moi, dit-elle froidement, je n'ai rien fais, ce gosse devrait s'occuper des affaires.
Elle lâcha son emprise et, prise d'une douleur, s'assit quelques mètres plus loin sur le parvis. Elle posa sa tête contre un piller qui soutenait le bord du toit et respira profondément.
- Ce n'est pas un jouet, continua-t-elle plus calmement, c'est un outil de mort.
Entendant un reniflement bruyant de la part de Yahiko, ils reportèrent toute leur attention sur lui. Il avait sécher ses larmes et s'était redressé. Il se tenait désormais debout à côté de Kenshin qui n'avait encore rien dit.
- Ce n'est pas de sa faute, c'est la mienne, déclara-t-il en baissant les yeux, j'ai vu que son arme était ici, je suis entré et j'ai seulement voulu regarder.
- Je sais, répondit gentiment Kenshin
Honteux, Yahiko marcha doucement vers la sortie, se tourna vers Hayate et s'inclina. Elle le regarda faire et tourna de nouveau le regard vers la cour devant elle, reposant sa tête sur le piller.
- Je m'excuse, je ne savais pas.
Elle soupira et hocha la tête en signe d'acceptation. Il tourna les talons, blême, et proposa à Kaoru de l'aider au nettoyage avec Misao. Cette dernière, choquée, mis quelques secondes à répondre :
- Bien, il y a encore quelques petites choses à finir.
Tous les trois se dirigèrent vers le Dojo. Sano, vexé d'avoir été si violemment rabroué se renfrogna et repartit en direction du centre ville.
Restaient alors seulement Kenshin et Aoshi, ils s'observèrent un instant puis se dirigèrent vers Hayate. Cette dernière, connaissant déjà la question qu'ils allèrent lui poser, entrepris de donner la réponse tout de suite :
- Peu de gens sont encore capables aujourd'hui de ressentir l'âme d'une arme.
Les deux hommes ne répondirent pas et attendirent la suite :
- Ce jeune garçon, soupira-t-elle, se remettra-t-il ?
- Yahiko est plus fort que tu ne le penses, souffla Kenshin, il s'en remettra à coup sûr. Sais-tu ce qu'il a vu ?
Fixant son regard au loin, elle poursuivi :
- On raconte que certaines lames ont une histoire si puissante qu'elles en dégagent elles-mêmes les souvenirs. Ce qu'il a vu, seul lui le sait, mais je suis sûre que ce n'était que mauvais, et seulement mauvais.
Les deux hommes baissèrent les yeux, devinant ce qu'avait du vivre Yahiko durant ce court instant.
- Pourquoi m'as-tu ramené ici, tu sais ce qu'il t'en coutera.
- Je ne sais pas ce qu'il se passera ensuite, mais je t'étais redevable.
Voyant qu'aucun des deux ne semblait enclin à relancer la conversation, Aoshi demanda :
- Tu affirmes qu'il nous en coutera, pourrais-tu être plus précise.
Kenshin pinça ses lèvres, si lui n'avait pas pu obtenir ce genre d'informations, il pensa qu'Aoshi n'en saurait pas plus non plus.
Les minutes s'écoulèrent sans qu'ils n'obtiennent rien, Hayate écoutait les bruits ambiants qu'elle pouvait capter. Elle entendait la rivière qui coulait non loin, le bruit, plus lointain de la ville, le chant des oiseaux dans les arbres au dessus d'elle sonnait comme une douce mélodie à ses oreilles et le vent léger qui venait s'engouffrer dans ses cheveux détachés la détendit un peu.
Elle finit par répondre en fermant les yeux :
- C'est une histoire longue et compliquée.
Kenshin s'apprêtait enfin à en savoir plus lorsque Aoshi déclara :
- Ecoute, par respect pour mon ami, je ne t'ai pas tué mais sache que ma patience à des limites et tu n'es pas en position de force.
La mâchoire d'Hayate se contracta, il n'avait pas tort.
- Si tu comptes profiter encore un peu de notre hospitalité, tu devras en retour nous dévoiler la vérité sur ce qu'il se passe.
Disant ses mots, il tourna les talons et partit en direction des cuisines, Kenshin soupira et le rejoignit rapidement, comprenant qu'elle n'en dirait pas plus pour le moment.
