Chapitre 35 : Trois mois après …

Bonsoir tout le monde !

Rapide passage sur le site (il est très tard ^^) pour vous poster le chapitre 35 !

Un grand merci pour les reviews que vous avez pris le temps de me laisser cette semaine, comme toujours c'est vraiment passionnant de suivre le fil de vos pensées, de vos questions et surtout de vos suppositions pour la suite ^^

Allez, je vous laisse pour ce chapitre !

On se retrouve en bas !


Chapitre 35 : Trois mois après …

PDV Bella

Trois mois.

Il s'écoula trois mois depuis qu'il avait été libéré.

Sans trop savoir pour quelle raison, je m'attendais à ce qu'il débarque ici.

Je l'avais imaginé tant de fois débarqué dans mon bureau, me prenant par surprise.

Mais il n'était jamais venu. Malgré toutes mes prévisions et mes cauchemars de plus en plus présent ces derniers temps, il n'avait jamais franchi le seuil de mon bureau. Je m'attendais à cette visite pourtant, je m'y étais préparé même.

Je ne pouvais pas me laisser surprendre une nouvelle fois. Maitriser la situation était la seule chance de m'en sortir. Chaque jour, je m'attendais à ce qu'il déboule ici mais cela n'arriva pas.

J'avais repris ma place de PDG derrière mon fauteuil de cuir noir. La vie avait repris son cours presque normalement comme si rien ne s'était passé, comme si les derniers évènements ne s'étaient pas déroulés.

Dans ma tour d'ivoire, bien à l'abri de toutes les méchantes choses de l'extérieur, je n'avais pas vraiment conscience de l'impact de toute cette affaire. Mise à part les informations sur CNN de temps en temps, je me coupais du monde et me plongeais dans le travail pour éviter de me rendre compte du monde qui m'entourait.

Les préparatifs des fêtes de fins d'années allaient commencer puisque noël était dans moins d'un mois. L'effervescence qui accompagnait une telle période mettrait surement mes nerfs à rude épreuve. Je n'étais vraiment pas d'humeur à supporter cette joie et cette excitation de la part des personnes qui m'entouraient.

Je ne pouvais pas partager ces sentiments. Je n'arrivais même plus à les ressentir.

Kiara avait fini par réapparaître le jour de la libération d'Edward et j'en avais été soulagée. Bien entendu mes questions étaient restées sans réponse, j'ignorais totalement ou elle avait passé ses semaines loin de la maison. Elle m'avait craché au visage que cela ne me regardait pas. Elle était partit le lendemain pour la pension et bien que je m'en doutais, la situation entre elle et moi avait encore empirée.

Elle refusait de me parler tout simplement, m'insultant quand j'essayais de l'appeler. J'avais tenté de lui rendre une visite, cela s'était soldé par un échec cuisant. Elle avait fugué de la pension en apprenant ma venue, je n'avais donc pas pu voir mon enfant.

Pour éviter tout scandale, j'étais remontée dans l'avion quand la police avait retrouvé ma fille sur la route avec pour seul bagage, un sac à dos rempli d'affaire et de nourriture. Les yeux secs mais brulant sous l'effet des larmes qui refusaient de couler, j'avais passé l'essentiel du vol de retour à me demander pourquoi nous en étions arrivés à un tel point de non-retour.

Kiara ne travaillait toujours pas à l'école, ses notes étaient catastrophiques dans toutes les matières même celles où elle avait toujours excellée. Elle était entrain de détruire son propre avenir pour me faire payer mes mensonges et mes dissimulations.

Aro devenait complètement fou et tentait de couvrir au mieux ses frasques de plus en plus grosses et surtout dangereuses. La dernière en date concernée une cigarette allumée dans l'enceinte du dortoir sous le nez de la surveillante chargée des filles. Elle avait mal éteint le mégot qui avait mis le feu aux draps manquant de peu de faire brûler le dortoir. Heureusement ma fille étant loin d'être idiote quand elle le voulait, elle avait stoppé l'avancé des flammes avant que les dégâts ne soient important.

Elle prenait un malin plaisir à provoquer toute autorité qui la contrariée un tant soit peu et c'était de pire en pire.

Ce n'était pas simple pour Aro. Après avoir passé des semaines à tenter de couvrir l'affaire Isabella Swan, voilà que Kiara tentait par tous les moyens de se faire remarquer même à des milliers de kilomètres de New-York.

Je me demandais si elle comptait s'arrêter un jour, quand déciderait-elle qu'elle était allée trop loin ?

Kiara était une fille intelligente, trop sans doute pour son âge. Elle voyait et comprenait des choses qu'une gamine de 15 ans aurait sans doute laissées de côté dans la même situation.

La savoir aussi loin était une chose abominable pour mon cœur de mère. Je voulais récupérer ma petite fille et je savais que cela resterait à jamais impossible tant que je ne lui parlerais pas à cœur ouvert.

Elle n'admettait pas que j'ai menti à la barre devant des centaines de personnes sur l'identité de son père. Elle était persuadée d'être le fruit d'une union entre moi une prostituée et un de mes clients.

Si seulement elle savait qui elle était vraiment.

Je devais le lui dire.

S'il y a au moins une chose que j'avais comprise, c'était ça.

Je devais avouer à Kiara d'où elle venait. Elle en avait besoin pour se construire, pour devenir une femme et arrêter de détruire son propre avenir. Je ne serais surement pas celle qui l'empêcherait de devenir quelqu'un. Même si elle me rejetait définitivement par la suite, je saurais que j'avais fait ce qu'il fallait pour que mon enfant se sente mieux. C'était la seule chose qui avait de l'importance.

Cela faisait des semaines que j'avais pris cette décision mais comme elle s'obstinait à me fuir, je n'étais pas parvenu à le lui dire.

Elle devait rentrée d'ici une semaine à la maison pour les fêtes de fin d'années. Je ne lui avais pas laissé le choix, ou tout du moins Aro le lui avait ordonné.

Comme elle refusait de me voir et de me parler, j'avais envoyé mon associé pour qu'il lui transmette le message. Elle ne pouvait décemment pas refuser de le voir lui et d'ailleurs même en trainant les pieds, elle l'avait affronté ce qu'elle refusait de faire avec moi.

Bien entendu, Aro ne m'avait rapporté que son hochement de tête affirmatif à ma demande. Je me doutais que ce n'était pas tout ce qu'elle avait dit mais mon associé ne m'en avait pas dit plus.

Après plus de quatre mois d'absence, mon enfant rentrait enfin à la maison. Je me doutais que la conversation que nous devions avoir ne pouvait pas attendre des jours mais au moins ma fille serait près de moi.

Son retour ne ravissait pas que moi. Ses deux petites sœurs étaient malheureuses depuis le départ de leur aîné. L'éloignement entre elles dataient de bien avant le départ de Kiara mais au moins avait elle était là avec nous.

Les deux enfants avaient très bien compris que Kiara n'allait pas bien et cela depuis des mois. Plus d'une fois, elles avaient demandé à lui parler mais le règlement intérieur de la pension était très clair, aucun appel en dehors des deux heures autorisées chaque semaine. De toute façon Kiara ne nous avait jamais appelées non plus.

Charlotte et Lise avaient énormément pleuré et je n'avais pas pu faire grand-chose pour les consoler. A ce chagrin s'ajoutait également celui de ne plus pouvoir parler à l'homme qu'elles considéraient comme leur nouvel ami.

Elle le voyait dans les journaux et à la télévision – il était devenu le nouveau scoop du mois visiblement - et elles étaient malheureuses qu'il ne vienne plus à la maison.

En l'espace de seulement une semaine nous n'avions fait que peu de choses et elles ne l'avaient pas vu si souvent que ça mais pourtant, il était devenu important pour mes deux filles, parce qu'avec lui les choses étaient différentes.

J'étais différente.

Jamais plus je ne pourrais redevenir celle que j'avais été avec cet homme que je croyais connaitre.

Mes filles s'étaient attachées à lui et il leur avait fait du mal …consciemment exactement comme il en avait fait à moi.

Ça non plus je ne pouvais pas le lui pardonner.

Heureusement de mon côté, cela m'avait permis de tirer une leçon définitive.

Le bonheur et les émotions qui y étaient rattachées n'étaient tout simplement pas faits pour moi. Je ne faisais pas partie de ces gens ayant le droit à mon happy-end.

J'ignorais ce que je méprisais le plus … sa duplicité à lui ou alors ma propre crédulité. La honte et le dégout de moi-même étaient si forts depuis que j'avais compris. Il avait réussi ou tant d'autres avait échouait. Il avait juste été plus malin que les autres, faisait renaître l'espoir en moi.

Il n'existait pas dans ce bas monde, un chalumeau assez brûlant pour décongeler la glace qui m'entourait le cœur. Plus rien ne pourrait me faire ressentir ce que j'avais ressenti l'espace de quelques jours.

Se comporter comme une simple midinette de bas étage, n'était pas mon style. Sans doute avais-je traversée une crise passagère. C'était l'influence combinée au moment et aux circonstances. J'avais baissé ma garde temporairement parce que pour la première fois depuis longtemps, un homme m'avait touché.

Sans doute que dans d'autres circonstances, je n'aurais jamais éprouvé ce genre d'émotions pour une personne de la gente masculine.

Au moins maintenant, j'étais consciente de mes faiblesses. J'étais humaine et comme tout le monde je pouvais trébucher. C'est d'ailleurs ce que je venais de faire mais on ne m'y reprendrait plus. Maintenant que je m'en étais rendu compte, je pouvais corriger ça.

Secouant la tête pour revenir à la réalité, je me concentrais de nouveau sur le travail, seul élément ne m'ayant pas fait défaut jusque-là.

- Jacob, pouvez-vous me donner le dossier de New-York ?

Mon ton était froid et sec, exactement comme il aurait toujours dû être.

Nous étions le premier décembre. Dans 24 jours, nous serions à noël. L'ambiance festive qui commençait à prendre part de tout un chacun, me donnait un mal de tête chronique. Je n'avais jamais aimé cette période, même avec l'arrivée des filles, apprécier cette fête avait toujours été difficile.

Pour le bien de Charlotte et de Lise, je tentais de le cacher mais ce n'était pas toujours simple. Elles voulaient des décorations, un sapin, des guirlandes, faire la liste au père noël … l'approche des fêtes étaient la première chose les rendant aussi joyeuses depuis longtemps, depuis cette fameuse sortie. Je ne pouvais pas gâche leur plaisir, alors je me taisais et les laissais me parler de leur nombreux projets, me montrer les cadeaux dans les catalogues de jouets qu'elles comptaient commander, et m'entrainer dans leur marathon joyeux des chants de noël.

Le travail était ma seule échappatoire, le salut que j'attendais chaque jour pour éviter d'être contrainte de faire semblant.

Ce qui était d'autant plus terrifiant, c'est que nous n'étions que le 1er décembre.

Depuis plusieurs semaines, mon emploi du temps était redevenu impossible à gérer. De nouveau je travaillais beaucoup, trop selon les filles, j'avais sans doute recommencé à la même cadence que quelques mois auparavant, mais je ne parvenais pas à m'arrêter. Chaque soir, je me promettais de finir à une heure raisonnable, de rentrer avant le coucher des filles mais ce n'était que fausses promesses et excuses en bois.

Je savais que même si le reste partait en fumée, même si mes espoirs et mes rêves étaient brisés, je pouvais me rattacher à cette partie de ma vie parce que le travail, s'il était fait correctement, ne pouvait pas me trahir.

Mon secrétaire m'apporta le dossier que je venais de demander sans un mot ni de sa part ni de la mienne.

Bizarrement depuis ce fameux jour où j'avais appris la vérité sur l'homme m'aidant au quotidien au sein de la société, nous n'avions plus jamais reparlé, ni de Quil, ni de lui.

Il était mon secrétaire et faisait du très bon travail, c'était la seule chose qui importait. Nous partagions un bout de passé mais pourtant cela ne devait pas interférer dans notre collaboration.

En ce qui concernait Dubaï, la compagnie avait récupéré la totalité du projet après l'affaire d'il y a quelques mois. Cullen Immobilier avait été rayé du contrat presque immédiatement. Inutile d'évoquer le soulagement quand les investisseurs avaient décidé de ne pas rester lier à une personne qui berçait dans le scandale.

D'ailleurs depuis sa sortie de prison, il avait du mal à remettre sa société sur les rails. Je n'avais pas eu besoin de me renseigner, les journaux s'en étaient merveilleusement chargés.

J'avais décidé d'arrêter de faire pression sur les clients pour leur faire rayer leur contrat avec la société depuis plusieurs semaines déjà. Ce n'était pas loyal de mettre des centaines de personnes au chômage. Sans compte qu'exercer ma rage et ma colère de cette façon ne me menait à rien.

De plus, je savais pour l'avoir entendu à la télévision que la société allait mal et que rajouter de l'huile sur un feu déjà bien brûlant, ne ferait que précipiter cette entreprise dans le précipice qui l'attendait.

- Jacob, contactez Monsieur Denali et demandez-lui à quelle heure se déroulera la réunion demain !

Au lieu de rester concentrer sur mes pensées et ruminer encore et toujours les mêmes histoires, je préférais reporter mon attention sur le nouveau projet que je devais mettre au point.

Il y a de cela quelques semaines, le maire de New-York avait pris contact avec la compagnie pour un projet d'hôtel en plein cœur de Manhattan. Le but était de rivaliser avec le Carlton afin d'être en mesure d'accueillir les personnes influentes du monde entier.

Mais voilà, la compagnie était une fois de plus en compétition avec d'autres entreprises et ceux grâce à Monsieur Denali qui apparemment n'était pas décidé à nous faire confiance. Il était déterminé à voir ce que je proposais avant d'accepter n'importe quel contrat.

Comme il faisait partit des personnes les plus influentes de la ville, personne n'avait trouvé à redire sur sa proposition.

Je devais donc montrer mes projets demain lors d'une réunion de préparation.

J'ignorais quelles étaient les entreprises qui allaient montrer leurs projets en même temps que moi, je n'avais pas cherché à le savoir. J'avais imaginé un projet plutôt audacieux, quelque chose qui m'était venu à l'esprit d'un seul coup sans trop savoir comment.

Si la collaboration avec Edward Cullen m'avait appris quelque chose s'était de faire preuve d'audace et de penser à ce qui s'harmoniserait le mieux avec le paysage tout en répondant aux attentes des clients de ses hôtels et non pas sortir un projet commun dont on voyait les répliques dans tous les coins de la planète.

Ce n'était pas le genre de projet auquel les sociétés qui sollicitaient nos services s'attendaient à me voir imaginer mais après tout l'innovation était peut-être la clef du succès.

PDV Edward

- Ecoute, mon frère tu ne peux pas continuer ainsi … tu ne peux pas utiliser ton propre argent encore indéfiniment pour payer tes employés …

Emmett avait raison bien entendu mais j'avais du mal à me résigner à abandonner. J'avais mis des années à construire brique par brique cette entreprise si cher à mon cœur, je n'allais pas abandonner maintenant. Je ne le pouvais pas.

- Je sais tout ça Em' … mais … je dois me battre … les contrats vont revenir … regarde …

Je lui montrais les plans d'un hôtel de grand standing sur New-York. Monsieur Dénali était venu me trouver afin de me parler de ce projet que le maire tenait à mettre en place. Il ne m'avait pas caché dès le départ que les chances d'obtenir le contrat étaient minces.

Après tout personne ne tenait à être relié à mon nom de près ou de loin, que j'ai été innocenté ne changeait pas grand-chose à l'affaire.

J'étais sortie de prison et pourtant je n'avais rien pu faire pour empêcher le déclin de tout ce que j'avais construit.

En constatant le regard de mon frère sur moi, je ne pus m'empêchais de me détourner. Je ne voulais pas voir ce qu'il y avait dans ces yeux. Je ne tenais pas à constater à quel point il était inquiet, et surtout à quel point lui non plus n'y croyait plus.

Je l'entendis pousser un soupir puis quitter la pièce.

Je savais que ma famille était tout autant investit que moi dans cette société que j'avais mis au point. Ils voulaient m'aider tout simplement.

Ce que je n'avais pas dit à Emmett c'est que j'avais peut-être un début de solution qui n'incluait pas le complexe de New-York de Monsieur Dénali.

Après tout ma société ne convenait visiblement plus au haut standing de New-York mais j'étais certain qu'en cherchant bien je pouvais décrocher des petits contrats à moindre coup dans de plus petites villes. Cela nécessiterait des déplacements mais je savais que je pouvais le faire.

D'ailleurs j'avais rendez-vous l'après-midi même pour un projet de lotissement dans le Queens. Le propriétaire du terrain avait été choqué quand je l'avais appelé mais il avait accepté de me recevoir.

En fait cette idée m'était venue grâce à Jessica.

Il y a quelques jours, elle était venue dans mon bureau en tapant du poing sur la table et pour la première fois j'avais vu une véritable fougue chez mon assistante.

Elle n'avait pas mis longtemps à me convaincre.

Certes je n'étais plus vraiment habitué à ce genre de projet mais cela ne pouvait qu'être bénéfique.

Et en effet ça le fut puisque je décrochais le contrat haut la main et ma formidable assistante réussit bientôt à en dégoter trois nouveaux.

Certes cela ne constituait pas une solution miracle mais pour la première fois depuis des mois, « Cullen Immobilier » apercevait enfin une lueur d'espoir.

Le jour de la réunion avec le maire de New-York et les investisseurs pour le projet d'hôtel de luxe, arriva enfin et c'est très peu confiant que je retrouvais Monsieur Dénali devant les bureaux de ma société.

- Bonjour Edward !

Je saluai chaleureusement cet homme qui était l'un des rares à ne pas m'avoir retiré sa confiance. J'ignorais pourquoi il tenait tant à ce que je présente mon projet mais j'étais sincèrement reconnaissant pour tout ce qu'il faisait.

Il aurait pu agir comme tas de gens l'avait fait mais pourtant il allait même jusqu'à m'aider. Je lui avais demandé ces raisons mais il n'avait rien répondu mis à part que je faisais du bon travail et que ma vie privée n'avait rien à voir avec ma vie professionnelle.

Certes il avait raison mais nous savions tous les deux que m'emmener rencontrer des investisseurs et le maire de New-York avec ce que je trainais derrière moi ne pouvait que lui attirer des ennuis.

- Bonjour Monsieur Dénali …

Il me désigna sa Bentley juste derrière nous et nous montâmes à bord sans un mot de plus.

J'ignorais tout de l'endroit où se passait la réunion et honnêtement le savoir ne me servirait pas à grand-chose alors je ne posais pas la question.

Je me tournais vers Eléazar et lui adressais un sourire.

- Je tiens vraiment à vous remercier …

Il me stoppa d'un geste de la main.

- Attendez d'abord de remporter le projet avant de me remercier …
Je haussais les épaules pour lui montrer que même si je n'étais pas celui qui montait le projet, je le remerciais pour ce qu'il faisait.

- Vous savez Edward … vous avez du talent … vous êtes un excellent architecte … et un chef de projet hors pair … ce que vous avait fait avec mon hôtel est de loin la meilleure enseigne de ma marque … votre talent ne peux pas être bafoué sous prétexte que vous avez commis des erreurs au cours de votre jeunesse …

Je me détournais de son regard perçant dont les prunelles avaient viré étrangement au jaune. Le silence dans la voiture tomba alors que je reportais mon attention sur ce qu'il se passait derrière les vitres teintées de la voiture de luxe.

- Mais vous allez moins me remercier quand je vais vous dire contre qui vous êtes en concurrence …

A ces mots je me tournais vivement vers lui et je fronçais les sourcils.

Mais malheureusement avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, nous dûmes descendre et je suivis Monsieur Dénali.

Nous étions devant un des nombreux buildings de Manhattan abritant des étages de bureaux. L'endroit était comme je le pensais, insignifiant pour moi.

Ayant comme un mauvais pressentiment, nous gagnâmes l'ascenseur.

Eléazar appuya sur les touches et le numéro 34 s'afficha sur l'écran digital. Je fixais sans vraiment la voir la porte de la cage de fer et j'osais enfin dire ce que je pensais.

- C'est contre elle … n'est-ce pas ? Je vais discourir contre elle ?

Il savait parfaitement de quoi je parlais mais il ne me répondit pas tout de suite. Il y eut un bruit aigu indiquant notre arrivée puis les portes s'ouvrirent.

- Oui.

Sa voix avait été calme et basse mais je l'avais parfaitement entendue alors que Monsieur Dénali s'approchait de deux hommes d'une cinquantaine d'années.

N'ayant guère le choix, je suivis le mouvement avec l'impression que mon cœur allait s'échapper de ma poitrine si je ne le calmais pas dans peu de temps.

Les deux hommes d'affaires en complet trois pièces eurent un choc en m'apercevant et je tentais de garder un visage le plus neutre possible alors que nous avancions le plus naturellement du monde dans les bureaux.

J'ignorais ou nous nous trouvions mais le moins que l'on pouvait dire c'est que l'endroit était grandiose et tout à fait dans les mêmes teintes que la compagnie.

Tentant de me concentrer sur mes objectifs plutôt que sur ce qui n'allait pas tarder à arriver, je relevais la tête haute pour me composer une attitude.

Ce n'était pas bien engagé au vu des messes basses des deux hommes derrière nous. Je me doutais des réactions et je ne fis donc aucun commentaire.

Eléazar ouvrit la porte et nous entrâmes dans une salle de réunion ou plusieurs hommes se trouvaient déjà attablés.

Les 7 hommes à l'attitude hautaine et aux faux sourires, se retournèrent d'un coup. Leurs réactions furent exactement les mêmes et les ignorer devint légèrement difficile.

Malheurs ou chance, aucun membre de la compagnie n'étaient encore présents. Je m'installais sur le siège qu'Eléazar m'indiqua et attendis que l'on s'adresse à moi.

Un silence de plomb tomba et je savais parfaitement à quoi il était dû, ou plutôt à qui.

Eléazar comme toujours s'évertua à détendre l'atmosphère mais se fut peine perdu.

La porte s'ouvrit soudain et Aro Philips entra dans la pièce.

Il était seul.

Bien que je m'attende à un éclair de surprise ou à une mimique m'indiquant qu'il ne s'attendait pas à me voir, il n'en fut rien.

Excellent comédien comme d'ordinaire, il tendit sa main à tout le monde avant de terminer par moi.

- Monsieur Cullen …

Je serrais sa main. Sa poigne était aussi ferme que dans mon souvenir, son visage aussi impérial et ses yeux toujours aussi perçants.

- Cela fait … longtemps …

- Oui …

Ma voix roque, coassa bizarrement et je dus me racler la gorge pour tenter de recouvrer une intonation normale.

- Content de vous revoir.

Je doutais qu'il soit sincère mais je n'allais pas le lui dire.

Il me lança un sourire dont je ne pus déterminer le degré de sincérité avant de prendre place en face de moi.

S'attendait-il à ce que je sois là aujourd'hui ? Cela serait étonnait étant donné que personne en dehors d'Eléazar n'était au courant.

Mais connaissant Aro il serait sans doute peu probable qu'il soit pris au dépourvut. Rien dans son attitude ne prouvait qu'il était au courant mais je savais pour l'avoir déjà vu qu'il était un excellent comédien et un grand dissimulateur.

Je m'arrêtais là dans mes songes car le bruit de talon fit monter une bile jusqu'à ma bouche.

Cette démarche je saurais la reconnaître entre mille. Il n'y avait qu'une seule femme qui marchait ainsi.

Je me tournais au moment où elle poussa la porte pour entrer dans la pièce.

Sans trop savoir pour quelle raison, ce fut ses pieds chaussés d'escarpins rouge vif toujours aussi vertigineux que je vis en premier lieu. Je remontais mes yeux et tombais sur un trench noir qui laissait apercevoir une robe de la même couleur que ses chaussures. Quand je tombais sur son visage, j'eus un coup au cœur et ma poitrine se serra.

Cela faisait plus de trois mois que je ne l'avais pas vu et je fus vraiment choqué de m'apercevoir du poids qu'elle avait perdu en si peu de temps.

Isabella Marie Swan n'avait jamais été très grosse mais là il était évident que sa peau était plus saillante et son visage plus creusé encore que le jour de mon procès. Les cernes qu'elles arboraient sous les yeux étaient savamment cachés par le maquillage qu'elle portait mais il était évident que même en y mettant une sacré couche, elle n'avait pas réussi à les cacher totalement.

Si je n'avais pas réussi à identifier la surprise d'Aro je vis parfaitement celle de Bella au moment où ses yeux chocolat rencontrèrent les miens.

J'avais passé tellement d'heure à la regarder et à apprendre la moindre de ces mimiques, que je ne pouvais pas rater la crispation de sa mâchoire quand elle comprit. Elle ne s'attendait pas à ce que je sois là aujourd'hui. Elle eut un temps d'arrêt que tout le monde pu voir avant de secouer la tête et de se durcir.

Elle venait de mettre son masque en place. Je me détournais pour éviter que tout le monde ne s'aperçoive de l'émotion qui me parcourait.

Je devais me ressaisir et adopter la même attitude qu'elle sinon je n'allais pas parvenir à aligner trois mois quand il viendrait mon tour de parler.

J'étais certain que si les yeux de Bella avaient pu tuer, alors je serais sans doute mort il y a quelques instants. Cette haine qu'elle avait depuis qu'elle savait, était toujours là, cette colère qu'elle portait en elle dirigeait entièrement contre moi et surtout la déception. Je l'avais déçu et je l'avais trahie parce que je lui avais fait croire en un avenir meilleur que son passé. Un avenir ou nous aurions pu avoir ensemble entouré de ses enfants et peut être d'autres.

Sans trop savoir pourquoi je me mis à penser aux enfants que nous aurions pu avoir ensemble.

Voir son ventre gonfler par un bébé que nous aurions créé et partager ce bonheur de donner la vie.

Avoir un enfant avec elle était sans doute le rêve ultime mais comme son nom l'indiquait ce n'était qu'un simple rêve qui n'avait rien à faire dans ma tête surtout pas à ce moment précis alors que dans quelques secondes j'allais prendre la parole et me battre avec ce tas d'hommes pour leur prouver que j'avais les compétences adéquates pour mener à bien ce type de projet.

Quand je reportais mon attention sur cette satanée réunion, je tombais sur les yeux inquisiteurs de Aro Philips qui se détourna de moi à peine quelques instants plus tard un sourire satisfait sur les lèvres.

Les questions fusèrent dans mon esprit et je fronçais les sourcils en me demandant pour quelles raisons il souriait de cette manière. Il n'y avait rien de vraiment très drôle entre les hommes en costumes trois pièces me lançant des éclairs et l'ignorance soignée de celle que j'avais aimée et que j'aimais encore même si elle me détestait et préférerait me voir enfermé derrière des barreaux pour être impliqué dans la mort de son frère chéri.

C'est comme si il était heureux de constater ma réaction, comme si je venais juste de confirmer quelque chose qu'il pensait savoir.

Ressentant soudain une certaine forme de colère, je serrais les points. Ils n'avaient pas le droit ni l'un ni l'autre de me traiter de cette manière. Si Aro n'avait pas vraiment fait quelque chose de répréhensible ce n'était pas le cas de la grande PDG.

Pour la première fois, je ressentis une certaine forme de colère dirigée contre elle. Qu'elle m'en veuille sur le plan privé était un fait mais elle pouvait quand même essayer de se montrer indifférente en public. Mon travail n'avait rien à voir avec le reste.

Plusieurs heures plus tard la réunion était enfin terminé et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'étais guère confiant.

Bella avait fait une présentation osée mais tout simplement géniale, enfin de mon point de vue. Je savais pour mettre intéressé à son travail durant des mois, que c'était la première fois qu'elle avait de telles idées. Jamais auparavant elle n'avait fait preuve d'autant d'audace et de richesse.

Si j'avais eu du mal à monter quelque chose de potable, ce n'était apparemment pas son cas. Je n'avais aucune chance de l'emporter et d'ailleurs c'est ce qu'il se passa.

Malgré les tentatives désespérées d'Eléazar, c'est la compagnie qui fut engagée pour le projet et je n'avais pas besoin d'explication sur la raison. Si encore le projet était mauvais je me serais posé des questions mais ce n'était pas le cas.

Tout était terminé ici, Isabella était déjà entrain de conclure le contrat avec les hommes et je me trouvais en retrait dans mon coin.

Prenant la décision de partir maintenant, j'attrapais mon attaché-case et me dirigeais vers Eléazar. Mais avant que j'aie pu l'atteindre, je fus intercepté par Aro qui posa une main sur mon bras.

Je me tournais vers lui incertain.

Qu'est-ce qu'il me voulait au juste ?

- Edward Cullen … quelle coïncidence …

Ces yeux étaient tellement perçants.

J'ignorais ce qu'il me voulait, il n'avait strictement aucune raison de vouloir me parler.

Je ne cillais pas quand je le regardais dans les yeux. Je refusais de montrer à quel point la présence de Bella m'avait affecté et surtout de constater que même si je ne faisais plus partie de sa vie, elle continuait à fleurir comme une rose qui venait d'éclore.

C'était peut-être un peu prétentieux mais constater qu'elle s'en sortait malgré le fait que je ne faisais plus partie de sa vie faisait mal.

Peut-être que j'avais espéré que malgré ce que je lui avais fait, elle pouvait me pardonner. J'avais toujours eu ce secret espoir que je pourrais la reconquérir.

La revoir m'avait permis de le comprendre.

Que j'ai été reconnu innocent ou non ne changeait rien. Elle m'avait jugé coupable il y a des mois et ce n'était pas un juge et des jurés qui allaient lui démontrer le contraire.

Qui étais-je d'ailleurs pour lui demander d'oublier mes mensonges et mes non-dits ?

Personne pour elle.

Aro Philips avait surement envie de me mettre un coup de pieds au cul pour éviter que je n'approche sa délicieuse poule aux yeux d'or. Je ne doutais pas qu'il aimait Isabella mais elle restait pour lui son associé et sans elle, les frères Philips n'étaient sans doute pas grand-chose.

Bella m'avait expliqué un jour que sans elle, personne ne pouvait prendre de décisions importantes pour la compagnie. Les frères Philips avaient besoin d'elle. C'est Dimitri qui avait tout légué à sa femme à sa mort. S'il arrivait malheur à Bella alors ce sont les frères qui devraient désigner son successeur du moins jusqu'à ce que l'une des filles de Bella atteigne l'âge légal c'est-à-dire 21 ans et puissent reprendre la suite. Kiara inclue.

Donc Aro et Marcus avait besoin de Bella et que j'entre dans sa vie l'avait sans doute contrarié.

Conscient du tour de mes pensées je me forçais à me calmer et à penser à autres choses. Après tout qui étais-je pour porter un jugement quelconque.

Reportant mon attention sur Aro, je me rendis compte qu'il continuait de me fixer.

- Je peux vous aider Monsieur Philips ?

Ce sourire narquois et insondable, réapparut sur ses lèvres et j'eus envie de lui dire d'arrêter de jouer. A quoi lui servait cette comédie au juste ?

- Très certainement, Monsieur Cullen …

J'attendis qu'il continue de parler mais il s'arrêta au milieu de sa phrase.

C'était quoi son problème ?

- Aro ? Je pense qu'il est temps de partir, souffla Bella en approchant de nous.

Elle venait d'avancer vers nous et bien qu'elle se trouvait encore à un bon mètre derrière, je sentais parfaitement les effluves de son parfum chatouillaient mes narines.

Elle sentait toujours ce mélange de fleurs, une senteur douce et surtout riche en souvenir.

Elle ne me regardait pas, ne faisait même pas attention à moi. C'était comme si je n'existais tout simplement pas.

Sans que je m'en rende compte, je la fixais depuis son intervention et je secouai vivement la tête pour éviter que quelqu'un s'en aperçoive.

Mais bien entendu, la chance n'était pas avec moi, je compris qu'Aro avait parfaitement suivit la scène.

Je ne pus m'empêcher de baisser les yeux, comme un enfant se sentant coupable d'avoir fait une bêtise.

- Monsieur Cullen … accepteriez-vous de venir demain dans mon bureau … pour affaire ?

Je manquais de m'en décrocher la mâchoire et apparemment je n'étais pas le seul.

Isabella ne cacha à personne le hoquet de stupeur qu'elle laissa échapper à ses paroles.

- Pour affaire ? Répétais-je sans vraiment comprendre où il voulait en venir.

Que pouvait-il bien me vouloir ?

Je tournais la tête vers Bella qui me regardait vraiment pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans le bureau.

La haine viscérale qui brûlait dans ses prunelles me fit détourner le regard aussi vite que possible. En baissant les yeux, je vis parfaitement ses doigts se serrer en points et son corps se raidir brutalement.

Elle ne comprenait pas plus que moi les intentions d'Aro.

Mais refuser maintenant n'était guère envisageable. Il s'était arrangé pour parler assez fort et être entendu par quelques hommes autour de nous.

Plusieurs personnes dont Eléazar s'intéressaient maintenant à nous.

En reportant mon attention sur Aro, je compris qu'il l'avait fait exprès. Il ne tenait pas à ce que je refuse sa demande, quoi de mieux que de m'y contraindre en ne me laissant aucune chance de refuser.

Me mettre ainsi devant le fait accompli me crispa et je ne pus m'empêcher de lui jeter un regard noir sur lequel il ne s'intéressa pas deux secondes.

- C'est entendu … Monsieur Philips …

Je n'avais de toute manière aucune chance de refuser sans que cela face un nouveau scandale.

En cet instant je souhaitais ne jamais avoir accepté ce contrat il y a quelques mois. Je n'aurais jamais plongé dans ce monde de faste et d'apparat et surtout je n'aurais jamais rencontré cette femme qui me regardait comme son pire ennemi.

Au moment où j'acceptais de me rendre au sein de la compagnie, elle me jeta un tel coup d'œil, qu'elle aurait pu me tuer avec ses simples prunelles.

Une colère inédite que je ne pensais pas porter, s'empara de moi. Elle n'était pas la seule à être furieuse, pas la seule à avoir été déçu.

Je n'étais pas un monstre. Et tout ce que j'avais fait, les erreurs que j'avais commise, je les regrettais. Toutes sans exception.

Qu'elle me les fasse payer, je pouvais le comprendre, mais il arrivait un moment où l'injustice de la situation me frappait avec violence. Et c'était le cas en ce moment.

C'était comme si elle se trouvait face à un monstre qu'elle n'hésiterait pas à piétiner si elle le pouvait.

- Très bien … à demain Monsieur Cullen, me lança Aro, le regard perçant.

Il me tendit la main que j'attrapais de manière automatique. La poigne fut ferme et forte sans aucune animosité de sa part.

- A demain … Monsieur Philips … Madame Voltury …

Je ne comptais pas dire son nom mais celui-ci m'échappa au moment où je me tournais vers elle.

Dans un instant de rébellion totalement inconnu et porté surtout par la colère nouvelle que je lui portais, j'eus envie de la forcer à m'affronter directement. Je voulais la défier, qu'elle cesse de me fuir et me regarde dans les yeux. Je lui tendis la main usant de la même stratégie qu'Aro, un peu plus tôt.

Je ne lui laissais aucun choix de refuser sans provoquer un scandale et avec le dernier en date sur son compte, c'était sans doute la dernière chose qu'elle souhaitait.

Elle plissa les yeux en regardant ma main avant de plonger dans mes yeux, exactement comme je le voulais.

Je ne cillais pas et je tentais de rester le plus franc et le plus neutre possible afin qu'elle ne se rende pas compte des multiples émotions qui me traversèrent au moment où ses doigts entrèrent en contact avec les miens.

Ce fut une décharge électrique qui me traversa toute la main et qui remonta le long de mon bras provoquant en moi un frisson de la tête aux pieds.

J'ignorais s'il en était de même pour elle, mais elle retira rapidement sa main et j'eus le temps de voir dans ses yeux la douleur avant qu'elle ne se détourne d'un seul coup.

Alors que ces talons claquèrent sur le parquet, je fus certain de ne pas être le seul avoir été terrassé par cette poignée de main.

C'était le premier contact physique que nous avions depuis cette embrassade sur le pas de sa porte des mois auparavant.

Au moment où je croisais de nouveau le regard inquisiteur d'Aro, je me rendis compte qu'il souriait de nouveau.

J'ignorais ce qu'il cherchait mais apparemment il savait parfaitement ce qu'il faisait et cela ne me disait rien qui aille.


Alors vos avis ?

Je les attends avec impatience en tout cas ^^ Petit chapitre de transition …

Pour la semaine prochaine … le retour d'Edward à la compagnie … et surtout retour de Kiara !

Bonne semaine à vous toute ! A bientôt ^^