Hello les Oncers!
Voici votre dose hebdomadaire d'humour (et de connerie)! Cette fois-ci, il y aura pas mal de scénettes avec Gold. Mais ne vous inquiétez pas, beaucoup de personnages s'exprimeront dans ce chapitre. Un couple va se fiancer, Milah et Kathryn vont nous rejouer une scène de T2 Trainspotting (petite dédicace à votre fabuleux Bobby), Hades qui va enfin faire quelque chose "d'utile" avec son fils, Zelena qui va mentir à Regina pour le plus grand bonheur d'Henry, le CS va apprendre une nouvelle déconcertante et Regina va fantasmer.
Personnellement, j'ai adoré écrire les scénettes Hades-Felix et Zelena-Henry. J'espère qu'elles vous feront bien rire.
Ce chapitre est dédié à une Rumbelleuse du forum OUATFrance qui fête son anniversaire aujourd'hui.
Bonne lecture!


Chapitre 35 : Des oranges, un cours de conduite, des fiançailles et des cheveux grisonnants

D'habitude, c'était Milah qui allait au centre commercial avec Bae qui aimait y retrouver ses amis le mercredi après-midi. Mais comme la noiraude avait un rendez-vous professionnel très important, c'était Gold qui s'y était collé.

- Tu me donnes combien pour aller à la salle de jeux ? demanda le jeune garçon.

- Cinq dollars.

- Seulement ? Maman me donne plus.

- Bon, alors dix, dit-il en sortant avec difficulté deux billets de cinq de son porte-monnaie.

Bae n'osa pas dire qu'il était radin. Sinon, il était certain qu'il n'irait même pas faire une partie de Mario Kart.

Totalement étranger à cet univers, Gold ne comprenait pas l'intérêt de ces jeux virtuels aux couleurs criardes et aux musiques agaçantes. Pourquoi donc n'allait-il pas avec ses copains faire de la trottinette ou jouer à cache-cache dans le parc ? Il prit place sur le banc de touche avec les autres parents complètement largués par les activités de leurs rejetons.

Une fois à cours de jetons, Bae retourna mendier quelques dollars supplémentaires. Mais son père resta inflexible. Déçu, il dit au revoir à ses copains et espérait pouvoir jouer plus longtemps la semaine suivante.

Quand ils arrivèrent dans le hall, une jeune fille avec une orange dans chaque main, les aborda.

- Une orange pour aider les enfants maltraités ?

- Non merci, répondit Gold alors que Bae accepta.

La jeune fille mit les oranges dans les mains de Bae et Gold les reprit pour les rendre.

- Mais papa, c'est bon pour la santé les oranges, dit-il sans comprendre son attitude.

- Tu crois qu'elle nous les donne parce que tu es un gentil petit garçon souriant ?

- Euh… oui.

- Saches jeune homme, que dans tous les mondes, mêmes les mondes virtuels et magiques, rien n'est gratuit.

- Elles ne sont que deux dollars pièces, annonça-t-elle un peu gênée.

- Tu vois papa. Elle ne nous arnaque pas.

- Tu as de quoi payer ?

- Bah non. J'ai tout dépensé à la salle de jeux. Mais toi, t'en as plein dans ton portefeuille.

- La vie est faite de choix. Tu as décidé de dépenser tout ton argent à la salle de jeux, donc tu ne peux pas acheter d'oranges. J'ai décidé de ne rien acheter, donc, je garde mon argent pour une prochaine fois.

Encore une fois, Bae faillit le traiter de radin mais s'abstint. Alors qu'ils s'apprêtaient à retourner au parking, Belle arriva depuis la droite, une orange à la main en les saluant.

- Tu vois, elle, elle n'est pas radine et elle aide les enfants maltraités, dit Bae un peu trop fort.

Se sentant terriblement mal à l'aise, Gold lui donna quatre dollars et il s'empressa d'aller vers la jeune femme.

- Je voulais juste lui enseigner la gestion financière, se justifia-t-il. Je… j'avais l'intension d'aller prendre des oranges plus tard. Je ne suis pas radin.


Marian se demandait bien qui pouvait sonner à la porte. Elle redoutait que ce soit Robin qui lui demande de laver ses chaussettes ou de lui donner une deuxième chance. Mais lorsqu'elle ouvrit, elle fut figée.

- Eh… Marian, c'est ça ? demanda Hades qui n'était plus très sûr du nom de sa voisine.

- Si c'est pour que j'autorise Robin à revenir, c'est peine perdue.

- Oh non. Je n'en ai rien à cirer de vos problèmes. Sauf si l'un de vous assassine l'autre. D'ailleurs, voici ma carte.

Marian la prit et découvrit le nom de ce voisin avec lequel elle n'avait jamais eu de contact. C'était même la première fois qu'elle entendait sa voix !

- Si c'est toi qui m'appelle, je te ferai un prix, promit-il en lui faisant un clin d'œil. Et si c'est Robin, je te garantis qu'il t'offrira un beau cercueil.

Marian haussa un sourcil. Ce croque-mort était vraiment flippant.

- Que veux-tu ? demanda-t-elle en croisant les bras.

- Je me demandais si tu n'avais pas par hasard, la clé du local à tondeuses.

- Non, c'est Robin qui l'a.

- Où est-ce que je peux le trouver ? demanda-t-il.

- Il crèche chez Arthur Pendragon à Neverland. Appart 34.

Moins d'une demi-heure plus tard, Felix se rendit dans le jardin de la copropriété. Devant lui se trouvaient son père et Robin de Locksley ainsi que le tracteur-tondeuse vert au siège jaune.

- C'est quoi encore cette blague ? râla l'adolescent.

- Ne voulais-tu pas que je t'offre une voiture ? demanda Hades.

- Ça, c'est une tondeuse, répondit le blondinet.

- C'est pareil. Tu as quatre roues, deux pédales et un volant.

- Si c'est pour me prendre pour un débile, je rentre chez moi.

- Felix, viens ici et prends place. Il est temps que tu apprennes les bases de la conduite.

Il prit place sur le siège jaune et Robin lui expliqua comment manier l'engin et de ne surtout pas enclencher la lame de tonte. Il lui demanda de faire une traversée de pelouse à vitesse réduite et de faire demi tour en serrant son virage au maximum, mais sans aller sur le chemin piéton. D'abord réticent, il se prêta au jeu et trouva même l'activité amusante. Hades et Robin avaient imprimés des panneaux de signalisation et lui demandaient ce qu'il devait faire. Les deux hommes lui apprirent même à faire un créneau !

- Je te parie que dans moins de cinq minutes, Regina, Granny, Leroy ou Gold va sortir de l'immeuble en hurlant, dit James.

- Et moi je te parie que la tondeuse va finir dans la piscine, ajouta Cruella en se servant un verre de vin.

Felix faillit terminer sa route sur la terrasse d'Archie, rendant Pongo fou derrière la porte-fenêtre. Puis, il renversa un pot de fleurs chez lady Tremaine. Aimant la vitesse, il garda le pied enfoncé sur la pédale des gaz. Il en profita même pour enclencher la lame et projeter de l'herbe mouillée sur le chemin piéton.

- Ralentis ! Ralentis ! hurla Robin en agitant les bras et lui courant après.

Mais comment résister ? C'était tellement grisant, même si l'engin ne dépassait pas les 15km/h. Soudainement, Felix perdit le contrôla et sauta de l'engin avant qu'il ne se fracasse contre le pommier, faisant tomber quelques fruits.

- On va pouvoir faire une tarte ! rigola Felix à plat ventre dans l'herbe.

- Tu n'as rien ? s'inquiéta Hades.

- La tondeuse… pleurnicha Robin qui se demandait bien comment il allait expliquer cet incident.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? hurla Regina qui venait de sortir de l'immeuble.

- Felix a raté son permis de conduire, ironisa Hades. Par contre, on va pouvoir faire une tarte aux pommes.

- Je parie que c'est toi qui a eu cette idée absurde.

- Eh oui… et j'assume.

- Très bien. Et toi, dit-elle le visage cramoisi en se tournant vers le jardinier, je peux savoir ce qu'il t'a pris que d'autoriser ces deux habitants à jouer avec cette tondeuse ?

- Bah… euh… je…, bégaya Robin en se décomposant. J'ai cru rendre service…

- En acceptant cinquante dollars, précisa le croque-mort.

- Hades, tu vas payer les dégâts, annonça-t-elle. Felix, tu seras de corvée de ramassage de feuilles jusqu'à Noël.

- Allez Regina, sois cool, dit Felix. On fait partie de la même famille.

- C'est Madame Mills pour toi ! rappela Regina. Et tant que ma sœur n'est pas mariée, tu ne feras pas partie de la famille et je t'interdis de me tutoyer.

- Ce que vous êtes psychorigide.

- Si tu continues, je vais t'amener chez Gold et tu verras qui est psychorigide.

- Vous n'êtes pas drôle…

- Gold ou le râteau ? demanda Regina, les mains sur les hanches.

- Le râteau, choisit-il.

- Et toi Robin, appelle le réparateur et demande un devis. De plus, je ne veux que personne d'autre à part toi, ne touche aux objets sous ta responsabilité.

- Bien, Madame Mills.

Au troisième étage de la Forêt Enchanté, Cruella et James se délectaient de ce spectacle.

- Je t'avais bien dit qu'on n'allait pas s'ennuyer, dit-elle en finissant son verre de vin.

- Eh ma Crucru, j'ai gagné notre pari.

- Okay, on regardera le match de hockey sur glace ce soir, soupira-t-elle, s'avouant vaincue.


Dans le salon d'Anton au rez-de-chaussée de Neverland, tous ses meilleurs potes étaient réunis. Le géant avait passé tout l'après-midi dans la cuisine à préparer son célébrissime guacamole et autres amuses-bouches hispaniques.

- Pas avec les doigts !

Arthur retira sa phalange qui se trouvait à quelques millimètres de la masse verte et prit une poignée de nachos avant d'en plonger un dans le bol.

- Y a un match de foot ce soir ? demanda David qui n'avait pas regardé le programme TV.

- Non, répondit Anton en farcissant un piment jalapeno vert.

- Allez, accouche. On ne tient plus, supplia Killian. Pourquoi on est là ?

- On va se mater un débat politique?

- Robin, t'es vraiment sérieux ? demanda Graham. Qui regarde encore ce genre de trucs ?

- Je trouve ça intéressant, répondit le jardinier. D'ailleurs, je crois que ce soir, il y a un débat sur…

- On s'en fout, coupa Arthur.

Au même instant, on sonna à la porte. Anton se précipita et alla ouvrir. Tout un groupe de jeunes femmes toute en beauté se trouvaient sur son paillasson. Jamais le géant n'aurait pu rêver à une telle scène, ne serait-ce encore qu'un mois auparavant.

- Bienvenue les filles ! souhaita-t-il. Venez prendre place au salon et servez-vous avant que ces gloutons n'aient tout mangé.

Arthur, Killian, Philip, David, Graham, August, Leroy, Jefferson, Robin et Kristoff, étaient très heureux de faire un peu de place pour Ruby, Dorothy, Mulan, Anna, Elsa, Emma, Mary Margaret, Belle, Tink, Aurore et Astrid. Soudainement, le salon d'Anton sembla minuscule. Anna s'assit sur les genoux de Kristoff, manquant de renverser un bol de sauce sur le tapis. Tink prit un verre et alla se coller vers Graham qu'elle n'avait pas revu depuis un moment. Philip et Aurore se demandaient bien pourquoi ils étaient tous là. Ils espéraient que ce ne soit pas un anniversaire surprise car ils n'avaient pas prévu de cadeau et Philip portait un polo avec une tâche de compote de pommes. Killian ne savait pas trop où mettre ses mains car il n'avait pas officialisé sa relation avec Emma et il savait que certains espéraient encore qu'il se rabiboche avec Milah. Mary Margaret lançait des œillades pas très discrètes à David. Arthur ne manqua pas l'occasion pour lui souffler une remarque bien cochonne qui fit rougir le pauvre blond. Leroy complimenta la tenue d'Astrid et Ruby et Dorothy faisaient des paris sur leurs venues dans cet appart.

- S'il vous plaît ! hurla Anton dans ce brouhaha.

Il se tenait devant eux avec Ariel que personne n'avait vu entrer. A moins qu'elle se soit cachée dans une autre pièce.

- On voulait vous dire qu'on…

- Est fiancés ! cria Ariel.

Tous leurs amis les félicitèrent dans un vacarme qui déplut à la voisine de droite, lady Tremaine qui appela la police pour nuisance sonore.


Arthur, Gold et Granny avaient enfin accordé leurs violons après un long débat houleux sur les dépenses futures lors de la réunion du conseil de Storybrooke. Emma avait tenté de calmer le jeu, mais ses arguments ne convinrent personne. Regina quant à elle, avait vite lâché la discussion et avait passé le temps autrement. Elle était perdue dans son petit monde imaginaire.

- Regina ?

La gérante de la copropriété donna toute son attention à Emma qui était la dernière, à part elle, à encore être assise autour de la table.

- Qu'y a-t- il encore ? demanda-t-elle. La réunion est terminée ?

- Que fais-tu avec Gold ?

- Quoi avec Gold ?

- J'ai bien vu que tu le caressais avec ton pied sous la table.

Soudainement, les joues de la noiraude s'empourprèrent.

- C'est un jeu entre nous et ça ne te regarde pas, répondit sèchement Regina, espérant ainsi mettre un terme à cette discussion embarrassante.

Elle se leva pour quitter la pièce, mais c'était sans compter sur la détermination d'Emma qui la suivit jusque dans l'entrée.

- C'était gênant.

- Tu n'avais qu'à écouter ce qu'Arthur racontait au lieu de t'imaginer n'importe quoi.

- A voir sa tête, continua Emma, tu ne l'as pas juste touché par accident.

- Je voulais juste savoir s'il allait perdre son sérieux. Rien de plus. J'en ai marre de ces réunions qui ne mènent nulle part. Depuis que tu sors avec ton pirate, tu es intolérante et n'a plus d'humour, constata amèrement Regina. Et je fais ce que je veux, avec qui je veux.

- Ne mêle pas Killian à ça, répondit Emma en croisant les bras. Ça fait depuis que tu as décidé de me fuir que tu dragues tous les hommes de Storybrooke.

- C'est ridicule.

- Tout va bien, mesdames ? s'inquiéta Gold en les voyant tendues dans le vestibule.

- Tout va bien, répondit Regina avec un sourire. Il est temps que je rentre. Henry m'attend.

- Il est avec Killian… avoua Emma. Chez moi en train de regarder un Disney.

- Hum… j'espère qu'il a fait ses devoirs.

Regina disparut dans l'ascenseur, sans attendre Emma qui remettant sa veste.

- Ne vous inquiétez pas, dit Gold. Quand elle est désagréable, ça veut dire qu'elle vous apprécie.

- Je m'en passerai volontiers. Bonne soirée.

- Bonne soirée.


Kathryn avait profité de l'absence de David pour inviter Milah chez elle et lui exposer son plan pour faire payer à son mari sa trahison. Après la discussion du soir précédent, elle avait compris que la maîtresse d'école l'avait remplacée dans son cœur.

- Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? demanda Milah qui tenait une longue aiguille à tricoter dans la main droite.

- Oui, fais un trou ici, dit-elle en montrant son abdomen, et un autre ici. Mais pas trop profond.

- Je vais te faire mal.

- D'après le livre d'anatomie, il n'y a pas d'organes vitaux à ces deux endroits. Tu es prête ?

La noiraude acquiesça.

- Ne réfléchis pas et vas-y, ordonna la blonde qui serra les poings, ferma les yeux et se mordit la lèvre.

Milah pressa ses lèvres, recula un peu sa main pour prendre de l'élan sans perdre de vue le point d'impact, puis planta d'un coup franc l'aiguille de trois millimètres de diamètre dans le ventre tendre de son amie qui se plia en deux et hurla. Milah fut horrifiée de voir l'aiguille ressortir dans son dos !

- Putain Milah !

- Pardon… je… je ne voulais pas te faire de mal, bégaya-t-elle en retirant l'aiguille ensanglantée sur plus de trente centimètres. Tu… Tu veux que je fasse l'autre trou ?

- Tu m'as perforé le foie ! Appelle une ambulance !

Dans les vestiaires des coaches au fitness, David était en train d'embrasser langoureusement Mary Margaret quand son portable se mit à vibrer.

- C'est peut-être urgent, dit la maîtresse d'école.

- Ils rappelleront, dit-il en prolongeant ses baisers dans son cou.

- Ça insiste.

Las, il prit son téléphone et décrocha.

- Oui, c'est bien moi… Quoi ?... Oui, j'arrive tout de suite.

David planta la petite noiraude sans lui donner la moindre explication et se dépêcha d'arriver à l'hôpital.

- Kathryn ! hurla-t-il en traversant le corridor en courant.

Mais Graham l'empêcha d'entrer dans la chambre.

- Laisse-moi passer, exigea David à bout de souffle. Je veux voir ma femme. Comment va-t-elle ?

- Elle va s'en remettre, répondit Graham. David, je dois te conduire au poste.

- Mais pourquoi ?

- Pour avoir agressé ta femme.

- Quoi ? demanda-t-il en tombant des nues. Mais… Mais non. C'est une erreur. Je n'ai rien fait.

Mais ses supplications furent insuffisantes et Graham le conduisit quand même au poste de police pour l'interroger.


Dans son bureau, Gold ouvrit un tiroir et en ressortit le dossier de Neal Cassidy lorsqu'il s'était porté candidat pour l'achat de l'appartement 21 de la Forêt Enchantée. Il ne savait pas pourquoi, mais la discussion qu'il avait eue dans le garage ne cessait de le hanter. Pouvait-il être son Samwell ? Longtemps, il avait cru que son petit garçon allait revenir. Mais les années ayant passé, il avait perdu cet espoir. Et pourtant, quand Neal lui avait reparlé de cette Mustang, cette petite flamme c'était rallumée. Il resta quelques minutes à fixer le dossier. Qu'allait-il trouver ? Il prit une grande inspiration et l'ouvrit, en fermant les yeux. Quand il se sentit prêt, il les rouvrit, la boule au ventre. D'après les documents, Neal était né en 1988. La même année que Samwell. Ses mains devinrent moites et son cœur s'accéléra. Mais lorsqu'il lut qu'il venait de Tallahasse en Floride, tout espoir s'évanouit. Il retomba lourdement contre le dossier de son fauteuil en cuir et tenta de retenir ses larmes. Pourquoi se torturait-il ainsi ? Pourquoi ne voulait-il pas accepter que jamais il ne reviendrait ?

Neal était en train d'empiler les cartons de pizza et d'écraser ses bouteilles en PET car il n'arrivait plus à s'assoir sur son canapé. Alors qu'il allait sortir pour mettre ses déchets au sous-sol, on sonna à la porte.

- Oh Mr Gold… je… euh... je vous jure que j'ai bien trié mes bouteilles. Il n'y a pas de verre dans le PET. Je peux même vous montrer.

- Pourquoi avez-vous si peur de moi ? demanda-t-il. C'est Granny qui s'occupe de la gestion des déchets. Pas moi.

- Bah… c'est vous qui pouvez m'expulser si je ne respecte pas les règles.

- Les avez-vous transgressées ?

- Eh… non, répondit Neal en se grattant nerveusement la tête.

- Alors vous n'avez rien à craindre. Mais je ne suis pas là pour Storybrooke.

Neal fut étonné. Malgré son air rassurant, il se demandait bien ce qu'il allait lui annoncer.

- L'autre jour, vous m'avez demandé si vous pouviez faire un tour avec ma vieille Cadillac, rappela Gold. Si ça vous dit…

- Vous êtes sérieux ?

Gold lui prêtait sa voiture ? Neal se dit qu'il devait diminuer sa consommation de soda. Tout ce sucre était en train de lui faire fondre ses neurones et il était visiblement victime d'hallucinations.

- Allons faire un tour, proposa le propriétaire en sortant les clés de sa poche.

Neal était vraiment sur un petit nuage. Il prit le volant et traversa la ville, empruntant la route sinueuse, pour se rendre sur la falaise qui dominait la mer, son endroit préféré pour admirer le coucher de soleil.

- Elle est vraiment magnifique et le moteur fait un bruit, non un son, extraordinaire, s'émerveilla-t-il. Merci beaucoup pour cette balade.

- Je vous en prie.

- Mais pourquoi ? On ne se connaît pas vraiment.

- J'avais envie… commença Gold, que vous arrêtiez de me voir comme un monstre.

- Vous êtes mourant ?

- Pardon ?

- Bah en général, les gens méchants demandent pardon avant de mourir dans l'espoir de ne pas finir en enfer, expliqua Neal.

- Je ne suis pas mourant, ni quelqu'un de méchant. Je dis juste certaines vérités qui ne sont pas toujours bonnes à entendre.

- On dirait mon père, souffla Neal et Gold le regarda.

- Votre père ? Si… si ce n'est pas indiscret, pouvez-vous m'en parler ?

- Que voulez-vous que je vous dise ? demanda Neal. C'était un gros con obnubilé par son boulot qui a fait souffrir sa famille. J'en ai eu marre et je me suis barré.

- C'était… il y a longtemps ?

- J'étais ado. C'est tout ce dont je me souviens.

- Où est-ce que vous habitiez ?

En posant cette question, il avait eu l'impression de s'arracher le cœur et de le mettre dans les mains de son voisin. Allait-il le broyer ?

- J'ai toujours habité à Tallahassee.

Cette réponse le rassura… sans vraiment le rassurer.

- En êtes-vous certain ? insista Gold. Car dans votre dossier, vous ne m'avez jamais fourni de certificat de naissance alors que c'est obligatoire.

- La maison de mes parents a été détruite par un incendie quand j'avais cinq mois. Et à la mairie, ils ont perdu mon dossier. Pas moyen d'avoir une copie.

- Pourquoi êtes-vous venu vivre ici, si loin de la Floride ?

- Pour me rapprocher de quelqu'un.

Cette révélation fit monter son niveau de stress d'un cran supplémentaire.

- Un parent ? tenta-t-il.

- Vous êtes bien curieux, remarqua Neal.

- Excusez-moi. Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise.

Un silence pesant s'installa dans l'habitacle de la Cadillac. Au loin, les mouettes se disputaient un poisson en poussant des cris stridents.

- Vous parlez de votre père au passé, releva Gold après un long moment. Est-il mort ?

- Pour moi oui.

- N'avez-vous… commença-t-il en regardant le paysage, jamais essayé de le revoir pour lui dire ce que vous avez sur le cœur.

- Il n'en vaut pas la peine. Et si je le retrouvais, je peux vous assurer que je le tuerai de mes propres mains.

Ses paroles figèrent le propriétaire de Storybrooke. Ce scénario était un de ceux qu'il avait imaginé si Samwell le retrouvait. Et si malgré les quelques éléments qui ne collaient pas à son histoire, Neal était bien son fils ? Gold ne se sentait pas à l'aise en sa présence. Ils étaient dans un endroit isolé. Et si Neal avait un couteau ou une arme sur lui ? Une perle de sueur naquit sur son front. Il tentait tant bien que mal de ne pas être pris de panique.

- Pourquoi me posez-vous toutes ces questions ? demanda Neal, perturbé, plus qu'en colère. Que cherchez-vous ?

- Rien… c'était juste pour discuter, répondit-il d'une voix étranglée. Rentrons à présent. Je dois allez préparer le goûter de mon fils.


Zelena avait emmené Henry faire du paintball. Le petit garçon n'avait jamais avoué à ses deux mères qu'il adorait cette activité. Alors Zelena en très bonne menteuse, disait qu'elle l'emmenait au jardin zoologique. Après avoir battu son record et mangé un gros doughnut glacé au chocolat, il était temps de rentrer à Storybrooke.

- C'était génial ! s'exclama Henry.

- Tu vois, il ne faut pas écouter tes mères qui sont bien trop coincées du sting. La vie mérite d'être vécue.

- Eh… tata, fallait pas tourner à gauche ? demanda-t-il en la voyant s'enfiler dans un quartier qu'il ne connaissait pas.

- Tu n'es pas curieux de savoir ce qui se trouve ici et que tes mères ne t'ont jamais montré ?

- Eh oui.

Zelena ralentit car la zone était limitée à 30km/h, même si elle roulait au-dessus de la limite. Henry regardait les maisons aux étranges vitrines, le nez collé à la vitre. Il y voyait des plumes, des rideaux épais grenat, des perles. Mais le plus étrange était les femmes qui semblaient attendre quelqu'un sur le trottoir. Elles étaient habillées comme pour sortir le soir alors qu'il n'était que 16h30. Un peu comme Cruella.

- Dis tata, qu'est-ce qu'elles font les dames dans la rue ?

Comment lui répondre sans lui avouer la vérité ? Zelena n'était pas prête d'affronter ses deux furies de mères. Elle réfléchit encore quelques secondes et trouva une pirouette pour se sortir de cette situation embarrassante.

- Elles vendent du bonheur.

Une fois rentré à la maison, Henry se dit qu'il pourrait bien acheter un peu de bonheur. Il prit sa tirelire et en sortit un billet de vingt dollars. Prétextant aller jouer avec Baelfire, Henry sortit de la propriété avec son vélo et pédala jusqu'à la rue du bonheur. Une fois au bon endroit, il s'arrêta vers une femme longiligne aux cheveux blonds platine lisse, qui portait une fausse fourrure rose courte et une mini-jupe dorée à ras la forêt noire, perchée sur de vertigineux talons.

- Qu'est-ce que tu veux, petit ? demanda-t-elle en le voyant approcher timidement.

- J'aimerai un peu de bonheur et j'ai de quoi payer, dit-il en lui tendant le billet de banque.

La péripatéticienne haussa un sourcil. Les temps étaient durs et son argent était très tentant. Mais elle repensa à la loi sur la protection des mineurs. Était-elle prête à prendre autant de risques pour une si petite somme ?

- Viens mon garçon, je vais te donner du bonheur, répondit-elle en prenant son billet et le mettant dans son soutien-gorge.

La grande blonde l'emmena dans son minuscule studio et lui fit trois tartines avec une couche épaisse de Nutella.

Quand il rentra chez lui, il trouva sa mère en train de boire une tasse de café avec sa sœur.

- Où étais-tu passé ? demanda Regina.

- Je suis allé acheter un peu de bonheur.

Zelena pâlit d'un seul coup.

- Pour les deux premières, pas de problème, expliqua-t-il. Mais pour la troisième, je n'en pouvais plus. Alors je l'ai juste léchée.


Emma avait décidé de donner un coup de main à Killian à nettoyer ses rideaux qui n'en étaient pas. L'ornithologue avait accroché avec grande difficulté des filets de camouflage de l'armée en guise de rideau pour se cacher des mouettes. Mais le problème était que ces filets empestaient toujours autant après plusieurs mois. Pourtant, ils les avaient passés à la machine à laver avec une lessive à la lavande mais rien n'y faisait.

- Faut s'en débarrasser, dit Emma. Ça pue trop.

- Avec le temps, on s'y habitue, confia-t-il.

- Comme les fientes de mouettes sur ton bateau ? Killian, si tu veux d'une femme dans ta vie, vire tout ce qui pue.

- Même mes sardines en boîte ? s'inquiéta-t-il.

- Non, ça tu peux garder, tant que tu ne me les fais pas manger pour le petit déjeuner.

Soudain, on frappa à la porte. Le beau brun se passa la main dans les cheveux en passant devant le miroir et alla ouvrir.

- Milah ? Que me vaut ta visite ? Je n'espère pas une tarte à la crème dans la figure, car j'ai mis une demi-heure à me coiffer ce matin.

Pour toute réponse, elle roula les yeux.

- Faut qu'on parle, dit-elle en le bousculant.

- Mais je t'en prie, fais comme chez toi, dit-il en refermant la porte.

Les yeux bleus perçants de la noiraude se posèrent sur Emma comme si elle avait vu une crotte de mouche sur un drap blanc en train de sécher au soleil.

- Euh… je… vais aller voir s'il y a de la colle dans le bureau, dit la blonde en quittant la pièce.

- Reste, insista Killian. Quoi qu'elle me dise, ça te concerne.

Il voulait mettre les choses au point avec Milah. En jetant ses affaires par la fenêtre, la noiraude avait fait son choix. Leur histoire était terminée et maintenant, elle devait accepter qu'Emma fasse partie de sa vie.

- En fait, commença Milah en regardant Emma, je pense que ce que je vais lui dire, va t'intéresser.

Emma et Killian arquèrent un sourcil dans une parfaite synchronisation. Après quelques secondes d'un suspens intenable, Milah cracha le morceau.

- Je suis enceinte.

- Quoi ? bondit le pirate alors que la mâchoire d'Emma se décrocha. De moi ?

- Non, d'une mouette. Bien sûr de toi, pauvre idiot !

- Euh… je… bégaya-t-il. Je suis confus…

- Je te laisse cogiter, dit-elle. Quand tu auras repris tes esprits, nous poursuivrons cette conversation.

Elle quitta toute seule l'appartement et laissa les deux amoureux digérer la nouvelle.

- Tu veux un verre ? demanda Killian.

- Un double sec.


Après avoir consulté les dossiers de tous les habitants de Storybrooke, Gold dressa une liste de jeunes hommes qui pouvaient être son fils, revenu pour lui faire payer ses erreurs passées. La remarque de Neal le faisait toujours frissonner. Instinctivement, il se mit la main au cou, comme pour retirer celle d'un agresseur imaginaire. Manquant d'informations sur tous les candidats potentiels, et ne voulant pas faire d'enquête officielle auprès de la police, il mit en place une stratégie pour essayer d'en savoir plus. Au fond, il espérait juste qu'il était dans une période de paranoïa et que toute cette histoire n'était que du vent. Mais il devait envisager le pire. Mais s'il était dans les parages, pourquoi n'avait-il pas cherché à renouer le contact ? Et si Milah savait quelque chose ?

- Tu aimes vraiment retourner le couteau dans la plaie, râla-t-elle.

C'était peine perdue avec elle. A voir sa réaction, Sam n'avait pas donné de nouvelles. Après cette entrevue rapide sur le paillasson de son ex, il se rendit au Granny's à la table dans le fond près des toilettes. Il avait donné rendez-vous à Marco pour lui demander de l'accompagner à une vente aux enchères. Comme il était ébéniste, il pouvait dire si un meuble avait été restauré et si les techniques anciennes avaient été respectées, mais il était également un fabuleux radar à contrefaçons. Après avoir parlé business, Gold commença à parler de Baelfire avant de dériver sur le fils de Marco qui habitait à Neverland.

- J'aurai tant voulu qu'il travaille le bois, comme ébéniste ou menuisier, raconta Marco. August a de l'or dans les doigts. Mais il préfère écrire des histoires.

- Ça lui vient de sa mère ?

- Pour tout dire, August n'a jamais eu de mère. Ma femme et moi rêvions d'avoir un enfant, mais Dieu en a décidé autrement. Nous avons donc fait les démarches pour adopter un enfant. Quelques mois avant qu'August vienne vivre avec nous, ma femme est décédée d'un AVC.

- Je suis désolé. Je l'ignorais.

- Ne le soyez pas, dit le vieil homme en faisant tourner son verre de jus de pommes presque vide entre ses doigts calleux, ça fait longtemps. August est mon fils depuis douze ans.

Gold se prit une nouvelle claque en pleine figure. August avait le même âge que Sam et aurait été adopté l'année de sa disparition.

- Vous allez bien ? demanda Marco qui le vit pâlir.

- Juste un étourdissement, répondit-il avec un petit sourire forcé. Je pense que je suis en hypoglycémie.

Il fit signe à Ruby de leur apporter deux verres de jus de pommes.

Au bar, Regina léchait sa cuillère à café en les regardant. Le soleil qui passait à travers les lamelles des stores faisait briller leurs cheveux grisonnants. En voyant ce qu'elle fixait, Ruby haussa un sourcil mais ne dit rien.

Maléfique qui avait enfin terminé sa journée, entra pour prendre un verre. Mais quand elle remarqua ce que Regina faisait avec sa cuillère en observant les deux hommes au fond de la salle, elle se sentit trahie et les larmes lui montèrent aux yeux.

- Comme d'hab ? demanda Ruby à la pharmacienne.

- Non, quelque chose de beaucoup plus fort.

Sans demander la permission, la grande blonde prit place à côté de la noiraude.

- Qu'est-ce que tu mates ?

- Je ne mate personne, répondit Regina en déplaçant son regard sur Maléfique. Je les trouvais juste… séduisants.

Maléfique eut une mine dégoûtée.

- Tu sais qu'ils ont l'âge de tes parents ?

- Ma sœur sort bien avec un mec de dix-huit ans son aîné.

- Parce que Zelena est une référence maintenant ? faillit s'étrangler Maléfique.

- C'est la seule dans mon entourage qui soit heureuse et ça me rend dingue.

- Et donc, tu veux te faire les deux croûtons du coin juste pour faire mieux que ta sœur ?

- Tu dis ça parce que tu as peur que je te pique Gold, releva Regina.

- Ce n'est pas parce qu'on a passé du bon temps une fois ou deux qu'il est à moi. Et d'ailleurs, je crois bien qu'il en pince pour la petite French. Et Marco ? C'est quoi, l'odeur du bois et des solvants qui t'excite ?

- Il doit être sacrément habile de ses mains, confia Regina en posant son regard sur l'ébéniste.

- Je crois que je vais aller vomir, dit la grande blonde en se levant.


Voilà, j'espère que vous avez bien passé un bon moment :) N'hésitez pas à réagir en écrivant un petit commentaire :)